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YAR

'"extirpation des masses variqueuses, et Plutarque raconte que Marius, vivement tourmenté de cette affection, ayant confié une de ses jambes au chirurgien, j’allais dire à l’exécuteur, supporta, sans sourciller, cette douloureuse opération ; mais qu’il refusa de livrer l’autre jambe, disant que le remède était pire que le mal. L’extirpation n’est praticable que dans le cas de tumeur bien isolée, bien circonscrite et peu volumineuse. D’autres veulent fendre les veines en long, les vider, et les panser à

Îlat pour obtenir leur occlusion par cicatrice.

t’autres les coupent transversalement, soit en intéressant la peau, soit par la méthode sous-cutanée. Ces différentes pratiques peuvent avoir pour résultat l’inflammation des veines, maladie fort grave (Y. Veines) , des hémorrhagies , des phlegmons, etc. Nous les rejetons , sinon absolument , du moins dans la grande majorité des cas. La cautérisation , connue du temps de Celse , a été renouvelée dans ces derniers temps par MM. Bonnet de Lyon, Laugier et Auguste Bérard, à Paris. Elle se pratique, soit avec la potasse caustique, soit avec la pâte de Vienne. Ces cautérisations ont parfois entraîné des phlébites, ou des phlegmons étendus; elles offrent donc des dangers réels ; elles n’amènent qu’une amélioration passagère, et même beaucoup de malades n’en tirent aucune espèce de profit. Souffrances en pure-perte, dangers par suite de l’opération, tels sont les effets si vantés delà cautérisation.

Viennent ensuite : 1° la ligature, qui s’applique soit en mettant la veine à nu, soit en liant sous la peau ; 2° l’ acuponcture pratiquée avec des épingles qui traversent la veine en différents sens, et que l’on serre en la comprimant à l’aide de fils entrecroisés. Ici encore se présentent les mêmes dangers;ces opérations ont été quelquefois suivies de mort, et je crois qu’il convient de s’en abstenir.

On a proposé la compression circonscrite; ce moyen est au moins innocent, mais il est inefficace.

En résumé , nous pensons que les opérations proposées pour la cure radicale doivent être rejetées pour tous les cas de varices un peu étendues, et que dans l’immense majorité des cas il faut s’en tenir à la cure palliative, c’est-à-dire à l’emploi des bas compresseurs appliqués très-exactement et d’une manière méthodique.

E. Beau grand.

vak.icei.IiE ( méd .), s. f. varicella , petite vérole volante, vérolette , variolette, swine-pox et chicken-pox des Anglais. Ce mot de varicelle et les autres synonymes que nous venons d’énumérer expriment que la maladie dont il s’agit est un diminutif de la variole proprement dite. Elle est constituée par un état fébrile accompagné d’une éruption de vésicules , quelquefois d’apparence pustuleuse, dont la dessiccation a lieu sans fièvre secondaire, du cinquième au septième ou huitième jour.

Cette affection s’est montrée très - probablement en même-temps que la variole ; le fait est que certaines descriptions d’épidémies de petite vérole tracées par les auteurs des deux derniers siècles semblent bien se rapporter à la varicelle. Plusieurs médecins, dans ces derniers temps, ont

voulu établir une identité de nature entre la variole et la varicelle: cette question est très-vivement controversée. Ceux qui rejettent cette identité font observer que l’on a vu des épidémies de varicelles non accompagnées de varioles ; que cette maladie attaque fréquemment des sujets qui n’ont été ni vaccinés ni variolés, et que chez eux l’éruption ne diffère en rien de ce que l’on observe chez les individus qui l’ont consécutivement à la variole ou à la vaccine. Un point fort important est celui-ci : l’inoculation de la matière de la varicelle peut-elle produire la variole, et réciproquement? Si ce fait était établi , l’identité serait démontrée; mais, nié par les uns, affirmé par les autres , on manque de données suffisantes pour résoudre le problème. Ainsi nous ne pouvons nous prononcer.

