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notable et induration; ou bien, au contraire, ramollissement. II peut aussi y avoir, comme l’a observé M. Andral, gonflement partiel des follicules muqueux qui laissent échapper une matière caséeuse quand on les comprime.
On peut résumer ainsi, en quelques mots, les phénomènes de la laryngite chronique simple : voix voilée ou aphonie , sentiment de gêne au larynx ; toux sèche ou avec expectoration de mucosit's pharyngiennes souvent mêlées de petits grumeaux provenant des amygdales; gêne extrême et douleur dans le larynx quand on vient de parler , et surtout si l’on veut élever la voix. Cet état dure plus ou moins longtemps et peut se terminer par la santé; d’autres fois, il n’est que le prélude d’un état plus grave dont nous allons actuellement nous occuper,
B. Par Phthisielaryngée il faut entendre l’ensemble des phénomènes d’épuisement et de consomption qui résultent de l’ulcération de la muqueuse laryngienne, que celte ulcération soit la conséquence d’une phlegmasie chronique ou symptomatique,d’une affection générale , grave, de l’économie, telle que la tuberculisation, la syphilis ou le cancer. Cette maladie, affecte surtout les adultes de (rente à quarante-cinq ans et les hommes plutôt que les femmes. Comme causes déterminantes , les auteurs citent les suivan tes : les exercices forcés de la voix, le chant, la déclamation, les cris aigus, le contact de matières pulvérulentes, comme il arrive chez les carriers, les matelassiers , etc. ; les corps étrangers venus du dehors, ou accidentellement développés dans le larynx; l’abus du coït ou de la masturbation ; les excès de liqueurs fermentées; les refroidissements, les répercussions, etc. Quant aux affections organiques qui peuvent amener la phthisie laryngée, nous citerons en première ligne la tuberculisation pulmonaire, puis, et à une assez grande distance , la syphilis constitutionnelle, et enfin la dégénérescence cancéreuse.
Lephénomèneanatomiquedelamaladie qui nous occupe consiste, avons-nous dit, dans l’ulcération de la muqueuse. Ces ulcérations peuvent être trèsnombreuses, d’autres fois il n’y en a qu’une seule fort grande. Quand elles sont multiples, elles n’occupent pas exclusivement le larynx et descendent communément dans la trachée; d’autres fois; il s’en forme aussi dans le larynx, bien souvent enfin l’épiglotte en est criblée; leur siège le plus ordinaire dans le larynx est sur les cordes vocales, de là l’altération de la voix. Tantôt la solution de continuité ne consiste qu’en une érosion superficielle : d’autres fois, la muqueuse est rongée, les tissus sous-jacents sont eux-mêmes atteints et corrodés , les portions correspondantes des cartilages se carient ou se nécrosent. La suppuration qui accompagne ces accidents peut former à l’extérieur un abcès dont l’ouverture donne lieu à une fistule communiquant avec le larynx. Dans les ulcérations simples, non perforantes, les tissus sous-jacents à la muqueuse s’épaississent souvent, le tissu cellulaire peut s’infiltrer d’une sérosité visqueuse et tenace (Y. plus bas OEdème
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de la glotte) ; ailleurs , les cartilages s’hyperlrophient, passent à l’état osseux, etc.
La phthisie laryngée succède quelquefois à une laryngite aiguë, mais le plus souvent elle débute d une manière lente et graduée ; la voix est rauque ; il y a, au niveau du larynx, un sentiment de picot tement ou de démangeaison, etc., en un mot, les symptômes de la laryngite chronique simple dont nous venons deparler. Mais les accidents font des progrès plus ou moins rapides, la voix qui était seulement obscurcie, devient sifflante, se voile de plus en plus et finit par s’éteindre complètement; la douleur au larynx devient plus forte et permanente, le passage des aliments détermine une souf france assez marquée , surtout si l’épiglotte est le siège d’ulcérations; c’est notamment dans ce cas que les boissons sont difficilement avalées et quelquefois même rejetées par les fosses nasales. La respiration est, chez certains sujets, parfaitement libre , tandis que chez d’autres elle est gênée et que la suffocation se montre revenant par accès comme dans le croup. La toux est déchirante, les crachats sont muqueux, filants, renfermant quelquefois des stries de sang, du sang pur, du pus et même des fragments de cartilages ou des débris membraneux. Le larynx paraît quelquefois déformé à l’extérieur, et, en l’auscultant , on a pu , suivant M. Barth, reconnaître les cas de boursoufflement de la muqueuse ou les végétations, par une sorte de murmure particulier et la diminution du bruit respiratoire dans la poitrine. Les symptômes généraux sont fort remarquables dans cette période : les téguments pâlissent, les traits s’altèrent, l’amaigrissement fait des progrès rapides, les extrémités deviennent œdémateuses , la soif s’allume; les aliments sont quelquefois rejetés aussitôt qu’ingérés; enfin, la diarrhée se déclare, le pouls s’accélère, la peau devient brûlante, des sueurs nocturnes achèvent d’épuiser le malade qui succombe dans le marasme, à moins qu’il ne périsse brusquement dans un accès de suffocation.
