PIS
POI
et moins chargée de sels que celle d’Enghien, elle peut être employée dans beaucoup de cas où celleci serait trop excitante. Elle se rapproche beaucoup dans ses effets de l’eau de Bonnes; aussi en a-t-on fait usage avec avantage dans des affections des organes respiratoires, catarrhes chroniques , laryngites chroniques , affections chroniques de l'estomac et des organes abdominaux, douleurs articulaires. Elle paraît aussi avoir réussi dans quelques affections de l’utérus et dans des dérangements de la menstruation. Les bons effets de la source ne peuvent qu’être heureusement secondés par l’air pur et l’agrément delà situation, qui est très-pittoresque et d’une extrême salubrité.
L’eau de Pierrel'onds se conserve parfaitement; aussi le propriétaire en a-t-il établi un dépôt à Paris, où l’on peut s’en procurer pour en faire usage en boissons. J’ai examiné au mois d’août 1848 plusieurs bouteilles d’eau que M. Duflubé m’avait adressées au mois d’octobre de l’année précédente ; cette eau avait été accidentellement soumise à la gelée, et ensuite conservée dans une pièce ou la température était assez élevée; mais elle avait toujours été soustraite au contact de la lumière et parfaitement bouchée. Lorsque je l’ai examinée, elle n’avait point perdu de ses propriétés : elle était toujours parfaitement limpide, n’avait formé aucun dépôt dans la bouteille, et donnait au sulfhydromèlre un degré seulement plus faible de deux ou trois dixièmes que celle que j’avais examinée à la source peu de joursauparavant. J. P. Beaude.
pigment ( anat .), s. m. Pigmentum. Les anatomistes ont donné ce nom à une matière de teinte brune, noire en masse, qui se sécrète sous la peau des diverses races humaines et qui lui donne les colorations diverses que l’on observe. Dans la race blanche, le pigment ne se rencontre qu’acciden tellement sous la peau, soit autour du mamelon chez les femmes pendant la grossesse ou la lactation, soit aux grandes lèvres, au pourtour de l’anus ; chez l’homme, au scrotum, etc. Souvent il s’accumule par l’action de la lumière et donne à la peau une teinte colorée, ou il produit les taches de rousseur que l’on observe si souvent chez les femmes blondes et à peau très-blanche ; il s’accumule aussi dans certaines places pour former les taches que l’on désigne vulgairement sous le nom d 'envies. A l’état normal, il recouvre la face interne de la membrane choroïde, la face postérieure de l’iris, les procès ciliaires. Lorsqu’il a été détruit à une place déterminée, la peau reste d’un blanc mat; c’est ce que l’on observe dans les anciennes cicatrices, même chez le nègre. V. Peau et OEil. J. B.
pigmentaire [anat.), adj., qui a rapport au pigment.
pilier [anat.), s. m. On donne ce nom à des muscles du voile du palais et à des prolongements du diaphragme. V. ces mots.
pisiforme (anat.), s.m. pisiformis, de pisum, pois, et forma, forme. Nom donné au quatrième os de la première rangée du carpe, qui a la forme d’un pois; il s’articule avec l’os pyramidal, et donne attache au tendon du muscle cubital antérieur. V. Carpe.
PISTIL (bot.), s. m. pistillum. On donne ce nom à l’organe femelle de la fructification dans les
plantes. Le pistil est ordinairement composé de trois parties, de l’ovaire situé inférieurement, du style qui en est le prolongement, et du stigmate formé par un renflement qui le termine.
plantaginées (bot.). C’est une famille naturelle de la tribu des Dicotylédonés, qui ne renferme que deux genres ; elle est composée de plantes herbacées, souvent privée de tiges et n’ayant que des pédoncules radicaux qui portent des épis de fleurs très-denses. Les feuilles sont souventradicales, entières, dentées ou diversement incisées. Le calice a quatre sépales inégaux en forme d’aiguilles, dont deux plus extérieures; la corolle est monopétale, tubuleuse, à qjuatre divisions irrégulières, li y a quatre étamines saillantes, un ovaire libre à deux, rarement à quatre loges, contenant un ou plusieurs ovules. Le style est capillaire et terminé par un stigmate simple, subulé, rarement bifide à son sommet. Le fruit a la forme d’une petite boîte ronde à deux valves et recouvert par la corolle qui persiste. Le genre planlago est le seul qui fournisse des espèces usitées en médecine. V. Plantin- J. B.
plantaire ( ant .), adj. et s. plantaris, de planta, la plante du pied ; qui appartient à la plante du pied. Il existe plusieurs organes à la plante du pied que l’on a désignés sous le nom de plantaires : .telle est l 'aponévrose plantaire, qui est une couche fibreuse épaisse et résistante, presque adhérente à la peau, qui se fixe en arrière du calcanéum, et qui, en avant, se confond avec les ligaments qui unissent les os du métatarse avec les premières phalanges des orteils; cette aponévrose donne attache à plusieurs des muscles de la région inférieure du pied. — Les artères plantaires sont les deux branches qui terminent l'artère tibiale postérieure, elles passent sous la voûte du calcanéum et se distribuent aux muscles de cette région On les divise en interne et externe; cette dernière, arrivée au dernier espace intermétatarsien, se recourbe et forme l 'arcade plantaire. — Les nerfs plantaires sont formés par la bifurcation du nerf tibial, sous la voûte du calcanéum ; on les divise en internes et en externes. — Les ligaments plantaires sont des petits faisceaux ligamenteux très-multipliés, destinés à maintenir unis les os du tarse et du métatarse. — On donne en général le nom de région plantaire à la plante du pied, et on la divise en région plantaire externe , interne et moyenne . y. Pied. J. B.
