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les diviser sans détruire la voix ; mais cette division l’altère.

D’après tous ces faits , il me parait que la voix est produite ou par les vibrations que le frôlement de l’air sur les lèvres inférieures de la glotte détermine dans ces organes , on par les vibrations que l’air éprouve en se brisant contre ces mêmes organes, car il est permis de douter que des lames aussi courtes puissent produire des sons par leurs vibrations, et surtout les sons de la voix.

Ses divers modes de la voix et de leur mécanisme . — La voix offre mille modifications chez les divers individus, et encore chez le même individu, suivant les passions qui l’agitent, suivant l’impression qu’il reçoit ou qu’il veut communiquer et produire, et suivant une infinité de circonstances.

De la voix forte et de la voix faible. — La voix forte s’entend de beaucoup plus loin que la voix faible ; dans la voix forte , l’air est chassé de la poitrine avec plus d’énergie et de rapidité que dans la voix faible. Ce n’est pas cependant la seule circonstance qui lui donne ces caractères ; car , s’il est vrai que la force de la voix ait une certaine proportion avec la force et la faiblesse des individus , il est vrai aussi que l’on observe quelquefois précisément l’inverse. Le timbre des voix sonores paraît augmenter leur force et leur éclat.

De la voix haute et de la voix basse. — La voix haute difière de la voix basse par sa force et son étendue ; mais elle en diffère probablement davantage par son timbre , et c’est peut-être surtout la différence du timbre qui les caractérise. Aussi la voix basse n’est pas nécessairement plus faible que la voix haute , et nous pouvons proférer à voix basse des sons plus forts que les plus faibles sons de la voix haute.

Des voix sonores et harmonieuses. — Le timbre, d’ailleurs, varie beaucoup dans la voix haute chez les divers individus; il peut être plus ou moins sonore, plus ou moins doux et agréable. 11 est sûr que ces différentes qualités dépendent de la structure des organes de la voix ; mais il nous est impossible d’en préciser les causes.

De la voix nasillarde — Le timbre de la voix devient nasillard quand le son retentit dans les fosses nasales , soit parce qu’il s’écoule en grande partie par leur cavité, soit parce que leur rétrécissement ou leur oblitération le retenant, comme dans une caisse, il en fait alors résonner les parois •• aussi les sent-on vibrer lorsqu’on parle volontairement en nasillant, et qu’on prononce ainsi des sons qui ne sont pas naturellement articulés par le nez, comme le sont ceux qu’on nomme nasaux.

De la voix grave et de la voix aiguë. — Nous pouvons prendre à notre volonté une voix grave ou une voix aiguë, car la voix humaine parcourt, même aisément, une étendue dé trois octaves, chez un même individu , et de quatre chez deux individus différents , dont l’un a la voix naturellement grave et l’autre naturellement aiguë. Dans les sons graves qui donnent la voix de poitrine , l’air est expiré et chassé de la poitrine avec peu de force et de rapidité; les lèvres de la glotte se tendent à peine, leurs vibrations sont peu rapides , celles du larynx et de toute la région de la gorge sont trcssensibles à la main , l’isthme du gosier est largement ouvert et le voile du palais abaissé et en

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repos; l’ouverture de la glotte est béante et peu resserrée; les lèvres qui ne se touchent pas restent libres dans toute leur longueur , le larynx se tient abaissé parles sterno-thyroïdiens et aussi les scapulo et sterno-hyoïdiens ; mais le premier de ces muscles le dilate en ouvrant les ailes du thyroïde.

Dans les sorts aigus qui forment la voix de tête et au-delà de celle-ci le fausset , l’air est expiré avec un effort et une rapidité très-variable, s’écoulant tantôt doucement et avec lenteur, et tantôt violemment et avec vitesse. Cependant les lèvres inférieures de la glotte sont fortement tendues, les vibrations excessivement rapides , la glotte se resserre en travers et se rétrécit par l'application de ses lèvres l’une contre l’autre, d’avant en arrière, et plus elle se raccourcit plus les sons deviennent aigus et perçants ; les parois des ventricules , les lèvres supérieures de la glotte et les bords de l’ouverture supérieure du larynx se tendent également , et cette action resserre et efface même en partie la cavité des ventricules. Le larynx et le pharynx s’élèvent et se resserrent en même temps. La trachée-artère elle-même, tirée en haut, se rétrécit un peu. Cependant le voile du palais s’élève, s’étend et se courbe en voûte; la luette se raccourcit etc...