La phthisie laryngée présente plusieurs formes très-importantes à noter. Les auteurs s’accordent généralement à reconnaître les suivantes : 1° La phthisie laryngée simple, qui est excessivement rare et succède à une laryngite ordinaire; 2° la phthisie laryngée tuberculeuse ; c’est la plus commune de toutes, elle se rencontre chez les phthisiques ; 3° la phthisie laryngée syphilitique. Ici la douleur est assez vive, les ulcérations remontent assez souvent dans le pharynx et sur les amygdales, et assez souvent aussi elles sont couvertes de végétations caractéristiques; 4° enfin, la phthisie laryngée cari?cércusc ; le diagnostic en est fort difficile ; on devra se guider sur la nature des douleurs qui sont alors lancinantes; l’existence d’un cancer antérieurement ou actuellement dans une autre partie du corps, une tumeur au niveau du cou, etc.
D’après tout ce qui précède on voit que le pronostic est fort grave et bien rarement la gravité de la complication générale (Tubercules , Cancer) permet d’espérer la guérison. La forme vénérienne est peut-être celle dont on peut entreprendre la cure avec le plus de succès.
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Une foule de moyens onl été proposés pour combattre la phthisie laryngée, et malheureusement il en est bien peu qui aient réussi. La première chose à faire, c’est de condamner l’organe souffrant à un repos absolu : le silence le plus rigoureux sera donc ordonné , seulement les malades pourront demander, à voix tasse , les objets dont ils ont besoin et répondre de la même manière aux questions les plus indispensables que l’on est obligé de leur adresser. On fera respirer au malade, au moyen d’un tube aboutissant dans un appareil spécial, des vapeurs émollientes ou résolutives suivant le degré de la maladie ; il sera encore très-bien d’en faire dégager continuellement dans l’appartement à l’aide d’un vase en ébullition. Les antiphlogistiques , bons au début, ne conviennent guère à une période avancée; il faut alors insister sur les révulsifs actifs, tels que des vésicatoires ou des sétons appliqués dans le voisinage du mal. Les narcotiques ne sont bons que pour calmer les accès de toux et de suffocation. M. Cruveilhier a conseillé, dans ce but, de faire fumer des feuilles de datur a stramonium. Ce n’est pas tout , on a osé, dans ces derniers temps, aller porter sur la partie malade des liqueurs caustiques , la solution de nitrate d’argent, par exemple, et, dans plusieurs cas rapportés par M. Trousseau , on s’est bien trouvé de cette heureuse témérité. Des toniques secs et pulvérulents, de la poudre de sucre seule ou mêlée avec un douzième de calomel, ou une moitié d’alun, un septième d’acétate de plomb, un soixante-douzième, ou même un trente-sixième de nitrate d’argent, etc., ont été insufflés dans les voies aériennes.
Les mercuriaux en topiques et employés d’une manière générale seront surtout avantageux dans le cas de phthisie laryngée syphilitique. Un accès violent de suffocation avec mort imminente serait combattu par la trachéotomie, puissante ressource à laquelle plus d’un malade a dû la conservation delà vie.
