‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 215 sur 298 · U UT · texte numérisé non relu

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certain rôle dans le diagnostic des maladies , mais seul il ne pourrait en faite reconnaître qu’un trèspetit nombre. Heaude.

URibjeux ( path •), adj., qui a rapport àl’urine. (Voy. ce mot )

URIQUE (Acide) ( chim .)• Nom donné à un acide qui existe dans l’urine Cet acide a été découvert par Schèele, qui le nomma acide lithique ; il existe dans l’urine de l’homme et des animaux carnivores, mais non dans celle des mammifères herbivores. Soit seul, soit uni à l’ammoniaque, il forme certains calculs (Voy. ce mot). Uni à la soude, ii entre dans la composition des concrétions arthritiques et des tophus des goutteux ( V. Goutte ). M. Chevallier l’a trouvé dans une sécrétion produite par les pores du cuir chevelu. Enfin , on l’a rencontré aussi dans certains produits animaux.

Cet acide est sous forme dè petits cristaux , sans saveur ni odeur ; il rougit le papier de Tournesol et est très-peu soluble. Il n’est pas encore bien certain si, dans l’urine, il est à l’état libre ou combiné avec des matières animales. En tout cas, d’après des recherches récentes, sa proportion est de 0,4 et 0,6 pour toute l’urine rendue en vingt-quatre heures.

Voici un procédé fort simple pour l’obtenir : Ajoutez à l’urine une petite quantité d’acide chlorhydrique concentré; au bout d'une heure ou deux on obtient un précipité formé par une matière cristalline rougeâtre, qui n’est autre chose que l’acide urique mélangé avec une certaine quantité de matière colorante. On l’en débarrasse en le dissolvant dans la potasse caustique, et le précipitant de nouveau par l’acide chlorhydrique. Le précipité est ensuite recueilli et lavé sur un filtre. (Lhéritier, Chimie pathol., p. 436.)

Examiné au point de vue pathologique, l’acide urique offre quelque intérêt. Il augmente de quantité chez les personnes qui sont soumises à une alimentation très-excitante et fortement réparatrice, dans les fièvres aiguës, mais surtout dans la goutte et le rhumatisme. Sa quantité diminue dans les affections caractérisées par la débilité et l’atonie, la chlorose, les hémorrhagies, dans les convalescences, etc.

L’acide urique, combiné avec les bases salifiables, donne lieu aux vraies ; on trouve dans l’urine les urates de soude, de chaux, de potasse et de magnésie. Ce sont eux qui constituent en partie les sédiments dont nous avons parlé à propos de burine. L’urate d’ammoniaque se trouve tout formé et en grande quantité dans les excréments des serpents.

urticaire (path.) , s. f., urtica, ortie. On nomme ainsi une maladie de la peau non contagieuse , caractérisée par des taches proéminentes plus ou moins larges, pius rouges ou plus pâles que la peau environnante, précédée ou suivie d’un état fébrile, accompagnée d’une démangeaison des plus incommodes, disparaissant et reparaissant avecune grande facilité.

Le nom d’urticaire a été donné à cette maladie à cause de la tessemblance très- grande qui existeentre les plaques élevées qui la caractérisent et celles qui résultent de la piqûre de l’ortie ( urtica urens' . C’est l’essera des Arabes, la porcelaine, la fièvre or- I

tiée de plusieurs auteurs, le cnidosis de Ploucques et d’Alibert. Witlan la place parmi les exanthèmes, et Alibert parmi les dermatoses eczémateuses.

L’urticaire peut attaquer tous les âges. Cependant on I observe plus particulièrement chez les enfants et les vieillards. Les femmes, les personnes sanguines et nerveuses y sont exposées de préférence^' Il est des/i ntli v'râ ys tellement prédisposés, que le moindre frottement a >a peau , le séj >ur dans un endroit, très-chaud, un salon, une salie de spectacle , etc., déterminent sur-le-champ l’éruption. Les émotions vives de plaisir ou de peine peuvent encore y donner lieu. Les indigestions sont quelquefois suivies d’une éruption ortiée, surtout celles qui sont déterminées par les moules, dont l’action spéciale à cet égard est bien connue des médecins. Enfin, l’urticaire se montre quelquefois comme compliquant diverses maladies.

