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ANALYSE

pouces cubes-

poucs cubes

pouces cubes.

Acide carbonique libre

Gaz dégagé par l’ébullition.

Acide carbonique.. .

Air atmosphérique..

Azote

Principes fixés.

grains.

grains.

grains.

Carbonate de soude.

Sulfate de soude —

Chlorure de magnésium

Chlorure de sodium.

Carbonatedelitbium

traces.

Silice

Carbonate de protoxide de fer avec traces d’oxide de manganèse

Alumine

Carbonale de chaux avec traces de strontiane

Carbonatede magnésie

La proportion des substances salines, comme il est facile de le constater par le tableau précédent, varie peu suivant les sources. Les principes dominants sont l’acide carbonique, le bicarbonate de soude, le chlorure de soude et le carbonate de chaux et de fer. Ces eaux sc conservent très- bien, surtout celle du Krœchen, dans des cruchons de grés qui contiennent près de deux pintes de liquide, et l’un peut avec avantage les employer loin de la source.

Les eaux d’Ems s’administrent sur les lieux, en boissons, en bains et en douches. Ainsi que nous l’avons indiqué, il existe plusieurs établissèriierit’s où l’on prend des bains et des douches. Les sources dont on fait le plus d’usage en boissons, sont les trois dont nous avons donné l’analyse. On boit les eaux deux fois par jour, le matin, entre 6 et 8 heures, et le soir, de 6 à 7 heures : le matin on en boit de 5 à 8 verres, contenant chacune environ 200 grammes de liquide, et le soir on n’en prend que la moitié de cette quantité. V(îgler qui a écri! de bonnes considérations sur les eaux d’Ems, dit que l'on ne doit jamais passer cette quantité et il blâme avec raison l’usage qui existait autrefob d’en boire des quantités plus considérables, quoique Weigel, qui dans le dix-septième siècle était médecins des eaux d’Ems, dit qu’à cette époque les malades buvaient dans la journée jusqu’à 56 verres d'eau sans en être incommodés.

Une précaution que recommande encore le premier auteur que nous avons cité, c’est de laisser refroidir l'eau à une température convenable et de la boire à petits coups; beaucoup de buveurs se sontgravement indisposés pour avoir bu l’eau aune température trop élevée et en avoir ingéré avec trop de rapidité une quantité assez notable.

C’est surtout dans les affections des organes

respiratoires, telles que les phthisies çpflii#ençantets, les affections asthmatiques, les laryngites chrqniquqs et les angines laryngées que l’on fait Usage de ces eaux ; c’est surtout l’eau du Ef^phen que l’on recomjnandp dans ces cas ; ordinairement ou lereaiee la cure Par l’eau du Eqsselbrunn, qui est plus ferrugineuse.

On emploie aussi les eaux d’Ems dans les engorgements chroniques du ventre, dans la gastralgie, et les phlegmasies chroniques de la muqueuse intestinale, dans les dérangements des fonctions digestives. Elles jouissent également d’une grande réputation dans les affections calculeuses, la gravelle; mais il faut dans ces cas, dit Vogler. que l’action des eaux soit secondée par un changement complet dans le régime habituel du malade. Le catarrhe vésical, les leucorrhées vaginales, les aménorrhées et les métrorrhagies, cèdent souvent aussi à l’action des eaux d'Ems; il faut, lorsqu’il y a atonie, faire usage des eaux ferrugineuses, qui sont beaucoup plus efficaces.

Ems, comme la plupart des sources, dit le médecin que nous avons déjà cité, Vogler, et auquel nous empruntons tout ce que nous disons sur la thérapeutique de ces eaux si vantées, a aussi sa Bubenquelle (source des Garçons), qui jouit de la réputation de faire cesser la stérilité. On y emploie les injections, les douches ascendantes vaginales, qui quelquefois, lorsqu’elles sont appliquées inconsidérément, loin de produire l’effet que l’on désire, déterminent une congestion locale et un orgasme que l’on est ensuite obligé de combattre par des moyens appropriés. Nous devons dire que notre auteur n’a pas une grande foi dans la vertu prolifique de cette source et, qu’ën praticien judicieux et éclairé, il attache une plus grande importance à l’examen des organes sexuels, et aux modifications qu’a pu leur faire subir l’état pathologique.