3° Laryngite aiguë sous-muqueuse , oedème de la glotte de Bayle. — Angine laryngée œdémateuse de plusieurs auteurs. Cette maladie, dont on possédait à peine quelques observations, a été décrite pour la première fois par Bayle vers le commencement de ce siècle, et reçut de ce célèbre médecin le nom d’œdème de la glotte. Ce mot a été conservé malgré son impropriété , puisque, d’une part , la glotte, étant une ouverture , ne saurait devenir œdémateuse, et, qu’en second lieu, le mal n’est pas aux lèvres de la glotte, mais à l’orifice supérieur du larynx, dans les replis qui le bordent supérieurement et s’étendent des cartilages arythénoïdes à l’épiglotte (Replis arythéno-épiglottiques .)Bayle avait regardé cette affection comme essentielle, et c’est à M. Bouillaud que l’on doit d’avoir démontré sa nature inflammatoire, sinon dans tous, du moins dans la plupart des cas.
Quoi qu’il en soit, l’œdème consiste dans une irritation, une phlegmasie même du tissu cellulaire qui double la muqueuse du larynx au niveau des replis dont nous parlons : il en résulte une sécrétion de sérosité visqueuse , épaisse , gélaliniforme, dont la présence amène un gonflement no-
table. La partie supérieure du larynx est déformée et tellement rétrécie, que les replis muqueux dont nous parlons se louchent presque bord à bord; ils sont mobiles et tremblants; comprimés, ils cèdent en faisant éprouver le sentiment d’une résistance élastique et reviennent bientôt sur euxmêmes. Le reste du larynx et notamment les cordes vocales peuvent participer à cet engorgement séreux. On voit ainsi quelquefois les ventricules effacés, et la muqueuse déprimée qui les formait soulevée au niveau des lèvres de la glotte. Quant à cette muqueuse elle-même, elle présente des traces plus ou moins évidentes d’inflammation. Non-seulement de la sérosité, mais même de petits abcès ont été rencontrés dans le tissu cellulaire ainsi altéré.
On comprend la gêne extrême que de semblables désordres doivent apporter dans la respiration : aussi la maladie est-elle essentiellement constituée par des accès de suffocation , qui apparaissent tout-à-coup sans phénomènes précurseurs, et qui , dans d’autres cas , ont été précédés de toux rauque et difficile, de douleurs à la gorge, d’altération de la voix , de gêne dans la respiration ; ici il faut noter cette circonstance remarquable que l’air entre avec difficulté parce que dans ce mouvement il applique l’un contre l’autre les bords tuméfiés du larynx qui s’opposent à son entrée, tandis que l’expiration est très-facile, parce que l’air, repoussant les valves engorgées dont nous parlons, les déjette en dehors et ouvre le larynx. L’inspiration est donc pénible, anxieuse, et c’est là le caractère pathognomonique de la maladie qui nous occupe. Pendant l’accès, le malade se tient sur son séant, la tête renversée en arrière, s’accrochant avec les mains à tous les corps qui peuvent lui offrir un point d’appui solide : la voix est aiguë, stridente, ou bien au contraire, voilée et caverneuse ; la face est pâle, les lèvres sont violettes, tout le corps est inondé d’une sueur froide, etc. Ces accès durent quelques minutes et se répètent de plus en plus fréquemment. Si l’on porte le doigt dans l’arrière-gorge , on sent l’empâtement des replis arythéno-épiglottiques ; enfin, au bout de trois à quatre ou cinq jours, plus ou moins, le malade finit par succomber, soit pendant un accès, soit au milieu d’un calme apparent.
L’œdème de la glotte peut être primitif et se développer sous l’influence des causes qui font naître la laryngite aiguë; dans ce cas, il attaque surtout les sujets débilités par une maladie antérieure, mais le plus souvent il est consécutif et succède à une laryngite chronique simple ou ulcéreuse.
Le traitement médical de cette affection con- ! siste, au début, dans l’emploi des antiphlogistiques appropriés à l’état du malade ; mais, plus lard , il il n'y a p'us qu’un seul moyen de lui sauver la vie, c’est d’ouvrir à l’air une voie artificielle au moyen de la trachéotomie. Lorsque cette opération est pratiquée trop tard, le trouble grave apporté à l’hématose jette l’économie dans une perturbation telle (Y. Asphyxie.) que la mort survient malgré la libre entrée de l’air dans les poumons ; on ne saurait donc y avoir recours de trop bonne heure.
