‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 224 sur 298 · VII. Dilatation des veines. (V. Varices · texte numérisé non relu

VII. Dilatation des veines. (V. Varices

VIII. Atrophie et hyperthrophie. — Les épaississements et les amincissements dos parois veineuses se montrent surtout dans les varices.

I Productions accident elles. — Les tuniques des veines sont, bien plus rarement que celles des artères, le siège d’ossifications, ou plutôt de dépôts

de matières calcaires. Quelquefois ces concrétion* sonten partie libres et flottantedans la cavité veineuse, retenues seulement par un pédicule que leur forme la membrane interne qui les enveloppe. On désigne ces concrétions sous le nom de phlébolithes \phlebs, veine lithos pierre) quand elles sont libres dans le canal des veines. On les trouve surtout dans les veines du bas-ventre; elles sont en général formées de sels calcaires; leur forme est arrondie, globuleuse; elles sont d’un gris jaunâtre, et quant à leur structure elles offrent des couches concentriques déposées autour d’un noyau central. Du reste, de même que toutes les autres formations calcaires, on les trouve plus souvent chez les vieillards que chez les jeunes sujets.

Les phlébolithes, primitivement formés dans les parois, s’en détachent - ils ensuite pour tomber dans la cavité de la veine, comme le dit M. Andral, se forment-ils au contraire au milieu d’un caillot par suite d’un dépôt de sels calcaires, ainsi que le veulent Béclard, Otto, Robert-Lee etc.? c’est ce qu’il est très-difficile de déterminer d’une manière absolue. Peut-être serait-il sage d’admettre ces deux modes de production.

X. Dégénérescence des veines. — Les tubercules sont très-rares, si tant est que l’on en ait trouvé dans les veines : je n’en connais pas d’exemple. Mais il n’en est pas de même du cancer- Les veines y participent très-promptement, et même il n’est pas rare, quand un cancer existe dans une partie, de voir des masses de même nature se prolonger dans les veines voisines, ce qui fait que plusieurs auteurs ont regardé ces vaisseaux comme le point de départ des affections cancéreuses.

XI. Entrée de l’air dans les veines. — Quand une veine raprochée du cœur et soumise au reflux du sang noir est ouverte, l’air peut y pénétrer surtout quand les parties voisines sont adhérentes aux parois veineuses, ce qui les empêche de revenir sur elles-mêmes. Cette entrée del’air est favorisée par la dilatation du thorax dans l’inspiration. Cet accident, qui est arrivé plusieurs fois dans des opérations chirurgicales, est annoncé par un sifflement aigu on sourd, ou par un bruit analogue au lappement d’un chien qui boit, ou bien, enfin, au claquement d’une soupape Le sang introduit dans la veine arrive avec le sang noir en masse spumeuse dans les cavités droites du cœur, d’où il passe aux poumons. Cet accident produit habituellement une syncope plus ou moins prolongée, qui peut se terminer par la mort. Dans certains cas même, on a vu le malade pousser un grand cri, en s’écriant : Je me meurs' et succomber instantanément.

Quand l’introduction de l’air a lieu, il faut d’abord fermer l’ouverture de la veine avec le doigt, placer le malade dans une position horizontale, employer les moyens les plus propres à ranimer ses forces, puis on pourra mettre en usage les compressions du thorax , l’aspiration de 1 air avec un tube adapté à une seringue, et, enfin, la compression de l’aorte proposée par M. Mercier, mais qui n’a pas encore été employée.

J, P. Beaude.

xrsmsïïx [c mat ), acq. venosus, qui appartient aux veines. Sang veineux, système veineux • Qn ap-

VEN

pelle spécialement canal veineux un conduit situé dans la partie postérieure du sillon horizontal du foie qui, chez le fœtus, fait communiquer la veine ombilicale à la veine-cave inférieure. 11 s’oblitère après lâ naissance. On appelle canaux veineux, é'éüx qui sont creusés dans les os. (V. Os.) J. B.

VÉX.AR (mat. mêd.), s. m. Erysimum officinale, plante de la famille des crucifères, J., tétradynamie siliqueuse, L. Cette plante , vulgairement nomniée herbe au chanteur, tortelle, etc., est trèscommune dans les lieux incultes et sur les bords des chemins; les feuilles sont irrégulières, les fleurs sont jaunes, petites disposées en longs épis aux extrémités des branches; le fruit est une silique. Le vélar ne présente pas cette saveur âpre et piquante commune aux crucifères; il est légèrement astringent, béchique et antiscorbutique. On le regarde dans le vulgaire comme excellent dans les affections de poitrine et pour rendre la voix claire : de là le nom d’herbe au chanteur qui lui a été donné. On en fait un sirop, sirop d’ erysimum, trèsusité, mais assurément fort innocent des grandes vertus qu’on lui attribuait autrefois. 11 est cependant très-efficace dans les irritations légères des organes de la voix. J. B.

Vendôme (Eau minérale de larue de) ( the'râp .). En 1843, M. Lacarrière, en construisant son hôtel, rue de Vendôme à Paris , découvrit une source de nature sulfureuse , qui surgissait des fouilles et des terrains qui paraissaient formés par des décombres accumulés; cette eau, examinée par les réactifs chimiques, fut trouvée sulfurée par le sulphydrate de chaux, et elle présentait à un degré fort énergique la plupart des propriétés de l’eau sulfureuse d’Enghien. Comme on pouvait penser que cette eau n’était rendue sulfureuse que par la décomposition des matières organiques qui se trouvaient accumulées dans ce lieu, qui avait été, dans les xve et xvie siècles, une décharge publique située hors la ville; on poursuivit les fouilles jusqu'à une couche d’argile, qui paraissait faire 1 le fond d’un ancien marais et située à plus de six mètres au-dessous du pavé de la rue. Après avoir percé cette couche imperméable, on vit surgir une source d’un volume considérable; l’eau était mêlée d’un sable siliceux blanc, que M. Rivière, aide naturaliste pour la géologie au Jardin-des- Plantes, reconnut être le sable de Beauchamps.

Diverses analyses de cette eau furent faites par MM. Pelouse, llenry et Chevalier, Barruel. Nous même , chargé de l’examiner comme inspecteur des eaux minérales du département de la Seine, nous reconnûmes qu’elle était fortement sulfureuse; elle donnait en moyenne 62 degrés au sulfhydro-mètre.

Cette eau était froide, limpide, de coiffeur ciirme, exhalant une forte odeur d’hydrogène sulfurée, se troublant assez promptement au contact de l’air et laissant déposer du soufre et de carbonate de chaux , en même temps qu’elle perdait rapidement une grande partie de son principe sulfureux. La source, d’après un jaugeage exact fait en nôtre présence , donnait à son point d’émergence jusqu’à 322,500 lit. par 24 heures. Sa température était de 12’centig. Voici l’une des analyses,

VEN 93

celle faite par MM. Henry et Chevalier, pour un. litre d’ eau ;

Acide hydrosulfurique des trace*. légère*

Acide carbonique très-peu.

Hydrosulfate d’ammoniaque 0,030

Sulfure de calciuhi (hydrosulfate de

c Çhaux) 0,131

Sulfate de chaux 1,410

Sulfate de soude ’

— de magnésie > U>48U

Carbonate de chaux i

— de magnésie. S (

Chlorure de sodium 0,320

Silice et oxide de fer (très-peu) 0,022

Matière organique très-sensible et in-

appréciée » »

Cette eau qui est , ainsi que nous l’avons déjà dit, analogue à l’eau d’Enghien, paraît formée par la décomposition des eaux qui s’écoulent des hauteurs qui avoisinent Paris, après s’être saturées de suïïate de chaux; leur caractère sulfureux tient évidemment à la décomposition du sulfate par des matières organiques avec lesquelles elles se trouvent en contact; l’ammoniaque paraît aussi provenir de la même source.

Ces eaux n’ont point été utilisées sous le rapport médical. M. Lacarrière a fait capter la source en faisant construire un puits en maçonnerie qui permettra d’avoir à l’avenir l’eau minérale pure de tout mélange avec les eaux d’infiltration des couches supérieures. Nous pensons que cette eau aura des propriétés très-énergiques, administrée en bains comme l’eau d Enghien; elle nous paraît trop active pour être bue pure. Nous faisons des vœux dans l’intérêt de la population de Paris pour la voir utiliser; elle remplacerait avec avantage les bains sulfureux factices, que sont obligés de prendre les malades qui ne peuvent s’éloigner de Pari?

J. P. Beaude.

vénéneux ( path .), adj. venenosus, de venenum, poison : qui agit comme poison sur l’économie vivante. Substance vénéneuse.

vénérien ( physiol . path), adj. venereus,Q& Vénus, la déesse de la volupté. On donne ce nom à tout ce qui a rapport aux plaisirs de l’amour : désirs vénériens, excès vénériens. On appelle la syphilis maladie vénérienne, à cause de son origine. — Pour les abus et excès vénériens , V. Onanisme et Incontinence.

VEETïaiEïîx ( hist . nat. méd-), adj. Se dit des animaux qui sécrètent une substance nuisiblë ou venin. Il ne faut pas confondre le mot venimeux avec le mot vénéneux. (V. Venin.)

VENIN (hist. nat. méd.) s. m, venenum. Malgré l’identité des termes latins, le mot Venin n’est point synonyme du mot Poison. Le venin est celte liqueur que sécrètent certains animaux, et qui, inoculée dans nos tissuS', peut occasionner des accidents plus ou moins graves, et même la mort. Ainsi, le venin est bien un poison; mais tout poison n’est pas un venin. (V. Insectes et Serpents;V. aussi Virus.) J. B.

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vent ( path .). s. m. ventus. On donne ce nom aux grands mouvements des masses d’air atmosphérique.—On appelle aussi vents, les gaz qui, suivant l’expresion de l’abbé Beaugénie, s’échappent par en bas, ceci exige quelques développements.

Sous les termes vulgaires de vents, de flatuosités, ou sous le terme plus scientifique de pneuma tose, on désigne la formation ou la présence de gaz dans les voies digestives. Rien de plus erroné que les idées d’une foule de personnes, relativement à l’existence des produits gazeux dans l’économie. Tous les jours une douleur dans un côté de la poitrine, à l'épaule, etc., est rapportée à la présence de vents placés entre cuir et chair, comme le disent les gens du peuple. Or les gaz, quand ils se développent ou plutôt quand ils s’infiltrent dans le tissu cellulaire sous-cutané, constituent un accident particulier. Y emphysème , dont nous avons tracé l’histoire avec tous les détails convenables. Des gaz peuvent se former dans la cavité des plèvres: c’est là une complication de certaines pleurésies chroniques ; le même accident se montre encore dans certaines maladies du poumon, alors que cet organe, par suite d’une gangrène, de la rupture d’un foyer tuberculeux ramolli, de l’ouverture d’une vomique, vient à être mis en communication avec la cavité des plèvres : c’est ce que l’on a nommé pneumo- thorax. La quantité de l’air peut être telle que le poumon se trouve comprimé et qu’il faille lui donner issue par une ponction; mais cela est excessivement rare. D’autres fois, des gaz s’accumulent dans les intestins , c’est là le cas le plus commun, et il en a été question à l’occasion des maladies des intestins. (V. § Il p. 303.) Toutefois, comme beaucoup de personnes sont tourmentées par ces productions gazeuses, nous devons encore en parler ici.

Ce sont plus particulièrement les personnes nerveuses qui sont tourmentées de cette maladie, et en particulier les hypochondriaques : on l’a vue aussi être héréditaire, et enfin elle affecte habituellement les personnes dont les voies intestinales sont en mauvais état; chez lesquelles les digestions sont pénibles, etc. Les gaz intestinaux sont donc un effet de plusieurs affections ou dispositions particulières de l’économie, et à leur tour, par leur accumulation dans le tube intestinal, par la distension qu’ils lui font subir, ils deviennent la cause i de coliques assez vives, douloureuses, accompagnées de ce grondement, de ce murmure particulier, heureusement exprimé par un mot tiré du grec borborygme, qui fait très-bien onomatopée. Il est des personnes tellement sujettes à ce développement de gaz dansles intestins que la nécessité dans lesquelles elles se trouvent presque continuellement de les rendre, les prive d’aller dans le monde ou de recevoir de la société. Cela, joint à d’autres phénomènes du côté de l’intelligence, contribue souvent à cette tristesse, à ce besoin d’isolement que l’on remarque chez les hypochondriaques.

Quel est le mécanisme de cette exhalation de fluides aériformes?.. Proviennent-ils des aliments comme on le croyait anciennement? Certaines substances, les farineux, par exemple, les choux, et quelques autres légumes, favorisent en effet leur développement; mais ils s’observent également chez des personnes qui ne font pas usage de ces

substances, qui suivent un régime tonique; ils se montrent chez des individus depuis longtemps à la diète.. Ce n’est donc là qu’une cause accidentelle. Ils paraissent bien manifestement être le produit d’une exhalation gazeuse à la surface de l’intestin^ sans que nous puissions dire quels en sont les éléments.