Les affections scrofuleuses ont été souvent modifiées avec avantage par l’emploi de ces eaux; mais c’est dans la phthisie mésentérique que l’on a obtenu le plus de succès, et il ne se passe pas d'années, dit Vogler, sans que l’on obtienne quelques cas de guérison de cette maladie. Il dit avec une bonne foi fort remarquable chez un médecin qui parle de sa source et qui en vante les propriétés, n’avoir pas obtenu de résultats satisfaisants dans la chlorose, les affections nerveuses, la chorée; ces malades, dit-il, sont souvent repartis dans un état plus fâcheux que celui dans lequel ils étaient arrivés.

La saison la plus favorable pour prendre les eaux d’Ems est depuis la mi-juin jusqu’à la miaoût. La saison d’hiver e^t non-seulement la moins propice, mais encore la plus dangereuse. La température d’Ems est très-modérée pendant l’été, etplle convient beaucoup aux phthisiques. Le séjour d’Ems est très-agréable dans la bçlle saison; on évaluait il y a plus çle 2 O ans à i 700 au moins le nombre d’appartements meublés que l’on peut offrir aux çtr&flgers, Le np.mprc n’a pu qu’augmenter depuis cètte époque. J. -P. ,Beaude.

émüisihe (cto.), s. f. Nomdoppépar Liébig au principe affniipineux <;;>.i çxiçte dans les açnan -

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de§ et qui mêlé avec l’eau forme l’émulsion, (.y. ce mot.)

e^c&av;ement ( acçouçh .), s. m. Qn donne ce nom à une disposition de la tête du fœtus dap§ l’accouchement lorsqu’elle est fortement engagée dans la cavité du bassin et qu’elle ne peut être nj poussée en avant, ni dans aucun sens : l’application’du fotcèps et quelquefois la mutilation duîœtus sont les moyens de remédier à cet acciderif. ,(V. Accouchement.) J. Ji.

ekbocaebite ( path .), s f. On donne ce nom à l’inflammation de la membrane interne du cœur qui , tapisse ces cavités; cette membrane a été nonapiêo endocarde. (V. j Cœur.)

endosmose (phys.), s. f. C’est un phénomène physique, découvert par Dutrochet; il avait reconnu que, lorsque deux liquides hétérogène et miscible sont séparés par une cloison membraneuse, il s’établit à travers les conduits capillaires de celte cloison deux courants dirigés en séns inverse et inégaux en intensité. Le courant plus fort est celui qui aujourd’hui a reçu le nom d’endOsmose et le plus faible est désigné sous celui d’feeoymose. Ces deux actions |ouent un rôle important dans les phénomènes physiologiques des diverses classes des êtres organisés. J. B. '

ENTENDEMENT ( physiol. ), s. m. (V. Phrénologie.)

enseignement MÉDïCAi,. V. Médecine (Enseignement de la).

emsifosme ( anat .), s. m. Nom donné à l’appendice cartilagineux et inférieur du sternum à cause de sa forme, du latin ensis, épée, et forma, forme.

emtsopion ( path .), s. m., du grec en, en dedans, et tripô, je tourne. On donne ce nom à un renversement des paupières vers le globe de l’œil: c’est l’opposé de l’ectropion, où la paupière e§t renversée en dehors.

ÉPH2DB.OSE ( path ), s. f . , de épi, qui indique l’augmentation, etidroô, j.é sue, sueurs très-abondantes. (Y. Transpiration.)

otsgastkalgïe ( path .), s.f.On désigne ainsi une douleur dans la région de l’épigastre.

hmthéeiuïm (anat.), s. m. On appelle ainsi l’épiderme mince qui recouvre les membranes muqueuses; il a la même organisation que l’épiderme de la peau (V. Membrane et Peau.)

