‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 204 sur 298 · IRA · texte numérisé non relu

IRA

TRA

le corps étranger par l’opération de la trachéotomie. (V. Bronchotomie.) trachéite (i med .), s. f. (V. au Supplément.) trachéotomie (chir.), s. f. [tmcheotomia, de trackeia trachée, et temno je coupe) ; section de la trachée. C’est une opération qui consiste à ouvrir la trachée. (V. Bronchotomie.)

tragus ( anat .), s. m. Mot latin conservé dans le langage médical, et dérivé du grec tragos , bouc. On appelle ainsi le petit lobule saillant qui est à la partie antérieure de l’oreille, et qui se couvre de poils chez les vieillards. (V. Oreille.) traitement. (V. au Supplément.) tranchées ( path .), s. f. pi. ( tormina ). Ce sont des coliques très-fortes. Tranchées utérines, douleurs que l’utérus éprouve après l’accouchement, pour se débarrasser des caillots qu’il contient. (V. Accouchements.)

transfusion ( physiol .), s. f. ( transfusio , de transfundere , faire passer d’un vase dans un autre). Ce mot s’applique surtout à la transfusion du sang. Nous en avons parlé au mot Sang.

transpiration ( physiol .), s. f. [transpiratio). La transpiration est une exhalation continuelle et insensible de vapeur aqueuse à la surface de la peau. Quand elle est plus abondante, qu’elle devient appréciable au toucher, il y a ce que l’on nomme moiteur. Enfin, quand des gouttelettes s’élèvent à la surface tégumentaire, c’est la sueur.

La transpiration ou perspiration cutanée insensible constitue l’état normal ; la sueur n’est qu’exceptionnelle.

Enfin, il y a encore une autre transpiration qui a lieu à la surface des bronches dans l’acte de la respiration (voy. ce mot) ; c’est la transpiration pulmonaire.

Nous avons vu, au mot Sécrétion , que les liquides rejetés par l’économie peuvent être ce que nous avons appelé excrémentitiels, c’est-à-dire qu’ils sont le produit de décompositions faites dans l’intérieur du corps, et qui ont pour but de rejeter au dehors les matériaux inutiles. Les appareils chargés de cette expulsion, que l’on pourrait appeler dépuratoire, sont la peau et les reins. On peut y joindre aussi les poumons. L’urine, que nous étudierons plus tard, et la matière de la transpiration cutanée et pulmonaire, sont doüc des liquides excrémentitiels, contenant les substances extraites des aliments, et qui ne peuvent pas ou qui ne peuvent plus servir à la stimulation et à la réparation de nos organes.

Transpiration cutanée. — Elle a lieu sur toute l’étendue de la surface du corps; on peut recueillir son produit au moyen d’un vase dans lequel un membre se trouve exactement renfermé. Cruikshank, qui a fait ces expériences en plaçant différentes parties de son corps dans un grand cylindre de verre exactement adapté aux téguments au moyen d’une vessie, et refroidi extérieurement par de la glace , vit la surface intérieure du cylindre se couvrir de vapeurs qui ne tardèrent pas à se transformer en gouttelettes, lesquelles se réunirent au J fond du cylindre. Cette vapeur aqueuse traversait ÿsans difficulté son bas, traversait une peaudechaœois, et finissait par se faire jour à travers le cuir de sa

botte. C’est ainsi que l’on a pu constater que ce liquide contenait de l’eau avec de l’acide carbonique en solution et à l’état gazeux, des sels, tels que le chlorure de sodium, du phosphate sodique, et une matière animale que l’odorat décèle habituellement. Outre l’acide carbonique, plusieurs observateurs ont reconnu que, dans certaines circonstances, la peau exhalait de l’azote et de l’hydrogène. Collard de Martigny croit avoir reconnu que l’azote était plus fréquemment exhalé après une nourriture animale, et l’acide carbonique après la nourriture végétale.

La transpiration cutanée paraît plus abondante quand l’air est sec que dans les conditions opposées: l’agitation de l’air et une moindre pression atmosphérique l’augmentent aussi. Les personnes grasses transpirent beaucoup plus que les personnes maigres, les hommes plus que les femmes . Tout le monde sait que, l’été, l’exhalation cutanée se fait avec beaucoup plus de force que pendant l’hiver.