Nous avons donné ailleurs le traitement de la tympanite (V. Intestins, p. 304);nous avons peude chose à y ajouter ici. Faisons observer que les personnes sujettes aux flatulences, doivent s’abstenir soigneusement des aliments dont nous parlions tout-à-l’heure, et qui favorisent leur production; qu’elles doivent de préférence faire usage de viandes rôties; elles rejetteront les vins blancs et mousseux, et prendront des vins généreux do Bordeaux ou de Bourgogne. Les individus sujets à de mauvaises digestions devront s’observer soigneusement, ne pas faire d’excès, prendre après leur repas une ou deux petites tasses d’une infusion aromatique de camomille ou de thé; chez les sujets débilités ces boissons conviennent très-bien; on pourra encore donner celles qui sont connues sous le nom d ecarminatives, telles quel’anis.la menthe, la cannelle, l’angélique, etc. Ces infusions doivent être prises bien chaudes quelques heures après le repas. Quand le ventre est très-distendu et qu’il y a des coliques, on se trouve souvent très-bien de l’application de serviettes aussi chaudes que le malade peut les endurer; on pourra encore faire sur le ventre des frictions avec une flanelle imprégnée d’une vapeur aromatique, de celle, par exemple, qui s’exhale de baies de genièvre placées sur des charbons ardents; enfin on pourra donner des lavements avec les différentes infusions aromatiques que nous avons énumérées plus haut. Pour les autres moyens de traitements. (Y. Intestins.)

E. Beaugrand

ventilateur. ( hyg .), s. m. ventilare, donner du vent. On appelle ainsi des appareils diversement disposés, et destinés à renouveler l’air dan& des endroits où une grande réunion de personnes amènerait une prompte viciation du gaz respirable. Ces appareils sont surtout utiles dans les prisons, les salles d’écoles, les salles de spectacle, dans les

mines, dans les vaisseaux, etc Les progrès de

la physique moderne, l’appréciation plus exacte et mieux connue du mouvement des fluides élastiques, ont fait imaginer une foule de moyens ingénieux pour arriver à ce but. L’emploi des ventilateurs ne saurait être trop multiplié dans les conditions qui exigent leur emploi. (V. Typhus.)

ventouse ( chir . et thérap.), s. f. cucurbitula. On appelle ventouses des cloches en verre de dimensions variables, et que l’on applique sur diverses parties du corps, après y avoir raréfié l’air, de manière à soustraire la partie circonscrite par l’orifice de la cloche à pression atmosphérique. Ce défaut dépréssion dans la portion occupée par la ventouse y détermine un afflux plus ou moins considérable de sang, suivant xjue le vide est plus parfait dans la ventouse, et que celle-ci est plus grande.

On sait que la colonne d’air qui nous comprime de toutes parts s’oppose au mouvement d'expansion qui tend à changer les liquides en gaz. Si du milieu.

VEN

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dans lequel nous vivons habituellement nous passons dans un milieu plus rarë, cbrçimë fl arrive dans lés ascensions aérostatiquës ou sur les hdùtcs montagnes, le phénomène 4’ejtpanslbh dcint nous arlions se révèle par les hémorrhagies qui ont lieu la "surface de la plupart des muqueuses ; biais si, au lieu d’une simple raréfaction, on vient à faire le vide sur un point donné de la peau, on devra y observer les phénomènes de l’asceusion du liquide dans les pompes, c’est-à-dire que dans la partie soustraite à la pression atmosphérique on verra les humeurs affluer avec force, et la partie grossir, se tuméfier; dès-lors cette même partie sera le siège d’une véritable fluxion qui détournera du torrent circulatoire une certaine quantité de sang, c’èst-à-dire qu’il y aura révulsion dans toute l’étendue du mot.

Lés ventouses dont on se sert communément sont des cloches ou cucurbites de verre de forme à-peu-près sphéroïdales, de deux pouces à trois pouces et demi de diamètre, et présentant une embouchure ou goulot cylindrique très - courte, d’un diamètre variable de un à trois pouces. Il y a plusieurs manières de faire le vide dans la ventouse : habituellement on fait brûler dans l’intérieur un peu de papier;' mais ce papier fournit beaucoup de fumée, et retombe souvent encore allumé sur la peau qu’il brûle. Un moyen préférable, c’est de placer dans la ventouse un petit morceau bien effilé d’étoupe ou de coton imprégné d’eau-devie ou d’alcool, et d’y mettre le feu ; cette flamme ne dure qu’un instant, et ne donne pas de fumée. Mais le meilleur moyen, c’est de présenter l’ouverture de la ventouse à la flamme d’une lampe à l’esprit de vin. Dans tous ces cas, aussitôt que l’on suppose le vide fait ou à-peu-près fait, on renverse brusquement la ventouse sur le point où l’on veut l’appliquer. D’autres ont imaginé d’adapter un corps de pompe à la cucurbite, et défaire le vide par un mouvement de piston comme dans la machine pneumatique. Mais ces appareils coûtent assez cher, et ce procédé ne vaut pas mieux que ceux que nous venons de décrire, surtout celui de la lampe, d’autant mieux qu’il faut souvent appliquer dix, quinze ou vingt ventouses et plus. Aussitôt que la cloche est appliquée sur la peau, celle-ci se boursoufle, se gonfle et monte dans la ventouse à une hauteur d’autant plus considérable que le vide est plus parfait; elle rougit, et le malade éprouve un sentiment de tension en rapport avec le degré de boursouflement. Au bout de huit à dix ou quinze minutes, durée ordinaire de l’application, on enlève la ventouse : pour cela, on l’incline de côté, et en même temps on déprime assez fortement la peau avec un doigt du côté où le bord du goulot s’élève et tend à se détacher du tégument. De ce double effort en sens inverse, il résulte que la peau ge sépare du goulot dans le point comprimé , l’air s’y précipite en sifflant, et la ventouse se détache.

Bornée à cette simple application, la ventouse est dite sèche ; mais dans certains cas, on profite de l’afflux de sang pour pratiquer, soit avec la lancette, soit avec le bistouri ou tout autre instrument bien affilé, des scarifications qui n’intéressent que très-superficiellement l’épaisseur de la peau dans le point congestionné. On se sert, pour pratiquer cette petite opération, d’un instrument

dont nous avons parlé au mot Scarificateur. Quoi qu’il en soit, aussitôt que les sacrificâtions ont été faites, on applique une nouvelle ventouse à leur niveau, et le sang qui y afflue de nouveau sort par les petites incisions. C’ést là un moyen de provo-' quer une émission sanguine locale qui peut remplacer les sangsues, mais qui donne généralement moins de sang. Les ventouses, ainsi appliquées, prennent le nom assez impropre, grammaticalement parlant, de ventouses scarifiées.

Les ventouses sèches sont indiquées dans les mêmes conditions que les révulsifs et les rubéfiants (V. ces mots). Bien que leur action soit très-douce, elles sont cependant assez utiles, mais il faut les appliquer en grand nombre. Dans lès congestions cérébrales ou pulmonaires, chez; les sujets trop faibles pour supporter les émissions sanguines, chez les femmes ou les jeunes sujets, les ventouses pourront rendre de vrais services.

Les ventouses scarifiées s’emploient dans toutes les circonstances qui réclament les émissions sanguines locales.

Ventouses- Junod.— Le peu d’activité des ventouses sèches ordinaires a engagé M. le Dr Junod à chercher un moyen de rendre ces moyens de révulsion plus puissants, et il y est parvenu par la confection de ses grandes ventouses qui peuvent embrasser tout un membre.

Ces nouveaux appareils à raréfaction consistent en de gros cylindres de cuivre ou de cristal, fermés à l’une de leurs extrémités et ouverts par l’autre. Ces cylindres doivent être assez grands et assez larges pour recevoir le bras ou la jambe que l’on y a introduit par le côté ouvert. Une manchette en caoutchouc, qui s’adapte d’un côté à l’ouverture et de l’autre à la surface du membre, au niveau de cette même ouverture, empêche toute communication entre l’air extérieur et le membre emprisonné dans les cylindres. Un tube flexible, partant du cylindre, va se rendre au corps de pompe qui sert à faire le vide. Au réservoir est fixé un manomètre qui donne le degré de tension de l’air contenu dans l’appareil.

Les effets de ces ventouses sont en quelque sorte instantanés; les tissus renfermés dans les cylindres rougissent, se gonflent et éprouvent un sentiment de tension et de picotement insupportables; la quantité de sang soustraite à la circulation est telle, que le sujet éprouve une tendance à la syncope. Ces révulsions, réellement puissantes, peuvent être employées avec avantage dans les congestions cérébrales ou pulmonaires, dans les maladies du cœur, la céphalalgie, la dyspnée, etc.

J. P. Beaude.

ventre ( anat .), s. m venter, alvus. C’est proprement la cavité abdominale; mais, par analogie, on appelle ventre tout ce qui offre un renflement. Aussi on dit le ventre d’un muscle pour désigner sa partie renflée

ventricule [anat) , s. î.,ventriculus, diminutif de ventre; on appelle souvent ainsi l’estomac. On appelle aussi ventricules certaines cavités qui se trouvent dans les organes, ventricules du larynx, ventricules du cerveau, ventricules du cœur. (Y. Cerveau, Cœur, Larynx.)

VER

VER

ventriloque ( physiol.),s . m.,ventruoquus , de venter, ventre, et loqui, parler, parler du ventre. On appelle ventriloquie ou engastrimy*me la faculté que possèdent certains individus de modifier leur voix, de manière que cette voix semble venir d’un endroit plus ou moins éloigné. Les physiologistes ne sont pas d’accord sur le mécanisme de ce phénomène. Les uns, M Magendie entre autres, pensent que les sons produits par les ventriloques ne fiont que des modifications du timbre de ceux auxquels l’organe vocal donne naissance. D’autres croient qu’ils ont une origine particulière, qu’ils tiennent, par exemple, à ce que le sujet articule pendant l’inspiration. M. Muller pense que l’engastrimysme résulte de l’aspiration lente de l’air après une grande inspiration, le sujet contractant et resserrant les lèvres de la glotte pendant qu’il parle. Parmi les effets que produisent les ventriloques, dit Muller, il en est beaucoup qu’il faut attribuer à de simples illusions des autres sens, de l’oreille par exemple, comme quand le sujet fait entendre des paroles qui ont l’air de venir d’un endroit déterminé. En général, nous distinguons très-peu la direction du son, et quand notre attention est dirigée vers un point, notre imagination est prête aussitôt à y rapporter ce que nous entendons ( Manuel de physijl.' Ainsi, pour la ventriloquie comme pour les scènes de somnambulisme et autres jongleries , notre imagination, toujours complaisante quand il s’agit du merveilleux, se prête beaucoup à l’effet que l’on v eut produire. J. B.

vÉnule {anat.), s. f., venula, diminutif de vena, petite veine On appelle ainsi les ramifications veineuses peu considérables.

VEB {hist. nat. méd.), s. m. (V Vers.

vsratbine (« :him . méd.) s. f. C’est un alcaloïde découvert par MM Pelletier et Caventou, et qui se rencontre dans la cévadille, la racine d’hellébore blanc (veratrum), et le colchique. Elle est blanche, pulvérulente, inodore, peu soluble dans l'eau froide, un peu plus soluble dans l'eau bouillante, très-soluble dans l’alcool, moins dans l’éther. Appliquée à la muqueuse des fosses nasales, elle provoque de violents éternuments ; sa saveur est très-désagréable, âcre, brûlante, faisant éprouver un sentiment de strangulation. A une dose un peu élevée elle porte son action sur le système nerveux, détermine de* accidents tétaniques violents et la mort. M. Orfila a rangé cette substance parmi les narcoico-âcres. C’est donc une substance très-activeetdont il faut user avec beaucoup de ménagements à peu près pourcomme la strychnine et l’acide cyanhydrique. On a conseillé la vératrinedans diverses affections du système nerveux (Y. Cévadille ), pour vaincre la constipation chez les vi ’iliards apoplectiques La dose ordinaire est une pilule de un centigramme environ dans les vingt quatre heures. On fait des frictions avec une pommade composée de trois à quatre ou cinq décigrammes dissous dans l’alcool et incorporés dans trente grammes d axonge. C’est du reste un médicament peu employé. J. B.

veratsüm. [mat. méd.) s. m., veratrum al-

bum, véra're ou hellébore blanc, genre déplanté de la famille des colchicacées J. Polygamie monoecie L., qui croît dans les pâturages des hautes montagnes en Auvergne, dans les Vosges, les Alpes' et les Pyrénées. La partie usitée est la racine qui nous vient, sèche sous forme de souches tronquées de la grosseur du pouce, écailleuses à leur partie supérieure, noires, blanches à l’extérieur et féculentes in érieurement. Elle est inodore, d’une saveur douceâtre d’abord, puis âcre et corrosive. Elle renferme de la vératrine.

Le veratrum est un purgatif très-violent à trèsfaible dose, cinq à dix centigrammes environ : ses propriétés vénéneuses font qu’il est très-dangereux à manier: aussi les praticiens l’emploient-ils fort rarement.

