‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 222 sur 298 · YEI · texte numérisé non relu

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nuisibles qui peuvent y être unis. (V. Médicaments.)

La vie végétale est une élaboration qui prépare les subtances minérales à être -assimilées par les animaux. On reconnaît là cet ordre admirable de la nature qui subordonne ainsi toutes les classes d’êtres, les fait exister l'une par l’autre, les fait réagir les uns sur les autres ; car les animaux rendent ensuite aux végétaux les principes d’activité et de vie qu’il en ont reçu.

On se sert aussi du mot végétal pris dans un sens absolu pour désigner une 'plante. — Pour indiquer certaines parties de la science des végétaux , on dit l 'anatomie, la physiologie végétale, etc. J. B.

VÉGÉTALE (Colique) (pat h.), s.f. Nom donné, à la Guyane, à une maladie analogue à la colique de Madrid et de Poitou. Ségend, médecin en chef de la colonie de Cayenne, a décrit cette maladie en 1837, dans un fort bon mémoire, sous le nom de Névralgie du grand sympathique. (V. Colique )

Végétation ( physiol .), s. f. vegetatio. C’est la vie des végétaux. En pathologie, on appelle végétations des productions accidentelles qui semblent prendre racine dans des tissus normaux où elles sont alimentées par des vaisseaux propres. On désigne plus particulièrement sous ce nom les boureons vasculaires qui se développent à la surface es plaies.

VÉGÉTO-MINÉRALE (Eau) ( pharm .), s. f. On donne ce nom à l’eau additionnée d’acétate de plomb (extrait de satume) ; on l’emploie comme résolutive dans les contusions, les entorses, les ecchymoses, les brûlures, etc. (V. Plomb.)

véhicule (pharm.), s. m . vehiculum, devehere, voiturer, tout ce qui sert à transporter, à conduire. L’air est le véhicule du son. En pharmacie, on appelle véhicule les excipients liquides qui servent à tenir en dissolution ou en suspension les matières médicamenteuses. Ainsi, dans une potion avec le sulfate de quinine, je suppose, l’eau distillée est le véhicule de ce sel . Les corps susceptibles de servir de véhicule sont nombreux : ainsi l’eau sous toutes ses formes, comme infusion, décoction, les eaux distillées des plantes, l’eau à l’état de vapeurs, etc., c’est le véhicule le plus commun et le plus usité; ensuite viennent Falcool, l’éther, les vins, les vinaigres, les huiles, la cire, les graisses, les savons, etc. On varie le véhicule suivant la solubilité du corps et les effets que l’on veut obtenir.

veines ( anat .) s. f, pl. vena, en grec phlebs. Les veines sont les canaux chargés de rapporter au cœur le sang noir qu’ils prennent dans les organes: de là le nom de Système à sang noir que Bichat leur donnait. (V. Circulation, Respiration , Sang, Vasculaire.)

Les veines diffèrent des arières tant sous le rapport de leur disposition que sous celui de leur structure.

A. Quant à la disposition extérieure. — 1° Les veines sont plus nombreuses et plus amples que les artères. Outre les veines profondes qui accom-

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pagnent les artères et qui ont un calibre plus grand que celles-ci , il y a, surtout aux membres, -des veines isolées, superficielles, qui forment des troncs parfois très - considérables , et souvent même l’emportent sur les veines profondes.

2° Les veines accompagnent ordinairement les artères; elles sortent parie même orifice qui sert d’entrée à ces dernières ; il y a cependant de notables différences à cet égard. 3° Étant pour la plu~ part plus superficielles, elles sont nécessairement' moins abritées, moins bien défendues contre les agents extérieurs que les artères. 4° Elles marchent plus en ligne droite que celles-ci , ce qui facilite beaucoup le cours du sang dans leur intérieur. Elles se ramifient comme les artères; seu- 1 lement il n’y a pas un rapport aussi constant entre ta 'capacité des branches et celle du tronc. Cela tient à ce que les veines se laissent distendre trèsfacilement et pour la moindre cause. Les rameaux et les branches sont plus amples à proportion des troncs, parce que les veines d’une partie et même celles du corps entier ne se réunissent jamais en un nombre de troncs communs aussi petit que celui des vaisseaux principaux qui donnent naissance aux branches artérielles. Ainsi, le caractère des veines est de se ramifier, et celui des artères de se concentrer. 5° Les anastomoses sont plus nombreuses et plus générales que dans le système artériel. Cela tient à cette loi, que lesanastomoses se multiplient partout où le cours du sang dans les vaisseaux veineux devient moins facile, et par défaut d’impulsion, et par l’absence de moyens qui favorisent sa marche. 6° Le système veineux est plus compliqué que le système artériel sous le, rapport de son étendue. Ainsi l’artère pulmonaire et l’aorte forment chacune un arbre simple, tandis que le système des veines du corps embrasse dans la cavité péritonéale un second arbre qui se subdivise d’une manière particulière : c’est la veine porte. (Y. ce mot).

