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est bien rare qu’il s’écoule une quantité assez considérable de sang pour constituer une hémorrhagie; cet accident ne s’est guère rencontré que dans la section des muscles et en particulier de la langue. L’instrument retiré , on presse sur la peau afin de faire sortir l’air qui aurait pu s’introduire au-dessous, et on ferme la petite ouverture avec un morceau d’emplâtre agglutinatif.

La ténotomie a , pendant quelques années , de 1838 à 1843 , joui d’une vogue poussée jusqu’à l’exagération Toute difformité était attribuée à une rétracture musculaire, et on coupait, on coupait !...

Les premières applications de la ténotomie furent, il faut le dire , très-rationnelles ; le pied-bot, dû souvent , en réalité , à des rétractions musculaires , fut traité par la ténotomie; les tendons rétractés furent coupés, et des guérisons eurent lieu; le torticolis (Voy. ce mot), qui résulte d’un raccourcissement du muscle sterno-mastoïdien, fut heureusement attaqué de la même manière ; puis, ce furent certaines difformités articulaires , dépendant de la même cause et analogues au pied-bot, des contractures de la main et des doigts; et, ici, quelques succès eurent encore lieu; mais déjà les applications n’étaient pas toujours aussi bien fondées. Vint le strabisme et la fièvre de strabotomie; ici encore, à côté d’indications réelles et positives, se trouvèrent des tentatives hasardées. Nous renvoyons au mot Strabisme l’histoire curieuse des mécomptes d’une foule de pauvres gens qui , d’abord , louchant en dehors , louchèrent ensuite en dedans ou en haut ou bien encore , dont l'œil se promenait vaguement dans l’orbite ; de plusieurs autres qui, guéris momentanément, redevinrent ensuite plus louches que jamais.

Puis, ce furent les tentatives de myotomie rachidienne , que nous avons appréciées dans notre article Rachis. Eufin, dans un fatal accès de manie ténotomique , il passa par la tête d’un chirurgien allemand que le bégaiement pourrait très-bien aussi tenir à quelque rétraction spasmodique des muscles linguaux, et il se mit à couper en travers des portions de la langue. Jaloux sans doute d’avoir été devancés dans cette voie, plusieurs chirurgiens français s’y précipitèrent à l’envi , et, par leur activité à couper des langues, cherchèrent à se faire pardonner leur apparition tardive sur la scène. Malheureusement, de graves revers eurent lieu, quelques sujets succombèrent, soit d’hémorrhagie, soit avec les phénomènes de la résorption purulente. . . Et cette opération, présentée et soutenue avec tant de ferveur par quelques personnes , est aujourd’hui complètement abandonnée par ses fauteurs eux-mêmes.

En définitive, la ténotomie, telle qu’on la pratique aujourd’hui sous la peau, et avec une seule ou deux ponctions au plus, est une excellente acquisition de la chirurgie moderne , qui s’applique rationnellement et avec succès au pied-bot, au torticolis , à quelques difformités articulaires des membres par contracture, à la réduction de quelques fractures ou luxations anciennes , à certains cas de strabisme. Hors ce cas et quelques autres peut-être placés dans des conditions exceptionnelles, dont le chirurgien est seul juge, la ténotomie devient une opération inutile ou dangereuse.

E. Beaugrand.

teksïom (physiol. path.), s. f. ( tensio , de tendere tendre). Etat des parties qui ont perdu leur souplesse , leur élasticité , et qui sont comme tendues par suite de leur gonflement ou par un tiraillement exercé sur leurs extrémités.

TEKT5 (c/m\),s. f. [turunda, penicillum). On appelle ainsi de petites masses de charpie de forme cylindrique ou pyramidale que l’on met dans les plaies ou les ulcères profonds, seules ou enduites de poudre ou de pommades médicamenteuses, soit pour arrêter une hémorrhagie légère, soit pour empêcher la surface de se réunir avant le fond. Pour les retirer avec plus de facilité , on les attache par le milieu avec du fd. — On appelle en anatomie tente du cervelet , un large repli de la dure-mère qui sépare la partie postérieure du cerveau de la surface du cervelet. J. B.

téplitz. (Y. Tœplitz ) (Eau minérale de).