On en fait une pommade contre les poux et certaines maladies cutanées, dans laquelle sa poudre entre pour un huitième; mais cette préparation n’est pas non plus sans inconvénient; et comme une foule de substances peuvent suppléer l’hellébore blanc avec avantage, nous pensons qu’il vaut mieux ne pas y avoir recours.

C est cette substance qui, dans les temps anciens, jouissait d’une si haute réputation dans le traitement de la folie. J. B.

VERGE ( anat , s. m. (Y. Pénis. ]

VERGïTüRE ( path . et méd. lég.) s., f., vibicet; On appelle ainsi les petites ecchymoses qui résultent de l’action des verges ou du fouet. On donne encore ce nom aux lividités que l’on observe aux parties déclives sur le cadavre. (V. Ecchymose :)

verjus, s. m. {bot- méd.) Vitis L. famille des Vignes J. Ce fruit s’offre en grappes lâches; les' grains ou baies sont gros, oblongs ; la pellicule qui les revêt est ferme et résistante; le suc qu’ils contiennent est très-acide; on l’emploie à l’instar de celui de citron, pour assaisonner les viandes et1 les légumes, il sert aussi à relever la saveur fade de certains fruits, et notamment des cerneaux. Il est formé d’acide tartrique, d’acide malique, d’eau, et de gélatine; la grande proportion de ce dernief1 principe permet d’en faire de très-belles confitures.

Suc de verjus ; pour l’extraire on fait la récolte du fruit avant qu’il ait atteint son maximum de maturité, c’est-à-dire lorsque les grains offrent encore une sorte d’opacité. On choisit h-s grappes ' les plus saines, on les égrène et on rejette soigneusement les grains qui offrent la plus légèré’ trace d’altération; on introduit les autres dans uii mortier de bois et on pile pour en extraire le sut: ; on passe au travers d’un linge ou mieux d’un tamis de crin puis on filtre; on l’introduit ensuite1 dans des bouteilles préalablement soufrées; on verse un peu d’huile d’olives à la surface pour7 empêcher tout contact avec l’air, puis on bouche soigneusement et on conserve dans uri lieu1 frais pour éviter tout développement de fermentation.

Le suc de verjus est, de temps immémorial,' réputé comme vulnéraire; on l’administre après1’ les chutes suivies ou non de contusions, on lui attribue la propriété de rétablir la cirê'ulation ou mieux de la régulariser. On en prépare un sirop-

VER

rafraîchissant, qui peut être substitué au sirop tartrique, attendu que sa composition et ses propriétés sont les mêmes.

La propriété qu’ont certains acides de dissoudre la principe actif de l’opium (morphine) explique la, faveur dont jouit en Angleterre, la préparation officinale connue sous les noms de black drops, gouttes noires, gouttes de Lancaster. On l’obtient en faisant bouillir de l’opium dans du suc de verjus, en ajoutant une certaine proportion de levure pour y développer la fermentation acéteuse, puis aromatisant avec la muscade et le safran. Les phénomènes chimiques qui se passent dans cette opération consistent principalementdans la formation d'acide acétique qui décompose le codéate d’opium, composé, auquel l’opium doit toute son énergie.

COU VERCHEL .

de l’Académie de médecine et de la Société de pharmacie.

V22r.micoxaiei.X3 ( anat . et physiol.) adj., vermicularis, qui tient du ver qui ressemble à un ver. Ce nom a été donné à quelques parties du corps, à un appendice du cæcum, à une saillie du cervelet, etc. On appelle mouvement vermiculaire une petite oscillation semblable au froncement de la peau qui s’observe sur un ver pendant la reptation. Le pouls est dit vermiculaire quand il est petit et ondulant. J. B.

vermifuge (thérap.) adj., vermifugus . On donne le nom de vermifuge ou anthelmintiquc à une classe de médicaments qui ont pour propriété de déterminer l’expulsion des vers qui se forment et vivent dans les voies intestinales. Ce sont, en général, des purgatifs très-énergiques, pris, pour la plupart, dans lerègne végétal. (V. Vers.)

vesmilion (chim.)s. m. C’est le sulfure de mercure rouge réduiten poudre très-fine. (V. Mercure.)

vermineux ( path .), adj. verminosus , qui a rapport aux vers , maladies vermineuses. (V.

Vers.)

vernet (Eau minérale de) [thérap.). Le Vernet est un village situé au pied du Canigou, dans les Pyrénées-Orientales ; il est à une lieue de Villefranche, à deux lieux de Prades et à huit lieues de Perpignan; les sources sont à peu de distance du village et placées dans un vallon pittoresque et agréable. Depuis quelques années cet établissement a pris de l’importance par les travaux qu’y ont fait exécuter les propriétaires actuels; les anciennes sources ont été déblayées et améliorées, et de nouvelles ont été découvertes. Ces bains sont très-anciens. Anglada cite, d’après Carrère, un titre qui prouve qu’ils existaient en 1377. Les eaux sont sulfureuses, et avant la restauration dont nous venons de parler, il n’existait que quatre sources ; aujourd’hui il y en a huit, dont la température varie de 56 à 33 degrés centigrades.

Ces eaux sont limpides, incolores, onctueuses, leur saveur et leur odeur ont été comparées à celle d’un jaune d’œuf récemment durci par la cuisson;

VER gj

I La quantité .d’eau fournie par les huit -sourceSrest, i d’après M. François, ingénieur des mines, de plus de 102,000 litres en 24 heures. Voici l’analyse de ces eaux faites par Anglada; pour, un litre :

,Glairiner 0,0090 fl

Hydrosuifate de soude cristallisé 0,0593 M

Carbonate de soude ... i 0,0571 B

Suirale de soude. 0,0291

Chlorure de sodium • 0,0121

Silice 0,0'«96

Carbonate de chaux 0,0008

Sulfate de chaux 0,0037

Carbonate de magnésie traces

Perte 0,0051

M. Bouin, professeur de chimie à Perpignan, a fait, en 1837, l’analyse d’une des anciennes sources du Vernet, celle désignée par Anglada sous le nom de source n° 2, et il a reconnu l’existenoe de tous les principes indiqués par ce chimiste, mais dans des proportions différentes, plus des traces de carbonate de potasse. La quantité des substances minéralisatrices paraît légèrement varier sqivant les sources, ce qui fait dire que cet établissement renfermait des eaux analogues à la plupart de celles qui sont disséminées dans les Pyrénées.

Les eaux du Vernet s’emploient dans la plupart des cas où l’on fait usage des eaux sulfureuses; dans les affections chroniques des organes abdominaux, les rhumatismes, certaines paralysies avec absence d’excitation cérébrale, les affections chroniques des bronches et du larynx ; on les dit aussi efficaces dans la phthisie pulmonaire. Les propriétaires du Vernet, favorisés par le climat de la îocalité qui est fort doux , ont cherché à utiliser leur établissement, même pendant l’hiver; des calorifères ont été établis dans le bâtiment des bains, qui a été complètement isolé de l’extérieur, de façon à y entretenir une température doupe pendant le temps que durent les froid. Les begux jours, qui sont fréquents, même pendant la mauvaise saison, permettent de prendre souvent l’exercice de la promenade, si nécessaire à l’action des eaux thermales.

J. P. Beaude.

véroxe (path.) s. f. synonyme de syphilis. (V. oe. mot.)— Petite Vérole. (V. Variole.) — Petite Vérole volante. (V. Varicelle.)

vérOxique (path.), adj., qui a rapport à la vérole; synonyme de syphilitique. (V. Syphilis.)

X72RGS3ïque ( mat.rnéd .), s. f. veronica, genre de la famille des scrofulariées, J., diandrie monogamie, L., petite plante vivace très- commune dans les bois de 1 Europe, où elle fleurit pendant une partie de l’été. — Les feuilles et les jeunes tiges de véronique ont une saveur légèrement amère et astringente - elles contiennent un peu d’acide gallique et de tannin. Cette plante fait partie des espèces vulnéraires ; donnée en infusion théiforme, elle est très légèrement excitante et diaphorétique, mais son action est bien inférieure à celle des plantes de la famille des labiées, sauge, menthe, etc. Aussi estelle très-peu employée aujourd'hui. J. B.

944 VER

VERRE D'ANTIMOINE (chim) . V. Antimoine.

verruf. (path.), s. f .,verruca,porros. On appelle ainsi de petites excroissances brunâtres qui se forment dans l’épaisseur delà peau et viennent iaire saillie à sa surface.

Les verrues peuvent se rencontrer sur tous les oints de l’enveloppe tégumentaire , mais surtout

la face dorsale des mains et des doigts. Rarement il n’y en a qu’une seule, presque toujours il y en a plusieurs, quelquefois même elles sont tellement rapprochées, qu’elles finissent par se confondre et former de larges plaques non interrompues.

Ces excroissances peuvent, d’après leur structure, être partagées en deux variétés.

Verrues proprement dites. — Elles sont plus ou moins arrondies, blanchâtres, molles, assez souvent pédiculées, irrégulières et comme chagrinées à leur surface; offrant un aspect grenu, analogue à celui de certains fruits, des mûres, par exemple. Elles sont constituées extérieurement par une enveloppe continue à la peau, dont elles semblent ne pas différer, et à l'intérieur par un tissu mou, dépressible, dans lequel rampent et se ramifient de petits vaisseaux ; elles ont pour caractère de rester indéfiniment stationnaires après leur entier développement.

Poireaux. — Ils sont aplatis, durs au toucher, lisses à leur surface, d’un rouge brunâtre; ils sont formés intérieurement de filaments fibreux, disposés à peu près comme le chevelu de la racine du poireau; ceux-ci tombent quelquefois d’eux-mêmes, ce qui n’arrive jamais aux précédentes.

L’épaisseur de ces diverses formes d’excroissances dépasse rarement quelques millimètres ; quant à la largeur, elle est variable. Les verrues ne donnent pas lieu à de la douleur: jamais elles ne subissent la dégénérescence cancéreuse. Elles ont seulement pour inconvénient de déformer les mains. Cependant quand elles siègent à la plante des pieds ou à la paume des mains, elles peuvent gêner et même occasionner de la douleur.

Le plus souvent le développement des verrues est tout-à-fait spontané; cependant les frottements répétés, la malpropreté paraissent quelquefois y donner lieu. Un préjugé vulgaire leur attribue à tort des propriétés contagieuses. 11 est une variété particulière de verrue occupant les parties génitales qui sont dues à la syphilis ; nous n’avons point à en parler ici. Y. Si/philides-)

Traitement. — 11 consiste dans la destruction de ces petites productions accidentelles, soit par la cautérisation, soit par l’instrument tranchant, soit par la ligaiure.

La cautérisation se pratique de différentes manières. On a proposé le suc de diverses plantes delà : famille des euphorbiacées, telles que le réveille-matin , le tithymale , la grande chélidoine, etc. Mais ces moyens sont trop lents. 11 vaut mieux agir tout de suite avec un acide fort; tel que l’acide nitrique ou chlorhydrique, le nitrate acide liquide de mercure que l’on applique avec un petit pinceau ou bien dont on insinue une goutte avec un petit bâton pointu ou un curedent. Il est bon, pour préserver les parties voisines, de les enduire préalablement d’une couche d’huile ou de cire. La cautérisation peut être répétée deux ou trois fois suivant le volume de la tumeur, et sa profondeur au sein de la

VER

peau. Lorsque le poireau et dur et comme corné, il est convenable de le ramollir par des lotions chaudes et savonneuses, à moins qu’on ne préfère exciser la surface, comme il sera dit plus bas.

L’excision a, pour beaucoup de personnes, l’inconvénient d’être une opération sanglante; c’est cependant un très-bon moyen pour faire disparaître les verrues. On la pratique avec des ciseaux courbes, et elle doit être préférée, lorsque la verrue est tuméfiée, douloureuse, rouge et enflammée : je l’ai pratiquée, dans ce cas, plusieurs fois avec succès. Les ciseaux courbes ne suffisent pas toujours pour cette opération, et l’on est obligé souvent de cerner la verrue d’un coup de bistouri, afin de l’isoler de la peau et de faciliter l’extraction des racines. C’est souvent à la suite de tentatives infructueuses de cautérisation que s’enflamment les verrues. Les verrues que j’ai excisées avaient été enflammées et hypertrophiées à la suite de cautérisations avec le nitrate d’argent : aussi est-il préférable de recourir à un acide puissant que l’on doit employer avec la plus grande circonspection.

Ces cautérisations faites par des mains mal habiles ont souvent donné lieu à des accidents fâcheux; il est quelquefois nécessaire d’y recourir à plusieurs fois jusqu’à la chute complète des racines.

Lorsque les verrues sont situées soit sur les articulations des doigts, soit dans le visage ou autres parties délicates, il est convenable de ne confier la petite cautérisation qu’à un médecin ; l’excision sanglante r.e peut également être faite que par lui.