KPS20AiB.s(/iist. nat.), s. m. p. On donne ce nom aux animaux parasites qui vivent à l’extérieur de la peau . tels que le pou, la puce, ou qui se logent sous l’épiderme, comme l'acarusdela gale. (Y. Insecte et Acarus.)

ÉhlÉtkisme {path.), s. m. L’éréthisme est l’exaltation des phénomènes vitaux dans un organe; il est souvent produit par l’irritation.

EaGOTME ( chim .), s. f. G’est une matière pulvérulente d’un rouge brun, amère, âcre, nauséabondè; insoluble dans Talcôol et dans l’éther,

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mais soluble dans l’eau ; trouvée par Wiggers dans l’ergot du seigle. (V. Seigle ergoté.)

érotomanie ( path .), s. f. (du grec èros, •raour, mania, manie, folie). C’est une aliénation Mentale causée par l’amour, ou caractérisée par un délire érotique. V. Mentales (Maladies).

ertsimum (bot.). Nom latin du Vélar. (V. ce mot.)

ESPRIT DE vinaigre ( chim .). C’est l’acide acétique rectifié. (V. ce mot.)

esprit voeatii. de corne de cerf (mat.

méd.). C’est du carbonate d’ammoniaque produit par la distillation de la corne de cerf. (V. Ammoniaque.)

estre. (V. OEstre , au mot Insectes.)

éthérisation ( physiol. ). Les nouvelles 'applications que l’on a faites des propriétés stupéfiantes de l’éther, et les résultats remarquables auxquels on est parvenu, méritent que nous leur Consacrions une place importante dans ce Supplément.

On savait depuis longtemps que la vapeur d’éther sulfurique produit, quand elle est inspirée en grande quantité, une sorte d’engourdissement ou de stupeur ; mais personne n’avait eu l’idée de mettre à profit cette propriété pour endormir la sensibilité chez les opérés. C’est à M. Jackson , chimiste de Boston, qu’appartient tout entier l’honneur de cette application; regrettons seulement que l’auteur ait conçu un moment l’idée de spéculer sur cette découverte, et de s’en faire un monopole. M. Jackson communiqua sa découverte à M. Morton, dentiste. Celui-ci pratiqua l’avulsion de dents malades sur quelques personnes auxquelles il avait fait respirer de l’éther à l’aide d’un appareil particulier, et il put ainsi réaliser la fameuse premesse des arracheurs de dents, sans douleur ! MM. Jackson et Morton s’empressèrent de prendre des brevets d’invention, et ils firent quelques expériences en présence des chirurgiens les plus distingués de Boston. Mais il est difficile de dissimuler la présence de l’éther. Cette liqueur se trahit par son odeur, et le secret se trouva ainsi bientôt éventé. Dès le mois d’octobre 1846, MM. Bigelow, Warren, Heyward et quelques autres chirurgiens d’hôpitaux, hommes du premier mérite, pratiquèrent diverses opérations graves et ordinairement fort douloureuses, sur des sujets engourdis par la vapeur d’éther, et ils obtinrent un, succès complet. Le bruit en vint à Londres, où les mêmes tentatives furent répétées! avec un résultat aussi avantageux ; puis enfin à Paris. A peine la nouvelle des phénomènes si eu- j rieux obtenus au-delà de l’Atlantique et de la Manche nous fut-elle parvenue, que nos chirur- j giens, et M. Malgaigne le premier, se mirent à expérimenter la vapeur d’éther dans un but tout pratique. M. Gerdy, de son côté, se livra sur luimême à des recherches physiologiques sur l’action dynamique de cette vapeur. Des expérimentateurs, et notamment MM. Amusât, Renault d’Alfort, Serres, Flourens, Longet, tentèrent des expériences sur les animaux vivants, tapdis que les praticiens poursuivaient l’administration de l’éther, tant pour engourdir la sensibilité dans les

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opérations chirurgicales, que pour combattre diverses affections attribuées au système nerveux. C’est l’ensemble des résultats acquis à la science que nous devons exposer sous le double point de vue de la physiologie et de la pathologie; nous terminerons par quelques mots sur les appareils propres à remplir les diverses indications.

