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*ïeux caillots adhérents. Une fluctuation assez manifeste l’annonce; on pique la veine, et le pus s’écoule: d’autres fois ce liquide se fait jour dans le tissu sous-cutané, et il se forme là un petit abcès que l'on doit ouvrir. Mais il n’en est pas toujours ainsi ; il semble que le pus, sécrété par la veine, ou transporté par la circulation, soit mêlé au sang, et qu’il en résulte une sorte d’empoisonnement par altération des liquides : c’est ce que l’on a appelé Yinfection purulente.

2e période. — Symptômes généraux, ou d’infection. Cette seconde période se montre quelquefois trèspromptement, mais le plus ordinairement au bout de trois ou quatre jours. Elle débute par des frissons, suivis de chaleurs et de sueurs; ces accès sont ordinairement irréguliers, mais parfois ils ont des périodes réglées, de manière à simuler une fièvre intermittente. En même temps les facultés intellectuelles éprouvent des dérangements, les idées se troublent, il y a des rêvasseries, du délire sans exaltation ; la face est pâle, amaigrie, terreuse; la langue sèche, encroûtée, tremblotante; les dents fuligineuses ; quelquefois des vomissements, mais presque toujours une diarrhée noirâtre et fétide. Le pouls est petit et fréquent, il y a un extrême abattement, une prostration profonde; souvent la peau prend une teinte jaunâtre comme ictérique. En même temps il survient quelques désordres du côté des grandes cavités , là où doivent se former ces petits abcès dont nous avons parlé, et quelques signes particuliers peuvent faire soupçonner leur formation. Le coma et la perte de la sensibilité et du mouvement, annoncent que le travail morbide a lieu dans le cerveau ; des douleurs dans la poitrine et de l’oppression , qu’il a lieu dans le poumon; de la gêne dans l’hypocondre droit, que c’est dans le foie, etc. Enfin le malade s’affaiblit déplus en plus, et la mort survient de la même manière que dans les affections typhoïdes graves. Disons cependant que cette terminaison n’est pas fatalement nécessaire, et on cite quelques exemples, très-peu nombreux à la vérité, dans lesquels la seconde période s’étant déclarée, les malades ont guéri néanmoins.

La phlébite est donc une maladie excessivement grave, surtout quand la seconde période s’est manifestée. Aussi la distinction de l’inflammation des veines, en phlébite adhésive et phlébite suppurée, est-elle très-importante pour le pronostic et le traitement, car la première est peu grave, tandis que la seconde est presque toujours mortelle, sauf le cas signalé plus haut, dans lequel le foyer purulent reste circonscrit.

Traitement.— Au début il est essentiellement antiphlogistique. 11 ne faut pas craindre de pratiquer de fréquentes et copieuses évacuations sanguines, tant générales que locales. — Les réfrigérants, en déterminant la coagulation du sang et en apaisant l’inflammation, peuvent être très-utiles dans cette maladie, concurremment avec les émissions sanguines. On aurait surtout recours ici à l’irrigation continue. — De même que dans toutes les autres phlegmasies, on peut essayer les onctions mercurielles qui favorisent l’effet des autres antiphlogistiques. — Les narcotiques seront utiles dans certains cas où les douleurs sont très-vives.

La cautérisation par le fer rouge des veines

malades a été récemment proposée par M. Bonnet, de Lyon, et il cite plusieurs cas dans lesquels cette pratique hardie a été suivie de succès.

Dans la seconde période, on a siïrtout pour but de combattre la viciation du sang par le pus, mais cette dépuration, comme on le disait autrefois, est quelque chose de bien difficile. En général, c’est vainement que les sudorifiques, les purgatifs répétés, les larges exutoires (vésicatoires volants) ont été employés pour faire sortir cette matière dangereuse: que M. Piorry gorge ses malades de boissons, afin de délayer le principe infectieux, et de rendre son action moins nuisible sur l’économie; que d’autres ont essayé les chlorures pour neutraliser ce même principe ; que d’autres encore ont employé l’émétique à haute dose, etc. Dans la plupart des cas ils ont échoué. Convenons cependant que dans quelques circonstances, ainsi que nous l’avons dit, la guérison a été obtenue; mais dans ces cas, en quelque sorte exceptionnels, est-ce à la nature ou au remède qu’il faut en rendre grâce?... Tout récemment M. Paul Tessier, auquel la science doit de belles recherches sur l’infection purulente, a proposé l’aconit et il se loue de l’action de cette substance; espérons que le succès couronnera cette nouvelle tentative; mais, jusqu’à preuve du contraire, nous n’osons croire à cette spécificité. Tant de promesses semblables ont été déçues, que notre scepticisme est bien excusable.