On peut aussi associer en partie l’excision avec la cautérisation; pourcelaon coupe laverrue couche par couche de manière à arriver jusqu’au point où elle est près de saigner; on s’arrête alors et on touche avec un caustique liquide qui va détruire les racines profondes. Le nitrate d’argent fondu, que ! l’on emploie quelquefois, n’agit pas assez profondément pour qu’il soit toujours efficace.

La ligature n’est applicable que quand les tumeurs sont pédiculées. Mais elle est quelquefois i fort douloureuse. C’est donc en résumé la cautérisation qui doit être préférée. 11 faut être bien prévenu d’une chose, c’estde la facilité extrême avec laquelle les Yerrues repoussent chez certains sujets.

vers ( hist . nat. méd. et path), s. m. pl. Fermes- On les appelle aussi helminthes, du grec elmins, elminthos qui a la même signification. Ce nom de < vers a été donné à certains entozoaires à cause de l’analogie qui existe entre eux et les annelides, ou I vers proprement dits; mais l’identité n’est pas coin- i plète, et il y a deux différences suffisantes pour ij établir une classe à part, dont nous avons donné 1 les généralités au mot Entozoaires. Les entozoaires J n’ont pas, comme les vers proprement dits, une chaîne de ganglions nerveux, leur sang n’est pas rouge, ils n’ont pas de membres sétifères , etc. I

Nous ne devons, dans cet article, nous occuper ■ que des vers qui se rencontrent chez l’homme. | Déjà aux mots Acéphalocystes, Hydatides, Dragonneau, nous en avons décrit certaines espèces. : j 11 nous reste à parler ici des variétés qui se montrent dans le tube digestif.

Vers intestinaux. — On les distingue en trois genres d’après la forme de leur corps : 1° Ascari-

VER

VER

des] 2° Trichocéphale] 3 0 Tœnia. Nous allons nous oecuper successivement de ces trois espèces.

11 y en a deux espèces d’ascaride, l’ascaride lombricoïde et l’ascaride vermieulaire ou oxyure.

Ascaride Lombricoïde. — Cet entozoaire a été connu dès la plus haute antiquité; nous possédons unelettrefort curieuse d’Alexandre de Trafics sur ce sujet. Les anciens le confondaient avec le Yer de terre (Lombric): seulement ils le croyaient modifié dans les intestins. L’Ascaride Lombricoïde, habite surtout dans l’intestin grêle; il est cylindrique, long de 15 à 20 ou 24 centimètres sur 2 ou 5 millimètres d’épaisseur : il est blanchâtre et la demi-transparence de son corps permet d’apercevoir une partie de ses viscères et surtout l’œsophage et les organes de la génération. L’extrémité antérieure, plus mince, se termine par trois tubercules qui forment la bouche. Le postérieur présente, chez le mâle, une fente transversale pour l’anus, et au-dessus le pénis sous forme d’un petit crochet. Les cordons spermatiques sont enroulés autour des organes digestifs. Chez la femelle, un peu en avant de la moitié antérieure du corps est l’orifice du vagin qui conduit à un utérus bicorne; les ovaires filiformes embrassent aussi l’intestin.

Ascaride vermieulaire ou oxyure. — Très-petit, assez commun chez les enfants, se montre surtout dans le rectum. Le mâle est beaucoup plus petit que la femelle ; il n’a que 3 à 4 millim. de longueur, tandis que celle-ci en a 8 ou 10. Ces helminthes ont le corps très-mince, élastique; la tête obtuse est munie de deux, quelquefois trois tubercules transparents; l’extrémité caudale se termine en pointe très-déliée. Ils sont d’une extrême vivacité :

Trichocéphale. — A été trouvé par Rœderer et Vagler, lors de la fameuse épidémie de Goettingue, si bien décrite par eux, et ils le désignèrent d’abord sous le nom de trichuris : il a de 3 à 6 centim- de longueur ; très-mince, filiforme dans les deux tiers antérieurs de son corps , où se trouve la tête; le tiers postérieur est renflé. Les sexes sont distincts, et le mâle est ici encore plus petit que la femelle. Ce ver se rencontre dans le gros intestin, surtout dans le cæcum ;

Tœnia ou ver solitaire. — On a, sous ce nom, confondu deux espèces que l’on distingue aujourd’hui, mais qui ont beaucoup de caractères communs. Les taenias ont le corps très-long, 6 à 8 mètres, quelquefois plus, aplati en forme de ruban (Tœnia, bandelette). La tête est tuberculeuse, portée sur une partie rétrécie ou col, terminée antérieurement par une bouche ou trompe placée entre quatre suçoirs, avec ou sans crochets rétractiles, appréciables seulement à la loupe. Tout le corps est formé d’une série d’articulations ; chaque portion ressemble à un grain de courge, d’où le nom devers cucurbitains donné aux fragments qui se détachent souvent du tænia. Sur les bords de chaque entre-nœud on distingue des papilles regardées aujourd’hui comme les stigmates par lesquelles le ver respire. Presque toujours la queue se termine brusquement, ce qui tient à ce qu’un certain nombre d’anneaux se sont détachés du corps. Un canal digestif traverse les tænias dans toute leur longueur. On les dit ovipares et hermaphrodites; mais cette question

n’est pas encore résolue. Le caractère principal sur lequel est fondée la distinction de ce genre en deux espèces, est la présence de crochets que l’on remarque autour de la bouche , chez le tœnia solium, ou appelé aussi, par cette raison, tœnia armé, et l’absence de ces mêmes crochets chez le tœnia non armé, désigné aussi sous le nom de bothriocéphale.Le premier a le corps blanc, tandis que le second l’a grisâtre ; enfin , celui-ci esl trèsrare en France, et très-commun dans les contrées septentrionales, tandis que celui-là se rencontre à-peu-près exclusivement chez nous.

Histoire pathologique des vers intestinaux. — Il y a dans cette histoire beaucoup de circonstances communes que nous devons exposer afin d’éviter les redites à l’occasion des différentes espèces de vers.

Causes. — Au mot Entozoaires, nous avons vu que l’on en était réduit à des hypothèses sur le mode de génération de ces parasites. Cependant, tout porte à croire qu’il y a réellement là génération spontanée. Quelles sont les circonstances qui paraissent favoriser cette production ? Ici , on est plus avancé, car cette question peut se résoudre par des faits. Voici ce qu’ils répondent à cet égard.

Les vers se montrent surtout dans les climats froids et humides. Ainsi, en Europe, la Suisse et la Hollande sont les pays où on les rencontré le plus souvent. Les saisons froides et humides, les habitations malsaines situées dans le voisinage des marais, agissent dans le même sens. Cela s’observe surtout parmi les bestiaux dans les années pluvieuses. Les enfants sont beaucoup plus souvent affectés devers que les grandes personnes, les femmes que les hommes. Les sujets faibles, scrofuleux, rachitiques, que les sujets forts et bien constitués. Une mauvaise alimentation paraît disposer à la production des helminthes. Ainsi, pour les Suisses, on a accusé le laitage, les fromages. Chez d’autres, ce sont dit-on les légumes féculents, les boissons acidulées, fermentées, etc. Mais je crois qu’ici les localités ont réellement plus d’influence que la nourriture, car des peuples qui ont le même genre d’alimentation sont complètement exempts de vers. Convenons cependant que les conditions réunies d’habitation insalubre et de nourriture malsaine, peuvent avoir une action réelle. On cite des épidémies d’affections vermineuses; mais les vers paraissent avoir été plutôt des complications que l’élément essentiel de la maladie. A Genève, sur les bords du lac, le tænia est très- fréquent : faut-il attribuer cette fréquence à l’usage des poissons dans lesquels on trouve souvent des tænias? Les tænias d’une espèce animale peuvent-ils se développer dans une autre espèce, et l’eau dont on fait usage, en contenant les germes, irait elle les développer chez des individus qui y seraient prédisposés? Ici tout est mystère, car sur la génération de ces êtres, ainsi que nous l’avons déjà dit, l’on en est encore réduit à des conjectures.

Srjmptâmes. — Beaucoup d’auteurs et surtout d’auteurs anciens ont manifestement exagéré la fréquence et la gravité des accidents produits par les vers; mais, comme il arrive si souvent, l’exagération ayant été signalée et reconnue, on est tombé

VER

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dans un excès contraire, et on a été juscm’à nier î'existehce des maladies vermineuses. Ç’pSt là yfiff, grave erreur. 11 est vrai, très-vrai que la présence Ses vers dans le canal qlgéslif peut donner lieu à Ôès phénomènes plus ou moins redoutables, et, Sans cëk derniers temps, u,n médecin, dont la science déplore la perte prématurée, Mondièrç, a publié [Gazette des Jjôpiiautp) üri savant Mémoire dans lequel il a réuni une ÎWle dç faits peu;; Taire voir combien de maladies peuvent être produites par les vers intestinaux.

Les symptômes ordinaires qui annoncent l’exis-’ tence de ces êtres parasites dans les voies digestives sont locaux ou généraux.

Les symptômes locaux consistent dans des douleurs sourdes, quelquefois assez vives à la région ombilicale, s’accompagnant parfois de ballonnement et de tension du ventre, ou de sensations particulières de fourmillement , de pincements dans les intestins, dues fort souvent, il faut le dire, à l’imagination des malades quand ils croient avoir des vers. Les selles sont assez souvent liquides, glaireuses, d’un jaune verdâtre, surtout chez les enfants, et offrant parfois des vers ou des débris de vers. La langue est souvent blanchâtre et t'haleine exhale une odeur fade et aigre tout à la fois, caractéristique dans beaucoup de cas; l 'appétit est tantôt nul ou diminué, tantôt augmenté; il y a des nausées, des envies de vomir, parfois des vomituritjons, ou des vomissements de matières claires et filantes.

Les symptômes generaux ou sympathiques portent sur les différents appareils de l’économie. Ainsi, la face est souvent pâle, plombée, les yeux sont cernés; on a noté les dilatations de la pupille comme un signe pathognomonique. Mais ce signe fait souvent défaut. 11 y a dans certains cas du strabisme. Un signe donné encore comme trèsbon, mais que les enfants présentent dans une foule d’affections différentes, c’est une démangeaison plus ou moins vive vers l’orifice des fosses nasales, qui porte les sujets à se frotter le nez incessamment. 11 y a parfois une toux sèche, ailleurs de la gêne dans la respiration, des hoquets, des palpitations, etc. On a beaucoup parlé des effets produits sur le système nerveux, et il offre en effet des circonstances dignes de fixer l’attention des médecins; tels sont : de l’agitation, de l’insomnie, des grincements de dents, du délire, enfin des convulsions. Mais ici encore on a beaucoup exagéré, ou plutôt en a rapporté à la présence des vers des accidents produits par une affection cérébrale, dont les vers n’étaient qu’une simple complication et non la cause : cependant je le répète encore, ces mêmes désordres peuvent être réellement la conséquence d’une affection vermineuse. Enfin, on a encore signalé, comme pouvant se rapporter à la même cause, certains cas de surdité, d’amaurose, d’aphonie, de danse de saint-guy, d’hypochondrie, etc.

Les vers peuvent produire divers accidents tout spéciaux dont il est bon de faire mention ici. On les a vus s’amasser en grand nombre dans l’intestin, former des espèces de pelotons capables d’obstruer le passage des matières fécales, c’est ce que les bonnes gens appellent la poche aux vers ; ou bien ils peuvent donner lieu à des inflammations, à des

ulcérations, et même à des abcès qui, par suite d’adhérence avec les parois abdominales, viennent s’ouvrir à l’extérieur, et laissent sortir les hôtes parasites qui ont causé tout ce désordre. Onamê ne prétendu que des vers pouvaient perforer ai s» seuls le tube digestif, passer dans la cavité du ventre, et s’ouvrir un passage à l’extérieur, ou bien pénétrer dans la vessie, dans la poitrine, etç. Cela estmoins prouvé, ou plutôt ce passage avait eu lieu par suite d’ulcérations perforantes ou de ramollissement dans quelque point des voies digestives. On en a vu, des lombrics surtout, pénétrer dans les voies biliaires et les obstruer ou servir de noyau à des calculs biliaires; d’autres fois ils remontent à la gorge et peuvent, par la simple compression, gêner la respiration, et, s’ils sont en grand nombre, amener la suffocation. On en a vu pénétrer dans les voies aériennes par le larynx, causer des accès de toux suffocante, l’asphyxie et même la mort.

Un mot sur les particularités que présente chaque espèce de vers.

L’ascaride lombricoïde ou lombric est assurément le plus commun de tous les vers : on en a rencontré des centaines chez le même individu. 11 habite particulièrement l’intestin grêle, c’est lui qui remonte parfois jusque dans la bouche ou les fosses nasales. Il s’observe surtout chez les enfants, et notamment chez ceux de neuf à dix ans. C’est phj^ particulièrement à ces vers que se rattachent lés symptômes locaux et généraux que nous avons mentionnés.

