‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 21 sur 298 · LAY · texte numérisé non relu

LAY

résineux qui est doué des propriétés les plus actives. M. Orfila a administré l’extrait de celte plante àdeschiens àla dose de8 grammes, soiten application sur le tissu cellulaire soiten injection dans l’estomac et il a dans tous les cas déterminé une mort prompte; 4 grammes de cet extrait injecté dans les veines d'un chien vigoureux ont déterminélamort en quatre minutes. Des soldats français en Corse et dans le comté de Nice sont morts pour avoir mangé de la viande qui avait été cuite embrochée avec du bois de laurier-rose. M. Granger dans le compte rendu des travaux de l’école vétérinaire de Lyon pour 1810, dit avoir tué des chevaux avec de très petites quantités d’extrait de laurier-rose. Les moyens de remedier à l’empoisonnement produit par cette substance consistent dans l’emploi des vomitifs immédiats, des boissons abondantes d’eau mucilagineuse, de lait, d’huile, enfin de tous les moyens indiqués pour les empoisonnemens par des substances végétales (V. Empoisonnement.)

Malgré ses qualités délétères, celte plante a été employée, médecine contre les maladies de la peau soit en pommade, mêlée avecl’axoïfge, soit en poudre; sous ce dernierétat on l’emploie aussi pour détruire les insectes parasites qui s'attachent à la peau. On a proposé aussi l’extrait de laurier-rose comme moyen fébrifuge, mais quelques essais ont présenté des résultats funestes, et cette plante qui a été longuement étudiée dans ses effets est aujourd’hui presque entièrement abandonnée.

lavement, ( thércip. ) s. m. Klusmct, Klusmala, enema des grecs. Il faut remarquer que le mot Kluster , d’ou est tiré clystère, exprime dans Hippocrate l’instrument à l’aide du quel on administre le lavement. Depuis madame deMaintenon, dont la pruderie se révoltait plus souvent des mots que des choses, l’expression de remède est devenue dansle monde synonyme de lavement; quoiqu’il en soit, on entend par ce terme, l’injection d’une substance liquide dans le gros intestin.

L’usage des lavemens est fort ancien, ils faisaient partie du petit nombre des moyens médicamenteux qui, suivant Diodore de Sicile, étaient employés en Egypte d’après les livres sacrés d’Hermès. Pline assure que cette pratique fut enseignée aux Egyptiens par l’exemple de leur célèbre oiseau l’ibis, qui s’injecte avec son bec de l’eau de mer dans le fondement. Mais c’est là un conte bon pour amuser les enfans et qui n’a pu séduire le crédule D. Leclerc lui-même.

On peutse proposer trois buts différents en ordonnant des lavements. 1° Déterminer l’expulsion des matières fécales ; 2» Agir localement sur le gros intestin de manière à lui imprimer une modification favorable ; 3o Agir sur toute l’économie en faisant absorber par la portion inférieure du tube digestif des substances qui ne pourraient être introduites par une autre voie.

La première indication est remplie à l’aide de lavements simples ou médicamenteux. Ainsi les personnes habituellement constipées sont dans la 1

LAV

fâcheuse habitude de prendre chaque matin, ou tous les deux jours un lavement d’eau tiède. Je dis fâcheuse habitude, car les personnes qui ne vont à la selle que par ce moyen finissent par avoir besoin de deux et même trois lavements, ou bien encore de les additionner d’une substance purgative pour qu’elles puissent en ressentir les effets. Les intestins tombent dans une sorte d’inertie qui exige des nfoyens de plus en plus actifs. Lorsque, chez une personne qui n’est constipée que d’une manière accidentelle, on veut produire un résultat prompt et certain, on ne se contente pas de l’eau pure, on y ajoute soit quelques cuillerées de miel commun, ou de miel de mercuriale, d’huile ordinaire etc., soit même, quand on on veut purger par cette voie, 30 à 60 grammes d’un sel cathartique, la décoction de quatre ou huit grammes de follicules de séné, trente à soixante grammes d’huile de ricin battue avec un jaune d’œuf. Enfin, dans certains cas, quand on veut oblenir uneaction énergique, pour déterminer, par exemple, une révulsion, dans le cas d’affection des centres nerveux, par exemple, on emploiera des médicaments drastiques, qui déterminent une forte purgation.

On peut, en second lieu, se proposer pour but d’agir localement sur le gros intestin pour modifier ses propriétés vitales. Ainsi, dans le cas de phlegmasiede cet organe, on administre des lavements de guimauve, de son, de lin et au très mucilages : s’il y a de colique, on met en usage la décoction de têtes de pavot, ou l’eau pure additionnée de quelques gouttes de laudanum : dans les flux muqueux abondants on a recours aux toniques et aux astringents, la décoction de quinquina, d’eau de chêne, de bistorte de ratanhia, est employée avec succès. Les astringents mais surtout l’eau froide sont très utiles dans les hémorrhagies intestinales, et dans les flux hémorrhoïdaux trop abondants. Les lavements à la glace ont encore été conseillés parM.Chomel pour combattre l’invagination intestinale. (Y. Colique de miserere.)

Il est certains cas dans lesquels un médicament ne pouvant pas être donné parla bouche on le fait prendre parle rectum. Ainsi chez des sujets affectés de fièvres intermittentes qui ont l’estomac très irritable, on donne le sulfate de quinine en lavement :1e baume de copahu s’administre souvent parla même voie et pour la même raison. D’autres fois on choisit le rectum parceque l’agent thérapeutique sera plus promptement absorbé que s’il eût été porté dans l’estomac; c’est ainsi que Dupuytren faisait prendre le laudanum en lavement dans le délire nerveux. Enfin, on a essayé de nourrir avec des lavements de bouillon les malheureux affectés de cancer de l’estomac ou de blessures graves de cet organe ou des intestins.

Si nous passons main tenant au mode d’administration, nous ferons d’abord observer que, relativement à la quantité, la dose du lavement entier est ordinairement de 500 grammes (une livre) mais que les lavements médicamenteux, surtout ceux qui sont destinés à être gardés le plus longtemps possible, doivent être donnés sous un très petit vo-

LAV

Page 1