térébenthines (p/jarm. et mat. mëd.), s. f. p. [terebenthinæ). Cesontdes résines (Voy. ce mot) auxquelles une huile fixe ou volatile donne une consistance demi-fluide ; aussi M. Guibourt les a-til nommées des olèo-rèsines. Les térébenthines ont été longtemps confondues avee les baumes , qui s’en distinguent par la présence de l’acide benzoïque. Incolores au moment où elles exsudent des plantes qui les fournissent, elles prennent, avec le temps, une couleur jaune plus ou moins foncée. Leur saveur estchaude, âcre ; leur odeur, pénétrante. Elles possèdent, d’ailleurs, les propriétés que nous avons assignées aux résines. Comme ces dernières, elles découlent naturellement ou s’obtiennent artificiellement par des incisions de l’écorce des plantes de la famille des térébinthacées, et des conifères, notamment le pin, le sapin et le mélèse.

On distingue, dans le commerce de la pharmacie, plusieurs espèces de térébenthines, dont nous mentionnerons seulement les principales.

Térébenthine d’Amérique. — Il y en a deux: celle du Canada s’obtient d’incisions pratiquées au tronc du pinus balsamea, ou en crevant les utricules qui se forment dans l’écorce du tronc et des branches de cet arbre. Elle est généralement transparente, très-tenace, d’une saveur amère et d’une odeur fort agréable, surtout celle qui provient des utricules. La térébenthine de Boston provient du pinus australis; elle a une odeur suave, une amertume médiocre, et contient 17 pour cent d’huile volatile. — Il y a encore celle de Frayleson (Colombie), inconnue en Europe.

Térébenthine de 'la Mecque. — Connue aussi sous les noms de baume de la Mecque, de Judée, ou de Gilèad,d'opobalsamum. Eliese retire de 1 ’amyris opobalsamum, arbrisseau de la famille des térébinthacées, qui croît en Ethiopie et dans l’Arabie- Heureuse. Elle nous vient dans des flacons en étain elle a une consistance sirupeuse ; son odeur est ani sée et pénétrante ; sa saveur est àcre, amère et aromatique.

Térébenthine de Chio . — C’est la plus anciennement connue; on l’extrait du pistacia terebinthus très-répandu dans les îles de l’Aschipel grec Elle estd’uneconsistance assez considérable, d’une couleur verdâtre. Ici, l’odeur est beaucoup plus agréa-

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blc que dans les espèces précédentes, et la saveur dépourvue d’âcreté et d’amertume ; aussi est-elle très-estimée.

Térébenthine de Venise , de Briançon ou de mélèze. —C’est un produit dumélèse ( pinuslaryx ). si commun dans les Alpes de la France et de la Suisse, plus liquide que la précédente ; son odeur est aussi moins agréable, et sa saveur est, comme celle des autres espèces, âcre et amère. On en faisait autrefois un grand commerce à Venise. Elle nous vient aujourd’hui directement de Briançon.

Térébenthine de Bordeaux. — Elle est très répandue dans le commerce et provient du pinus maritima cultivé très-abondamment dans la Dordogne et dans les Laudes. Elleest blanchâtre, trouble, d’une odeur forte et d’une saveur excessivement amère. Elle donne 20 pour cent d’huile volatile.

Térébenthine de Strasbourg — Le sapin ( abies peclinata ), qui se rencontre en si grande quantité dans le Jura, dans les Vosges, fournit cette térébenthine, dont la consistance est peu considérable, la couleur claire, l’odeur forte, désagréable, et la saveur âcre, tenant à la gorge. C'est la plus usitée en pharmacie.

Térébenthine de copahu. (Voy. Copahu.)

Action physiologique et emploi de la térébenthine.— Appliquée extérieurement, cette substance rougit la peau, l’enflamme et peut même, si le contact est suffisamment prolongé, produire une éruption de vésicules. A 1 intérieur, elle irrite l’estomac et produit souvent des garde-robes avec coliques assez vives ; déplus, elle stimule toute l’économie, amène la fréquence du pouls, de la chaleur, de la soif, parfois de la sueur, ou même une éruption cutanée. L’action retentit, dans certains cas, sur l’appareil génito-urinaire; les urines sont plus rares, rendues avec un sentiment dp chaleur ou même de douleur, et elles exhalent une odeur de violette très-marquée.