Laissons donc de côté ces points en litige et abordons l’histoire delà maladie. La petite vérole volante se montre plus particulièrement chez les enfants ; cependant les adultes n’en sont point exempts; on la rencontre plus particulièrement au printemps et dans le temps d’épidémies de varioles, bien qu'elle puisse régner seule. Quant à la contagion, elle n’est pas démontrée; ceux qui l’affirment et qui prétendent l'avoir inoculée avec succès et même avoir donné lieu à des varioles légitimes ont peut-être commis un erreur de diagnostic et pris la varioloïde (V. ce mot) pour la varicelle.

Sijmptômes. — On peut les partager en trois périodes : 1 0 La période d’invasion est caractérisée par de la fièvre, des malaises, de la céphalalgie, il y a souvent des douleurs épigastriques ; enfin il y a parfois aussi dè l’agitation , des vomissements. 28 Au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures au plus tard la fièvre cesse pour ne plus reparaître, et l 'éruption se déclare: elle est caractérisée par l’apparition de petites taches rouges qui ne tardent pas à devenir le siège de vésicules conoïdes remplies d’une sérosité lactescente, ou de pustules coniques et globuleuses dont le liquide se dessèche également au bout de quelques jours. Plusieurs auteurs ont beaucoup insisté sur ces différentes formes, vésiculeuses, pustuleuses , papuleuses même. Nous y attachons d’autant moins d’importance que très-souvent elles sont réunies sur le même individu, et qu’elles ne modifient en rien le traitement. Au total, ces vésicules sont ordinairement accompagnées d'une démangeaison assez vive, et qui porte les malades à se gratter avec violence. 3” Au bout de deux ou trois jours le liquide se concrète, se transforme en petites croûtes qui tombent dès le huitième ou dixième jour, laissant quelquefois de très-légères cicatrices.

Les vésicules simples ou pustuleuses de la varicelle se distinguent des boutons de la varioloïde en ce que ces derniers sont ombiliqués et que les autres ne le sont jamais.

Le pronostic est des plus favorables et le traitement des plus simples : il consiste dans le repos au lit, l’emploi des boissons délayantes et émollientes, une diète proportionnée à l’intensité des éruptions, quelques sinapismes et quelques lavements suivant les indications.

E. Beaugrand

varicocèle ( chir .), s. m. On désigne sous ce nom toutes les varices des bourses. Sans con- 83*

T. II

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tredit le mot Cirsocèle, appliqué autrefois aux seules varices du cordon, serait, grammaticalement parlant , de meilleur aloi ; mais, en vertu même de «on étymologie hybride, le mot varicocèle , plus intelligible pour tous, est resté d’un usage général.

Bien que le varicocèle puisse se déclarer à tout 4ge , cependant il se manifeste surtout depuis l’époque de la puberté jusqu’à trente ans. Avant dix ans, les organes de la génération sont trop peu développés pour que les causes organiques agissent de manière à favoriser puissamment les causes occasionnelles; et, passé trente ans, ces causes occasionnelles se présentant plus rarement, cette affection doit être aussi beaucoup plus rare. L’opinion de Delpech, qui regardait le varicocèle comme rare chez les jeunes gens, est donc complètement erronée.

Parmi les circonstances anatomiques qui peuvent prédisposer au varicocèle, il faut noter surtout la situation déclive des veines spermatiques, leur longueur, la faiblesse de leurs parois, relativement au trajet qu’elles ont à parcourir, l’absence des valvules et surtout les alternatives si fréquentes de réplétion et de vacuité auxquelles elles sont soumises, selon les diverses attitudes du corps, la température à laquelle il est exposé, et les passions qui l’agitent. Riais la circonstance anatomique la la plus favorable à la production du varicocèle est sans contredit l’énorme quantité de veines qui, sous le nom de plexus pampiniforme , donnent naissance aux veines testiculaires.