L’ascaride vermiculaire, ou oxyure, réside plus spécialement dans le gros intestin, dans le rectum et entre les plis de l’anus; certains sujets en ont rendu par myriades: ils ne produisent pas de phé-? nomènes généraux, mais des accidents locaux, souvent très-marqués. Ce sont particulièrement des démangeaisons , un prurit ou des douleurs parfois intolérables, se développant de préférence pendant la nuit, sous l'influence de la chaleur du lit. L’irritation qu’ils déterminent à l’anus peut amener la formation de tumeurs hémorrhoïdales ; j d'autres fois, réagissant sur les organes géniiaux, ils provoquent des pollutions et des pertes sémi- ' nales chez l’homme; et, chez la femme, des désirs vénériens très-vifs, une irrésistible propension au coït ou à la masturbation , des fleurs blanches, et enfin, la nymphomanie; dans ce cas les accidents sont souvent causés par les vers eux-mêmes, qui passent de l’anus à la vulve.

Les trichocéphales sont très-rares chez l’homme; ils ont été rencontrés dans certaines épidémies de fièvres graves, dans lesquelles leur rôle était trèsproblématique. Ils sent parfois fort nombreux et ont pour siège le gros intestin, et, de préférence, le cœur.

Le tænia a son siège dans l’intestin grêle, et il est très-commun dans certaines contrées, en Suisse, par exemple. Chez certains peuples, il est tellement répandu, que ceux qui n’en sont pas atteints sont l’exception. Ce fait curieux se présente en Abyssinie : les étrangers eux mêmes ne tardent pas à en présenter les symptômes quand ils ont séjourné dans le pays. La plupart des phénomènes que nous avons décrits d’une manière générale sont applicables au tænja. Voici ceux qui paraissent en caractériser la présence : Coliques plus ou moins vives sans

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diarrhée, souvent du prurit à l’anus et parfois aux fosses nasales, appétit irrégulier, souvent exagéré; certains accidents nerveux, tels que de la céphalalgie, des bourdonnements d’oreille, de la tendance aux syndopes, divers troubles de la vue, des douleurs épigastriques, etc... Mais le signe réellement pathognomonique, (S’est la sortie de fragments de vers semblables à des graines de courge ( cucurbi tains). D’autrefois ce sont de longs rubans ou fragments du ver, qui ont souvent plusieurs mètres.

Traitement. — L’indication est ici bien formelle, bien positive; il y a des vers, véritables corps étrangers qui occasionnent des accidents ; il faut les expulser au moyen de l’une des nombreuses substances que nous offrent la matière médicale sous le nom d 'anthelmintiques. On les divise en doux classes, suivant qu’ils peuvent tuer le vèf [vermicides), ou seulement lé faire rejeter audehors ( vermifuges ). Comme ces substances sorti généralement plus au moins irritantes pour l’intestin, les auteurs veulent qu’avant de les employer, on se soit bien assuré si les intestins né sont pas lé siège d’une inflammation qu’elles pourraient aggraver. Ce conseil est assurément fort sage; mais il faut être prévenu que les vers dennent lieu parfois aux symptômes d’une inflammation- intestinale assez vive, qui n’a guéri que par l’emploi des anthelmintiques. Et d’ailleurs, le ver une fois expulsé, on pourra mettre le malade à un régime adoucissant qui ne tardera pas à faire disparaître l’excès d’irritation que la médication aurait pu occasionner. On est du reste, aujourd’hui, bien revenu des terreurs que l’école physiologique avait répandues au sujet des phlegmasies gastro-intestinales.

Les anthelmintiques vermicides sont très-nombreux, et fournis pour la plupart par le règne végétal. Ce sont particulièrement les infusions d’absinthe, de mousse de corse, de semen-contra, dè racine de fougère mâle, de racine d’écorce fraîche de grenadier, de valériane, d’armoise, de tanaisie, d’ail, de brou de noix, le camphre, etc., et par le règne minéral, tels que les décoctions de mercure métallique, l’eau salée, l’eau froide, le calomel, l’huile de pétrole, l’étain, le soufre, l’éther, etc., etc.

Les vermifuges sont destinés à expulser le ver; ils agissent donc comme les purgatifs : aussi les substances purgatives remplissent-elles parfaitement cet emploi. On les administre souvent après les vermicides, quand ceux-ci n’ont pas, par euxmêmes, la faculté de faire rejeter le ver. Les substances qu’on emploie le plus souvent sont : l’huile de ricin, le calomel, le jalap, la scammonée, les sels cathartiques. Ces purgatifs et les vermicides s’emploient sous une multitude de formes ; en sirop, en pastillés, en tablettes, en pilules, en chocolat, en biscuit, en infusions, en lavements, etc. Nous ne saurions entrer dans de pareils détails, pour lesquels nous renvoyons d’ailleurs à chaque substance en particulier, où l’on trouvera les doses et le mode d’administration.

L 'ascaride lombricoïde réclame plus particulièrement l’emploi des préparations de semen-contra, d’absinthe, de tanaisie, de mousse de corsé et de fougère; et pour chasser le ver, les différents purgatifs dont nous avons parlé, sous forme de sirops,

VER 947

d’électuaires ou de bols : le calomel ést ici trèsusité.

L 'ascaride vermiculaire ou oxyure étant à pistée des agents anthelmintiques, on le combattra surtout par les lotions ou les lavements vinaigrés, salés, sulfureux, camphrés, faits avec la déçoctiôtt de tabac; et par les onctions avec une pommade mercurielle ou camphrée. Rarement il ëàt nécessaire d'aVoir recours aux purgatifs.

Le tHchocéphale, quand il sera reconnu, sera traité comme les ascarides ou le tænia.

Le tænia est ordinairement très-rebelle. On lui opposé les moyens déjà énoncés plus h&ut; mais surtout la fougère mâle, la mousse de corsé, l’éther, l’étain. Le médicament qui paraît mériter la préférence est, pour noué, l'écorce fraîche dé racine de grenadier; il]nous a constamentréusèi à la dose de 30 à 60gram. Nous avons quelquefois obi tenu de bons résultats de l’écorce sèche : mais éll'è a été souvent sânS effet, et l’on doit toujours èirfRployer l’écorce fraîche (Y. Grenadier ). Un excellent remède, qui malheureusement est tenu secret et coûte fort chèr, est îà potion de Darbon. 11 serait bien à désirer que le kosso, le besenhù, \emetchametcho et autres plantes anthelmintiques trèsefficaces qui Se trouvent en Abyssinie, et qui sont employées contre le tænia, fussent naturalisées chez nous.

D’après ce que nous avons dit des causes, on comprend que le malade doit, avant tout, être soustrait aux conditions qui peuvent favoriser la production du ver ou déterminer la récidive.

J. B. Beaude.

version laccouch.) s. f. versio, de vér'lere, tourner. La version est une manœuvre obstétricale qui a pour but de ramener au détroit supérieur l’une des deux extrémités de l’enfant quand il est mal situé pour l’accouchement. 11 y a donc deux sortes de version ; l’une podalique ou pelvienne dans laquelle on va chercher les piéds ; l’autre, céphdlique, dans laquelle on amène la tête au détroit supérieur.

Quand la version doit être pratiquée il faut d’abord prévenir la femme de ce que l’on va faire, l’avertir des nécessités qui commandent cette opération, et la rassurer sur les suites qu’elle doit avoir. On la place ensuite en travers sur son lit, les épaules soulevées par des oreillers, le sacrum reposant sur le bord de manière à ce que la vulve et le périnée soient très en relief, les pieds posés sur deux chaises maintenues par deux aides. L’opérateur doit ôter son habit afin de pouvoir retrousser les manches de sa chemise, car il est nécessaire qu’il introduise son bras jusqu’au coude dans les parties génitales afin de pouvoir manœuvrer en liberté.

Sans entrer ici dans le détail de cette manœuvre, nous noterons seulement les généralités suivantes :

1° version céphalique. Elle peut être employée d’abord dans les présentations irrégulières du sommet, et ce n’est alors réellement qu’un redressement de la tête, ensuite dans certaines situations vicieuses de la face, dans la présentation du tronc avant le travail, ou pendant le travail, soit avant, soit après la rupture des membranes, mais seulement dans le cas de vices de conformation du

VER

VER

bassin. Quant aux présentations du siège, qui, suivant quelques auteurs indiquent la version, elles se terminent presque toujours par la sortie spontanée de l’enfant.

2° La version pelvienne ne doit être pratiquée que quand le col est déjà dilaté ou qu’il se laisse facilement ouvrir, quand la partie qui se présente n’est pas engagée trop avant dans l’excavation, et surtout qu’elle n’a pas franchi le col de l’utérus,' car alors il serait impossible de les refouler pour aller saisir les pieds, et enfin il faut que le bassin soit assez bien conformé pour permettre la libre sortie de la tête. La version est surtout mise en usage dans les présentations vicieuses du sommet et de la face , et avant tout peut-être dans les présentations des épaules et du dos.

Quelques circonstances rendent la version trèslaborieuse. Ces circonstances sont la rigidité de la vulve et du col , l’insertion du placenta sur l’orifice du col, la contraction violente de l’utérus, la brièveté du cordon , etc. La difficulté de ces manœuvres et la fatigue qu’elles occasionnent à l’opérateur exigent souvent la présence d’un second accoucheur. Caffe.

vert-de-gris. (chim.). (V. Cuivre.)

vertébral (anat ) adj., vertebralis, qui appartient aux vertèbres, canal vertébral, artères vertébrales , ligaments vertébraux, colonne vertébrale, etc. (V. Colonne vertébrale )

vertèbres (anat.) s. f., vertebrœ, en grec sponduloï. Les vertèbres sont les os dont la superposition constitue la colonne vertébrale. (V. ce mot.) Chaque vertèbre représente une petite masse symétrique percée d’un trou et ressemblant de fort loin à un anneau. On y distingue les parties suivantes : d’abord, en avant, une portion plus volumineuse , épaisse , convexe en avant , concourant en arrière à former le trou vertébral : c’est le corps; il est arrondi ou ovalaire transversalement. De chaque côté de sa partie postérieure se détache une portion osseuse, étroite et mince, qui porte les deux masses apophysaires ; celles-ci ofrcnt, 1° sur les côtés les deux apophyses transverses dirigées en dehors , et 2° les quatre apophyses articulaires, deux de chaque côté, une dirigée en haut, l’autre regardant en bas. Enfin, à la partie postérieure est l’apophyse épineuse, dirigée en arrière et plus ou moins oblique suivant la région où on l’observe : elle est formée par la réunion de deux lames qui, se détachant des masses apophysaires et se soudant pour former l’apophyse épineuse, ferment en arrière le trou vertébral et complètent l’anneau.

On distingue trois sortes de vertèbres, suivant I la région qu’elles occupent : 1° sept cervicales plus ! petites, dont le corps est allongé transversalement, j l’apophyse épineuse horizontale et bifurquée ainsi I que les apophyses transverses. — 2° douze dorsales, corps allongé d’avant en arrière , plus gros que i dans les précédentes ; apophyses épineuses longues, ! prismatiques et triangulaires, tuberculeuses à leur j sommet et inclinées en bas ; sur chaque côté du corps deux demi- facettes pour l’articulation des côtes. — 3° cinq lombaires , corps très-gros, étendu !

transversalement , trou triangulaire , apophyse épineuse, large, aplatie latéralement, horizontale, quadrilatère, apophyses transvcrses, larges et horizontales.

Enfin, il est deux vertèbres qui méritent une mention spéciale, ce sont Y atlas etl’em's, qui ont été décrites à part. (V. ces mots ; voyez en outre Colonne vertébrale et rachis pour la pathologie.)

vertex [anat.), s. m. , mot latin qui signifie le sommet ; il désigne nour les accoucheurs le sommet delà tête.

vertige ( path .), s. m., vertigo, de vertere , tourner. Le vertige est une sorte d’illusion de la vue, dans laquelle on croit voir les objets tourner autour de soi, ou être soi-même entraîné dans un mouvement de rotation ; cet état est presque toujours accompagné de battements du cœur et de défaillances. Si en même temps il y a obscurcissement de la vue comme si les yeux étaient couverts d’un voile, le vertige est dit ténébreux (Capitis obnubilatio). Le vertige se montre quelquefois assez facilement chez certains sujets, quand ils se relèvent après être restés longtemps baissés la tête en bas, quand ils regardent d’un lieu élevé, à la suite d’une rotation rapide, etc. U est très-commun au début des affections fébriles graves, du typhus, de la peste, par exemple, et il se reproduit dans le cours de ces maladies quand le malade veut se tenir sur son séant ou qu’il fait quelque mouvement. Enfin, on l’observe encore dans la convalescence des maladies longues et graves, après les hémorrhagies, en un mot, quand lesforcessont abattues. Le vertige, accompagné de perte subite de connaissance et suivi d’une céphalalgie qui dure plusieurs minutes avec un sentiment d’étonnement, constitue une forme particulière d’épilepsie assez grave, et dont l’aliénation mentale estla suite fréquente. Lorsque le vertige n’est qu’un symptôme, c’est contre l’affection principale qu’il fautdiriger les moyen de traitement ; lorsqu’il est déterminé par une congestion cérébrale habituelle, on poura employer les évacuations sanguines modérées , de petites saignées, une application de sangsuesà l’anus et les dérivatifs, tels que les pédiluves sinapisés, les légers purgatifs, etc. J. B.

verveine (bot. méd.), s. f., verbena ofjicinalis, famille des verbenacées, J., didynamie angiospermie, L., c’est une plante vivace très-commune dans les lieux incultes et sur les bords des chemins, des haies et fossés. L'odeur faible et la saveur légèrement astringente et amère de cette plante indiquent suffisamment le peu d’énergie de ses propriétés, aussi, est-elle complètement négligée aujourd’hui, ce qui n’empêche pas qu’elle n’ait eu autrefois une grande réputation, et on l’avait appelée herbe à tous maux ; les anciens en avaient fait une herbe sacrée. On dit que son nom vient d’herba veneris, herbe de Vénus; les Gaulois, dans leur cérémonies religieuses, en faisaient usage, et ne cueillaient cette plante qu'avec des formes mystérieuses comme pour le guy et le stilago. La verveine jouait aussi un grand rôle dans les enchantements : c’est là tout ce que nous avons à en dire. J. B.

