CRÉ
de l’oreille interne. (V. Oreille .) Les cordes vocales , sont quatre replis situés à la partie intérieure du larynx et qui servent au mécanisme de la voix. (V. ces mots.) — Lorsque l’urèthre est évidemment enflammé dans la blennorrhagie, il présente la forme et la sensation d’une corde tendue , ce qui a fait donner autrefois le nom de chaudepisse cordée à cette affection. (V. Blennorrhagie.) , J. B.
CORRÉe ( path .), adj. (Y. Corde.)
cormier [bot.), s. m., sorbus domestica. (V. Corme.)
cornichons ( hyg .), s. m. pl. (V. Concombres.)
coronoide ( anat .), adj. ( coronoïdes .) On a donné le nom d’apophyses coronoïdes , à la partie antérieure de l’extrémité articulaire supérieure du cubitus, et à deux prolongements situés à la partie antérieure des branches de l’os maxillaire inférieur : les apophyses coronoïdes de la mâchoire inférieure donnent attache au tendon du muscle temporal. J* fi-
corps simples ( chim .), s. m. pl. (V. Métal et Métalloïdes. )
costal (anat.) adj., qui appartient aux côtes. Les cartilages costaux sont des prolongements des côtes qui les unissent au sternum en leur laissant une grande mobilité; ils sont au nombre de douze de chaque côté (Y. Côtes)- — La plèvre costale est la portion de cette membrane qui tapisse les côtes (V. Plèvre). — Les nerfs costaux sortent des trous de conjugaison de la région dorsale de la colonne vertébrale, et se répandent dans les parties voisines. J. B.
cotyloibe (anat .) , oà] . On nomme ainsi une cavité articulaire située sur l’os coxal à la réunion des trois parties dont il est composé, et qui reçoit l’extrémité supérieure ou la tête du fémur; le ligament cotyloïdien entoure cette cavité. (V. Coxofémorale( Articulation).
coucher (hyg.), s. m. (V. Lit.)
couleuvrée (bot.), s. f. (V. Bryone.)
coxal (Os) (anat.), s. m. V. /ies(Osdes).
CRANIOSCOPIE ( physiol .), s. f. (Y. Phrénologie.)
créosote (mat., méd. et thérap.), s. f. C’est le produit de la distillation du goudron. Voici comment on prépare cette substance.
On distille du goudron de bois, avec la précaution de changer plusieurs fois de récipient jusqu’à ce que le résidu ait acquis la consistance de la poix noire; on recueille la couche inférieure, huileuse et pesante, du produit de cette distillation, qu’on agite avec une petite quantité d’acide sulfurique concentré, puis avec son volume d’eau. On rectifie ensuite dans de petites cornues; on traite par la dissolution chaude de potasse le produit qui gagne le fond du vase, et après avoir répété plusieurs fois ceà rectifications et distillations successives, la créosote est obtenue.
C’est un liquide huileux, incolore, d’une saveur
1 caustique très-marquée , d’une odeur tenace et très-désagréable de suie, à-peu-prês insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool.
Lorsque la créosote a été introduite dans la thérapeutique, il y a environ trente-cinq ans, il n’était pas de maladies qu’elle ne pût guérir. Cancer, phthisie, scrofules, caries, ulcères, dartres, etc., etc. Toutes ces affections si rebelles avaient cédé à ce remède universel, la panacée était enfin trouvée... mais on est très-revenu aujourd’hui de ce ridicule engouement. La créosote, dont les propriétés caustiques sont incontestables, n’est plus employée que pour combattre les douleurs de la carie dentaire, et il faut convenir qu’elle se montre ici réellement efficace. Quelques gouttes de créosote en dissolution dans l’alcool, dont on imbibe un morceau d’amadou ou de coton, qu’on introduit dans la partie cariée, suffisent souvent pour arrêter à l’instant une douleur fort vive, et qui durait depuis quelque temps. Nous en avons fait très-souvent l’épreuve. E. B.
criblé (anat.), adj., percé de trous. On a donné le nom de lame criblée à la partie supérieure de l’os ethmoïde, parce qu’elle est percée de trous par lesquels les nerfs olfactifs sortent du crâne pour se rendre dans les fosses nasales.
