LIÉ
autres une belle çouleur pourpre qui autrefois se préparait seulement dans les îles de l’Arehipel et qui était fort estimée. Le thallus , qui est la partie foliacée ou grenue des lichens porte des petites fructifications granulées qui renferment des gemmules qui sont transportées par les vents et qui servent à la propagation de la plante. Les lichens sont les premières plantes qui se développent sur les pierres et les rochers : par leur destruction ils contribuent à former la couche d 'humus ou de terre végétale qui plus tard doit servir à la végétation des plantes plus parfaites. Les principes qui entrent dans la composition des lichens sont une substance gélatineuse qui a de l’analogie avec la matière animale, de la fécule et une matière colorante ou résineuse dont la nature varie suivant les diverses espèces.
Lichen d'Islande— Parmi les plantes de cette famille , la plus remarquable et surtout la plus usitée en médecine est le lichen d’Islande , L. Islandieus, celte plante croit dans tout le Nord, en France, en Suisse, dans les Pyrénées et même jusqu’auprès de Paris;elle pousse à terre dans les lieux arides et pierreux et forme de ses expansions foliacées des touffes assez épaisses; ces expansions sont longues de deux à trois pouces, creusées en gouttières et ciliées sur les bords de poils roides et parallèles, fermes, sèches et d’un gris roux, les fructifications sont rares, orbiculées, planes et entourées d’un rebord cilié de la même couleur que le thallus. D’après l’analyse qui en a élé faite par Proust, ce lichen contient 64 parties d’une substance gélatineuse, soluble dans l’eau chaude, 53 d’une auU e substance qui est insoluble et qui ressemble à l’amidon, et 3 d’un principe extractif amer. Berzelius y a trouvé les mêmes substances; plus du bilartrate de potasse, du tartrateet du phosphate de chaux, de la cire verte, de la gomme et un principe colorant.
Le lichen d’Islande sert de nourriture aux populations boréales de l’Europe: on dit qu’un boisseau de ce lichen équivaut à deux boisseaux de froment ; en Laponie, on le mange en salade, en gelée dans du lait ou du bouillon ; desséché et pulvérisé, on le mêle à la farine. On commence toujours par en enlever l’amertume en le soumettant à de légères lessives de sous-carbonate de potasse : les Norwégiens ont remarqué que ceux d’entre eux qui se nourrissent de lichen sont moins sujets à l’éléphantiasis et se portent mieux que ceux qui se nourrissent de poisson.
En médecine, le lichen d’Islande est employé dans les affections de poitrine, les catarrhes chroniques, la phthisie pulmonaire, mais il ne guérit pas cette dernière affection , il ne fait qu’en calmer les symptômes, les rendre supportables et enfin dissimuler les derniers ravages de la maladie. C’est surtout contre le catarrhe qu’il est efficace et vraiment curatif : on l’emploie également avec un grand avantage dans la diarrhée chronique et la dyssenterie.
Le liehen s’administre en tisane, en gelée, ou en poudre mêlé au chocolat, en forme de tablettes avec le sucre. La tisane de lichen se prépare avec lichen d’Islande, 8 grammes, eau.quifntité suffisante. On commence par faire bouillir le lichen
quelques minutes dans l’eau pour enlever le principe amer, cette eau est rejetée, puis on le fait bouillir de nouveau pendant une heure dans une quantité d’eau suffisante pour obtenir un litre de tisane. Pour préparer la gelée de lichen , on le soumet ainsi que ci-dessus à une première ébullition , puis on fait bouillir la quantité déterminée (60 grammes pour 125 grammes de sucre) dans l’eau pendant une heure, on passe avec expression et l’on ajoute les 125 grammes de sucre, on soumet de nouveau le liquide à l’action du feu et l’on agite jusqu’à ce que le mélange entre en ébullition, on entretient cette dernière au moyen d’un feu doux jusqu’à ce que la matière soit assez concentrée pour qu’elle puisse se prendre par le refroidissement en consistance de gelée; on enlève alors ia pellicule qui recouvre le mélange et l’on coule, en ayant soin d’ajouter quelques gouttes de teinture d’écorces fraîches de citrons ou d’oranges pour aromatiser : on obtient ainsi 250 grammes ( 8 onces ) de gelée. On fait également plusieurs autres préparations de lichen que nous ne croyons pas devoir mentionner ici, et dont les effets sont analogues à ceux que nous venons d’indiquer.
Pulmonaire de chêne. — Plusieurs autres espèces de lichen sont employées en médecine ; elles ont une action analogue au lichen d’Islande dont elles ne diffèrent que par les proportions de fécule, de gélatine et de principe amer qu’elles contiennent ; elles sont traitées de la même manière et donnent des produits semblables. La pulmonaire de chêne, L.pulrnonarius, a été l’une des plus usitées, elle est aujourd’hui presque complètement remplacée par le lichen d’Islande.
Quelques lichens crustacés ont élé aussi employés comme fébrifuges. Cette propriété est loin de leur avoir été reconnue et ils sont mainlenant complètement oubliés. J. P. Beaude.
Lichen, s. m. Nom donné à une espèce de dartre. (V, ce mot.)
liégs (b-ot.), s. m. suber. C’est la partie externe de l’écorce d’une espèce de chêne, le Quercus suber, qui croit abondamment dans les régions méridionales de la France, en Espagne et sur les côtes du nord de l’Afrique. Le liège est remarquable par sa texture spongieuse, légère, élastique et imperméable. On remploie très-avantageusement dans les arts à une foule d’usage. Il sert à fabriquer différents inslrumens de chirurgie, notamment des pessaires : on en a fait des biberons, mais la tétine de vache ou l’ivoire ramolli, deM. Charriére, lui sont bien préférables pour cette destination. Son imperméabilité le rend fort utile pour doubler les semelles et garantir les pieds de l’humidité, C’est à tort qu’on l’a employé en médecine, à une certaine époque, comme moyen propre à supprimer la sécrétion du lait, il est complètement sans propriété. J. B.
lienteris (pathol.), s.f. lîentcria, du grec leios, lisse, glissant, et enteron} intestins. C’est un flux de ventre dans lequel on rend les alimens à demi digérés. (V. Dyssenterie.)