‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 242 sur 298 · CAP · texte numérisé non relu

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sous forme de pommade , dans les érysipèles et autres phlegmasies cutanées , les inflammations gangréneuses de la peau; les éruptions dartreuses avec démangeaisons violentes ont été traitées avec succès parle même moyen. — MM.Marjolin, Récamier et Roux, ont constaté les bons effets du camphre dans les engorgements des mamelles , connus sous le nom de poil. Ici le médicament était dissous dans un jaune d’œuf et réduit en une sorte de pommade, avec laquelle on faisait plusieurs frictions par jour sur la mamelle malade. — Les affections rhumatismales aiguës ou chroniques , articulaires ou musculaires, les névralgies, et nolamment la sciatique, ont été traitées avec le plus grand avantage au moyen du camphre administré en vapeur sur le malade, ou en frictionssous forme de liniment. — Les gargarismes camphrés ont donné d’heureux résultats dans les inflammations couenneuses ou gangréneuses de la bouche et du larynx. On les a surtout vantés dans l’angine varioleuse, etle même médicament a été utile sous forme de collyre dans les ophthalmies graves qui accompagnent souvent cette éruption. — Les ophthalmies aiguës et chroniques , les ophthalmies purulentes, les amauroses, congestivesou hyperhémiques sonttraitées avec un avantage incontestable à l’aide du camphre à haute dose, sous forme de pommade, dont on frictionne abondamment plusieurs fois par jour le tour de l’orbite, les paupières, la tempe et le front. ( Rognetta, Traité d’ophlhalmologie , 1839). — Les propriétés du camphre ont été de tout temps vantées contre les affections gangréneuses, particulièrement quand celles-ci dépendent d’une phlegmasie aiguë. — Mais c’est surtout dans les affections nerveuses que le camphre, à cause de ses vertus antispasmodiques, jouit d’une réputation méritée. Le hoquet spasmodique, maladie si incommode et si opiniâtre quelquefois (Sterne, Clinical.Exp., p. 193), l’asthme convulsif (Millar, OnAsthma, etc., p. 104), l’épilepsie (Wilson, Edimb. méd. Comment., t. 11), la chorée ou danse de St-Guy ( Locher , Obs. prat, , p. 42), le delirium tremens, plusieurs variétés de la folie et notamment la manie hystérique (Esquirol), le mal de dents (Cullen, Mat. méd., p. 322), le satyriasis ou priapisme, la nymphomanie , ont reçu un grand soulagement quand ils n’ont pas été guéris par l’usage du camphre. Ce n’est pas tout encore : le camphre a été administré avec succès contre les céphalalgies. On est quelquefois parvenu à faire avorter les pustules de la variole avec la pommade camphrée (Rorsieri, Institut, de méd. prat , t. III, p. 261 ).— Qui ne sait que depuis bien longtemps ce médicament a été employé comme vermifuge.

Le camphre, en vertu de ses propriétés antiputrides, a été très-souvent ordonné dans les fièvres graves, nommées autrefois putrides et aujourd’hui typhoïdes, et dans les varioles confluentes. Voyez à cet égard le long article que Cullen a consacré dans sa Matière médicale (1789) à la substance dont nous parlons. Ajouterai- je que Fouteau préconisait le camphre dans la fièvre puerpérale (Mél. de chir.). Rappellerai-je enfin la multitude des travaux qui ont été publiés sur ce sujet, les expériences nombreuses dont le camphre a été l’objet,

tant de la part des anciens que de la part des modernes ? La liste seule de ces travaux, de ces recherches, dépasserait de beaucoup les limites d’un article de dictionnaire. Arrêtons-nous donc : ce qui précède suffit , je crois, pour faire voir combien est peu fondée l’opinion de ceux qui regardent le camphre comme un médicament dont les propriétés étaient inconnues aux médecins.

Restent quelques mots à dire sur les inconvénients que le camphre peut offrir quand on en fait un usage immodéré; des observations assez nombreuses, et les effets sédatifs bien connus de cette substance contre les excitations trop vives de l’appareil génital prouvent que le camphre jouit réellement , sinon constamment , du moins dans un grand nombre de cas, de la propriété qui lui était attribuée par l’école de Salerne, de diminuer la puissance virile chez l’homme et l’ardeur des désirs vénériens chez la femme. Il paraîtrait même que, chez les premiers, cette diminution peut conduire à l’impuissance. Avis aux amateurs de la médecine camphrée, qui tiennent à conserver intactes leurs facultés génératrices.

