‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 213 sur 298 · TUB · texte numérisé non relu

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se rapprochent successivement, il se forme des adhérences, et une guérison a lieu. Ce ramollissement est-il le résultat d’un travail spécial inhérent au tubercule et dont la force est dans celui-ci, ou bien est-il la suite d’une inflammation circonférentielle et d’une suppuration dont le produit liquéfie en quelque sorte la matière crue? Cela est douteux. Faisons seulement remarquer que si cette dernière hypothèse était fondée, le ramollissement aurait lieu de la circonférence au centre, tandis qu’il a lieu du centre à la circonférence.

Dans des cas malheureusement bien plus rares, il se forme une matière crétacée qui se substitue au tubercule, et celui-ci se trouve alors guéri. Cette matière est constituée par du chlorure de sodium et du sulfate de soude, qui en forme les sept dixièmes (F. Boudet).

Ainsi envisagé au point de vue de sa marche et de sa terminaison, le tubercule peut parcourir différentes périodes : ou bien il passe de la période de crudité à celle de ramollissement et d'élimination, ou bien l’état crétacé succède à l’état de crudité.

Il est bien rare qu’il n’y ait qu’un seul tubercule dans un organe ; presque toujours il y en a un certain nombre ; enfin l’organe peut en être, comme on le dit, farci. Ils se montrent ordinairement alors à différents degrés de formation : là sous forme de granulations grises, plus loin sous la forme crue, ailleursenfin ramollis, ou même ayant subi la transformation crétacée.

Si l’on ne sait pas au juste quel est le tissu élémentaire dans lequel se développe le tubercule, il n’en est pas de même pour le degré de fréquence suivant lequel les différents organes peuvent en être affectés. En tête se trouvent les poumons, les ganglions lymphatiques, puis les plèvres, les intestins, la rate, le foie, le péritoine, les méninges, l’encéphale et les os, le péricarde; — l’estomac, les reins, le pancréas, etc., en offrent beaucoup plus rarement. Suivant une loi formulée par M. Louis, et qui parait constante , quand , chez l'adulte, on trouve des tubercules dans un organe quelconque, on peut être sûr qu’il y en a aussi dans les poumons. Cette loi n’est pas vraie chez l’enfant.

Les symptômes locaux produits par les tubercules varient beaucoup, suivant les organes. Quelquefois, surtout dans les premiers temps, rien n’annonce leur présence ; cependant, quand ils ont acquis un certain volume, qu’ils sont nombreux, ils déterminent ordinairement de la douleur, de la gêne, du trouble dans les fonctions de l’organe altéré ; aux poumons ils produisent de la toux, de la difficulté dans la respiration , des hémoptysies ; dans le cerveau, divers désordres de l’intelligence et de la locomotion; dans les os, des douleurs, des formations d’abcès, etc. Mais c’est surtout par leur ramollissement qu’ils donnent lieu à de graves accidents.

Les symptômes généraux sont habituellement très-marqués. Pendant que les tubercules se développent, on observe un état d'affaiblissement, de langueur ; la peau pâlit, il y a de l’amaigrissement, les fonctions languissent. Plus tard, quand la période de ramollissement s’est déclarée, il y a de la fièvre, et enfin, après l’élimination, on observe les phénomènes de la fievre hectique et le marasme, si

caractérisés dans la phthisie et qui entraînent le malade au tombeau. C’est à cet ensemble de caractères graves que l’on donne le nom de cachexie tuberculeuse. MM. Andral et Gavarret ont noté qu’au commencementde la tuberculisation le nombredes globules du sang diminuait, la quantité de fibrine restant la même. Si plus tard, à l’époquedu ramollissement, la fibrine se montre en excès, cela tient au travail inflammatoire qui détermine cette fonte. (V. Sang.)

Rien de plus variable que la marche des tubercules : tantôt ils envahissent brusquement plusieurs organes à la fois, et l’éruption est abondante ; tantôt ils apparaissent lentement, dans un seul organe, où ils restent pendant très-longtemps sans faire de progrès. Dans d’autres circonstances, le ramollissement survient assez promptement; et tandis que les tubercules déjà formés se ramollissent et s’éliminent, il se forme de nouvelles éruptions, et, comme nous l’avons dit, les cavernes résultant de l’élimination peuvent se cicatriser ou faire périr le sujet. Enfin, circonstance heureuse, la matière crue subit quelquefois la transformation crétacée.

Les causes de la tuberculisation sont à peu près les mêmes que celles dont ou a parlé avec beaucoup de détails à propos de la scrofule. Nous n’y reviendrons donc pas. Notons seulement, relativement aux âges, et d’après les laborieuses recherches deM. Papavoine, puis de M. E. Boudet, sur les sujets morts dans les hôpitaux, que, dans les deux premières années de la vie, les tubercules sont trèsrares; que de deux à quatre ans leur fréquence augmente ; que de quatre à treize ans ils attaquent près des deux tiers des sujets qui succombent à cet âge : la fréquence augmente encore au-delà de cette époque, jusque vers la soixantième année, passé laquelle ils deviennent très-rares. Du temps de la médecine physiologique, on faisait jouer à l’inflammation un grand rôle dans la production des tubercules ; mais il est bien reconnu aujourd’hui qu’ils naissent sous l’influence d’un état général ou constitutionnel, en un mot d’une diathèse.

Si les causes de la tuberculisation sont les mêmes que celles de la scrofule, il est clair qu’il existe entre ces deux maladies une grande affinité, pour ne pas dire une identité complète. Aussi le traitement de celle-ci est-il applicable à celle-là ; ainsi le grand air, l’exercice, le régime fortifiant , les amers, les. toniques, etc. Nous n’insistons pas plus longtemps, j renvoyant, pour plus de détails, aux mots Carreau, Phthisie, Scrofules. J.-P. Beaxjde.

tuberculeux ( path .), adj. ( tuberculosus ), qui a rapport aux tubercules. Sujet tuberculeuxy affections tuberculeuses , etc.

tubérosité ( anat s. f. [tuberositas). Éminence ou saillie arrondie d’un os, à laquelle s’attachent ordinairement des muscles ou des ligaments.

tue-chien (bot.), s. m. (Y. Colchique.)

tue-loup [bot.), s. m. (V. Aconit.)

tuméfaction [path.), s. f. [tumefactio, de lumor , tumeur, gonflement, et facio, je fais. C’est l’augmentation de volume d’une partie.

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tumeur. ( chir .) s. f. [lumor, de tumescere, s’enfler). On a donné beaucoup de définitions différentes du mot tumeur ; mais la définition la plus simple et la plus générale à la fois, est assurément celle-ci : toute éminence contre nature qui se manifeste dans une partie quelconque du corps; elle comprend tontes les formes, toutes les variétés de tumeurs qui peuvent se rencontrer. On a aussi proposé un certain nombre de classifications: après les avoir examinées avec attention, et remarqué qu’elles pèchent presque toutes, soit parle trop grand nombre de classes que l’on a établies , soit par le défaut de fixité des bases sur lesquelles on s’appuyait, nous proposons, à notre tour, la suivante, imitée de celle de M. Bouisson de Montpellier, mais réduite à un moins grand nombre de genres.

Premier genre. — Tumeurs formées par des corps étrangers venus du dehors ou formés aans l’économie. Qu’une balle lancée par la poudre à canon soit violemment introduite dans nos tissus, venant s’ajouter aux parties déjà existantes, elle manifeste sa présence par une éminence appréciable à l’extérieur. Certains êtres vivants, tels que la chique, le dragonneau , peuvent encore faire saillie au-dehors. Enfin, des productions émanées de l’économie elle-même, des concrétions ealculeuses , des séquestres de nécrose, etc., peuvent encore soulever les tissus qui les recouvrent.

Deuxième genbe. — Déplacement d'une partie hors de son siège habituel. Une partie de muscle qui passe à travers une aponévrose rompue, une anse intestinale qui franchit l’anneau inguinal ou crural, l’utérus tombé de sa place, l’extrémité articulaire d’un os chassée de son articulation, les fragments d’un os brisé, etc., sont autant de causes de tumeurs. (V. Hernie, Prolapsus, Luxation , Fractures .)

Troisième genre. — Tumeurs formées par l’infiltration, l’ épanchement des fluides hors de leurs canaux, ou par leur accumulation dans ceux-ci. Ici serangentl’emphysème, la tympaniti , les œdèmes, les hydropisies, les ecchymoses, le t éphalamatôme, les anévrismes, les tumeurs stereorales, etc.

Quatrième genre. — Tumeurs produites par la fluxion in flammatoir e . Au mot Inflammation, nous avons vu que cet état morbide s’accompagne d’un afflux considérable, d’où résulte une augmentation de vplume de l’organe ou de la partie d’organe enflammée. (V. Erysipèle, Phlegmon, Abcès, Panaris, Furoncle, etc.) .

Cinquième genre. — Excès de nutrition. C’est l’hypertrophie proprement dite ; la structure de l’organe hypertrophié n’a pas changé; seulement l’organe est en totalité ou en partie plus gros qu’il ne doit l'être.

Sixième genre. — Productions morbides accidentelles. Pour beaucoup dé personnes, ce sont là les seules tumeurs que l’on doive admettre. On peut en faire deux sous-genres :

i° Productions morbides formées d'un tissu ayant son analogue dans l’état sain. Tels sont les lipomes ou tumeurs graisseuses, les exostoses ou tumeurs osseuses, les périostoses et les verrues, les cors aux pieds, etc. ;

2° Les productions sans analogue avec l’état

sain, telles que lessquirrhes, l’encéphaloïde, lamélanose, la pluprt des polypes, les tubereules, les loupes enkystées, etc.

D’après ce simple exposé, et vu l’infinie variétéde formes et surtout de natures que présentent ces différentes sortes de tumeurs, on comprend qu’il nous est impossible de rien dire qui puisse s’appliquer d’iine manière générale à toutes ces lésions qui n’ont de commun que de former une éminence, une saillie là où il ne doit point y en avoir. Que dire du traitement qui leur est applicable ? Traite-t-on une hydropisie comme un anévrysme, comme un phlegmon, comme un cancer? Nous nous arrêtons donc ici, bornant notre tâche à dire ce qu’il faut entendre par le mot tumeur, et à offrir le tableau raccourci de la multitude d’affections diverses qui sont réunies sous ce terme réellement trop vague à cause de sa généralité. Aussi, sommes -nous de l’a* vis de ceux qui voudraient restreindre le sens du mot tumeur, et l’appliquer aux seules productions accidentelles. E. Beaugrànd.

