V. au Supplément
main {anat. elpath.)., s. f.,du latin manus. C’est la partie qui termine le bras et sert à la préhension des corps et au loucher. La main se compose de trois parties, le poignet ou carpe, le métacarpe qui forme la partie large et quadrilalaire de la main, et les doigts, qui sont les appendices qui terminent cet organe.
Le carpe est composé de huit os placés en deux rangées ; l’une supérieure, qui est en rapport avec la partie inférieure des deux os de l’avanl-bras, le radius et le cubitus, contienne scaphoïde, le semi-lunaire, le pyramidal el leipisiforme : l’autre inférieure ou deuxième rangée qui est en rapport avec la partie supérieure des os du métacarpe, est composée du trapèze, du trapézoïde, du grand os et de l’unci’forme nommé aussi os crochu. Ces os, dont les noms, ainsi qu’on doit le penser, dérivent de leur forme, présentent plusieurs surfaces articulaires pour s’unir entre eux et avec les os voisins; ils sont assujettis par des ligaments forts et courts, afin de donner de la solidité à l'articulation du poignet qui, en raison de leur nombre, jouit d'une grande mobilité. Le carpe est recouvert en avant parles tendons des muscles fléchis-
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seurs des doigts et par les gaines fibreuses qui contiennent ces tendons ; en, arrière il est recouvert parles- tendons des extenseurs et leurs gaines,, il donne aussi attache aux tendons de quelques-uns des muscles de l’avant-bras. Un très-fort ligament qui entoure le poignet et qui sert aussi à maintenir les tendons a été nommé ligament annulaire du carpe.
Le métacarpe est formé de cinq os qui, d’une part sont en rapport avec les os du carpe supérieurement,et de l'autre inférieurement avec les premières phalanges des doigts ; ce sont ces cinq
os qui forment véritablement la charpente de la main et qui lui donnent sa forme; ces, os se désignent par leur nom numérique en comptant depuis le pouce jusqu’au petit doigt : le premier métacarpien, qui supporte le pouce,est, comme on peut le voir , détaché des autres et doué d’un mouvement qui lui est propre , il semble former avec les deux phalanges du pouce un seul doigt dont il. serait la première phalange; if n’a de connexion avec les autres métacarpiens que par sa partie su périeure^ où il est uni aux; os du carpe et au deuxième métacarpien; des muscles très-forts, des tendons et les téguments T unissent à la paume de la main. Les quatre autres os du métacarpe sont fortement unis entre eux et n’ont que des mouvements très-bornés d’avant en, arrière dans leur partie inférieure , ce don t on peut s’assurer en imprimant aux diverses parties de la main des mouvements en sens opposés. Les métacarpiens, qui donnent à la main sa solidité, sont unis entre eux par des ligaments forts et nombreux. Ces os sont allongés, cylindriques, terminés par deux extrémités renflées, la supérieure présente diverses facettes articulaires pour s’unir aux os du carpe et aux métacarpiens voisins ; l’inférieure, que l’on nomme tète des métacarpiens, s’articule avec les premières phalanges, des- doigtsq il est facile de voir que ce sont les os du métacarpe qui supportent isolément chacun des doigts ; le deuxième métacarpien, s’articule avec l’indicateur; le troisième avec le médius, le quatrième avec l’annulaire, el le cinquième avec l’auriculaire ou petit doigt.
Avec ces os; la main est composée de musclés, de tendons, dë* ligaments qui sont nombreux et qui tous sont destinés, soit à augmenter sa solidité, soit à communiquer les mouvements aux diverses parties qui la* composent;, ses artères lui viennent delà radiale et de la cubitale et forment dans la paume de la main deux arcadfes qui oui reçu le nom d’arcade palmaire , superficielle et profonde; les, nerfs lui viennent du nerf cubital, médian et radial. Les veines et les vaisseaux lymphatiques seiconlihuent avec ceux de l’avantbras.
Vue dans son ensemble, la main se divise en face palmaire et en face dorsale , en* bord radial et cubital. La fâce palmaire est cette- partie- que l’on nomme ordinairement paume- dé la msaih’, cité est concave et présen te dCux-éminences, fèe/tar et %pothénar ; la première, située en dettws. se continue avec te pouce ; Fautre est située en dedans et se continue avec le petit doigt ; ces saillies sont
formées par quelques-uns des muscles destinés & mouvoir le pouce elle petit doigt. Urîëforte aponévrose (palmaire) sert à maintenir les tendons des muscles fléchisseurs et contribue à la solidité de la main. La peau de la paume de là main est sillonnée de rides ou de plis qui sont déterminés par la flexion- de cet organe et dont la direction offre quelques différences suivant les sujets ; des lignes jdus fines , saillantes , très-nombreuses et comme striées sont déterminées par les papilles nerveuses qui sont nombreuses et pressées , elles contribuent à donner à cet organe la finesse et la sensibilité du tact dont il est doué. La face dorsale est convexe et présente les saillies des métacarpiens et des tendons des extenseurs des doigts: des gaines fibreuses maintiennent les divisions de ces tendons. Le bord radial est épais, court et formé par le premier métacarpien qui se cor.tinueavec le pouce; I'e bord’ cubital est plus mince et plus allongé et formé par lé cinquième métacarpien. Lés doigts ayant été décrits dans un article spécial nous n'yreviëndlrons pas ici. (Vi ce mot.)
