‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 214 sur 298 · UPA · texte numérisé non relu

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versales; il est formé par deux pièces de linge plus ou moins larges, terminées l’une par plusieurs chefs, toutes par un nombre égal de boutonnières. Les deux pièces de linge étant fixées par des circulaires, l’une au-dessus, l’autre au-dessous de la plaie, on engage les lanières de l’une dans les boutonnières de l’autre, et, tirant en sens inverse, on entraîne les uns vers les autres les tissus de la partie supérieure et de la partie inférieure du membre, et on ferme ainsi la plaie. On en maintient le ra procliement à l’aide de nouveaux tours de bandes circulaires.

dpas ( toxic .), s. m. , nom que les naturels de l’île de Javadonnent à divers poisons dont ils se servent pour empoisonner leurs armes de guerre ou de chasse. Les premiers voyageurs qui ont parcouru les Indes ont raconté une foule d’anecdotes remplies d’exagérations et de mensonges sur ce poison. Ainsi, Foersch, médecin de la compagnie hollandaise, avait fait une peinture fort touchante de ces malheureux, dont la condamnation à la peine capitale était commuée en un sort presque aussi cruel, puisqu’ils n’avaient qu’une chance extrêmement douteuse de résister à l’action de Yupas, qu’ils étaient chargés de recueillir. L’arbre croissait dans une vallée de désolation, où nul être animé ne pouvait prolonger son existence; les oiseaux qui, par hasard, traversaient les airs au-dessus de ces arbres funestes, tombaient asphyxiés, les poissons qui habitaient les ruisseaux d’alentour en ressentaient aussi la redoutable influence !.... Mais les observateurs modernes, Leschenault et Horsfield, ont réduit tout ce roman à sa juste valeur. Il est très- vrai que les substances vénéneuses connues sous le nom d’upas sont douées d’une effrayante activité, mais seulement quand elles ont été introduites dans les tissus et absorbées. Du reste, elles n’agissent nullement par leurs émanations, et Leschenault a pu recueillir impunément le suc de l’upas antiar sur l’arbre qui le fournit.

Il y a deux sortes principales d’upas : l 'antiar et le tieulë.

Upas antiar. — C'est un suc gommo - résineux provenant de Y antiar is toxicaria (Leschenault), de la famille des urticées, arbre qui croît dans les grandes îles de l’Océan Indien, Java, Soumâdra, Kalémantan ou Bornéo, etc... Les Javanais préparent leur poison de la manière suivante : ils recueillent, dans la soirée, le suc d’antiar, qu’ils mettent dans un bambou, et le lendemain ils y ajoutent le suc exprimé de certains végétaux aromatiques broyés et triturés avec soin, tels que le kœmpferia galauga, Vamonium zerumbeth, une espèce particulière d’arum, de l’ail, du poivre noir. Le poison préparé ainsi se conserve dans des tiges de bambou, que l’on bouche hermétiquement aux deux extrémités. D’après l’analyse de MM. Pelletier et Caventou, ce suc contient une matière gommeuse, UDe résine élastique différente du caoutchouc, et une substance amère, soluble dans l’eau et l’alcool, qui est l’agent toxique. Cette substance diffère de la strychnine et paraît être un nouvel alcali végétal.

MM. Magendie, Delille et Orfila, en Europe ; MM. Leschenault et Horsfield, à Java, ont expérimenté l’upas antiar , et ils ont reconnu qu’il est vénéneux pour tous les animaux, mais à un degré

moindre que leùeiffe.Huitgouttesout tue un cheval en une minute et demie; 75 milligrammes ont fait périr un chien en quatre minutes. L’absorption est très-rapide par les plaies , et beaucoup plus lente par les voies digestives. Il en résulte des mouvements convulsifs, des secousses tétaniques, et la mort par asphyxie.

Upas tieutè. — Ce poison est tiré du strychnos tieutë (Leschenault), sorte de liane, ou arbuste sarmenteux, qui se trouve dans les épaisses forêts des îles de Java, Bornéo, etc. Les Javanais nomment cette substance tshettik. Pour l'obtenir, ils séparent l’écorcede la racine, et la font bouillir pendant environ une heure dans une certaine quantité d’eau, puis ils filtrent, font réduire à la consistance d’extrait mou, et ajoutent les mêmes ingrédients que pour l’upas antiar. Son action sur l’économie est des plus violentes, et la même que celle de la strychnine. (V. Noix vomique.)