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vésanie ( path .), s. f. , vesania, trouble des facultés intellectuelles sans fièvre. Sous le nom de Vésanies, Pinel réunissait toutes les différentes formes de l’aliénation mentale, avec la mélancolie, l’hypocondrie, etc. (Y. Folie.)

vesce (bot. méd.), s. f., vicia, famille des légumineuses. J. , diadelphie décandrie. L. La graine est noire, ronde, lisse et farineuse ; elle est employée pour engraisser les pigeons. La farine est résolutive et employée quelquefois comme telle dans des cataplasmes, à la place de celle de Forobe, qui est moins commune.

vésicant ( thérap .). adj., veste ans, de vetica, vessie. On appelle médicaments vésicants tous ceux qui, appliqués sur la peau , l'enflamment au point de déterminer une sécrétion séro-albumineuse qui soulève l’épiderme en forme d’ampoule ou de vessie. — On peut produire la vésication, d’abord au moyen de la chaleur, avec l’eau bouillante, par exemple, ensuite par l’action irritante de certaines substances, telles que l’ammoniaque, les cantharides, le garou. (V. Vésicatoire.) J. B.

vésication (path. et thérap.), s. f., vesicatio, même racine que le mot précédent. La vésication est l’action que le topique vésicant exerce sur la peau pour l’enflammer et produire l’ampoule.

vésicatoire ( thérap ), s. m., vesicatorium, de vesica, vessie. — On appelle vésicatoires les substances qui produisent la vésication (V. Vésicant); mais ce nom s'applique plus habituellement à la plaie superficielle de la peau, qui succède à l’enlèvement de l’épiderme, produite sous l’influence des vésicants.

Les vésicatoires sont un des agents de révulsion les plus actifs que possède la matière médicale. Les cas qui réclament leur application peuvent être ramenés aux suivants :

1° Détruire ou diminuer par la révulsion les phlegmasies aiguës , mais surtout chroniques , des viscères ou des membranes qui les enveloppent , les névralgies, les rhumatismes, une lésion organique comme la phthisie, ou une maladie générale comme une fièvre grave; 2° rappeler à l’extérieur une phlegmasie qui s’est portée vers l’intérieur et qui attaque un organe important; 3° troubler, ou perturber, comme on le dit, certaines inflammations superficielles, telles que des érysipèles, des dartres; 4° déterminer une excitation générale, comme dans les affections adynamiques ; ou locale, comme dans certaines paralysies, celle de la vessie , par exemple ; 5° enfin on les emploie encore pour faciliter l’introduction de certaines substances médicamenteuses , qui, appliquées sur la surface dénudée, pénètrent dans l’économie par voie d’absorption. Voyez Endermique (méthode).

Le vésicatoire a été appliqué sur toutes les parties du corps depuis le sommet de la tète jusqu’aux extrémités inférieures ; le siège de l’application est déterminé par l’effet que l’on veut atteindre. Lorsqu’il s’agit de faire une révulsion énergique et que l’on ne craint pas que la stimulation produite par le topique n’aille retentir sur l’organe malade et n’augmente l’affection dont il est atteint, on place le

vésicatoire le plus près possible du lieu malade , quelquefois même à son niveau, dans lesérysipèles et les dartres, par exemple. Mais quand il s’agit d’une révulsion plus douce, ce sera à la face externe du bras, à la face interne de la cuisse ou de la jambe. Cependant rien n’est plus commun que d’appliquer un large vésicatoire sur les parois de la poitrine dans le cas de pleurésie aiguë déjà modifiée par les antiphlogistiques, et même sur la tête dans le cas de méningite.

Suivant le but que l’on se propose, le vésicatoire doit être formé promptement ou avec une certaine lenteur.

Vésication ex-temporanée, — Quand on a besoin d’une vésication très- prompte , dans l’apoplexie par exemple, ou pour employer la méthode endermique, on peut avoir recours aux moyens suivants :

On étend sur un linge, taillé dans les dimensions du vésicatoire que l’on veut obtenir, une couche très-mince de la pommade ammoniacale de Gondret (parties égales d’ammoniaque et d’axonge), et on l’applique sur le lieu choisi. Une chaleur avec douleur assez vive se manifeste , la peau rougit, et bientôt l’épiderme s’en sépare; cette petite opération est ordinairement terminée au bout de quinze à vingt minutes. On enlève le linge, et on arrache avec les doigts ou avec une pince à pansement l’épiderme soulevé. On peut obtenir le même résultat en appliquant sur la peau un linge pareil trempé dans l’ammoniaque pure. M. Pigeaux a proposé un moyen assez bon quand on n’a pas d’ammonniaque. C’est d’imbiber d’alcool, d’eau de-vie ou d’eau de Cologne le linge en question, de l’appliquer sur la peau et d’y mettre le feu. L'ignition ne dure pas une minute, et au bout de ce temps l’épiderme est entièrement détaché. Enfin, on peut encore employer une compresse en plusieurs doubles trempée dans l'eau bouillante , un marteau également chauffé par l’eau à l’état d’ébullition ; mais ce dernier moyen doit être employé avec précaution, car on a vu son application, surtout lorsque le marteau avait un certain volume, déterminer la destruction complète de toute l’épaisseur de la peau.

Vésication lente. — De toutes les substances vésicantes, celles dont on fait le plus fréquemment usage sont assurément la cantharide et ses préparations. La certitude et la puissance de leur action les rend préférables à tous les autres médicaments que l’on a représentés comme doués des même propriétés. Les cantharides s’emploient dans tous les cas où une vésication lente est nécessaire, et, de plus, dans quelques circonstances spéciales, où l’on met à profit la propriété dont elles sont douées d’irriter l’appareil urinaire : tels sont certains cas d’inertie ou même de paralysie de la vessie. (Voy. Cantharides.)

Les cantharides, finement pulvérisées, peuvent s’employer de différentes manières : 1° on en saupoudre un emplâtre de cire et de poix blanche, étendu sur de la peau ou sur un morceau de sparadrap; 2° on se sert d’un emplâtre à vésicatoire tout préparé (Voy. Emplâtre ) ; 3° ou enfin de taffetas vésicant.

La partie sur laquelle le vésicatoire doit être appliqué sera rasée, s’il y a des poils, et au besoin

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excitée par des frietions sèches ou à l’aide d'un I linge trempé dans du vinaigre ou de l’eau-de-vie. I On fait légèrement chauffer l’emplâtre et on l’accole a la peau, où il adhère par sa composition même. Pour rendre l’adliésion plus’grande encore, on place par-dessus deux bandes de sparadrap de diachylon en croix; chaque extrémité de ces bandelettes dépassant l’emplâtre de trois à quatre centimètres, l’agglutition à la peau maintient l’appareil. 11 est très-important de bien fixer le vési1 catoife afin qu’il ne glisse pas, et, par conséquent, qu’il n’étende pas son action sur une surface plus considérable qu’il ne convient. On peut aussi, pour atteindre ce but, étendre l’emplâtre sur du sparadrap de diachylon, dont1 les bords excèdent la circonférence de l’emplâtre de un à deux centimètres: le vésicatoire adhère alors assez fortement par sa circonférence.

Outre leur effêtlocaf.'quiestd’eiïflàmmer la peau et de déterminer la formation d'une large ampoule remplie de sérosité, les vésicatoires aux cantharides produisent encore une réaction fébrile en rapport avec les dimensions de l’emplâtre et la susceptibilité du sujet, et enfin ils agissent sur la vessie, l’excitent au point même de provoquer quelquefois une sécrétion pseudo-membraneuse , très-bien décrite dans ces derniers temps par M. Morel-Lavallée (Y. Cantharides) . Pour éviter cesaccidents, on a coutume, soit d’interposer une feuille de papier huilé qui semble diminuer l’intensité des effets spéciaux, ou, bien mieux encore, de saupoudrer la surface de l’emplâtre d’une couche de camphre.

Le pansement des vésicatoires varie suivant que l’on se propose de faire sécher immédiatement la surface irritée de la peau, ou d’en entretenir la suppuration pendant un temps plus ou moins long.

On appelle vésicatoires volants ceux qu’on laisse sécher aussitôt que la vésication a eu lieu. Dans ce cas, après avoir enlevé l’emplâtre cantharidé, on perce avec des ciseaux la poche séreuse à son point le plus déclive, et l’on fait écouler le liquide quelle renferme; d’autres fois, pour obtenir une irritation plus vive, on enlève l’épiderme, comme nous allons le voir à propos du vésicatoire permanent; mais dans tous les cas on procède aux pansements de la même manière. On enduit d’une couche de cérat pour les vésicatoires volants, ou de beurre bien frais, quand on veut les laisser suppurer quelques jours, un morceau de linge, une feuille de papier brouillard, ou bien encore une large feuille de poirée dont on a aplati et écrasé les nervures en faisant rouler dessus un corps cylindrique, tel qu’un verre de table, un gros étui, une fiole à eau de Cologne, etc. Cette pièce d’appareil, linge, papier ou feuille doit être taillée dans des dimensions un peu supérieures à celle du vésicatoire, afin d’en dépasser les bords qui sont eux-mêmes toujours plus ou moins irrités. Après l’application, on recouvre d’une compresse pliée en deux ou quatre, et on maintient le tout au moyen d’une bande roulée pour les membres et le col, et d’une serviette munie d’une bande en forme de bretelles, pour le tronc. Ce pansement doit être renouvelé tous les jours soir et matin jusqu’à l’entière dessiccation du vésicatoire, qui

ne se fait: guère attendre plus de six à huit jours. Alors on remplace le corps gras par un linge fiir dont on couvre encore là partie pendant quelques jours pour éviter des frottements douloureux.

Les vésicatoires permanents Sont ceux que Koh fait suppurer pendant un temps plus ou moins long. Ici, il faut de toute nécessité enlever l'épiderme : pour cela on saisit largement Celui ci quf est tout soulevé, avec des pinces à paàrsemeut; puis, avec des ciseaux, courbes sur leur plât, on le coupe tout autour sur les limites de ses adhérences avec les parties restées saines ; on l’ertrportë' d’un seul coup si cela est possible. Mais il n’efi eât pas toujours ainsi : des adhérences partielles, par exemple, exigent quelquefois que l’épiderme soit détaché partie par partie, mais toujours avec précaution et lenteur, afin d’éviter des douleurs fûotiies. Quand l’épiderme a été enlevé et que le corps muqueux se trouve à nu, il en résulte une d'ouïeur très-vive surtout pour les enfants, lès femmes nerveuses et délîeafes. Aussi, dans ce cas, peut-être vaudrait-if mieux détacher seulement l’épiderme sans l’enlever, et panser tout de suite le vésicatoire avec les pommades épispastiqtfès dont l’action se faisant sentir à travers l’épiderme, entretiendrait une suppuration qui empêchcrfriâ celui-ci de se recoller. Alors il se détacherait avec les pièces dé pansement, mais à un moment où la surface qu'il recouvre aurait été préparée à l’action de l’arê par la suppuration datant de quelques jours. Dans les circonstances ordinaires, l’épiderme étant enlevé, on met en usage, pendant un ou deux jours, le pansement au cérat et au beurre frais, que nous avons indiqué pour les vésicatoires volants. Puis , on panse avec les pommades épispastiques, dont la formule a été donnée au mot Pommade , soit pures, soit, pour le premier jour, mélangées d’un peu de beurré ou de cérat pour adoucir leur action. Ces pommades s’emploient comme le cérat, étendues sur un linge ou sur une feuille de papier brouillard.

Depuis près de 30 ans on s’est, avec juste raison, beaucoup occupé de simplifier le mede de pansement des vésicatoires, et on a imaginé dans ce but des taffetas ou des papiers tout imprégnés de substances épispasliques, de sorte qu’il n’y a plus qu’à les appliquer sur la surface suppurante. Ainsi, M. Vce a donné ( Journ ■ des Conn. méd. prat., avril 1837) la formule d’une préparation de papier épispastique offrant trois degrés successifs d’activité en rapport avec le degré d’irritation nécessaire pour l’entretien de la suppuration. (V. Papier.)