L’érupliou est assez souvent précédée de malaise*, de douleurs épigastriques , de fièvre ; d'autres fois elle se manifeste tout-à-coup. Uue démangeaison, ordinairement très- vive, se montre sur divers points de la peau ; le sujet se gratte, et cette action détermine la sortie des plaques , arrondies, saillantes , dures , larges de quelques lignes à un pouce et plus, blanches au centre, rosées ou même rouges à la circonférence et aux alentours. Cette éruption occupe une surface plus ou moins étendue, et dure ordinairement quelques heures, pour reparaître ensuite soit dans le même endroit, soit ailleurs. C’est surtout pendant la huit que, dans la plupart des cas, elle tourmente les malades ; d’autres fois c’est le matin. Enfin on l’a vueaffector la forme intermittente.

L’urticaire peut être aiguë ou chronique. A la première variété se rattache l’urticaire fébrile ou fièvre ortiée proprement dite, et celle qui vient par indigestion et par l’action des moules. On la voit aussi assez souvent pendant les grandes chaleurs de l’été. Sa durée ne s’étend guère au-delà de trois à quatre jours.

D’autresfois, l’affection estchronique.etpeutainsi durer des mois, des années entières, en faisant le tourment de ceux qu’elle affecte. Alibert a cite . es cas très-curienx à cet égard , entre autres celui d’une malheureuse femme doublement à plaindre, qui, depuis dix années, ne pouvait ouvrir la bouche pour parler sans qu’aussitôt elle ne fût couverte d’ébullitions ortiées. Cette cruelle infirmité l’avait plongée dans une mélancolie profonde.

L’urticaire chronique est liée parfois àdivers dérangements dans les voies digestives.

Quand l’urticaire est aiguë et simple, elle n’exige pas un traitementproprement dit : une diète légère, quelques bains, quelques lavements émollients, une tisane rafraîchissante , composent tout le traitement. S’il y a indigestion , on fera d’abord rejeter les matières contenues dans l’estomac au moyen d’un vomitif; puis, on ordonnera uneinfusion légère de thé, de camomille ou de tilleul.CJependant.sil’affection avait une certaine activité, queja fièvre fût marquée, on aurait recours à la saignée ou à une applicationde sangsuesà l’anus, et à l’usage des purgatifs salins. Le prurit cutané serait combattu pqr les bains émollients d’eau de son ou de gélatine . Si les démangeaisons étaient très-vives, on les calmerait au moyen de Iciions fraîches acidulées avec du vinaigre ordinaire.

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L’urticaire chronique exige souvent des soins très-longtemps prolongés. Après avoir abattu par les moyens indiqués plus haut l’orgasme inflammatoire, on aura recours aux bains minéraux, alcalins ou sulfureux, aux bains de mer. Si la maladie dépend surtout d’une constitution détériorée, il faudra alors la rétablir au moyen d’un régime approprié; s’il y a de l’intermittence, on aura recours au sulfate de quinine. E. Beaugrand.

urtication ( thërap .), s. f., urlicatio , de urtica, ortie. On appelle ainsi un procédé de révulsion qui consiste à frapper une partie du corps avec des orties fraîches, afin d’y appeler une vive irritation. Ce moyen est rangé parmi les rubéfiants. (Y. Ortie.)

ussat (Eaux minérales d’) [thërap.). Ussat est un petit village du département de l’Ariège , à deux kilomètres de Tarascon, et à trois lieues d’Ax. Les bains sont sur les bords de l’Ariège, au pied d’une montagne, dans un lieu champêtre et agréable. Les eaux sont thermales. et salines. Les baignoires sont creusées dans le sol, et les côtés sont formés de larges plaques d’ardoises ; le ' fond fie la baignoire est le sol même, où vient sourdre un des griffons de la source. 32 baignoires sont ainsi construites ; 8, dit-on, ne sont pas utilisées , parce que l’eau qu’elles contiennent est mêlée et refroidie par de l’eau des sources voisines ; 24 baignoires servent constamment , et l’eau y est renouvelée d’une manière continue. Delonchampsdit que la source produit 500 mètres cubes par 24 heures. Un griffon particulier a été consacré à la buvette.

, Les eaux d’Ussatsont limpides; elles ont peu de saveur et point d’odeur; elles sont douces, onctueuses au toucher, et laissent dégager des bulles de gaz qui viennent crever à la surface. La température varie dans chaque baignoire , de 28 à 38 degrés cent., suivant, sans doute, que les griffons sont éloignés de la source principale. Un sédiment de matière gluante, demi -transparente, analogue à la barégine, se dépose au fond des baignoires à mesure que les eaux se refroidissent.

L’analyse de ces eaux , faite par M . Figuier , pharmacien à Montpellier, a montré qu’elles étaient composées pour un litre de :

Acide cafrbonique —

Chlorure de magnésie

Sulfate dé magnésie...,...,..