OTHEDB blanche. Ce qui vient d’être dit en terminant l’article précédent s’applique très-bien à cette appellation vague de tumeur blanche, que l’on donne depuisWisemann aux engorgements chroniques des articulations. Et pourquoi le nom de tumeur blanche appliqué à ces engorgements siégeant aux articulations, quelquefois caractérisés par un développement de fongosités rouges, plutôt qu’à des productions accidentelles de couleur blanche, comme l’encéphaloide, par exemple ? Mais enfin, on s’entend sur la valeur de ce terme ; acceptons-le donc.

On donne comme synonyme au mot tumeur blanche, les mots arthrocace ou arthrite chronique; je préférerais, malgré sa dureté, la première appellation, parce qu’elle ne présage pas la nature du mal, et qu’en effet il n’y a pas toujours inflammation de la jointure malade.

Causes. — Les articulations qui sont le plus souvent affectées sont assurément ies ginglymoïdales, excelles dans lesquelles se passent les mouvements les plus étendus et les plus fréquents. Les articulations des membres inférieurs, et surtout le genou, jouissent à cet égard d’un bien fâcheux privilège. La maladie dont nous parlons est beaucoup plus commune chez les enfants que chez les adultes, chez les femmes que chez les hommes ; du reste, pour éviter des redites inutiles, nous noterons que, d’après leurs causes, les tumeurs blanches peuvent être partagées en quatre g oupes principaux, ainsi qu’il a été établi dansun mémoire publié dans les Archives par le docteur Beaugrand, d’après les leçons cliniques du professeur G erdy. Ces quatre groupes sont dans l’ordre de fréquence : 1° les tumeurs blanches scrofuleuses; 2°lestumeursblanchesrhumatismales; 3° les tumeurs blanches traumatiques; 4° celles assez rares qui succèdent aux fièvres éruptives. D’après les recherches consignées dans le mémoire en question, les premières commenceraient par le tissu osseux, et les autres par les parties molles. On le voit donc, les causes des tumeurs blanches sont précisément celles des scrofules, des rhumatismes, les lésions extérieures, et, dans certains cas, lesfièvres éruptives ; et pour les détails nous n’avons qu’à renvoyer à ces différents articles.

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Symptômes. — La maladie débute souvent par de ia gêne ou de la douleur dans les mouvements de la jointure ; les mouvements de flexion et d’extension deviennent moins étendus ; des gonflements ne tardent pas à se manifester ; la partie est tuméfiée, dure et résistante, ou molle et empâtée, ailleurs d’une résistance élastique ; au-dessus, le membre semble se rétrécir, 's’étrangler ; cela est surtout apparent pour le bas de la cuisse quand c’est le genou qui est malade. Les douleurs augmentent, et, chose digne de /remarque, se font quelquefois sentir dans l’articulatiot inférieure; le membre perd ses mouvements , il est rare qu’il demeure dans l’extension, presque toujours il est fléchi, soit à angle droit, soit même dans un degré de flexion très-considérable ; dans ce cas, il y a contraction réelle des muscles fléchisseurs. La nutrition s’altère dans le membre malade, il maigrit, et la tumeur n’en paraît que plus grosse ; elle est alors couverte de veines dilatées. Quand les ligaments articulaires sont ramollis ou même détruits, les têtes osseuses abandonnent quelquefois leurs rapports respectifs et se déplacent : c’est ce que l’on nomme les luxations spontanées , surtout communes à la hanche. Arrivée à ce degré, il est rare qu’il ne survienne pas de l’inflammation, non dans toute l’étendue de la tumeur, mais dans divers points ; il se forme alors de ces abcès, ne communiquant point encore avec le foyer de la maladie, et que M. Gerdy nomme abcès circonvoisins ; enfin, des abcès plus profonds viennent s’ouvrir au-dehors, et mettent en rapport, par un trajet fistuleux, la jointure malade avec l’air extérieur. Ces fistules peuvent se refermer pour se rouvrir encore à l’occasion de nouveaux abcès ; l’articulation en est quelquefois criblée ; plusieurs s’agrandissent, s’ulcèrent, donnent naissance à des fongosités. Au bout d’un temps variable, la suppuration devient de plus en plus abondante, les douleurs sont parfois d’une violence extrême , surtout la nuit ; le sujet s’épuise, maigrit; les digestions deviennent difficiles, les sueurs et la diarrhée colliquatives se déclarent, et la mort survient au milieu du marasme, comme dans la carie, la phthisie et autres affections consomptives.

Nous n’insistons pas ici sur les différences que présentent les tumeurs blanches suivant leurs causes. Nous noterons seulement les particularités suivantes : 1° Dans les tumeurs blanches scrofuleuses, on a constaté préalablement les causes et les conditions de la scrofule. Les os sont les premiers affectés, ils se tuméfient avant les parties molles ; les douleurs sont profondes , et le tissu cellulaire ambiant présente une résistance élastique due à une infiltration gélatiniforme ou sanguine et analogue au tissu érectile. 1° Dans les tumeurs blanches rhumatismales, on a déjà observé des douleurs erratiques, des accès de rhumatisme : l’affection débute par la synoviale et les parties molles ; il y a des craquements douloureux dans la marche et souvent des épanchements articulaires ; 3° dans les tumeurs blanches traumatiques , et 4° celles qui succèdent aux fièvres éruptives , la marche est la même que dans le cas d’affection rhumatismale.

Anatomie pathologique. — Si l’on vient à examiner anatomiquement une articulation malade à une époque assez avancée, oc trouvera les lésions suivantes. La peau est d’un blanc mat, ou, au con-

traire, rosée ; percée de fistules à orifices étroits, ou bien plus ou moins largement creusée d’ulcérations à l’entour desquelles elle est décollée, amincie et violacée. On y voit souvent apparaître des fongosités rougeâtres saignantfacilement. Le tissu cellulaire est, à une certaine profondeur, infiltré de sérosité ; mais à mesure que l’on se rapproche de l’articulation, il est plus dense , plus ferme, quelquefois lardacé. Ailleurs, il est très -friable, surtout là où il se continue avec les ulcérations et les fongosités; il est parfois transformé en une sorte de gelée tremblante.— Assez souvent les aponévroses et les tendons des muscles restent intacts; mais souvent aussi les tissus fibreux sont épaissis, devenus friables, gélatineux et comme confondus avec le tissu cellulaire. Les ligaments articulaires sont eux-mêmes ramollis, rouges, comme infiltrés de sang, et se laissant rompre et déchirer avec la plus grande facilité. Ils ont quelquefois entièrement disparu. — La synoviale est rouge en dedans et en dehors, et le tissu cellulaire qui la double est infiltré d’une matière rougeâtre et comme gélatineuse qui augmente son épaisseur. Elle peut aussi avoir disparu. — On a beaucoup parlé du ramollissement des cartilages et des fongosités qui s’en élèvent; on a, dans le mémoire cité ci-dessus, fait justice de cette erreur ; les cartilages ne sont pas doués de la vie, et ne peuvent offrir les lésions vitales qu’on leur attribue ; tout au plus, dans des cas très-rares, peut-on les trouver ramollis. Voici ce que M. Gerdy a parfaitement reconnu : le tissu cellulaire qui unit le cartilage à l’os, peu apparent dans l’état sain, s’injecte, se gonfle dans les maladies; les vaisseaux nouveaux qu’il renferme alors résorbent parplaces lecartilage, donnent naissance à des fongosités qui, passant à travers les ouvertures de celui-ci .semblent s’élever de sa surface. Un fait certain, c’est que les derniers vestiges de cartilage que l’on rencontre dans les articulations sont fermes, durs, offrent, en un mot, leurs caractères normaux. — Dans la cavité articulaire , on trouve une matière purulente épanchée ; ordinairement c’est une sérosité floconneuse, quelquefois sanguinolente, plus rarement du pus de bonne nature. Il est rare qu’à ce degré les os ne soient pas altérés ; mais ils le sont bien davantage quand la maladie a commencé par eux. Alors, souvent il y a des portions qui se nécrosent avant que d’avoir été enflammées : elles se séparent, et ce sont ces fragments qui donnent lieu aux abcès par lesquels s’échappent les esquilles mortifiées . La tête osseuse est elle-même poreuse, légère ; les canalicules sont très-développés, ainsi que nous l’avons indiqué & propos de l’ostéite (V. Os). A l’intérieur, la moelle est injectée, transformée en une bouillie rougeâtre j On trouve dans l’os des infiltrations purulentes, des tubercules, etc. (V. Carie.)

Le pronostic est généralement grave ; il varie cependant suivant l’espèce de tumeur blanche à laquelle on a affaire. Les scrofuleuses sont beaucoup plus graves que les rhumatismales et les traumatiques. L’altération des os ajoute beaucoup à la gravité de la maladie ; cependant, alors même qu’ils sont affectés, on ne doit pas perdre toute espérance de guérison. On l’a vu survenir quelquefois d’une manière inattendue, et le plus ordinairement avec ankylosé de l’articulation malade. Aussi, quand ou voit la maladie marcher vers la guérison, faut-

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il faire tous ses efforts pour empêcher l’ankylose, en imprimant de temps en temps des mouvements à la jointure; et s’il y a adhérence des surfaces articulaires, il faut au moins tâcher qu’elle ait lieu dans la , situation la plus avantageuse pour le membre aff fecté : dans l’extension pour le genou, dans les demi-flexions pour le coude, etc. De la sorte, les fonctions des membres ne sont pas perdues.