crico-aryténoïdien (anat.), ad]. On désigne sous ce nom plusieurs muscles du larynx qui se rendent du cartilage cricoïde au cartilage aryténoïde; on les divise en supérieurs, postérieurs et latéraux. — Le muscle crico -thyroïdien se rend du cartilage cricoïde au cartilage thyroïde. (V. Larynx.) i. B.
crista-galli (anat.). Mots latins qui signifient crête de coq. On donne ce nom à une apophyse de la lame criblée de l’ethmoïde.
crucifères (bot.), s. f. pl. (cruciferœ, de crucis , croix). On a donné ce nom à une famille de plantes de la classe des dicotylédones polypétales, à étamines hypogynes. Cîette famille, qui renferme un grand nombre de plantes antiscorbutiques, a reçu ce nom à cause de la disposition en croix des pétales de ses fleurs. J. B.
cucurbitac -ses (bot.), s. f. pl. ( cucurbitaceœ , de cucurbita, courge). C’est une famille de la classe des dicotylédones polypétales, à étamines périgynes. Cette famille est formée par des grandes plantes herbacées velues, souvent volubiles, ayant des vrilles simples ou rameuses, qui naissent à côté des pétioles. Le melon, la courge, les concombres, font partie de cette famille, qui fournit quelques espèces a la médecine, telles que la coloquinte, la bryone, etc. J. B.
cuivre (Maladies des ouvriers qui travaillent le), (path.) Nous désignons dans cette classe les fondeurs, les tourneurs, les chaudronniers, enfin tous ceux qui, par leur profession, sont habituellement en contact avec des poussières ou des émanations de ce métal.
Ramazzini, dans son livre des maladies des artisans, indique un assez grand nombre d’infirmités, comme étant le résultat des émanations du cuivre. Les ouvriers, dit-il, ont le teint d’un
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jaune vert, les yeux et la langue de la même couleur, les cheveux sont verdâtres, les excréments, les urines et les crachats sont imprégnés de la même couleur. Ils sont petits, maigres, et comme raccourcis; la plupart de leurs enfants deviennent rachitiques. Les vapeurs du cuivre absorbées amènent un état sénile très-précoce. Ces ouvriers sont vieux à 40 et 50 ans, quelquefois ils sont décrépits. Ce tableau des artisans livrés au travail d’un métal si employé* et qui, par conséquent, sont très-nombreux, a paru chargé à quelques auteurs. M. Chevallier s’est livré à des recherches sur ce sujet, et ayant eu l’occasion de consulter les médecins qui habitent le bourg de Villedieules-Poéles*départ. de la Manche, où l’on confectionne la plupart des ustensiles de cuivre qui sont employés dans nos cuisines, et qui n’est presque habité que par ces ouvriers , il recueillit les documents suivants , qu’il publia dans les Anales d’hygiène, décembre 1843 :
« Le nombre des ouvriers qui travaillent le cuivre à Villedieu est de 311. Ces ouvriers sont divisés en trois catégories : 1° Les chaudronniers : ceux-ci ne travaillent guère que le cuivre rouge ; ils confectionnent des bassinoires, des bassines, des casseroles, des plateaux de balance, des chaudières; cette catégorie comprend 160 ouvriers. 2° Les fondeurs : ceux-ci s’occupent de la confection des robinets, des flambeaux de table, des poids, des charnières et garnitures de meubles, des chandeliers d’églises, des cloches; cette catégorie comprend 73 ouvriers. 3° Les poêliers : ces ouvriers ne travaillent que le cuivre jaune; ils confectionnent des chaudières, des grands bassins appelés 'poêles : ces ouvriers qui, en 1789, étaient à Villedieu au nombre de 300, ne sontplus que 78. Il est probable que d’ici à trente ans, les ouvriers qui s’occupent de cegenre d’ouvrages seront réduits à 0 .
L’apprentissage commence, dans les deux premières classes, à l’âge de 8 à 9 ans, et dans la troisième, à l’âge de 15 ans. L’apprenti ouvrier des première et deuxième catégories n’est sujet à aucun inconvénient déterminé par la profession : il acquiert le développement des autres hommes de la localité. 11 n’en est pas de même pour l’apprenti poêlier, ainsi qu’on le verra plus loin.