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4° Productions accidentelles dans le larynx. Les productions organiques qui peuvent se former dans le larynx sont : 1° des polypes fibreux ou muqueux prenant ordinairement naissance aux environs de la glotte, qu’ils peuvent finir par obstruer de manière à amener la mort par suffocation ; 2° des végétations syphilitiques ; 3° des tumeurs cancéreuses; 4° des tumeurs de nature tuberculeuse ; 5° des hydatides. Ces productions donnent lieu aux symptômes de la laryngite chronique, moins peut-être le dépérissement. Quant au traitement, lorsque les moyens conseillés contre les ulcérations pharyngiennes ont échoué, que l’asphyxie est imminente, il faut encore ici avoir recours à la trachéotomie; le larynx, une fois ouvert, si l’on reconnaissait l’existence d’un polype, peut-être pourrait-on le déraciner et guérir ainsi radicalement le malade.
6° Névroses du larynx. Sous les noms de spasme delaglotte, d’asthmes deKopp, de Kirsch, d’asthme Ihymique, les auteurs ont décrit des accès de suffocation survenus sans altération organique du larynx et présentant à peu près les symptômes de la laryngite striduleuse ou faux croup. (V. Croup.) Ces phénomènes peuvent être idiopathiques, c’està-dire exister par eux-mêmes , ou bien être symptomatiques et dépendre d’une maladie de l’axe cérébro-spinal , d’une affection hystérique , etc. ; dans ce cas, les opiacés , mais surtout les préparations de belladone, sont spécialement indiquées. Parmi les névroses du larynx, on peut encore ranger certains cas d’aphonie dont il est question à l’article qui traite de cet accident.
J. P. Beaude.
laryngotomie fChir.J. C’est une opération qui consiste à inciser les cartilages du larynx. Y. Brochontomie.
latent, ENTE fPath.). adj., se dit d’une affection dont les symptômes ne se manifestent pas à l’intérieur ; les pneumonies latentes admises par certains médecins causent, selon Dupuytren, l’insuccès de beaucoup d’opérations chirurgicales.
laudanum ( Pharm .) s. m. On a donné ce nom à diverses préparations d’opium et principalement à une teinture vineuse indiquée par Sydenham. (V. Opium).
laurier, bot. et mat. méd. s. m- Laurus nobilis, laurier officinal. Le laurier est un arbre originaire de l’Asie-Mineure et de l’Europe. méridionale. Il croît en Grèce, dans le midi de l 'Asie et s’est naturalisé danslemidide la France; dans les contrées plus septentrionales , il supporte difficilement le froid de l’hiver et l’on est obligé de le couvrir dans les gelées, aussi est-il loin d’atteindre la hauteur à laquelle il parvient dans les pays dont il est originaire et où il s’élève quelquefois jusqu’à 40 et 50 pieds ; tandis qu’à Paris, par exemple, il n’atteint jamais que la taille d’un arbrisseau. Cet arbre, si célèbre dans l’antiquité tant chanté par les poètes, a donné son nom à une famille végétale, celle des Laurinées dont il est le type , et dont il est la seule espèce qui croisse en Europe. Les feuilles sont
alternes, elliptiques et lancéolées, sinueuses sur les bords, fermes et luisantes. Les fleurs sont dio'iques et forment des petits faisceaux à l’aisselle des feuilles. Les fruits sont des drupes noirâtres, allongées, de la grosseur de petites cerises ; elles contiennent un noyau dont l’enveloppe est mince, peu solide, et une amande d’un volume assez gros. Ces fruits sont connus dans la matière médicale sous le nom de baies de lauriers, et ce sont les seules parties de la plante employée aujourd’hui en médecine. Le laurier a des vertus toniques, excitantes et aromatiques, et il agit sur l’économie animale d’une manière conforme à ces propriélés. Les feuilles servent de condiment pour la cuisine et sont mises dans les ragoûts, ce qui a fait donner à cet arbre le nom de Laurier-Sauce. Elles ont une odeur aromatique et assez agréable; leur saveur est âcre, et lorsqu’on les mâche pendant quelque temps, elles activent d’une manière notable la sécrétion de la salive.