Ces différentes propriétés sont assez souvent utilisées en thérapeutique. Ainsi, on emploie localement la térébenthine en frictions, en qualité de révulsif, surtout sur la poitrine, dans les affections catarrhales invétérées , dans les coqueluches, etc. A l'état d’onguent styrax ou de baume d’Arcæus, elle sert à stimuler les plaieslauguissantes,blafardeset donnant une suppuration de mauvaise nature. La faculté dont jouit la térébenthine d’exciter les muqueuses génitourinaires a fait conseil er ce médicament dans les affections chroniques de ces parties , quand il y a défaut d’irritation et qu'une stimulation est nécessaire. De là, l’emploi de la térébenthine dans les catarrhes vésicaux, dans les blennorhées, les flueurs blanches et certaines affections des autres muqueuses caractérisées par l’atonie. Des bronehorrhées , 'des diarrhées rebellesont cédé à l'emploi de ce médicament. A l’intérieur, on l’administre sous forme de pilules, dans lesquelles la térébenthine est solidifiée à l’aide de la magnésie. Ces pilules sont ordinairement du poids de 2 dêcigr.; on les fait prendre jusqu’à ce que l’on soit arrivé à 4, 6 ou S gr. par jour. Dans les affections des voies urinaires, on emploie souvent la térébenthine cuite qui a été soumise à l’ébullition dans l’eau et qui est mieux supportée par l’estomac.

Essence de térébenthine , huile essentielle de té-

rébenthine.— C’ est le produit de la distillation de la térébenthine, particulièrement cellede Bordeaux. Elle est très-fluide, incolore, d’une odeur forte et désagréable, très-inflammable, insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, très-soluble dans l’éther, se mêlant facilement aux huiles grasses ou volatiles.

Cette essence est un excitant très-actif; elle rubéfie promptement la peau; à haute dose, elle purge abondamment. Ses propriétés vermifuges sont incontestables; enfin, elle est très-sou vent employée contrelesaffectionsnévralgiques, notamment contre la sciatique; mais sa saveur désagréable en rend l’usage difficile.

Cette substance s’administre à peu près comme la térébenthine et dans les mêmes cas, surtout à l’extérieur. Dans la névralgie sciatique, elle se donne à la dose de 6 à 8 gr. incorporés à dumiel rosat, à prendre eu 3 fois, à 4 heures d’intervalle (Bécamier). Comme tænifuge, les Anglais l’administrent à la dose de 15à 20, même 30 gr. On l’a fait prendre en lavement, suspendue dans un jaune d’œuf, contre les ascarides ou les oxyures vermiculaires(V. Vers). L’essencede térébenthine jouitd’une grande réputation contre les coliques hépatiques attribuées aux calculs biliaires : c’était la base du fameux remède de Durande. J. B.

térébslant, ante, adj., se dit de la douleur lorsqu’elle semble perforante.

terre [hist. nat.) s. f. [terra, tellus ). C’est la planète que nous habitons. — Dans les doctrines de la physique ancienne, la terre était un des quatre éléments; ce n’est que dans ces derniers temps que les découvertes chimiques ont démontré la fausseté de cette théorie. Les ehimistes'ides derniers siècles appelaient terres un certain nombre d’oxydes métalliques, tels que la chaux, la soude, la potasse, la strontiane, etc., dont une analyse plus savante a fait connaître la composition. Un certain nombre de médicaments portaient le nom de terres, telles que les terres foliées de tartre, de chaux, etc.; la terre magnésienne, etc.; ces locutions sont abandonnées. J. B.

i terre sigillée [mat. méd.). (V. au Suppl.)

TERREUR PANIQUE [physïol.). V. Peur.)

testicule [anat.), s. m. [testiculus, diminulif de testis, témoin, parce que les testicules rendent témoignage de la virilité. — En grec, orchis , didumos).Oa appelle ainsi l’organe glanduleux, sécréteur du sperme; c’est donc lui qui est la source de la fécondation.

Les testicules sont au nombre de deux ; ils sont situés dans les replis de la peau des parois abdominales qui pendent au dessous de la verge et que l’on nomme bourses ou scrotum. (V. Bourses.) On a déjà remarqué que les bourses n’étaient pas suspendues à la même hauteur, que la gauche descendait plus bas que la droite. On ne peut qu’admirer ce moyen si simple employé par la nature pour ! empêcher que ces organes si délicats et si sensibles j ne fussent pressés i’un contre l’autre dans le rap- ; proehement des cuisses.

j La forme des testicules est celle d’un ovoïde comprimé latéralement et à surface lisse, arrondie; ils présentent deux faces latérales, légèrement convexes, un bord inférieur incliné en avant, un bord supérieur dirigé eu arrière et cotoyé par l’épidi-

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dyme, une extrémité supérieure regardant en haut, at une inférieure tournée en arrière.