Outre la longueur des veines spermatiques, qui diminue beaucoup leur ressort et la résistance de leurs parois, je ferai remarquer la pression de la colonne de sang, qui, de la deuxième vertèbre dorsale environ, pèse sur la pyramide vasculaire formée par le plexus pampiniforme pression qui, suivant une loi bien connue d’hydrostatique, doit être assez notable pour entrer en ligne de compte comme cause organique.

La disposition anatomique des parties explique aussi jusqu’à un certain point la plus grande fréquence du varicocèle à gauche : en effet, à droite la veine spermatique se rend dans la veine cave descendante, dans une direction presque parallèle à l’axe de vaisseau, direction très favorable au cours du sang, tandis qu’à gauche elle se jette à angle droit dans la veine émulgente en sens perpendiculaire au courant qui revient du rein, ce qui doit nécessairement ralentir la circulation.

En dehors de ces causes prises dans l’organisation même, il en est d’autres plus directes qu’on peut diviser en deux ordres bien distincts. Les unes agissent en facilitant l’afflux du sang vers les partie génitales, les autres en empêchant son retour vers le cœur. Ces deux ordres de causes peuvent exister séparément ou se combiner chez le même individu.

Au nombre des premières, il faut mettre surtout l’abus des plaisirs vénériens, la masturbation, les passions de l’âme, qui entretiennent un orgasme génital trop fréquent, l’équitation, la danse, les marches forcées , les contusions violentes sur les bourses, l’inflammation du scrotum ou des testicules, enfin toutes les circonstances qui , maintenant pendant long temps un afflux de sang considérable dans les vaisseaux testiculaires, peuvenî

finir par en augmenter le calibre ou par les rendre plus sensibles aux causes de dilatation accidentelle.

Les causes du second ordre sont beaucoup plus fréquentes puisqu’elles embrassent toutes celles qui peuvent mettre obstacle au retour du sang vers le cœur. Ainsi certaines tumeurs de l’abdomen, les hernies inguinales ou crurales, le gonflement des ganglions lombaires, les tumeurs adossées au cordon, l’hydrocèle, la compression produite par des bandages mal faits ou par des vêtements trop serrés, etc. , etc.

11 est peu de maladies dans lesquelles les symptômes primitifs soient moins prononcés ; chez presque aucun des malades, ce n’est ni une sensation de gêne ou de douleur, ni même la perception d’une tumeur anormale, qui leur avait révélé cette infirmité; mais les uns, en prenant un bain, les autres, à une visite de médecin faite dans un tout autre but; la plupart, au conseil de révision, apprenaient pour la première fois le genre de maladie dont ils étaient affectés.

Un sentiment de pesanteur au testicule, à l’aine et jusqu’à la région lombaire, une gêne insolite et des tiraillements incommodes dans le trajet du cordon ; la longueur des bourses qui sont molles et pendantes; l’accroissement rapide de leur volume par la chaleur ou par des courses forcées, tels sont les premiers symptômes par lesquels s’annonce le plus souvent le varicocèle. Ajoutons encore un symptôme moins appréciable, mais qui, en l’absence de causes capables de produire une orchite, me paraît caractéristique du varicocèle à son début, c’est le besoin qu’éprouvent les malades de porter à chaque instant la main aux bourses, comme pour leur donner une position plus favorable, et les mieux soutenir au moyen des vêtements.

Si le malade marche peu, si son attitude la plus ordinaire est la station assise; si enfin, soit par l’habitude de sa vie, soit par des précautions bien entendues, il éloigne toutes les causes qui pourraient augmenter son mal, l’affection peut rester longtemps bornée à ces signes, et ne constituer qu’une simple infirmité plus gênante que douloureuse, et à laquelle un suspensoir peut être un remède suffisant; mais, le plus souvent, il n'en est pas ainsi, et le malade, trompé par l’innocuité apparente des premiers symptômes, attend avec sécurité que la maladie soit plus avancée pour chercher à en suspendre la marche. Alors, le varicocèle devient une maladie des plus incommodes et des plus graves par ses résultats éloignés ; une marche un peu longue devient une véritable fatigue. On voit arriver, après la moindre course, les malades haletants, les traits visiblement altérés, la figure baignée de sueur, inquiète et troublée, comme s’il s’agissait d’une profonde lésion de l’organisme. Un malade que j’ai opéré avecM. Breschet, et dont l’observation se trouve dans mon Traité du Varicocèle, nous donnait une idée de ses souffrances en disant, qu’après une course de deux cents pas, il était comme le poisson sur le sable, c’est à dire qu’il éprouvait une gêne tellement générale, qu’il ne savait à quelle position s’arrêter.