— de chaux

Carbonate de chaux

— de magnésie

Perle

Cette analyse est celle de l’eau qui sert pour les bains; celle de la buvette présente les mêmes éléments, mais contient 27 milligram. de moins de résidu. Cette différence est insensible, quant aux résultats thérapeutiques; elle sert à confirmer l’opinion que la source est unique , et que tous les différents griffons sont des déviations d’une seule et même source.

Cent partiesdu sédiment que déposent ces eaux, analysées par le même chimiste , ont paru compo-

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sées de : alumine, 40 ; carbonate de chaux , 20 ; sulfate de soude, 10; fer oxydé ou carbonaté , 2 ; silice, 28. L’examen de ce résidu montre que l’analyse que nous avons rapportée , et qui remonte à 1810, n’est pas complètement satisfaisante. Il existe dans les eaux d’Ussat des principes dont l’action est incontestable , et dont la présence est attestée par le résidu qu’elles laissent dans les baignoires. Ainsi , la soude et la silice, l’alumine et le fer, sont des corps qui se retrouvent en solution dans beaucoup d’eaux minérales, et dont il serait important de déterminer la quantité; on le peut, maintenant que l’on possède des méthodes d’analyse plus rigoureuses que celles dont on disposait il y a quarante ans.

Les eaux d’Ussat sont employées comme calmant le système nerveux : les bains sont doux et tempérés ; ils fortifient , dit-on , sans irriter ; ils a rissent spécialement sur la peau, dont ils rappellent les fonctions à leur type normal. On les conseille aux personnes fatiguées par les travaux de ■ binet, les veillpSjJe, chagrin; à celles qui ressentent des douleurs vagues sans affection caractérisée. On les ditjtijès-pffipaces dans les affections hystériques, ( les spasmes , j la danse de Saint-Guy le tic facial ; dans l’hypoçhondrie , les gastralgies.^ les coliques, les douleurs rhumatismales et névralgiques ; dans les flueurs blanches et les ménorrhagies dépendant d’un excès de sensibilité de l’utérus. . j

C’est principalement en bains que l’on fait usage de ces eaux : on prend deux bains par jour, un le matin et l’autre le soir. La durée des bains est ordinairement assez longue ; ce qui peut s’expliquer par la facilité avec laquelle on peut y rester sans que l’eau se refroidisse , puisqu’elle se renouvelle constamment. La durée de la saison est ordinairement de quinze à dix-huit jours ; passé ce temps , on se repose pour recommencer, ou l’on quitte rétablissement Les premiers bains produisent quelquefois un peu de fatigue- et augmentent les douleurs nerveuses; mais au bout de quelques jours il survient du calme, le sommeil et la digestion s’améliorent. L’eau d’Ussat n’est pas fréquemment administrée en boisson , c’est principalement sous la forme de bains qu’elle;. a le plus d’efficacité. Il n’existe point de douches dans l’établissement; Les bains appartiennent à l’hôpital de JPamiers , qui y envoie des indigents pour y être traités gra tuiterhent; c’est même une des conditions imposées par le bienfaiteur, qui fit la donation de la source à l’hôpital. J. -P. Beaude.

ustio N(path.), s. f. ,iistio, de urere, brûler, synonyme de brûlure. (Voy. ce mot.)

UTÉmsN; (anat), adj., uterinus, qui a rapport à l’utérus. Sinus utérins , ou veines utérines. (Y. Matrice.) Fureur utérine. (V. Nymphomanie).

utérus (Y. Matrice ). . ,

uvée [anat.), s f., de uva, grain de raisin. C’est un nom donné par quelques anatomistes à la membrane choroïde de l’œil, cà cause de l’enduit noir dont elle est tapissée. (V. OEil.)

vaccin' (Virus) ( mèd .), s. ra. (V. Vaccine).

vaccine ( mëd .), s. f., vaccina, de vacca, vache. On désigne ainsi une petite opération qui consiste à inoculer le pus d’une pustule particulière qui se développe sur les pis de la vache, dans le but de préserver de la petite vérole.

Depuis plusieurs siècles, la petite vérole, fléau horrible venu d’Asie, ravageait les populations de l’Europe.

L’inoculation, pratiquée de temps immémorial en Orient, importée en Europe en 1717, était le seul moyen atténuateur des terribles et nombreux désastres produits par la variole. Cette opération, qui consistait à produire artificiellement la variole par l’insertion du virus variolique sur des sujets bien portants et préparés, présentait incontestablement d’immenses avantages ; mais l’expérience de son application générale la montrait entourée, accompagnée d’ineonvénients, de dangers graves et incontestables ; aussi était-elle devenue, de la part j des observateurs et dés philanthropes, pendant près ; que tout le siècle dernier, le sujet des contestations et des controverses les plus actives et les plus passionnées, lorsqu’en 1798 eut lieu la découverte de la vaccine.