Les baies de lauriersontordinairement employées à l’état sec, elles sont alors d’une couleur noirâtre et du volume d’un gros pois; elles sont d’une odeur aromatique et d’une saveur amère. L’amande, qui jouit des mêmes propriétés, contient une matière cristalline particulière, que l’on a nommée Laurine. Une huile volatile , une huile fixe plus abondante et de couleur verte , de la fécule et un extrait de nature gommeuse, de la stéarine, de la bassorine et une résine particulière, ainsi que d’autres principes en plus petite quantité.
On préparait avec les feuilles de laurier une infusion aromatique qui n’est plus employée aujourd’hui ; les baies de laurier entrent dans la composition du baume de Fioraventi, de l’eau thériacale, de l’orviétan, du baume de Manus-Dei, de l’esprit carminatif, etc. On fait aussi avec les baies de laurier une pommade nommée onguent de laurier, qui se prépare en faisant digérer à une douce chaleur, feuilles de laurier récentes et contuses une partie, baies de laurier préparées de la même manière, une partie, axonge deux par lies ; après quelques heures on passe avec expression et on laisse refroidir ; cette pommade est employée pour des frictions stimulantes. L’huile de laurier s’extrait par expression des baies de laurier que l’on a broyées ou réduites en poudre si elles sont sèches, et dans ce dernier cas on les expose à la vapeur d’eau pour bien les pénétrer ; on les chauffe et on les soumet ensuite à la presse avec les précautions convenables entre deux plaques métalliques chauffées, on exprime fortement et l’on filtre ensuite à une température de 20 à 25 degrés. Cette huile s’emploie également en frictions, mais elle eslplusactivequelapommade.
J. P. Beaude.
laurier cerise ( bot . et mat. méd. ) Lauro Cerasus. Cette plante de la famille des rosacées, classée dans le genre prunus par Linnée , dans le genre padus par Miller, est restée dans le genre cerasus , ( Cerise ) suivant d’autres botanistes , elle est de l’icosandrie monogynie de Linnée.
Le laurier cerise, nommé aussi laurier-amande, est un arbrisseau originaire de l’Asie-Mineure , il croit en abondance aux environs de Constantinople
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et de Trébisonde; maintenant il est acclimaté en France où il peut supporter les hivers les plus rigoureux. Cet arbre peut parvenir dans nos contrées à une hauteur de cinq à six mètres et présente des feuilles alternes, ovales et lancéolées, fermes, corriaces, d’un vert luisant en dessus; les fleurs sont blanches, disposées en grappes qui pendent à l'aisselle des feuilles supérieures; les fruits sont des drupes ovoïdes de la forme des guignes, mais plus petits ; leur chair est violette, fade ; le noyau et l’amande sont très-amers , ce qui tientàlaprésence de l’acideprussique qui existe assez abondamment dans cette plante. Ce fut en 1576 que le lauriercerise fut importé pour la première fois en Europe ; depuis il s’est répandu dans presque tous les jardins, où il est recherché à cause de la beauté de soa feuillage et de quelques-uns de ses usages comme condiment. On met souvent une feuille de laurier-cerise dans une pinte de lait, dans une crème, pour lui communiquer cette saveur d’amande amère qui est si recherchée de certaines personnes, lorsqu’elle est en petite quantité. Ce moyen peut n’être pas sans danger lorsque l’on met plusieurs feuilles. On cite le cas d’un convalescent qui, pour avoir bu avec du thé du lait dans lequel on avait fait infuser trois ou quatre feuilles de laurier-cerise, éprouva des vertiges et une défaillance qui le fit tomber à terre.
On prépare avec les feuilles et les noyaux du laurier-cerise une eau distillée qui jouit de propriétés très-énergiques qu’elle doit à l’acide liydrocyanique qu’elle contient; les feuilles qui sont le plus ordinairement employées dans cette préparation contiennent de l’acide hydrocyanique et un peu d’huile volatile, et dans nos climats elles doivent être récoltées dans les mois de juillet et d’août ; pour préparer cette eau , on mêle parties égales de feuilles et d’eau et l’on retire une livre d’eau distillée par livre de feuilles. Il faut avoir grand soin de séparer l’huile essentielle qui surnage, car elle ajouterait d’une manière dangereuse à l’activité du médicament.
