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mène de température ce qui était le résultat de l’action physiologique de l’ammoniaque. J’éprouvais par conséquent quelque chose de ce que je venais de faire si cruellement sentir à la grenouille. Mais s’il est aisé de comprendre pourquoi la peau d’un batracien se laisse facilement traverser parle gaz, on ne voit pas aussi bien comment l’épiderme solide qui revêt la nôtre ne leur oppose point un obstacle infranchissable.
On attribue, dit-il, dans le pays une grande vertu à la grotte d’ Ammoniaque pour combattre les douleurs, l’engourdissement et la paralysie des membres. Le gardien et les mariniers me racontèrent des guérisons vraiment surprenantes. A les entendre (ce qui n’était pas toujours très-facile), il paraîtrait que ce gaz a été surtout utile dans les paraplégies anciennes, dans la roideur et l’engorgement des articulations par suite des vieilles affections goutteuses et rhumatismales. L’un d’eux médit aussi avoir été guéri d’une sciatique rebelle jusqu’alors à tous les traitements. 11 m’indiquait parfaitement avec son doigt le trajet du nerf, et, avec l’expression si animée de ses traits, les élancements de la douleur propre à la névralgie. Je regrette de ne pouvoir reproduire ici quelques-uns des faits qui me furent racontés. Toutefois, jedois dire que plusieurs me semblèrent empreints d’exagération, car, vers la fin, les histoires devinrent de plus en plus extraordinaires ; chaque interlocuteur réclamait ensuite la bonamane, comme si je devais mesurer le salaire du récit aux prodiges de la cure.
Voici la manière de prendre ces bains de gaz. On s’assied au milieu de la grotte, dans une chaise, et on tient plongée dans la couche d’ammoniaque la partie malade. La peau s’échauffe et rougit graduellement au point d’offrir une teinte érythémateuse. Une vive démangeaison s’y fait sentir. On active les phénomènes par des frictions sèches avec la flanelle ou seulement la main, et on les continue jusqu’à ce qu’il se soit développé une sorte d’horripilation. Cependant la chaleur devient de plus en plus aiguë et profonde, comme si la peau était en contact avec une atmosphère brûlante. La bouche se sèche, les tempes battent, lés oreilles tintent, des étincellesphosphorescentes traversent lesyeux. C’est le moment de sortir de la grotte. Le malade s’entoure de flanelle, boit une tisane sudorifique, et, s’il peut, provoque la transpiration par de légères promenades.
On prend un bain semblable tous les jours. Si l’excitation était trop forte, il faudrait mettre un ou deux jours d’intervalle. La durée du bain est d’un quart d’heure à vingt minutes.
J’aurais bien désiré reconnaître par des expériences positives, ainsi que je l’avais fait pour la grotte du Chien, le mode de production et d’exhalation du gaz de la grotte d’Àmmoniaque. Y auraitil là quelque dépôt profond de matières animales en fermentation? Le voisinage du lac d’Agnano semble devoir donner à cette supposition quelque vraisemblance , qu’infirme ensuite l’examen des localités Pour moi, je pense qu’il faut bien chercher la source du gaz dans la conformation physique et les révolutions du sol.
En effet, non loin de la grotte d’ Ammoniaque se trouve la Solfatara ( forum Vulcani de Strabon) dont les communications souterraines s'étendent dans
un vaste rayon où l’on rencontre à chaque pas des eaux thermales, des fumaroles et des émanations salines. Les crevasses du volcan fournissent, entre autres principes, des sels d’ammoniaque. Tout à côté de la grotte vous avez les fameuses étuves de Saint- Germain, incrustées d’efflorescences ammoniacales. Ne devient-il pas dès-lors très-probable que le gaz de la grotte n’est lui-même autre chose qu’un« sublimation volcanique ?
La grotte d’Ammoniaque est située entre la grotte du Chien et les étuves de Saint-Germain : trois curiosités géologiques offrant chacune un intérêt spécial et différent. C’est que le terrain de ces contrées a été tourmenté sans cesse par des phénomènes volcaniques dont il conserve les stigmates. Ne sait-on pas qu’une montagne voisine poussa en une nuit, le 29 septembre 1538, et d’un seul jet, sur l’emplacement d’un vallon, soulevant un lac, le Styx, qui en couronna la cime? Cette montagne, que son apparition spontanée fit nommer le Monte nuovo, combla le port Jules et engloutit le village de Tripergole. »
DepuisM.C. James. M. Smée s’est occupé aussi en Angleterre de l’action du gaz ammoniaque sur l’économie, et il a constaté son efficacité dans les affections chroniques des membranes muqueuses. 11 a reconnu aussi son utilité comme contre-poison employé contre le brome et l’acide hydrocyanique.
J. -P. Beaude.
ammoniurs ( chirn .), s. m. On donne ce nom à un composé formé par l’ammoniaque et un oxyde métallique. L’ammoniure de cuivre est liquide, d’une très-belle couleur bleue, ce qui lui a fait donner le nom d’eau céleste. Les ammoniures d’or et d’argent, de platine et de mercure, forment des poudres fulminantes d’une effrayante activité. Les ammoniures ne sont point employées en médecine; l’eau céleste l’a été quelquefois dans l’usage ^extérieur comme astringent. J. B.
amnésie (path.), s. f. (amnesiciy du grec a privatif, et mnêsis , mémoire). On désigne ainsi la perte de la mémoire. L’amnésie est un symptôme que l’on observe souvent dans les maladies mentales, à la suite de l’apoplexie, de méningite, ou de chute, qui ont déterminé des lésions au cerveau, ou de la voûte du crâne.
amorphe ( phys .), adj. (du grec a privatif, et morphé, forme, sans forme) ; se dit des objets qui n’ont point de forme déterminée.
anesthésie (physiol.), s. f. (du grec a privatif et de aisthèsis , sensibilité, privation de sensibilité). On entend par ce mot toute privation générale ou particulière de la faculté de percevoir la douleur 5 il y a dans ce cas absence complète de la sensibilité. Cet état se manifeste dans la catalepsie; il peut aussi être déterminé par l’action de l’éther ou du chloroforme respiré à l’état de vapeur. (V. ces mots au Supplément.) J. -B.
ANSÉB.IME (60L), s. f. ( chenepodium ). Genre de plantes de la famille des chénopodés. J. pentendrie digynie L. Plusieurs espèces sont employées. L’ansérine-bon-Henri, chenopodium-bonus-Henricus, croît sur les montagnes et autour des lieux habités; on en mange les feuilles comme des épi-