Traitement. — Si la tumeur blanche est d’origine scrofuleuse, il faut agir sur la constitution en général ; ainsi on conseillera une bonne nourriture, l’habitation à la campagne, l’usage habituel du vin, de la bière pour tisane, l’exercice lorsque l’inflammation et la douleur ne s’y opposent pas. Si la tumeur blanche est rhumatismale , on aura recours aux bains et douches de vapeur, aux fomentations aromatiques sur la partie malade ; on fera porter autour de celle-ci des flanelles recouvertes d’une pièce de taffetas gommé pour entretenir la chaleur : c’est ici que la compression pa- 'raît utile. Dans les tumeurs blanches traumatiques, les antiphlogistiques et les émollients, puis les fondants, sont surtout indiqués.

Ces généralités une fois posées, passons en revue quelques-uns des moyens actifs de traitement proposés contre les tumeurs blanches :

1° Les antiphlogistiques employés localement, les sangsues et les ventouses scarifiées, conviennent quand il y a phlegmasie évidente, et que la constitution du sujet n’est pas épuisée ; on y aura recours le moins souvent possible chez les scrofuleux. Les émissions sanguines, quand elles sont indiquées, doivent être répétées de temps en temps, jusqu’à ce que l’organe inflammatoire soit détruit. Nous avons vu, au mot Scrofule, que le reposcombiné avec les excitantsqui conviennentdans les tumeursblanches de cet ordre , constituait un véritable contre-bon-sens thérapeutique. Le repos est, au contraire, une condition de rigueur dans les tumeurs blanches rhumatismales et traumatiques ; seulement, comme nous venons de le dire plus haut, on fera exécuter au membre quelques mouvements, pour prévenir l’ankylose.

2° La compression convient très-bien pourles derniers ordres de tumeurs blanches que nous avons indiqués, et dans lesquels la maladie a commencé par les parties molles. La malaxation est un moyen dont on peut tirer d’excellents résultats.

3° Il ne faut pas oublier que, quand la phlogose a été abattue et pendant que l’on applique la compression, les pommades fondantes doivent être employées en frictions.

4° Les auteurs ne sont pas d’accord sur l’emploi des exutoires; beaucoup, et nous sommes du nombre, vantent les vésicatoires volants appliqués autour de l’articulation, ou les moxas; ces moyens sont surtout très-utiles quand les parties profondes sont attaquées. Notons que les exutoires sont généralement mauvais dans les affections scrofuleuses ; ils favorisent cette tendance de l’économie vers la suppuration, à laquelle elle n’est déjà que trop portée par le fait de la constitution.

Quand ces moyens ont échoué, que la maladie est arrivée à ce point que la guérison est jugée impossible, il faut amputer. Quelques chirurgiens veulent opérer de bonne heure; d’autres veulent attendre que l’économie soit épuisée par la suppu-

ration. L’expérience a appris que c’est à cette dernière doctrine qu’il faut s’arrêter. Les succès obtenus par M. Gervy chez des sujets arrivés au marasme, tandis que l’opération échouait chez d’autres plus vigoureux, ont confirmé cette opinion. J. -P. B.

tungstène ( chim .), s. m. (V. auSupplém.).

turcique (< anat .), adj. (V. au Supplément).

turgescence (path.), s. f. ( turgescentia , de turgescere s’enfler) .Abondance d’humeurs dans une partie, d’où résulte l’augmentation de volume de celle-ci.

tussilage (mat. méd.), s. m. (tussilago), famille des synanthérées corymbifères J. ; syngénésie superflue, L. Cette plante, connue encore sous le nom vulgaire de pas-d'âne , croît dans les localités humides, et particulièrement dans les terrains calcaires. Ses fleurs exhalent une odeur agréable qu’elles conservent par la dessiccation ; leur saveur est douce et un peu aromatique. Elles font partie des espèces pectorales ou quatre- fleur s, et s’emploient comme adoucissant dans les irritations de poitrine. Le mode d’administration est une infusion théiforme. Seulement il faut avoir la précaution de passer l’infusion dans un linge fin, afin d’en séparer les poils de l’aigrette, qui pourraient irriter la gorge et augmenter la toux, que, suivant son nom, elle doit au contraire faire cesser (tussilage vient de tussis toux, agere chasser). — La racine du tussilage pétasite , qui est amère, était autrefois ordonnée comme apéritive ; elle est aujourd’hui complètement abandonnée. J . B.

tutie ou tuthie ( chim .), s. f. ( tuthia ), cadmie de fourneau; c’est le nom ancien de l’oxyde de zinc. (Voy. ce mot.)

tympan (anat.), s. m. (de tympanum , tambour). Membrane du tympan, caisse dutympan ; ce sont des parties de l’oreille moyenne. (Y. Audition.)

tympanite (méd.), s. f. ( tympanilis ). C’est uni maladie déterminée par l’accumulation du gaz dans les intestins. (V. Intestins [Maladies des].)

type ( path .), s. m. ( typus , du grec tupos , empreinte). Le type est l’ordre de succession dans lequel se montrent les symptômes d’une maladie. Type continu , intermittent. (V. Fièvre.)

typhoïde (Fièvre) (V. Dothinentèrité). — État typhoïde , état maladif désigné autrefois sous le nom d’état adynamique. (V. Adynamie et Dothinentérie.)

typhus (path.), s. m. ( typhus , du mot grec tuphos , stupeur). Sous le nom de purélos tuphôdès , fièvre typhoïde ou avec stupeur , les médecins grecs confondaient toutes les affections fébriles graves, accompagnées d’une notable diminution dans les facultés intellectuelles. Souvent même, par cette expression , on a entendu désigner toute maladie très-grave régnant épidémiquement. C’est ainsi que l’on a appelé la peste , typhus d'Orient; la fièvre jaune , typhus d'Amérique; nom sous lequel elle sera décrite ici ; et même le choléra, typhus d'Asie. Depuis Hildenbrand, le

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mot typhus a été employé d’une manière plus restreinte, et. il sert à caractériser une maladie à part, dont nous allons d’abord nous occuper. Nous dirons ensuite quelques mots d’une sorte de typhus peu connue jusqu’à ces derniers temps, et qui règne habituellement en Angleterre, en Irlande, aux Etats-Unis; c’est le typhus fever. Enfin on terminera par le typhus d'Amérique ou ictérode, qui n’est aqtre que la fièvre jaune.

Typhus d’Eubope. — C’est une lièvre à type continu ou rémittent, contagieuse, accompagnée d’une stupeur profonde et d’une éruption spéciale , qui se manifeste sous l’influence de miasmes délétères, surtout ceux qui se développent dans les cas d’encombrement , comme dans les hôpitaux, les prisons, etc. Cette affection a été décrite sous une foule de noms différents. On l’a appelée fièvre des hôpitaux, des camps, des vaisseaux; typhus carcéral, nosocomial , typhus des vaisseaux, fièvre pétéchiale, ponctuée ou tachetée, peste militaire, etc.

La cause ordinaire, on peut même dire constante du typhus, c’est l’encombrement, l’accumulation d’un trop grand nombre d’individus dans un espace donné. Eh bien ! c’est ce qui arrive dansune foule de cas, soit dans les camps, soit dans les villes assiégées, soit dans les vaisseaux, les prisons, les hôpitaux, etc. Notez qu’à ces circonstances de l’encombrement, se joignent souvent, dans les conditions que nous venons de rappeler, la misère, la tristesse, l’ennui et les privations de tout genre. Comment agit l’encombrement? Evidemment par la viciation de l’air qui résulte des émanations des corps ainsi agglomérés dans un espace trop restreint, surtout quand, aux produits de la transpiration cutanée et pulmonaire, s’ajoutent les exhalaisons des plaies, des suppurations, des déjections alvines, etc. Ainsi, le point de départ du typhus e>t constant et uniforme; ce sont toujours les miasmes exhalés par les corps vivants.

Les miasmes produits par d’autres causes peuvent entraîner différentes maladies, mais non le typhus. Dans les conditions spéciales dont nous venons de parler, le siège de l’encombrement devient le foyer d 'infection où la maladie ne tarde pas à se développer, et d’où elle se propage par contagion . La contagion devient donc une cause secondaire d’extension ajoutée à la première. On a certainement beaucoup exagéré les propriétés contagieuses du typhus. Ainsi, la plupart des faits que l’on cite ont trait à des individus qui ont contracté la maladie en soignant les malades au sein du foyer de l’infection ; ils ont dès lors pu contracter la maladie tout aussi bien parle fait de l’infection que par le fait de la contagion. Mais des faits plus probants, ceux qui donnent un cachet de certitude à la propriété transmissible du typhus, c’est le déveoppement de la maladie par le fait de malades qui ont été transportés hors du foyer d’infection, et qui l’ont communiquée à des individus sains et placés dans des conditions hygiéniques favorables ; etc’estce qui arrive quand, par exemple, une armée atteinte detyphus laisse desmalades dans les villages qu’elle traverse; ces malades transmettent l’affection à ceux qui les soignent dans ces différentes localités. Mais l’extension se borne là d’ordinaire, et, s’il n’y a pas encombrement, il ne se forme pas

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de foyer secondaire. Au contraire, un seul sujet atteint du typhus peutle donner dans un hôpital rempli outre mesure. En effet, là se trouvent réunies les conditions qui président au développement de la maladie. Cette contagion estdoncbien moins redoutable pour les populations qu’on ne l’avait prétendu.

Une circonstance digne de remarque, c’est que, sauf des exceptions excessivement rares, le typhus n’atteint pas deux fois les mêmes personnes.

Relativement à ses symptômes et à sa marche, le typhus peut être partagé en trois périodes.

, Première période. — Prodromes. — Au bout d’un temps variable, après que l’on est entré dans un foyer d’infection ou que l’on a été en rapport avec un sujet malade, temps qui varie de quelques heures à huit, dix ou quinze jours, le sujet est pris de malaise, de frissons suivis de fièvre avec céphalalgie intense, accablement profond; bientôt survient une congestion vers la face, qui se colore; les yeux s’injectent, deviennent larmoyants ; il y a enchifrènement, gêne dans la déglutition ; de la toux, de l’oppression, souvent des vomissements; la céphalalgie acquiert une grande intensité; le malade tombe dans la stupeur ; il se montre alors ordinairement une épistaxis. Vers le troisième ou quatrième jour, survient sur le corps et aux membres l’éruption de pétéchies, véritables ecchymoses sous-épidermatiques. En même temps que se montre cette éruption, les symptômes catarrhaux s’amendent d’ordinaire; mais la fièvre, quelquefois après une légère rémission, augmente de violence; le pouls est souvent à 130, 140 pulsations ; la soif devient très-vive; la langue se sèche; le sang tiré de la veine, qui était d’abord couenneux, devient plus fluide, et ne se coagule qu’avec une extrême lenteur. Cette période dure de six à sept jours.

