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physiques ne permet pas d’admettre que des nuances si faibles dans le mode de préparation soient de nature à apporter des modifications assez grandes dans les principes pour produire des effets contraires.
Ce légume forme une ressource alimentaire trèsprécieuse dans les pays où on le cultive abondamment; malheureusement tous les climats et tous les sols ne lui sont pas favorables ; on ne le cultive guère en France qu’aux environs de Soissons et dans les départements d’Eure-et-Loire et de la Haute-Loire. Il redoute les terrains froids et humides, les feux du midi, et les glaces du nord. Les principes que renferment les lentilles sont, pour la plupart, très-nourrissants et d’une facile digestion, surtout lorsqu’ainsi qu’on le pratique en Angleterre, on en opère la décortication. Celte opération s’effectue en les faisant passer entre deux meules convenablement espacées. Criblées et réduites simplement en farine, on en prépare une purée très-légère et très-agréable; on fait aussi entrer la lentille sous cette forme dans la composition du pain de ménage; elle le rend très bis, mais trèssavoureux et très- substantiel. On était autrefois dans l’usage de provoquer la germination des lentilles avant de les faire cuire. Cette pratique avait évidemment pour objet d’y effectuer le développement d’un principe sucré; mais elle n’était probablement pas sans inconvénient, car elle est complètement tombée en désuétude.
Il résulte de l’analyse de ce fruit par Ëinof, que sa semence, desséchée, secompose d’extrait doux, de gomme, — d’amidon, — de glaïadine, — d’albumine et de phosphate de chaux. — Fourcroy et Vauquelin ont analysé l’enveloppe membraneuse et y ont trouvé une huile épaisse et du tannin.
Les lentilles se conservent assez facilement; mais si elles résistent aux intempéries, elles ont le grave inconvénient d’être souvent attaquées par une sorte de puceron qui les dévore, ou plutôt qui s’y loge, comme l’a judicieusement remarqué M. Audouin. On les en débarrasse en les exposant au four ou à l’étuve, ensuite on crible ou on vanne.
Les variétés cultivées sont la grosse lentille, lentille commune, lentille blonde ; elle est plate, assez grosse, très-farineuse; elle partage avec le haricot l’honneur déformer la nourriture la plus ordinaire du pauvre; la lentille à la reine, rouge ou petite ; elle est généralement plus convexe et moins
farineuse que la précédente; elle est plus savoureuse et vue avec plus de faveur par les artistes culinaires, car elle figure quelquefois sur les tables somptueuses.
L’une et l’autre variétés, attendu la facilité avec laquelle elles se conservent , sont d’un très-utile secours pour la nourriture des équipages dans les expéditions maritimes de long cours. Elles forment un objet de commerce assez important.
La farine de lentille est réputée résolutive; on l’emploie sous forme de cataplasme.
COUVERCKEE.
Membre de l’Académie de médecine.
lenticulaire ou lentiforme , adj. de (lens , lentille), qui a la forme arrondie d’une lentille. On
appelle couteau lenticulaire, un couteau étroit et très-épais terminé par un bouton , et qui sert dans la trépanation à ratisser la circonférence de l’ouverture faite à l’os parla couronne du trépan.
L’os lenticulaire est le plus petit des osselets de l’oreille interne (F. Audition). Le ganglion nerveux renfermé dans la cavité de l’orbite, et quiest connu sous le nom de ganglion ophthalmique, est quelquefois appelé ganglion lenticulaire. 3. B.
léontiasis (path.) s. m. Synonyme d’éléphantiâsis. (Y. ce mot.)
lèpre. ( path ), s. f. lepra. Les auteurs ne sont pas plus d’accord sur l’étymologie du mot lèpre que sur le genre de maladie auquel ce nom doit être spécialement affecté. Nous n’avons pas l’intention de débrouiller un semblable chaos ; toutefois l’intérêt qui s’attache à cette question, l’importance des documens historiques qui s’y rapportent nous engagent à entrer dans quelques détails. Et d’abord, suivant les uns, etici l’autorité d’Actuarius, médecin grec du treizième siècle, leur vient en aide, le mot lèpre serait dérivé de lepis, écaille, d’où lepira , maladie écailleuse ; suivant d’autres , et leur autorité repose sur le commentateur du poète méd ecin Nican dre (qui florissai 1 1 40 an s avan t J .-C .), la véritable racine seraittepos, rude, rugueux, inégal ; cette dernière étymologie n’est pas généralement admise par les médecins, qui s’en réfèrent à Actuarius , tandis que les hellénistes préfèrent la seconde, plus régulière, grammaticalement parlant, et s’appliquant tout aussi bien à la maladie que les anciens Grecs voulaient caractériser. Passons à l’examen de cette dernière.