Le cri semble la forme de la voix la plus naturelle, la plus instinctive, la moins perfectionnée par la civilisation ; il semble aussi que ce soit celle où le timbre est le moins modifié par le corps de résonnement. Néanmoins il est loin d’être identique et varie déjà lui-même beaucoup suivant les individus et les causes qui le provoquent. 11 en est de même de l’intensité et du ton. Les causes prochaines qui les déterminent y apportent mille nuances dont l’expérience seule peut nous donner le sentiment et qui nous remuent de mille manières.

Voix de citant. — Ornée des agréments du chant, la voix frappe notre oreille de sons résonnants, prolongés et continus, infiniment plus agréables par leur résonnement, leur continuité, que les sons secs et entrecoupés de la parole , qui ressemble plus à une suite do bruits divers qu’à de véritables sons. Cette différence est si considérable qu’on ne saurait préjuger la voix de la parole d’après la voix du chant, ni celle-ci d’après la première. Elle est telle encore, qu’une personne dont la voix parlée est désagréable à entendre, peut être douée d’une voix de chant délicieuse. C’est sous cette forme que la voix humaine révèle toute sa puissance , parce que la voix de chant çst une langue passionnée; sous cette forme elle réveille notre âme engourdie, dissipe scs chagrins, égaie ses ennuis, abrège pour elle le temps de la vie, la plonge dans les ravissements de l’extase, ou l’endort aux charmes magiques des chansons.

Voix de la parole ou parole. Enrichie des articulations de la parole, la voix ne donne plus qu’une série de sons saccadés, entrecoupés et dépouillésde cette résonnance harmonieuse si agréable à l’oreille dans la voix du chant; mais si la parole n’est pas la langue des passions, elle offre à l’esprit une précision qui en fait la langue de l’intelligence. Cette articulation des sons, ou prononciation , est la modification que le pharynx, la bouche et les fosses nasales impriment simultanément à la voix produite par le larynx pendant le phénomène de l’ex-

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piration : les deux premiers de ces organes par leurs mouvements, et le troisième par ceux du voile du palais.

11 y a une autre prononciation bien singulière, qui s’exécute pendant l’inspiration de l’air que le larynx doit mettre en vibration , en sorte que si habituellement la parole est produite par le pharynx ou la bouche, qui pétrissent, si je puis employer cette expression, les sons à leur passage, il est cependant, jusqu’à un certain point, possible aussi de prononcer les sons pour ainsi dire avant qu’ils soient nés.

L’analyse a deux choses à examiner dans la prononciation : la production des sons et leur conjugaison.

La parole se compose de deux ordres de sons distincts : les voyelles et les consonnes. La doctrine que je professe à cet égard diffère entièrement de ce que nous enseignent les grammairiens et les physiologistes. Jeregrette que lç défaut d’espace m’empêche de développer actuellement comme je l’ai fait dans ma Physiologie médicale, les principes sur lesquels je m’appuie. Cependant je vais donner ici le tableau des voyelles et des consonnes, telles que je les admets, renvoyant pour les détails à l’ouvrage précité (t. I, 2e part., p. 777 et suiv.).

Les voyelles sont : 1° a, ê; 2° é, i; 3° o, ou, eu, u; 4° in, an, on, un.

Les consonnes sont : 1° les labiales b, p ; 2° les dento-labiales v. f; 3° c des Espagnols dans cinco (cinq), z du même peuple dans zona, th des Anglais dans tliat ; 4° les linguales antérieures sifflantes z, s, j, ch, de char; 5° les ling taies antérieures muettes l, r, cl, t ; 6° les linguales ye de moyen. Dieu, lieu de Mathieu, prononcé en une seule syllabe, ch du j mot allemand licht (chandelle) ; lie de feuille, g de I gand, q de quai; 7° les gutturales j des Espagnols | dans juez (juge); ou ch des Allemands dans machen (faire); x doucement grasseyé; 8° les nasdes m , n , gne de ligne; 9° h aspirée.

La conjugaison des S'ms consiste dans la prononciation successive des voyelles et des consonnes, ou mieux, des syllabes de la parole humaine. Tous les sons prononcés séparément les uns des autres, quoique les uns après les autres, forment des syllabes. Ainsi dans abandonner il y a quatre syllabes, parce que l’on prononce séparément et l’un après i’auire les sons a-ban-don-ner. La conjugaison des syllabes est plus difficile que leur prononciation . séparée, parce que, chaque syllabe exigeant des mouvements différents, il est plus difficile dépasser de l’une à l’autre que de la prononcer. L’articulation est d’ailleurs d’autant plus difficile, que les mouvements diffèrent davantage. C’est pourquoi les bègues, qui prononcent si aisément les syllabes séparées, ont tant de peine à les prononcer de suite ! et à les conjuguer avec précision sans s’interrompre.

