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La méthode de M. Breschet consistait d'abord dans la compression lente des veines variqueuses» àraidedel’entérotômede Dupuytren; mais bientôt la douleur produite par cette constriction graduéeet irrégulière, la lenteur de la cicatrisation, la forme vicieuse des cicatrices, et surtout la situation déclive du segment inférieur du scrotum me portèrent à substituer à ce procédé la constriction» portée immédiatement aussi loin que possible : remplaçai donc l’entérotôme par des pinces disposées de manière à étreindre les tissus d’une manière plus nette, sans cependant les couper de suite, à» laisser intact le bord externe du scrotum et à éviter ainsi les défauts de la première méthode.
Depuis la publication de mon Traité sur la cunô radicale du varicocèle , un grand nombre de procédés nouveaux ont été proposés par MM. Fricfce» Grossheim , Davat , Velpeau , Reynaud , Ricord', Ratier, Vidal de Cassis, etc. De ces nouvelles méthodes, celle de M. Vidal, qui consiste dans la ligature sous-cutanée, combinée avec l’enroulement des veines du cordon, est évidemment la meilleure; mais, si Ton considère que l’application des fils d’argent est aussi douloureuse que l’application des pinces, que le séjour des fils dans la plaie est plus long que le séjour des pinces, et la cicatrisation plus lente après les fils qu’après l’incision nette et régulière faite par mon instrument, on hésitera $ substituer à uneméthodecomplétement inoffensive une méthode qui n’est pas, selon nous, sans quelque danger. En effet, outre que notre procédé n’expose pas, comme ceux dans lesquels les tissus: sont percés, à piquer une veine et à produire une phlébite par le séjour du fil métallique dans le calibre du vaisseau, la compression par les pinces aura toujours l’avantage immense d’agir sur les veines d’une manière médiate, quoique prompte et énergique, et d’en produire l’oblitération avant d’en atteindre les parois.
H. Làndoüzy,
Professeur à l'école de médecine de Reims, membre correspondant de l’Academie royale de médecine, etc., etc.
VARIOXE (méd.) s. f. La variole ou petite vérole est une fièvre éruptive, caractérisée par une éruption de pustules suivie d’une fièvre de suppuration et de gonflement de la face et des extrémités.
Bien que quelques auteurs, et particulièrement Willan, aient cru trouver dans les écrits des anciens la preuve qu’ils avaient observé la variole* il faut reconnaître que c’est seulement par le» Arabes que cette maladie a été réellement signalée ; et qu’après avoir paru pour la première fois en Orient vers la fin du sixième siècle, à l’époque delà naissance de Mahomet, elle s’est répandue en Europe environ un siècle plus tard. Par malheur, une fois introduite dans nos climats, elle y a exercé les plus cruels ravages jusqu’au moment où l’immortelle découverte de Jenner, en 179&, est venue diminuer le nombre de ses victimes. Néamoins la variole est encore une maladie assez; fréquente et l’une des plus graves qui puisse affecter l’espèce humaine.
La seule cause déterminante de la variole est la contagion qui s’exerce par contact direct om indirect et par inoculation. Dans le premier cas, elle est surtout facile à la période de suppuration
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ou de dessiccation. L’état de faiblesse, de maladie antérieure, favorise l’action du contagium qui ne trouve d’obstacles que dans la vaccination, une variole antérieure, ou enfin dans une immunité spéciale. La variole se montre à tous les âges; elle atteint même le fœtus, et cela quelquefois sans frapper la mère qui le porte. On doit remarquer toutefois qu’elle est plus fréquente après la sixième année. Elle est tantôt sporadique, paraissant dans toutes les saisons et dans tous les climats; tantôt épidémique, et affectant principalement les saisons chaudes.