Effets physiologiques de la vapeur d'éther. — Lorsque l’appareil fonctionne bien, que le liquide est bien pur, le premier effet que l’on éprouve de ces inhalations est ordinairement un sentiment de chaleur, de picotement à la gorge et dans les bronches qui provoque souvent de la toux. Chez beaucoup de personnes, cet effet ne dure que quelques instants ; chez d’autres, il est plus intense et ex!ge que les sujets y reviennent à plusieurs reprises, pour faire en quelque sorte leur éducation. Dans tous les cas, lorsque les vapeurs sont convenablement inspirées, au bout de 2, 3. 4,... 10 minutes, plus ou moins, les effets de l’intoxication éthérée commençant à se manifester, voici comment ils ont été décrits par M. Gerdy, pour les avoir éprouvés lui-même. « Je ressentais, dit-il, de l’engourdissement à la tête, un engourdissement avec chaleur, comme si des vapeurs alcooliques et enivrantes me montaient au cerveau. Cet engourdissement se répandit promptement partout , et d’abord aux pieds et aux orteils, puis aux jambes et en même temps aux bras, ensuite aux reins et aux organes de la génération. Il croissait rapidement à chaque inspiration, et était accompagné, dans les organes sensibles, d’une sensation de chaleur agréable, et d’une sensation de fourmillement, de tremblement, ou de vibration semblable à celle qu’on éprouve en touchant un corps vibrant, une grosse cloche qui résonne. L’ensemble de ces deux sensations, parvenues à leur apogée, est une impression obtuse très-agréable et remplie de vo!uptét une impression analogue à celle de l’ivresse... C’est cet engourdissement qui, en émoussant la sensibilité tactile générale, diminue la douleur pendant les opérations. » (Acad, des se., 24 janvier.)

Examinons maintenant d’une manière générale les influences produites sur les diverses fonctions de l’économie.

Les effets portent spécialement sur la vie de relation. C’est le système nerveux qui se trouve plus particulièrement affecté, mais d’une manière trèsvariable suivant les individus.

L'ouïe est ordinairement obtuse, il y a des bourdonnements d’oreilles, cependant beaucoup de sujets entendent les questions qu’on leur adresse et peuvent y répondre ; mais, dans d’autres cas ils paraissent complètement étrangers à tous bruits du dehors, ils ne répondent plus, l’audition semble avoir entièrement disparu.

La vue persiste plus habituellement que l’ouïe; on a cependant observé quelques cas où elle était momentanément diminuée ou abolie.

Les sensations tactiles , et c’est là le fait principal, sont tellement émoussées, que les sujets ne sentent plus les piqûres, les incisions, etc., qu’on peut leur faire; dans certains cas ils ont bien la conscience qu’on les touche, mais l’incision la plus douloureuse n’est plus qu’une simple égratignure, qu’un picotement à peine sensible ou même une sorte de chatouillement. Les organes génitaux se-

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raient-ils seuls soustraits à cette influence stupéfiante? C’est ce qui semblerait résulter des observations recueillies par M. Vidal (de Cassis). Chez trois sujets préalablement endormis par l’éther et opérés, les deux premiers pour un varicocèle (par enroulement des veines du cordon) , et le dernier pour un phimosis, les douleurs furent trèsviolentes, les malades jetèrent les hauts cris. L’un d’entre eux, cependant, avait, en se réveillant, perdu le souvenir de ce qui s’était passé. M. Vidal se demande, d’après ces faits, si, par hasard, la sensibilité de la sphère génitale ne serait pas plutôt exàltée qu'affaiblie par l’éther. Ajoutons que chez quelques jeunes filles on a vu de véritables accès de nymphomanie. D’un autre côté beaucoup de malades éthérisés ont subi de graves opérations du côté des parties génitales, et cela sans manifester la moindre douleur.