La colique métallique est assez rare chez les ouvriers de la première catégorie, un peu moins dans la deuxième, plus commune dans la troisième : elle est aujourd’hui moins fréquente chez ces ouvriers, appréciation faite de la diminution de leur nombre.
Cette colique a, dans sa marche, ses symptômes, sa durée, sa terminaison, son traitement, une complète identité avec la colique de plomb. M. Piédoye, médecin à Villedieu, pense que c’est toujours à tort que les auteurs qui ont écrit sur cette maladie signalent le dévoiement dans la colique cuivreuse comme un symptôme caractéristique et différentiel delà colique saturnine ; il dit aussi que c’est à tort qu’un auteur a inséré dans le Dictionnaire pratique de médecine, sur la foi de Dubois, qui avait publié une thèse intitulée : Observations et réflexions sur la colique de Poitou ou des peintres, qu’à Villedieu on mangeait du pain imprégné de cuivre.
Les récidives de la colique de cuivre sont rare-
ment annuelles : elles amènent à la longue une paralysie des muscles extenseurs delà main, mais jamais la mort.
Les chaudronniers et les fondeurs ne présentent rien de différent des ouvriers qui, à Paris, par exemple, se livrent à la même industrie : bien plus, la profession de chaudronnier, telle qu’elle est exercée à Villedieu, exige que l’ouvrier prenne des attitudes variées qui doivent favoriser le jeu des organes. Ce développement des organes est tellement remarquable, qu’il y a quelques années, un général qui assistait à la visite des conscrits, comme membre du conseil de révision, après le tirage, en fut frappé en comparant les jeunes gens de Villedieu avec ceux des communes rurales environnantes, et assimilait les travaux auxquels ils se livrent à une gymnastique qui favorise le développement du corps.
La profession de poêlier, rangée dans la troisième catégorie, et bien loin d’avoir des résultats aussi avantageux pour l’économie; le genre d’exercices auxquels ses ouvriers sont forcés de se livrer apporte peu-à -peu des changements notables dans l’habitude extérieure; mais, pour bien apprécier ces changements, il faut dire quelques mots sur la manière dont ils travaillent.
Deux ouvriers sont simultanément employés à la fabrication des poêles, et se relèvent alternativement dans leurs fonctions. L’un d’eux, le batteur, est assis, et tient sur une enclume, avec ses mains et ses genoux, un morceau de cuivre jaune qu’il dirige convenablement sous les coups du marteau ; l’autre ouvrier, le troussieur, est debout en face de son compagnon ; il a les jambes écartées, et tient à deux mains un marteau d’un poids qui varie entre 5 et 6 kilogrammes ; il frappe à coups redoublés sur le métal en imprimant au tronc un mouvement alternatif d’élévation et d’abaissement.
La première position, celle du batteur, entraîne les genoux en dedans, courbe l’épine dorsale, et donne lieu à une inclinaison de la tête sur le côté gauche; la deuxième position, celle du troussieur , détermine un ballottement continuel du ventre, que M. Piédoye considère comme la cause la plus déterminante des coliques.
La position des troussieurs accroît aussi le développement des muscles dorso-lombaires et huméro-scapulaires, voûte le haut du corps, amène une rétraction considérable des tendons des doigts, notamment de l’annulaire et du petit doigt, courbe le carpe et le métacarpe dans le sens de la flexion, maintient l’avant-bras dans une semi-pronation, donne de la roideur à l’articulation du coude, et rend incomplets les mouvements d’extension du membre. Chez ces ouvriers, les impressions sont peu nombreuses, toujours identiques; aussi l’intelligence subit l’influence du cercle borné de leurs idées.
Les cheveux, et surtout ceux à teintes claires, prennent Un ton verdâtre ; ce phénomène, qui était autrefois bien prononcé, alors qu’on portait les cheveux à la française, n’est aujourd’hui bien appréciable que chez les vieillards, en raison de la moindre fréquence dans la coupe de leurs cheveux et surtout de leur couleur blanche. Le tartre des dents présente la même coloration.