L’histoire de la découverte de la vaccine est aujourd’hui trop connue, pour que nous entrions longuement dans les détails des circonstances qui l’ont accompagnée; tout le monde sait que depuis longtemps les paysans de diverses contrées avaient remarqué que les vaches étaient parfois atteintes, sur leurs trayons, de pustules contagieuses, qui transmettaient, par le contact pendant l’action de les : traire, de semblables pustules aux mains, quelque-^ ; fois écorchées, des personnes chargées de l’extrac- I tion du lait. L’expérience avait fait remarquer que j ces mêmes personnes n’étaient jamais défigurées j par les cicatrices, traces très-générales alors de la petite vérole, et que pendant les épidémies elles étaient préservées.

En France et dans divers autres pays, les hommes instruits avaient porté leur attention sur les observations des habitants des campagnes, mais personne jusque-là n’en avait fait une application. En 1798, Edouard Jenner, médecin à Berkeley, dansle comté

! de Glocester, où la maladie pustuleuse des vache», j connue depuis longtemps dans les provinces occidentales de l’Angleterre, se présenta à lui d’une manière évidente, eut l’idée heureuse d’inoculer la matière des pustules à des enfants qui n’avaient pas eu la petite-vérole. Il obtint une éruption remar- | quable et semblable à celle des vaches. Avec le pus des pustules de ces enfants, il en inocula d’autres, et parvint ainsi à propager artificiellement la maladie à l'aide d'inoculations successives.

Jenner et George Pierson s’assurèrent, eninocu- Jant plus tard 1e. virus de la petite-vérole aux enfants qui avaient subi l’inoculation du virus de la vache, et chez lesquels s’étaient développées des pustules, que cette première éruption était complètement préservative de la petite-vérole. — La vac- | cine (c’est ainsi qu’elle fut nommée) était découverte!

Telle était la terreur produite par les désastres de la petite-vérole, telle était la consternation en face des épidémies de cette cruelle maladie, qu’à l’inverse de toutes les grandes vérités de la science et des arts, toujours si longues et si lentes à se propager, la vaccine, malgré de faibles résistances , fut presqu’immédiatement accueillie d» l’Europe entière, et propagée, on peut le dire, dans le monde entier, avec une rapidité et un enthousiasme dignes de la grandeur de la découverte.

Des comités s’organisèrent partout pour constater, par rhjlle expériences, la réalité des effets préservatifs de la vaccine, et l’innocuité de son application.

En France, s<ms la protection du gouvernement consulaire, époque féconde en grandes choses, le comité central, organisé dans ce but, multiplia à l’infini ses expérieijces, et poussa admirablement à la propagation de la vaccine, proclamée une grande vérité.

Dès lors, de tout côté, dans tous les pays, la vaccine fut propagée, les épidémies désastreuses de variole cessèrent ; les non-vaccinés seuls furent atteints par la maladie ; la confiance dans la vaccine devint générale, et le monde fut rassuré.

Mais tout était-il fait pour la vaccine ? Avionsnous le dernier mot sur sa puissance et sa dorée? Les faits devaient donner à une génération nou-

velle des sujets de méditations profondes dans l’intérêt de la conservation de la grande découverte, et exalter nos laborieux efforts pour apporter, en opposition à un enthousiasme trop absolu, un complément nécessaire aux travaux de nos devanciers.

Une quinzaine données s’était à peine écoulée depuis la propagation de la pratique de la vaccination, que quelques cas, d’abord rares, plus nombreux de jour en jour, de petites-véroles apparaissant chez des vaccinés, vinrent jeter l’inquiétude et des doutes sur la puissance de la vaccine, procla- j mée jusqu’alors infaillible : il est vrai que, dans la plupartde ces cas, la maladie, moinsgrave et moins longue par sa durée éruptive, prouvait encore l’influence avantageuse de la vaccine. Pour expliquer cette faillibilité, les uns s’en prenaient à la possibilité'd’une vaccination mauvaise et incomplète (argument sans valeur). — Les autres firent de cette variole modifiée,. que l’on nomma varioloïde (diminutif de variole), une maladie nouvelle, indépendante de la variole elle-même, défendant toujours ainsi la puissance absolue d’une bonne vaccination»

Cependant, en 1822 à Paris, et en 1828 à Mar- | seille, se déclarèrent deux grandes épidémies de | variole. — Beaucoup de vaccinés dans l’une et j Pautre furent atteints, surtout à Marseille; chez la plupart, la variole mitigée fut peu grave; mais cependant, un certain nombre de sujets, bien et dûment 1 vaccinés, présentèrent des petites véroles complètes, et plusieurs succombèrent.