Deuxième période. — Etat. — Cette seconde phase de la maladie est marquée par l’exacerbation des symptômes, à laquelle succède quelquefois une rémission passagère. Le pouls devient souvent plus faible et moins fréquent. La prostration est extrême; le délire consiste dans une sorte de rêvasserie continuelle (typhomanie) ; très-rarement, il est violent ou furieux ; enfin, le malade est parfois dans un côma profond ; il éprouve souvent des tremblements des membres , des secousses convulsives , des soubresauts. L 'haleine et les évacuations alvines sont d’une extrême fétidité : le malade exhale une odeur de souris très-prononcée. Très-fréquemment , on voit survenir le hoquet, du météorisme ; les selles ou les urines sont rendues sans que le malade en ait la conscience, et c’est surtout à cette émission involontaire que certains auteurs ont attribué l’odeur de souris : à cette époque, le sang est noir et fluide. On observe aussi, dans certains cas, des phlegmasies du côté de l’encéphale ou de la poitrine. Cette période dure à peu près autant que la précédente.

Troisième période. — Déclin. — Vers le quatorzième ou quinzième jour, si la maladie doit avoir une issue funeste, les phénomènes de stupeur et les accidents nerveux font de nouveaux progrès, et le malade succombe le plus ordinairement au milieu d’un côma profond. La mort est quelquefois précédée d’hémorrhagies abondantes , d’une extension très-grande de l’éruption pétéchiale, delà formation de plaques gangréneuses, etc.

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Mais si, au contraire, le malade doit guérir, les accidents si graves que nous avons indiqués diminuent progressivement d’intensité ; le malade sort de son accablement comme d’un rêve ; il se manifeste assez souvent alors des phénomènes que l’on a regardés comme critiques, des sueurs abondantes, des parotides, des hémorrhagies nasales, des urines sédimenteuses, un flux bilieux, etc.

Cettemarche est souvent modifiée, dans certaines épidémies , par des accidents particuliers ; mais telle est celle que suit généralement le typhus : cette maladie est aussi, assez fréquemment, compliquée de quelques autres affections plus ou moins graves, dont les plus communes sont la dysenterie et la pourriture d’hôpital.

La •convalescence est souvent très-longue, trèspénible, et la maladie peut laisser à sa suite des stigmates indélébiles de son passage , un affaiblissement des facultés intellectuelles, par exemple.

Anatomie pathologique. — Les lésions trouvées après la mort offrent aussi quelques particularités dignes de remarque. Les cadavres ont une grande tendance à la putréfaction. L’encéphale présente quelquefois des traces manifestes de congestion, voire même de phlegmasie, par exemple des infiltrations purulentes et même des abcès. On a trouvé des épaississements, des ramollissements, des muqueuses pituitaire et pharyngienne ; les bronches sont encore brunes ou violacées, les poumons gorgés de sang. On trouve, dans les intestins, différentes traces de congestion ou d’inflammation, et même les altérations des plaques de Peyer propres à la fièvre typhoïde; mais cette lésion n’est pas constante, comme on l’a dit à tort. Il en est de même de la rate, qui, constamment tuméfiée dans la fièvre typhoïde, est souvent exempte d’altération dans le typhus. Il y a souvent des congestions sanguines dans les différentes viscères. Enfin les lésions les plus communes portent sur le sang, qui est noir et dîffluent.

Pronostic . — Le typhus est une des maladies les plus graves que nous connaissions, tant par le nombre des sujets qu’il atteint, que par le nombre de ceux qu’il fait périr. On l'a vu décimer des armées, des villes assiégées, emporter la moitié, les deux tiers de ceux qu’il frappait ; on comprend que la violence du mal est d’autant plus grande, que ^encombrement est plus considérable, et qu’à cette circonstance s’ajoutent la mauvaise situation des lieux, la mauvaise nourriture et les peines morales de toutes sortes.

Traitement. — D’après ce que nous avons dit, que l’accumulation d’un trop grand nombre d’individus étaitlacauseàpeu près constante du typhus, on comprend que pour éviter cette maladie, il n’y a qu’à éviter l’encombrement : c’est là le conseil que donnent les médecins. Aujourd’hui l’autorité, justement préoccupée des dangers de l’encomÉrement des hôpitaux, des prisons, des casernes, des collèges, prend les mesuresles plus efficaces pour agrandir et assainir les bâtiments, et si tout n’est pas encore fait à cet égard, on travaille d’une manière active au bien.

La première chose qu’il y ait à faire quand se déclare une épidémie de typhus, c’est de disséminer les malades, de les envoyer leplus loin possible du foyer primitif d’infection ; plus ils seront isolés, moins il y aura de chances de voir la maladie s’é- |

tendre et se propager. Pour placer les malades, il faudra surtout choisir des localités élevées, où l’air soit sec et vif, et très-fréquemment , sinon continuellement renouvelé. Dans les hôpitaux, où ils seront forcément réunis en nombre assez considérable, on aura soin d’établir une ventilation permanente des fumigations avec le chlore; on répandra souvent sur le plancher des chlorures ou de Tenu vinaigrée; partout régnera la plus stricte propreté. Ces soins de propreté sont surtout nécessaires pour les personnes que la nature de leurs fonctions oblige de s’approcher des malades. On empêchera , autant que possible, les relations entre l’extérieur et le foyer d’infection.

Quant à la maladie elle-même, le typhus étant une affection à période, comme les fièvres éruptives et la dothinentérie , on ne peut pas espérer de l’entraver dans sa marche; il faut qu’il parcoure ses différentes phases. On doit se bornera combattre les accidents les plus prononcés. Les saignées plus ou moins répétées, seulement pendant la première période, sont généralement peu avantageuses. Les vomitifs et surtout l’ipécacuanha ont été vantés par Hildenbrand. Les symptômes nerveux, qui se déclarent dès les premiers jours, seront attaqués par des révulsifs, vésicatoires à la nuque, etc., les antispasmodiques et surtout le camphre à l’intérieur. Quand la prostration est très-grande, les toniques, le quinquina, les vins généreux sont alors parfaitement indiqués, et ils ont fourni d’excellents résultats. Les chlorures pourraient encore être employés dans le but de combattre la putridité, les ulcérations et les escarres seront pansées avec grand soin, saupoudrées de poudre de quinquina et de charbon ou deoamphre; les préparations de fer, les lotions chlorurées pourront être très-utiles. Du reste, les complications seront combattues suivant les indications qu’elles présentent, et la convalescence sera suivie ! avec grand soin. C’est alors surtout que le repos et I les précautions de l’hygiène la mieux entendue sont ! indispensables. (V. Hygiène militaire , Méphitisme, Miasmes.)

Comparaison du typhus et delà fièvre typhoïde. — Les anciens confondaient , sous les noms de synoque putride, fièvre typhoïde, plusieurs sortes de fièvres graves. A mesure que la science médicale fit des progrès, on alla toujours distinguant les maladies les unes des autres; et dans le siècle dernier, Hildenbrand isola le typhus des affections avec lesquelles on l’avait jusque-là confondu. Or, quelques auteurs modernes, en particulier M. Gaultier de Claubry, voudraient ramener les médecins à fondre ensemble le typhus et la fièvre typhoïde, comme n’étant qu’une seuleet même maladie, et c’est là ce que nous ne pouvons admettre. Examinant parallèlement ces deux maladies, nous croyons pouvoir poser, d’une maniéré formelle, les conclusions suivantes :

1° Quant aux causes. Le typhus est contagieux, la fièvre typhoïde ne l’est pas, ou, si l’on veut, ne l’est que dans des conditions tout-à-fait exceptionnelles. Le premier résulte à peu près exclusivement de l’encombrement, atteint tous les âges, mais non avec la même intensité, ne se montre pas deux fois sur le même sujet, tandis qu’il peut frapper les personnes qui ont eu antérieurement la fièvre typhoïde.

2° Quant aux lésions anatomiques. Le typhus I peut présenter quelques-unes des lésions propres à

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la fièvre typhoïde, mais non toutes ces lésions; souvent même, la plus importante , celle des plaques de Peyer, manque complètement.

3° Quant aux symptômes. Les phénomènes cérébraux, mais surtout la stupeur, sont d’ordinaire plus marqués dans le typhus ; les phénomènes abjdominauxsont d’ordinaire moins intenses. En outre,

| l’éruption pétéchiale, l’odeur de souris, la rareté des escarres au sacrum et sur les surfaces dénudées, sont particulières au typhus.

4° Quant à la marche. Elle est, en général, plus rapide dans le typhus.

5® Quant au pronostic. Il est plus grave dans le typhus.

6° Quant au traitement. Les toniques sont d’un usage plus avantageux dans le typhus que dans la fièvre typhoïde.

Enfin, on ne saurait dire que le typhus est le degré le plus intense de la fièvre typhoïde , car on voit tous les jours des cas très-graves, ou des épidémies très-meurtrières de cette dernière, dans lesquelles ne se rencontrent pas les caractères du typhus ; et réciproquement, on voit des cas légers de typhus, dont les symptômes ne se confondent pas avec ceux de la fièvre typhoïde ordinaire. Ce n’est pas tout: dans les temps d’épidémie de typhus, on voit les fièvres typhoïdes suivre leur marche habituelle, sans être influencées par celui-là. On peut donc dire que ces deux maladies appartiennent à la même famille , mais non que ce sont deux degrés de la même affection ; leur relation est d’ailleurs parfaitement exprimée par le nom même de fièvre typhoïde, généralement donné à la dothinenterie.