Après une incubation , dont la durée varie entre sept et quinze jours pour la variole naturelle, ou deux à six pour la variole artificielle ou inoculée, la maladie débute par des nausées, des vomissements, des douleurs de reins fixes et violentes, s’étendant quelquefois dans la poitrine, le ventre, les membres; delà prostration, de l’assoupissement. une constipation opiniâtre. La langue sale, rouge à la pointe, du mal de gorge, plus rarement du larmoiement , des sueurs, de l’agitation, du délire ; enfin, surtout à la fin de cette période, des convulsions qui ne paraissent pas plus fréquentes chez les enfants. Ces symptômes ne sont pas toujours réunis, et leur nombre et leur intensité ne présagent rien d’absolument certain sur la violence de l’éruption. Ils peuvent acquérir une gravité telle que la mort arrive avant l’éruption ellemême.
Celle-ci paraît le troisième ou le quatrième jour, plus rarement le second, affectant deux formes principales qui nesontpas toujours nécessairement en rapport avec la gravité de la maladie. Tantôt peu abondante (variole discrète), elle commence autour des lèvres, sur toute la face, puis sur le cou, la poitrine, les membres, par de petites élevures rouges, isolées, qui deviennent plus proéminentes, vésiculeuses au sommet, renfermant un liquide citrin , qui, vers le quatrième jour se changent en pustules ombiliquées entourées d'une auréole inflammatoire assez étendue. Tantôt très considérable, elle débute par une teinte érythémateuse générale de la face ou du tronc sur laquelle s’élèvent les pustules qui se rapprochent et se confondent en groupes plus ou moins étendus (variole confluente), et couvrent les paupières, le front, l'orifice des narines, etc. Les parties de la peau qui étaient le siège de quelque irritation sont celles où se montrent surtout les pustules; elles pénètrent jusque dans la bouche, dans l’arrièregorge et même dans le larynx, déterminant ainsi une gêne considérable de la déglutition et de la respiration. On distingue sur la membrane muqueuse buccale des pustules qui se présentent sous forme d’élevures circulaires blanches ou grisâtres, se détachant sur la teinte rouge foncée de la membrane. A mesure que l’éruption se développe, les symptômes fébriles offrent une rémission en général assez marquée jusqu’au cinquième ou sixième jour de cette période. En effet, à cette époque, la fièvre redouble et ramène un léger frisson suivi de sueurs; la céphalalgie, la dyspnée, augmentent; il survient quelquefois de l’agitation, du délire, une salivation abondante qui se montre aussi , mais moins constamment, chez les enfants, paraît en même temps qu’une tuméfaction considérable,
avec rougeur de la face, et plus tard des mains et des pieds, gonflement douloureux qui n’est pas en rapport avec le nombre des pustules et qui déforme le visage en lui donnant un aspect caractéristique ; pendant ce temps les pustules se sont élevées, sont devenues presque globuleuses, et la sérosité qu’elles renferment s’est transformée en un liquide purulent. La suppuration des pustules s’opère ainsi successivement dans l’espaee de cinq ou six jours. Dans les cas graves la fièvre secondaire se prolonge, le gonflement de la face détermine des accidents cérébraux très-graves, et la mort peut terminer ici la maladie.
Après avoir subi la transformation purulente, les pustules, en suivant l’ordre de leur apparition, se dessèchent et se recouvrent d’une croûte humide, qui, dans la variode confluente, forme sur la face un masque noirâtre. Une odeur particulière, nauséabonde, s’échappe du corps des malades, une démangeaison vive se fait sentir. Les croûtes se détachent peu à peu ou s'amincissent en se renouvelant et laissent, après leur chute, tantôt de simples taches violacées qui pâlissent lentement, tantôt des cicatrices profondes caractéristiques. Bien que la guérison suive en général la chute naturelle des croûtes, on peut voir, principalement dans la variole confluente, survenir avec un petit mouvement de fièvre une diarrhée rebelle; le malade s’affaiblit et succombe après un temps plus ou moins long. La mort survient souvent plus rapidement, lorsqu’à la fin de la période de suppuration , les pustules s’affaissent sans se dessécher. Elle est précédée alors de convulsions ou de coma, ou bien emporte subitement le malade. Enfin nous devons ajouter que même dans les varioles les plus régulières, il n’est pas très-rare d’observer des morts subites dont on ne peut trouver la raison que dans la nature même de la maladie.