C’est dès cette époque que commença uneMeu- j xième période pour l’étude et l’histoire de la vac- j cine, période qui ne s’est terminée qu’en 1 845, par i le rapport de l’Académie des sciences.

La nouvelle école, dont nous nous honorons d’a- j voir été l’un des plus fervents, des plus constants j promoteurs, prit pour base l’expérience des faits naturels et l'expérimentation.

Le virus vaccin eu France n’avait jamais été renouvelé depuis celui apporté d’Angleterre, par le docteur Voodeville, en 1800. — Partout, à l’Académie de Médecine surtout, dans les comités chargés par le Gouvernement de conserver la vaccine, j un jugement absolu était porté sur l’inutilité de ce renouvellement.

L’étude de la maladie des vaches qui produit le fluide préservatifsi précieux delà variole, avait été et était complètement négligée. Les rapports officiels repoussaient toute idée d’un renouvellement du vaccin pris à la source, et fou se contentait de piquer des bras et de dénombrer les vaccinations.

Pour procéder logiquement, nous avions pensé que, d’abord par de nombreuses observations recueillies dans l’histoire des diverses épidémies et I des faits rassemblés de toutes parts, nous devions | bien établir la faillibilité de la vaccine, augmentant au fur et à mesure que I on s’éfojgnait de l’époque de la découverte. Une fois eetMÈiajeure bien posée dans notre esprit, nous avons recherché activement les causes de cette dégradation^ de cette insuffisance de la vaccine.

Et nous avons dit : 1° En France, où le vaccin ! n’a pas été renouvelé, l’impuissance de la vaccim- j tion provient de la 'dégénération du virus. — Un I virus pris sur un animal, la vache, il y a 30 ans, transporté et entretenu sur l’homme par des trans-

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missions successi ves, doit être dégénéré. Il faut le renouveler.

2° Dans les pays où la vaccine a été renouvelé# et où cependant des vaccinés ont été* frappés de la petite vérole , il faut chercher une autre causas nous nous sommes demandé et avons voulu voit si l’action modificatrice de la vaccine sur l’hoüume ne serait pas temporaire. — Et encore ici l’obsec* vation et l’expérimentation nous ont démontré que l’impression préservative produite par la vaedine sur un enfant, peu demois après sa naissance, tend à s’effacer progressivement à mesure qu’il avancé dans l’âge adulte, c’est-à-dire que cette puissance médicatrice de la nature qui, dans un but providentiel, efface les maladies de l’enfance, agit également sur la vaccine et rend nécessaire une deuxième vaccinatiçn.

C’est par l’application de ces deux propositions :. 1n renouveler le vaccin en le reprenant sur les vaches; 2° vacciner à deux époques de la vie, que nous avons cru rendre à la vaccine toute sa puissance préservatrice.

Pour démontrer la dégénération de la vaccine' expérimentalement, nous avons établi les caractères diùérentiels de développement, de marche et de durée de la vaccine produite comparativement sur le, même sujet, avec un vaccin ancien et un vaccin? nouveau; nous avons fait ressortir surtout, comme preuve de dégénérescence, l ' abréviation de la du * rée éruptive, abréviation qui se rencontre également dans la variole modifiée, établit parfaitement les caractères de bénignité de la varioioide, et la clif-rféreneedela variole. Singulier rapport entre la vaK riole et la vaccine, mais inverse dans leur application. L’activité, l’intensité morbide de la première;, si redoutable, devient, dans la seconde, la source, le principe essentiel de son admirable puissance préservatrice !

Mais, pour lui donner toute cette puissance et> pour renouveler le vaccin, il était nécessaire d’étuvdier et d’établir son origine. Sur la foi des premiers* expérimentateurs de la vaccine, l’étude de ce sujet, avait été négligée. Jenner, Loy Sacco, la disaient, provenir de la maladie appelée les eaux aux jambes du cheval, transmise par infection aux vaches, et, transformée en une éruption que les Anglais ont, appelée cow-pox (vérole des vaches) ; d’autres, Robert de Marseille particulièrement, l'attribuaient' à? la petite-vérole humaine, contagieuse pour les vaches, et dulcifiée par cette transition.

Dans le but d’éclàirer complètement cette intéressante question, à la suite de nos recherches sur les diverses affections éruptives des vaches, commencées en 1825, nous avons, en 1832 et 1833, inoculé la matière des eaux aux jambes An cheval' et la matière de la variole de l’homme à des vaehes, uu grand nombre de fois, sans avoir jamais pu produire des traces d’éruption, D’autres, après nous, ont répété nos expériences, et n’ont pas obtenu plus de résultats.