Tandis que la sensibilité tactile est ainsi éteinte en totalité ou en partie, les sujets éprouvent des symptômes assez divers. Nous avons vu ceux qui ont été ressentis par M. Gerdy; quelques personnes paraissent également dans un état voluptueux excessivement agréable, qui paraît même retentir sur les organes génitaux. Chez d’autres, l’engourdissement est complet : il y a absence de toute sensation.

Chez certaines personnes, l 'intelligence reste parfaitement éveillée au milieu du sommeil des sens proprement dits; on peut alors s’étudier, s’observer soi-même; une opération très-douloureuse peut être pratiquée, le malade ayant la conscience de tout ce qu’on lui fait sans qu’il en éprouve la douleur. Cette situation fort remarquable dans laquelle se trouvent les sujets pourrait, jusqu’à un certain point , être comparée à cette espèce d’extase dans laquelle tombent les fanatiques, quand, leur âme se détachant, comme ils le disent, de ses liens matériels pour s’élever jusqu’à Dieu, leur corps devient insensible aux coups, aux blessures, aux tortures même les plus cruelles. C’est là l’état dans lequel sont placés les bonzes, les faquirs, les brames quand ils se pratiquent de si affreuses mutilations. C’est dans cet état qu’étaient assurément les convulsionnaires de Saint- Médard.

Parmi ceux qui perdaient la conscience de leur être, il en est chez lesquels l’intelligence s’éteint complètement comme dans un sommeil profond ou dans l’ivresse poussée à son dernier degré. Ailleurs on observe des rêves agréables ou pénibles. Une jeune fille fort pieuse observée" par M. Laugier, et à laquelle on coupa la cuisse, se plaignit en recouvrant la raison de revenir parmi les hommes; elle s’était vue transportée au milieu des anges près du trône de Dieu. Un homme dont parle M. Ricord s’était vu dans un parterre émaillé de fleurs. D’un autre côté un jeune homme auquel M. Velpeau enlevait une tumeur située dans la région parotidienne rêvait qu’il se querellait au billard , et qu’on lui avait volé son cheval. Plusieurs ont dit avoir fait de mauvais rêves et ont eu de véritables cauchemars.

Pendant lès inhalations de l’éther, la physionomie prend, chez quelques sujets, une expression d’abattement et comme de stupeur, les pupilles se dilatent, etc. Ailleurs, on observe de la gaîté, des

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éclats de rire. J’ai vu plusieurs fois un délire loquace, gai, très-prononcé, qui persistait pendant quelques instants après les inhalations. D’autres étaient plongés dans un véritable accès de manie furieuse; mais ces divers accidents ne tardent pas à se dissiper, et ne durent guère que quelque# minutes.

L’état du pouls est aussi variable que les effets produits sur le système nerveux. Chez les uns, il est accéléré, porté à 120, 125; quelques individus conservent les pulsations à leur rhythme normal, tandis que M. Guersant fils a vu le pouls devenir très-petit et très-lent chez un enfant d’une douzaine d’années.

Suivant les recherches de MM. Blandin et Ville, pendant le cours de l’éthérisation, la quantité d’acide carbonique provenant de la respiration est d'autant plus grande que l’impassibilité est plus complète.

Même différence dans l’état du système musculaire : dans certains cas il y a des contractions spasmodiques et comme tétaniques. Ainsi, j’ai vu deux individus parfaitement engourdis, quant à°Ia sensibilité, et auxquels M. Malgaigne incisa une fistule à l’anus ; les membres étaient fortements roidis, et le sphincter de l’anus tellement contracté, que le chirurgien eut beaucoup de peine à introduire les instruments pour pratiquer l’opération. J’ai vu, par contre, des individus qui étaient plongés dans un état de résolution plus ou moins profonde. Enfin ces deux états peuvent se succéder dans un ordre variable ; car tantôt les mouvements spasmodiques précèdent et d’autres fois ils suivent la résolution. M. Jobert, se disposant à pratiquer l’amputation du bras chez une femme, l’avaient soumise aux inhalations éthérées; au bout de douze minutes environ, elle s'affaissa sur elle-même, et M. Joubert, qui nous fit remarquer ce phénomène, voulut en profiler pour opérer. Mais à peine le couteau eut-il été plongé dans les chairs, que la malade se redressa subitement, et tout le temps que dura l’opération , elle fut en proie à une agitation nerveuse très-prononcée. Et cependant, au réveil, cette femme nous assura n’avoir point souffert.