Ces procédés sont beaucoup plus expéditifs que ceux qui consistent à étaler des pommades sur une feuille de poirée ou de papier : aussi en fait-on aujourd hui un grand usage. Ils ont, en outre, l’avantage de ne pas laisser sur la snrfatcé; dénudée, ou à l’entour, des dépôts de matières graisseuses qui rendent plus difficiles les soins de propreté. Du reste, quelle que soit la méthode que l’on emploie, il est indispensable de couvrir les vésicatoires de conlpresses pliées en plusieurs doubles destinées à absorber la suppuration, et de maintenir le tout â l’aide d’un bandage approprié à la disposition deSf! parties. Le linge et surtout le vieux linge est très'préférableàces compresses de papier non collé dont on a proposé l’emploi. Le nombre et l’épaisseur des

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compresses, la fréquence des pansements sont en rapport avec l’abondance de la suppuration, Codeur qu'elle porte et le degré de la température. Pendant les grandes chaleurs del’été, des pansements fréquents sont Indispensables.

Dans le pansement des vésicatoires il peut se

tant d’être bien averti : quelquefois la surface dénudée devient douloureuse, d’un rouge vif, se couvre de petites granulations écarlates saignant avec facilité, et elle cesse de suppurer; il y a là une irritation trop vive qu’il faut calmer à l’aide de lotions émollientes de guimauve ou de lait, et de cataplasmes de fécule de pommes de terre ; l’excès d’irritation abattu, on reprend le pansement ordinaire. D’autres fois, des fausses membranes, des couches blanches ou grisâtres, analogues à d,u blanc d’œuf cuit, se forment sur le vésicatoire. On fera tomber ces plaques membraneuses à l’aide de cataplasmes, puis on excitera plus vivement la surface du vésicatoire avec une pommade épispastique très-active, ou le degré le plus fort des papiers ou taffetas dont nous avons parlé. Enfin dans d’autres cas, ce sont des fongosités molles et saignantes qui s’élèvent de la plaie; il faut les réprimer alors avec la pierre infernale, des poudres d’alun ou de sulfate de cuivre, etc. Chez les personnes nerveuses les vésicatoires causent quelquefois de vives douleurs; il faut dans ce cas faire des lotions répétées d’eau de têtes de pavot ou d’eau de guimauve additionnée de quelques gouttes de laudanum de Sydenham. Dans certaines affections graves, les fièvres typhoïdes particulièrement, les vésicatoires ont une grande tendance à passer à l’état gangréneux; cette fâcheuse disposition est combattue par le pansement avec le charbon, la poudre de quinquina, les acides végétaux, et quelques tranches de citron , etc. 11 est des cas où la suppuration exhale une odeur fétide ; on y remédie par des pansements fréquents, des lotions simples ou même chlorurées.

Quand la surface tend à se rétrécir, il faut l’exciter sur les bords avec la pommade épispastique dont on enduit la circonférence du papier ou du taffetas employé. Si au contraire il s’agrandit, on pansera les bords avec du cérat étendu sur une feuille de papier brouillard, percée à son centre pour laisser une portion à découvert où sera le napier épispastique.

Quand on veut faire sécher le vésicatoire, il faut le panser avec du cérat simple ou de Goulard, le laver avec de l’eau de saturne ou légèrement chlorurée ; les bourgeons charnus trop saillants seront reprimés avec la pierre infernale.

Enfin la suppression d’un vésicatoire appliqué depuis plusieurs années pouvant, comme toute suppression brusque d’une sécrétion à laquelle s’était habituée l’économie, entraîner des accidents, il est prudent de purger le malade à deux ou trois reprises en même temps que l’on procède à la cicatrisation. Ce sont du reste de ces choses qu’on ne doit pas faire légèrement et sans avoir consulté son médecin. J. P. Beaude.

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vésicule (anat.) , s. f., vesicula, petite vessie. On donne ce nom en anatomie à différentes petites poches membraneuses. Vésicule biliaire ■

(V. Foie), — Vésicule ombilicale (V. Ovologie). — ■ Vésicules séminales (V. Testicules).

— On appelle aussi vésicule, en pathologie, de petits soulèvements de l’épiderme par de lasérosité. (V. Peau.)

vesse-loup (bot.) s. f., lycoperdon. C'est une espèce de champignons angiocarpes et renfermant une poussière noire ou verte, abondante et entremêlée de filaments. L’effet qu’ils produisent, qnand on les écrase après la maturité, leur a fait donnelr par les Latins le nom de crepitus lupi, que depuis on a traduit littéralement par vesse-de-loup et même mis en grec pour rendre plus scientifique cette expression tant soit peu triviale et que le mot éminemment euphonique lycoperdon remplace avec avantage. Le lycoperdon, est complètement inusité. J. B.

vessie (anal.) s. i.,vesica. La vessie est uni réservoir musculo-membraneux qui reçoit l’urine apportée du rein par les uretères, et l’expulse ensuite par l’urètre. (V. Reins, Uretère , Urètre .) Elle est située derrière le pubis et au-devant du rectum chez l’homme et de l’utérus chez la femme. Sa forme est cylindroïde chez les enfants, conoïde chez l’homme , et sphéroïde chez la femme. Sa direction est presque verticale, un peu oblique de haut en bas et d’avant en arrière, et légèrement inclinée à gauche.

La face antérieure de la vessie n’est pas recouverte par le péritoine. Cette membrane se détachant de la partie inférieure delà paroi antérieure de l’abdomen, recouvre le sommet et la partie postérieure. Les régions latérales sont recouvertes? par le péritoine. Elles sont côtoyées par les artères ombilicales ou les cordons ligamenteux qui les remplacent ; chez l’homme, par les canaux spermatiques et déférents.

On désigne sous le nom de bas-fond de la vessie toute la partie de cette poche qui s’étend depuis le point où le péritoine l’abandonne jusqu’à son entrée dans la prostate. Sur les côtés le bas-fond est en rapport, chez l’homme, avec les vésicules séminales, et en arrière et dans l’intervalle avec le rectum; chez la femme la vessie est contiguë au vagin.

Le sommet de la vessie est recouvert par le péritoine; l’ouraque (Y, ce mot), qui s’en détache, va se perdre dans la cicatrice ombilicale.

La surface interne de la vessie est tapissée par une membrane muqueuse, veloutée, ridée, offrant quelquefois des saillies en forme de réseau, qui peuvent être très-considérables .Vue à l’intérieur, la vessie présente vers sa base trois ouvertures : d’abord, en arrière, les orifices des deux uretères, et, en avant, le commencement du canal de l’urètre , Ces trois ouvertures occupent les angles d’un triangle équilatéral , à surface lisse et unie. C’est le trigone -vésical ou de Lieutaud. La base de ce triangle qui est située en arrière est constituée par une ligne en relief qui s’étend d’un uretère à l’autre. Au niveau de l’urètre est le col de la vessie. Il a la forme d’un croissant dont le contour est assez épais et qui embrasse un petit tubercule appelé luette vésicale.

La vessie, examinée quant à sa structure , pré-

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sente trois tuniques principales : 1° une muqueuse i qui la tapisse inlérieurement et qui fait partie de : la muqueuse génito-urinaire, laquelle commence aux reins et finit au gland chez l'homme, tandis que chez la femme elle rêvet en outre le vagin. Cette muqueuse est assez épaisse, présentant peu de follicules : elle est unie à la musculeuse par un tissu-cellulaire lamelleux assez lâche, et dans lequel rampent beaucoup de vaisseaux et de nerfs. 2° la tunique musculeuse est formée par des fibres réunies en faisceaux aplatis, dont la plupart sont dirigées dans le sens longitudinal; elles forment le plan externe, tandis que les circulaires forment le plan interne. Les fibres transversales ou circulaires sont surtout abondantes vers le col de la vessie , où elles constituent un anneau que certains auteurs décrivent comme un muscle à partsousle nom de sphincter de la vessie. Parfois les faisceaux charnus sont très-épais et font saillie dans l’intérieur de la poche urinaire; les vessies où se rencontre cette disposition sont dites vessies à colonnes.

La tunique séreuse est fournie par le péritoine et est unie à la précédente par des liens celluleux assez lâches; elle ne recouvre, avons-nous dit, que les portions supérieures, postérieures et latérales de la vessie.

Les artères de la vessie lui viennent des hypogastriques et de ses branches. Les veines se portent au plexus veineux hypogastrique. Les nerfs émanent du plexus sciatique et hypogastrique.

VessIe (Maladies de la).— 1° Vices de conformation. — Ils sont assez nombreux et constituent pour la plupart de très - fâcheuses infirmités. D’abord la vessie peutmanquer en totalité, et alors les uretères s’ouvrent soit directement dans l’urètre, soit dans le rectum, qu’ils transforment ainsi en un cloaque analogue à celui des oiseaux. Ces cas sont excessivement rares. On avait parlé de vessies doubles ou triples , mais il est évident que dans ces cas on s’était mépris , et qu’il s’agissait de vessies séparées en plusieurs loges par des cloisons. La vessie peut, au lieu de se continuer avec l'urètre, s’ouvrir dans le rectum chez l’homme et dans le vagin chez la femme. D’autres fois enfin, c’est à l’ombilic, et par le canal de l’ouraque qui s’est conservé, que la vessie vient s’aboucher.

Sous le nom d 'inversion congénitale ou d’extroversion de la vessie, on désigne la lésion anatomique suivante : la paroi antérieure manque ; et il existe en même temps une division de la paroi abdominale, ou un écartement des os du pubis au niveau de la vessie, de sorte que cet organe présente au dehors de l’abdomen la face interne de sa paroi postérieure qui est rougeâtre et mamelonnée, et où se voient ordinairement les deux orifices des uretères par lesquels l'urine vient sourdre continuellement. Ce vice de conformation est très-rare dans le sexe féminin.

La plupart de ces désordres sont au-dessus des ressources de l’art, qui ne saurait refaire des organes aussi complètement déformés. Il y a cependant dans certains cas quelques améliorations à attendre des ressources de la chirurgie.

2° Plaies de la vessie. — Elles se reconnaissent à l’écoulement de l’urine par l’ouverture extérieure,

| à moins quele péritoine n’ait étélésé : alors I’épan- I chement de l’urine se fait dans l’abdomen, ce qui donne lieu à une péritonite, mortelle. L’inflammation qui se déclare ordinairement demande à être combattue par des moyens antiphlogistiques trèsénergiques. Une sonde à demeure empêche la sortie de l’urine par la blessure. Si malgré ces précautions le liquide s’infiltre dans les tissus, on pratiquera de profondes scarifications pour provoquer un prompt dégorgement.

3° Rupture de la vessie ■ — Elle peut avoir lieu soit parce que la vessie aura été distendue outre mesure par le liquide qu’elle renferme, soit par l’effet d’un violent exercice. La conséquence est un épanchement de l’urine dans le péritoine, ou une infiltration urineuse dans le petit bassin, accident ordinairement mortel-

4° Corps étrangers dans la vessie. — Ce sont des caillots de sang organisés, des calculs, des corps venus du dehors, ou introduits par l’urètre, comme des épingles, de petits morceaux de bois, des fragments de sonde ou d'instruments lithotriteurs brisés; ou bien poussés avec violence à travers les parois de l’abdomen, comme des balles ou des grains de plomb, l’extrémité rompue d’une épée ou d'un poignard. Ces corps étrangers se retirent par les procédés ordinaires de la lithotritie ou de la taille. (V. Pierre.)

5° Inflammation de la vessie. (Y. Cystite.)

6“ Catarrhe de la vessie. (Y . Cystite.)

7° Abcès de la vessie. — Cet accident peut être la suite d’une inflammation violente, de la présence d’un calcul, etc. Le pus se forme et s’amasse entre les tuniques de la vessie, et s’ouvre une issue soit dans la cavité même, soit dans l’un des organes voisins, le rectum, le vagin, l’utérus, ou même dans la cavité du péritoine, cas fort grave. L’issue du pus par l’urètre, le vagin ou le rectum, succédantà des symptômes de cystite, fait présumer la nature delà maladie.

8 a Gangrène de la vessie. — Elle est très-rare et peut succéder à une cystite intense, à une rétention d’urine, etc. L’épanchement ou l’infiltration de l’urine qui en sont la conséquence sont promptement mortels.

9°Z7 Icèr es de la vessie. — Cette affection est également assez rare. Ces ulcères consistent dans l’érosion avec suppuration de la membrane muqueuse.

Elle peut se former spontanément (V. Ulcération), ou bien succéder à l’action d’un calcul provenant ] delà rupture d’un abcès, etc. Une douleur plus ou moins vive dans la vessie, l’état purulent des urines, leur fétidité , tels sont les signes fort douteux, ’ I fort incertains qui d’ailleurs font présumer l’exis- ■ ] tence d’une ulcération de la vessie.

On a proposé une foule de moyens pour combattre cette affection : les injections émollientes et détersives, l’usage intérieur des baumes , de la térébenthine en particulier , les révulsifs, les bains I ou de siège, etc., etc.

10° Fistules de la vessie, (V . Fistules.)

