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a autres auteurs, que les écailles de l’iclithyose ne sont qu’une hypertrophie, un développement contre nature de l’épiderme.
Le plus souvent cette affection se montre après la naissance sans que l’on puisse savoir quelle est la cause qui a pu la produire. Toutefois, l'hérédité paraît jouer ici un grand rôle. En voici une preuve des plus intéressantes et des plus curieuses à la fois En 1732, Jean Machin, professeur en Gresham, publia, dans les Transactions philosophiques , la description d’un certain EdAvard Lambert, dont le corps était couvert d’écailles ; environ vingt-deux ans après nous retrouvons le même individu se faisant voir à Londres pour de l’argent et menant avec lui son fils, âgé de huit ans, atteint de la même maladie. Ce fut à cette époque que H. Baker fit paraître dans les Transactions une notice sur ces deux sujets. Vers l’année 1805, les petits-fils d'Edward Lambert et les fils de l’enfant observé par Baker, les deux frères, Jean et Richard Lambert, vinrent à Paris où ils se firent voir comme curiosités, sous le nom d’hommes écailleux. Ce qu’il y a de remarquable, c’est que dans cette famille les hommes seuls sont affectés d’ichlhyose; les frères Lambert ont eu sept sœurs entièrement exemples de cette affection. On a, du reste, observé que les femmes en étaient bien plus rarement atteintes que les hommes. On croit pouvoir établir le rapport de un à vingt pour la fréquence comparée de l’ichlhyose chez les deux sexes.
Cette maladie n’est pas toujours congénitale, elle est quelquefois accidentelle: on la rencontre chez des peuples qui habitent les bords de la mer, qui se nourrissent d’aliments putréfiés, sAbreuvent d’eaux saumâtres et corrompues; enfin elle se montre d’une manière endémique dans certaines contrées.
Siège. Toutes les parties du corps peuvent être envahies par l’ichlhyose; cependant il est très-rare que la face, les aisselles, les aines, la paume des pieds et des mains soient attaquées : les écailles sont aussi beaucoup plus développées et plus nombreuses à la face dorsale des membres qu’a la face interne. La maladie semble ainsi épargner les régions que recouvre une peau plus fine et plus délicate : souvent générale, comme nous l’avons dit, elle est quelquefois partielle et affecte alors les membres de préférence à tous le reste du corps. Notons ici que c’est l’ichthyose accidentelle, la plus rare de toutes , qui se borne ainsi à une partie circonscrite.
Symptômes. L’ichthyose débute d’ordinaire peu de temps après la naissance ; on pouvait remarquer dès ce moment que la peau n’avait pas le poli et la souplesse qu’elle présente d’habitude chez l’enfant nouveau-né; bientôt elle devient inégale, dure, chagrinée, l’épiderme se fendille, se sépare et tombe sous forme de petites écailles blanches et minces; ces écailles ne tardent pas à devenir plus fermes, plus solides, plus épaisses, ordinairement d’un blanc nacré semblables à celles de la carpe (. Ichthyose na. crée, d’Alibert); d’autres fois elles sont fines, ténues et molles, analogues à la cuticule des serpents [Ichthyose serpentine, id. ) ; d’autres fois elles sont noirâtres, dures, épaisses, aplaties, ou coniques et
recourbées en différents sens ( Ichthyose cornée , id.). C’est surtout aux genoux, aux coudes et sur les jambes que ces écailles sont développées : ordinairement inégales, quelques-unes d’entre elles sont entourées de points farineux; la peau qu’elles recouvrent n’est point rouge, elle n’est le siège d’aucune douleur, d'aucune démangeaison, toutes les fonctions de l’économie s’accomplissent avec régularité; en un mot la maladie consiste uniquement dans l’allération que nous venons de décrire, et qu’accompagne une remarquable sécheresse de tout le tégument.
L’affection qui nous occupe ne pourrait guère être confondue qu’avec la dartre squameuse sèche; mais elle date presque toujours de la naissance, tandis que la seconde est acquise : la première couvre la presque totalité du tégument et les écailles reposent sur une peau blanche et saine en apparence ; dans la seconde, la peau est rouge, ou du moins visiblement altérée. (Y. Herpes.)
L’ichthyose est généralement une maladie fort rebelle, celle qui est de naissance est regardée comme incurable par tous les praticiens, celle qui est accidentelle peut céder aux ressources de l’art mais avec une grande difficulté; du reste, la santé en général restant très-bonne, le pronostic ne saurait être fâcheux.