Parole accentuée. La parole accentuée passe légèrement sur certains sons articulés , appuie davantage sur d’autres”, prononce d’une manière brève et rapide certaines syllabes , en articule d’autres plus lentement et plus longuement. Ce mode de langage s’observe surtout dans les pays méridionaux, où les passions comme l’esprit ont plus de vivacité que dans les contrées septentrionales. On dirait que l’expression propre à chaque mot de la

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langue en usage y étant insuffisante pour l’abondance, la vivacité du sentiment et de la pensée, les habitants y suppléent par l’addition des accents.

, Déclamation . La voix de la déclamation tient au cri par les éclats, au chant par la résonnance des sons, à la parole par son articulation, et à la parole accentuée par ses inflexions. C’est le langage de la passion qui s’observe et qui cherche à modifier le langage simple de la nature. Du reste, il ne paraît guère moins naturel à l’homme sauvage qu’à l’homme civilisé; il naît des circonstances: un Barbare qui porte à d’autres Barbares des offres de paix ou des menaces de guerre, déploie dans son débit une pompe qu’il ne met assurément pas pour parler au sauvage son voisin.

On a voulu comparer l’instrument de la voix humaine à différents instruments de musique. Pour nous, et c’est par cela que nous terminerons, nous pensons qu’il participe de plusieurs, tout en différant trop notablement de chacun d’eux, pour que l’on puisse établir un parallèle sérieux.

P. N. Gerdy

Professeur de pathologie- externe à la Faculté de médecine de Paris, chirurgien de l'hôpital de la Charité, etc.

volatil ( physiq .), adi.,volatilis, qui se transforme facilëment en vapeur ou en gaz. Alcali volatil. (Y. Ammoniaque.)

voltaïque ( phys .), adj. Se disait des phénomènes électriques qui se rapportent à la pile de Volta; ce mot est synonyme de galvanisme ■ (F. ce mot.)

volvulus ( palh .), s m. On donne ce nom à une maladie caractérisée par des coliques violentes et profondes, souvent accompagnées de vomissements; il est synonyme d 'Iléus- (V. Colique et Intestin .)

vomer ( anat ■), s. m , mot latin conservé en français et qui signifie soc de charrue ; c’est le nom donné à un os très-mince, quadrilatère, placé de champ dans les fosses nasales, dont il forme la cloison dans leur partie la plus reculée. Son bord supérieur se dédouble en deux lames, reçues chacune dans un sillon creusé à la partie inférieure du sphénoïde. Son bord inférieur estreçu dans une rainure qui existe à l’union des deux os palatins. Le bord postérieur est libre et regarde la cavité gutturale ; l’antérieur s’unit avec la lame perpendiculaire de l’ethmoïde et avec le cartilage de la cloison. J. B.

vomïçuîe (palh.), s. f., vomica, de vomere, vomir. Les anciens donnaient ce nom aux abcès développés dans tout organe parenchymateux, il s’applique plutôt aujourd'hui aux collections purulentes formées dans le poumon. (Voy, Pneumonie.)

vomisssmekt ( pliysiol . palh.), s. m.,vomitus, en grec émétos. Le vo.missement est un phénomène convulsif qui a pour résultat l’expulsion par la bouche des matières contenues dans l’estomac. Le vomissement est précédé d’une sensation interne très-pénible, très-désagréable, qui en marque le besoin : c’est la nausée; elle est du reste indéfinissable comme toute sensation; mais il n’est

personne qui ne l’ait éprouvée, et qui, l’ayant éprouvée, n’en conserve parfaitement le souvenir. Nous verrons plus bas, à l’occasion du vomissement considéré sous le rapport pathologique, quelles sont les causes qui peuvent le produire.