Si quelqu’un était blessé par une arme empoisonnée au moyeu de l’upas, il faudrait, comme pour les morsures de serpent, empêcher l’absorption au moyen d’une ligature ou d’une ventouse. Plus tard, il faudrait employer le traitement approprié à l’empoisonnement par la strychnine, purgatifs réitérés, et même, au besoin, on pourrait tenter de pratiquer la trachéotomie pour prévenir l’asphyxie.

urabje [chim). (V. au Supplément.)

uaATES ( chim .), s. m. pl. (du grec ouron, urine). On a donné ce nom aux sels qui résultent de la combinaison de l’acide urique avec les bases salifiables. (Y. Urique.)

ur.ee (cMm.), s. f. (deowron, urine); substance particulière qui se trouve dans l’urine. Elle a été découverte, en 1773, par Rouelle, et étudiée depuis avec soin par plusieurs chimistes, notamment par Fourcroy, Vauquelin, Proust, Berzélius, etc... Plusieurs procédés ont été proposés pour l’extraction de cette substance. Yoici celui de M. Berzélius : il traite l’urine concentrée par une dissolution saturée d’acide oxalique; il se précipite de l’oxalate d’urée, que l’on décolore par du charbon de bois, et que l’on décompose par digestion avec de la craie en poudre, qui s’empare de l’acide oxalique et laisse l’urée à nu.

Cette substance, à l’état de pureté, cristallise en aiguilles fines et soyeuses; elle est inodore, d’une saveur fraîche et piquante, qui rappelle celle du nitre ; déliquescente à l’air chaud et humide, trèssoluble dans l’eau, un peu moins dans l’alcool, et à peine dans l’éther. Projetée sur des charbons ardents, elle donne des vapeurs d’une odeur fortement ammoniacale. Suivant M. Bérard, elle est composée de : azote, 43,40 ; oxygène, 26,40 ; carbone, 19,40, et hydrogène, 10,80.

L’urée se trouve exclusivement dans l’urine de l’homme et des animaux, et dans le sang des animaux privés de reins, ou des individus dont une maladie a rendu les reins impropres à la sécrétion urinaire. On a donné le nom d’urémie à une accumulation d’urine dans le sang , ou l’absence dans le choléra et la maladie Bright. (V. Reins.)

D’après les expériences de M. Ségalas, l’urée, injectée dans les veines, augmente la sécrétion uri-

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naire; ce serait donc un diurétique. Cependant, les essais tentés avec cette substance, dans quelques maladies où elle paraissait indiquée, n’ont pas fourni les résultats qu’on en attendait. J. B.

uretère f anat.) , s. m. ( ureter , en grec ourêlêr, de ouron , urine):On appelle ainsi le canal membraneux qui conduit l’urine sécrétée par les reins jusque dans la vessie. Les uretères font suite au bassinet, avec lequel ils se continuent au moyen d’une dilatation située à une partie supérieure, et qui est en forme d’entonnoir ( infundibulum ) . Au sommet de l’entonnoir est un rétrécissement qui marque le point où commence l’uretère proprement dit. Ce canal, long de dix à douze pouces et gros comme un tuyau de plume, se dirige obliquement de haut en bas, et de dehors en dedans, gagne la vessie, pénètre obliquement dans l’épaisseur des parois de cette poche membraneuse, y rampe dans l’étendue d’un demi-pouce environ, s’y rétrécit notablement, et vient enfin s’ouvrir à l’un des deux angles postérieurs du trigone vésical.

Deux tuniques entrent dans la composition de l’uretère. L’une, extérieure, cellulo-fibreuse, trèsrésistante, mais aussi très-extensible; l’autre, intérieure, muqueuse et blanchâtre ; elle fait partie du système muqueux génito-urinaire , et se continué, d’une part, avec les tuniques internes du bassinet, et de l’autre, avec celles de la vessie.

Uretèke ( Maladies de l’) . Les maladies d’un organe aussi délié, et aussi profondément enfoui au sein des organes du petit bassin , doivent être très-difficiles à diagnostiquer et à traiter. C’est ce qui a lieu, en effet.

L 'inflammation des uretères est ordinairement due à l’extension d’une inflammation du bassinet (V. Reins) ou de la vessie, ou bien elle peut encore être le résultat de la présence d’un calcul issu du rein et descendant vers la vessie. Nous parlerons un peu plus bas de ces calculs. Quant à l’inflammation ordinaire, elle se combat comme celles de l’organe dont l’uretère est la suite. (Y. Reins.)

On a parlé de spasmes de l’uretère, et on a attribué à cette affection la diminution dans la quantité de l’urine , sa couleur pâle , sa limpidité et des douleurs dans le trajet de ces canaux. Il est probable que ce spasme n’est autre chose que l’irritation produite par la présence d’un calcul dans le trajet de l’uretère.

L’uretère peut être fermé, soit par un corps étranger, tel que des grumeaux de sang, du mucus épaissi, des hvdatides, du pus, des vers, des pierres, etc. arrêté dans sa capacité ; soit par uoe tumeur qui le comprime, soit par l’épaississement de ses parois. Cette lésion est tout-à-fait au-dessus des ressources de l’art.

D’autres fois, il est, au contraire, plus ou moins dilaté, et cette dilatation peut être portée à un de- ■gre énorme : c’est ce qui arrive, par exemple, à la pâftie supérieure d’un uretère dont le calibre est fermé dans un point de son étendue; l’urine, venant du rein , s’accumule au-dessus du point oblitéré, et le distend en forme de poche. D’autres fois , la dilatation occupe tout l’urétère : c’est ce que l’on voit dans certains cas de rétention complète d’urine; l’obstacle siégeant* par exemple, au com-

| mencement du canal de l’uretère, alors ce liquide I s’accumule dans la vessie; puis celle-ci étant remplie et distendue, c’est l’uretère qui, à son tour, se remplit et se distend. Comment reconnaître une pareille lésion?... Et d’ailleurs, en supposant que l’on pût y parvenir, comment la combattre?