Telle qu'elle est organisée, la main est le plus admirable instrument que la nature ait donné à l’homme; seul entre tous les animaux il l'a aussi parfaite; comparée à la sienne, la main de quelques rongeurs n’ëst qu’une grossière ébauche;, celle des quadrumanes(les singes) serait presque aussi complète, si lé pouce était doué de la faculté de s’opposer à chacun des doigts, avantage , qui constitue toute la supériorité de la main de l’homme. Mais celte perfection de l’organe qui contribue à la puissance de l’espèce humaine n’est cependant pas, ainsi que l’ont pensé quelques philosophes, et spécialement J.-J. Rousseau, la cause de sa suprématie; cette cause est toute dans' son intelligence, qui guide sa main: à quoi servirait l’adresse et la finesse du tact, si l’intelligence n’était pas là pour profiter de leurs avantages et redresser leurs erreurs? Beaucoup d’animaux ont des sens plus développés et plus parfaits que ceux de l’homme, mais aucun n’en tire d’aussi impoi'tants résultats, parce qu’aucun n’a le jugement aussi développé ni aussi parfait. Chez lui tous iës sens se contrôlent les uns par les aulres3et le jugement prononce et rectifie les perceptions vicieuses. Ne voit-on pas dans une foule dë cas l’inlel'igence suppléer aux vices de conformation et mêlée à l’absence des mains? qui ne se rappelle ce peintre, M. Ducornet qui, privé de bras, pratique avec succès cet ait si difficile et si délicat delà pein lurel ses pieds lui font l’office de mains, c’est avec eux qu’il saisit sa palette et ses pinceaux. Dans l’Inde, les hommes et surtout les femmes se servent quelquefois de leurs pieds pour suppléer à leurs mains et ils les ont d’une mobilité et d’une adressa remarquable; leur indolence elleur situation ordinairement couchée expliquent facilement cette habitude, et lë peu d’usage que les classes supérieures font dë leurs pieds, pour la marche laissent unie sensibilité- et une mobilité dans ces organes qui n’existentpas chez les autres peuples.
Nous n’insisterom pas davantage sur- celle erreur d'un- philosophe chez lequel le paradèxe était orné des charmes d’un style si chaleureux et’ si
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entraînant, mais si Rousseau avait joint à son admirable talent d’écrivain quelque connaissance d’histoire naturelle, il se serait bien gardé de tomber dans une erreur, qui ne peut résister au simple examen des faits.
Nous ne parierons pas non plus de celte science occulte si recherchée au moyen-âge, qui consistait à tirer l’horoscope d'un individu en consultant les lignes de la paume de sa main. La chiromancie aujourd’hui tombée dans leridicule ne peut séduire que les ignorants et n’être pratiquée que par les fripons.
main (maladies de la). — Inflammation, abcès.— Les maladies de la main sont nombreuses et souvent très-graves; celles qui peuvent affecter les doigts ont été décrites à ce mot. Les tissus denses, serrés et abondamment pourvus de nerfs et de vaisseaux qui forment la main y rendent les inflammations très-dangereuses surtout lorsqu’elles sont profondes et qu’elles affectent les tissus situés sous l’aponévrose palmaire ; les piqûres profondes de cette partie peuvent y déterminer des phlegmons qui, d’autres fois, surviennent seulement par des causes internes. Il est important dans ces cas de prévenir lasuppuration et d’empêcher la formation d’abcès qui sont toujours graves en raison de la douleur qu’y déterminent le gonflement, la dénudation des gaines tendineuses par le pus et l'infiltration de ce liquide vers l’avant-bras; les antiphlogistiques énergiques doivent être employés pour combattre ces dangers et lorsque l’on s’est assuré qu’ilsn'ont pu empêcher la formation d’un abcès, il faut donner issue le plus promptement possible au pus , afin de prévenir les accidents dont nous venons de parler. Les abcès de la face dorsale de ?a main sont loin de présenter la gravité de ceux de la face palmaire, ils se forment ordinairement sous la peau et n’exige que l’incision des téguments.
Plaies. — Les plaies de la main ottïent peu de dangers lorsqu’elles n’intéressent que la peau; lorsqu’elles sont profondes et qu’elles sont faites par des instruments tranchants, elles peuvent être accompagnées de la section de quelques tendons de l’ouverture des capsules articulaires. Dans ces cas, il faut combattre l’inflammation qui peut se manifester, produire le relâchement des muscles dont les tendons auront été coupés afin de favoriser leur réunion ; un soin extrême doit être également apporté dans la réunion de la peau, afin d'éviter les brides qui peuvent être le résultat d’un traitement mal entendu: cet accident se fait surtout remarquer dans les brûlures où la peau est intéressée dans une large étendue et où la douleur empêche de donner une situation convenable à la main.
