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LOIN

s’élève à une hauteur plus ou moins considérable, soit verticalement soit obliquement. Ce phénomène résulte de la flexion et du redressement brusque et violent désarticulations. Ainsi la jambe .«"« fléchit en avant vers le dos du pied, la cuisse en arrière sur la jambe, le tronc en avant sur la cuisse, et même quand l’effort est très -grand le corps se courbe en avant. L’homme ainsi replié sur luimême étend vivement toutes les articulations, et tout le corps tend aussitôt à se redresser. Comme dans ce mouvement les membres inférieurs repoussent en haut et en avant le tronc en même temps qu’ils pressent sur le sol, celui-ci résiste, le corps se trouve chassé en avant et en haut absolument comme une verge flexible que l’on appuie sur le soleil la courbant : sil’on vient à ne plus presser sur son extrémité supérieure, elle réagitpar l’extrémité inférieureet se trouve lancée en l’air. Au moment où l'homme retombe, il fléchit de nouveau ses articulations afin de briser la force du choc. Quand le saut a eu lieu en avant, la force d’impulsion n’étant pas entièrement détruite au moment de la chute, on est obligé de faire encore quelques pas afin de l’épuiser entièrement.

3° De la course. — La course est un mode de progression dans lequel l’homme touche et quitte alternativement la surface du sol ; elle se compose des éléments de la marche et du saut. Ainsi, le coureur décrit en l’air un trajet parabolique, retombe pour s’élancer de nouveau, et ainsi de suite. Celle succession de phénomènes est accomplie par les mouvements qui servent à la marche, mais, comme nous l’avons dit, auxquels se joignent les extensions brusques et saccadées de la saltation. L'agitation des membres supérieurs en sens inverse des inférieurs semble ajouter quelque chose à la rapidité de la course. Ici les phénomènes d’équilibre sont très-difficiles à conserver, aussi les chutes y sont-elles beaucoup plus fréquentes que dans la marche. Elles sont favorisées par la rapidité de la course qui accroit la force centrifugent par la nature même de ce genre d’équilibre qui est propre aux corps en mouvement et qu’en physique on nomme équilibre non stable.

4° Du nager. — L’homme est parvenu àse soutenir et à se mouvoir sur l’eau en la frappant d’une manière continue de ses mains et de ses pieds alternativement étendus. Alors le fluide violemment repoussé réagit à son tour etsoutient le corps. Le nager est très-fatigant, surtout pour les personnes maigres qui ayant une pesanteur spécifique plus considérable, ont des efforts beaucoup plus grands à faire pour ne pas aller au fond. M. Gerdy a très nettement prouvé que si l’homme ne nageait pas naturellement comme la plupart des animaux, ce n’était pas à la peur qu’il fallait s’en prendre, mais bien à ce que pour lui l’exercice du nager diffère essentiellementdu mode ordinaire de progression, et exige une élude à part , ce qui n’a pas lieu pour les autres espèces.

5° Du grimper aux arbres. — Ici on commence par embrasser le tronc de l’arbre avec les membres supérieurs, puis étreignant fortement celui-ci, ou élève le tronc, et on enveloppe l’arbre le plus

haut possible avec les cuisses et les genoux; alors s’appuyant sur ces parties, le tronc se soulève et les bras vont s’attacher plus haut, et ainsi de suite.

Je ne veux pas faire ici la physiologie comparée de la locomotion chez les animaux. Je rappellerai seulement que chez beaucoup de mammifères la course s’exécute avec une rapidité dont l’homme ne saurait approcher ; que le vol des oiseaux offre beaucoup d’analogie avec le nager ; et enfin, que la reptation du serpent qui s’accomplit parfois avec une vitesse incroyable est un phénomène particulier qui a son mécanisme lout-à-fait spécial. J. P. Beaude.

lombaire, (anat.) adj. lumbaris ou lumbalis. On désigne ainsi en anatomie ce qui appartient aux lombes. Les artères lombaires au nombre de quatre ou cinq de chaque côté naissentde l’aorte. Les veines lombaires en nombre égal vont s’aboucher dans la veine cave inférieure. Les cinq nerfs lombaires issus de la moelle épinière sortent entre les verlèbres des lombes. Le plexus lombaire ou lombo-abdominal est constitué par les branches antérieures des nerfs lombaires; il est placé sur les parties antérieures et latérales de la colonne vertébrale : c’est lui qui fournit les nerfs du bassin et des membres inférieurs. J. B.