L’ensemble de ces recherches nous a porté à professer : que la vacciue est naturelle à la vache ; qu’elle se développe spoutauémeut sur cet animal au moment où la sécrétion du lait s’établit après le vêlage, sous certaines influences de saisons , de température, de nourriture, de fatigue, etc.; quelle est contagieuse de vache à vache, et nous.

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avons tracé les caractères qui la distinguent des autres éruptions, parfois semblables, dont cet animal est atteint.

Ainsi, le renouvellement du virus vaccin, démontré nécessaire, devient plus facile et plus certain.

Quant à l’action temporaire de la vacciné et à la nécessité de la revaccination, elles sont démontrées d’une part, par l’apparition d’autant plus fréquente de la variole sur les vaccinés, qu’ils sont plus éloignés par l’âge (jusqu’à 25 ou 30 ans cependant) de l‘époque de la vaccination ; d’autre part, par l’expérimentation, c’est-à-dire par la possibilité de reproduire l’éruption vaccinale elle-même, par larevaccination sur les sujets vaccinés enfants, depuis 12 à 15 ans.

Sans parler de nos expériences personnelles , nous dirons que, sur cette question, les documents sont immenses : ils sont arrivés de toutes parts et de tous les pays, et l’on ne saurait conserver de doutes sur la nécessité de se faire vacciner à deux époques de la vie : la première, deux ou trois mois après la naissance; la deuxième, de 12 à 15 ans.

Cependant, pendant le cours et au centre des grandes épidémies dè petite-vérole, il est prudent de revacciner cinq ou six ans après la première vaccination.

Nous ne terminerons pas ces réflexions sur les revaccinations, sans produire ici une observation éminemment utile et pratique, qui nous est personnelle, et qui résulte de très-nombreuses expériences que nous avons faites en commun avec M. le professeur Magendie.

La forme, la marche et la durée éruptives de la revaccination, n’ont aucune importance, relativement à l’action préservatrice de cette opération. Très-rarement la deuxième vaccination affecte la forme, la marche et la durée de la première vaccine. Ce qui prouve L’insignifiance des caractères de l’éruption, c’est que, toutes les fois que nous avons obtenu par la revaccination une éruption quelconque, signe suffisant d’une insertion vaccinale, nous avons praliqué impunément, et sans qu’il en résultât la moiudre éruption, l’inoculation du virus de la petite vérole; tandis que les choses se passaient autrement sur les vaccinés adultes qui n'avaient pu préalablement subir la vaccination.

Ces expériences démontrent encore victorieusement l’efficacité et la nécessité de la revaccination, et doivent enlever à nos confrères les derniers doutes qui restaient dans beaucoup d’esprits sur cette efficacité, à cause de la différence qu’ils observent des caractères de la deuxième éruption, avec ceux de la vaccine ordinaire.

Enfin, après quinze années d’études et de luttes académiques, nous avons eu la satisfaction et le bonheur de voir l’Académie des Sciences couronner nos travaux et nos efforts, et proclamer, en 1845, j la dégénérescence de la vaccine, et la nécessité du renouvellement du virus vaccin ;

L’action temporaire de la vaccine, et la nécessité de la revaccination.

Nous allons indiquer d’une manière sommaire la petite opération par laquelle on pratique l’inoculation de la vaccine, et exposer brièvement les caractères de l’éruption qui en est la suite.

C’est du huitième au dixième jour d’une érup- ! tion régulière, que la pustule vaccinale ouverte donne une liqueur limpide, douée de toute sa virulence : plus tôt (quoiqu’on ait écrit le contraire^) et plus tard, le succès de la vaccination est moins certain . C’est au moment où la pustule est arrivée à sa maturité, que, comme pour tous les fruits, elle donne la semence parfaite qui sert à la reproduire. Nous donnerons plus loin les caractères de cette régularité et de cette maturité de l’éruption.

L’enfant qui va être vacciné doit avoir ses deux bras dépouillés de tout vêtement. L’opérateur place sa main gauche sous le bras de l’enfant, et attire, eu le serrant, les tissus au-dessous, de manière à tendre la peau de la partie supérieure. De la main droite, il trempe l’extrémité d’une lancette, bien acérée et bien propre, dans le liquide qui s’écoule d’une pustule ouverte, et pratique avec cette lancette trois piqûres sur chaque bras, à 2 centimètres environ de distance les unes des autres. Ces piqûres, profondes de 2 millimètres, doivent être pratiquées obliquement, de manière à introduire légèrement la pointe de l’instrument entre l’épiderme et le dèrme, sans produire d’hémorrhagie.

