HAU
certains par la pipe que par le narguilé: on le mélange alors avec du tabac. Les Arabes préparent encore une boisson comme le bouza, ou bière avec de la farine d’orge fermentée, ajoutant pendant la fermentation une certaine quantité de feuilles et de fleurs. 11 faut bien se défier de cctie préparation ; on l’a vue produire des accès de fureur ; elle n’est guère employée que dans le peuple. L’usage d’une boisson faite avec les feuilles du chanvre indien est aussi assez répandu dans l’Inde, au rapport de M. Liautaud.
L’électuaire ou daxvamesc étant la plus usitée de ces préparations, ce que nous allons dire se rapporte à ce mode d’administrer le hachisch.
Ou ne doit user de cette substance, dit M. Aubert, qu’une heure avant de manger, ou quatre ou cinq heures après, si l’on veut que les effets se développent bien. On en prend la grosseur d’une noisette, que l’on accompagne d’une tasse de bon café. Si l'on a l’habitude de fumer, on fume un quart d’heure après. On recommence, puis on continue la pipe et le café selon sa volonté, bientôt les effets commencent. Il ne faut pas oublier le divan large, à la turque, il est presque toujours nécessaire pour s’étendre et se mettre à son aise. Quand on veut fumer le hachisch, on agit de même; on prend du café à volonté, seulement on ne discontinue de fumer que quand les effets commencent. J’ai remarqué, dit notre auteur, que le café augmentait et quela limonadediminuaitles effets. 11 ne faut pas du reste s’épouvanter de ce qui peut arriver, et de toutes les scènes comiques ou tragiques qui peuvent se passer; tout finit par des rires et le sommeil.
C’est qu’en effet, pendant l’action du hachisch, les visions les plus bizarres, les fantasmagories les plus excentriques se déroulent avec rapidité devant les yeux. Les phénomènes ressentis varient suivant les individus, il ne faut pas songer à les décrire; seulement, il y a ceci de commun que ces visions ont toujours leur côté comique ou plutôt grotesque, qui fait tourner au plaisant des scènes qui s’annoncent, comme le disait tout-à-l’heure M. Aubert, avec un caractère tragique. Ce sont ces extravagances, en paroles on en action , que les Arabes' désignent sous le nom italien de Fantasia. Ils éprouvent pendant l’action du hachisch une faim dévorante, avec dégoût pour le vin. Le tout se termine ordinairement par un sommeil paisible rempli de rêves agréables. Il faut bien remarquer que l’usage de cette substance ne came pas les pesanteurs de tête, le malaise habituel, et enfin l'abrutissement et la dégradation physique et morale des mangeurs et des fumeurs d’opium.
M. Liautaud a fait sur les animaux des expériences assez curieuses, desquelles il résulterait que, chez les carnivores, le hachisch produit là les phénomènes de l’ivresse, plus une faim très-violente, tandis que, chez les herbivores, on n’a obtenu aucun effet appréciable ; ceci, du reste, n’a rien qui ne rentre dans ce que l’on sait déjà de certaines substances végétales très-vénéneuses pour l’homme et les carnivores, et parfaitement innocentes pour les herbivores.
Maintenant, le hachisch n’est-il bon qu’à procurer aux gens voluptueux des scènes de fantasia? ne peut-on en tirer parti pour la thérapeutique? Déjà M. Aubert l’a administré dans des cas de |
peste très-grave, et il a paru en retirer de trèsbons effets. M. Moreau (de Tours), auquel nous devons un excellent ouvrage sur ce produit, l’a essayé dans la folie, mais sans que l’on puisse encore se prononcer d’une manière formelle sur son utilité. Du reste, l’action manifeste que le hachisch exerce sur le système nerveux, l’innocuité de son emploi répété pendant un certain temps, peuvent faire espérer qu’il pourra être utile dans certaines affections du système nerveux.
E. Beaugkakd.
HAÎÎT3SK.IVE . (Eau minérale d’) Hauterivelès-Vichy est un petit village situé à G kilomètres au dessus de Vichy, sur la rive gauche de l’Ailier; il y existe très-près de la rivière une ancienne source d’eau minérale gazeuse alcaline, analogue à celles de Vichy. Ces eaux étaient employées autrefois en boisson par les baigneurs de Vichy, et Desbrets les recommandait d’une manière spéciale. Cette eau est très-agr éable, plus gazeuse que celles de Vichy et un peu plus ferrugineuse. Il y a quelques années, M. lires- on acquit la sourced Mau terive peu abondante alors; il voulut lui donner plus d’importance, et il entreprit un sondage dans le lieu même du griffon de l’ancienne source ; il perdit la source et ne la retrouva qu’à 450 mètres, où il eut une eau ayant les mêmes propriétés que l’ancienne, mais ne s’élevant pas jusqu’au sol : il s’en fallait de 20 centimètres. Un nouveau sondage pratiqué dans le voisinage descendit à 500 mètres sans donner d'eau. Enfin, un troisième percé, à environ 30 mètres de l’ancienne source et descendant jusqu’à 420 mètres, donna une source abondante jaillissante au-dessus du sol et donnant jusqu’à 400 mètres cubes d’eau par 24 heures. Cette eau a une température d’environ 16° centig ; elle est c'aire, limpide, d’un goût un peu bitumineux lorsqu’elle sort de la source Du reste, sa saveur est piquante et aigrelette ; elle contient une quantité si considérable d’acide carbonique, qu’une partie du gaz qui se dégage de la source est utilisée pour la préparation du bicarbonate de soude. Cette fabrication se fait ainsi : l’eau sort du tube de sondage par deux conduits qui l’amènent dans deux grandes cuves taillées dans la lavedeVolvic : l’une qui est dans la première pièce sert au puisement de l’eau qui s’expédie dans des bouteilles de verre; l'autre cuve reçoit l’eau qui, par un trop plein, s’écoule dans l’Âllier. La pièce dans laquelle est celte cuve est complètement fermée ; des claies sont disposées sur le sol et recouvertes de souscarbonate de soude qui a été purifié L’acide carbonique qui se répand dans cette pièce occupe une couche as?ez épaisse au-dessus du sol. La face tournée vers ce dernieret à 50 centimètres du sol, lorsque je visitai cette source, il m’a été impossible d’y respirer, et j’éprouvais un sentiment de picotement si vif aux yeux et au nez, que je fus obligé de me relever, l’eu de jours suffisent pour transl'ormerlesous-carbonateen bicarbonate, qui, ainsi qu’on lésait, abandonne une partie notable de son eau de cristallisation.
Plusieurs sources analogues existent, dit-on, dans le village et dans les environs; il en est une située en face sur le coteau de la rive droite de l’Ailier. Dans le lit de cette rivière on voit, pen-