Les plaies par armes à feu et celles qui ont lieu par écrasement présentent souvent de graves dangers ; elles sont presque toujours accompagnées de fracture des os du carpe ou du métacarpe, les articulations sont quelquefois ouvertes, les tendons dilacérés ; il faut donc en extraire les esquilles, enlever les parties frappées de mortification, et enfin , après des saignées générales , avoir re cours aux irrigations froides pour prévenir ou
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calmer les symptômes inflammatoires (V. ce mot). Deux fois ces moyens m’ont réussi dans ces plaies d’armes à feu , l’une avait fracturé les os , ouyert les articulations du carpe et traversé la main : la guérison fut parfaitement obtenue dans les deux cas. On conçoit qu’avec le moyen que nous indiquons, on ne doit avoir recours à l’amputation qu’avec la plus grande circonspection, et presque toujours il a pour effet d’éviter ce moyen extrême.
Les piqûres de la main ne sontsuiviesd’accidents que lorsqu’elles sont profondes et qu’elles intéressent soit un nerf, soit une artère , soit une articulaiion ; les accidents doivent être combattus, ainsi que nous l’avons déjà dit, par les antiphlogistiques. La ligature ou la compression doivent être pratiquées si une artère est blessée.
Luxations, fractures. — Les luxations peuvent avoir lieu dans les articulations du carpe; cette luxation du poignet n’a ordinairement lieu qu’à la suite de chute de tractions violentes sur ces parties. Le premier métacarpien peut se luxer à son extrémité supérieure sur le trapèze, le carpe peut se luxer sur le radius et le cubitus, le métacarpe sur le carpe; ces luxations peuvent avoir lieu en avant, en arrière ou sur les côtés, elles sont toujours accompagnées de grayes désordres, de déchirures des ligaments, souvent de fractures. Ces lésions sont faciles à reconnaître, difficiles à réduire en raison du peu d’étendue que présente les parties ; leur guérison s’obtient péniblement, les mouvements sont longtemps à revenir libres et faciles , presque toujours la main a perdu une partie de sa force et de sa dextérité qu’elle ne doit plus recouvrer.
Les fractures ne sont presque jamais simples , elles ont ordinairement lieu par une cause directe qui détermine la contusion, la déchirure ou l’écrasement des parties molles ; celles du carpe sont rares , celles du métacarpe sont plus fréquentes. Lorsque celles-ci sont simples, ce qui a lieu surtout quand elles sont produites par le contre-coup d’un corps long et inflexible que l’on tient dans la main , ou par une distension trop violente de la main, un pansement simple et analogue à celui de la fracture de l’avant-bras suffit pour obtenir une guérison prompte et sûre. Lorsqu’elles sont compiiquées de plaies et d’esquilles , il faut se conduire comme dans le cas que nous avons indiqué pour les plaies par armes à feu.
Amputation. — Diverses amputations peuyent être pratiquées à la main; elles sont totales, ou partielles; mais la description de ces diverses opéxations ne peut trouver sa place ici. Seulement il est un principe dont le chirurgien doit se pénétrer, c’est qu’il ne faut recourir à ce moyen extrême que lorsqu’il est est tout-à-fait indispensable, rarement dans le premier moment de la blessure, et il faut toujours sacrifier le moins de parties possible; une main mutilée peut rendre encore beaucoup de services que l’on ne pourrait obtenir d’un moignon; un doigt sauvé est souvent une conquête inappréciable.
Tumeurs . — Des tumeurs érectiles, lipomateuses ou cancéreuses peuvent se développer sur
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diverses parties de la main et obliger le chirurgien à pratiquer leur extirpation; nous renvoyons pour chacune de ces tumeurs aux mots qui leur sont propres. Il en est de même pour ces petites tumeurs qui se développent quelquefois sur le poignet ou sur le dos de la main, et dont le siège est dans les tendons; elles ont reçu le nom de ganglions et ont été traitées dans un article à part. (V. ce mot.)
Rétraction de l'aponévrose palmaire. — Quelquefois chez les individus qui exercent des professions dans lesquelles les mains doivent faire des efforts violents, on a vu l'aponévrose palmaire revenir sur elle-même et déterminer une flexion des doigts que ne pouvaient vaincre les efforts des muscles extenseurs ; les auteurs ont, dans ce cas , conseillé la section des cordons fibreux de l’aponévrose qui correspondent à chacun des doigts. Ce moyen, qui présente des inconvénients lorsqu’on emploie les procédés ordinaires , n’offrirait pas de dangers s’il était pratiqué en opérant la section de ces brides par la méthode de la ténotomie souscutanée; elle consiste à introduire un bistouri à lame étroite sous la peau et à faire la section du cordon fibreux dans un point éloigné de l’ouverture de la peau ; il faut ensuite étendre la main et les doigts, afin que la cicatrice puisse se faire d’une manière conyenable.