Administré en petite quantité, l’eau de lauriercerise est un sédatif anti-spasmodique et calmant ; à dose plus élevée elle fait vomir, purge et cause des vertiges et des hallucinations passagères ; enfin à plus haute dose elle peut causer des accidents fâcheuxainsi que nous l’avons déjà signalé etmême l’empoisonnement. C’est surtout dans les affections nerveuses et spasmodiques que l’on en retire de bons effets ; elle a été vantée contre la phthisie pulmonaire, mais dans ce cas elle ne fait que calmer les accidents nerveux , soulager le malade en amoindrissant les symptômes , mais il n’existe pas de cas bien avéré de guérison par son emploi. Les médecins italiens de l’école de Rasori emploient l’eau de laurier-cerise comme contre-stimulant dans les cas de fièvre et d’irritation.
11 existe des opinions bien diverses sur l’efficacité de ce médicament. M. Robert de Rouen et M. le professeur Fouquier à Paris ont fait des expériences avec l’eau de laurier-cerise, et ils en ont administré des doses considérables sans produire d’accident. Le premier fit des expériences sur les animaux , et il donna même l’huile volatile de la même
plante sans produire d’accidents fâcheux ; M. Fouquier administra de son côlé l'eau de lauriercerise à des malades qui paraissaient en réclamer l’emploi, et il en porta la dose jusqu’à des proportions énormes, 300 à 500 grammes en ne produisant d’autres effets que des vomissements et de l’embarras gastrique; il fit même préparer cette eau dans des proportions doubles de celles qui sont indiquées par le codex sans produire plus d’effet. D’un autre côté, Rarruel dit avoir préparé une eau de laurier-cerise qui avait presqu’aulant d’action que l’acide prussique médical ; il est probable que ces variations, dans un même produit, tenaient à la nature des feuilles employées à l’époque à laquelle ellesavaient été récoltées et peut-être à d’autres accidens de culture. On voit en définitive par toutes ces contradictions que l’eau distillée de laurier-cerise est un médicament très infidèle et que l’on doit être toujours sur ses gardes lorsque l’on ordonne son emploi.
On prépare aussi avec l’eau de laurier-cerise un cérat ainsi composé : eau de laurier-cerise, trois parties, huile d’amande douce quatre parties, cire blanche une partie. Ce cérat a été vanté comme calmant et très avantageux dans les brûlures, les plaies anciennes et douloureuses, le cancer ulcéré. On fait une pommade de James avec l’huile essentielle de laurier-cerise une partie , axonge huit parties , elle est employée contre les douleurs lancinantes du cancer. La teinture de Cheston, qui es» aussi employée contre les affections concéreuses, est composée de feuilles de laurier-cerise 12S grammes, eau bouillante, un kilogramme, faites infuser et ajoutez à la colature, miel blanc, 125 grammes. Pour les accidens d’empoisonnement causés par l’eau de laurier-cerise et son huile essentielle v. prussique (Acide.) J. P. Beaude.
laurier-rose ( bot. et mat. mêd.) s. m. Neriumoleander , par abréviation Laurose , Rododaphné des Grecs, pentendrie digynie,L. famille des Apocynées de Juss. C’est un abrisseau qui croît dans le midi de l’Europe le long des ruisseaux et au bord de la mer; à Paris, on le rencontre dans tous les jardins et la culture en a fait naître plusieurs variétés qui sont très recherchées comme piaule d’agrément. Le nom seul de laurier-rose indique les rapports que cet arbuste doit avoir avec la fleur et l’arbrisseau dont il porte les noms. Les Grecs l’avaient désigné de la même manière et le nommait rose-laurier (rododaphné). La tige de cette plante dans les lieux où il croît naturellement, peut acquérir une hauteur de trois à quatre mètres ; les feuilles sont lancéolées, aiguës, dures et coriaces; les fleurs sont d'un beau rose et forment une sorte de corymbc à l’extrémité des rameaux, le calice est petit et a cinq divisions, la corolle est monopétale, infundibuliforme, à cinq divisions, comme le calice; le fruit est un double follicule très allongé rempli de graines aigreüées-
Peu de personnes savent que le laurier-rose qui est répandu avec tant de profusion autour de nous est un poison actif, surtout dans les lieux où il croit naturellement ; il renferme un suc âcre et