J’arrive enfin aux corps étrangers engagés dans l’uretère, et parmi eux nous citerons en particulier les calculs. Quand ces calculs sont petits et lisses, ils peuvent laisser passer les urines, et ne donnent pas lieu ordinairement à des accidentsappréciables; mais quand ils sont plus gros , ils gênent l’écoulement de l’urine, produisent cette dilatationde l’uretère dont nous parlions, et même, s’ils sont aigus, anfractueux, ils irritent et enflamment le canal qui les renferme; de là des douleurs parfois très-vives, s’étendant dans le flanc, jusqu’aux organes de la génération ou dans la cuisse correspondante. Il y a de la fièvre, parfois de la strangurie ; les urines sont claires et limpides, parfois sanguinolentes, puis troubles etmuqueuses. Enfin, si le calcul n’arrive pas dans la vessie, il peut survenir une suppuration du rein, des uretères, des abcès, et par suite la mort. Le traitement de cette affection est celui des calculs rénaux. (V. Reins , art. Pyélite calcüleuse.)

urêtraIi [anat.), adj. (V. au Supplément.)

URÉTRAiiGiE ( path .), s. f. (V. au Supplém.)

URÈTHRE ou urètre [anat.), s. m. (de ouron , urine). L’urèthre est le conduit musculomembraneux destiné à l’émission du sperme et de l’urine ; il s’étend du col de la vessie à l’extrémité de la verge chez l’homme, et à la vulve chez la femme, où il est très-court.

I Urèthre de l'homme. — Il constitue un canal assez

large, longdeù à 7 ou 8 pouces, rarementplus. Oblique en avant, et en bas à son origine; il traverse d’abord la prostate, s’engage ensuite sous la symphise du pubis, remonte au-devant d’elle, entre les deux racines du corps caverneux (Y. Pénis), et descend dans la gouttière de la face inférieure de celui-ci jusqu’à l’extrémité du gland, où il s’ouvre par un orifice allongé de haut en bas et d’arrière en avant. On distingue à l’urèthre trois portions.

La portion prostatique. C’est la portion de l’urèthre renfermée dans la prostate. Elle est longue de 15 à 18 lignes. D’abord évasée en entonnoir à son union avec la vessie, elle se rétrécit, puis s’élargit de nouveau pour se rétrécir encore. Elle offre, dans toute l’étendue de sa face inférieure, une saillie longitudinale située sur la ligne médiane : c’est le veru-montanum. Là, s’ouvrent les orifices des conduits éjaculateurs , des conduits de la prostate et ceux des glandes de Cowper.

La portion membraneuse rétrécie fait suite à la précédente ; elle a environ 8 à 10 lignes ; elle est placée sous l’arcade du pubis et répond en arrière au rectum. Cette portion est embrassée par le muscle de Wilson, et un plan musculaire émané du tissu vésical s’épanouit à sa surface; il est luimême doublé par un plan fibreux provenant de la gaine fibreuse de la prostate.

La portion spongieuse occupe tout le reste de l’étendue de l’urèthre; elle est située dans la gouttière du corps de la verge. A son union avec la portion membraneuse, elle présente un renflement

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appelé le bulbe de l’urèthre; il est placé au-dessous de l’angle de réunion des racines du corps caverneux : il se termine en avant par le gland, autre renflement beaucoup plus considérable que le premier, et qui termine la verge. C’est au sommet de cet organe que s’ouvre le canal de l’urèthre par une fente longitudinale qu’on nomme le méat urinaire ; dans l’intérieur du gland, le canal présente une dilatation connue sous le nom de fosse naviculaire.

L’urèthre est tapissé intérieurement par une mem brane muqueuse très-fine, continue avec celle qui tapisse le gland, et avec celle qui revêt la face interne de la vessie. Elle est plissée dans le sens de sa longueur , et offre un grand nombre de petits trous qui sont les orifices de conduits obliques nommés lacunes de Morgagni ; des plans fibreux, et même musculaires, recouvrent cette membrane. Dans toute la portion dite spongieuse, l’urèthre a de plus, pour parois, du tissu de nature spongieuse et érectile ; épais au niveau du bulbe, il forme ensuite une couche mince et cylindrique jusqu’au niveau du gland, qu’il forme, par un renflement trèsconsidérable, et où il se termine.

Les artères de l’urèthre viennent de la honteuse interne ; ses veines suivent le trajet des artères, et les nerfs émanent des nerfs honteux et fessier inférieur.