La rougeur produite par chaque piqûre s’éteint au bout de quelques heures. Les petites blessures paraissent guéries le lendemain ; c’est la période ! d’incubation. Mais à la fin du troisième jour, une \ nouvelle rougeur se développe et entoure chaque ! piqûre. Le quatrième jour, la rougeur s’étend, et ! en passant les doigts sur le bras, l’on sent une petite dureté, et une élevure d'un rouge clair tarde peu à se manifester. Le cinquième jour, une petite pustule, déprimée à son centre de trois millimètres de largeur, entourée d’une auréole inflammatoire accompagnée de démangeaisons, prouve que l’opération a réussi; c’est la période d’éruption et [ d’inflammation. Le sixième jour, la pustule, dont le bourrelet circulaire de couleur blanche proémine sur le centre plus déprimé et grisâtre, a 4 millimètres de diamètre, et l’auréole rose qui i’entoure a plus- d’étendue. Le septième jour, la pustule tout entière s’agrandit, le bourrelet circulaire qui prend | une teinte argentine s’aplatit, l’auréole s’accroît aussi. Le huitième jour, la pustule acquiert de 6 à 7 millimètres de largeur; le bourrelet circulaire, I toujours plat et argenté, paraît contenir une matière liquide, limpide ; le centre, plus large, moins il

; déprimé, a toujours une teinte jaune grisâtre lé- I

gère. Un cercle blanc, d’un centimètre de diamètre, I

remplace la rougeur qui entourait la pustule, et est ij

entouré lui-même de l’auréole d’un rouge vif, qui, il

en s’agrandissant, a acquis 3 à 4 centimètres de largeur; le bras est sensible et douloureux.

Le neuvième jour, la pustule grandit encore, et ! les-acciûents inflammatoires acquièrent plus d’intensité. Le tissu cellulaire du bras s’engorge, les glandes axillaires, quelquefois tuméfiées, sont dou- 1

loureuses; l’enfant a de la fièvre, il est agité et est |

altéré. Le dixième jour, la pustule acquiert de 9 à b

10 millimètres de largeur; elle présente plus de j

relief; le point central, un peu plus foncé, s’est f

élargi aussi; l’auréole, d’un rouge moins vif et plus foncé, tend à s’éteindre. Le onzième jour, la pustule | ne grandit plus ; le centre seul gagne en étendue et se fonce un peu plus ; la tumeur, dure.au toucher, paraît adhérer fortement à la peau; le liquide

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qu'elle contient paraît moins abondant et moins fluide. Le douzième jour, commence la période de dessication; un cercle, d'un rouge foncé et peu étendu, entoure la pustule; les phénomènes inflammatoires sont éteints ; le bourrelet circulaire perd de sa transparence et se rétrécit ; le liquide qu’il contient paraît plus concret ; le centre, qui gagne en étendue, se fonce davantage, et prend l’aspect d’une croûte. Le treizième jour, la dessication, qui s’accroît du centre à la circonférence, envahit le bourrelet, dont la coloration devient jaunâtre et s’entoure de petites exfoliations de l’épiderme légèrement écailleuses, au milieu du cercle rouge foncé qui l’entoure. Le quatorzième jour, la pustule, entourée de son cercle rouge, a encore un centimètre qc largeur ; le bourrelet circulaire, presque desséché, se dessine encore; le centre a pris une coloration jaune plus foncée. Le quinzième jour, le bourrelet a disparu ; l’épiderme desséché s’écaille et prend un aspect blanc au niveau de la peau ; la croûte proéminente, formée par le centre, n’a plus que 5 millimètres de largeur; elle est encore jaune foncé. Le seizième jour, la croûte, entourée d’une auréole bleuâtre légère et de l’épiderme qui s’exfolie, est noire au centre, et jaune encore à la circonférence. Le dix-septième jour, la croûte, toujours ombiliquée, est noire ; sa dessication est complète; elle est encore adhérente à la peau, qui a repris son niveau, et sur laquelle elle proémine.

C’est là, c’est le dix-septième jour, le terme rigoureux que nous assignons à la durée éruptive d’une bonne vaccine. Du vingtième au vingt-huitième jour, la croûte se détache, laissant ordinairement après elle une autre petite croûte jaunâtre, qui, à son tour, tarde peu à tomber; après sa chute, la peau présente une cicatrice indélébile et profonde, divisée en nombreuses dépressions, et que l’on a, avec assez de justesse, appelée gauffrëe-

Cette description, nous l’avons tracée d’après nos observations personnelles et les beaux dessins que nous conservons, exécutés d’après l’éruption vaccinale que nous développâmes en 1844 avec le cote pox (vaccin naturel), que nous découvrîmes et recueillîmes sur une vache appartenant à M. le professeur Magendie.

