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la pointe est plongée. L’action est aussi prompte que la pensée. Nous avons appelé cet instrument tube pneumatique.
1° Pour le charger : un bouton vaccin étant ouvert, une grosse goutte de liquide étant formée, prenant le tube par la tige entre le pouce et l’index, à 2 centimètres de son extrémité, il faut raréfier l’air contenu dans l’ampoule, en l’exposant trois ou quatre secondes seulement à la chaleur de la bouche, puis promptement poser la pointe et l’ouverture du tube dans l’humeur que l'on veut recueillir ; aussitôt elle est aspirée ou plutôt poussée dans ce vase par petites colonnes. On doit avoir soin cependant de ne pas produire une trop grande raréfaction de l’air par une trop grande chaleur, car, dans ce cas, le liquide voyagerait trop brusquement et trop loin; il irait se perdre dans l’ampoule, d’où il serait impossible de l’extraire. Enfin les doigts posés, à cause de leur chaleur, au-dessous des colonnes de vaccin contenues dans la tige , il faut pour luterle tube, fondre sa pointe à une lumière. La facilité et la promptitude avec lesquelles l’humeur est recueillie permettent d’en faire sur un seul enfant une ample provision.
2° Pour le vider: les doigts encore posés, avec les mêmes précautions, au-dessous des colonnes du liquide, il faut briser la pointe du tube avec les doigts ou des ciseaux , puis appliquer les doigts chauds, ou la chaleur de la bouche, sur l’ampoule, afin, en raréfiant l’air qu’elle contient, de chasser le vaccin sur une plaque de verre, pour charger la lancette et pratiquer la vaccination. De cette manière, suivant le degré de chaleur appliquée, on en fait jaillir plus ou moins promptement le quart, la moitié ou la totalité de la lymphe. L’on peut en garder en réserve pour d’autres vaccinations, refermant toutefois le tube à la flamme d’une bougie, et fractionner ainsi sa petite provision.
L’expérience prouve que le vaccin recueilli ainsi par cet instrument, peut être conservé liquide et actif pendant six mois; il nous a réussi après plus d’une année, en ayant soin de tenir les tubes dans une température modérée et égale.
M. le ministre de la marine a fait constater l’efficacité de ce moyen de conservation, en en expédiant avec succès dans les diverses colonies. M. le docteur Gaimard a obtenu aussi des résultats parfaits, dans ses voyages de circumnavigation, avec le vaccin contenu et conservé dans le tube pneumatique.
Fiard ,
Docteur en médecine, lauréat de l’Académie de médecine, deux fois lauréat de l’Acaddmiedes sciences pour des travaux sur le vaccin.
vagïet ( anat .) s. m. Vagina, du mot latin qui signifie gaine, fourreau. — Le vagin est un canal membraneux étendu de la vulve à l’utérus, et qui est destiné à recevoir le membre viril dans l’acte de la génération. 11 commence à la base du col de la matrice, l’entoure et forme autour du museau de tanche une rainure circulaire : c’est là le point où le vagin a le plus d’ampleur. De là il descend vers la vulve , adossant sa paroi postérieure à la paroi antérieure du rectum à laquelle l’unit une couche de tissu cellulaire lamelleux, et il est en rapport, en avant, avec la paroi postérieure de la vessie. Le vagin constitue un conduit très-dilatable
dirigé en arrière, de sorte que sa paroi antérieure est de beaucoup plus courte que la postérieure. L’extrémité vulvaire ou extérieure du vagin est notablement plus étroite que le reste du canal; elle forme là une ouverture ou fente dirigée obliquement en arrière et en bas. Chez les vierges cet orifice est en partie fermé par un repli de la muqueuse en forme de croissant, que l’on nomme membrane hymen. Notons, au reste, que cette sorte de valvule dont nous parlerons ailleurs (Y. Vulve ) peut manquer originellement sans que pour cela la femme ait perdu sa virginité. Ailleurs le vagin est complètement obturé par elle. — Dans l’état ordinaire les deux parois antérieure et postérieure du vagin sont appliquées l’une contre l'autre. A l’intérieur, sur chaque paroi on observe un repli médian formant un relief très-apparent, surtout en avant, et de nombreuses rides transversales.
Le vagin est constitué 1° par une membrane cellulovasculaire assez épaisse; 2° par un tissu spongieux érectile qui est très-marqué à la partie inférieure; 3° enfin, il est tapissé intérieurement par une membrane muqueuse rouge et vermeille en bas, où elle se continue avec celle de la vulve; blanchâtre ou grisâtre à l’intérieur et vers l’utérus. On y voit les deux saillies et les rides dont nous avons parlé, et de plus les orifices de nombreux follicules destinés à sécréter le mucus qui lubréfie ce conduit. — En outre, son orifice est fermée par un muscle ovalaire spécial, nommé constricteur du vagin. Ses artères, très-nombreuses, lui viennent de l’hypogastrique; ses nerfs sont fournis par le plexus sciatique.
Vagin (maladies du) 1° Vices de conformation. — Ce que nous avons dit relativement au rectum, peut en grande partie s’appliquer ici.
Le vagin est quelquefois rétréci originellement ou par suite de maladie. Les lésions qui produisent ce rétrécissement sont des inllammations, des ulcérations vénériennes ou autres qui ont laissé des cicatrices vicieuses, l’usage inopportun de lotions astringentes, etc... Quand le vagin est tellement étroit qu’il ne peut pas admettre le membre viril, il faut le dilater soit avec des racines qui se gonflent par l’humidité du canal lui-même, soit à l’aide de l’éponge préparée. Quelquefois il faut se servir du bistouri et panser ensuite avec une grosse mèche afin de maintenir le canal dilaté. Cette opération est quelquefois nécessaire au moment de l’accouchement.
D’autresfoisily a oblitération par une membrane plus ou moins épaisse qui existe plus ou moins haut; on s’aperçoit ordinairement de ce vice de formation à l’époque des règles: il y a alors, aux époques menstruelles, des malaises, des coliques, le ventre grossit; enfin, à l’examen on reconnaît la membrane obturatrice dont nous avons parlé, ou bien une adhérence des grandes et des petites lèvres. C’est à l’aide d’une opération que l’on parvient à rétablir les choses dans l’état où elles devraient être; la membrane est fendue crucialement, les parties adhérentes sont désunies, etc., et il faut avoir grand soin de s’opposer à la réunion secondaire à l’aide d’un pansement approprié. Dans d’autres cas, ce sont des cicatrices, suite de plaies ou d’ulcérations, qui ferment le vagin. Ces brides, ces cicatrices seront également divisées avec l’instrument tranchant.