Brûlures. — Les brûlures des mains sont assez fréquentes; lorsqu’elles sont peu étendues , elles n’exigent aucuns soins particuliers, mais lorsqu’elles affectent une partie considérable de la main, on devra prendre des soins spéciaux pour éviter les cicatrices vicieuses , les adhérences des doigts et leur rétraction; il faudra étendre ces organes et les isoler au moyen de petits linges troués et enduits de cérat; le traitement devra être du reste conforme à ce qui a été dit au mot Brûlure.
Vices de conformation. — Ils sont ordinairement le résultat de l’existence des doigts surnuméraires, de l’adhérence des doigts entre eux ou de l’absence d’un ou plusieurs doigts. Il est facile de remédier à la première infirmité en pratiquant l’ablation du doigt surnuméraire peu de jours après la naissance; ce doigt est ordinairement le cinquième doigt ou l’auriculaire, il se développe sur le côté, rarement il a la longueur du doigt normal, et son existence serait une cause de gêne pendant la viecette opération , du reste , ne présente aucuns dangers.
Il est facile d’isoler les doigts lorsqu’ils sont adhérents entre eux en opérant la section de la membrane qui les unit avec un bistouri à lame fine et étroite ; un pansement convenable assure la guérison.
Pour les verrues qui se développentsur les mains, V. ce mot.
J. P. Beaude.
Médecin inipecteur des eaux minérale», membre du conseil de salubrité.
mais, blé d’Inde, (bot.), s. m., fruit du Zea Maïs famille des Graminées, J.
Il s’ofire sous la forme d’épis de grosseur et de longueur variables, recouverts d’un grand nombre
d’écailles spalhiformes -, qui semblent être des fruits avortés; ces épis sont solitaires : ils se composent d’un axe cellulaire très-épais appelé papeton.; de fruits proprement dits, ou caryopses irrégulières , globuleuses, déprimées dans certaines parties, lisses, luisantes, de couleur jaune dorée, blanchâtre ou pourpre, suivant les yariétés , et renfermant une substance couleur blanc de lait ou jaunâtre, farineuse et très nutritive.
Cette graminée, qui ne le cède qu’au froment quant à son importance alimentaire, était inconnue des anciens. Longtemps on la crut originaire de l’ancien monde, mais il paraît bien plus vraisemble qu’elle a été fournie par le nouveau. Aucun ouvrage n’en fait en effet mention avant la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb, et la dénomination de blé d'Inde paraît antérieure à celle de blé de Turquie. D’un autre côté, si l’on en croit certaines chroniques, cette plante auraitélé portée en Orient par les croisés pendant le 13« siècle, et ils l’auraient rapportée ensuite d’Orient en Italie.
Le blé d’Inde est pour plusieurs de nos provinces, et notamment l’Alsace, la Bourgogne et la Gascogne, l’objet d’une grande consommation. Des sociétés savantes, et au premier rang celles d’encouragement et d’horticulture, voulant seconder les vues bienfaisantes de Parmentier et appréciant d’ailleurs les avantages qui résulteraient de la propagation de cette utile graminée, ont proposé des primes d’encouragement pour les agriculteurs qui auraient consacré la plus grande étendue de terrain à la culture du maïs. Plus récemment encore M. Bossange père, mu par un sentiment qu’on ne saurait trop louer, offrit en prix un herbier artificiel, tiré du grand ouvrage de Redouté sur les liliacées, à l’auteur qui, au jugementdel’académie des sciences, donnerait la solution de cette question : De l'usage du maïs comme aliment de V homme r et particulièrement de l'utilité qu’il peut présenter aux femmes qui allaitent, ou aux enfans en bas âge. L’académie reçut plusieurs mémoires, parmi lesquels elle distingua et couronna celui de M. Duchesne, docteur en médecine. C’était, sous plus d’un rapport, être utile à l’humanité que de s’occuper de propager et d’utiliser cette substance; car indépendamment de l’avantage qu’elle offre d’augmenter les ressources alimentaires, on a remarqué, dans le département des Landes, par exemple, qu’à mesure que son usage s’étend, les habitans perdent le teint blafard qui les distinguait, et acquièrent une carnation plus vive et une constitution plus robuste. «C’est ainsi, ditM.d’Haussez, ancien ministre de la marine, que la cause de la différence ne peut être l’objet d’un doute, lorsque toutes les conditions sont égales, d’ailleurs, relativement à la situation des habitations, à la nature des eaux, aux habitudes de travail; on remarque que le peu de développement des formes et de durée de la vie appartient aux communes où l’on ne récolte que le millet, tandis que les avantages contraires sont assurés à celles où la culture du maïs est généralisée. »
Le maïs fait la base des poudres et pâles alimentaires, des peuplades chasseresses de l’Amérique sepfenlrionale.etdecelleserrantesde la ^aponie et
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de la Tartarie; la meilleure composition de ce genre, et qui est connue des Tartares sous le nom de Canka, consiste à torréfier légèrement le blé d’Inde, à le broyer et à le mêler avec du sel et de l’anis ou du cumin.