11° Paralysie de la vessie. — S’il faut s’en rappor- | ter aux recherches de M. Mercier, les symptômes que les chirurgiens auraient depuis si longtemps rapportés à une paralysie de la vessie dépendraient d’un obstacle matériel au libre exercice des fonc- 1 tion de ces organes - L’assertion de M. Mercier doit

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être vraie quelquefois; M. Leroy d’Etiolles a fait des travaux et a produit des cas dans lesquels il a démonlré que beaucoup de rétentions d’urines attribuées à des paralysies de la vessie étaient Je résultat d’un engorgement de la prostate. (V. ce mot) ; mais il n’en est pas moins certain que dans beaucoup de circonstances il y a bien réellement paralysie. Gette affection est caratérisée par la difficulté de rémission des urines qui s’accumulent •dans leur réservoir dont la force contractile a diminué ou disparu. Alors cette poche se distend et forme dans le ventre une tumeur parfaitement appréciable. Le traitement consiste dans le cathétérisme plus ou moins répété, l’emploi des sondes à demeure. Les injections froides; les vésicatoires sur la région du pubis ont parfois, réussi à rétablir la contractilité de la vessie.

12° Hernie de la vessie. — De même que les autres viscères de l’abdomen, la vessie peu t s’échapper par les ouvertures naturelles qui sont dans son voisinage. Tels sont les anneaux inguinal , crural et le périnée. Chez la femme, on voit la vessie repousser la paroi antérieure du vagin. Dans quelque lieu qu’elle se montre, la hernie de la vessie forme une tumeur molle, fluctuante, d’autant plus remplie, qu'il s’est écoulé un temps plus long depuis que le malade n’a uriné, se vidant en totalité ou en partie quand le malade a rendu ses urines, et se vidant par l’urètre quand on la comprime. Ces divers phénomènes s’expliquent très-bien. Une portion de la poche urinaire s’est engagée dans une ouverture, leliquideque les reins envoient à leur réservoir habituel passedans la portion herniée, et faitsentir la fluctuation, Quand le malade urine, la poche se vide en partie, et se remplit quand il n’a pas satisfait depuis longtemps à ce besoin. — Ces hernies se réduisent et se maintiennent réduites comme les autres hernies. (V. ce mot.)

13° Lésions organiques. — Sous ce nom, on désigne le développement variqueux des veines de la vessie par suite d’irritations prolongées; la formation de fongosités, de polypes, etc., dus ordinairement à la même cause, c'est-à-dire une irritation plus ou moins prolongée, ou bien à une disposition individuelle. A l’aide de la sonde on parvient quelquefois à reconnaître la présence de fumeurs molles, plus ou moins sensibles, donnant du sang qui suri par l’urètre après l'exploration. En touchant par le rectum on peut encore reconnaître ces tumeurs, mais cela est fort difficile. 11 est bien plus dificile encore de poser les indications thérapeutiques qu’il convient de suivre pour remédier à ces dangereuses affections.

14° Quant aux dégénérescences proprement dites cancer, tue., on conçoit ici qu’il n’y a rien à tenter chirurgicalement parlant; ces cancers sont d’ailleurs presque toujours la suite d’un cancer de l’utérus chez la femme ou du rectum chez l’homme.

J. P Beaüde.

vestibule ( nat 0, s. m., vestibulum. On appelle ainsi l’espace triangulaire compris entre la partie supérieure des grandes lèvres (V. Fwfi)e).On donne encore ce nom à la petite cavité arrondie qui fait partie du labyrinthe de l’oreille. (V. Audition. ï

vêtements [hvg.), s. m. pl. vestimenta. On appelle ainsi lés différentes pièces qui servent à protéger les diverses parties du corps. Les vêtements prêtent aux plus importantes considérations hygiéniques, et méritent que nous nous y arrêtions un moment.

L’homme est-il destiné par sa nature à aller nuî nous n’avons pas à examiner ici cette question; nous ferons seulement remarquer que, s’il est vrai que dans des pays très-chauds certains peuples plongés dans la plus profonde barbarie vont ainsi sans vêtements, il n’en est p is moins vrai que dès ses premiers pas dans la civilisation l’homme commence par chercher un abri et par se construire une hutte, puis par se couvrir de feuillages, de nattes, de peauv d’animaux, jusqu’à ce qu’enfin il arrive par son industrie à se fabriquer des étoffes. L’intelligence a été donnée à l'homme pour qu’il emprunte au monde extérieur tout ce qui lui manque dans son organisation physique. Quand l’homme reste nu, c’est qu’il ne peut pas faire autrement. Et que l’on n’invoque pas ici les raisons de pudeur, les conventions sociales que l’on appelle ainsi sont de date bien postérieure à l’invention des vêtements.

Les vêtements ont pour objet de nous préserver des intempéries atmosphériques chaudesou froides. Examinons donc les conditions qui doivent présider à leur confection et à leur disposition, dans le pays ou dans les temps chauds, dans les pays ou dans les temps froids :

Dans les contrées où la température ordinaire est égale ou supérieure à la température du corps, il faut des vêtements larges et lâches, de telle sorte que l’air, qui est mauvais conducteur du calorique, puisse circuler librement. On devra également préférer la couleur blanche qui absorbe peu de chaleur; les tissus blancs protègent donc efficacement le corps contre les rayons du soleil qu’ils réfléchissent en plus grande partie; en même temps la tête devra être abritée par un chapeau à larges bords qui la défende suffisamment contre l’ardeur du soleil ; la paille tressée est ce qui convient le mieux pour cette coiffure, elle se laisse facilemént traverser par l’air et présente beaucoup de légèreté. Un principe général, qui s’applique très -bien ici, c’est, pour les étrangers, d’adopter la mode des pays dans lesquels ils vont résider.

2° Dans les pays froids il faut, au contraire, des vêtements étroits et serrés qui ne permettent pas à l’air de s’introduire entre eux et le corps. On se servira d’étoffes de laine ou de coton, qui, par leur épaisseur, par le velu qui hérissa leur surface , s’opposent à la déperdition de la chaleur naturelle et la concentrent en quelque sorte. Les peaux d’animaux munies de leur pelage sont d’une ressource bien appréciée dans les régions qui avoisinent le pôle. Dans les étoffes la couleur blanche doit encore être préférée, parce que les substances qui présentent cette nuance absorbent moins facilement la chaleur du corps pour la transmettre à l’extérieur qui est à une température plus basse. Le blanc est donc la couleur qui convient le mieux pour préserver du froid et du chaud. Le chapeau que nous portons, trop chaud et trop lourd en été, ne préserve nullement, dans la saison froide, le cou et les oreilles, parties très-impressionnables.

T. II

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On portait autrefois une coiffure très-commode que je verrais volontiers remettre en usage, sertopt en hiver, je veux parler du capuchon fixé à la partig supérieure du dos. Un vêtement emprunté aux Arabes, le burnous, dont 1 usage commence à se répandre parmi nous, offre ce capuchon si aimé dans le moyen-âge et avec une si juste raison.

Ce que nous disons des climats doit aussi s’entendre des saisons; mais où il faut redoubler de soins et de précautions, c’est dans les contrées ou dans les moments de l’annéequi offrent de brusques alternatives atmosphériques. 11 faut être bien pénétré de cet axiome capital en fait d’hygiène, savoir : que le froid n’est pasà craindre par lui-même quand il est permanent ou qu’il est venu par degrés; mais que ce qu’il faut redouter par-dessus tout, c’est l’intervention du froid au moment où le corps est échauffé, en un mot, c’est le refroidissement. Ainsi il est beaucoup de pays, particuliérement ceux qui sont situés sur les bords de la mer, dans lesquels, à certaines heures de la journée ou sous l’inlluence de certains vents le thermomètre baisse tout-à-coup de 10, 15 degrés et même davantage ; il faut se tenir prêt à ces subites transmutations en perlant avec soi un manteau, une couverture, dans laquelle on puisse s’envelopper aussitôt que le froid se fait sentir. Quelque chosed’analogue existe chez nous dans les saisons de transition, au printemps et à l’automne, où des soirées et ( tes nuits trèsfraîches succèdent à des journées quelquefois brûlantes. Conserver pendant toute la journée des vêtements légers serait alors d’une grande imprudence, et il faut, dans ces saisons, toujours se munir d’un double vêtement comme en-cas.

Quand la peau est mouillée par de la sueur, l’évaporation de ce liquide amène nécessairement un refroidissement très considérable, surtout si l’on se place dans un courant d’air qui active cette évaporation ; aussi donne-t-on le conseil aux personnes qui transpirent abondamment, ou que leurs occupations obligent à de brusques alternatives de mouvement et de repos, surtout si ce repos doit avoir Ifeu dans un endroit aéré ou froid, de porter de la flanelle sur la peau. Cette flanelle, en s’imbibant du produit de la transpiration, sèche la peau et s’oppose par conséquent à cette évaporation dont nous venons de parler. Mais il faut être prévenu que quand on a pris l’habitude de porter de la flanelle on ne peut la quitter brusquement sans s’expo;er à de graves accidents.

Des vêtements mouillés ne doivent jamais séjourner sur le corps, il faut les quitter le plus promptement possible pour en prendre de secs; ce sont lâ des choses que tout le monde sait. Mais il est, à l’égard des vêtements, quelques aidres considérations moins bien appréciées en général, et qu’il est cependant très-utile de connaître.

Les vêtements peuvent être très-nuisibles parla compression qu’ils exercent sur les différentes parties du corps. A la tête, une coiffure trop serrée cause de vives douleurs et peut amener une inflammation grave. Percy raconte qu’une jeune personne, la veille d’une cérémonie religieuse, ayant, pour conserver sa frisure, appliqué un bandeau autour de sa tête, le serra tellement qu’il en résulta une gangrène à la peau du crâne; de violentes douleurs de têtes et des congestions célébrâtes sont |

les accidents le plus souvent observés à la suite de cette habitude fâcheuse.

La cravate!, quand elle étreint le cou, peut avoir de graves inconvénients ; la stase du sang à la tête, qui en résulte, amène des congestions cérébrales et quelquefois même l’apoplexie. Ce vêtement,, inconnu à nos ancêtres, doit être en général trèsléger, étroit et à peine serré.

Nous ne reproduirons pas ici tout ce que l’on a écrit sur on plutôt contre les corsets dont les fi nîmes font un si déplorable abus, ni ce que n us avons dit dans ce dictionnaire à l'article ppow pre à ce mot; nous dirons seulement, quant aux dangers des corsets trop étroitement appliqués* que l’autopsie a démontré chez les femmes qui s’étaient ainsi déformé la taille sous prétexte de l’amincir, un chevauchement des côtes, un rétréh cissement de la poitrine, divers déplacements et des altérations dans la structure des organes de la poitrine et du bassin. Enfin, on a vu des femmes mourir subitement pour s’être fait trop fortement comprimer dans leur corset. (Amb. Paré.)

La culotte de nos pères offrait l’inconvénient d’une constriction trop forte au-dessous du genou et au niveau du bas-ventre; on y a renoncé, et le pantalon l’a remplacée avec avantage. Mais grâce aux ridicules exigences de cette sotte déesse , ou plutôt de cette déesse des sots, qu’on appelle la mode, le pantalon est devenu, comme la culotte, un véritable instrument de torture. A voir nos élégants raides et tendus comme des arcs, avec leur pa talon tiré en haut par les bretelles et retenu en bas par les sous-pieds, ne pouvant s’asseoir que tout d’une pièce, incapables de se baisser et de se mouvoir, on se demande si les vê'ements sont faits pour gêner ou pour être commodes?

En général la ceinture, ppurvu qu’elle suit trèslarge et médiocrement serrée, est très-utile pour soutenir le foie, les intestinsetdonner aux mouvel ments du corps de la souplesse et delà légèreté. Quant aux jarretières, nous pouvons renvoyer au mot varices pour indiquer d’un seul coup ce qui peut résulter de leur emploi quand elles étreignent trop fortement la jambe; aussi, vaut- il mieux en général , excepté cependant chez les personnes trèsgrasses, les appliquer au-dessus du genou qu’audessous, il est important qu’elles soient élastiques.

Que dirai-je des chaussures trop étroites? qui n’a éprouvé le supplice que nous infligent si souvent les cordonniers etles bottiers sous un vainprétexte d’élégance? Cette étroitesse si douloureuse des chaussures amène indispensablement le chevauchement des orteils, des cors, des durillons, l’incarnation de l’ongle, etc. Une chaussure bien faite doit embrasser exactement le pied de manière à le maintenir sans l’étreindre douloureusement; le cuir doit en être souple et extensible, enfin, quelle que soit à cet égard la mode du moment, le bout doit être carré, plus ou moins large cependant. Beaucoup de personnes ont l’excellente habitude de mettre pendant l’hiver une semelle de liège dans leur chaussure afin de se préserver de l’humidité. Il faut seulement avoir soin de les retirer chaque soir afin de les faire sécher, ou de les changer; sans cela, renfermée dans la chaussure elles peuvent conserver l’humidité de la transpï-

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