Le testicule est revêtu d’une coque fibreuse ou tunique albugince. Cetie tunique offre intérieurement , au bord supérieur de l’organe, un renflement particulier perforé pour le passage d’une multitude de conduits muqueux, dont nous parierons tout-àl’heure ; on le nomme corps d'Ryghmore. La substance propre du testicule est formée d’une immense quantité de filaments très-grêles, très-ténus, flexueux, entrelacés, repliés mille et mille fois les uns autour des autres. Ces filaments ne sont autre, chose que des conduits séminifères, dans lesquels est sécrété le sperme. Ils se dirigent vers le bord supérieur du testicule, se réunissent de manière à former des troncs plus volumineux qui , eh s’approchant du corps d’Hyghmore, cessent dêtre flexueux ; en entrant dans celui-ci , ils forment un réseau composé de sept à dix-huit, ou vingt tubes droits ou onduleux , qui se rassemblent enfin pour donner naissance au conduit qui forme l’épididyme. Les conduits séminifères, dans le testicule, forment des lobules séparés par des cloisons détachées de la paroi interne de la tunique fibreuse. Examinés au microscope, ces conduits paraissent formés d’une membrane anhyste et hyaline, dont l’épaisseur est de 0,001 de ligne. On trouve parfois dans son épaisseur des noyaux de cellules en nombre peu considérable. Chez les enfants, ces canalicules sont remplis par des cellu'esqui ressemblent aux corpuscules du mucus; chez l’adulte on trouve un épithélium à cylindre^ sur la paroi, et, dans la cavité, des cellules spermatiques des filaments à l’état de développement complet. (V. Sécrétion et Sperme.)

Le long du bord supérieur du testicule, et le surmontant comme un cimier surmonte un casque, se trouve f ëpiditlyme , petit corps oblong , vermiforme, mince au milieu, renflé à ses extrémités. La supérieure ou tête naît de l’extrémité correspondante du testicule, dont elle reçoit les troncs séminifères; la partie inférieure ou queue se continue avec le canal déférent; elle est seulement adhérente au testicule au moyen d’un tissu cellulaire très-serré; la partie moyenne, ou corps, est libre d’adhérences et n’y tient que par un repli de la tunique vaginale. (V. Bourses.) Au total, l’épididyme est dans un canal très-flexueux, qui reçoit les conduits séminifères , forme de nombreuses flexuosités, et se continue avec le canal déférent qui se joint au cordon spermatique, pénètre dans l’abdomen par le canal inguinal , descend dans le bassin , s’accole à la vessie, passant entre la couche musculeuse de celle-ci et la séreuse, contourne sa paroi postérieure et inférieure, et s’avance en dedans des vésicules séminales, reçoit leur canal excréteur, et se continue sous le nom de conduit éjaculateur. Celui-ci, formé par la réunion du conduit excréteur de la vésicule séminale et du canal déférent, est conique , long d’un pouce environ, s’adesse à celui ducoté opposé et va s’ouvrir dans l’urèthre sur les parties latérales du verurnontanum. Quant aux vésicules séminales, ce sont deux poches membraneuses, du volume du doigt, et d’un pouce et demi à deux pouces de longueur, appliquées sur le bas-fond de la vessie, et s’ouvrant, comme nous l’avons dit, dans le canal déférent; elles servent de réservoir au sperme.

Le canal déférent et la vésicule sont constitués par deux tuniques, l’une externe , fibreuse, albuginée, l’autre interne, muqueuse.

Sous le nom de cordon des vaisseaux spermatiques., on désigne l’assemblage de l’artère et de la veine spermatiques, de vaisseaux lymphatiques, de rameaux nerveux et du canal déférent, parties qui sont unies entre elles par un tissu cellulaire lâche, et revêtues de gaines membraneuses. Les organes qui les composent se réunissent au niveau de l’orifice interne du canal inguinal , franchissent cet anneau, descendent verticalement dans les bourses jusqu’au bord supérieur du testicule par lequel pénètrent les vaisseaux et les nerfs.

Testicules (Maladies des). Elles sont assez nombreuses, et quelques-unes ont assez de gravité pour exiger l’ablation de l’organe; opération qui constitue la castration , et dont nous parlerons en terminant cet article.