Je ne parle pas ici du nouveau mode d’administration de cette substance . On connaît l’eau sédative composée plutôt d’ammoniaque que de camphre, et qui est imitée des solutions alcalines du docteur Turck. Ses effets réellement avantageux chez certaines personnes, surtoutdansles céphalalgies, ont été nuisibles chez d’autres, et son application a été suivie d’une irritation très-vive. Quant à la doctrine, au système, comme on le dit, sur lequel repose la médication camphrée universelle , cette doctrine ne soutient pas le plus léger examen ; la discuter serait lui supposer une valeur que son auteur ne lui accorde assurément pas lui-même : il connaît trop bien les hommes pour ne pas savoir que la vérité est le plus mauvais moyen de les séduire et de captiver leurs suffrages.

E. Reaugrand.

CABJNEI.ÉS (Corps), s. m. pi. On nomme ainsi, ou corps striés , m grands ganglions supérieurs du cerveau , deux éminences piriformes, qui font partie du plancher des ventricules latéraux du cerveau. (Y. ce mot.)

caothahïmkë ( chim. ), s. f. On donne ce nom à un principe extrait des cantharides et auquel elles doivent leurs propriétés épispastiques. La cantharidine est blanche, en lames minces, micacés, volatile, insoluble dans l’eau et soluble dans l’alcool bouillant, l’éther, les huiles et les graisses. On l’extrait de la poudre de cantharides par l’alcool et l’éther. (V. Cantharide.) J. R.

cap B. i sk, (bot. et mat. méd.), s. m.(capparisspinosa). C’est un sous- arbrisseau de la polyandrie monogynie de Linné , famille des capparidées de Jussieu, qui croît dans le midi de la France; les jeunes boutons de fleurs confits dans le vinaigre portent le nom de câpres, et servent comme assaisonnement pour les mets fades et les viandes blanches.— L’écorce de la racine, qui est amère, d’une saveur âcre et piquante , se trouve dans le commerce en plaques grises, roulées , quelquefois d’une couleur violacée. C’était autrefois une des cinq racines apéritives mineures. On en prépare

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un sirop, qui sous le nom de sirop des cinq racines est encore usité. J. B.

capsules ~ ïbébîcamentibwses ( pharm.) .

Depuis quelques années les pharmaciens ont imaginé d’envelopper dans de petites capsules de gélatine de la grosseur d’un haricot les substances dont le goût désagréable en rend l’administration difficile. Ces capsules sont faites à l’aide d’un petit moule en métal, que l’on trempe dans un mélange de gélatine et de pâte de jujubes. Quand ces capsules sont sèches, ony verse la substance liquide ou solide que l’on veut y renfermer, et l’on bouche l’ouverture avec un petit morceau de gélatine sèche dont on favorise l’adhérence au moyen d’une goutte de gélatine liquide. La première idée de ces capsules est due au Dr baron Heurteloup, qui enveloppa dans des capsules de baudruche, faites avec des intestins de petits animaux, du baume de copahu liquide ; depuis, ce procédé fut imité par des individus qui se l’approprièrent et se firent délivrer un brevet d’invention. On remplace quelquefois ces capsules en trempant dans de la gélatine fondue les substances que l’on veut envelopper et que l’on a soin de rouler en forme de bols ou de petites olives.

Les substances que l’on administre ainsi sont particulièrement le baume de copahu, la térébenthine, l’huile de foie de morue : on peut encore faire prendre par ce moyen le sulfate de quinine et quelques autres médicaments d’un goût très- désagréable, la valériane, l’assa-fœtida, etc, Ces capsules s’avalent avec facilité; la gélatine est promptement attaquée et dissoute par les sucs de l’estomac, et le médicament mis à nu est absorbé avec facilité.

caïucïke {bot.), s.f. ( tropœolum ). C’est une plante de l’octandrie monogynie,L. famille desgéraniées,J.Il en existe deux espèces, la grande et la petite capucine. La première, qui est originaire du Pérou, est aujourd’hui cultivée dans toute l’Europe comme plante potagère et comme plante d’ornement. Toutes les parties de cette plante ont une saveur âcre et piquante assez agréable, qui fait que Ton emploie ses fleurs et ses fruits comme condimenis; les premières sont mêlées aux salades, dont elles relèvent le goût et facilitent la digestion; les fruits sont confits dans le vinaigre et mêlés aux cornichons ou aux autres légumes qui subissent la même préparation, et ils ont une action analogue. Cette plante, ainsi que la petite capucine, qui a la même origine, est antiscorbutique, et Ton pourrait en faire usage avec avantage si la nature n’avait répandu avec une sorte de profusion dans nos climats les plantes qui jouissent de ces mêmes propriétés. J. B.