LOMBAGO OU plutôt LUMBAGO. (V. Rhu matisme , et au Supplément.)

lombes [anat.) s. m. plur. lumbi. C’est ce que dans le vulgaire on nomme la région des reins, elle occupe la partie postérieure du tronc entre le dos et les fesses, ou plus scientifiquement entre la partie postérieure des dernières fausses côtes et le bassin.

lombric (zool.) s. m. C’est une sorte de ver que l’on rencontre assez souvent dans les intestins. (V.Fers.)

long {anat.) adj. longus. Qn qualifie ainsi toute une classe d’os qui se distingue des os courts et des os plats, tels sont les os des membres (le fémur, le tibia, et le péroné, l’humérus, le radius et le cubitus), les côtes etc. On caractérise également par cette épithète certains muscles des membres ou du tronc, longs extenseurs et longs fléchisseurs, par opposition aux courts extenseurs et courts fléchisseurs. Il y aussi le muscle long du cou, le long dorsal etc. J- B.

longévité (physiol.) s. f. On appelle longévité, de longa vita, macrobiolie,dui grec macros bios, la prolongation de la vie, chez certains individus, au-delà des limites généralement imposées à leur espèce.

Ces limites, qui varient peu parmi les individus, offrent au contraire les plus grandes différences I si l’on compare entre elles les différentes espèces végétales ou animales. Ainsi, tandis que certaines plantes cryptogames meurenlen un jour, il faut au baobab plusieurs milliers d’années pour parvenir à son plus haut degré d'accroissement

Parmi les végétaux qui viventlepluslong-temps, il a é'é reconnu , soit d’après la grosseur du ironc,

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soit d’après les traditions historiques (Decandolie, Physiologie végétale) , qu’un orme peut vivre 335 ans ; un cyprès, 350; un cheiroslémon, 400; un lierre, 450; un érable , 500; un mélèze, 576; un châtaignier, 630 ; un olivier, 700 ; un platane, 720; un cèdre, 800; un tilleul, 1100; un chêne, 1500; un if, 2000; un baobab, 5000; et un cyprès de Virginie, 6000.

Nous ne parcourrons pas la liste des plantes intermédiaires à celles qui vivent depuis plusieurs heures jusqu’à plusieurs siècles, mais nous dirons que les végétaux vivent d’autant plus long-temps que leur structure est plus compliquée, leurs sucs plus résineux, leur tissu plus serré, leur fructification plus tardive et leur fécondité moins grande.

On observe dans le règne animal des différences analogues, quant à la durée de l’existence, depuis certains infusoires, qui ne vivent pas plus de six heures, jusqu’à certains genres de baleines qui, dit-on, vivent plus de mille ans.

En général, d’après les observations des naturalistes, le puceron vit un mois; l'araignée un an; le polype, deux; l’huitre, trois; le rat, le moineau, quatre; le hanneton, cinq; le coq, la perdrix, léchât, dix; le cochon, le sanglier, le chien, le paon, vingt à vingt-cinq; les bêtes à cornes, vingt à trente; le cheval , trente à cinquante; l’oie, le ramier, cinquante; le lion, l’ours, l’anguille, l’âne, cinquante ou soixante; le mulet, quatrevingts; le perroquet, le corbeau, le cygne, le milan, le chameau, la tortue, la carpe, cent; le vautour, le faucon, l’éléphant, deux cents; l’esturgeon, le brochet, deux ou trois cents; enfin, d’après Buffon , la baleine, mille.

Quoiqu’il soit impossible de signaler les causes si diverses qui influent sur la durée de l’existence chez les animaux , surtout à l’état de domesticité, on peut dire cependant, d’une manière générale, qu’ils vivent d’autant plus long-temps que leur taille est plus élevée, leur charpente osseuse plus solide , leur accroissement moins rapide , leur vie plus libre, la gestation plus longue et la fécondité moins grande.

Quant à la vie humaine, objet spécial de notre élude, il nous faut, tout d’abord, en tracer les limites ordinaires, si nous voulons en déterminer la durée exceptionnelle, et c’est une appréciation qui, pour être rigoureuse, présente de grandes difficultés.

Les anciens philosophes, qui calculaient d’après la périodicité du mouvement de la terre, ou d’après les nombres 3 et 7 regardés comme fondamentaux, fixaient cette durée de la vie normale , les uns à 70, les autres à 72, les autres à 84 ans.

D’après une théorie développée tout récemment par Burdach, la durée normale de la vie serait de soixante-seize ans trois semaines et trois jours.

Si, à défaut de théorie irréprochable , nous nous en rapportions, sans contrôle, aux tables de mortalité, nous trouverions que l’époque normale de la mort chez l’homme coïncide avec l’année de la vie pendant laquelle la mortalité absolue est le plus considérable; mais celle époque répondant à la première année de la vie, on ne peut admettre que ce soit là le terme naturel, puisque la vie doit

se prolonger pendant plusieurs âges, et il faut nécessairement combiner les résultats des différentes tables pour déterminer l’époque normale de la mort. Après la première année, la mortalité diminue pour augmenter ensuite , et la plus grande proportion à laquelle elle arrive après celle de la première année correspond, terme moyen, à la soixante-dixième année.