PLANTE DÏÎ PIED (anat.) s. f. V. Plantaire et Pied.
poids médicaux ( phar . méd.), s. m. On désigne en police médicale, sous le nom de poids médical, l’action délivrer des médicaments pour les' besoins de la médecine, dans les proportions voulues par les formules. Les pharmaciens ont seuls le droit de vendre les médicaments aux poids médicaux. Plusieurs substances médicamenteuses, mais qui servent aussi dans les arts, peuvent être vendues par les droguistes et les marchands de produits chimiques; mais il est interdit à ces der • niers de les vendre au poids médical, le pharmacien ayant seul ce droit, et d’après une ordonnance de médecin. Autrefois, les poids médicaux étaient différents des poids usités dans le commerce, et ce
SU'PL
POU
POL
fait a lieu encore dans beaucoup de pays ; ce qui apporte une grande confusion dans les formules ou les travaux scientifiques , lorsque l’on veut les traduire dans notre langue, et leur appliquer nos poids métriques. Mais aujourd’hui en France, et surtout depuis l’application rigoureuse du système décimal, on ne t'ait plus usage que du gramme, de ses divisions et de ses multiples- Cependant l'usage des anciens poids est encore toléré dans les formules , et l’administration n’a pas jugé qu’il fut convenable, dans ces cas, d’appliquer l’amende prononcée contre les citoyens qui feraient usage des anciennes dénominations des poids et mesures.
POINTS LACRYMAUX (< mat .), S. IT1. p. V. Lacrymale et OEil.
poireau (path.), s. m.Y. Ferrite,
POIVRE cubèbe (mat. méd.) , s. m. Y. Cubèbe. poivre b'eau (mat. méd.), s. m.V . Persicaire. poivre os li a jamaiçue [mat. méd.) , s.
m. Y. Piment.
poivre long ( mat.méd.),s.m.pipcrlongum .
On donne ce nom au fruit d’une plante de l’Inde, que l’on confond le plus souvent avec le fruit d’une plante de nos jardins, le caspicmn annum . V. Piment. Le piper longum croîtdans l’Inde, aux Philippines, au Pérou; il est employé dans ces contrées comme le poivre noir (piper nigrum) ; il est sans usage en médecine. J. B.
polygalées (bot.), s. f. p. On donne ce nom à une famille déplantés dicotylédones polypétales à étamines hypogynes, à ovaire supère, créée avec le genre Polygala, divisé lui-même en plusieurs autres genres, qui n’offrent que peu de plantes médicales. V. Polygala.
polygonées (bot.), s. f. p.On donne ce nom à une famille de plantes à laquelle le genre Polygonum à donné son nom ; la plupart sont herbacées et croissent dans nos climats. Les plantes qui composent cette famille sont de la classe des dicotylédones apétales, à étamines périgynes, à feuilles alternes, engainantes à leur base ou adhérentes à une gaine membraneuse et stipulaire, roulées en dessous sur leur nervure moyenne dans leur jeunesse. Les fleurs, quelquefois unisexuées, sont en épis cylindriques ou en grappes terminales; elles ont un calice monosépale à quatre ou six segments, quelquefois disposés sur deux rangs ; elles ont de quatre à neuf étamines libres, à anthère s’ouvrant longitudinalement ; l’ovaire est libre, uniloculaire, ovule dressé. Le fruit est souvent triangulaire, sec et entouré d’un péricarpe qui ne se détache point spontanément à l’époque de la maturité ; quelquefois il est recouvert par le calice qui persiste. Les polygonées fournissent un certain nombre de plantes à la médecine et au régime alimentaire; les racinesde plusieurs sont purgatives, telles que la rhubarbe; d’autres astringentes, quelques-unes acides comme les rumex. J. B.
polyurie ( path .), s- f., de polu, beaucoup et ourone, urine, urines abondantes. On appelle ainsi une affection récemment distinguée du diabètes, et caractérisée par une émission très-abondante d’urines aqueuses ayant une faible pesanteur spéci-
que, et qui ne contiennent aucun principe sucré » Les malades sont, en outre, tourmentés par une soif excessive qui les oblige à boire incessamment. Ce qui fait que quelques auteurs l’ont appelée polydipsù (de polu, beaucoup, et dipsa, soif). 11 n’y a d’ordinaire pas de fièvre, et les aulres fonctions s’exécutent assez bien. — Le traitement est encore inconnu ; tous les moyens employés pour calmer les troubles dans la soif et la secrétion urinaire, les antiphlogistiques, les narcotiques, les toniques, etc., ont échoué. J. B.
populiste ( chim .). s. f. Nom donné par Braconnot à une matière blanche cristallisée en aiguille, soluble dans l’alcool, peu soluble dans l’eau, qui a été trouvée dans l’écorce du peuplier et dans celle du saule, où elle accompagne la salicine. Elle est sans usage en médecine.
poaTE-iîŒüis ( cliir .), s. m. On donne ce nom à un instrument ordinairement en acier, qui est destiné à porter une ligature sur le pédoncule d’une tumeur polypeuse.