L’absence de gluten dans cette graine céréale la rend peu propre à faire du pain, mais mêlée à la farine de froment, elle forme une pâte qui lève bien, et qui est très substantielle. M. Duchesne s’est livré à un assez grand nombre d’expériences, pour déterminer dans quelles proportions on devait opérer le mélange des deux farines, et il a remarqué qu’à parties égales, on obtenait un très beau et bon pain.
L'assimilation de la farine de maïs s’effectue assez facilement pour qu’on en prescrive l’usage sous forme de potages et de bouillies, dans les convalescences qui suivent les affections de poitrine et l’inflammation du tube digestif; elle fait la base d’un grand nombre de préparations qui prennent des dénominations différentes, suivant les pays où elles sont en usage : c’est ainsi que les Bourguignons ont leur gaude ; les habitants des Cévennes leur millasse ou millias ; l’Italie et les départemens méridionaux leur polenta ; et enfin, les Américains leur hast y pudding ou tôt fait et leur sagamité.
Les Quakers, dit-on , nourrissent dans certaines maisons de force des Etats-Unis les détenus avec de la farine de maïs cuite à l’eau avec de la mélasse, et ils attribuent à ce régime calmant l’absence de récidive qui existe parmi les condamnés. Nous pensons que les soins moraux employés par les directeurs de ces établissements ont plus de part à cette absence de récidives, si elle existe, et ce dont la constitution judiciaire des Etats-Unis permet de douter, que le régime alimentaire tel calmant fût-il.
Le maïs n’est pas seulement employé comme aliment, il sert en outre à préparer certaines boissons, dont la dénomination et la composition varient suivant les pays, mais qui cependant se rapprochent toujours plus ou moins de la bière. C’est ainsi qu’en Amérique elle porte le nom de chichu , chiaour , cassibry ; au Pérou celui d'azna ou zara. Ces peuples en faisaient un tel abus dans les jours d’allégresse publique, que les Incas durent, pour en anéantir l’usage, faire de son abstinence un article de religion.
Soumis à l’analyse, le maïs fournit un principe particulier que John Gorham a nommé zéine. Cette substance semble y jouer le même rôle que l’hordéine dans l’orge; on l’obtient en faisant digérer de la farine de maïs dans de l’alcool chaud, filtrant i et évaporant jusqu’à siccité. Elle ne paraît pas être azotée et est conséquemment peu digestible.
Le nombre des espèces et variétés de maïs est assez grand; naguère encore elles étaient rangées assez arbitrairement, lorsque M. Bonafous, directeur du jardin des Plantes de Turin, frappé de l’invariabilité de couleur qui distingue les fruits de cette graminée, en forma trois graudes sections qui sont : l° les variétés à grains jaunes; 2° les va- ' riélés à grains blancs ; 3° les variétés à grains .rouges . Couvehchel,
Membre de l’académie de médecine. |
maison (hyg.), s. f. (V. Habitations.)
max. des arbeks. (V. Erésipèle.)
mae D’AVEBîtur.e. On donne ce nom aux petits abcès qui se forment aux doigts, à la suite des piqûres. On a donné aussi ce nom à la tourniole qui est une variété du panaris. (Y. ce mot.)
MAE CADUC. (Y. Epilepsie .)
MAE DE CŒUR. (V. Nausées.)
mae D’Enfant ( accouch .), s. f. Nom donné aux douleurs qui accompagnent l’accouchement. (Y. ce mot.)
MAE D’ESTOMAC. (V. Cardialgie .)
mae français ( méd .) , s. f. Nom donné en Italie, pendant le xvie siècle, à la syphilis. (V. ce mot.)
mae (Haut-mal). (V. Epilepsie .)
MAE DE MER (méd.), s. m. (V. Mer.)
MAE DE MÈRE. (V. Hytérie.)
mae saint-martin (méd.), s. m. Nom donné à la gale et à la lèpre.
MAE DE NAFEES (méd.), s. m. Nom donné par les Français à la syphilis, à la suite des guerres d’Italie du xvie siècle.
mae de rose ou Mal des Asturies. (Y. Lèpre.)
mae rouge de Cayenne (méd.). C’est une espèce d’éléphantiasis ou de lèpre.
MAE DE SAINT- ANTOINE. (V. Erésipèle .)
MAE DE SAINT- JEAN. (V. Chorée.)
