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marche et diriger ses pas. En un mot , tandis qu’on ne peut concevoir l’existence d’une société exclusivement composée d’aveugles, il est très-facile de comprendre celle d’un peuple de sourds-muets et même de le concevoir riche et puissant.

P. N. Gerdy.

Prof, de patli., ext. à la Faculté de médecine de Paris, chir. de l’hôpital de la Charité, etc.

vital (physiol), adj., vitalis, de vita, vie, qui appartient à la vie, air vital, principe vital, etc.

vitalisme ( philos . me'd.), s. m. (V. Animisme.)

vitalité (physiol), s. f., vitalitas, de vita, vie. C’est l’action vitale en exercice.

vitiligo ( path ,), s. m. Mot latin francisé, par lequel on désigne une décoloration de la peau occupant des espaces plus ou moins étendus ; c’est 1 ’achrome vitiligue d’Alibert. 11 ne faut pas confondre ces plaques blanches partielles avec la décoloration universelle et congénitale du tégument que présentent les Albinos (V. ce mot). 11 ne faut pas non plus les confondre avec les taches blanches qui se montrent dans certaines formes de lèpre (V. ce mot). Le vitiligo consiste donc dans la présence de taches d’un blanc laiteux, plifs ou moins petites et irrégulières, formant parfois de larges plaques, sans augmentation de volume ni dépression, sans perte de la sensibilité de la peau à leur niveau. Ce phénomène se présente parfois chezles nègres, etalors la couleur noire du reste du tégument fait mieux encore que chez nous ressortir la blancheur des taches vitiligineuses : ce sont les nègres pies. Le vitiligo constitue plutôt une difformité qu’une maladie; il n’y a donc pas de traitement à lui opposer. E. B.

vitré ( anat .), adj., vitreus , qui ressemble au verre, se dit d’une masse transparente, corps vitré, qui existe dans l’œil. (V. ce mot )

vitriol» (chim.), s. m. On donne ce nom à l’acide sulfurique et à plusieurs de ses exposés. (V. Soufre.) Huile de vitriol, c’est l’acide sulfurique; vitriol-vert, c’est le sulfate de fer. (V. Fer.) Vitriol-bleu. Vitriol de Chypre, c’est le sulfate de cuivre(V. Cuivre.) Vitriol-blanc, c’est le sulfate de zinc. (V. Zinc.)

vivipare ( hist . nat.), adj. m. s., viviparus, de vivus, vivant, et parère, enfanter ; se dit des animaux qui mettent au monde leurs petits tout vivants, par opposition aux ovipares , qui pondent des œufs.

vivisection (physiol.), s. f. , vivisectio, de vivus, vivant, secare , couper, l’action de disséquer ou d’opérer des animaux vivants. Les vivisections jouent un grand rôle dans les études physiologiques ; mais dans ces derniers temps on a beaucoup exagéré leur nécessité, et on a surtout exagéré les conséquences qu’il est permis d’en tirer. Comment conclure de ce qu’on observe chez un pauvre animal soumis à d’affreuses tortures , à ce qui se passe non pas seulement chez le même animal en l’état sain, mais encore chez l’homme?... Lesvivi-

sections sont certainement très-utiles pour élucider certaines questions; mais ce moyen d’investigation peut quelquefois conduire à de graves erreurs.

vocal (physiol.), adj., vocalis, qui a rapport à la voix.

voie (anat.), s. f. , via. On appelle voies la série de conduits ou d’organes creux que parcourt un tluide ou une matière quelconque de l’économie vivante. On dit les voies biliaires, les voies circulatoires, les voies digestives, les voies urinaires.

voile (anat.), s. m., vélum, s’applique surtout à cette cloison flottante située dans le pharynx, et que l’on nomme voile du palais. (Y. Bouche.)

vorx (physiol.), s.f.,enlatin vox, en grec phone. La voix consiste dans la production d’un son par le larynx. C’est le plus puissant instrument d’expression que la nature ait accordé aux animaux; simple et dépouillée du caractère de la parole, elle exprime presque toutes les émotions dont notre âme peut être agitée , et même elle en réveille d’assoupies dans l’âme des autres; aussi est-elle vive et agréable dans la joie; traînante, plaintive, et quelquefois déchirante dans la douleur; convulsive, entrecoupée dans le rire, et sanglotante dans les pleurs; douce et séduisante dans l’amour ; dure et parfois terrible dans la colère: faible et basse dans la timidité; forte et élevée dans l’orgueil et dans l’audace. Saisissable pour l’oreille, elle échappe à tous les autres sens ; messagère mystérieusede nos sentiments, elle se répand dans l’air de tous côtés, passe invisible partout autour de nous, et communique nos émotions à toutes les oreilles placées dans la sphère de son activité.