Typhus feveb. — On désigne sous ce nom une fièvre spéciale à l’Angleterre : cette maladie avait été confondue, par les médecins anglais, avec la fièvre typhoïde ordinaire, lorsque, dans ces dernières années, M. Shattuck de Boston ayant eu l’occasion d’en recueillir quelques observations , dans un voyage qu’il fit à Londres, M. Valleixse livra à l’analyse rigoureuse de ces faits, et conclut à la non identité du typhus fever et de la fièvre typhoïde. Ne voulant pas reproduire ici ce long parallèle, nous en donnerons seulement le résumé succinct que voici : Ce qui distingue cette affection de toutes celles qui pourraient avoir quelque ressemblance avec elle, et notamment de la fièvre typhoïde, c’est, pendant la vie : 1° l’éruption si caractéristique [pétéchies) ; 2° l’absence presque complète des symptômes fournis par les organes des sens; 3° la faiblesse comparative de certains symptômes cérébraux ; 4° l’absence des symptômes abdominaux ( diarrhée , météorisme ) pendant un temps considérable, leur petit nombre et leur peu de gravité pendant tout le temps de la maladie. Après la mort, on reconnaît le typhus à l’éruption pétéchiale chez un certain nombre de sujets (c’est là le signe positif) , et à l’absence de toute lésion constante caractéristique, telle que celle des plaques de Peyer (c’est là le signe négatif). Ajoutons que le typhus fever affecte tous les âges, et qu’il est éminemment contagieux. Pour nous, le typhus fever n’est en réalité qu’une forme particulière de typhus ; il n’est donc pas étonnant qu’il diffère de la fièvre typhoïde. Le traitement est celui du typhus. E. Beaugrand.

Typhus d’Amérique ou fievre jaune. — Sous

I ces noms, et sous ceux de mal de Siam, fièvre i ictérique, matelotte, vomito negro ou prieto des i Espagnols, etc., on désigne une affection fébrile | grave, ordinairement épidémique, se montrant dans ! les pays chauds, et caractérisée par la couleur jaune | de la peau et des vomissements noirs, j II est bien certain , malgré quelques prétentions contraires, que la fièvre jaune n’a été signalée qu’à i partir de la découverte de l’Amérique, et les pre- ! mières descriptions un peu exactes ne remontent pas j au-delà du milieu du dix-septième siècle. Dans un | travail très-considérable, M. Moreau de Jonnès a I fait un relevé des grandes épidémies qui ont régné ! depuis la fin du quinzième siècle jusqu’en 1819, et j il n’en compte pas moins de 274, ainsi réparties : Amérique, 227 ; Afrique, 4; Europe, 43. En Amérique, ces épidémies ont été fort inégalement distribuées: 116 pour les Antilles; 92 pour l’Amérique du Nord, et I9seulement pour l’Amérique du Sud. La plus haute latitude boréale où la fièvre jaune se soit montrée est par le 43e, à Québec, dans le Canada. Elle paraît très-rare dans l’Amérique du Sud. Enfin, on en cite à peine quelques exemples dans leslndes. Son théâtre habituel estdonc l’Amérique, et en Amérique, les Antilles. En Europe, elle ne s’est montrée que sur le littoral de l’Espagne et de l’Italie, et peut-être à Rochefort, à Saint-Nazaire, il y a peu d’années. De même en Afrique, on l’a rencontrée seulement sur les côtes du Sénégal, à Sierra-Leone.

Causes. — Ainsi, déjà ce premier aperçu nous permet de constater que, dans tous les lieux où elle sévit, la fièvre jaune se montre sur le littoral et ne pénètre guère dans l’intérieur des terres. Quelles sont donc les causes quiprésident à son développement? On a accusé la chaleur; elle habite, il est vrai, dans les régions inter-tropicales ; mais, nous l’avons vu, elle ne s’y montre pas partout : les Indes orientales, l’Arabie, la côte orientale d’Afrique, en sont exemptes. Sont-ce les effluves marécageuses ? Elles paraissent, dans beaucoup de cas, jouer un rôle certain, mais non toujours. Elle se développe parfois là où n’y a pas de marais, et réciproquement, respecte des contrées marécageuses. Notons cependant que la proximité de la mer doit avoir là une action bien réelle. Aussi, M. J. Wilson l’attribuet-il à la décomposition des palétuviers alternativement couverts et exposés à un soleil ardent par le flux et lereflux. Ces végétaux abondent, dit-il, dans les contrées du Nouveau-Monde où se montre la fièvre jaune; il ajoute que, dans d’autres endroits, la maladie débute constamment près des ports , le long des jetées, là où il y a des bois en destruction. Mais il y a des bois en décomposition en Egypte, sur la mer Rouge, et ces localités sont exemptes de la fièvre jaune. Une chose curieuse à noter , c’est que la maladie envahit quelquefois, en pleine mer, un navire à la voile; du reste, cet accident n’a lieu que dans les parages où règne la fièvre jaune, dans le grand Océan Atlantique, et surtout dans le grand golfe qui sépare les deux Amériques. De même, quand un vaisseau prend la maladie dans l’un des ports où elle règne, il l’emporte avec lui.

La fièvre jaune est-elle contagieuse?... Cette question a soulevé une grave et longue controverse. Après avoir admis la contagion de cette affection pendant de longues années, des médecins soulevé-

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rent, il y a environ quarante ans, l’opinion de la non conlagion, c’était à l’époque où l’on niait même la contagion de la peste et l’existence du virus. Un médecin, le docteur Chervin, consacra plusieurs années et une partie de sa fortune à visiter lescôtes de l’Amérique du Nord et du Sud, et il revint à Paris avec la conviction qu’il avait formée dans ses explorai ions: c’est que la fièvre jaune est une maladie épidémique mais non contagieuse. Cette opinion, qüü était une erreur, se trouvait en rapport avec les doctrines médicales de l’époque; elle flattait les chefs de ces doctrines ; elle fut chaudement adoptée même par le corps scientifique, et l’Académie de médecine en adoptant ces principes, demandait la suppression des quarantaines comme gênantes pour les communications et inutiles pour la santé publique. On oubliait les enseignements donnés par les épidémies dont les ports de l’Espagne av-iient été le siège, tels que Malaga, Cadix, Barcelone, etc.

Le gouvernement, vaincu par ces controverses, crut devoir supprimer les quarantaines pour les navires venant d’Amérique et les modifia d’une manière notable pour les provenances du Levant. Mais, lors de notre dernière guerre avec le Mexique, un fait d’une grave importance vint démontrer que la fièvre jaune pouvait être introduite dans nos ports par des navires venant des contrées infectées. Un bâtiment venant de la Vera-Cruz était en déchargement dans le port de Saint-Nazaire, il communiqua la fièvre jaune aux hommes qui l'avaient déchargéet spécialementàceuxqui avaient c nlevé les marchandises qui étaient dans la cale du navire; ces hommes furent traités à terre et plusieurs des personnes qui les soignèrent furent affectées de la maladie, plusieurs moururent et la maladie ne cessa de se propager que lorsque l’on eut isolé les individus affectés. Le bâtiment qui avait été cause de cette invasion de l’épidémie heureusement arrêtée fut sabordé et maintenu sous l’eau pendant le temps qui fut jugé convenable pour faire disparaître les germes de la maladie.

A la suite de cet événement qui modifia comme on le pense la conduite du gouvernement à l’égard des quarantaines, nous citerons un fait plus ancien , mais non moins concluant , qui nous a été rapporté par un officier de la marine royale, M. M..., capitaine de vaisseau. Il était, en 1821, officier sur la frégate l'Africaine , qui relâcha, au mois de juillet , à Saint - Thomas. La fièvre 1 jaune était dans l’île, et la frégate, à l’ancre depuis plus de quinze jours, n’avait pas vu un seul cas de fièvre jaune se déclarer parmi son équipage. Il est vrai que ni officiers, ni matelots n’avaient été à terre. Un officier important de l'île vient à mourir de la maladie épidémique, le gouverneur fait inviter l’état-major de la frégate à assister à l’enterrement de cet officier. Deux joui s après la fièvre jaune se déclare à bord de la frégate parmi les officiers qui avaient assisté à la cérémonie funèbre; les domestiques et les matelots qui soignaient les officiers furent successivement aiteiuts, et, bien que le bâtiment eût levé l’ancre et fût en pleine mer, la maladie ne continua pas moins à sévir. Une grande partie de l’équipage fut atta-; quée, et les ravages de la maladie furent si graves | et si continus, que l’on fut obligé de faire évacuer®.

le bâtiment afin d’arrêter la destruction. Les matelots malades furent évacués à l’hôpital de la Basse- Terre, à la Guadeloupe : ceux qui les portèrent furent presque tous aflectés de la fièvre jaune; la garde, composée de vingt-quatre matelots et d’un officier, que l’on envoyait chaque jour sur la frégate, avait presque toujours un assez grand nombre de malades au retour; on en compta une fois dix-huit sur viDgt-quatre. Il est difficile de ne point reconnaître ici la contagion par centre d’infection, c’està-dire dans un cercle donné et secondairement infecté. Cependant cette contagion, par centre d’infection, a ses limites; car on ne voit jamais la maladie s’éloigner du littoral, ni se montrer sur les plateaux élevés qui sont voisins de la mer.

Quant aux causes occasionnelles , on sait fort peu de chose ; seulement, on a remarqué que les fatigues excessives, les excès, la misère, les privations, les chagrins, une peur extrême de l’épidémie, enfin toutes les causes débilitantes favorisaient le développement de la maladie. De même, on a remarqué, en Amérique, que les Européens nouvellement débarqués étaient atteints dans une bien plus forte proportion que les colons, ou que les personnes acclimatées par un séjour déjà ancien.

Symptômes. — Nous ne pouvons décrire ici les différentes formes que peut affecter la fièvre jaune dans les différentes épidémies; qu’il nous suffise de présenter le tableau de ce que l’on observe le plus généralement. La maladie peut, pour l’étude, se partager en deux périodes bien tranchées.

Première période. — Le début est souvent brusque, et surprend le malade au milieu de la plus parfaite santé; il survient une céphalalgie intense, avec frissons, courbature; bientôt la chaleur succède aux frissons; la figure s’injecte; les yeux deviennent rouges, larmoyants; il y a de la soif et de la douleur à l’épigastre, suivie de nausées et de vomissements blanchâtres ; l’insomnie et l’anxiété sont souvent très-considérables ; d’autres fois il y a torpeur, engourdissement; le pouls est plein, régulier; rarement plus fréquent qu’à l’état normal, il peut même être plus lent ; la peau est injectée de sang.