Traitement. D après ce que nous venons de dire, on voit que le traitement doit se réduire à pallier les phénomènes que présente la maladie qui nous occupe. On se trouve assez bien des bains gélatineux, des lotions avec l’eau de son très-épaisse ou l’eau de guimauve. Les eaux minérales de Louesche et de Saint-Gervais paraissent avoir réussi à M. Aliberl dans un cas d’ichlhyose serpentine. Quant au goudron administré à l’intérieur, qui avait été vanté par Willan, les expériences faites à l’hôpita’ Saint-Louis ont démontré son inefficacité; il a échoué ainsi qu’une foule d’autres remèdes préconisés par divers médecins.
Beaugrand.
Docteur en médecine.
ictère ( méd .), s. m. Les auteurs ne sont pas d’accord sur l’origine du mol ictère ; les uns le font Venir du mol ictis, belette, parce que cet anima’ a les yeux jaunes; les autres de icteros, loriot, oiseau au plumage jaune-vert. Quoiqu’il en soi! de celle éîymologie, on entend par ictère, la coloration en jaune des yeux et du tégument, colorai ion due à la présence, dans ces parties, de la bile ou de ses matériaux. Je ne reproduirai pas ici la nombreuse synonymie latine ( anrigo , morbus regius , arquatns, iléus flavus, etc., etc.) sous laquelle cette affection figure dans les traités de nosologie; nous noierons seulement qu’elle est vulgairement désignée en France sous le nom d e jaunisse, et nous emploierons indifféremment ces deux expressions.
L’ictère est-il une maladie essentielle ou un symptôme? les uns se sont prononcés pour la première opinion, les autres pour la seconde; les uns et les autres avaient à la fois tort et raison : en effet, comme nous allons le voir tout à l’heure, l’ictère est quelquefois une maladie, c’est-à-dire qu’il existe seul ; quelquefois un symptôme, c'està-dire qu’il est la conséquence, l’effet d’une aï-
tération organique et matérielle, soit du foie lui-même, soit d’un autre viscère et qui réagit sur lé foie, tantôt par continuité ou par contiguité de tissu, tantôt par sympathie et à distance.
Causes. Les causes de l’ictère sont excessivement nombreuses et variables, elles résident soit dans le système hépatique , soit hors de ce système : 1« Dans le foie ou ses annexes ; l’organe principal pe.ut être enflammé d’une manière aiguë ou chronique , ou le siège d’une formation accidentelle ou d’une dégénérescence (tumeurs fibreuses, hydatiques, tuberculeuses, cancéreuses, etc.). Il arrive assez souvent que des concrétions se forment dans la vésicule du fiel; si l’une d’elles vient à s’arrêter dans le canal cholédoque , la bile se trouve retenue dans son réservoir; cet obstacle au cours' de la bile, est souvent suivi d’ictère ; mais sa fréquence a été exagérée par les anciens qui en avaient fait leur colique hépatique. D’après des observations plus récentes, il paraît certain qu’un bon nombre de ces coliques et l’ictère qui les accompagne sont dus à une névralgie des plexus nerveux qui se distribuent au foie. Souvent une émotion morale vive est la seule cause qui ait déterminé la production de l’ictère en agissant sur le système nerveux du foie.
2° La cause peut résider hors de l’appareil hépatique. C’est ainsi qu’une phlegmasie de l’estomac ou de la partie supérieure de l’intestin grêle, connue sous le nom de duodénum, peut se propager à l’organe sécréteur de la bile, troubler ses fonctions et occasionner la jaunisse; à entendre les partisans de la doctrine, prétendue physiologique, ce serait là la source la plus commune de l’ictère, mais l’observation dément cette théorie. On a vu quelquefois des pleurésies diaphragmatiques du côté droit, irriter le foie à travers le diaphragme et produire le symptôme qui nous occupe ; toutefois ce fait est assez rare ; on a vu aussi dans les affections du cœur, les troubles de la circulation qui en sont la suite, amener des stases sanguines dans le foie et par suite l’ictère: enfin ce même phénomène peut apparaître d’une manière purement sympathique à l’occasion d’une plaie de tête. Nous ne regarderons pas comme un véritable ictère celui qui succède à la morsure d’animaux venimeux ou enragés, à moins qu’on ne le considère comme occasionné par la frayeur inséparable d’un pareil accident.
