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la maladie. Il y a eu là encore beaucoup d’exagération. Cependant il faut convenir aussi que, dans bien des cas, on a vu l’apparition d’une transpiration abondante coïncider avec la cessation des accidents. Qu’il y ait ou non rapport de cause à effet , c’est ce qu’il est fort difficile de décider; mais, jusqu’à démonstration du contraire , on peut très-logiquement admettre que l’évacuation produite par la diaphorèse a agi d’une manière favorable sur la maladie.
Dans les maladies, quand les sueurs sont trop abondantes, que le malade, loin d’en être soulagé, se trouve au contraire épuisé par elles , il faut les modérer ; et ici les astringents, et surtout l’acétate de plomb, trouvent leur application naturelle . Si elles sont modérées, on les favorisera en couvrant modérément le malade , et administrant des boissons chaudes. On changera souvent le linge du malade, avec la précaution de ne paslerefroidir.
Quand on veut provoquer les sueurs ou en rappeler qui ont été supprimées , il faut alors avoir re cours à des moyens internes ou externes propres à remplir ce but. Tels sont les bains de vapeur, les fumigations, les briques chaudes ou les sachets de sable chaud, placés dans le lit près du malade. La chaux vive humectée, placée dans des bouteilles de grès, une petite lampe à l’alcool , isolée convenablement et mise sous les couvertures ; on joint encore à ces moyens les frictions sèches ou humides, la réaction par le froid, etc. Parmi les sudorifiques internes, nous citerons les boissons chaudes et aromatiques. On a beaucoup parlé delà bourrache, du sureau, etc. ; mais les vertus diaphorétiques de ces plantes sont au moins douteuses, et, pour la plupart du temps , elles ne doivent les vertus dont on les prétend douées, qu’à l’eau chaude qui leur sert de véhicule.
A l’occasion des moyens propres à provoquer la sueur , nous pensons devoir parler du traitement par l’hydrothérapie, qui paraît jouir en effet d’une certaine efficacité dans beaucoup de cas.
De l’Hvdbothérapie. — Sous les noms divers d 'hydrothérapie, hydrosudothérapie , hydrosudopathie, hydropatlue, etc., on désigne une méthode complexe de traitement, imaginée par un paysan silésien nommé Priessnitz. Dans cette méthode, l’inventeur se propose un double but : d’abord, d’obtenir la dépuration du sang à l’aide des sueurs, et en second lieu , de tonifier l’organisation par le froid, le régime et l’exercice. Voyons quels sont les moyens à l’aide desquels il espère remplir cette double indication. Ne voulant pas entrer ici dans le fastidieux détail de toutes les modifications apportées aux procédés de Priessnitz par les hydropathes ses élèves , nous nous en tiendrons surtout aux pratiques usitées à Grafenberg, là où se trouve l'établissement fondé et dirigé par Priessnitz luimême.
Pour provoquer la sueur, les hydrothérapistes s’y prennent de différentes manières : d’ordinaire, le malade, entièrement nu, se couche sur une couverture de laine que l’on replie autour de lui de manière à l’emmaillotter complètement, à l’exception de la tête qui doit être libre ; la portion qui dépasse les pieds est ramenée vers le haut des jambes et repliée autour d’elles. Cette enveloppe doit serrer le corps assez fortement pour que l’air
ne puisse circuler entre elle et les téguments , mais pas cependant au point de gêner la respiration. Si une première couverture ne suffit pas, on en ajoute une seconde. Il est quelques malades très-impressionnables qui ne peuvent supporter le contact immédiat de la laine ; dans ce cas, on les enveloppe dans un drap mouillé et fortement exprimé , puis dans des couvertures de laine. La durée de la sueur est très-variable : quelquefois on ne veut que déterminer un commencement de transpiration; d’autres fois on l’entretient pendant plusieurs heures, en faisant prendre au malade, de quart d’heure en quart d’heure, un demi-verre d’eau fraîche.
L’eau froide s’administre à l’extérieur de plusieurs manières : en bains entiers ou en lavages à grande eau , en bains partiels , en topiques , en douches. Les bains froids se prennent habituellement tandis que le corps est en sueur. Le malade se débarrasse rapidement de ses couvertures et se plonge dans une grande cuve d’eau froide placée dans sa chambre; et là, pendant les quelques minutes, que dure ce bain , il se frotte vivement toutes les parties du corps avec ses mains, s’agite, se donne du mouvement, nage même si les dimensions de la cuve le permettent. Pendant ce bain, il faut avoir soin de plonger la tête dans l’eau à plusieurs reprises, autrement on s’exposerait à des congestions cérébrales . Dans certains cas, le malade, dépouillé de tout ce qui l’enveloppe, est placé dans une baignoire, et on lui verse sur le corps plusieurs seaux d’eau froide. La durée de l'immersion ne doit pas , avons-nous dit, durer audelà de quelques minutes ; il ne faut pas attendre que le frisson survienne, autrement on s’exposerait à une réaction trop vive. A la sortie de l’eau , ou s’essuie bien exactement avec unlinge parfaitement sec , on reprend ses vêtements qui doivent être chauds et épais , puis on fait, à grands pas et au grand air , une promenade d’une demi-heure ou d’une heure. Quant à la température de l’eau , c’est de 6 à 12 degrés qu’à Grafenberg Priessnitz fait administrer ses bains froids. Mais on comprend qu’une foule de circonstances individuelles doivent faire varier cette température.
Nous avons vu que, pour provoquer la sueur, on entourait quelquefois le malade d’un drap mouillé. Ce même drap, mouillé et exprimé, peut être employé dans une autre intention, dans le but de rafraîchir le corps quand toute la surface tégumentaire est le siège d’une chaleur âcre , brûlante et incommode pour le malade. Dans ce cas , il faut avoir soin de changer le drap à mesure qu’il s’échauffe. Au bout d’une heure ou d’une heure et demie, l’effet sédatif est ordinairement obtenu; alors on laisse le malade dans le dernier drap , et là il transpire pendant quelques heures , suivies le plus souvent, dit-on, d’un sommeil réparateur. Enfin le drap mouillé sert encore à pratiquer des frictions sur toute la surface du corps.
Localement, on emploie l’eau de différentes manières : en bains de siège, dont la durée ne doit pas excéder 10, 15 ou 20 minutes , et qui sont destinés à provoquer une congestion vers le bassin, dans les cas de céphalalgie, par exemple, ou pour rappeler les règles. D’autres fois, c’est un pédiluve, un manuluve administré très-froid, et seulement pendant cinq à six minutes. Dans le cas de douleur lo-