Deuxième période. — Elle est caractérisée par les deux principaux phénomènes de la maladie, et qui lui ont valu les appellations différentes sous lesquelles on la désigne. Vers le quatrième jour, la peau prend une teinte jaune, et les vomissements deviennent noirâtres , puis noirs, semblables à du chocolat ou à du marc de café; les déjections alvines sont également noirâtres ; la face se déprimant encore davantage, l’anxiété redouble, il y a du hoquet, la chaleur tombe, les urines cessent découler; ii se forme des pétéchies, des ecchymoses, et même des plaques gangréneuses à la surface du corps; parfois même il survient un délire violent; des hémorrhagies ont lieu par le nez, parles selles, souvent aussi par les émonctoires ouverts à la peau, et le malade succombe au milieu de cet effrayant cortège de symptômes. Dans d’autres cas plus heureux, les accidents s’amendent graduellement, et le malade est enfin rendu à la santé, après une convalescence ordinairement très-longue et très-pénible.

La marche de la fièvre jaune est continue; elle offre cependant assez souvent des rémittenses ; l’intermittence réelle est beaucoup plus rare : on l’observe cependant quelquefois, à la première période

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surtout, pendant les premiers temps de l’épidémie. Et même, suivant plusieurs médecins recommandables, Chervin entre autres, la maladie qui nous occupe ne serait que le degré le plus élevé des fièvres intermittentes et rémittentes, d’origine paludéenne, que l’on observe dans les pays chauds. Chervin s’appuie, pour prouver cette assertion, sur ce que les épidémies de fièvre jaune sont souvent précédées de fièvres intermittentes, puis rémittentes, qui prennent progressivement les caractères de continuité, et revêtent les caractères de la maladie principale, et enfin sur ce que , vers la fin de l’épidémie , les rémittentes reparaissent.

Du reste, la durée de la maladie est de cinq à huit ou dix jours, dans les cas graves, moindre dans les cas bénins. On a vu aussi des individus succomber en peu de jours, ou même être frappés et périr en quelques heures.

Anatomie pathologique. — Les lésions trouvées après la mort méritent d’être notées. On retrouve sur le cadavre la coloration jaune et les pétéchies ecchymotiques observées pendant la vie. Le sang est fluide, noirâtre; souvent il congestionne plusieurs organes, et notamment les poumons et le cerveau; l’estomac est ordinairement distendu par du sangbrunâtre, plus ou moins altéré, quelquefois pur. La muqueuse gastro-intestinale en est parfois imbibée par plaques; il y a même, dans certains cas, des plaques rouges et ramollies; mais les caractères inflammatoires n'y sont pas bien tranchés, ni bien intenses. Une lésion assez constante, que M. Louis serait porté à regarder comme caractéristique de la fièvre jaune, c’est la décoloration du foie, qui offre une teinte paille, beurre frais ou jaune de rhubarbe. Cependant, quelques auteurs (M. Rufz entre autres) ont reconnu que cette altération manquait une fois sur trois, ce qui lui ôte la valeur que l’on a voulu lui assigner. La rate est ordinairement saine, mais augmentée de volume.

Le pronostic est assurément très-grave , aussi grave que celui de la peste et du typhus. La mortalité varie de un sur trois à un sur cinq ou six, quelquefois plus, quelquefois moins, suivant les épidémies et les conditions dans lesquelles la maladie sévit.

Traitement. — De même que pour le typhus, il est prophylactif ou curatif :

1° Relativement à la prophylaxie, nous avons à donner à peu près les mêmes conseils que pour le typhus. Disséminer les malades, les' emmener hors du foyer; faire, si cela se peut, évacuer la ville affectée, c’est là le seul moyen d’éviter la propagation du fléau et d’affaiblir son action. De même, pour les vaisseaux, il faudra les évacuer, les ventiler et les laver avec soin ;

2° Si les phénomènes, généraux de la fièvre jaune diffèrent suivant les épidémies, offrant ici une forme inflammatoire, là une congestion, ailleurs

une prédominance des accidents nerveux, on comprend que les indications curatives doivent également varier.

On s’accorde à reconnaître que la saignée géné- ■ raie est souvent (mais non toujours) utile pendant la première période; quelques personnes même, et M. Rochoux le premier, ne craignent pas de la répéter jusqu’à 4 et 5 fois. Les saignées locales sont nuisibles, elles peuvent amener des escarres ou des hémorragies graves. Des boissons acidulées, des frictions avec du jus de citron (traitement des mulâtresses) paraissent fort utiles; les bains tièdes ou frais seront encore employés. Tout le monde n’est pas d’accord sur la question des vomitifs, dont quelques-uns se louent beaucoup, tandis que d’autres personnes craignent les secousses qu’ils occasionnent. II n’en est pas de même pour les purgatifs : on est assez généralement d’accord sur l’utilité de leur emploi. M. Dalmas conseille l’huile de ricin fraîche, par cuillerées à café toutes les heures. M. Tézard propose l’huile de croton-tiglium par gouttes sur la langue; M. Rohc, médecin anglais, les purgatifs salins; d’autres enfin (M. Gillkrest), le calomel.

On a proposé les vésicatoires sur la tête contre les accidents nerveux, (et à l’épigastre ou sur le trajet de la colonne vertébrale, pour calmer les vomissements ; mais les exutoires, on le sait, ont des inconvénients graves, quand il y a tendance à la gangrène. Enfin, du camphre associé à la rhubarbe, et au calomel a été préconisé par M. Dalmas.

Quand la seconde période est arrivée, et qu’il y a prostration des forces, il faut avoir recours aux toniques : le quinquina, dont on a tant abusé autrefois, mais qui cependant peut être utile dans des cas donnés, le sulfate de quinine surtout, précieux dans les cas où l’intermittence est manifeste, les vins généreux, les sels ammoniacaux. Si les phénomènes nerveux prédominent, les antispasmodiques seront mis en œuvre, et parmi eux, la valériane, le camphre, le musc, le castoreum. Enfin, nous le répétons, il faut, dans le traitement de cette maladie, suivre surtout les indications fournies par le caractère épidémique spécial.

Nature de la fièvre jaune.. — De même que les autres typhus (typhus d’Europe, peste), la fièvre jaune doit être regardée comme un empoisonnement miasmatique, infectant toute l’économie, et non comme une fièvre résultant de la réaction d’une affection locale; ni l’intestin, ni le foie, ne sont et ne peuvent être le point de départ des accidents que l’on observe. De même que les maladies que nous venons de citer, la fièvre jaune récidive trèsrarement; presque toujours une première atteinte, même légère, met désormais à l’abri celui qui en a été frappé. J. -P. Beaujde.

typhus ®’OK.is®ît ( méd .). Nom donné par quelques auteurs à la peste. (V. ce mot.)

T. II

ulcératiomt (palh.) , s. f. [ulceratio). On appelle ainsi un travail morbide accompli par les forces vitales dans un point quelconque de l’économie, qui a pour effet de produire une solution de continuité sécrétant une matière purulente , séreuse ou ichoreuse. (Y. Ulcère .)

UX.CSRE [chir. ),s.m. [ulcus, en grec elkos)-- J’appelle ulcère toute solution de continuité des parties molles, donnant lieu à une sécrétion puriforme ou ichoreuse, et entretenue par une cause locale ou générale. La différence fondamentale qui sépare la plaie suppurante de l’ulcère, c’est que la plaie abandonnée à elle-même tend incessamment vers la guérison, tandis que l’ulcère tend à rester stationnaire, ou même à s’accroître. Sous le nom d’ulcération , on désigne le travail morbide accompli par les forces vitales, et qui a pour objet de produire l’ulcère.

Tous les tissus, à l’exception de l’épiderme, des ' poils, des ongles, parties qui ne sont pas douées de la vie, peuvent être le siège de l’ulcération. Maisclle s’attaque plus particulièrement à la peau et aux membranes muqueuses, puis aux parenchymes et aux os. Certains tissus, les tissus fibreux par exemp'e, résistent, en général, assez bien, et il n’est pas rare de voir les tendons et les aponévroses parfaitement intacts au milieu de parties profondément dévorées. Lestissus accidentels, telsquelesquirrhe, l’encéphaloïde,la membrane qui forme les cicatrices, s’ulcèrent avec une grande facilité. C'est ce que J Hunter avait déjà noté, en disant que l’ulcération est très-commune sur les tissus qni n’entrent pas dans la composition originelle des corps.

En quoi consiste le travail morbide qui nous occupe ? ün a émis bien des hypothèses pour expliquer le mécanisme de cette destruction, de cette érosion des tissus. On a invoqué des humeurs âcres ou corrosives, des ferments, etc. J. Hunter, et cette opinion a été généralement adoptée, voyait là un phénomène d’absorption progressive , accompli par les vaisseaux. Ce travail exige habituellement, sinon j

toujours, le concours de l’inflammation. Quand une partie va être ulcérée, la peau, par exemple, on la voit rougir; il s’y forme un soulèvement épidermatique contenant du pus ; d’autres fois, c’est un abcès véritable qui s’ouvre à l’extérieur, laissant une solution de continuité qui va s’agrandissant avec plus ou moins de rapidité. Dans d’autres cas, la peau, légèrement excoriée, sécrète une matière purulente, qui se durcit en forme de croûte, sous laquelle le travail d’érosion s’accomplit. Ailleurs, c’est à la chute d’une escarre gangréneuse. Dans certains cas, enfin, la solution de continuité existait; c’était une plaie qui marchait vers la guérison ; puis , par l’effet de quelqu’une des influences dont nous allons bientôt parler, la cicatrisation se suspend et la plaie se creuse et s’agrandit , en un mot devient ulcéreuse.

Assez ordinairement, le travail d’absorption s’effectue en quelque sorte molécule à molécule, de manière que le tissu malade est repris, et dévoré en quelque sorte sans laisser des traces, et la solution de continuité devient de plus en plus large et profonde. D’autres fois, il s’établit une véritabledestruction des tissus situés à la surface de l’ulcère, un travail éliminatoire les sépare des parties sous-jacehtes qu’ils recouvrent sous forme d’un détritus putrilagineux. Ce qui se passe dans ce dernier cas est tout-à-faitsemblab!eauxphénomènesdela gangrène.