MAE SAINT-EAZARE. (V. Lèpre.)
mae de siam (méd.). Nom donné à la fièvre jaune. (V. Typhus d' Amérique.)
mae de tête. (V. Céphalalgie.)
mae de tote ou Mal vertébral. V. Colonne vertébrale (maladies).
mae de vers ou Mal de bassine. On donne ces noms à une éruption vésiculo-purulente qui se manifeste aux mains des ouvriers qui dévident les cocons de soie; cette affection, qui quelquefois ne dure que 5 à 6 jours, prend souvent un caractère plus grave ; elle s’accompagne alors de vives douleurs, d’inflammation et même de phlegmon, elle peut dans ce cas durer 15 jours et plus. Les lotions astringentes sont employées pour combattre cette affection, qui ne se développe qu’une fois, dit-on, chez le même sujet; aussi les ouvriers la regardent-ils comme un mal nécessaire. J. B.
maeade ( hyg .), s. m. Les soins dont le malade doit être entouré, les précautions dont il faut accompagner un traitement, demandent quelques mots de développement dans un ouvrage de la nature de celui que nous publions; nous commencerons par la chambre du malade.
Autant que possible elle doit être d’une dimension qui permette que l’on puisse circuler avec facilité autour du lit; les alcôves sont peu convenables, indépendamment de ce qu’elles gênent le service, elles permettent à l’air vicié par les émanations du malade de s’accumuler dans leur inté-
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rieo®’ eï empêchent le renouvellement de l’air. Il n’y a pas d’inconvénients à ce que la chambre soit trop vaste, si ce n’est la difficulté de l’échauffer pendant l’hiver, tandis qu’une chambre étroite est souvent insalubre et empêche par son défaut d’espace que l’on puisse soigner convenablement le malade ; ces chambres seront autant que possible exposées au levant et au couchant.L’exposition du midi est avantageuse pendant l’hiver, par opposition celle du nord est très-salubre pendant les grandes chaleurs de l’été ; dans celle dernière saison on aura soin de modérer la température de la chambre par des arrosements auxquels on pourra mêler du vinaigre; ces vapeurs répandues dans l’atmosphère stimulent les membranes muqueuses des voies aériennes et facilitent la respiration; dans les maladies où elles peuvent devenir un excitant pour la toux, on devra les éviter.
L’hiver, il sera plus convenable de chauffer la chambre des malades avec le feu d’une cheminée qu’avec un poêle; le renouvellement constant de l’air qui a lieu par la combustion est utile surtout dans cette saison où la chambre du malade est rarement aérée; la température devra être maintenue à 16 ou 17 degrés centigrades. Dans le cas où les localités ne permettent pas d’approcher de cette température par le feu de la cheminée , il faudrait mieux employer le feu des poêles que de laisser le malade dans une atmosphère trop froide.
L’été, pendant les chaleurs, on tâchera d’empêcher que la température ne dépasse 20 à 22 degrés centigrades, des arrosements, des ventilations convenablement employées serviront à obtenir ce résultat. On devra également diminuer l'intensité du jour, éviter le soleil qui, agréable pour les convalescents, fatigue souvent les malades affaiblis par les douleurs , la diète et les pertes de sang. Le bruit, les odeurs, les conversations, devront être évités avec soin; ces dernières fatiguent l’attention du malade et lorsqu’elles sont faites à voix basse, elles excitent son inquiétude. Il est inutile de dire que les émotions vives, les contentions d’esprit, les contrariétés devront être éloignées. On aura soin d’éviter d’exciter la sensibilité des malades, qui souvent sont si impressionnables que la moindre émotion leur fait verser des larmes.
Cependant il est important de se prémunir contre les exigences et les caprices de certaines personnes qui abusent de leur position pour tourmenter ceux qui les environnent, il sera facile de juger si ces exigences sont fondées; dans le cas où l’on reconnaîtrait cette tendance chez un malade, il est important de lui parler avec fermeté , afin de reprimer des caprices qui souvent peuvent lui etre funestes, en même temps qu’ils sont fatigants pour ceux qui lui donnent des soins. Les malades prennent quelquefois en aversion et sans causes légitimes quelques-unes des personnes qui les entourent; s’il n’est pas toujours convenable de ceder à leur répugnance, d’un autre côté, il y a souvent inconvénient à laisser près d’eux des personnes dont ils n’acceptent les soins qu’avec peine et contrainte.
II est important, dans les soins que l’on donne aux
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malades, d’avoir beaucoup de douceur, de patience, de mansuétude, mais il fautque ces qualités soient tempérées par une fermeté sage et éclairée. Les soins des proches, des amis, sont toujours plus efficaces que ceux des personnes mercenaires qui font métier de garder les malades ; lorsque l’on en trouve que la bonté du cœur et la douceur de caractère permettent de distinguer des autres , oo doit avoir pour elles les égards et la considération que mérite leur dévouement.