pouiïre (phar.), s. f. pulvis. En pharmacie on donne le nom de poudres à des médicaments qui sont amenés à un état de division aussi complète qu’ils peuvent l’être par l’action mécanique. Les poudres simples, sont celles qui ne sont formées que par une seule substance, les poudres composées sont des préparations médicamenteuses qui se font par le mélange de poudres de diverses substances, et qui sont destinées à être administrées sous cette forme. Les poudres se préparent de diverses façons, car le même mode de division ne peut être appliqué à tous les corps ; les substances végétales, les racines, les bois, les feuilles et toutes les substances fibreuses se pulvérisent par contusion dans un mortier ; les graines se réduisent en poudre par l’action du moulin ; les substances résineuses et susceptibles de s’agglomérer par l’action de la chaleur pendant la mouture ou sous l’action du pilon sont pulvérisées par la trituration; les substances minérales se broient sur le porphyre au moyen de l’action d’une molette de même substance, et cette opération se nomme porphyrisation; les métaux se réduisent en poudre par la fusion et ensuite la projection dans l’eau ou l’agitation rapide dansdes boîtes rondeset fermées: c’est ce dernier moyen que l’on emploie pour l’étain . La sublimation par l’action de la chaleur est employéepourd’autressubstances,etspécialementpour le soufre, qui se sublime en petites aiguilles fines et pulvérulentes ; ce procédé est en même temps un moyen de purification, et le soufre, dans cet état de division, a reçu le nom de fleur de soufre. Dans certains cas on achève la pulvérisation des métaux, en les broyant avec des substances mucilagineuses qui les enveloppent et permettent alors de les soumettre à la porphyrisation.
Les poudres demandent à être conservées avec plus de soin que les substances entières, surtout quand les substances qui les forment contiennent des principes volatils ; telles sont les poudres formées avec les végétaux aromatiques. Les principes fugaces qui entrent dans la composition de ces végétaux, qui sont à un état de division extrême, ne se trouvant plus protégées par l’épiderme , ou les
pou
membranes naturelles qui souvent les recouvrent, se dégagent alors avec une plus grande rapidité* Dans les officines, les poudres doivent toujours se conserver dans des flacons ou des boîtes, le plus ordinairement métalliques et bien fermées. Les poudres de substances minérales sont moins facilement altérables, elles doivent être surtout soustraites au contact de l’humidité et de la poussière.
Les poudres composées sont très-nombreuses ; il en a été parlé de plusieurs au nom des principales substances qui entrent dans leur composition. C’est dans les formulaires et les ouvrages de thérapeutique que l’on peut avoir leur nomenclature et leur composition, et nous ne saurions les reproduire ici. Le mode d’administration des poudres varie suivant diverses circonstances. Le plus souvent on les administre en substance, soit délayées dans un liquide, soit enveloppées dans du pain à chanter, des confitures, des pruneaux, une cuillerée de soupe ; d’autrefois elles sont incorporées avec d’autres substances par l’intermédiaire d'un sirop ou d’un mucilage, et elles entrent dans la composition des pilules, des bols, des électuaires, des opiats, qui ont reçu des noms particuliers, et qui ont une action déterminée . Les poudres servent souvent aussi; de véhicule, et on les emploie quelquefois pour préparer des tisanes d’une manière extemporanée. J. -P. Beaude.
POB35BE bs DOWER ( pkarm .), fs. m. On la prépare en triturant ensemble, dans un mortier, deux parties de sulfate et autant de nitrate de potasse, les faisant fondre au feu dans un creuset, et jetant les sels en fusion dans un mortier de fonte chauffé ; l’on pulvérisé de nouveau ; l’on ajoute ensuite une partie d’extrait d’opium sec en poudre, une partie de poudre d’ipécacuanha et deux de régli-se. Cette poudre est un puissant so- J dorifique, et on l'administre souvent dans les rhul matismes, à la dose de 12 à 15 grains, ordinaire- | ment le matin. J. B.
poudre et amorces mBiHAKTES (Maladies des ouvriers qui préparent les) (path. etàyg.}. Les accidents et les maladies qui atteignent les ouvriers qui travaillent à la préparation des amorces fulminantes étaient plus nombreux il y a quelques années, qu’ils ne le sont à l’époque actuelle. Cela tient : 1° à ce que des recherches ont été faites sur ce sujet et qu’elles ont donné lieu à des applications nouvelles ; 2° à ce que l’administration s’en est occupée et qu’elle a exigé que des précautions, indiquées paT elle soient prises dans un butd’intérét général; 3° à ce que ces fabricants se sont occupés de voir ce qu’il y avait à faire dans l’intérêt des ouvriers.
Les accidents qui atteignent ces ouvriers sont quelquefois de la plus haute gravité : ainsi Julien Leroy, qui fabriqua à Paris, en 1816, les premières amorces fulminantes, fut tué dans son laboratoire, rue de Vaugirard, par l’explosion des matières qu’il préparait ; à Julien Leroy succéda son beau-frère, M. Da guerre -Leroy, dont le fils fut aussi tué par une explosion qui eut lieu dans le laboratoire qui était établi rue des Vinaigriers (faubourg St-Martin).
De 1816 à 1826, il y eut d’autres accidents de
POU 59
signalés (1), et un jeune pharmacien- de Versailles succomba par suite de l’un de ees accidents. Un événement analogue fut signalé à Saint-Étienne.
Plus tard on eut encore à déplorer la mort de plusieurs ouvriers , par suite d’explosions qui , eurent lieu •- 1° le 7 septembre 1827, à la fabrique ( des Moulineaux (commune d’Issy) ; 2° le 3 octobre? 1834, à la même fabrique ; 3° à la fabrique de la| gare d’Ivry, dans laquelle plusieurs personnes' succombèrent ; -4° à la fabrique de Gentilly, où un enfant de dix ans, qui chargeait des amorces, fut' tué; 5° dans la fabrique du sieur Masse, qui fut tué, ainsi que son contre-maître, le nommé Roland; 6° à la fabrique de Belleville, où, par suite d’une explosion, deux personnes furent tuées ; 7° à la fabrique de Joigny (Yonne), où plusieurs personnes succombèrent ; 8° à la fabrique de la Villette, où deux personnes furent tuées : l’iine des personnes était une femme enceinte ; 9° à la fabrique des Vertus; 1G° à la fabrique du sieur Sauvé, à Soissons ; 11° à la fabrique de Menilmontant.