Sanctorius , qui passa trente années de sa vie à se peser dans une balance, après ses repas, pour savoir quelle était la perte que nous faisons par la transpiration insensible, avait établi que de huit livres d’aliments solides et liquides pris en 24 heures, cinq se dissipent par la transpiration, et trois seulementpar les selles et les urines. Mais Sanctorius n’avait pas tenu compte de la transpiration pulmonaire. Ses expériences ont été reprises avec beaucoup plus de précaution et d’exactitude, par Lavoisier et Séguin. Pour distinguer les effets de la transpiration de ceux qui appartiennent à la perspiration pulmonaire, Séguin employa un vêtement de taffetas gommé, imperméable à l’air, ouvert par le haut, et ayant pour la bouche une ouverture entourée de cuivre. Après qu’il avait revêtu cette enveloppe, on la fermait en haut par une forte ligature et il collait l’embouchure de cuivre autour de sa bouche ; puis il se mettait sur le plateau d’une balance, restait plusieurs heures en repos, et se faisait peser de nouveau. La différence entre les deux pesées donnait la perte que la perspiration pulmonaire avait occasionnée dans leur intervalle. Alors Séguin quittait l’habit de taffetas, se faisait peser, puis se remettait dans la balance au bout d’un temps déterminé. La différence entre ces deux dernières pesées indiquait la perte résultant à la fois, et de la perspiration pulmonaire, et de la transpiration cutanée. Enfin, retranchant de cette somme totale le résultat obtenu dans la première expérience relative à la perte par les poumons, on avait la perte par la peau. Ces expériences, suivies pendant longtemps, ont donné les résultats suivants : 1° Quelle que soit la quantité des aliments, un homme qui se tient tranquille en revient au même point au bout de vingtquatre heures. 2° Si , toutes choses égales d’ail- . leurs, la quantité des aliments varie , ou si cette quantité restant la même, celle de l’exhalation augmente ou diminue , la quantité des excréments diminue ou augmente, de manière que le même poids se trouve à peu près rétabli dans le même laps de temps. D’où il suit que, chez l’homme bien portant, les diverses fonctions s’entr’aident et se suppléent. 3° Quand la digestion est mauvaise, l’exhalationdiminue. 4° Lorsque la digestion s’accomplit bieu, la quantité des aliments n’exerce pas une grande influence sur l’exhalation. 5° C’est immédiatement après avoir mangé qu’on exhale le moins

T. II

TRA

TRA

6° C’est pendant la digestion que la perte de poids occasionnée par l’exhalation est le plus considérable. 7° La plus grande perte de poidsdéterminée par l’exhalation est de 2,500 grammes en 24 heures ; la moindre , de 860 grammes. 8° La transpiration cutanée dépend de l’état de l’atmosphère et de celui du corps. 9° La moyenne de la perte de poids par l’exhalation est de 0,98 eentigr., dont 0,60 pour la transpiration cutanée, et 0,38 eentigr. pour la perspiration pulmonaire.

La transpiration se produit par le même mécanisme que les autres exhalations (Y. Sécrétion ). Elle paraît avoir pour organes les glandules spéciales constatées dans la peau par Eichorn et Breschet, et dont nous avons parlé au mot Peau. Incessamment formée dans ces appareils, elle est poussée par les conduits des glandes jusqu’à la surface lisse des téguments, où elle sort par de petits orifices entre les lamelles de l’épiderme.

Nous avons vu quelles étaient les circonstances qui faisaient varier l’abondance de la transpiration. Nous ajouterons qu’elle exhale une odeur particulière suivant les individus. Musquée chez quelques personnes, elle est au contraire d’une extrême fétidité chez d’autres. Les historiens ont parlé de l’odeur de bouc qu’exhalait Henri IV. On sait que chez les enfants elle a une odeur de lait aigri, qu’elle est acide chez les femmes à l’approche de leurs règles, etc. Chez les nègres, elle a aussi une odeur fort repoussante. Quant à cette horrible puanteur des Esquimaux, des Samoïèdes, des habitants de la T erre de Feu, et de quelques autres peuplades sauvages , il faut se rappeler que ces peuples vivent de poisson pourri , de graisse rance , et croupissent au sein de la plus horrible malpropreté.

De la sueur. — Ainsi que nous l’avons dit plus haut, la sueur n’est autre chose que la transpiration devenue assez abondante pour se rassembler en gouttelettes à la surface du corps. Nous allons l’étudier chez l’homme à l’état de santé et de maladie.