Les causes qui produisent l’ulcération peuvent être de deux sortes : les unes, purement locales , et agissant au sein delà partie malade elle-même; les autres affectent toute l’économie, etleur détermination vers l’extérieur se produit sous la forme ulcéreuse.

1° Les causes locales sont toutes celles qui peuvent exagérer ou affaiblir la vitalité de la partie affectée. Pour qu’une solution de continuité se cicatrise, il lui faut un certain degré d’inflammation, au-dessus ou au-dessous duquel le travail réparateur ne saurait avoir lieu. Que, par une cause extérieure quelconque , des pansements irritants par exemple, une plaie soit très-vivement enflammée.

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elle ne se guérira pas, et se transformera en ulcère. Dans le cas opposé, qui est assurément le plus fréquent, la même chose aura lieu. Ainsi, la gêne, l’embarras de la circulation dans une partie, l’engorgement des tissus, qui en est la suite, y affaiblissent la vitalité, et à la place d’uneinflammaUon cicatrisante, il s’établira une inflammation ulcérante. Bien souvent cet affaiblissement est dû à de mauvaises conditions d’existence de la part de celui qui le présente, misère, chagrins, habitation malsaine, travaux pénibles , vieillesse , etc. Quoique rentrant par le fait dans les causes générales, ces conditions sont cependant rattachées à l’état d’atonie locale qu’elles déterminent, et qui vient compliquer la solution de continuité déjà formée. On peut en dire autant de certaines fièvres graves, la fièvre typhoïde, le typhus, par exemple.

2° Les causes générales sont des affections de toute l’économie, qui ont pour effet de produire spontanément l’ulcération. Telles sont la syphilis , la scrofule, le scorbut, la diathèse cancéreuse ou tuberculeuse, etc.

Relativement à leur nombre, à leur marche, à leurs caractères, etc., les ulcérations offrent une foule de différences, dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer ici. Il en a été question à l’occasion de maladies des différents organes. ( V. Estomac, Intestins , Larynx^ etc. ) Ici nous n’avons à nous occuper que des ulcères qui siègent sur la peau , et tout au plus à l’orifice des membranes muqueuses, et nous les rangeons, suivant l’usage, en deux classes , suivant qu’ils dépendent d’une cause locale ou générale.

I. Ulcères entretenus par une cause locale. — On les rencontre à la surface du corps, mais non indifféremment sur toutes les parties; leur siège le plus ordinaire est auxmembres inférieurs, et le motif de cette préférence est facile à comprendre. La circulation dans les extrémités du corps est moins active qu’ailleurs, et parce que le sang lancé par le cœur n’y arrive qu’après avoir perdu de sa vitesse, et parce que l’habitude de la station debout gêne notablement le retour du sang, forcé de remonter dans les veines contre son propre poids. De là il résulte que la vitalité est moins active que dans les autres parties du corps* et que les solutions de continuité, résultantde plaies, d’ouvertures, d’abcès, d’escarres gangréneuses , etc. , tendront à persister dans un état stationnaire qui constitue précisément l’ulcère ; en outre, les plaies, les contusions, étant assez fréquentes aux membres inférieurs, ces diverses lésions auront, par les circonstances que nous exposions tout-à- l’heure, une grande disposition à dégénérer en ulcères.

La forme et l’aspect de ces ulcères offrent beaucoup de variétés; on peut cependant les décrire d’une manière générale. Ils se présentent ordinairement tous l’apparence d’une solution de continuité plus ou moins profonde et de dimension variable. Tantôt ils n’ont que quelques centimètres de diamètre, tantôt jusqu’à deux et même trois décimètres. Leur configuration offre plusieurs circonstances importantes à noter: tantôt ils sont oblongs, ovalaires ou de forme à peu près carrée ; ailleurs, irréguliers, anfractueux ; ailleurs, enfin, assez régulièrement circulaires. Cette dernière circonstance est généralement regardée comme défavorable : la guérison,

dans ce cas, se fait plus longtemps attendre. Les bords sont ordinairement tuméfiés, ce qui fait paraître l’ulcère plus profond et plus étendu qu’il ne l’est réellement. Le fond est d’un rouge grisâtre ou violacé, couvert de granulations plus ou moins volumineuses, et qui donnent naissance à une suppuration claire, téüue ou épaisse, et qui s’en échappe en quantité variable. En général, ces ulcères sont peu douloureux, et, chez beaucoup de personnes, ils ne révèlent leur présence que par la gêne qu’ils déterminent pendant la marche ou la station debout trop longtemps prolongées.

La durée de cette affection peut être très-considérable : tous les jours on voit des vieillards qui en sont atteints depuis dix, quinze, vingt ans, et même plus. Cette permanence d’une suppuration chez lê même indi vidu a donné lieu à une question pratique du plus haut intérêt. On s’est demandé si les ulcères invétérés ne devaient pas être comparés aux exutoires anciens, et, par conséquent, s’il ne serait pas dangereux, en les guérissant, de supprimer tout-àcoup une suppuration à laquelle l’économie était habituée? Yoici ce que les faits ont répondu à cet égard. Dans la grande majorité des cas, la cicatrisation des vieux ulcères s’est effectuée sans accident; mais dans quelques cas particuliers, chez des sujets placés antérieurement dans de mauvaises conditions de santé, et dont l’état s’était amélioré lors de l’établissement de l’ulcère , chez des sujets atteints d’affections organiques viscérales , enfin dans des cas où aucune de ces circonstances n’avait lieu, on a vu la guérison d’un ulcère ancien être suivie de symptômes du côté du cerveau , tels que des congestions ; du côté de la poitrine, tels que de la toux, de l’oppression ; du côté du ventre, tels que des phénomènes d’entérite chronique, etc. ; et la preuve que ces accidents divers dépendaient bien réellement de la suppression brusque d’une suppuration habituelle, c’est qu’ils cédaient à l’ouverture d’exutoires, ou à la réapparition de l’ulcère sur le lieu qu’il occupait antérieurement.

Au total, et pour se mettre à l’abri de ces accidents, il est prudent de faire suivre aux malades que l’on traite pour des ulcères anciens un régime particulier, et qui consiste dans l’emploi des purgatifs, et parfois même à ouvrir un exutoire temporaire dans le voisinage.

Voyons maintenant quelles sont les conditions locales qui peuvent entretenir les ulcères.

II. Ulcères sous-cutanés ou fistuleux. — Un abcès froid ou chaud se forme dans une partie ; il n’est pas ouvert en temps utile, le tissu cellulaire qui double la peau est détruit, la peau elle-même est amincie, elle devient rouge-violette, se rompt et laisse s’écouler le pus par une ouverture plus ou moins large ; mais les bords de cette ouverture restent amincis, décollés, ils ne se réunissent pas avec le fond. La sécrétion purulente continue, il se forme un véritable ulcère, dontlaportion centrale est seule découverte, toute la circonférence restant cachée sous la peau dénudée et amincie. Des ulcères semblables peuvent succéder à des phlegmons diffus, à des inflammations gangréneuses, qui ont détruit au loin le tissu cellulaire sous-cutané, à des contusions violentes avec épanchement sanguin, etc»

Dans le traitement de ces ulcères, il faut d’abord examiner si la peau conserve encore assez de tissu

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cellulaire pour que l’on puisse espérer d’en obtenir ie recollement. Quand cette circonstance favorable a lieu , on tente la guérison en irritant l’intérieur du foyer avec quelques injections légèrement caustiques, celles de teinture d’iode, par exemple. On ravive ainsi la vitalité des parties suppurantes, et on détermine une inflammation favorable à la cicatrisation. La consolidation des parois du foyer est encore aidée puissamment par une compression légère et méthodique, qui met en contact parfait les parties dont on veut obtenir la réunion.

Quand la peau est complètement dénudée de son tissu cellulaire , qu’elle est très-amincie et d’une couleur violacée , il ne faut pas espérer de la voir se réunir avec le fond ; le mieux est alors de l’exciser avec des ciseaux ou avec le bistouri. L’ulcère est ensuite pansé à plat avec de la charpie sèche ou enduite de styrax, ou bien encore avec les bandelettes de diachylon , suivant le procédé de Baynton, que nous indiquerons tout-à-l’heure.

Quand la portion de peau dénudée forme un trajet étroit, sinueux, c’est alors une fistule souscutanée. Il en a été question ailleurs. (Y. Fistules.)

Ulcères atoniques. — On désigne ainsi les ulcères entretenus par un état sub-inflammatoire chronique, dont l’activité est au-dessous du degré nécessaire pour la cicatrisation. On les rencontre d’ordinaire aux membres inférieurs , et surtout aux jambes , chez les sujets âgés , vivant dans la misère et la malpropreté, habitant des lieux bas et humides , exerçant des professions qui exigent la station debout longtemps continuée , tels que les imprimeurs, les blanchisseuses, etc. Le fond de ces ulcères est grisâtre, offrant des bourgeons charnus, larges, plats et mollasses, sécrétant une sanie claire, peu abondante, et quelquefois fétide; les bords sont irréguliers, d’un rouge sale. Quelquefois la peau environnante est couverte de squammes eczémateuses. (V. Herpes .)

Après le repos au lit, qui convient dans toutes les formes d’ulcères, le traitement doit avoir plus particulièrement pour but de réveiller l’action vitale , et de produire le degré d’inflammation sans lequel la cicatrisation ne pourrait avoir lieu. On y parvient à l’aide des topiques excitants, tels que la charpie imbibée de liqueur chlorurée, de décoctions aromatiques, de quinquina , de feuilles de noyer, etc. , ou enduite d’onguent styrax. C’est ici surtout que convient l’emploi des bandelettes , suivant le procédé imaginé par Baynton , et que M. Roux a fait connaître en France , à la suite de son voyage en Angleterre. Ce procédé consiste à placer sur le membre malade une série de bandelettes de diachylon gommé, dont le milieu est appliqué sur le point du membre opposé à l’ulcère, et dont les extrémités viennent se croiser au niveau de celui-ci. Ces bandelettes doivent empiéter un peu les unes sur les autres, et recouvrir ainsi très-exactement toute la solution de continuité. Ce moyen offre ceci d’avantageux, qu’il n’exige pas un repos aussi absolu que les autres , et que les malades ainsi traités peuvent se livrer à quelques occupations. Le pansement est renouvelé tous les trois ou quatrejours.On a proposé aussi de recouvrir exactement la surface de l’ulcère avec unefeuille deplomb, maintenue à l’aide d’uu bandage roulé, légèrement compressif. Ce

procédé compte également des succès, mais il est moins généralement employé que le précèdent.