La difficulté de trouver de bonnes gardes-malades avait engagé certains médecins à établir des espèces d’école, où des femmes apprenaient ce qui était nécessaire pour donner des soins aux malades, mais on trouvait peu de personnes assez éclairées pour profiler de ces leçons, car c’est presque toujours dans les dernières classes de la société, chez les femmes qui n’ont pas d’autres moyens d’existence, que l’on trouve des sujets qui embrassent cette profession si pénible et si peu considérée , tandis qu’il faudrait des individus doués d’un jugement sain et exempts des préjugés et de l’ignorance qui se rencontrent ordinairement dans cette condition. Dans ces derniers temps, des personnes appartenant à des congrégations religieuses se sont vouées au service des malades ; l’esprit de religion qui doit les animer, leur intelligence,, sans doute plus cultivée , laissent supposer que l’on en reçoit de meilleurs soins. Il est encore important de se prémunir contre un autre inconvénient, ce sont les empiétemens que peuvent se permettre les gardes-malades qui ont des demi-connaissances médicales, elles interviennent souvent dans le traitement du malade qui leur est confié, ce danger est encore plus grand que celui que nous signalions d’abord, car il peut compromettre plus gravement l’individu souffrant, ébranler sa confiance, celle de ses proches et souvent amener de fâcheux résultats.
On conçoit que nous n’avons pu esquisser ici que d’une manière rapide ce que cette question présentait de plus urgent et de plus important; il faudrait un volume pour prescrire une règle de conduite dans les soins dont le malade doit être entouré, mais le médecin indiquera toujours ce qu’il est nécessaire de faire , et l’on devra s’en rapporter à ses avis ; ils sont le résultat d’une somme de connaissances que l’on ne peut acquérir que par l’élude et la pratique de son art, et qui ne sauraient être remplacées d'une manière complète, même par l’expérience; car pour être fructueuse, l’expérience a toujours besoin des lumières que l’on n’acquiert que par l’étude.
Pour les soins à donner à la fin des maladies V. Convalescence. J. P. Beaude.
maladie. ( path. gêné. ) s. f. Il semble, au premier abord, que rien ne soit plus facile que de définir le mot maladie : tout le monde sait ce qu’il veut dire et cependant on est embarrassé pour en donner une définition claire et exacte; car dire que la maladie est un dérangement de la santé, c’est plutôt indiquer un synonyme que donner une véritable définition. On entend assez générale-
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ment aujourd’hui par maladie une lésion soit fonctionnelle, soit matérielle, survenue dans l'économie; je ne pense pas, cependant, que cette définition puisse être acceptée entièrement : la maladie n’est pas la lésion elle-même, elle est plutôt la suite, le retentissement vital de celte lésion. Tant qu’une altération ne donne lieu à aucun dérangement appréciable, soit dans la disposition matérielle des parties, soit dans l’exercice des fonctions, la maladie n’existe pas, elle ne commence qu’à dater du jour où celte altération influant sur 1 économie révèle son existence par l’apparition de quelque phénomène anormal. Ainsi des individus peuvent porter pendant longtemps des tubercules dans les poumons sans que leur santé soit altérée : mais à un certain moment, souvent sous l’influence d’une cause accidentelle, d’un refroidissement, par exemple, ou de quelques excès, il leur survient de la toux, des hémoptysies, de l’amaigrissement et tous les autres symptômes de la phthisie pulmonaire : ils commencent alors à ce moment à être malades, mais ils ne l’étaient pas auparavant, quoique des tubercules constituant une lésion organique existassent déjà depuis longtemps dans les poumons
Etablissant donc une distinction entre la lésion et la maladie, je crois plus exacte de définir cette dernière, un trouble local ou général survenu accidentellement dans l’économie par suite d’une lésion matérielle ou fonctionnelle. Cette définition est assez large pour s’appliquer à toutes les maladies,, et d’un autre côté, l’idée d’un trouble accidentel ne permet pas de compter parmi les malades les gens difformes ou sujets à quelques sécrétions anormales qui constituent pour eux des fonctions supplémentaires dont la suppression serait dangereuse, telles que des sueurs habituelles aux pieds chez quelques personnes, des hémorrhoïdes périodiques chez d’autres. Cette définition éloigne encore du cadre des maladies le malaise qu’éprouvent les femmes pendant l’époque de leurs règles, et les souffrances qui accompagnent la grossesse et l’accouchement, toutes choses ne dépendant pas d’une lésion matérielle ou fonctionnelle, mais résultant de l’accomplissement d’une fonction régulière.
Les maladies auxquelles est sujette l’humanité sont successivement nombreuses et variées. Les différences quelles présentent viennent surtout de leurs causes, de la marche de leurs symptômes, de leur siège et de leur nature ; indiquons rapidement en quoi consistent ces différences.