Au mot lèpre s'attache l’idée d’une affection de la peau hideuse, repoussante pour celui qui la contemple, formidable et même mortelle pour le malheureux qui en est affecté. Comme on l’a vuparl’étymologie, c’est aux Grecs que cette expression est empruntée, c’est donc chez les Grecs qu’il faut chercher la définition et les caractères de la maladie qu’ils désignaient ainsi. Si nous remontons aux livres hippocratiques, les plus anciens que possèd e notre art, nous trouverons bien cette affection mentionnée dans plusieurs endroits avec d’autres maladies dé la peau, mais sans définition, sans description. Si maintenant nous arrivons aux auteurs qui en ont le mieux parlé, Archigène (dans Aétius, Tetrab. IV, serm. I. cap. 134) et Paul d’Egine (lib. IY, cap. II), nous voyons que le premier en fait une lésion rugueuse et rude au toucher, prurigineuse, superficielle, caractérisée par des écailles semblables à celles des grands poissons et ne s'étendant pas par cercles comme le lichen agrius. Pour le second , la lèpre est comme la gale, une affection qui attaque la peau et peut entraîner la consomption, mais la première, plus prof onde, marche par cercles, et donna lieu à de petites écailles. Ainsi, pour Archigène, la lèpre ne présente point une forme arrondie, tandis que suivant Paul d’Egine, elle offre ce caractère. Le second dit qu’elle agit profondément, tandis que pour le premier elle est superficielle. I)u reste, tous deux sont en partie d’accord sur un point, l’aspect écailleux de la maladie ; mais l’un
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veut que les écailles soient grandes , l’autre dit qu’elles sont petites : s’agit-il de la même maladie? Non, évidemment. Tout ce que l’on peut dire c’est qu’il est sans doute question de quelque forme de la dartre squameuse ou de lafurfuracée arrondie (Y. Herpès). Dans tous les cas, il n’y a rien là qui ressemble à l’ éléphantiasis ( Yoy. ce mot), car ces deux auteurs le décrivent soigneusement sous ce nom, et les phénomènes sont bien différents. Ce sont les Arabes qui, les premiers, comme le fait observer le savant Lorry, ont donné le nom de lèpre à V éléphantiasis , c’est ainsi que cette dernière affection se trouve rendue par le mot lepra dans la traduction d’Avicenne, et les traducteurs ont bien soin de mentionner qu’il s’agit de Y éléphantiasis des Grecs. Les auteurs du moyenâge, bien que suivant les Arabes à la trace, décrivirent différentes affections sous le nom de lèpre, mais l’usage prévalut, et pendant tout le moyenâge, cette expression fut réservée pour caractériser Y éléphantiasis.
On a beaucoup discuté la question de savoir ce qu’était la lèpre des Hébreux, décrite ou plutôt indiquée par Moïse dans le Lévitique (chap. XIII et XIV) . Pour arriver à la solution de ce curieux problème historique, parlons d’abord d'une autre affection cutanée fort grave mentionnée par Hippocrate et décrite par les anciens Grecs sous le nom de leucé. Celse. Galien, Aèlius, Paul d’Egine, etc., sont unanimes pour désigner ainsi une affection cutanée consistant dans des taches blanches avec insensibilité de la peau , et au niveau desquelles les poils ont pris une couleur blanche ; cette décoloration pénètre profondément , atteint les chairs jusqu’à l’os , et les transforme en une sorte de tissu lardacé. Coupées ou piquées suivant l’expérience diagnostique proposée par Celse, les parties ainsi altérées ne font éprouver aucune douleur et ne laissent pas écouler de sang , c’est ce qui distingue la. leucé d’une lésion analogue, mais qui n’attaque pas les tissus sous-cutanés et que les auteurs grecs désignent sous le nom d 'alphos : les Arabes et leurs copistes suivirent à la lettre les détails donnés par les auteurs que nous avons cités, seulement ils nommèrent haras ou albaras (avec l’article al) la leucé des Grecs , et morphœa Y alphos de ces derniers. Revenons maintenant à la lèpre hébraïque ou de Moïse. D’après les détails fort obscurs dans lesquels entre le législateur sacré, on voit qu’il regarde comme lèpre des plaques blanches plus déprimées que le reste de la peau, au niveau desquelles le poil est devenu blanc, quelquefois ulcérées et couvertes de chair vive ; il y a là, comme on le voit, la plus grande analogie avec la leucé. On peut en dire autant de la fameuse maladie de Job , dont l’histoire, empruntée à un auteur arabe fort ancien, se trouve consignée parmi les livres sacrés.
En résumé, on peut dire que la lèpre des Grecs était une maladie de la peau caractérisée surtout par de larges squames ou de petites écailles, plus tard ce nom fut appliqué à Y éléphantiasis , dont feu notre savant collaborateur Aiiberta donné une description si animée ( tome I de ce Dict. ) , et
enfin la lèpre de la Bible n’est autre chose que la leucé des Grecs.
Une autreopiuion, quiaélé vivement combattue, consiste à voir dans la lèpre la maladie syphilitique, mais cette opinion ne saurait être soutenue, et en dépit du fameux compilateur don Calmet, dont Voltaire s'est si bien et si justement moqué, il est évident aujourd’hui, d’après les auteurs qui ont écrit à la fin du quinzième siècle et au commencement du seizième, que la maladie syphilitique date précisément de celte époque. Coradin Gilini ( 1497 ) , Nicolas Leoniceno ( 1497 ) , Gaspard Torella (150o), Jean de Yigo (1503), etc., etc., sont unanimes à cet égard (V. Syphilis).
Dans la classification de M. Alibert , la lèpre forme un groupe bien dislincl dans lequel se trouvent réunies plusieurs affections graves delà peau.