La variole ne suit pas toujours cette marche régulière. On voit quelquefois les pustules avorter et rester plates ou se remplir d’un sang noir en même temps que des pétéchies, des épistaxis, des selles sanguinolentes, de l’hématurie paraissent comme caractères d’une variole hémorragique toujours excessivement grave.
Des symptômes d’invasion très-violents peuvent être suivis d’une éruption très -peu abondante. Celle-ci peut même manquer complètement. La maladie consiste alors en une véritable fièvre varioleuse (variole sans éruption), accompagnée de salivation et rarement de gonflement des extrémités.
La petite vérole peut être compliquée d’inflammation des intestins, d’hémorragies, de fluxion de poitrine; et, plus rarement, chez les enfants placés dans de mauvaises conditions hygiéniques, de gangrène de la bouche, ou de la membrane muqueuse laryngo-trachéale, et quelquefois aussi des organes génitaux.
Au moment de l’invasion, le diagnostic peut rester incertain entre une variole, une méningite, une fièvre typhoïde, ou une fièvre éruptive quelconque. Mais le peu de persistance des accidents cérébraux, l’état de la langue, les douleurs de reins, l’état de la peau permettent d’attendre sans trop d’incerticude l’éruption caractéristique.
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La variole discrète, régulière, n’a que peu de gravité, tandis que la variole confluente présente toujours une gravité extrême Quant aux varioles irrégulières et compliquées, leur terminaison est la plupart du temps funeste.
La petite vérole, lorsqu’elle est simple, régulière et discrète, peut être abandonnée à elle-même, et ne réclame qu’un régime hygiénique bien entendu, des boissons délayantes; pendant la convalescence, un ou plusieurs bains et des purgatifs. La variole confluente doit être traitée plus activement. Quelquefois une ou plusieurs saignées au début; des bains prolongés, si l’éruption tarde à paraître, ou si, une lois parue, elle est très-abondante et accompagnée d’une violente inflammation de la peau ; des boissons douces ou acidulés, des gargarismes et des lavements émollients : des sinapismes promenés sur les membres inférieurs, si les symptômes cérébraux sont trop violents: tels sont les moyens généraux employés dans le cours de la variole grave. Quant au traitement local des pustules, qui ne saurait être trop recommandé dans les varioles confluentes, il consiste soit simplement en des lotions ou des onctions émollientes; soit plutôt dans l’ouverture des pustules pratiquée au moment de la suppuration, afin d’en abstergerle pus au moyen d’un liquide adoucissant. On peut aussi, dans le but de prévenir la formation de cicatrices difformes, faire avorter les pustules, ou du moins celles de la face, en les cautérisant dès leur apparition au moyen du nitrate d’argent, ou en les recouvrant de pommades on d’emplâtres mercuriels méthodiquement appliqués. Chez les enfants, il est trèsimportant, toutefois, de surveiller l’emploi de ce dernier moyen, qui peut déterminer des accidents cérébraux, ou une éruption vésiculeuse spéciale produite par le mercure.
L’inoculation du vacccin pendant la période d’invasion de la variole a quelquefois paru en modifier avantageusement la marche; mais, dans quelques cas , cette pratique n’a pas été complètement exempte de reproche de dangers, et la science n’a pas encore dit son dernier mot à cet égard.
Enfin, il est presque inutile de rappeler que le meilleur moyen de combattre la variole est d’en prévenir le développement parla vaccine, dont la vertu préservatrice, sans être absolue et illimitée, est encore si puissante !
Dr Blache ,
Médecin du Comte de Paris et de l’Hôpital des enfants,
varioleux {path.) , adj. variolosus , qui est atteint de la variole. (F. ce mot.)