La sueur est générale ou partielle ; partielle, elle se montre surtout à la paume des mains, aux pieds, au-devant de la poitrine, à la tête, aux aisselles et aux aines ; elle se montre habituellement plutôt la nuit que le jour. Tantôt la durée n’est que de quelques minutes, d’autrefois de plusieurs jours, plusieurs mois , et enfin on en a vu durer des années entières. Son abondance est aussi très-variable; il est certaines maladies aiguës, telles que le rhumame, la pneumonie, où les sueurs sont très-abondantes; dans lalièvre intermittente, elles constituent un stade spécial. Parmi les affections chroniques, il n’y a guère que la phthisie où la transpiration soit portée à un très-haut point; enfin, il y a une maladie presque exclusivement constituée par la sueur, c’est la suette miliaire. (Y. Miliaire.)

Dans d’autres maladies , la sueur, au lieu d’être augmentée est, au contraire, diminuée ou même supprimée. C’est ce qui a lieu dans le diabétès, les affections chroniques de la moelle épinière avec paralysie, l’ichthyose, etc.

La matière de la transpiration est ordinairement d’un goût salé, quelquefois âcre ou nauséeux ; elle est aussi le plus souvent aqueuse, ténue, ou bien visqueuse, collante : dans ce cas, elle est souvent froide. On a vu des sueurs vertes, bleues, rousses, noirâtres mêmes, etc.Quant aux sueurs desang', ily

a ici abus de mots; il s’agit d’une hémorrhagie par la peau et non d’une transpiration proprement dite. Les praticiens se sont beaucoup attachés à distinguer l’odeur de la sueur dans différentes maladies, comme pouvant servir de moyen diagnostique. Elle est fétide dans les fièvres graves; analogue à celle de la moisissure dans certains exanthèmes, la rougeole, la scarlatine; à celle du foin dans le typhus et les affections cérébrales (ici il faut noter que les malades urinent souvent dans leur lit) ; à celle de la paille moisie dans la suette, etc. Habituellement acides , les sueurs deviennent quelquefois alcalines ; dans l’ictère elles contiennent les matériaux de la bile; dans la goutte, de l’acide phosphorique et des phosphates.

On ne croit plus guère aujourd’hui à ces histoires de sueurs laiteuses et urineuses dont il a tant été parlé autrefois , et qui disparaissent devant un examen sévère et attentif. Cependant, dans la rétention complète de l’urine dans la vessie, les sueurs contractent l’odeur urineuse, ce qui est dû à ce que l’urée est moins complètement éliminée du sang par les reins , et aussi à une résorption de l’urine accumulée dans la vessie.

Une transpiration abondante s’accompagne ordinairement de l’éruption de ces petites vésicules nommées sudamina (Voy. ce mot), et d’éruptions diverses, notamment aux aisselles ; quand on a beaucoup sué, la peau paraît comme macérée et pénétrée par l’eau.

La production de la sueur s’accompagne souvent d’un sentiment de calme et de bien-être; d’autres fois, au contraire, il y a agitation, malaise , anxiété, angoisse; presque toujours il y a soif. Enfin, si la sueur est très-abondante, elle est suivie d’un grand sentiment de faiblesse qui peut aller jusqu’à la syncope.

Les sueurs paraissent faire équilibre aux autres sécrétions; ainsi, quand elles sont abondantes, la sécrétion urinaire diminue, et vice versa. Cependant, d’après les recherches de M. Louis, la diarrhée n’influe en rien sur la transpiration, qui, malgré celle-ci, peut continuer à être très-copieuse.

On a depuis bien longtemps fait jouer un grand rôle à la suppression des sueurs générales ou partielles dans la production des maladies : les anciens avaient assurément exagéré ce rôle ; mais il n’en est pas moins parfaitement démontré que, dans un très-grand nombre de cas, une transpiration brusquement supprimée par l’action du froid devient la cause d’affections, d’ailleurs fort diverses, suivant la prédisposition du sujet. Les inflammations des membranes muqueuses, les bronchites, les pneumonies, les pleurésies et les douleurs rhumatismales et névralgiques , sont souvent la suite d’une suppression de la transpiration.

Ce n’est pas non plus sans dangers que l’on peut faire disparaître une transpiration habituelle, telles que celles qui ont lieu aux pieds et aux mains chez certains individus. On a vu des affectionsde la peau, des dartres , des névralgies, des paralysies, être la suite de cette suppression , et la maladie ne cédait que lorsque l’on était assez heureux pour faire reparaître la sueur supprimée.

On a beaucoup parlé aussi de sueurs critiques, qui, survenant à certains jours, étaient dites favorables et devaient enlever, ou, comme on le disait, juger

Page 1