On sait que, outre les cas de mort, plusieurs personnes furent mutilées : parmi ces dernières on doit citer Baruel, préparateur à l’école de médecine; Bellot , docteur en médecine, qui resta sourd et presque aveugle.
Les derniers accidents observés datent du 10 juin 1836, du 19 juillet 1839, du 13 juin 1842, du 10 novembre 1843. Ces accidents atteignaient particulièrement les ouvriers et les ouvrières qui chargeaient les amorces; mais une très-grande amélioration a été apportée dans cette opération par M. Masse, gérant de la fabrique des amorces aux Bruyères de Sèvres, qui a fait établir une machine dite bouclier, à l’aide de laquelle les amorces sont chargées de telle façon que les ouvrières sont à l’abri des explosions. M. Masse a fait fonctionner cette machine devant les membres du conseil de salubrité; de plus il en a fait faire des dessins qu’il a répandus, afin que les .autres fabricants puissent aussi mettre à l’abri leurs ouvriers et les préserver des accidents. On doit signaler ce progrès dans cette industrie , et louer hautement ce fabricant de sa philanthropie.
Nous allons faire connaître en quelques mots les prescriptions imposées, sous les avis du conseil de salubrité, par M. le Préfet de police, aux fabricants qui s’occupent de cette industrie. Voici ces prescriptions .
1° Les usines pour la fabrication de poudres fulminantes seront complètement isolées de toute habitation et éloignées des routes et des chemins; elles seront encloses de murs de tous côtés.
2° L’atelier de fabrication du fulminate sera éloigné de tous les autres ateliers, et particulièrement de la poudrière et du lieu où est placé l’esprit de vin.
3° Les autres ateliers seront isolés les uns des autres, et construits en charpente et plâtre sans moellons ; le sol sera recouvert d’une lame de plomb ; les parois seront polies et enduites de stuc, si cela est possible; les vitres, s’il y en a, seront en verre et recouvertes d’une légère couche de peinture blanche, pour diminuer la température et
(1) On fabriquait alors en cachette, et une fabrique de ce genre a fonctionné pendant quelque temps dans une des carrières qui se trouvent sur la route de Villejuif.
POU
POU
éviter que les défauts dans le verre ne puissent jamais produire de foyer lumineux susceptible de donner une très- grande chaleur sur certains points. La toiture des ateliers doit-être suffisamment résistante pour qu’un choc, occasionné par des matériaux provenant de l’explosion d’un autre atelier, ne puisse faire tomber une partie du toit, ce qui pourrait donner lieu à de nouveaux accidents.
4° 11 ne sera pas fait de feu dans ces ateliers et on ne devra pas y travailler à l’aide de la lumière artificielle.
5° Les murs du séchoir seront garnis de tablettes de bois blanc, dont la plus élevée ne recevra rien ; ces tablettes seront placées à une telle hauteur que l’on puisse atteindre les objets qu’on y aurait placés sans être obligé de monter soit sur une chaise, soit sur un banc.
6° 11 ne pourra être employé de tamis en fils métalliques, et ceux qui seront employés devront être garnis, à leurs bords inférieurs, d’une bande de plomb.
7° La poudre grainée et séchée sera renfermée dans des bouteilles garnies de jonc, et ces bouteilles seront transportées à la poudrière.
8° La poudrière sera absolument isolée , elle sera munie d’un paratonnerre; la seule rangée de tablettes qui y sera posée sera assez basse pour qu’on n’ait pas besoin de s’élever pour prendre les bouteilles et les objets placés sur ces tablettes; le sol de cette poudrière devra être recouvert d’une lame de plomb (1).
9° Aucun transvasement de poudre ne pourra être fait dans la poudrière, sous quelque prétexte que ce soit.
11° On ne transportera à-la-fois, dans l’atelier déchargé, que la dixième partie au plus de la poudre qui doit être employée dans la journée; le directeur ou le propriétaire de l’établissement seront les seuls qui aient la clé de la poudrière .
12° Le chef des ateliers devra posséder des connaissances chimiques, de manière à présenter une responsabilité morale.
15° Aucune fabrique de poudre et d’amorces fulminantes ne pourra s’établir sans avoir d’avance déposé un plan exact de toutes les dispositions intérieures; dispositions qui, après leur adoption, ne pourront être changées sous aucun prétexte, sans une nouvelle autorisation. Aucun ouvrier ne devra être employé dans ces fabriques, s’il n’est âgé de 18 ans au moins.
Outre ces conditions, on a depuis exigé que les poudrières fussent entourées de terrassements, qui sont destinés, en cas d’explosions, à arrêter les matériaux, de façon à ce qu’ils ne puissent être projetés à des distances plus ou moins éloignées.