Urèthre chez la femme. — Ici, le méat urinaire est placé au bas du vestibule (Y. Vulve), au dessus de l’ouverture du vagin. Le canal de l’urèthre est long d'un pouce, très-large à son origine ; il descend obliquement en avant au-dessus du vagin et sous le pubis et les corps caverneux du clitoris. Ce canal, qui est très-court comparé à celui de l’homme, est aussi très-extensible; ce qui explique la rareté des affections calculeuses chez la femme, qui peut rendre par le canal les petites pierres qui restent dans la vessie de l’homme.

Ubètube (Maladies de 1’). 1° Vices de conformation.— L’urèthre peut s’ouvrir sur le gland par plusieurs orifices ; d’autres fois, deux canaux parcourent parallèlement la verge ; mais l’un des deux se termine en cul-de-sac, tandis que l’autre seul s’abouche avec la vessie. Quelquefois, le canal, au lieu de s’ouvrir au gland, s’ouvre à la surface inférieure de la verge ; c’est Yhypospadias. 11 peut même en résulter, si la verge est courte, mal conformée , les apparences du sexe féminin ( V. Hermaphrodite). L’hypospadias peut être guéri moyennant une opération dans laquelle on complète la portion absente du canalavec la peau de la verge. Uépispadias a lieu quand l’urèthre s’ouvre à la face supérieure de la verge; ce cas est trèsrare. D’autres fois, 'l’urèthre manque en partie, ou bien il est oblitéré : l’intervention de la chirurgie est indispensable dans ce cas ; car alors la rétention d’urine qui en résulte ferait nécessairement périr l’enfant. L’opération consiste à établir un nouveau cours pour l’urine. Enfin, l’urèthre peut présenter, dans sa structure, différentes modifications qui deviennent très-incommodes quand on veut pratiquer le cathétérisme.

2 ° Rétrécissement de l’urèthre.— Cette affection a été traitée par notre habile collaborateur M. Leroy d’Etioles, qui en a fait l’objet de recherches spèciales. (V. Rétrécissement.)

3° Corps étrangers dans l’urclhre. — Ils peuvent venir du dehors ou de la vessie. Parmi les premiers, nous citerons de longues épingles , des fragments de bois, des épis de graminées, etc., qui, portés dans le canal, soit par curiosité, soit pour satisfaire des goûts bizarres et dépravés, sont échappés des doigts qui les tenaient, et ont pénétré à des profondeurs variables. D’autres fois, ce sont des instruments chirurgicaux qui se sont brisés entre les mains des opérateurs. L’extraction de ces corps étrangers , quelquefois assez facile à l’aide d’instruments particuliers, exige parfois une opération sanglante, et que l’on ouvre l’urèthre au niveau du corps étranger, afin de pouvoir le retirer directement. Des calculs venant de la vessie peuvent s’engager dans l’urèthre et s’y trouver retenus; il en résulte des douleurs très-vives , la rétention plus ou moins complète de l’urine, et même des abcès et des perforations. Il faut donc débarrasser le canal de ces calculs : on y parvient soit par l’extraction , soit par le broiement dans le lieu même où ils se trouvent. Une foule d’instruments et de procédés divers ont été imaginés dans ce but, et ils ont donné d’excellents résultats; enfin, ici encore, il faut quelquefois avoir recours à l’incision, oui met le calcul à découvert et permet ainsi de l’extraire.

4° Productions accidentelles. — Des caroosités, des fongosités, des formations vasculaires ou polypeuses, peuvent se développer dans l’urèthre et en oblitérer plus ou moins exactement le calibre. Ces cas sont assez rares, et déterminent divers accidents, dont le principal est une rétention d’urineen rapport avec l’obstruction du canal. La ligature, l’excision ou la cautérisation sont employées pour détruire ces végétations.

5° Plaies de l’urèthre. — Quand elles siègent profondément, elles ont ceci de grave, qu’elles peuvent amener des infiltrations urineuses; c’est ce qui se voit, par exemple, à lasuite de certaines opérations pratiquées au périnée , ou quand une pierre arrêtée dans la portion membraneuse a perforé cette portion du canal. Ces plaies, qui déterminent souvent des fistules urinaires, doivent être traitées comme elles.

6° Fistules uréthrales.— VUes proviennentd’un abcès , d’une rupture par contusion , d’une plaie, d’une perforation par un calcul, etc. L’écoulement d’urine auquel elles donnent incessamment lieu les fait aisément reconnaître. On peut les guérir, soit en rapprochant les bords qu’on réunit ensuite avec une suture , soit en les fermant avec un lambeau de peau pris dans le voisinage. (Y. Fistules.)

J. -P. Beaude.

SÏB.ÉTKHITE ( path .), s. f. C’est l’inflammation de l’urèthre ; elle se trouve décrite au mot Blennorrhagie.

UK.ÉTKROR.EIHAGXE [path.), s. f. ( urelhror rhagia), hémorrhagie qui a lieu par le canal de l’urèthre. Elle survient souvent dans les blennorrhagies, ou à la suite de blessures, de contusions, de froissements, comme dans certains cas de cathétérisme difficile , quand le canal contient des concréiions polypiformes , des végétations , etc. Les réfrigérants à l’intérieur et à l’extérieur sont alors indiqués. J. B.