Telle est la nature d’une éruption vaccinale complète et régulière. Le volume et le développement des pustules, les symptômes inflammatoires, varient d’intensité, selon la constitution et l’âge des sujets ; mais ce qui ne doit pas varier, c’est la marche et la durée surtout de l’éruption.

Toutes les piqûres pratiquées ne sont pas suivies d’un même développement vaccinal sur le même sujet et sur le même bras ; mais il suffit d’une seule pustule bien régulière dans sa marche et sa durée, pour déclarer l’individu bien et duement vacciné.

L’on a appelé fausses vaccines toutes les éruptions qui s’éloignent de cette régularité ; nous signalerons seulement celles qui, accompagnées d’un prurit intolérable, se développent du premier au troisième jour, sans incubation, dont la pustule affecte la forme bullaire uniloculaire, d’une teinte orange, sans point central ombiliqué, et dont la dessiccation prématurée commence après le septième ou le huitième jour, etc.

x. II.

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Les complications qui surviennent dans quelques saisons, de légers eczémas gourmeux qui accompagnent et entourent les pustules, d’ailleurs trèsrégulières, ne sont point un obstacle à l’action vaccinale, et ne doivent pas porter à suspecter son action préservative.

C’est surtout, nous le répétons, la durée éruptive qui caractérise une bonne vaccination.

Dans les cas douteux, il faut vacciner de nouveau.

Pour recueillir, conserver et transporter l’humeur vaccinale, on a recours à divers moyens.

Cette humeur se conserve à l’état fluide, ou à l’état sec et concret. Pour ce dernier cas, l’on se sert de deux petites plaques de verre carrées, que l’on humecte avec le fluide qui s’écoule d'un bouton-vaccin ouvert, que l’on accolle l’une à l’autre, et que l’on recouvre et enveloppe d’une feuille d’étain. Le vaccin, humeur gommeuse, se dessèche entre ces deux plaques, et peut se conserver actif pendant assez longtemps. Pour l’employer, on dé* colle les deux plaques, et, délayant la matière avec, une très-petite quantité d’eau, l’on procède à l'ino* culation.

Pour le conserver à l’état fluide, on s’est servi pendant longtemps d’un instrument fort ingénieux, inventé par M. Bretonneau: c’est le tube capillaire. Ce tube en verre, renflé à son milieu, a 3 à 4 centimètres de long ; par la puissance de la capillarité, son extrémité, posée dans l’humeur qui s’écoule d’un bouton-vaccin ouvert, aspire l’humeur vaccinale et s’en emplit ; puis, fondant les extrémités de cç tube à la flamme d’une lumière, il se trouve hermétiquement fermé. Pour le vider, il faut briser les deux extrémités; puis, avec un autre tube de verre adapté à l’une des extrémités, on souffle pour chasser le liquide et le répandre sur une plaque de verre, où il sert à vacciner.

Cet instrument présente quelques inconvénients : 1° Il est souvent long à emplir, et, sous ce rapport, les cris de l’enfant, l’impatience des mères, s’opposent à une récolte suffisante du liquide que l’on veut conserver ; 2° en fondant les deux extrémités à une lumière, l’humeur, trop rapprochée de la flamme, subit une cuisson, une décomposition qui l’altère, et souvent, dans certaines parties, une concrétion qui rend l’extraction du liquide fort difficile. Aussi cet instrument, long à emplir et difficile à vider, nous a porté à en imaginer un autre qui échappe à ces inconvénients, et que l’expérience a démontré, depuis une vingtaine d’années, d’une application parfaite et utile. Dans nos expériences sur les vaches (en 1828), nous éprouvions le besoin, pour nous soustraire à l’impatieuce de l’animal et au danger de ses mouvements, d’un moyen prompt et facile à manier; pour cela, nous eûmes l’idée de l’instrument suivant : un tube de verre de 5 à 6 centimètres de longueur, et de 1 a 2 millimètres de largeur, surmonté d’une ampoule sphérique de 5 à 6 millimètres de diamètre, ayant la forme d’un petit matras, ou plutôt celle du tube thermométrique. — En raréfiant l’air contenu dans l’ampoule par la chaleur de la bouche, la condensation qui se produit immédiatement en l'exposant à l’air par la température ambiante , fait qu’immédiatement aussi la pression atmosphérique pousse dansle tubel’humeur vaccinale dans laquelle

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