‘cahbobi (bot.), s. m. ( cynara cardunculus). C’est une plante du genre cynara de la famille des Cynanthérées, tribu des carduacées, J. syngénésie polygamie égale, L. Le nom de ce genre vient du grec n/on, chien, à cause des épines du calice comparables aux dents de chien. Le cardon est originaire de la Barbarie, de la Sardaigne et du Midi de la France; il est vivace et se cultive dans les jardins où Ton étiole ses feuilles en les couvrant d une masse, de terreau pour en manger les larges

et épais pédoncules, qui sont après cette opération beaucoup plus tendres et sans amertume. On fait cuire les cardons à l’eau ou plutôt dans le bouillon; on les prépare au jus. C’est un aliment sain, doux, de facile, digestion, mais peu nourrissant : il convient assez aux malades. Il ne faut pas confondre le cardon avec la carde poirée dont il a été question au mot Bette. — Le cynara scolynus est l’artichaut, dont il a été traité à ce mot. j. B.

.caressai» (Eau minérale de). Carlsbad est une ville de Bohême, située à 60 milles de Vienne, à 16 milles de Prague ; elle est adossée à de hautes montagnes, et est entourée de bois et de rochers; sa situation est dans une vallée étroiteet profonde que traverse la Topel avant de se jeter dans l’Eger. Ses eaux thermales furent, dit-on, découvertes en 1370 par l’empereur Charles IV, qui y prit des bains pour une infirmité; il était impotent d’une jambe, et il obtint d’heureux résultats ; de là, le nom de cette petite ville, Bmn de Charles. Les eaux sont salines, gazeuses, et d’une température élevée; elles sont fréquentées par un nombre considérable de personnes de la haute société.

Les sources sont nombreuses; elles paraissent avoir formé par leur dépôt tout le sol sur lequel est construite la ville; elles sourdent de beaucoup d’endroits; les principales sont I°le Brudel ou Sprudel , la plus ancienne et la plus cbaude de toutes : sa température est de 74°; elle jaillit avec force et abondance au centre de la ville dans un bassin qui porte le nom de Sprudel Kessel (chaudron du Sprudel) : on la dit la plus efficace de toutes les sources; 2° la Muhl ou Muhlenbad (bain du moulin) : elle alimente les bains établis par le gouvernement; elle est la plus laxative; sa température est de 53° 7 : 3° le Neubrunum (nouvelle source), très-employée depuis quelques années; sa température est de 62° 5 ; 4° le Thereseinbrunum ( source de Marie- Thérèse), particulièrement fréquentée par les dames, sa température est de 51*. Indépendamment de ces sources, on en 'cite aussi plusieurs autres, telles que le Spital-Sbrunnen ou source de l’hôpital : elle est affectée au traitement des pauvres. Le Bernharsbrunnen ou source de Saint-Bernard; le Garten-Brun.ien , ou la source du Jardin, etc. Les sources sont, au nombre de douze et leur température varie de 30° à 73°.

L’eau de toutes ces sources est limpide, inodore, et offre, dit-on, la saveur du bouillon de poulet avec un arrière-goût alcalin ; ces eaux déposent une assez grande quantité de matières terreuses pour incruster, ainsi que les eaux de la fontaine deSaint- Alyre, près de Clermont en Auvergne, les corps que Ton y laisse séjourner. On en retire aussi un sel qui est un mélange de carbonate et de sulfate de soude, dans les proportions où on les trouve dans ces eaux ; ce sel est quelquefois administré dans le début du traitement par les eaux; il est laxatif et a reçu le nom de sel thermarum carolinarum.

L’analyse des eaux de Carlsbad a été faite par Hoffman, Buher, Klaproth, et dans ces derniers temps, en 1822, par Berzélius; voici cette dernière analyse pour un litre d’eau du Sprudel :

Acide carbonique litres.. 0,40

Sulfate de soude desséchée gram.. 2,S8713

Carbonate de soude — — l,2fi237

Chlorure de sodium.”. — 1,03842

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