Les données établies par Buffon règlent ainsi la vie moyenne :

Un sujet de 10 ans a encore d’existence probable 40 ans; à vingt, 33; à trente, 28; à quarante, 22; à cinquante, 16; à soixante, 11; à soixante-dix, 6; à soixante-quinze, 4 Ii2; à quatre-vingts, 3 1[2; à quatre-vingt-cinq, 3.

On voit par tous ces détails quelle différence on doit établir entre la durée normale, la durée moyenne et la durée probable de la vie. La durée normale est fixée d’après les lois physiologiques ; la durée moyenne d’après les statistiques générales; la durée probable d’après la détermination de l’âge d’un nombre donné d’individus. La durée normale de la vie ne peut varier que selon les modifications physiologiques des races, tandis que la durée probable et la durée moyenne varient suivant les modifications hygiéniques. Ainsi, la mortalité, qui était à Paris , suivant Villermé , de 1 sur 17 au quatorzième siècle, fut de 1 sur 26 au dix-septième,’ de 1 sur 32 au dix-huitième, et d’après Benoiston de Châteauneuf, elle est de 1 sur 39 au dix-neuvième.

La même décroissance dans la mortalité se remarque dans les autres statistiques, comme on peut le voir par les proportions suivantes qui , d’après Odier et Schubler, ont régné successivement à Genève et dans le Wurtemberg :

Durée probable de la vie.

Durée moy.

Au 16e siècle 4 ans

ans 5 m.

Au 17e , 7

1« moitié du 18e 27

2e moitié du 18e 32

En combinant ensemble les données d’après lesquelles sont déterminées la durée normale et la durée moyenne de la vie, on arrive à fixer à soixante-douze ans l’époque normale de la mort; tous les cas de prolongation de la vie au-delà de ce terme doivent donc être rangés parmi les cas de longévité. Heureusement pour nous ces cas sont assez fréquents pour que chacun ait l'espoir de grossir la liste des exceptions.

Parmi tous les exemples de longévité, le plus ancien est nécessairement celui qui se rapporte à notre premier père qu’on dit avoir eu 900 aunes de hauteur et mille ans d’existence, mais les naturalistes ont prouvé que les prétendus os degéans trouvés dans le sol étaient des os de rhinocéros et d’éléphants, et les théologiens ont clairement démontré que l’année des ancêtres d’Abraham se composait de trois mois seulement , qu’elle en eut huit après ce patriarche, et douze après Joseph. Il serait impossible, sans cette interprétation de la chronologie des anciens, de concevoir pourquoi la vie aurait été abrégée immédiatement après le

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déluge, et pourquoi les patriarches ne se mariaient qu’à soixante et même cent ans. D’après les nouveaux calculs indiqués par Hensler, tous ces faits de l’histoire Ancienne deviennent faciles à interpréter; les seize cents années qui ont précédé le déluge se trouvent réduites à quatre cent quatorze, et les neuf cents ans de Malhusalem, à deux cent trente-trois environ , âge qui n’est plus incroyable, puisqu’ en 1825, un vieillard livonien mourut à deux cent deux ans. Abraham, Isaac, Jacob, Ismaël, vécurent plus de cent trente ans; Moïse, cent vingt; Joseph, Josué, cent dix; le g -and-prêtre Elie, le prophète Siméon, quatrev ngt-dix. Solon, Platon, Anacréon, quatre-vingts ; Epiménide, cent cinquante-sept, etc.

D’après les renseignements donnés par Pline sur la longévité chez les Romains, on sait qu’en l’an 76 de notre ère, il existait dans la partie de l’Italie comprise entre le Pô et les Apennins, 124 individus âgés de plus de cent ans , savoir : 54 de cent ans , 57 de cent dix ; 2 de cent vingt-cinq ; 4 de cent trente; 4 de cent trente-cinq, et 3 de cent quarante.

On voit donc que chez les Hébreux , chez les Grecs et chez les Romains , la durée de la vie était à peu près la même qu’aujourd’hui, et si d’un côté les exemples de longévité sont un peu moins fréquents aujourd'hui qu’autrefois , sans doute à cause du relâchement des mœurs , d’un autre côté, la durée moyenne et la durée probable de la vie ont augmenté en raison des progrès de la médecine et de l’hygiène publique.