Ce sont les suivantes : d’abord la leucé, maladie extrêmement rare de nos jours et dont Alibert s’est efforcé de reconstituer le tableau d’après la description ancienne et quelques observations modernes plus ou moins analogues à celte remarquable dermatose ; en second lieu, la spiloplaxie, à laquelle l’auteur rattache le malum mortuum ou mal Saint-Main du moyen-âge, et la lepra indica de Boerhaave , dont les descriptions obscures et confuses, consignées dans les auteurs du temps, ne laissent que doute et incertitude sur la nature réelle de la maladie; troisièmement Y éléphantiasis terme collectif sous lequel il décrit Y éléphantiasis des Grecs ( lèpre des croisades ) et Y éléphantiasis des Arabes ( caractérisé par d’énormes hypertrophies des membres et deslissus).Ces deux maladies n’ont de commun que le nom et ne devraient pas être réunies dans un même genre; enfin en quatrième lieu, la radezyge ou lèpre du Nord, dont les recherches récentes de notre ami,M. Ch. Martins, pendant son voyage au Spilzberg, ont établi l’identité avec Y éléphantiasis des Grecs.
Il nous reste maintenant quelque chose à dire de la séquestration des lépreux et de l'extension de la lèpre en Occident pendant le moyen-âge.
Moïse, après examen fait, voulait que l’homme reconnu atteint de la maladie en question fut regardé comme impur, et qu’il demeurât seul, hors du camp (Lévitique, chap. XIII, v. 45 , 46). Cette coutume était assez généralement répandue.
Ailleurs, comme on le voit dans Arétée , c’étaient les lépreux eux-mêmes, en Orient, qui s’enfuyaient dans les montagnes pour y chercher la solitude , et alors , tantôt les habilans subvenaient à leur misérable existence, tantôt, au contraire, on les abandonnait à leur infortune, afin qu’ils préféras- J sent la mort à tant de souffrances ; mais, dans ces cas du moins, la séquestration avait été volontaire. Cælius Aurelianus blâme cette conduite comme j contraire à l’humanité et veut que l’on s’efforce de guérir la maladie , et non que l’on bannisse le malade. « Tout est beau, tout est bon, tout est juste ,) dans le livre saint, dit malignement Peyrilhe » (. hist . de la chirurgie, p. 225), et Dieu lui-même , » avait ordonné à Moïse de chasser les lépreux du » camp; mais notre faible humanité, quoique pé- I
» nétrée du plus profond respect pour les sublimes I
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» vues du divin législateur, ne laisse pas d’accor- » der des éloges à la charité vive et agissante du » médecin païen. »
Suivant Hensler et M. Dezéimeris, tantôtla lèpre fut transmise aux Européens par des émigrations de Juifs, tantôt par des Arabes qui l’avaient puisée en Egypte , sur les côtes de Barbarie , ou dans d’autres contrées de l’Orient, et qui l’importaient en Espagne, en Italie et sur le littoral du midi de la France. Elle se répandit chez les Lombards vers 641 , et le roi Rotharis renouvela, avec plus de rigueur encore, les sévères prescriptions du législateur des Hébreux. Les malades furent déclarés mortscivilement, dépouillés de leurs biens et réduits aux seuls secours de la charité publique. Char’emagne fut obligé de recourir à des moyens semblables (Capitulaires) ; mais c’est à la suite des croisades que la lèpre prit une extension vraiment effrayante; danslesXIIe et XIIIe siècles l’Europe en fut empestée.
Tout sujet atteint de la lèpre était banni de la cité , séquestré dans une petite hutte isolée et retranché de la communion des fidèles. Nous ne pouvons résister au désir de rapporter les curieuses cérémonies qui accompagnaient ces funérailles d’un vivant. « On célébrait en sa présence, dit un b auteur moderne , l’office des morts; puis après b avoir béni tous les ustensiles qui devaient lui b servir dans la solitude, et après que chaque asb sistant lui eut donné son aumône, le clergé, pré- » cédé delà croix et accompagné de tous les fidèles,
» le conduisait à une hutte isolée qu’on lui assi- » gnait pour demeure. Sur le toit de cette hutte » le prêtre plaçait de la terre du cimetière en dib sani : « Sis mortuus mundo , vivens iterum Deo » ( meurs au monde et renais à Dieu ) ; » le prêtre b lui adressait ensuite un discours consolateur où » il lui faisait entrevoir les joies du paradis et sa
« communication spirituelle avec l’église, dont les
b prières lui étaient acquises dans sa solitude plus » encore qu’auparavant, puis il plantait une croix b de bois devant la porte de la hutte, y suspen- » dait un tronc pour recevoir l’aumône des pas- ’b sants et tout le monde s’éloignait. A Pâques
b seulement les lépreux pouvaient sortir de leurs
b tombeaux, comme le Christ lui-même, et entrer b pendant quelques jours dans les villes et vilb lages pour participer à la joie universelle de la b chrétienté. Quand ils mouraient ainsi isolés, on b célébrait leurs funérailles avec l’office des confesb seursnon évêques ( hist . de Ste-Elisabeth de Hongrie, b par le comte de Montalembert, 1839). b Ecoutons d après le professeur Alibert quelques détails sur la conduite que devait tenir le lépreux. Il lui était expressément enjoint de ne pas sortir sans son habit de lépreux ; on lui interdisait d’entrer dans les temples, dans les moulins, dans les lieux où l’on cuisait du pain, où l’on préparait des comestibles ■ il ne pouvait laver son linge dans les fontaines ou dans les ruisseaux crainte de les infecter; il ne pouvait toucher les fruits ou autres denrées qu’il voulait acheter qu’avec une baguette, à l’aide de laquelle il indiquait d’une manière plus précise ce dont il avait besoin. Défense était faite au lé-
preux de répondre à ceux qui l’interrogeaient dans les rues , et à ceux qui se présentaient sur son passage, à moins qu’il ne fût sous le vent, de/ manière à ne pas les incommoder de son haleine et de l’odeur fétide qui s’exhalait de son corps. Il ne pouvait passer dans des chemins étroits sans faire retentir l’air du bruit alarmant de ses cliquettes. A ce bruit tout le monde se retirait pour éviter la contagion et ses horreurs. (Alibert, monogr. des Dermat. t. II, p. 22t.)