Symptômes. Quel que soit le point de départ de l’ictère, il se manifeste toujours à peu près de la même manière; d’abord le blanc de l’œil commence à prendre une teinte jaunâtre qui, partant d’un angle, s’étend à toute la partie blanche de l’organe. Les ailes du nez, le tour des lèvres préjSentent en même temps une coloration d’un jaune j orangé qui envahit successivement la face, le front, jle cou, la poitrine, les épaules et enfin le reste du i corps. Les nuances de l’ictère varient depuis la I teinte du citron jusqu’à celle de l’orange, quelquefois il s’y mêle une nuance verdâtre; la couleur peut même être presque noire ( mélas-ictère des anciens). Ou a cité des cas dans lesquels la coloration n’occupait qu’une partie du corps, quelquefois même une moitié latérale; mais presque constamment, si
la maladie est limitée, c’est seulement la face et avant tout les yeux qu’elle occupe d’ordinaire; la peau est le siège d’une démangeaison légère, quelquefois même d’un prurit incommode; en même temps divers troubles se manifestent dans les autres systèmes de l’économie; l’appétit se perd, le malade éprouve un dégoût invincible pour les matières animales, et au contraire une appétence fort vive pour les légumes verts et acides et les fruits qui présentent les mêmes qualités. La langue est couverte, surtout vers la base, d’un enduit jaunâtre et épais qui donne à la bouche une sensation fort désagréable d’amertume et occasionne soùvent un crachottement répété; la sensation d’une barre à la région épigastrique se fait fortement sentir, et alors, s'il y a maladie du foie, l’hypochondre droit est tendu et douloureux, le plus souvent il y a de la constipation, des coliques fréquentes, et les matières fécales , privées de la bile qui les colore en brun, sont blanches et dures, fort semblables à celle des chiens ; dans d’autres cas où il semble y avoir supersécrétion de bile, les matières sont au contraire fortement colorées, demi-liquides et véritablement bilieuses. Les urines sont rares, épaisses, d’un rouge orangé trèsprononcé et laissant déposer une boue couleur de brique. Il est bien rare que l’ictère ne soit pas précédé et accompagné d’une tristesse et d’un ennui plus ou moins profonds, et dont les distractions, les promenades, les lectures amusantes, ont beaucoup de peine à triompher.
A ces symptômes, qui existent seuls quand l’ictère est survenu sans cause appréciable, ou à la suite d’une émotion vive, se joignent ceux de la maladie qui lui sert de point de départ. Y. Foie (maladies du), Intestins , etc. Et ici pour reconnaître si l’ictère est essentiel ou symptomatique, il est important d’avoir égard à l’état fébrile qui accompagne constamment celui auquel une affection inflammatoire a donné naissance.
Il ne faut pas confondre l’ictère avec la coloration jaune qui accompagne la fièvre de ce nom ; dans ce cas, la nuance que prennent, les téguments paraît due, non à la bile, mais à un épanchement de sang dans le tissu réticulaire du derme ; il en est de même d’un phénomène qui se montre fréquemment chez l’enfant peu après la naissance et que l’on désigne sous le nom d’ictère des nouveau-nés; nous en dirons quelques mots à la fin de cet article. On ne saurait assigner de limites à la durée de la jaunisse ; celle qui provient d’un trouble de l’âme se dissipe dans un espace de temps qui varie de quelques jours à trois semaines, un mois au plus; dans les autres cas la durée est en rapport avec l’intensité de la cause; j’en dirai autant du pronostic, il ne peut être que relatif à la maladie principale.
Gomment, dans le cas qui nous occupe, la coloration jaune a-t-elle lieu?’Dans tout ictère la bile résorbée et mêlée au sang va-t-elle ainsi imbiber nos tissus ? Quel fait le démontre, surtout dans le cas d’une émotion morale? on ne pourrait tout au plus l’admettre que lorsqu’il s’agit d’une occlusion des voies biliaires ; et ici encore la sécrétion a-t-elle bien lieu, inutile qu’elle devient,
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ou bien est-ce que le foie troublé dans ses fonctions cesse de sécréter la bile et que celle-ci reste mêlée au sang sans en être séparée ? M. Andral penche vers cette dernière opinion.
Le traitement de l’ictère symptomatique ne saurait nous occuper ici ; il faut avant tout combattre la maladie qui a déterminé son développement. Quant à l’ictère essentiel, c’est-à-dire survenu sans lésion matérielle, on administrera les boissons délayantes, telles que la limonade citrique, l’eau d’orge miellée, le petit-lait avec addition de quinze à vingt grains de crème de tartre soluble par livre ; la décoction de chiendent animée avec le même sel, qui a des propriétés laxatives fort utiles pour combattre la constipation si commune dans l’ictère; l’eau de Seltz sera donnée très-avantageusement pour réveiller l’appétit ; on peut encore permettre, dans la saison, l’usage desfruits acidulés, groseilles, cerises, raisins, etc.; on ordonnera des bains tièdes, des lavements émollients ou rendus légèrement laxatifs par le mélange de l’eau tiède avec une cuillerée de miel noir : quant à la tisane de carottes tant vantée, elle ne peut faire ni bien ni mal et ne vaut pas celles dont nous avons parlé. Le régime doit être essentiellement rafraîchissant et végétal ; on ne fera,, du reste, que suivre en cela le goût du malade, auquel les viandes, le lait, le bouillon, etc., causent de la répugnance ; les promenades, les distractions ne doivent pas être né. gligées; et à la fin du traitement, le malade se trouvera très-bien du séjour à la campagne, surtout s’il peut y prendre des eaux minérales, laxatives et gazeuses.