Les maladies qui atteignent les ouvriers sont eu nombreuses. Voici ce que nous avons observé. Avant 1844, les ouvriers étaient exposés à des vapeurs très-intenses qui résultent du traitement du nitrate de mercure par l’alcool, et ces ouvriers étaient très-souvent affectés; ils étaient atteints d’une toux violente, quelquefois suivie de vomissements; ils étaient dans quelques cas forcés de suspendre leurs repas jusqu’à ce que
(1) Les membres du conseil ont reconnu qu’on ne pouvait faire détonner le fulminate sur le plomb.
le travail fût entièrement terminé, ce qui les fatiguait outre mesure. A cette époque je fus consulté par M. Gevelot, je lui donnai mes idées sur les moyens de condenser ces vapeurs; plus tard je fus consulté par MM. Delion et Goupillât, et je leur indiquai la construction d’un appareil pour arriver à cette condensation; je fus singulièrement récompensé de ce que j’avais fait dans l’intérêt de ces fabricants. M. Üelion présenta l’appareil comme étant de lui, et il obtint le prix Montyon : je n’eus pour récompense que le bonheur d’avoir pu être été utile aux ouvriers en rendant leur profession moins dangereuse.
On se sert encore aujourd'hui de l’appareil que j’indique ; son emploi permet aux fabricants d’obtenir un liquide qui peut être utilisé dans quelques cas comme succédané de l’alcool; son usage a fait cesser les accidents que nous venons de faire connaître.
Nous avons remarqué que les ouvriers qui fa briquent le fulminate avaient souvent les dents usées, d’autrefois colorées en gris et en noir-, nous avons prévu qu’il serait utile de rechercher si cette altération des dents était due au travail opéré sur le mercure dans les fabriques d’amorces. Nous nous sommes plus tard occupé des maladies des ouvriers de ces fabriques. Voici ce que nous avons été à même de recueillir sur ce sujet. Nous devons dire avant tout que nous avons été aidé dans nos recherches; 1° par M. Baduel, médecin des épidémies du canton de Sèvres; 2° par M. Masse, gérant de la fabrique des Bruyères ; 3° par M. Gevelot fils, fabricant d’amorces.
Voici ce que disait M. Baduel ; « L’action du « mercure fulminant en poudre fine (en jpulvérin) « sur les ouvriers des deux sexes, employés à la face brique de Sèvres au nombre de 60 à 70, est « très-active ; aussi toutes les personnes qui trace vaillent dans cet établissement sont-elles attein- <c tes de gonflement des gencives, de ptyalisme, cc d’ulcération à la bouche, et quelquefois, dans le « principe, de diarrhée- »
M. Baduel nous écrivait aussi qu’il n’avait jamais observé des cas de gale, ni d’affections syphilitiques, sur les personnes attachées à cet établissement. Ce qui le portait à croire que l’absorption du mercure agissait comme préservatif et comme curatif de ces maladies.
M. Masse nous a dit avoir observé que les personnes atteintes d’affections syphilitiques, qui travaillent dans leur fabrique, étaient, quelques jours après leur entrée dans l’établissement, couvertes de boutons volumineux, et que trois semaines ou un mois après l’invasion de cette maladie, les boutons disparaissaient; qu’il était convaincu lorsque ces symptômes étaient observés , et il s'en était assuré, que le3 individus atteints de cette éruption avaient la maladie vénérienne.
M. Baduel n’a jamais observé les symptômes signalés par M. Masse.
M. Gevelot nous a dit que l’ouvrier qui, dans la fabrique, est chargé de mêler le fulminate, de grainer et de tamiser la poudre, a contracté un tremblement nerveux, dont le siège principal est dans les mains ; que cet ouvrier, lorsqu’il cesse de travailler pendant plusieurs jours, voit ce tremblement diminuer. Il pense que cette maladie dispa-
POU
rattrait si cct ouvrier ne se livrait plus à ce genre d’occupalion 1.
Ce fabricant a observé que le pulvérin qui se répand, lors du tamisage, agit sur les ouvriers; que ceux-ci ont les dents noires, quelles que soient les précautions qu'on ait prises jusqu’ici pour les garantir de cette altération.
M. Gevelot dit aussi que le pulvérin qui se dissipe lors du tamisage, surtoutdans la saison chaude, est la cause de ces maladies. Selon lui, il produit quelquefois une inflammation cérébrale; d’autresfois il attaque la peau, les yeux, et donne lieu à des accidents divers et à des ophtalmies; d’autres fois encore, outre la couleur noire des dents, les ouvriers ou ouvrières sont atteints d’ulcérations dans la bouche, ulcérations qui disparaissent par la cessation du travail, et en faisant usage de gargarismes avec le chlorure d’oxide de calcium: il dit qu’à l’aide de ce traitement ces accidents cessent promptement.
Tout ce que nous venons de dire démontre, d’une manière positive, que les maladies des ouvriers qui travaillent à la préparation des amorces fulminantes devraient être étudiées. Nous pensons qu’on pourrait les prévenir et les faire cesser en faisant prendre à ces ouvriers des bains hydrosulfurés, des bains dits de barèges-
A. Chevallier.
Membre du Conseil de salubrité.
poudres Gazifêres (hyg. et pharm.), s. f. On donne ce nom à des substances réduites en poudre, et qui, par leur mélange et leur solution dans l’eau, dégagent de l’acide carbonique qui se mêle avec l’eau, et lui communique les caractères des boissons gazeuses , ou des eaux minérales gazeuses artificielles. Ces poudres sont ordinairement formées avec l’acide citrique, et le plus souvent tartrique, et du bicarbonate de soude. Leur usage a été introduit en France par les Anglais, et, depuis quelques années, il a pris un développement considérable. En ajoutant du sucre et le suc de certains fruits dans l’eau où l’on introduit ces poudres, on prépare des limonades gazeuses qui sont assez agréables , mais qui n’ont point la qualité et les propriétés de celles dans lesquelles le gaz acide carbonique est introduit directement.