B. Quant à la structure intime. — 1° La membrane interne est plus mince, plus délicate, plus extensible , moins fragile , moins sujette aux ossifications. Cette membrane interne forme des replis très-nombreux connus sous le nom de valvules, et les valvules n’existent dans le système à sang rouge qu’à l’origine de l’artère pulmonaire et de l’aorte, là où ces vaisseaux sortent des ventricules du cœur, tandis qu’elles sont très-répandues dans le système à sang noir. Leur forme est à peu près parabolique , le bord adhérent est convexe et le bord libre droit ou un peu échancré; leur direction résulte du cours du sang, le bord libre et le fond du petit godet qu’elles constituent sont tournés vers le cœur. Ces replis sont destinés à favoriser la marche du sang en l’empêchant de rétro* grader; aussi se montrent-elles très-nombreuses là où le cours du sang est très-difficile, dans le! veines superficielles , par exemple : elles sont plus nombreuses dans les rameaux que dans les troncs, j enfin elles manquent dans certaines parties: d’abord I dans tout le système de la veine porte, puis dans la I veine pulmonaire, dans les veines du cerveau et de la moelle épinière etc. Assez communément on les rencontre là où une veine subordonnée s’abouche j avec une plus grosse.

I 2° La membrane fibreuse. Elle diffère très-nota-

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blemenl de celle des artères; elle est d’abord beaucoup plus mince, et paraît même manquer dans les petites veines; elle est formée de fibres longitudinales, tandis que dans les artères les fibres sont plutôt circulaires, et encore ne sont-elles pas liées entre-elles de manière à former un plan continu, excepté dans les gros troncs ; elles sont d’ailleurs plus rougeâtres, plus molles, plus faciles à déchirer.

3” Enfin la tunique celluleuse est aussi plus mince , moins dense, moins solide; il en part, ce qui ne s’observe pas dans les artères, des prolongements qui vont gagner la membrane fibreuse et qui s’étendent même jusqu’à la membrane interne. Elle manque dans les veines du cerveau

Les veines, étant moins épaisses que les artères, reçoivent moins de vaisseaux sanguins, vasa vasorum. ( V. Vasculaire.)

Leurs nerfs, tant ceux qui proviennent du grand sympathique que ceux émanés du centre cérébrorachidien, sont aussi moins nombreux.

Les veines sont très-extensibles, beaucoup plus que les artères, et dès-lors moins élastiques. Elles sont encpre susceptibles de contractions vitales, ce qui est très-apparent dans les troncs. Quant à leur sensibilité elle est très-obtuse.

Veines (maladies des). — I. Vices de conformation. Les vices de conformation des veines consistent surtout dans des anomalies de situation ou d'origine, qui n’impliquent pas de maladies, et ne peuvent être constatées qu’après la mort. Nous ne devons donc pas nous en occuper.

II. Inflammation des veines. — C’est la phlébite ( phlebs , veine, avec la dés neüçe ite, qui indique l’inflammation). C’est à J. Huhter qu’appartient l’honneur d’avoir, le premier, fait connaître la phlébite, et depuis nous devons à Brescln t, à Ribes, àDance, àMaréchal, à MM. Blandin , Cruveilhier, Bouillaud, etc., les travaux qui ont si bien éclairé son histoire.