En tout cas, dans cette période , l’affaissement du malade indique surtout l’emploi des médicaments toniques ; c’est là ce qui nous paraît le plus rationnellement établi.

III. Lésions traumatiques, — 1° Les plaies des veines offrent des différences notables de gravité, suivant la nature de l’instrument qui les a produites. Une simple piqûre par une aiguille, ou par une épingle, se referme sans donner lieu au moindre écoulement de sang. — Si l’instrument est à la fois piquant et tranchant, et que la plaie soit dans le sens de la longueur, les fibres longitudinales de la veine qui existent à peu près seules , agissent sur les extrémités de la solution de continuité, de manière à fermer celle-ci à peu près comme on ferme une boutonnière, en tirant en sens inverse sur les deux extrémités. L’écoulement sanguin est peu considérable, et la cicatrisation se fait rapidement; mais quand la blessure est très-oblique ou transversale, ces mêmes fibres longitudinales coupées en travers se rétractent en écartant les bords de la plaie, la rendent béante et favorisent l’hémorrhagie. Celle-ci est d’autant plus abondante, que la veine est plus volumineuse, plus rapprochée du cœur , qu’un tissu cellulaire ferme et serré la maintient adhérente aux parties voisines , et tient en même temps ses parois écartées (V . Hémorrhagie). Cependant, soit que l’on exerce la compression sur l’ouverture saignante, soit par la coagulation du sang qui franchit l’ouverture, celle-ci ne tarde pas à être" oblitérée par un caillot sanguin qui devient adhérent aux parties voisines , s’organise et se transforme en une membrane mince: le calibre de

11a veine reste donc conservé. Quand celle-ci a été coupée en travers, la cicatrisation se fait, comme pour les artères, par un caillot qui sert de bouchon et qui s’organise.

Après l’hémorrhagie, les accidents qu’il faut le 84*

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plus redouter, dans les plaies des veines sont l’inflammation, et l’entrée de l’air dans ces conduits. (V.plus bas.) Le traitement des plaiesdes veines est celui des plaies en général et des hémorrhagies en particulier. Seulement pour les veines la compression doit être préférée à tout autre moyen.

2" Rupture et déchirement des veines.— Les veines peuvent être rompues ou déchirées par différentes causes : les plus ordinaires sont des contusions, des secousses violentes, des efforts pour soulever un fardeau très-lourd. Les ruptures sont encore plus faciles quand la veine a été amincie ou ulcérée, qu’elle a été ramollie par une maladie antérieure, etc. Nous en reparlerons plus bas à l'occasion des veines. Le danger de ces ruptures dépend en grande partie du volume et de la situation des vaisseaux blessés. Si c’est une grosse veine des grandes cavités du ventre, ou de la poitrine, la mort peut en être la conséquence presque immédiate. Du reste les lésions dont nous parlons n’exigent pas d’autre traitement que celui des plaies.

IV. Ulcération des veines. — On peut en faire deux catégories; à la première se rattachent les ulcérations qui se forment primitivement à la surface interne delà veine, et se portent ainsi de dedans en dehors. Elles sont assez rares et peuvent, comme conséquence, amener la perforation du vaisseau et unehémohrrauie plus ou moins grave. Dans la seconde section rentrent tous les cas dans lesquels la veine a été rongée de dehors en dedans. On a vu aussi des abcès perforer les parois veineuses, et, chose assez curieuse, cet accident a été plus particulièrement observé au cou pour la jugulaire.

V. Gangrène. — Eile n’attaque les veines que quand tout un membre est frappé de sphacèle, elle ne doit donc pas fixer spécialement notre attention. (V. Gangrène.)

VI. Oblitération des veines. — Elle peut avoir lieu par plu>ieurs mécanismes différents : ou bien, un caillot, suite d inflammation, est devenu adhérent aux parois vasculaires dont il ferme le calibre; ou bien, c’est une lymphe plastique qui s’y est organisée et qui produit le même effet: ou bien encore, les parois veineuses ayant été mises en contact, comme il arrive par exemple quand une tumeur comprime un vaisseau sanguin, ces parois se sont accolées l’une à l’autre.

Dans ces différents cas la veine est devenue imperméable au sang, et si elle est un peu volumineuse, il doit en résulter un certain trouble dans la partie à laquelle elle appartient. Ces accidents consistent le plus souvent dans l’hydropisie de cette même partie. Ainsi l’occlusion de la veine principale d’un membre amènera l’oedème de ce membre. La veine porteoblitérée occasionne l’ascite etc. f V. Hydropisie). Dans beaucoup de cas une circulation collatérale supplémentaire s’établit et des veines petites ordinairement se dilatent, et remplissent les fonctions de la veine obturée.

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