VAE.IOLOIDE ( méd.) , s. f. varioloida. Mot hybride, formé du latin variola, variole, petite vérole, et du grec éidos , forme, apparence, qui ressemble à la variole. C’est la varioline de quelques auteurs, varicelle pustuleuse ou ombiliquée de quelques autres, etc. Suivant l’ingénieuse remarque d’Alibert, les affections morbides sont des produits de la vie, que la nature agrandit ou rapetisse à. son gré. L’existence d’une affection moins grave que la variole, différant de celte-ci par Y irrégularité extrême et la rapidité de la marche, par l’absence de fièvre secondaire et une issue presque constamment heureuse, a fixé l’attention des observateurs depuis
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la belle découverte de Jenner (V. Vaccine ). Quelle est donc cette forme particulière? est-ce une maladie à part? quelques personnes l’ont pensé; mais une observation plus rigoureuse est venue démontrer Yidenlité de la variole et de la varioloïde. Le pus d’un sujet affecté de cette dernière, inoculé à un sujet vierge de toute infection virulente, vaccinale ou variolique, donne lieu à une variole légitime. Les expériences de MM. Lafont-Gouzi (de Toulouse', Dugat (d’Orange), et de quelques pratiticiens de Marseille, ne laissent aucun doute à cet égard Ainsi, la varioloïde n’est, en réalité, qu’une variole mitigée. Si cette maladie ne se montrait que chez les vaccinés, on pourrait croire qu’elle est le produit de la modification imprimée à l’économie par l’inoculation du virus vaccinal, le résultat d’une sorte de lutte entre le principe variolique et ce dernier; mais quelques observations, tendent à faire croire que la varioloïde peut, dans des temps d’épidémie, se montrer à côté de la variole, comme la cholérine à côté du choléra, et atteindre des sujets non vaccinés Ainsi Pariset. dont la science et les lettres déplorent la perte récente, l’a rencontrée en Orient dans des localités où la découverte de Jenner n’avait jamais pénétré. Cependant, il faut en convenir, la varioloïde se montre en immense majorité sur les sujets vaccinés.
Quels sont donc les caractères différents qui séparent cette affection de sa terrible sœur? Les symptômes précurseurs sont les mêmes, quoique moins violents. L’éruption a lieu de la même manière, les pustules sont pareilles; il y a gonflement du visage et des mains; seulement les pustules arrivent plus promptement à maturité; du reste, elles peuvent être discrètes on confluentes. Cette période ressemble donc beaucoup à celle qui lui correspond dans la variole; mais ici les différences cessent : la fièvre, qui avait disparu au moment de l’érupi on, ne réparait plus. 11 n’y a donc pas cette fièvre de suppuration si caractéristique de la ■ ariole Les pustules ne tardent pas à sécher; le liquide qu’elles renfermaient se coagule et forme de petites croûtes demi- transparentes, d’un aspect corné ou analogues à des grains de succin. Leur chute a lieu vers le onzième ou douzième jour de la maladie, et à leur place on voit de petites taches rouges et violacées quand il fait froid; ces taches persistent souvent pendant plusieurs mois et ne laissent presque jamais de cicatrices. Vacciné quelques mois après la naissance, en 1809, j’ai étéatleintd’une varioloïde confluente très -intense, en septembre 1825, lors de la grande épidémie qui régna à Paris à cette époque L’invasion avait été caractérisée par des symptômes généraux peu marqués, sauf une violente céphalalgie et un sentiment inexprimable de faiblesse; du reste, tout se passa comme nous venons de le dire : les croûtes tombèrent, laissant les taches, qui persistèrent presque fout l’hiver, sans laisser les cicatrices profondes et si remarquables de la variole, mais seulement sur les ailes du nez de petites marques linéaires comme des traces de coups de canif ou de poinçon.
La varioloïde est presque toujours bénigne- Dans certaines épidémies cependant elle a été mortelle, et à Marseille, en particulier, en 1828, elle fit périr quarante-cinq sujets vaccinés. Ajoutons bien vite que sur un nombre moindre de sujets non vaccinés.