Mais il fut un temps où dans certaines localités le nombre des lépreux devint si considérable que le nombre des huttes ou cases qu’on leur construi sait hors de l’enceinte des villes était insuffisant Ce fut alors qu’on établit de vastes 'édifices nom més léproseries , méselleries, ladreries , maladreries (des différents noms qu’on donnait à la lèpre), ou lazarets ( de Sl-Lazare, patron d’un ordre de chevalerie institué pour soigner les lépreux). En 1224, le nombre de ces établissemens dans la chrétienté s’élevait à dix-neuf mille, au dire de l’historien Math. Pâris. Mai6 les progrès de l’hygiène et de la civilisation , l’assainissement des villes, firent enfin disparaître presqu’enlièremenl ce fléau, dont il reste à peine encore quelques vestiges dans certaines localités du midi de la France et de l’Europe. E. Beaugkand,
léproserie, s. f. Hôpital delépreux. (V. Lèpre.)
lésiow ( palh .), s. f. lœsio, de lœdere, blesser.) On appelle lésion toute perturbation apportée soit dans la texture des organes, soit dans leurs fonctions : de là, des lésions organiques ou matérielles, telles que plaies, contusions, dégénérescence, etc., et des lésions de fonctions, telles que le délire, la douleur, l’augmentation ou la diminution de certaines sécrétions, etc., etc....
lessive ( chim .), s. f. On désigne sous ce nom les liquides tenant en dissolution des sels alcalins, mais surtout la soude et la potasse provenant des cendres du bois. La lessive des savonniers est celle que l’on obtient en faisant bouillir le sous carbonate de soude avec la chaux, elle est caustique. On se sert assez souvent de l’eau de lessive pour administrer des bains de pieds irritants.
ï.sraARGiE (palh.), s. f. ( léthargia ; de lèthè, oubli, et argia paresse, torpeur). On appelle léthargie, un état de sommeil profond et apoplectiforme, d’où il n’est cependant pas impossible de tirer les malades : pendant les courts instants de réveil ils parlent sans savoir ce qu’ils disent, oublient ce qu’ils ont dit et retombent dans leur sommeil (V. Coma et Apoplexie). Dans le monde, on appelle léthargie un état d’anéantissement complet de toutes les facultés qui offre l’image de la mort. (V. Mort apparente.)
léthifère, adj.,sedit des choses qui donnent la mort.
leucophlegmatie (path.), s. f. ( leucophleg mafia, de leucos, blanc, et phlema phlegme). Quelques auteurs désignent ainsi l’anasarque ; pour d’autres, c’est l’inflammation des vaisseaux blancs. (V. Lymphatiques.)
leucorrhée (me'd.), s.f. (gr. leucos, blanc, rheô, 12*
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je coule), écoulement blanc, / lueurs Manches. C’est une maladie très-fréquente chez les femmes habitant les grandes villes , qui consiste , ainsi que les noms: Aa flueurs-, de pertes Manches l’indiquent , dans l’écoulement, par les parties génitales, d’un fluide blanchâtre, provenant d’une inûtatiom, le plus souvent ancienne, des membranes qui tapissent la matrice, et quelquefois la muqueuse de l- urèthre.
Certaines organisations y< sont naturellement prédisposées. Quand on voit une femme d’une carnation molle, dont la peau est décolorée, la circulation lente; qui a les extrémités des membres tuméfiées , et les jambes disposées à s’enfler, on peut assurer, qu’à moins de circonstances: d’hygiène et de régime les plus favorables,, elle ne parcourra pas sa vie entière sans éprouver quelques perles blanches-.
Cette maladie n’offre d’ailleurs pas toujours les mômes caractères, èt peut provenir de différentes causes. Souvent elle est liée à la faiblesse même, à l’état sympathique de la constitution ; on conçoit alors pourquoi une manière de vivre contraire aux règles de l’hygiène, l’habitation des lieux humides et peu éclairés, une nourriture insuffisante et indigeste, peuvent indirectement en déterminer l’apparition. C’est à tort cependant que certains aliments, comme les fruits aqueux, les boissons fermentées, le thé ou le café au lait , ont été signalés comme amenant inévitablement des flueurs blanches. Si leur Usage exclusif est nuisible, mêlés à d’autres substances nutritives, ils peuvent, au contraire, aider à une bonne alimentation. Il y a des jeunes filles à qui les pertes blanches ont été transmises héréditairement, et qui en ont souffert , pour ainsi: dire , depuis leur naissance. On peut regarder comme appartenant au même ordre les écoulements blanchâtres qui , chez beaucoup de femmes , précèdent et suivent le flux menr struel.
Quelquefois, c’est une irritation directe et immédiate des organes génitaux qui produit la maladie, comme dans les cas de pression exercée par un pessaire ou un autre corps étranger , ou bien encore un coup violent sur le bas-ventre La grossesse, quand elle est très-pénible, l’accouchement laborieux, les tentatives d’avortement elles excès dans les plaisirs de l’amour, doivent être rangés parmi les causes de même nature.