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uréthrorrhée [path.),s. f .,urethrorrhea, écoulement par l’urèthre ; c’est le synonyme peu usité du mot blennorrhée ou blennorrhagie chronique.

uréthrotome ( chir. ), s. m,, du grec ouréthra, urèthre, et temno, je coupe; nom donné par Lecat à un instrument qu’il avait imaginé pour diviser l’urèthre dans le procédé de lithotomie dont il était l’auteur.

uriage ( Eaux minérales d’). Uriage est un petit village à trois lieues de Grenoble , qui renferme des eaux minérales sulfureuses et ferrugineuses. Des restes de constructions romaines et des débris d’antiquités trouvés dans les fouilles que l’on fit pour isoler les sources sulfureuses et construire les bâtiments nouveaux , montrent que ces eaux furent fréquentées par les Gallo-Romains, et que des bains y furent construits. On a même trouvé un ancien fourneau qui servait, croit-on, à chauffer l’eau de la source , dont la température n’est que de 22 degrés. C’est à la marquise de Gautheron, et à son héritier, M. de Saint-Ferriol, que l’on doit la restauration de ces bains, qui, depuis leur ruine, étaient complètement abandonnés, ôu seulement fréquentés par les habitants des villages voisins , qui en faisaient usage sans discernement, sous le nom d’eau salée, et avec tous les moyens imparfaits de la localité. Les eaux étaient altérées par leuf mélange à des eaux de sources étrangères , et en partie décomposées par leur contact avec l’air. La restauration de ces bains commença en 1822. Depuis 1823, cet établissement a été très-fréquenté. En 1839, dit le docteur Vulfranc-Gerdy , l'inspecteur actuel , l’établissement avait distribué 19,349 bains ou douches , et 234 indigents y avaient été traités gratuitement.

La situation d’Uriage est très-pittoresque : il est placé dans une vallée, au pied de la chaîne des Alpes dauphinoises, et il est environné de bois et de rochers, qui donnent à ce site quelque chose d’imposant et de magnifique. Plusieurs hôtels ont été construits pour y recevoir les voyageurs qui, avec les agréments de la vie , y trouvent le voisinage d’une nature forte et agreste, un air pur, et la tranquillité si nécessaire aux traitements des maladies chroniques ; car le repos ne se trouve pas toujours dans les établissements thermaux en renom ; ils sont plus souvent consacrés aux plaisirs qu’aux règles sévères de l’hygiène.

L’établissement peut aujourd’hui loger convenablement plus de 500 baigneurs. Lin grand nombre de cabinets de bains, et des douches de diverses espèces, ont été successivement établis, et présentent toutes les ressources nécessaires aux traitements variés auxquels doivent être soumis les malades. La saison des eaux commence le 25 mai , et finit le 30 septembre. Mais les mois les plus favorables sont ceux de juin, juillet et août. On communique facilement avec Grenoble , au moyen de voitures qui font le trajet plusieurs fois par jour.

Des deux sources d’Uriage , l’une est sulfureuse saline , et sert pour administrer les bains ou les douches ; l’autre est ferrugineuse , et n’est prise qu’en boisson. L’eau de la première est limpide à la sortie de la source; sa température est de 22

x. II.

à 25 degrés centig., suivant la saison. Sa densité est de 1,007; son odeur pénétrante annonce la présence de l’hydrogène sulfuré. Sa saveur est celle des eaux salines hydrosulfurées: elle noircit promptement l’argent avec lequel elle est en contact. Par suite de son exposition à l’air, elle laisse déposer du soufre et un peu de carbonate de chaux et de magnésie. Ce dépôt brûle sans laisser presque de résidu. La source fournit, dans les 24 heures, près de 1,600 hectolitres d’eau; et, par suite de fouilles qui viennent d’être entreprises par M . Gueymard, ingénieur en chef du département, qui déjà s’était occupé d’une manière active de la restauration des bains d’Uriage, on est parvenu , par une galerie de 300 mètres , creusée dans les flancs de la montagne , à saisir la source à sa sortie du rocher; elle est , dit-on , quatre fois plus abondante ; elle est aussi plus chaude et plus riche en principes minéralisateurs.

L’eau d’Uriage a déjà été soumise plusieurs fois à l’analyse chimique. La dernière analyse est due à M.Berthier, de l’Institut, et a été complétée par MM. Berton et Gueymard ; la voici : pour un litre d’eau , les sels ont été pesés anhydres.

Carbonate de chaux 0,gr.I20

Sulfate de chaux 0, 710

— de magnésie 0, 396

— de soude 0, 840

Muriate de soude 3, S60

Hydrogène sulfuré libre 0, 013

Hydrosulfate de chaux et de magnésie. 0, 110

Acide carbonique des traces.

Azote 6 cent. cub.

Dans les grandes sécheresses de l’année 1839 , M. V • Gerdy dit qu’il trouva jusqu’à 8 gramm. 250 milligr . de sels desséchés et cristallisés. La quantité des sels anhydres donnée dans l’analyse ci dessus, équivaut à 7 grammes 625 milligr. de sels secs et cristallisés.