Quand le varicocèle est porté à ce haut degré de développement, non-seulement la moindre course

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est impossible sans le secours d’un suspensoir; mais il est des malades qui, sans cette ressource, ne pourraient faire deux pas dans leur chambre, même en sortant du lit, c’est-à-dire dans un moment où les veines sont encore peu dilatées . Aussi, là plupart de ceux chez lesquels le varicocèle est arrivé: à une certaine période ont pour habitude de mettre leur suspensoir avant de descendre du Ut, et quelquefois même de le garder pendant la nuit. Car ce n’estr pas seulement une marche forcée, ou même une simple course, qui produit, en pareil cas, cette fatigue et cette anxiété extrême dont nous parlions tout-à-l’heure, mais l’action seule de se tenir debout ou de marcher quelque temps dans une chambre, même avec le suspensoir. Ainsi, l’un de nos plus célèbres auteurs dramatiques, qui ne pouvait composer qu’en marchant à grands pas dans son cabinet, en était venu au point de ne pouvoir plus même se tenir debout sans éprouver la gêne la plus incommode; la source des inspirations était tarie, et le poëte était en proie à la plus profonde mélancolie, lorsqu’il apprit le succès du procédé de M. Breschet; quoique cette méthode fût encore toute nouvelle, et à peine sanctionnée par l’expérience, il s’y soumit avec empressement. Le succès répondit à ses espérances, et bien des productions nouvelles ont témoigné depuis que l’auteur péripatéticien avait pu sans gêne et sans douleur recommencer ses marches poétiques autour de sa chambre.

Quoique la marche du varicocèle soit lente, en général, cependant son développement est, dans certains cas, assezrapide pour produire en plusieurs mois l’atrophie du testicule et pour donner lieu à des symptômes de la plus grande intensité.

Diminuer la gêne que détermine le varicocèle, combattre les causes prédisposantes ou occasionnelles, éloigner toutes les circonstances qui peuvent l’aggraver, telles sont les seules indications qu’on puisse se proposer dans la cure palliative de cette affection. Un suspensoir léger, exact, d’un tissu frais et élastique, est le meilleur moyen de diminuer la gêne. Le choix et l’application du suspensoir sont, du reste, beaucoup plus importants qu’on ne le pense généralement; la plupart de ces bandages compriment l’anneau inguinal au lieu de soutenir seulement les bourses, et augmentent ainsi le mal au lieu de le diminuer.

Les bains frais, les lotions froides fréquemment répétées sur le scrotum, avec l’eau pure ou un liquide légèrement astringent, soulagent beaucoup les malades, en facilitant la rétraction des tissus, et en augmentant la contractilité des-muscles du testicule.

Malgré les soins hygiéniques les mieux entendus et l’emploi le plus suivi des palliatifs, il arrive souvent que les progrès du varicocèle augmentent d’une manière effrayante : le malade demande à grands cris à être délivré de ses souffrances; enfin on est forcé d’en venir à une opération décisive.

Avant les travaux de M. Breschet, travaux auxquels nous nous glorifions d’avoir pris une assez grande part, cette opération n’était autre que la cautérisation des veines, l’ablation ou la ligature des vaisseaux spermatiques ; l’excision d’une partie du scrotum, la castration, etc., procédés dont plusieurs sont aussi dangereux qu’irrationnels.

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