La poudre que l’on vend sous le nom de poudre de seltz est loin de présenter, dans sa composition, les éléments de l’eau de seltz ; c’est du bicarbonate de soude et de l’acide tartrique que l’on mélange dans l’eau, ce qui forme un tartrate de soude, plus le gaz qui sature l’eau. Cette boisson, qui a été désignée par les Anglais sous le nom de soda powdcrs , est légèrement purgative, et elle ne peut remplir les indications de l’eau de seltz artificielle ou naturelle, ni même de l’eau simplement gazeuse, ou eau de seltz pour la table.
La pharmacie a aussi usé de cette manière de préparer rapidement une boisson gazeuse pour administrer certains médicaments, et principalement les préparations ferrugineuses. Les Anglais préparent ainsi une boisson gazeuse au gingem-
1 Cet ouvrier manipule depuis vingt ans, il a une bonne conduite et fait usage d’une nourriture saine. Nous constatons ces faits, parce qu’il nous est démontré que ce ne sont pas les professions qui tuent les ouvriers, mais les débauches et le passage successif d’une alimentation abondante, et plus qu’abondante, à une nourriture insuffisante.
POU
bre, qui est amère et stimulante, et par conséquent appropriée à leur climat, dont fisse trouvent fort bien comme boisson hygiénique. Voici les formules de plusieurs de ces boissons gazeuses : Poudre gazifère simple, improprement poudre de seltz ,
Bicarbonate de soude t 4 gram
Acide tartrique j 4 gram
Pour préparer cette boisson, on a soin d’envelopper l’acide tartrique et le bicarbonate de soude dans des papiers de couleurs différentes : car, comme les deux poudres sont blanches et les paquets à peu près de même volume, il serait difficile de les reconnaître au moment d’en faire usage , surtout pour les personnes peu familiarisées avec ces préparations chimiques. La quantité indiquée ci-dessus est pour une bouteille d’eau de 3/4 de litre ; on doit avoir une forte bouteille , un bon bouchon ; on remplit la bouteille d’eau , moins deux doigts, on y verse le paquet de bicarbonate de soude et celui d’acide tartrique , on bouche fortement, et l’on maintient, s’il est nécessaire, le bouchon avec un lien passé autour du goulot de la bouteille.
Voici ce qui se passe dans cette opération : l’acide tartrique s’empare de la soude du bicarbonate , et forme un tartrate de soude , qui reste en solution dans l’eau; l’acide carbonique, mis en liberté, se mêle à l’eau, et détermine , en raison de son abondance, une pression dans la bouteille, en même temps qu’il rend l’eau acide et pétillante. On peut également préparer, par ce moyen , ainsi que nous l’avons dit, des limonades gazeuses , des grogs gazeux , des boissons, dont le sirop de groseille et de cerise etc., sont la base, en commençant par introduire dans la bouteille, avant d’y mettre l’eau , de 60 à 90 grammes de sirop de la substance que l’on voudra mêler à cette boisson ; mais, nous le répétons encore, le tartrate de soude modifie toujours le goût et les propriétés des substances que l’on y joint, et en fait des boissons moins agréables que celles qui sont préparées par l’action de l’acide carbonique , introduit seul dans la solution.
Poudre pour la bière de gingembre , ginger beer Powder.
Bicarbonate de soude 20 gram.
Sucre 140 gram.
Gingembre 4 gram.
Pulvérisez et mêlez, puis divisez en douze paquets, que vous envelopperez de papier bleu.
Acide tartrique 26 gram.
faites douze paquets blancs.
Préparez la boisson de la même manière qui a été indiquée ci-dessus.
Poudre gazifère ferrugineuse.
Bicarbonate de soude 12 gram.
Acide tartrique 16 gram.
Sulfate de fer ôdécig.
Sucre 40 gram.
On introduit l’acide tartrique , grossièrement pulvérisé, dans le mélange des trois autres substances également en poudre, et l’on renferme dans un flacon bien bouché. Lorsque l’on veut faire usage de cette poudre , on en mêle une cuillerée à café dans 250 gram. (un verre ) d’eau sucrée.
POU
M. Miaihe a donné la formule d’une eau ferrée gazeuse que nous croyons devoir reproduire ici , car elle est plus ferrée que la précédente , et le fer qui entre dans sa composition a une action moins marquée sur l’estomac , comme agent styptique.
Bicarbonate de soude 5 gram.
Tartralè ferrico-potassique . . t gram.
Acide citrique transparent. . . 4 gram.
On fait dissoudre le bicarbonate de soude et le tartrate de fer dans l’eau ; on filtre et on l’introduit dans une bouteille d’eau de 3/4 de litre -, on ajoute ensuite l'acide citrique en morceaux , on bouche fortement en fixant le bouchon avec une ficelle , on agite la bouteille afin de favoriser la dissolution de l’acide citrique et la solution de gaz. Cette eau est très-limpide , d’une faible couleur jaune rougeâtre, qui change ensuite en une teinte d’un jaune verdâtre ; elle est très-agréable à boire, et n’a pas le goùtstyptique de la plupart des boissons ferrugineuses.
Poucb'e gazifère fébrifuge de Meirien.
Acide tarlrique 1 gram.
Sulfate de -quinine l décig.
Triturez et faites un paquet blanc.
Bicarbonate de soude 12 décig.
Sucre 8 gram.
Mêlez et faites un paquet bleu.