Les auteurs ne sont pas d’accord sur le mécanisme du vomissement. Autrefois on regardait généralement ce phénomène comme résultant d’un mouvement de contraction de l’estomac, qui, au lieu de se faire de l’embouchure de l’œsophage vers le pylore par le mouvement normal ou péristaltique, avait lien en sens inverse, c’est-à-dire du pylore vers le cardia par un mouvement antipéristaltique : alors, disait-on, les matières renfermées dans le ventricule sont refoulées dans l’œsophage, d’où elles arrivent jusque dans le pharynx et enfin dans la bouche. Bayle, Chirac, Sénac ont avancé que l’estomac était passif dans l’acte du vomissement, et que les matières étaient chassées par la contraction du diaphragme et des muscles de l’abdomen. D’un autre côté Littré, Haller, Lieutand, combattirent cette doctrine, qui a été reprise de nos jours par M. Magendie.

Dans une série d’expériences très-bien faites, Béclard ayant étudié l’action des puissances qui peuvent produire le vomissement, est arrivé aux conclusions suivantes : l’estomac n’agit pas activement, il est seulement l’organe duquel émane l’irradiation sympathique qui fait conlracter les muscles voisins. Dans un premier temps, l’estomac est pressé, comprimé par ces muscles (diaphragme, muscles abdominaux) et tiraillé par l’œsophage qui en retire les matières qui y sont renfermées. Dans un second temps, ces matières arrivées dans l’œsophage sont rejetées à l’extérieur par la contraction antipéristaltique de ce dernier. Le mécanisme par lequel ces matières sont rejetées au-dchors, est précisément l’inverse de celui de la déglutition; mais comme ici les mouvements sont irréguliers et convulsifs, la glotte n’est pas toujours très-exactement fermée et il peut y pénétrer quelques par celles des matières vomies, qui tombent jusque dans lelarynxetles voies aériennes, d’oùrésultent des accidents de suffocation. Du reste cette occlusion spasmodique de la gtaâe dans le vomissement amène la coloration de la face, le gonflement des veines, il y a sécrétion de larmes, etc. Des vomissements violents ont donné lieu à desaccidents de diverses natures; d’abord les contractions violentes et générales des muscles ont déterminé la rupture des muscles droits antérieurs de l’abdomen. On a vu, dans les mêmes circonstances et par suite de la gêne de la circulation résultant de l’occlusion de la glotte, survenir une rupture du cœur, une attaque d’apoplexie, etc.

En général le vomissement s’accompagne d’un sentiment d’angoisse et d’anxiété très-pénible, le corps se couvre de sueur, et une fatigue plus ou moins grande, quelquefois avec douleur à la région épigastrique et dans les muscles abdominaux, en est la conséquence.

Les matières rejetées par le vomissement sont de diverses sortes : 1“ taniôtce sont des substances qui se rencontrent normalement dans l’économie, telles que des mucosités, de la bile, du sang, purs ou mélangés entre eux; 2° ailleurs, ce sont des produits anormaux ou accidentels, du pus, prove-

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nant le plus souvent d’un abcès qui s’est fait jour dans l’estomac et venant d'un organe plus ou moins éloigné; des fausses membranes, des hydatides, des vers, etc.; 3° ailleurs enfin, ce sont des matières étrangères venant du dehors, des aliments à différents degrés d’assimilation, voire même des matières fécales , des boissons, différents corps étrangers avalés ou ayant pénétré dans l’estomac par une voie quelconque.

Envisagé au point de vue de ces causes, le vomissement est idiopathique ou essentiel, symptomatique ou sympathique.

1° J’appelle idiopathique ou essentiel, celui qui ne peut être rapporté à une maladie de l’estomac et qui ne s’accompagne d’aucun autre symptôme : tels sont certains vomissements purement nerveux, et ceux qui succèdent à l’absorption des substances vomitives, l’émétique par exemple. Enfin il faut peut-être regarder comme essentiels les phénomènes si connus du mal de mer. Y. Mer (Mal de).

2° Le vomissement symptomatique dépend d’une maladie de l’estomac: c’est l’embarras gastrique, la gastrite simple et spontanée ou suite d’empoisonnement; le ramollissement, le cancer de l’estomac, etc.

3° Enfin le vomissement est dit sympathique quand il est occasionné par l’action d’un organe plus ou moins éloigné : ainsi tout le monde sait que le chatouillement de la gorge avec les barbes d’une plume suffit pour déterminer; les maladies de différents organes réagissent sur l’estomac de manière à produire le même phénomène. C’est ce qui arrive communément dans les inflammations du cerveau et de ses membranes; dans certaines irritations de l’œil, dans beaucoup de bronchites, dans la coqueluche, dans les irritations et inflammations du foie, des reins, du péritoine, de la vessie, de la matrice; dans les maladies des intestins, surtout quand il y a obstruction de cours des matières dans ceux-ci , comme dans l’ileus, les hernies étranglées, etc. Le vomissement est un phénojnène sympathique presque pathognomonique de la grossesse, ou de la suppression1 des menstrues. Quelquefois il dure pendant toute la gestation.