I. Au lieu de descendre dans le scrotum vers l’époque de la naissance, comme cela a lieu d’ordinaire , les testicules restent quelquefois renfermés dans l’abdomen, derrière l’anneau inguinal, et l’on donne le nom de crypsorchides aux individus qui présentent cette disposition. Quand le testicule vient à s’engager dans l’anneau pour sortir, il forme une tumeur que l’on pourrait prendre pour une hernie, mais que l’on en distingue par la nature des douleurs que provoque la pression. S’il y avait étranglement, il faudrait le lever à l’aide de l’opération du débridement.

II. Les plaies, les contusions du testicule sont ordinairement très-douloureuses, et produisent souvent une inflammation violente. Quand la tunique albuginée a été ouverte , les filaments sortent quelquefois ; mais alors il faut bien se donner de garde de les tirer au dehors, car on déviderait ainsi toute la masse des conduits séminifères, et l’on viderait le testicule. Il est très-rare que les désordres soient tels que l’amput ifion du testicule devienne nécessaire; presque toujours, à force de soins et par des pansements méthodiques, on parvient à le conserver, et il peut reprendre ses fonctions.

III. Oa désigne sous le nom à’orchite l’inflammation du testicule; quand elle n’est que partielle et n’affecte que l’épididyme, c’est V épididymite. Comme toute inflammation, l’orchite se présente sous les deux formes, aiguë ou chronique.

Orchite aigue. — Elle est dite simple quand elle succède à une blessure, à une contusion directe, à des efforts répétés, comme pour soulever des fardeaux, à la compression du testicule, à l’action du froid sur le scrotum, à certaines irritations #de®l’urèthre, dir séjour d’une sonde, etc. Cette orchite peut régner épidémiquement , alterner avec des phlegmasies de la parotide, des arthrites, etc. Mais, le plus souvent peut-être, l’orchite succède à la suppression brusque d’une blennorrhagie datant déjà de quelques semaines; c’est Y orchite blennorrhag ique , testicule vénérien, ou, plus vulgairement, la cliaudepisse tombée dans les bourses. La constipation , les violences extérieures, mais surtout le défaut d’un bon suspeusoir, sont alors les causes les plus ordinaires de cette complication. L’inflammation passe de l’urèthre au testicule, soit par sympathie , soit en gagnant de proche eu proche; mais il ne paraît pas qu’il y ait

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métastase, comme on le pensait autrefois. C’est le plus ordinairement par l’épididyme que laphlegmasie attaque le testicule , souvent même elle reste bornée à cette partie. Suivant M. Ricord, le côté gauche est plus fréquemment affecté que le droit. Du reste, il n’est pas commun de voir alors le testicule inflammé dans toute son épaisseur. Le gonflement qui s’observe dans le cas d’orchite est dû le plus ordinairement à. un épanchement séreux ou séro-sanguinolent dans le testicule

Qu’elle soit simple ou blennorrhagique, l’orchite débute par une douleur plus ou moins vive dans le testicule. Celui-ci se gonfle, devient chaud, trèssensible à la pression , surtout en arrière, au niveau de l’épididyme; quelquefois il n’y a pas de changement de couleur à la peau; dans d’autres cas, au contraire, les bourses deviennent rouges. La douleur et l’engorgement remontent parfois dans l’aine, •le long du cordon testiculaire, et lorsque l’annean inguinal le comprime, il en résulte des douleurs très-vives, du hoquet, des vomissements. La douleur s’étend aussi très-fréquemment jusque dans la région des reins. Enfin , cette phlegmasie , pour peu qu’elle soit intense, s’accompagne d’une réaction fébrile souvent très-vive. C’est, parfois dans un espace de temps très-court, quelques heures, par exemple, que l’on voit se développer tout cet appareil de symptômes. D’autres fois ce n’est qu’en quelques jours que les accidents sont arrivés à leur plus haut période. Au bout d’un temps variable , l’orchite se termine le plus ordinairement soit par la disparition successive des symptômes, soit par une induration chronique; mais dans quelques cas où l’inflammation est très-violente, il se forme des abcès, et enfin la gangrène peut survenir; mais cela est excessivement rare.

L’orchite n’est point grave par elle-même, cependant elle est fâcheuse par la facilité avec laquelle elle passe à l’état chronique.