Il arrive encore que les pertes blanches sont le résultat sympathique d’une autre affection ,. telles sont celles qui surviennent chez les jeunes filles pendant la dentition, ou à l’époque de la puberté. Dans un âge plus avancé,, les grands chagrins et surtout ces irritations de l’estomac, connues sous le nom de Gastralgie, sont les causes sympathiques les plus habituelles de l’écoulement, qui peut se montrer encore après la suppression de quelques évacuations naturelles, ou venir comme crise heureuse dans certaines maladies , ainsi qu’on le voit parfois au déclin de la petite-vérole et de la rougeole; enfin , il y a d’anciennes affections vénériennes qui, perdant leur propriété contagieuse, se changent en véritables pertes blanches.
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U importe cependant de distinguer ces dernières des écoulements syphilitiques, ce qui n’est malheureusement pas facile. L’inflammation franche des membranes et la couleur verdâtre du. liquide répandu ne sont pas-des signes tellement propres à l.iufection. vénérienne, quüls. ne puissent se mon<~ trer aussi dans les pertes blanches à l’étal aigii, et comme il a été dit plus haut, quand les maladies sont devenues chroniques, tous leurs caractères: se confondent dans une ressemblance parfaite. Dernièrement M. Ricord a proposé d'inoculer une goutte du fluide douteux sur une partie éloignée de la peau , assurant que toutes les fois qu’il y a infection de syphilis , on ne saurait manquer consécutivement, de voir apparaître des pustules caractéristiques de. celte maladie. C’est là une tentative ingénieuse, mais les expériences n’ont pas été encore assez multipliées pour qu’on puisse accorder une confiance absolue au résultat annoncé.
La blennorrhagie uréthrale, écoulement par le canal de l’urèthre chez la femme, est un des meilleurs signes pour caractériser une infection syphilitique.
Il peut se former dans les ovaires et le tissu, cellulaire placé autour de la matrice et du vagin des abcès qui ont leur issue par les parties génitales externes ; dans ce cas, un examen attentif du fluide, dont la nature est constamment purulente, par conséquent d’une consistance épaisse et d’une apparence opaque, ne permettra jamais de le confondre avec les pertes blanches , qui sont, au contraire , visqueuses et plus ou moins transparentes.
Quand il y a inflammation vive de la matrice (métrite aiguë), l’écoulement est toujours mêlé de quelques stries sanguines noirâtres , et lorsqu’il s’agit d’une affection cancéreuse , il exhale une odeur {sut generis) fétide, et par son seul contact, irrite et excorie les parties externes. Ces signes, et la nature de la douleur qui est lancinante et plus aiguë, caractérisent suffisamment ces deux dernières maladies pour empêcher toute confusion.
Les flueurs blanches qui tiennent à un dérangement passager des autres fonctions et surtout de la digestion, ou qui dépendent d’une cause locale qu’on p ut supprimer , comme la présence d’un pessaire, l’habitude de la masturbation, l’abus des plaisirs de l’amour sont facilement modifiées ou même supprimées ; dans les cas, au contraire, où elles sont anciennement établies , et proviennent d’une disposition constitutionnelle, elles sont une des maladies les plus rebelles. Après avoir long-temps duré, il arrive qu’ellesdéter minent, parun gonflement des membranes intérieures de la matrice, . une augmentation considérable dans le poids de cet organe et par suite son abaissement. Chez les femmes qui ont dépassé l’âge critique, il y a bien peu d’espoir de les guérir radicalement, on cherche alors à les modérer au moins assez pour éviter les inconvénients qu’on vient de signaler.
Dans toutes les leucorrhées, il y a de l’irritation et de la démangeaison dans le vagin, des douleurs plus ou moins vives à la région des lombes , au pli de l’aine et autour des hanches; une sensa-
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lion de pesanteur dans les reins et la région hypogastrique, de la lassitude, du dégoût pour les aliments, et une grande irrégularité dans les fonctions de la digestion ; voilà les caractères communs, mais la maladie peut d’ailleurs se présenter sous deux états différents.
Ainsi quelquefois à ces symptômes viennent rapidement se joindre un malaise général , la chaleur, la sécheresse de la peau, et un mouvement fébrile d’abord léger. Bientôt l’irritation incommode du vagin se prolonge jusqu’à la matrice ; la vessie se prend, et l’évacuation des urines ne se fait plus qu’avec des douleurs et une cuisson intolérable. Le col de l’utérus se baisse et s’avance, il survient un écoulement d’un fluide visqueux mais épais et verdâtre. Pendant quatre ou cinq jours le mal reste à son plus haut point d’intensité; après le dixième ou quinzième il commence à décroître, et l’écoulement change alors de nature et devient moins épais et plus visqueux, la dysurie et les douleurs diminuent ; enfin sous l’influence d’un traitement convenable, laguérison a lieu du vingtcinquième au quarantième jour.
Cette espèce de leucorrhée n’est pas la plus habituelle; souvent on la rencontre à l’état chronique , soit que la maladie succède à l'état aigu imparfaitement guéri, soit qu’elle tienne à la constitution du sujet, et débute sous cette forme particulière. Alors les symptômes sont moins violents; au lieu de douleurs , il n’y a qu’un sentiment de pesanteur dans les lombes. On dirait que les plus grands désordres ont lieu sympathiquement dans les fonctions de l’estomac où les malades ressentent des tiraillements et des douleurs proportionnés à la quantité de l’écoulement utérin. La diminution des forces digestives se joint bientôt à la faiblesse des membres, à la pâleur, à la bouffissure de la face, à F œdématié des extrémités inférieures , et à une tristesse profonde qu’on observe toujours dans les j maladies du bas-ventre. La tête est communément I douloureuse, il y a des vertiges et des éblouissements, la peau est sèche, décolorée et très-impressionnable au froid.
