PR
180 pulsations, et d’ailleurs, amené â 150, il est bien difficile de le compter; de même le pouls rare ne descend guère au-dessous de 25.
Ainsi qu’on peut le comprendre d’après son nom, le pouls régulier, est celui dans lequel les battements ont lieu à temps égaux. 11 est au contraire irrégulier , lorsque les intervalles ne sont pas constamment les mêmes. Le pouls conserve sa régularité dans les maladies aiguës. L irrégularité du pouls se présente sous diverses formes : tantôt une des pulsations manque entièrement , c’est le pouls intermittent ; d’autrefois une pulsation se fait sentir dans l’intervalle qui sépare deux pulsations régulières, c’est le pouls inlcrcident. Ces intermittences ou intercidences reviennent quelquefois après un nombre constant de pulsations et sont ainsi régulières, mais cela est rare. Ces diverses modifications du pouls dénotent en général une affection organique du cœur. On les a observés par le seul effet de la volonté ou de l’attention que des malades hypocondriaques attachaient à l’examen incessant de leur pouls. Les auteurs anciens avaient soigneusement noté le pouls dicrote ( bis feriens ), composé de deux battements successifs et rapides, suivis d’un repos. Suivant eux ce signe annonçait les hémorrhagies.
Le pouls égal est celui dont toutes les pulsations sont parfaitement semblables entre elles par la vitesse, la grandeur et la dureté : le pouls est inégal , quand elles offrent quelques différences sous l’un de ces trois rapports.
C’est à l’occasion de ces différences dans les caractères que peut présenter le pouls, que certains auteursdu siècle dernier, Solano de Lucques, Bordeu et Fouquet, ont donné l’essor à leur imagination. Suivant eux il n’est pas de maladies que l'on ne puisse découvrir par quelques caractères de pouls, et ces idées se sont tellement répandues dans le public que beaucoup de personnes pensent qu’un médecin peut, à la seule inspection du pouls, diagnostiquer l’organe affecté, la nature de la maladie, etc. Les observateurs modernes ont fait justice de toutes ces subtilités malheureusement sans fondement aucun.
Enfin le pouls est confus, insensible, lorsque par son extrême fréquence , par ses irrégularités poussées au plus haut degré, sa faiblesse trèsgrande, etc., il cesse d’être appréciable; c’est ce qui a lieu ordinairement dons les derniers instants de la vie.
11 est rare que le pouls se montre dans un état de simplicité absolue , presque toujours il réunit quelques-unes des modifications que nous avons indiquées; c’est ce que l’on nomme pouls composé. C’est ainsi que dans les phlegmasies aiguëes, la fréquence s’unit ordinairement avec la grandeur, la dureté, etc. J. P. Beaude.
poussée ( thérap.), s. f. Dans les 4 établissements thermaux , on donne le nom de poussée à une éruption qui se manifeste à la surfnce du corps après l’usage, pendant un certain nombre de jours, des eaux thermales , en bains et en boissons. Dans quelques établissements , on regarde la poussée comme d’un heureux augure sur l’action efficace du traitement ; mais la majorité des médecins des
eaux ne la regardent pas comme indispensable. Le caractère de cette éruption est un véritable sudamina , et quelques auteurs l’ont désigné sous le nom de Sudamina thermalia. V. Sudamina, Eaux minérales , et Louesche au Suppl. J. B.
paÉcoRBïAL [anal] , adj . Præcordialis, de prœcordia, le diaphragme qui correspond au diaphragme. On distingue quelquefois , sous ce nom de région précordiale, la région épigastrique. V. Epigastre.
presbytie (path.) s. f. On donne ce nom à la vue confuse quand on regarde les choses de près, et nette lorsqu’on les regarde d’une distance plus éloignée ; c’est l’altération de la vue qui se manifeste chez les vieillards. Elle dépend de l’aplatissement de la cornée par la diminution des humeurs de l’œil, ou l’aplatissement du cristallin ; par l’effet de ces deux causes ou del’une d’elles, la force réfringente de l’œil se trouve diminuée, et les rayons arrivent sur la rétine avant d’avoir été suffisammentrélractés: delà, la nécessité d’employer des lunettes convexes pour remédier à cette infirmité. V. Vision et Lunettes. J. B.
prisons (hyg.), s. f. p. Il sera traité dans cet article de l’hygiène des prisons et de la santé des prisonniers.
L’emprisonnement étant désormais , si l’on fait abstraction de la peine de mort, la principale et presque la seule peine inscrite dans nos codes, les prisons sont devenues un des points importants de l’administration du pays, et la connaissance de leurs conditions s’est presque élevée au rang d’une science.
Il y a divers points de vue sous lesquels on peut considérer les prisons : leur point de vue philosophique, leur point de vue administratif, leur point de vue industriel, leur point de vue hygiénique ou médical. Ce dernier point de vue est le seul sous lequel j’aie à les envisager, et ce ne sera qu’incidemment qu’il m’arrivera d’en sortir.
La prison étant à-la-fois un lieu d’expiation et un moyen d’intimidation, sa sévérité doit offrirdes conditions qui répondent à ce double but, sans néanmoins compromettre ni la santé ni la vie des détenus.
Pour se faire une juste idée de ces conditions, il faut bien savoir, avant tout, qu’il est dans l’essence même de l'emprisonnement, et quelque mitigé qu’il puisse être, déporter toujours quelque atteinte à cette santé et à cette vie. Autre chose est assurément pour une créature humaine d’avoir, au grand air, la pleine liberté de ses actions et de ses mouvements, l’esprit sans reproche, sinon sans préoccupation ; de se nourrir à sa guise, ou au moins suivant ses moyens; de travailler à ses heures, ou à des heures qu’elle a librement acceptées : autre chose est pourelle d’être enfermée entrelesqnatre murailles d’une cellule, d’un dortoir, d’un atelier, d’un préau , médiocrement nourrie, encore plus médiocrement vêtue, soumise à un travail ordinairement sévère, sous le poids de préoccupations tristes, en face d'un avenir compromis ou perdu, etc., etc. 11 est clair que dans ces dernières conditions, dont je ne fais encore que rappeler les principales, il y a plus de chances de maladie, soit du corps, soit de l’âme, que dans les conditions mê-