Ictère des nouveau-nés. Peu de temps après la naissance, on voit fort souvent tout le système cutané des enfants se colorer en jaune, et prendre les différentes nuances de l'ictère; cette teinte peut être générale ou partielle, quelquefois même, elle envahit les tissus profondément situés, le cerveau, les poumons, les muscles, etc. Cette jaunisse ne paraît pas due à une maladie de foie, mais à une "cogestion sanguine, dans laquelle la partie séreuse un sang colore en jaune les organes. Billard a fait remarquer que l’ictère des téguments suivait presque toujours la coloration rouge de la peau , chez les nouveau-nés : l’apparition de cette couleur se fait par degré, du troisième au huitième jour ; il semblerait donc que l’ictère est la nuance ou la couleur intermédiaire, entre la congestion tégumentaire des jeunes enfants et la couleur blanche propre à leurs téguments.
L’ictère des nouveau-nés n’est point à proprement parler une maladie, il faut donc en abandonner le soin à la nature, à moins que des symptômes n’annoncent qu’il est causé par une affection du foie ou des autres organes du ventre. J . -P. Beaude.
ictérique ( path.J , adj., se dit de celui qui est affecté d’ictère ou des choses qui ont rapport à l’ictère.
IDIOPATHIE, s. f., idiopathique, adj. ( path.J , du grec idios, propre, et pathos, maladie. On désigne
sous ce nom les maladies essentielles , c’est-à-dire celles qui ne dépendent d’aucune autre. Les affections idiopathiques sont donc l’opposé des affections sympathiques, c’est-à-dire de celles qui dépendent d’une autre maladie. Ainsi la gastrite est le plus ordinairement idiopathique, et la méningite qui se développe souvent dans le cours d’une gastrite aiguë est une affection sympathique. J. B
IDIOSYNCRASE OU IDIOSYCRASIE ( path.J , S. f.,(du
grec idios, propre, sun avec, lirasis tempérament). C’est une disposition particulière à un individu et quifait qu’une seule etmêrne cause produit sur lui un effet différent que sur un autre individu. Les répugnances et les appétits individuels sont des idiosyncrasies. Les idiosyncrasies jouent un rôle important dans le traitement des maladies, et il est du devoir du praticien d’y avoir égard. (Y. Tempérament.) J. B.
idiotie (i médk ,), S. f. On peut définir l’idiotie, un état particulier caractérisé par l’absence congénitale des facultés intellectuelles et sensitives . L’idiotie diffère de la démence en ce qu’elle commence avec la vie, tandis que la démence ne commence guère qu’à la puberté. Chez l’homme en démence, il y a simple déviation, ou abolition momentanée de l’intelligence ; chez l’idiot, il y a nullité ' complète, absence congénitale de l’intelligence.
Le dément a pu être un homme de génie : on peut voir briller en lui par intervalles des éclairs de raison ; il est possible qu’il revienne à l’état normal ; Y idiots. toujours été idiot, et le sera toujours. En un mot, il y a, si je puis me servir de cette comparaison, entre la démence et l’idiotie, la même différence qu’entre deux horloges qui ne marquent l’heure ni l’une ni l’autre; mais dans l’une, le grand ressort manquant, aucune indication n’a jamais pu et ne pourra jamais être donnée ; dans l’autre au contraire, le ressort existe, mais il a été dérangé accidentellement, les indications ont pu être très-régulières avant cet accident, et pourront le redevenir après une réparation convenable. La première horloge nous représente l’idiotie, la seconde, la démence.
S’il est quelquefois impossible de distinguer au premier aspect un homme d’esprit sain d’un homme en démence, il est toujours facile de reconnaître un idiot. Un front court et fuyant, un regard bébété, des lèvres épaisses et pendantes, la tête immobile et penchée, ou se balançant sans cesse d’un mouvement régulier; le cou volumineux et court, ou quelquefois mince et d’une longueur excessive; la taille ramassée et presque toujours déviée, les mains pendantes, les jambes mal assurées, enfin la physionomie la plus stupide, la démarche la plus gauche, l’extérieur le plus difforme et le plus repoussant, tels sont, à des degrés différents, les signes extérieurs de l’idiotie.
Les idiots qui occupent le dernier degré de l’échelle, sont certainement sousle rapport des facultés instinctives bien au-dessous de la brute; quelques-uns se rapprochent beaucoup, soit par leur extérieur, soit parleurs cris, soit parleur manière de vivre, des animaux sauvages; ainsi, il en est