Quelques personnes ont voulu classer par périodes régulières les effets de l’éthérisation ; mais il nous est impossible d’adopter cette manière de voir. Rien de plus variable que l’ordre de succession des divers phénomènes dont nous avons parlé; des faits nombreux dont nous avons été témoin ne nous laissent aucun doute à cet égard. 11 est également impossible de déterrajner d’une manière fixe la durée de temps nécessaire pour la manifestation dos effets de l’éthérisme. Si les inspirations sont trop longtemps prolongées, on observe de véritables phénomènes d’intoxication : insensibilité complète, refroidissement des extrémités, petitesse du pouls, etc.

Quant à la durée des phénomènes de l’éthérisation, elle est ordinairement de cinq à six minutes; cependant, dans quelques cas, elle s’est étendue à vingt minutes, une demi-heure même (Bouvier). On peut d’ailleurs prolonger l’assoupissement en reprenant l’inhalation aussitôt que le malade reprend connaissance.

Plusieurs physiologistes ont tenté des expé-

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riénces sur les animaux vivants, dans le but de déterminer les causes physiologiques des effets si remarquables de l’éthérisme. Voici les principaux résultats qui ont été obtenus.

M. Amussat, appuyé par MM. Lallemand, Pillore et Praissier de Rouen, avait avancé, d’après des expériences sur les animaux, que dans l’éthérisation, le sang artériel offrait tous les caractères du sang veineux, qu’il était plus fluide, moins coagulable. Pour ces auteurs, la perte de la sensibilité devait donc être regardée comme un véritable phénomène d’asphyxie. Les recherches de M- Renault d'Alfort n’ont pas confirmé cette opinion, et, de plus, les chirurgiens, dans les opérations si nombreuses qu’ils ont pratiquées , n’ont rien vu de semblable. L’asphyxie réelle n’a lieu que quand, par la prolongation des inhalations éthérées, on amène la mort. MM- Flourens et Longet sont arrivés, chacun de leur côté, par les vivisections, à des résultats à peu près semblables. Le premier établit que l’éther porte son action sur le système nerveux, et qu’il y éteint la sensibilité dans l’ordre suivant, d’abord dans les lobes cérébraux (perte de l’intelligence), puis dans le cervelet (perte du principe de coordination des mouvements), puis dans la moelle épinière (perte de la sensibilité et du mouvement). La moelle allongée survit seule dans son action - c’est pourquoi l'animal survit; si l’action de cette dernière partie venait, parla prolongation de l’inhalation, à s’éteindre, l’animal succomberait sur-le-champ. C’est là ce que les chirurgiens doivent avoir présent à l’esprit. Du reste, il compare les effets de l’élher à ceux de l’asphyxie, avec cette différence, que dans l’éthérisme il n’y a pas transformation du sang artériel en sang veineux. M. Longet a tiré de ses expériences des conclusions analogues, et qui ne diffèrent que peu des précédentes, relativement à l’ordre d’envahissement des différentes portions du système nerveux. Enfin, M Serre a reconnu qu’un nerf immergé directement dans l’élher perd sa sensibilité. De tout ceci, on peut, je crois, légitimement conclure que l’action de l’éther sur le système nerveux est réellement dynamique ou vitale.