Le traitement est éminemment antiphlogistique. La saignée du bras, répétée s’il est besoin, les sangsues aux aines si le sujet est trop faible; ou après la saignée, pour compléter le dégorgement, les cataplasmes émollients, les bains, les boissons laxatives, le repos au lit, les bourses relevées, tels sont les moyens qui conviennent d’abord; puis on aura recours aux pommades fondantes, à l’emplâtre de Vigo surtout, employé en bandelettes comme appareil compressif; enfin on insistera beaucoup sur l’emploi du suspensoir. Quand l’inflammation est très-intense, que le testicule est très-tendu, on peut y pratiquer quelques petites incisions ou mouchetures, comme l’a fait avec succès M. Vidai (de Cassis).

Orchite chronique. — Elle est souvent engendrée |par la même cause que l’orchite aiguë, à laquelle elle succède le plus ordinairement. L’affection consiste dans une doùleur légère avec engorgement du testicule. C’est surtout par les fondants, la compression modérée, l'usage des purgatifs et le repos au lit que cette maladie doit être combattue ; les antiphlogistiques , à part quelques applications de sangsues dans les premiers temps, sont rarement utiles. Les cataplasmes et les emplâtres résolutifs peuvent être employés avec succès.

IV. Du sarcocèle. — Sous le nom de sarcocèle on désigne les diverses dégénérescences cancéreuse

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ou tuberculeuse du testicule ; de là deux sortes de sarcocèle.

Sarcocèle cancéreux. — Il présente les différentes altérations connues sous le nom de cancer, squirrhe, encéphaloïde, état lardacé, matière colloïde, mélanose, séparées ou réunies, et, suivant l’ancienneté de la maladie, à différentes phases de développement.

Il se montre surtout de l’âge de 25 à 40 ou 50 ans , époque de la grande activité des organes génitaux. On l’observe chez des sujets qui ont antérieurement éprouvé des contusions, des froissements du testicule , des engorgements vénériens , etc. ; mais, dans tous les cas, il faut une disposition individuelle ou acquise par l’hérédité. Il est très-rare que les deux testicules soient pris simultanément ou successivement, et même, quand le cancer ayant été enlevé, il y a récidive, c’est plutôt sur un organe éloigné que sur l’autre testicule.

Ordinairement, la maladie commence par le corps du testicule, et de là s’étend à 1 épididyme; il y a un peu d’engorgement , une petite dureté qui àugmente peu à peu. Bientôt tout l’organe et l’épididyme sont envahis ; on sent alors une tumeur dure, pesante, irrégulièrement bossuée, peu ou point douloureuse. Plus tard, quelquefois au bout de plusieurs années, des élancements douloureux commencent à se manifester , d’abord de temps à autre, puis d’une manière continue. La tumeur se ramollit dans quelques points et devient comme fluctuante. La peau du scrotum, autrefois mobile sur la tumeur, devient adhérente, violacée; les veines voisines deviennent variqueuses ; la tumeur finit par envahir le corps caverneux et l’urèthre, et attire la peau environnante; alors les douleurs s’étendent dans le trajet du cordon et jusque dans la région lombaire. Le cordon lui-même s’engorge, devient dur, noueux, la peau se fendille vers les points violacés, il en découle de la sérosité et il se forme des ulcères cancéreux à bords durs et renversés, auxquels succède l’engorgement des ganglions lymphatiques du côté malade, dans l’aine et jusque dans l’abdomen. A une époque plus ou moins avancée surviennent les symptômes de la cachexie cancéreuse; en même temps les ulcérations du scrotum s’agrandissent en détruisant les parties voisines , d’où résultent des hémorrhagies parfois très-abondantes , qui soulagent mais épuisent considérablement les malades ; d’autres fois cette ulcération, est le point de départ d’un véritable fongus. Eufin, la mort arrive au milieu des plus vives souffrances.

Le plus souvent, dans le cas de sarcocèle, la face interne de la tunique vaginale devient adhérente avec elle-même, et cette poche séreuse se trouve ainsi oblitérée. Mais, dans certains cas, une irritation par contiguïté de tissus s’y développe et y fait naître un épanchement de sérosité ; mais ici l’hydrocèle n’est qu’un épiphénomène du sarcocèle, produit sous l’influence de cel ui-ci. C’est ce qu’on nomme hydro- sarcocèle , ou mieux , comme le propose M. Roux, sar co-hydrocèle. (V. Hydrocèle.)

Le sarcocèle peut être confondu avec l’hydrocèle; cependant il en diffère par plus de dureté, plus de pesanteur, par sa configuration bossuée, sa marche de haut en bas; au lieu que l’hydrocèle marche de bas en haut. L’absence de douleurs et la transpa-

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