Sans recourir d’ailleurs à des époques si éloignées , nous trouvons dans les annales des temps modernes des exemples authentiques aussi remarquables que ceux dont nous avons parlé plus haut. Ainsi, en 1670, mourut âgé de cent soixante-neuf ans, H. Jenkins qui s’était trouvé à la bataille de Flowden-field , en 15o3, c’est-à-dire à l’âge de 12 ans. Sa dernière profession fut celle de pêcheur, et âgé de plus de cent ans , il avait encore assez de vigueur pour nager dans les courants les plus rapides.

Thomas Parre, du comté de Shrop, en Angleterre , épousa à 120 ans , en secondes noces , une veuve qui assura avoir eu fréquemment les preuves les plus incontestables de sa virilité. Il avait 152 ans lorsque le roi voulut le voir et le fit venir à Londres, où il mourut en 1635, peu de temps après son arrivée. Le célèbre Harvey, qui en fit la nécropsie, trouva tous les organes parfaitement 6ains ; les cartilages des côtes n’étaient même pas ossifiés comme ils le sont ordinairement chez les Yieillards.

Un Polonais des environs de Polozk se remaria en troisièmes noces à quatre-vingt-treize ans, et eut encore des enfants; en 1796, âgé de cent soixante-trois ans , il était bien portant et dispos : sou petit-fils le plus âgé avait 95 ans , et son plus jeune fils 62.

Jean Surrington, Norvégien, mourut à cent soixante ans , ayant un fils de cent trois ans et un autre de neuf ans seulement.

L’Ecossais Kintingern et le Hongrois Czartan arrivèrent à près de cent quatre-vingts ans ; mais l’exemple le plus remarquable de longévité est

celui du vieillard livonien dont je parlais plus haut, et qui mourut en 1825 à l’âge de deux cent deux ans. Un exemple si rare d’une longévité aussi marquée aurait besoin des preuves les plus évidentes pour être admise sans restriction ; nous ferons seulement ici la remarque que c’est ordinairement dans les pays où l’état civil des habitans n’est pas rigoureusement tenu , dans des villages, que ces exemples de longévité extraordinaire se sont observés, ce qui doit donner du doute sur leur exactidude.

Quant aux simples centenaires, le nombre en est assez grand; soit en France, soit à l’étranger, certains départements du milieu et du midi de la France en ont proportionnellement un nombre très-important.

Haller, qui a rassemblé la plupart des exemples connus de longévité, établit la proportion suivante : plus de mille exemples d’individus morts de cent à cent dix ans ; soixante de cent dix à cent vingt; vingt -neuf de cent vingt à cent trente; quinze de cent trente à cent quarante; six de cent quarante à cent cinquante ; un à cent soixante-neuf.

Sans doute le chapitre le plus utile d’un traité d’hygiène serait celui où l’auteur, ayant compulsé comme Haller tous les cas de longévité, aurait analysé les conditions dans lesquelles ils se sont produits , et aurait déduit de cet examen les règles certaines d’une longue vie. Malheureusement il suffit de parcourir la liste des centenaires pour voir dans quelles circonstances diverses ils se sont trouvés sous tous les rapports en général.

Quel rapprochement établir entre Sara et Livie, entre Pythagore et Anacréon , entre Diogène et Isocrate, entre Pindare etZénon, Justinien et saint Jérôme, Auguste et Tibère, Euler et Frédéric II, entre Longueville, qui se remaria dix fois, et Newton qui mourut chaste célibataire? quel rapprochement établir entre tant d’autres, enfin, qui, malgré des positions si différentes et un genre de vie si opposé, parvinrent à l’extrême vieillesse?

Sans contredit il y a, toutes choses égales d’ailleurs , plus de chances de longévité pour ceux qui, par position et par habitude, jouissent d’une vie calme et méthodique , mais ceux qui sont forcés à une hygiène toute contraire peuvent se rassurer, car si nous voyons saint Antoine et saint Paul vivre cent treize ans dans l’abstinence et dans une complète solitude, nous voyons d’un autre côté l’actrice Luceia , qui débuta fort jeune sur les théâtres de Rome, jouer pendant un siècle entier, et paraître encore à cent douze ans sur la scène ; et Galéria Copiala, actrice et danseuse à la fois, remonter sur le théâtre quatre-vingt-dix ans après son début pour complimenter Pompée, et plus tard y paraître une dernière fois au couronnement d’Auguste.

Toutefois , hâtons-nous de le dire , ces exemples de longévité , au milieu des agitations de toute nature, sont assez rares , et quoiqu’il soit très-difficile de déterminer en peu de mots les règles si variées , si nombreuses d’une longue existence, on peut cependant les résumer d’une manière générale dans ces bons conseils que donnait, en mauvais latin , l’école de Salerne au roi d’Angleterre

vis incolumem, si vis te reddcre santim,

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