Puisque les femmes delà campagne sont la plupart exemptes despertes blanches, il faut dans le traitement de la maladie rétablir autant que possible les conditions préservatrices qui manquent dans les grandes villes, (elles qu’une vie simple et régulière, une alimentation naturelle et surtout la respiration d'un air salubre. L’usage qui commence àprévalqir de faire des exercices gymnastiques une partie importante de l'éducation des jeunes filles peut dans beaucoup de cas être d’un grand avantage. Pour n’avoir pas pris des précautions suffisantes , souvent aussi malgré elles , la maladie sévit à des degrés différents d’intensité. Il arrive, lorsqu’elle est récente, peu active, et sans complication, de lavoir se terminer d’ elle-même après quelques jours. Si elledevient plus violente, et se montre avec ces symptômes qui ont été désignés comme caractérisant l’état aigu, il faut immédiatement recourir aux antiphlogistiques , saignée, application de sangsues , bains et fomentations
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émollientes, injections, boissons gommeuses ou acidulées et nitrées.
Quand la maladie passe à l’état chronique, ou qu’elle s’est primitivement montrée sous cette forme, il faut, on le conçoit bien, un régime et un traitement différents; les moyens à employer sont locaux ou généraux.
Il faut avant tout chercher à modifier favorablement l’ensemble de l’organisation; à cette fin, on fait avantageusement usage des toniques , des amers et des ferrugineux sous différentes formes, et de quelques eaux minérales comme celles de Bussang, de Yichy et de Spa. U y a des toniques auxquels on accorde une action presque spécifique contre les écoulements génito-urinaires, ce sont les baumes de tolu, de copahu ; donnés à dose convenable, on en retire de bons effets, comme encore de la térébenthine , de la gomme ammoniaque et des bourgeons de sapin du nord.
Lorsque toute inflammation aura disparu, il convient d’agir directement sur l’organe malade, par des bains, des lotions, surtout des injections; celles d’acétate de plomb, de sulfate de zinc opiacé , etc. passent avec raison pour les plus efficaces.
A l’emploi de ces moyens , quelques médecins joignent utilement dans leur pratique l’usage prolongé pendant plusieurs semaines des purgatifs amers associés aux toniques ; on peut encore, suivant les circonstances, compléter le traitement par quelques sudorifiques.
Gaffe,
Docteur en médecine , clieî de clinique'dea hôpitaux de Paris.
levain ( chim .), s. m. fermmtum. On appelle ainsi la pâle aigrie, soit à l’aide de la chaleur, soit par l’addition d’une liqueur fermentescible (levûre de bière ) , que l’on mêle à la pâte destinée à faire du pain, dans le but de donner à celui-ci un j commencement de fermentation.
levier (physiq.), s. m. vectis, porrectum.En mécanique, on donne le nom de levier à une verge rigide, inflexible, pouvant se mouvoir autour d’un point fixe, ou point d'appui, sous l’influence de deux forces opposées appelées , l’une, la puissance, l’autre, que tend à vaincre la première, la résistance- Il y a trois espèces de leviers : 1° le point d’appui est placé entre la puissance et la résistance, c’est le levier du premier genre; 2° le point d’appui est à l’une des extrémités, la puissance à l’autre, et la résistance est dans l’intervalle C levier du second genre); 3° le point d’appui est encore à 1 une ; des extrémités , mais c’estla résistance qui occupe : l’autre, la puissance est dans l’intervalle. Dans les | arts, les leviers sont des barres de bois ou de fer avec lesquelles on soulève des fardeaux, la portion du levier comprise entre le point d’appui et le point d’application de la puissance est dit bras de la puissance, l’autre portion est le bras de la résistance. En mécanique animale, on a comparé le jeu des différens os à celui des leviers, et on a reconnu qu’il y en avait des trois sortes. Les chirurgiens appellent levier une petite tige d'acier recourbée à ses extrémités , dont on se sert pour ré-
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lever les pièces osseuses déprimées par suile d’une violence extérieure; cet instrument est surtout uti e dans le cas de fracture du crâne. Les dentistes se servent aussi d’un levier pour l'extraction des dents incisives. Enfin les accoucheurs se servent aussi, pour redresser la tête du fœtus, d’une tige de fer diversement configurée, et qu’ils nomment également levier. Cet instrument très usité dans le siècle dernier se remplace aujourd’hui par une des branches du forceps. J. B,
lévigation ( Pharm .). s. f. Voy. Pulvérisation.
lèvres (anat.et path. ,) sf. (en lat. , labium, labia, en grec, chéilos). On donne, en général, ce nom à des replis mobiles placés à l’ouverture d’une cavité ou d'un conduit naturel, et le plus souvent destinés à servir d’opercules. C’est ainsi que les lèvres du museau de tanche ferment le col de l’utérus (V. Matrice), que les grandes et petites lèvres ferment l’entrée du vagin (V. Vulve), que les lèvres de la glotte resserrent ou élargissent le trajet du larynx (V. Larynx ) : par extension on a donné le nom de lèvres aux bords des solutions de continuité, etc... Mais le mot est originairement et le plus fréquemment appliqué aux voiles mobiles qui ferment ou découvrent à volonté l’ouverture de la cavité buccale. Ces derniers seuls vont nous occuper ici.