Une polémique s’est élevée entre M. Dupas quier, de Lyon , et M. V. Gerdy , au sujet des qualités. sulfureuses des eaux d’Uriage, que le premier chimiste contestait d’une manière absolue , ne leur reconnaissant que des propriétés salines. Nous pensons que M. Dupasquier a été induit en erreur par l’examen d’une eau qui aura séjourné quelque temps au contact de l’air. Les eauxhydrosulfatées se décomposent, ainsi qu’on le sait , par le contact de l’air ; et le moyen que l’on employait à Uriage, pour chauffer l’eau sulfureuse , devait accélérer cette décomposition. Cette eau était chauffée par la vapeur, et contenue dans une capacité cubique en cuivre, soutenue par un réservoir de maçonnerie où l’air avait un libre accès. A Enghien , où l’on fait chauffer l’eau sulfureuse , elle est renfermée dans des cuves en bois hermétiquement fermées ; des soupapes sont disposées pour laisser échapper les gaz et l’air dilaté , mais elles s’opposent à l’introduction de l’air extérieur. Nous avons nous-mêmes fait chauffer de l’eau hydrosulfatée, qui marquait 54 degrés au suifhydromètre. Cette eau, qui se décomposait rapidement à l’air libre, n’a éprouvé aucune altération jusqu’à 40 degrés centigr. Elle était , il est vrai , complètement soustraite au contact de l’air. Au surplus , les travaux de MM. Berthier , Berton, 82**

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Gueymard , Chevalier et Y. Gerdy, ne laissent aucun doute sur la nature sulfureuse de la source d’Uriage.

La source ferrugineuse paraît contenir du carbonate de fer, mais il n’en a pas été fait d’analyses exactes qui aient été publiées . M V. Gerdy, qui a fait des recherches sur cette source, parait croire qu’elle est formée par les eaux pluviales qui descendent de la montagne, et qui, traversant un sol chargé d’oxyde de fer, y puisent de l’acide canonique et du carbonate de fer, par suite de la réaction des principes organiques que contient la terre végétale. Il dit l’avoir employée avec avantage dans la chlorose, les débilités de l’estomac, l’amennorrhée, etc.

Les eaux sulfureuses d’Uriage s’emploient en boissons, en bains et en douches; la quantité que l’op boit est de 6 à 10 verres , le matin. Cette dose doit toujours être réglée par le médecin de l’établissement ; elle peut être diminuée ou augmentée. M- Gerdy dit avoir vu des individus qui en avaient pris jusqu’à 35 verres sans accidents et même, sans être purgés. Quoique repoussante par son goût et son odeur, beau d’Uriage se digère facilement, et excite la soif par les sels qu’elle contient. Elle est apéritive et stimule la membrane muqueuse intestinale; elle purgea un degré assez marqué , quelquefois seulement à la dose de trois verres. Elle produit une excitation générale assez marquée , et , chez quelques personnes, elle détermine une espèce d’ivresse semblable à celle que l’on observe avec quelques autres eaux minérales.

L’influence des bains est variable , suivant les individus; quelquefois ils produisent une surexcitation cérébrale, avec de l’insomnie, de l’agitation nocturne et des picotements à la peau. Ces phénomènes disparaissent le plus ordinairement aprçs quelques jours. D’autres fois, ils déterminent une stimulation tonique , qui augmente les forces , excite les fonctions, et produit dans toute l’économie un bien-être très- marqué. Rarement, dit M. Gerdy, les voit-on déprimer la puissance musculaire, et en diminuer l’énergie et l’activité. Un effet curieux et assez rare de ces bains, est l’action purgative qu’ils déterminent; ce qui s’explique par l’effet de l'absorption. La poussée se manifeste souvent par l’effet des eaux , et elle est presque toujours salutaire. On comprend que dans les affections chroniques, la dérivation produite vers la peau, par une aussi vive éruption, doive opérer une puissante et salutaire révulsion. L’énergie des bains peut être diminuée par de l'eau ordinaire, chauffée à un degré convenable; ce qui permet de graduer leur action. L’eau qui sert à çc mélange est tellement pure, qu’elle peut , pour ainsi dire, être regardée comme de l’eau distillée. M . V. Gerdy dit. qu’il n’y a trouvé que deux à trois centigrammes de, substances salines par litre.

L’eau d’IJri; ge est employée dans les maladi s de la peau diverses espèces de dartres , les

affections.sçEoiul.eus( s, les inflammations cutanées cjiflp, niques, "les. écoulements muqueux, les affectifs, rhumatismales et nerveuses , certains engorgements chroniques , les affections chroniques de l’utérus, et quelques cas de syphilis eonstitutionnelie. J. -P. Beaude.

URiKTAiaE ( anat. ) , ad j . , urinarius , qui a rapport à l’urine. VQi.es urinaires, appareil urinaire. On donne ce nom à l’ensqrpjfle des organes’ destinés à la sécrétion et à î’excretion de l’urine (V. Reins, Uretères, Vessie , Urèthre ). Méat urinaire , orifice extérieur du canat de l’urèthre chez la femme. (Y. Urèthre.)