Les ulcères calleux et fongueux ne sont guère que des variétés de la forme atonique. Dans le premier cas, le fond de l’ulcère repose sur une base indurée ; les bords sont relevés, épais, durs, offrant, comme l’indique leur nom , des espèces de nœuds ou callosités; la peau environnante est souvent d’un rouge violacé, lisse, tendue, luisante, présentant quelquefois des veines variqueuses. La compression exercée avec les bandelettes, à la manière de Baynton, est ordinairement très-efficace pour dégorger les parties indurées. Si ce dégorgement ne pouvait pas être obtenu ainsi , il faudrait avoir recours à des scarifications pratiquées sur les callosités elles-mêmes.

Les ulcères fongueux sont ceux dans lesquels les bourgeons charnus , larges et mollasses, des ulcères atoniques ont pris un développement insolite et font saillie en forme de champignons, à la sur-» face de la solution de continuité. Il faut ici détruire ces végétations anormales à l’aide de la cautérisation, pratiquée avec la poudre d’alun , du nitrate d’argent ou de mercure. On peut encore les couper avec des ciseaux courbes sur leur plat . Ce dernier moyen est surtout très-bon quand il existe en même temps des indurations; car l’écoulement sanguin qui résulte de l’extraction des fongosités facilite le dégorgement des parties dures et tuméfiées.

Ulcères variqueux. — La présence des veines variqueuses dans un membre, et surtout aux extrémités inférieures , détermine un ralentissement dans la circulation et une disposition aux engorgements œdémateux, qui rend, dans ces parties, la vitalité languissante , et les prédispose singulièrement aux ulcères. Vienne une écorchure , une plaie , une contusion , la cicatrice ne se fera pas , et la solution de continuité tendra , au contraire , à s’agrandir et à suppurer. D’autres fois , l’ulcération a lieu par un mécanisme différent. Elle survient à la suite de la rupture d’un renflement variqueux ou d’un abcès formé autour d’une veine enflammée. Les sujets exposés aux varices par une disposition organique spéciale, ou par leur profession (V. Varices), seront donc ceux qui présenteront les ulcères dont nous parlons actuellement.

Leurs caractères sont ordinairement ceux des ulcères atoniques et calleux, auxquels se joint l’existence, sur le membre malade, de veines dilatées à un degré plus ou moins considérable et en nombre plus ou moins grand. Un inconvénient assez grave de cette affection, c’est de donner lieu, parfois , à des hémorrhagies, par le fait de ruptures veineuses.

Le traitement cocsisie surtout à diminuer l’engorgement du membre malade. On y parvient par le repos au lit, le membre étant dans la position horizontale, ou mieux, un peu élevée ; par l’emploi, des émollients , s’il y avait quelques phénomènes inflammatoires, et, enfin, par la compression pratiquée au moyen du bandage roulé méthodique , ou des bandelettes agglulinatives. La guérison n’est ordinairement pas très-difficile à obtenir; mais la récidive est très-fréquente, à cause delà persistance des conditions qui donnent naissance à ces ulcères; aussi doit-on conseiller toujours l’emploi.

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d'un bas lacé, afin de lutter sans cesse contre la réplétion des veines, et l’engorgement du membre qui en est la conséquence.

On a encore décrit, comme autant de causes capables d’entretenir les ulcères, l’inflammation aiguë, la gangrène, les vers, la carie d’un os sous-jacent, etc. Il faut convenir que ce sont plutôt là des accidents, des complications; disons cependaut quelques mots des effeis produits par ces diverses influences.

Ulcères dits inflammatoires . — Lorsque, par le fait d’écarts de régime répétés, d’efforts, de mouvements, de fatigues, d’applications irritantes, de frottements, de contusions, etc., un ulcère déjà existant , ou une entamure accidentelle de la peau vient à s’enflammer , on voit survenir les phénomènes suivants. Le fond de la solution de continuité se tend, devient douloureux, rougit, laisse échapper une suppuration sanieuse oh sanguinolente , tantôt plus abondante , tantôt moins abondante que précédemment ; d’autres fois, il y a arrêt de la sécrétion purulente , et alors le fond est rouge-brun, sec, luisant; les bords se gonflent, durcissent, prennent un aspect érysipélateux, qui s’étend plus ou moins loin sur les parties voisines. Les antiphlogistiques, les applications émollientes, la saignée ou les sangsues autour de l’ulcère, suivant les cas, mais, avant tout, le repos le plus absolu , tels sont les moyens à l’aide desquels on fera cesser cette complication.

Ulcères dits gangréneux . — La gan grène se montre dans les ulcères sous l’influence de plusieurs causes différentes. Tantôt, c’est à la suite d’une inflammation très-violente, et alors le fond de la solution de continuité se dessèche , devient brunnoirâtre, et se transforme en escaire; tantôt c’est sur un sujet débilité, placé dans de mauvaises conditions hygiéniques, atteint de fièvre grave, etc. ; dans ce cas, l’ulcère prend une teinte grise, verdâtre, sa suppuration devient ténue, fétide , et les tissus gangrenés, au lieu de former une véritable escarre, s’en vont en détritus, sous forme d’une bouillie putrilagineuse. C’est ainsi que l’on voit souvent, dans les fièvres typhoïdes, les surfaces dénudées par un vésicatoire être prises d’une ulcération de mauvaise nature. A ces cas, et dans des conditions spéciales, se rattache la pourriture d’hôpital. (V. Gangrène , Pourriture d’hôpital.)

On a voulu aussi faire une classe à part des ulcères entretenus parla carie d’un os sous-jacent, par la dénudation d’un tendon ou d’une aponévrose, par la présence d’un corps étranger , etc. L’ulcère n’est ici que secondaire : enlevez la portion d’os cariée, réséquez le tendon dénudé, extrayez le corps etranger , et la guérison suivra nécessairement.

A plus forte raison peut-on en dire autant des ulcères vermineux. La présence de vers dans un ulcère n’est qu’une simple complication tout à-fait accidentelle. Disons seulement ici qu’il faut se hâter de fuire disparaître cette complication à l’aide de lotions camphrées, avec la décoction de quinquina, avec des solutions mercurielles, ou toute autre substance capable de faire périr les larves d’insectes.

IL Ulcères entretenus par une cause générale. — Dans cette classe se rangent tous ceux qui sont produits directement ou indirectement par une

cause interne, telle que le vice scrofuleux ou dartreux , le virus vénérien , le scorbut , la diathèse cancéreuse, etc. Tantôt, comme nous venons de l’indiquer, ces ulcères se forment par l’effet direct de la cause générale dont ils sont une manifestation; tantôt, une solution de continuité accidentellement formée ; une écorchure, par exemple, revêt les caractères particuliers que lui imprime l’affection générale à laquelle l’économie est en proie : c’est ce qui se voit très-souvent pour la syphilis, le scorbut, les scrofules. Les ulcères directs peuvent, dans les premiers temps , être purement locaux , bien que dépendant d’une cause dont le caractère est d’affecter toute la constitution ; et la preuve qu’il en est ainsi , c’est qu’ils peuvent guérir par des moyens exclusivement topiques. On le voit tous les jours pour les chancres vénériens primitifs. Cependant , il ne faut pas avoir grande confiance dans cette localisation passagère, et la prudence veut que les ulcères appartenant à la classe dont nous parlons soient soumis à un traitement général, approprié à la nature de la cause spéciale qui les produit.

Chacune de ces variétés d’ulcères est reconnaissable à des caractères particuliers. Le tableau en a été tracé à l’occasion des différentes maladies dont ils sont la manifestation. (Y.Esthiomène, Cancer , Chancre , Syphilis, Scrofule , Scorbut , etc.) Nous n’avons donc pas à nous en occuper ici avec détails, puisque leur histoire a été déjà donnée ailleurs.

Jules Cloqüet.

UNCiroaias (anat.), qui a la forme d’un crochet; nom donné à l’os crochu de la deuxième rangée du corps. (V. ce mot.)

UN6UINAI. (V. Unguéal.)

unguéau [anat.], adj. (de unguis, ongle). Phalanges unguéales , celles qui terminent les doigts et sur lesquelles s’implantent les ongles (Y. Mains).

unguis ( path . ), s. m. On a donné ce nom à une maladie de l’œil qui a été aussi désignée sous le nom de ptérygion. (Voy. ce mot.)

unguis (anat.), s. m., mot latin qui signifie ongle. On a donné ce nom à un os désigné aussi sous le nom d’os lacrymal; il est mince, situé à la partie interne et antérieure de l’orbite; il concourt à lp formation de la gouttière lacrymale et du canal nasal.

UNissANT(c/iî'r.),adj.Onappellebandagesunissants ceux qui sont destinés à maintenir rapprochées les parties divisées. Ils diffèrent suivant que la blessure dont on veut obtenir le rapprochement est placée sur le membre en long ou en travers. 1° Le bandage unissant des plaies longitudinales se fait avec une bande de 10 à 12 mètres, dont l’extrémité est fendue en plusieurs chefs. A une distance de ces chefs, telle que la portion de bande intermédiaire puisse envelopper les trois quarts du membre, on fait autant de boutonnières qu’il y a de chefs. Alors on applique le plein de la bande à la partie du membre opposée à la plaie, on met sur les côtés des compresses graduées, puis, passant les chefs par les boutonnières, on tire en sens inverse la bande ainsi invaginée en elle-même, et on termine par des circulaires avec la partie restante de la bande. 2° Bandage unissant des plaies trans-

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