Les lèvres sont au nombre de deux, l’une supérieure, l’autre inférieure. La première se continue en avant avec le nez et sur les côtés avec les joues : en dehors, elle est recouverte par la peau, au milieu est une gouttière verticale qui s’étend depuis la cloison du nez jusqu’àson bord libre, les deux plans latéraux légèrement convexes sont inclinés en dehors et en bas et garnis chez l'homme adulte d’une multitude de poils qui constituent les moustaches. En arrière ou en dedans, la lèvre supérieure est doublée par la muqueuse qui vient de tapisser les gencives et qui se replie sur elle en formant au milieu un frein triangulaire. Le bord inférieur ou bord libre est onduleux, formant, en avant, au niveau de l’extrémité inférieure de la gouttière verticale une petite saillie renflée. Ce bord est tapissé par la muqueuse, qui se prolonge en dehors et s’arrête brusquement après un trajet de quelques lignes, formant ainsi un bourrelet rouge vermeil.
La lèvre inférieure se continue avec le menton dont elle est séparée par une dépression à concavité inférieure, nommée mento-labiale, en dehors ellese continue avec la partie inférieure des joues; la peau qui revêt la surface extérieure présente au milieu un petit bouquet triangulaire de poils qui se joint parla base avec ceux du menton. En dedans, celte lèvre est comme l’autre tapissée par la muqueuse venue des gencives et qui se replie également en avant pour couvrir le bord libre dont la partie moyenne présente une dépression ou une échancrure destinée à loger la saillie médiane de la lèvre supérieure. On nomme commissures, l’angle externe de réunion, des deux lèvres.
Dans l’intérieur de ces parties est contenu un I
LÉV
muscie de forme ovalaire dont les deux moitiés egeiement concaves renfermées dans chacune des levres se rejoignent en dehors de leur commissure C’est ce muscle, nommé, à cause de sa forme, muscle orbiculaire des lèvres, qui en se resserrant fronce l’ouverture buccale, et donne lieu à celte moue connue sous le nom de cul-de-poule. Ce muscle est séparé de la.peau des lèvres par du tissu cellulaire, et de la muqueuse par une couche de petites glandes sphéroïdales ayant chacune son conduit excréteur. Ce sont elles qui donnent à la face interne des lèvres l'aspect légèrement mamelonné qui les caractérise Vers le bord libre se trouve un peu de tissu érectile susceptible d’une faible turgescence sous l’influence d'une légère titillation, c'est à cette structure que les lèvres doivent leur sensibilité souvent voluptueuse.
Les artères coronaires, venues de la faciale et formant par leur réunion en haut et en bas un cercle complet, alimentent ces parties; les nerfs du sentiment lui viennent de la cinquième paire, ceux destinés à donner des mouvements sont fournis par le facial. Les vaisseaux lymphatiques viennent des ganglions sous-maxillaires.
Verticales et minces dans la race caucasienne, épaisses et plus ou moins inclinées en avant dans les autres races, presque horizontales chez la plupart des animaux, les lèvres sont, dans ces derniers surtout, destinées à la préhension des aliments et des boissons, à leur conservation dans la bouche pendant la masticalionet la déglutition.
lèviies (maladies des). Les lèvres peuvent être affectées d'un certain nombre de maladies dont les unes leur sont propres, tandis que les autres leur sont communes avec les autres parties: les premières seules méritent une mention à part.
A. Et d’abord, différents vices de conformation peuvent exiger l’emploi de la chirurgie. On voit quelques enfans qui viennent au monde avec la bouche imperforée d’une manière complète ou incomplète; d’autres fois cette adhérence des lèvres est la suile d’un accident survenu après la naissance, une brûlure par exemple. Ces adhérences sont tantôt complètes, et tout l’orifice buccal se trouve ainsi oblitéré, tantôt incomplètes, et ce dernier cas est de beaucoup le plus fréquent. L’indication thérapeutique est donnée par la lésion ellemême : les lèvres sont réunies vicieusement, il s’agit de les séparer dans l’étendue convenable à l’aide du bistouri ou des ciseaux, et de s’opposer à la réunion subséquente au moyen d’un bandage convenablement appliqué : on ne saurait tracer ici de règles générales, tout dépend des circonstances; c’est au chirurgien qu’il appartient de varier ses procédés suivant les indications.
Dans d'autres cas, ce n’est pas une adhérence vicieuse des lèvres, mais une coarctation de l’orifice buccal , un véritable rétrécissement. Cette coarctation est quelquefois la conséquence d’une contraction spasmodique du muscle orbiculaire des lèvres, mais plus ordinairement elle est déterminée par une brûture ou par une perte de substance après l’extirpation d’une tumeur, ou
LEV
Bien à la suite d’abcès occasionnés par le scrofule, ou développés sous toute autre influence, après la corrosion déterminée par une dartre rongeante ou esthiomène, etc. Cette affection exige l’agrandissement de la bouche et plusieurs procédés se présentent pour remplir cette intention; on peut obtenir le résultat demandé : 1» à l’aide d’incisions convenablement ménagées et surtout suivies pas à pas pendant la cicatrisation, afin que la lésion ne se reproduise pas , ce qu’il est bien difficile d éviter; 2<>au moyen d’un fil de plomb qui traverse la joue à quelque distance en dehors de la bouche, là où devrait être la commissure, et dont le bout est ramené par l’orifice rétréci pour être tordu avec le bout resté en dehors. On se propose d’obtenir ainsi la section successive des chairs, mais à mesure que le fil coupe devant lui les tissus, ils se réunissent par derrière. 3° M. Dieffenbach pratique de chaque côté une perte de substance qui ne porte que sur la peau, et il fend horizontalement la muqueuse restée intacte au fond de la plaie. Cette muqueuse est ensuite ramenée en dehors et réunie à la peau : on borde ainsi la nouvelle lèvre comme elle doit l’êlre naturellement par la membrane de la bouche.