Faites dissoudre chaque paquet à part dans un quart de verre d’eau; réunissez ensuite les deux liqueurs, et buvez rapidement en une seule fois. 11 faut répéter cette prescription toutes les deux heures.
Limonade sèche gazeuse.
Bicarbonate de soude 30 gram.
Sucre 140 gram.
Essence de citron 1 gram.
Triturez et mêlez , et faites douze paquets bleus.
Acide tarlrique 24 gram.
Triturez et faites douze paqutes blancs.
Préparez de la manière déjà indiquée un paquet de chaque espèce pour une bouteille d’eau. Poudre gazeuse purgative (poudre de savory).
Tartrate de potasse et de soude. 74 gram.
Bicarbonate de soude 26 gram.
Mêlez et faites dix paquets bleus.
Acide tartrique 26gram.
Faites dix paquets blancs.
Un paquet de chaque espèce pour une bouteille d'eau.
On voit que ces préparations peuvent être variées d’un grand nombre de façons, et qu’il y a beaucoup de substances qui pourraient être administrées ainsi. J. P. Beaude.
POUS.S ( séméiol .) , s. m. pulsus , de pulsare, frapper, battre. On appelle pouls les battements artériels produits par le choc de l’ondée sanguine qui s’y trouve projetée à chaque contraction du cœur(V. Circulation). L’idée d interroger ces battements sous le rapport de leur fréquence, afin de connaître l’état de la circulation, lé;at général des forces et l’existence ou l’absence de la fièvre, était connue du temps d'Hippocrate; le père de la médecine en parle dans plusieurs endroits de ses immortels écrits. Mais c’est surtout Gallien, esprit
pou
éminemment subtil et spéculateur, qui s’occupa du pouls, auquel il consacre plusieurs traités volumineux qu’il a pris la peine de résumer lui-même {de puhibus ad tyrones ). Galien établit une multitude infinie de divisions et de subdivisions qui ont le malheur de ne pas se rencontrer au lit du malade. Dans le siècle dernier, Solano de Lucques en Espague, Nihel en Angleterre, Bordeu et Fouquet en France/publièrent égalementdes ouvrages dans lesquels l’art sphygmique ( sphugmos , pouls) était présenté avec une multitude de distinctions minutieuses et sans fondement réel. L’observation moderne a fait justice de toutes ces subtilités, et on se borne aujourd’hui à demander au pouls l’état des forces du sujet et le degré de la réaction fébrile, questions auxquelles il ne répond pas toujours avec autant de précision qu’on pourrait le croire. Pour apprécier lavaleur du pouls dansles maladies, il faut d'abord l’étudier dans son état normal.
Du pouls à l’état normal. — En sauté, 'le pouls est régulier, sans lenteur ni fréquence, et d’une force médiocre; mais ces conditions varient suivant une foule de circonstances qu’il faut faire connaître ici.
L’âge exerce une grande influence. La fréquence extrême du pouls chez les très-jeunes sujets, niée par quelques observateurs, a été constatée de nouveau par M. Trousseau: cet observateur a posé le chiffre 137 comme moyenne générale du pouls pendan t le premier mois de la vie ; 132 dans le second mois; 120 du sixième à un an ; 118 d’un an à vingtet-un mois. Dans l’âge adulte, la vitesse moyenne du pouls est de 05 à 70. Enfin, dans la vieillesse, on dit généralement qu’il se ralentit et tombe à 60 et 50. Des observations de MM. Métivié etLeuret, publiées en 1832", tendraient à faire croire que le pouls, au contraire, se relève dans la vieillesse et remonte à 73 ou 75. On comprend combien il serait important d’être fixé sur ces différences relatives.
Chez les femmes, le pouls est habituellement plus fréquent et plus rapproché de ce qu’il est dans la jeunesse que celui des hommes. L’état de grossesse semble aussi accélérer ses battements.
11 est, dit-on , plus fréquent chez les individus de petite taille que chez ceux dont la stature est plus élevée ; ehezles sujets d’un tempérament nerveux et sanguin que chez les lymphatiques. Il se ralentit ordinairement pendant le sommeil. Les affectionsde l’âme, les émotions, la colère, la marche, l’exercice, modifient sa fréquence d’une manière très-notable. 11 faut encore tenir compte des variations individuelles. Lent et petit chez les uns, il est dur et fréquent ou irrégulier chez d’autres. 11 est •donc bien important que le médecin connaisse le pouls normal de son malade, autrement il est expo é à commettre quelques erreurs. Ainsi, chez un sujet dont le pouls est normalement très-lent, 48 à 50 pulsations par minute, une réaction fébrile l’élève à 75; le médecin, s’il ne connaît pas le malade, ne soupçonnera pas là un pouls fébrile. Par contre, ilcroiraàune fièvre assez lbrtesi.cbez un individu dont le pouls normal donne 80 pulsations, une indisposition légère l’élève à 85 ou 90.
Enfin, certains médicaments apportent des changements notables dans l’état du pouls : les excitants, le thé, le café, les alcooliques augmentent sa fréquence via digitale le ralentit e-t finit par le ne«r
POU
dre irrégulier ; ce sont encore là des conditions dont il faut soigneusement tenir compte.
Lu pouls dans l’état de maladie. — 11 peut, avons-nous dit, fournir d’importantes notions sur l’état des forces et l’intensité de la réaction fébrile chez les malades. Pour étudier le pouls d’une manière fructueuse, il est quelques précautions à prendre.