URiBJAi. Çchir.) , s. m. , urinatoriuïjfir, en grec. ourétris ; sorte de bouteille inclinée très-oblique-, ment, en porcelaine ou en faïence , en métal ou en cuir durci , qui sert à recevoir l’urine sans que les malades aient besoin de se lever.

urine ( chimie org.), s. f. , urina en latin; ouron en grec. L’urine est le produit d’une sécrétion excrémentielle accomplie par les reins, conduite dans la vessie par l’uretère, et expulsée pap l’urèthre. (V. Reins, Sécrétion.)

L’urine, chez l’homme sain, varie selon l’époque à laquelle elle est rendue. De là la distinction établie par les anciens entre l’urine rendue immédiatement après le repas , qui est claire , aque.use ( urine des] boissons), ou celle qui est rendue quelques instants après, qui est déjà plusanimalisée ( urine du repas, ou de digestion ), et enfin celle qui est rendue le, matin et qui est le produit de l’élaboration, pouç ainsi dire complète, que les reins ont fait subir aU| sang [urine du sang). En général, elle esttransparente, variant suivant les conditions que. uq.us venons d’énumérer, du jaune clair au jaune orangé, d’une odeur particulière, suigeneris, d’une saveur âcre, salée : récente, elle rougit le papier de tournesol ; abandonnée à elle-même , elle laisse déposer un léger sé iimeut jaunâtre /quelquefois briqueté, composé d’a%jde urique et quelquefois phosphorique; alors l’urine est devenue, alcaline. Par suite, elle se décompose, donne naissance à de l’ammoniaque ; en même temps il se forme un dépôt d’urate d’ammoniaque, de phosphate de diaux et de phosphate ammoniaco-magnésien. La densite moyenne est de 1 ,0 1 7 (Lecanu et Becquerel) , à 1,018 (Rayer). L’analyse suivante, donnée parBerzelius, aété adoptée par tous les auteurs .Sur 1,000 parties d’uriue : eau, 933,00; — urée, 30^10; — sulfate de potasse , 3,71 ; — sulfate de soude, , 3.1 6 ; — phosphate de soude, 2,94 ;— bydrocblQ,rate de soude, 4,45 : — phosphate d’ammoniaque. 1,65; — hydrochiorate d’ammoniaque, 1,50 ; — — acide, lactique libre, lactate d’ammoniaque, matière animale soluble dans l’alcool, urée qui ne peut être séparée de cette matière, 17,41 ; — phosphate de magnésie avec phosphate de chaux, 1,00 , — acide urique , 1,00 , mucus de !a vessie, 0,32 ; sili-j ce , 0,03.

La somme des urines rendues en 24 heures aété évaluée très-diverse lient par les auteurs : dans des , recherches récentes, M. le docteur A. Becquerel a ; donné pour moyenne 1267,3 gr. chez les hommes, et 1371,7 chez les femmes ; les limites extrêmes, étaient 900 et 14Q0, gr;

Dans l’état naturel, plusieurs circonstances peuT vent faire varier les propriétés physiques et clyraiques de l’urine. D’abord la quantité : les boissons abondantes , surtout celles qui sont aqueuses, e,t contiennent beaucoup . d’acide, carbonique , augmentent, notablement lia sécrétion urinaire, I nc température éiev.ée, augmentait loueurs, di , iimie ■0

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la quantité de l’urine ; il en est de même de l’abstinence des boissons et d’une nou rriture fortement animalisée. Sa couleur est modifiée par certaines substances prises à l’intérieur : l’indigo la rend bleue, la garance, la racine de fraisier, le bois de campêche, les mûres, les framboises la teignent en rouge ; la rhubarbe la teint en jaune ; la casse , les préparations de fer, lui donnent une couleur noirâtre. D’un autre côté , l’essence de térébenthine , même seulement absorbée par la peau et les poumons, lui fait exhaler une odeur de violette trèsmarquée, tandis q ie les asperges la rendent d’une insupportable fétidité, et que le copahu lui communique son odeur aromatique. Toutes les substances ingérées dans l’estomac, et qui ne sont point assimilées, se retrouvent dans les urines; ainsi, les substances minérales, les ferrugineux, l’arsenic, les poisons, etc. C’est le mode d’élimination le plus actif de l’économie. Les reins, en secrétant l’urine, séparent du sang tous les matériaux impropres à la nutrition.

Les acides minéraux ne changent en rien les propriétés de l’urioe, mais les acides végétaux rendent sa réaction acide plus prononcée, et les alcalis lui font prendre des propriétés alcalines qu’elle ne possède pas d'habitude'. Ainsi, on voit que, hors l’état de maladie, l’urine peut offrir une foule de modifications dont le médecin doit être prévenu, afin qu’il ne mette pas sur le compte d’un état morbide particulier, ce qui n’est que l’effet de l’un des agents dont nous venons de parler.

De l’urine dans les maladies. —Dès la plus haute antiquité, les médecins ont étudié les modifications que les propriétés physiques de l’urine peuvent offrir dans les maladies aujourd’hui. On a complété ces notions, et on y a ajouté l’examen chimique et microscopique.