Ce serait ici le lieu de parler du bec de lièvre, mais cet article a été traité à part avec les détails qu’il comporte (V. Bec de lièvre), V
Dans certains cas fort rares, on a vu la bouche fendue d’une manière démesurée : ce cas exige l’avivement des bords dans toute l’étendue qui dépasse les limites ordinaires et leur réunion à l’aide de la suture, comme dans le bec de lièvre. D’autresfois, il y a d’énormes perles de substance, comme il arrive à la suite d’opérations pour l’ex. tirpalion de tumeurs cancéreuses ou autres, à la" suite de gangrène, dans le cas de charbon malin par exemple, et dans ce cas, il faut boucher la perte de substance à l’aide d’un lambeau de peau pris dans le voisinage; cette opération est connue sous le nom de cheilo plastie (restauration des lèvres), il en sera parlé d’une manière générale à l’article Restauration : nous nous bornerons à dire ici que l’art possède de nombreux procédés pour arriver à ce but, et que les circonstances individuelles les font varier et modifier à l’infini.
B. Les plaies des lèvres se guérissent avec une grande facilité et doivent être réunies immédiatement; l’hémorrhagie n’est point une contre indication à la réunion immédiate, car il suffit que les bords de la blessure soient affrontés pour que l’écoulement sanguin s’arrête sur-le-champ. Quoi qu’en aient pu dire Louis et Pibrac dans l’ancienne académie de chirurgie, la suture entortillée, ou plutôt encorela suture enchevillée, est le meilleur moyen d’obtenir la cicatrisation par première intention.
C. Une affection assez commune chez les vieillards, c’est le cancer des lèvres; il siège ordinairement àlalèvreinférieure et débute presque toujours par un petit bouton chancreux qui, irrité et écorché par le malade, s’ agrandit, s’étend etfinit par envahir lalèvre, et même les os situés au-dessous : alors la tuméur s’ulcère et donne naissance à des fongosités sanguinolentes sans cesse baignées d’une
ichor fétide, et enfin par déterminer la cachexiecancéreuse et la mort. Ces redoutables effets seront entravés par l’opération ; mais laplupart du temps les malades ne viennent la réclamer que trop tard. Notons, au reste, que le cancer atteint surtout les sujets vivant dans la misère et la malpropreté. Les caustiques, tels que le caustique de Vienne, la poudre de Rousselot, la pâte de Canguoin ont été fort vantés pour détruire le cancer, mais ces moyens ne sont applicables que quand le mal est borné : lorsqu’il est plus étendu, l’amputation est seule praticable et exige la plus grande habileté delà part de celui qui la pratique pour que le mal soit extirpé jusque dans ses racines, et que les désordres causés par l’instrument soient réparés de manière à laisser seulement quelques cicatrices linéaires.
D. Les lèvres sont quelquefois le siège de tumeurs érectiles, connues aussi sous le nom denœvi materni formées par un lacis inextricable de vaisseaux qui se développent ordinairement dès le moment de la naissance, et prennent quelquefois un accroissement très-rapide (Voyez Envies). On pourra quelquefois exercer la compression sur les arcades dentaires et étouffer ainsi en quelque sorte la tumeur. Si des battemens très-forts se font sentir, on pourra tenter la ligature des principaux troncs artériels qui alimentent les lèvres, la faciale, au devant des muscles masseters, les labiales, etc. Il est bien rare que la tumeur s’affaisse complètement, mais presque toujours on obtient une diminution de volume considérable. Enfin , quand ces moyens échouent, il faut avoir recours à l’instrument tranchant.
E. Des ulcérations syphilitiques primitives ou consécutives (V. Chancre ), des ulcérations simples (V. Aphthes ), peuvent s’établir sur les lèvres; elles exigent des traitements fort différents sur lesquels nous n’avons pas à revenir après ce qui a été dit aux mots que nous avons indiqués.
F. Enfin, des clous, des anthrax, etc., peuvent se
former surles lèvres. On y rencontre très-fréquemment des boutons vésiculeux qui souvent se développent après de légers accès de fièvre, ou sous l’influence d’irritations locales ; des lotions émollientes, un peu de cérat appliqué sur la vésicule ouverte guérissent ees légères affections. J. -P- Beaude.
ïiBVUKE, s. f. Ecume formée à ia surface de la bière en fermentation ; elle est principalement composée de végétaux organiques.
lichen [bot. etmat. méd.),s.m. (du grec leichên dartre). Les lichens forment une famille sous le nom de Lichénées (acotylédons, cryptogames Linné). Ces plantes sont les excroissances foliacées ou pulvérulentes observées sur les rochers, les pierres, le bois mort et sur les troncs des arbres; les espèces sont nombreuses et s’élèvent à plus de 2000. Cette humble plante, qui fixe à peine l’attention des personnes étrangères à la botanique, est cependant d’une grande utilité : dans les contrées septentrionales de l’Europe, plusieurs lichens servent a la nourriture de l’homme et des animaux ; d’autres espèces, fournissent à la médecine des médicaments précieux; enfin certains lichens sont employés dans les arts pour faire des teintures , et entre