Enfin.il s’observe dans beaucoup de maladies générales, et surtout dans les névroses, dans l’hysterie, dans la colique de plomb, dans le choléra-morbus; à la suite, des émotions morales, vives, par l’effet de l’excitation cérébrale qui accompagne les troubles violents de l’âme.

Le rôle que joue le vomissement dans ces différentes circonstances démontre l’importance et la valeur de ce symptôme dans le diagnostic et le pronostic des maladies ; mais nous ne pouvons pas nous y arrêter ici.

Envisagé au point de vue delà thérapeutique, le phénomène qui nous occupe donne prise à des considérations qui se rattachent à deux intentions tout à-fait différentes. 1° Traiter le vomissement comme accident, morbide pour le faire cesser ; 2° se servir du vomissement comme moyen curatif pour traiter des états pathologiques divers.

1° Pour combattre le vomissement il est indispensable de remontera la cause, etd’étabür s’il est essentiel, symptomatique d’une maladie de l'csto mac, ou bien sympathique. Le premier , l'essentiel

ou idiopathique, se traite par les médications antivomitives proprement dites, la diminution de boié*sons, l’usage de la glace à l’intérieur par petits fragments, de l’eau deseltz, de la potion de Rivière, des acides; et même dans certains cas, et en vertu d’un vieil aphoi isme ( Vomitus vomitu envahir) , on pourra employer les vomitifs eux-mêmes : le succès de cette médication a été bien évident pour nous dans certains cas de choléra. Si ces moyens échouent il faut quelquefois avoir recours à des moyens extérieurs, l’application de la3 glace sur la région de l’estomac, des révulsifs éner-* giques sur cette même partie, vésicatoires, voire même raoxas ou les cautérisations par le fer rouge. La potion de Rivière se compose avec 8 gram. de bicarbonate de potasse et une once de suc de citron, ou de sirop de limon; elle agit par le gaz' acide carbonique qui se développe dans l’estomac; elle peut être remplacée par l’eau de sellz, ou tout autre eau, contenant une proportion notable d’acide carbonique.

Le vomissement symptomatique d’une affection organique de l’estomac exige que l’on traite la maladie principale. J’en dirai autant de celui qui est symptomatique de l’affection d’un organe plus ou moins éloigné.

2° On se sert du vomissement dans des intentions différentes.

a. Tantôt c’est pour fairerejeterun corps étranger introduit dans l’estomac, ou bien des substances vénéneuses, ou pour faciliter l’expulsion de fausses membranes, comme dans le croup.

b. D’autres fois c’est pour réveiller la vitalité endormie de l’estomac, modifier ses propriétés vitales par une perturbation. C’est ce qui arrive dans l’embarras gastrique, dans la colique des peintres, dans certaines dyssenteries rebelles, etc.

c. Enfin, c’est comme révulsif, dans diverses affect ions d’organes plus ou moins éloignés, dans les maladies des yeux par exemple, certaines céphalalgies, etc., etc.

E. Reaugrand.

vomitif [thêrap.), s. f ,,vomitorius, de v orner e, vomir. On donne ce nom à toute substance jouissant de la propriété de provoquer les vomissemenls. Le nombre des substances vomitives employées en médecine est très-peu considérable ; c’est qu’en effet l’émétique (V. Antimoine) remplit si bien l’inidication du vomissement, et d’une manière si certaine, si constante, qu’il n’est pas nécessaire d’avoir à son service un grand nombre de succédanés. Généralement les praticiens lui préfèrent l’ipécacuanhachez les jeunes enfants et chez les femmes délicates ; on croit l’action de ce dernier plus douce.

Outre leur effet local, qui est de provoquer les secousses convulsives de l’estomac, les vomitifs , mais surtout l’émétique, ont une action' générale ou dynamique, qui consiste dans un malaise général, sentiment marqué de faiblesse, ralentissement du pouls, sueurs froides, partielles, refroidissement des extrémités, en un mot, symptômes d’abattement que l’école italienne désigne sous le nom d ’hyposthénisation. C’est surtout quand l’émétique est administré à haute dose, que ces accidents se manifestent, et souvent alors il n’y pas de vomissement.

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