Ainsi, on attendra que le sujet soit remis de l’émotion que lui cause habituellement l’arrivée du médecin; on lui recommandera le silence et l’immobilité; s’il est levé, on le fera asseoir; s’il est au lit, on le fera étendre sur le dos, car les efforts de la station suffiront pour accélérer les battements artériels. Le malade étant dans les conditions que nous venons d’indiquer, et le médecin ayant causé quelques instants avec lui, il lui fera fléchir l’avant-bras sur le bras; puis il appliquera les quatre doigts qui suivent le pouce parallèlement sur une même ligne au niveau du trajet de l’artère radiale auprès du poignet, le pouce ou la paume de la main reposant sur la face dorsale de l’avant-bras, de manière à servir de point d’appui. L’artère du côté droit est explorée avec la main gauche, et réciproquement. Quand l’artère a été trouvée, on la comprime légèrement pour apprécier la force , la résistance du pouls ; on examine si les battements sont bien réguliers, et après les avoir ainsi étudiés pendant une cinquantaine de pulsations au moins, on les compte avec une montre à secondes. L’appréciation première par les facultés tactiles des doigts constitue plus particulièrement ce qu’on appelle tâter le pouls, ce qui est assurément plus utile que de le compter : car on peut apprécier approximativement et avec un peu d’habitude le nombre de puisa tions de l’artère par minute, sans se servir delà montre. On pourrait, à la rigueur, tâter une autre artère que la radicale ; mais, comme on est accoutumé à son degré de résistance, de tension, etc., toute autre artère plus volumineuse ou plus petite ne pourrait qu’induire en erreur et ne pourrait servir que pour compter.
Les changements que l’état de maladie imprime au pouls sont de deux sortes : les uns portent sur chaque pulsation considérée en elle-même, les autres sur la succession de ces mêmes pulsations.
1° On trouve dans l’examen des pulsations le caractère suivant : vitesse ou lenteur, dureté ou mollesse, grandeur ou petitesse, faiblesse ou force.
On dit que le pouls est vite quand la dilatation de l’artère, par l’ondée sanguine, se fait avec promptitude et soulève rapidement le doigt explorateur; le pouls lent est au contraire celui dans lequel, le soulèvement ayant lieu avec plus de lenteur, l’intervalle des battements se trouve plus rapproché. 11 ne faut pas confondre la vitesse du
ouïs avec la fréquence qui consiste dans le nom-
re plus considérable de battements dans un temps donné. Du reste, la vitesse du pouls est souvent unie à la fréquence. Le pouls est dur quand le soulèvement artériel a lieu avec une rudesse brusque et une tension considérable du vaisseau ; les variétés sont la rudesse , la tension , la résistance.Le pouls estditmow quand le soulèvement se
POU 03
fait mollement et qu’il est facilement arrêté dans son développement par la pression du doigt. Le pouls dur et vite se rencontre souvent dans les maladies inflammatoires arrivées à leur plus haut période d’ intensité ; le pouls mou appartient aux maladies asthéniques , les hydropisies, les cachexies., etc.
On dit que le pouls est grand quand l’artere se dilate largement, et que le sang qui la parcourt semble remplir le vaisseau. Il est petit dans les conditions opposées.
Le pouls grand annonce un libre développement du système artériel ; les auteurs s’accordent à reconnaître qu’il a surtout ce caractère dans les maladies dont le siège est au dessus du diaphragme, c’est-à-dire dans la poitrine et à la tête. On l’observe surtout dans les rhumatismes, les pneumonies, les hémorragies actives, les apoplexies.
Le pouls est naturellement petit chez les personnes très-grasses , qui ont les artères peu volumineuses et situées profondément II se montre dans les maladies de l’abdomen; réuni à la dureté il constitue le pouls serré. Le pouls petit est d’un plus fâcheux pronostic que le pouls grand . il devient filiforme, vermiculaire dans les derniers moments de la vie.
Réunissez la dureté à la grandeur du pouls, vous aurez le pouls fort; la petitesse à la inolesse, vous aurez le pouls faible; le pouls vibrant appartient au premier, le pouls déprimé au second.
Le pouls fort est en général d’un heureux pronostic , il indique du moins que le sujet est vigoureux. Le pouls faible n’est quelquefois tel qu’en apparence et par l’effet de ce que l’on a appelée oppression des forces ( oppressio vir 'mm ) ; c’est ce que l’on voit dans certaines phlegmasies viscérales , où il se relève , prend de l’ampleur et de la force à mesure que l’on tire du sang.
2° En comparant plusieurs pulsations entreelles, on trouve la fréquence ou la rareté; Y irrégularité ou Y inégalité , Y intermittence , Yinégalité la confusion ,
Ainsi que nous l’avons dit plus haut , le pouls est dit fréquent quand le nombre des pulsations est plus considérable dans un temps donné qu’à l’état normal ; il est rare quand ce nombre est moins considérable : l’unité du temps à laquelle on rapporte le nombre des battements artériels est la minute. Nous avons vu les conditions d’âge , de sexe, de constitution qui , à l’état normal, peuvent faire varier la fréquence du pouls; il faut en tenir grand compte quand on examine un malade.
La fréquence du pouls indique généralement l’existence de la fièvre. Cependant il faut être prévenu que la fièvre peut exister avec rareté üu pouls, elle se reconnaît alors à d’autres caractères ; car d un autre côté il peut y avoir fréquence du pouls sans fièvre, ce que l’on observe surtout dans la convalescence des maladies ; alors le pouls reste fréquent et ne se ralentit en redescendant vers son type que quand on cesse la diète , et que l’on rend des forces au malade par un régime sagement calculé.
Le pouls rare se présente surtout dans les affections cérébrales.
Le pouls fréquent s’élève rarement à plus de
POU