Applications pratiques . — Chirurgie. — La plupart des opérations chirurgicales, grandes ou petites, ont été pratiquées sur des sujets plongés dans l’éthérisme, et, il faut le dire, dans la grande majorité des cas, avec un succès complet Amputations des membres et des doigts, ablations des seins, extirpations de tumeurs dans différentes parties, incisions de toutes sortes, opérations de la hernie élranglée, taille, lithotritie, telles sont, les opérations graves et douloureuses qui sont venues démontrer la puissance du moyen dont nous venons d’examiner les effets physiologiques. A la tête des chirurgiens français qui ont soutenu et propagé la découverte américaine , il faut citer MM. Malgaigne, Roux, Velpeau, Gerdy, Rlandin, Laugier, etc. Les noms célèbres que nous venons de citer, répondent suffisamment aux reproches que quelques esprits prévenus adressèrent dans les premiers temps à ceux qui tentèrent l’emploi de l-’éther.

Mais est-ildoncsi imposant deparalyser la sensibilité dans les opérations chirurgicales?... Les faits vont nous répondre. De même qu’une émotion

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morale subite et violente peut occasionner des accidents graves et quelquefois mortels, de même aussi une douleur très-intense pourra produire les effets les plus fâcheux, et peut-être la mort. Dupuytren avait donné de ces phénomènes une explication fort ingénieuse, en disant que la puissance nerveuse s’épuisait en quelque sorte parla souffrance, comme le sang par une blessure artérielle. Engourdir la sensibilité, enlever la douleur pendant une opération, c’est donc diminuer les dangers de celle-ci. Autre considération également d’une grande importance : ce qui frappe surtout les sujets prêts à se livrer au couteau du chirurgien, c’est l’idée, presque tôujours exagérée d’ailleurs, des tourments qu’ils vont endurer. Or, cette appréhension , par la perturbation morale qu’elle entraîne, est encore un élément fâcheux qui vient se joindre à tant d’autres pour aggraver les suites des opérations. Ce serait donc déjà beaucoup, que cette confiance, si bien justifiée par les faits, savoir que désormais la chirurgie peut s’exercer sans 1 occasionner de souffrances : La douleur n’est pas un s mal, disaient les stoïciens ! cela est assurément fort I beau; mais n’est-il pas plus consolant de dire à | un pauvre patient à qui l’on va couper un membre : « II n’y aura pas de douleur pour vous. »

Maintenant faut-il se laisser aller à un fol enthousiasme, croire le moyen constamment efficace, constamment sans danger et applicable à tous les cas? non, assurément.

Et d’abord, il y a des individus tout à-fait réfractaires à l’action des vapeurs éthérées ; cepen- ; dant, comme cette même action est très-capricieuse, il faut répéter les inhalations plusieurs jours de suite, car, si l’on n’a pas réussi aujourd’hui, il est possible que l’on soit plus heureux demain. Enfin, nous avons rapporté plus haut les faits de Vidal (de Cassis) , dans lesquels la sensibilité , loin d’être éteinte, s’esttrouvéeexagér.ée.D’autreschirurgiens> ont rencontré quelques exemples analogues.

En second lieu, les inspirations d’éther sontelles sans danger? oui, dans la grande majorité des cas, mais non dans tous, et c’est ce dont il faut être bien prévenu. Ainsi, M. Jobert a vu survenir des douleurs de tète assez vh lentes, de l’agitation, de l’insomnie, de la toux, etc.

Chez une malade amputée du sein, il y eut des phénomènes de congestions céiébrales , puis un érysipèle, et enfin une suffocation qui détèrminala mort. L’autopsie, à laquelle j’assistais fit reconnaître un notable engorgement des poumons, avec rougeur très-proncfncée des principales divisions bronchiques. L’éther avait- il joué là un rôle fâcheux? c’est ce qu’il sérail actuellement fort difficile de décider. Mais en tout cas les chirurgiens doivent se regarder comme avertis et se tenir sur leurs gardes afin de ne pas pousser trop loin les inhalations. Car cette sorte d’ivresse que l’on dé termine peut, comme nous l’avons indiqué, avoir des conséquences graves. Du reste, hâtons-nous (Je le dire, aucun autre chirurgien français n’a rien observé de semblable , c’est ce que sont venus affirmer d’ailleurs Roux, Velpeau, Malgaigne," Geçdy, etc.

Voici quelques aulres faits qui démontreront que la respiration des vapeurs de l’éther peut avoir de graves inconvénients quand elle est

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