Revêtue du caractère de la parole , la voix acquiert bien plus de puissance d’expression, et surtout bien plus de précision encore ; par elle, l’homme traduit aisément au-dehors tout ce qui se passe en secret dans son cœur et dans son esprit; par elle, il exprime clairement les idées les plus abstraites et les plus profondes, comme les plus simples et les plus communes, les nuances les plus délicates du sentiment comme de la pensée.

Le son de la voix, ce phénomène si merveilleux, est bien plus complexe que l’on ne paraît le soupçonner, et exige le concours d’un grand nombre d’organes divers : de la poitrine, des poumons qui jouent le rôle de soufflet d’orgue, de la trachée-artère , véritable tuyau qui conduit l’air dans le larynx, où il doit, par ses vibrations, produire le son, et dans la gorge, la cavité delà bouche et les fosses nasales, où se produit le phénomène de la parole.

J’aurais bien à parler ici du bruit et du son, considérés sous le rapport physique ; mais j’ai donné à cet égard, à l’article Audition, les détails nécessaires pour l’intelligence de ce qui va suivre. Un mot seulement sur la manière dont le son est produit dans les différents instruments auxquels on a comparé le larynx. 1° Dans les instruments i cordes , le son est produit par les vibrations de celles-ci, et le nombre des vibrations varie suivant leur longueur, leur diamètre et leurtension.2°Dans les instruments à vent, du genre des flûtes et des flageolets , les nombres de vibrations varient d’après

la longueur des tubes, et sont, pour des tubes de diamètre égal , en raison inverse de la longueur. 3° Dans les instrumcntscï anches , le son est produit par le passage alternatif et périodique de l’air par une rigole que les oscillations d’une languette ou d’une anche ferment et rouvrent tour-à-tour; le son dépend de ces chocs et de ces retours plus ou moins rapides. 4° Enfin dans V appeau, qui est une caisse hémisphérique ou cylindrique, faite de bois, de métal, et que l’on fait aussi avec un simple noyau d’abricot percé de deux trous vis-à-vis l’un de l’autre aux deux surfaces opposées, on produit des sons divers en faisant passer un courant d’air avec une certaine rapidité à travers ses ouvertures.

On a successivement comparé le mode de production du son dans le larynx, à la manière dont il se forme dans ces différents appareils; mais c’était restreindre beaucoup trop un phénomène éminemment complexe, et dans lequel il faut faire entrer un plus grand nombre d’éléments que n’en ont généralement admis les auteurs qui ont écrit sur ce sujet. Quant à nous, d’après un grand nombre de recherches et d’expérimentations faites sur nousmême, et dont nous avons donné l’analyse détaillée dans notre Physiologie médicale (t. I, p. 753 et suiv.), nous sommes arrivé aux conséquences suivantes :

Quand l’homme vient à parler soit à voix haute, soità voix basse, en un mot, du moment que sa voix se fait entendre: 1° l’air expiré l’est avec plus d’activité que dans la respiration ordinaire ; 2 les lèvres de laglottese tcndentetdeviennent plus élastiques; 3° elles entrent en vibration ; 4° les parois des ventricules du larynx et de son ouverture supérieure se tendent aussi ; 5° l’orifice de la glotte se resserre en travers; 61' des vibrations très-sensibles à la main, au moins dans la voix haute, agitent toute la région du pharynx et de la gorge; 7° le son retentit au dehors par la bouche et par le nez, dans les poumons et la poitrine, par la trachée-artère et par les bronches, en faisant vibrer les parois de ces cavités; 8 et tous ces organes, les poumons, la trachée, le larynx et le pharynx, se fatiguent et s’irritent par ces exercices.

De tous ces phénomènes, il en est d’indispensables à la production de la voix. Ce sont : une respiration active , la tension et les vibrations des lèvres inférieures de la glotte et son resserrement. Ces quatre conditions sont, les causes de la voix. Ce n’est pas qu’on ne puisse faire résonner la glotte en se bornant à en rapprocher les lèvres et y soufflant avec force ; au contraire , on fait ainsi crier un mort , mais c’est d’une voix aiguë et rauque, parce que son larynx résonne aussi parie mécanisme des anches : ce n’est point là la voix humaine, telle qu’on l’entend habituellement. Coupez les nerfs du larynx à un animal, et il sera muet, l'ivisez sur un autre les lèvres inférieures de la glotte dans toute leur épaisseur, la voix s’éteindra. Quant aux vibrations de ces lèvres de la glotte , on ne peut les empêcher sans étouffer le son à sa naissance.

Parmi les autres phénomènes de la voix, il en est qui ne sont point indispensables à sa production, c’est la tension des parois des ventricules, des lèvres supérieures de la glotte, et des bords de l’ouverture supérieure du larynx : aussi on peut

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