L’urine est notablement augmentée dans certaines maladies, telles que lapolydipsie et le diabétès, l’hystérie; elles diminuent, au contraire, dans les affections fébriles aiguës, quand il y a des évacuations abondantes par d’autres voies, comme dans le choléra , ou qu’il y a des sueurs abondantes ; elles sont rares dans les hydropisies. Acres, acides ou alcalines, suivant différentes circonstances, elles deviennent sucrées dans le diabétès.

C’est surtout sous le rapport de leur consistance et des dépôts auxquels elles donnent lieu , que les urines avaient été étudiées autrefois. Claires et tenues, ce sont les urines de l’état de crudité ; plus épaisses, ce sont celles de la coction ; elles sont dites jumenteu! ses quand , déjà troubles, elles contiennent, eu outre, des flocons épais : relativement aux dépôts, les auteurs anciens avaient admis plusieurs couches. La première , ou superficielle , nageant à la surface, est la pellicule ou cremor ; elle est très-mince et offre parfois des gouttes huileuses.Vers le tiers supérieur, des flocons légèrement opaques et suspendus , constituent le nuage. Dans sa persistance ou sa précipitation plus rapide, ils voyaient une terminaison éloignéeou prochaine de la maladie. Au tiers inférieur, des flocons plus épais forment 1 ’ënëorème (de anaireô, je suspends), ou nuage inférieur dont la légèretéétaitregardéecomme un signe de durée. Toutes ces remarques paraissent de simples jeux de l’imagination, sans fondement expérimental. Mais il n’en est pas de même des së-

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dimenls ou dépôts de l’urine au fond du vase. Ce dépôt est formé, soit d’acide urique ou de divers sels, soit de matières étrangères à l’urine, telles que le mucus, le pus et le sang.

La présence du mucus a lieu dans les phlegmasies des voies urinaires. On le reconnaît à ce qu’il trouble le liquide et à son caractère propre. S’il est peu abondant, l’urine soumise au microscope laisse apercevoir des lamelles d’épithelium et des globules de mucus arrondis, mamelonnés, demi-transpareent , offrant des points opaques et comme déchiquetés à leur pourtour.

Le pus indique une lésion plus ou moins profonde. Ici encore le microscope est très-utile pour faire reconnaître la nature des globules . J’en dirai autant pour le cas où du sang se trouve en trèsfaible quantité. Cette existence du sang annonce une lésion grave de la vessie ou des reins , assez souvent un calcul. Disons enfin que les dépôts sédimentaux renferment assez souvent des graviers. (V. Gravelle .)

Il est des substances qui, pour être reconnues, demandent des recherches chimiques. Ainsi , l’ai— bumine , caractéristique de la maladie de Bright, est décélée par l’action de la chaieur et de l’acide nitrique , qui ont pour effet de déterminer un coagulum (V. Reins). La matière grasse que contient normalement l’urine , peut être très-augmen* tée ; l’éther permet de constater cette particularité.

Le sucre dans le diabètes, ou glucosurie, se reconnaît en versant dans l’urine une petite quantité d’une solution de sulfate de cuivre et de carbonate de potasse. En. faisant chauffer l’urine, elle reste bleue si elle ne contient pas de sucre, mais elle prend une couleur rouge brun produite par la réduction de l’oxyde de cuivre, si l’urine contient du sucre. En se servant de. liqueurs d’essais titrées , on peut ainsi déterminer la quantité de sucre que contient l’urine. Frommhers, à qui l’on doit ce procédé, prépare sa liqueur avec le sulfate de cuivre et le tartrate de potasse, et il dissout le précipité qui se forme dans cette liqueur par la potasse caustique. Nous avons vu le premier procédé réussir très-bien entre les mains du DrMialhe, à qui l’on doit des travaux importants sur ce sujet. Notresavant collaborateur, M. Bouchardat, a publié un Mémoire sur la glucoserie, dans l’Annuaire de thérapeutique de 1846.

D’autres fois, c’est de la bile ; soupçonnée à la teinte verte que prend le liquide. La présence de ce produit est décidée par l’acide nitrique qui augmente encore lacouleur verte. Si l’urine contieutdu chyle, comme on en cite plusieurs exemples , on le reconnaît par l’existence de l’albumine et d’une matière huileuse , et par l’examen microscopique qui fait apercevoir des globules analogues à ceux du sang. On a parlé d’urines laiteuses, mais rien ne prouve qu’il y eût réellemeut du lait; il s’agissait trèsprobablement de chyle. Quand du sperme est mêlé à l’urine , c’est encore au microscope qu’il faut avoirrecours, et la présence des animalcules caractéristiques lève tous les doutes.

Nous bornons là ce que nous aurions à dire de l'examen des urines dans les maladies. On voit que ces faits , réellement scientifiques, n’ont rien de commun avec les jongleries de certains charlatans qui se vantent de deviner toutes les maladies à l’inspection des urines. L’examen de ce liquide joue un

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