Voici ce que les recherches cadavériques des auteurs que je viens de citer nous ont appris sur l’anatomie pathologique de cette maladie. Au début, l’intérieur de la veine présente une injection par plaques plus ou moins étendue. Extérieurement, la veine offre une nuance rosée; plus lard les parois s’infiltrent de sucs coagulables, s’épaississent et prennent l’aspect des artères. Il peut même y avoir du pus sécrété entre les tuniques; les valvules sont souvent rouges, épaissies, quelquefois ramollies et détruites. Le sang se coagule : c’est là, disent les auteurs, le premier effet de la phlébite. Ce caillot devient adhérent à l’intérieur de la veine, finit par s’organiser, par revenir sur lui-même,et avec le temps par oblitérer la veinequi se transforme en un cordon fibreux. Quelquefois le caillot se creuse d’un canal au centre et la circulation continue plus ou moins gênée ; enfin dans certaines circonstances il semble se résorber. Quand la veine a suppuré, le pus se trouve là à différents états; quelquefois combiné avec le sang qui est transformé en une sorte de sanie rougeâtre ou lie de vin, ailleurs il est pur. Tantôt libre dans la capacité du vaisseau, mais alors ordinairement retenu entre des caillots adhérents aux deux extrémités de l’espace qu’occupe l’inflammation; dans certains cas, c’est au centre des caillots qu’on le

rencontre. Chez beaucoup de sujets, la surface intérieurç de là veiop présente une fausse membrane plus ou moins épaisse; cette fausse membrane sert souveut à rendre plus intimes les adhérences du caillot avec la veine.

L’inflammation, d’abord limitée au vaisseau, peut s’étendre au tissu cellulaire environnant ; de là engorgement, état phlegmoneux, et même infiltration purulente et abcès dans celui ci. Mais, de toute ies lésions qu’entraine la phlébite, il n’en est pas de plus curieuse que celle qui consiste dans la formation d’abcès petits et multiples dans les différents organes de l’économie. Ces abcès, connus sous le nom d'abcès métastatiques, se montrent surtout à la suite des plaies graves qui amènent l’inflammation des veines , de grandes opérations, par exemple. On les rencontre plus particulièrement dans le poumon, qui en est parfois véritablement farci, dans le foie, la rate, dans le cèrveau, et jusque dans les muscles. C’est encore àla suite de la phlébite que l’on trouve des épanchements séro-purulents dans les cavités séreuses , surtout dans la plèvre et dans les articulations.

Ces abcès sont-ils dus au transport en nature du pus comme leur nom de métastatique semblerait l’indiquer, etcormneon lecroyait autrefois? dépendent-ils d’une réaction sympathique, ou bien plutôt sont-ils l'effet d’une disposition générale de l’économie à sécréter du pus, ou diathèse purulente? Ce n’est pas ici le lieu de discuter ces graves questions de physiologie pathologique.

Les causes de la phlébite sont très-nombreuses; les plus communes de toutes ces causes sont assurément les violences extérieures, les piqûres, et surtout les grandes plaies accidentelles ou faites à dessein, comme dans les opérations chirurgicales : viennent ensuite les ligatures, l’action des caustiques, l’introduction dans les veines de liquides irritants: nous citerons encore l’état particulier qui suit l'accouchement et appelé puerpéral; enfin les inflammations dans le voisinage des grosses veines. Assez souvent, dans les hôpitaux surtout, il faut accuser une véritable influence épidémique.

La phlébite occupe ordinairement une portion assez considérable d’une veine, et quelquefois même plusieurs veines à-la— fols’.

Symptômes. — Les accidents qui caractérisent la phlébite se partagent en deux périodes trèsdistiucte- ; dans le première il n’exisle encore que des accidents locaux; dans la seconde la maladie s’est généralisée.

lre Période. Symptômes locaux. — Le premier phénomène de la phlébite est une douleur parfois I très-aiguë dans le trajet de la veine malade. Si celle ci est située superficiellement, de telle sorte que l’on puisse examiner les changements qu’elle subit dans son état matériel , on la voit devenir dure, tendue, formant sous la peau comme une corde noueuse; quelquefois la rougeur se manifeste sur le tégument et forme une ligne qui suit le trajet de la veine affectée; à l’entour il y a souvent de l’empâtement, surtout si le vaisseau est un peu considérable: on observe parfois en même (emps du malaise et un peu de fièvre. Arrivée à ce point, la maladie peut guérir avec ou sans oblitération de la veine affectée : il se peut aussi qu’une suppuration se soit formée et reste renfermée entre

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