Dans certaines circonstances, il est difficile de remonter aux causes des maladies ; lorsqu’on le peut, on voit qu’il y a des causes appelées communes en pathologie générale, qui peuvent produire telle pu telle maladie suivant la disposition de l’individu qui est soumis à leur action. D’autres fois, on remarque que certaines causes sont spéciales à certaines affections, qu’il y a entre elles un rapport constant, c’est-à-dire que cette cause ne produira que cette seule affection, qui, à son tour, ne sera déterminée que par celte seule cause : ces maladies sont dites spécifiques. Dans cette classe, nous voyons la rage, qui
n’est déterminée que par la morsure d’un animal enragé, les maladies contagieuses et virulentes, telles que la variole, la syphilis qui sont le résultat nécessaire d’une communication directe ou indirecte avec des personnes atteintes des mêmes affections. Lorsque les causes des maladies agissent passagèrement sur un grand nombre d’individus atteints en même temps et dans le même lieu, les maladies sont dites épidémiques; lorsque ces causes sont permanentes dans un même pays et qu elles paraissent tenir au lieu même, les maladies sont appelées endémiques : lorsqu’une maladie n’atteint que des individus isolés, elle prend le nom de sporadique.
Les maladies se manifestent à l'extérieur par des phénomènes physiologiques anormaux qu’on appelle symptômes et qui servent à les caractériser. Le mode suivant lequel naissent et se succèdent ces phénomènes constituent la marche des maladies qui comprend le type, la durée et les périodes. Le type est l’ordre suivant lequel les symptômes s'exaspèrent ou se reproduisent : on le dit continu, lorsqu’ils persistent depuis le commencement jusqu’à la terminaison sans interruption bien marquée; il est au contraire intermittent, lorsque la maladie se compose d’accès séparés par des intervalles de bonne santé: ces accès reviennent périodiquement à des moments déterminés, séparés par des intervalles égaux, alors lanialadie prend le nomd’intermittente régulière ; ou bien les accès n’affectent aucune régularité dans leur retour et sont plus spécialement désignés sous le nom d’attaques. Les fièvres intermittentes nous offrent un exemple des premiers; l'hystérie, l’épilepsie, un exemple des autres. Enfin, un type intermédiaire au continuel à l’intermittent est le type rémittent; il présente des symptômes continus, mais qui sont compliqués périodiquement par des accès semblables à ceux des fièvres intermittentes; cette forme élait assez fréquente en Grèce, îorsqu’écrivaient les anciens médecins, Hippocrate et ses successeurs. A notre époque et dans notre climat, il est rare qu’on ait occasion de l’observer.
La durée des maladies les a fait diviser en deux grandes classes : les maladies aiguës et les maladies chroniques. Les premières sont caractérisées par une durée assez courte et qui ne s’étend pas ordinairement plus loin que quarante jours ; en général, elles ont des symptômes intenses, et cependant offrent de grandes chances de guérison, ce qui a fait dire dans ces derniers temps d’une manière peut-être un peu trop générale que la mort est une exception dans les maladies aiguës. Les ma ladies chroniques onlune durée illimitée, elles sont quelquefois la suite des maladies aiguës, d’autres fois elles sont chroniques tout d’abord; elles ne présentent pas en général l’intensité des symptômes observés à l’état aigu, mais elles sont bien plus graves : leur terminaison est rarement heureuse; elles sont d’ailleurs souvent l’expression d’altéralions anatomiques modifiant d’une manière indélébile l'organisation des viscères, et s’opposant à l’exercice régulier des fonctions, ainsi qu’on le voit dans l’hypertrophie du cœur, dans le cancer de l’estomac, dans la phthisie pulmonaire.
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Certaines maladies ont des périodes régulières , ainsi, dans la rougeole on en distingue trois : la période d’invasion , pendant laquelle apparaissent des symptômes de catarrhe; la période d’éruption, pendant laquelle se développent les taches cutanées; la période de desquamation, qui correspond au renouvellement de l’épiderme. Dans d’autres maladies, les périodes sont loin d’être aussi régulières , et quelquefois il est impossible d’en distinguer ; cependant , ordinairement on en observe trois : une première qui correspond à l’invasion de la maladie , et qui est appelée période d’accroissement ; une seconde pendant laquelle les symptômes restent stationnaires , la maladie est arrivée à son summum, c’est la période d’état; et enfin une troisième correspondant à la terminaison de la maladie, c’est celle du déclin, amenant ou la guérison, ou la mort, ou le changement en une autre maladie.
Par rapport à leur siège, les maladies sont dites locales , lorsqu’elles affectent un seul organe ou une seule partie d’organe ; elles sont générales , lorsqu’on ne peut circonscrire leur siège à une seule partie , qu’elles sont partout , qu’elles atteignent tous les points de l’économie , comme on le voit dans les fièvres , dans les scrofules , dans la syphilis. Souvent les maladies générales commencent par être locales : circonscrites d’abord, elles se généralisent soit par sympathie, soit par l’extension de la lésion morbide qui envahit différents points de l’économie. Il est beaucoup plus rare de voir des affections, générales primitivement, se circonscrire et se terminer par une maladie locale. Envisageant les maladies d’une manière encore plus générale, il y aurait ici, à propos du siège, une question à résoudre : la maladie provient-elle d’une modification des humeurs du corps , ou seulement d’une altération des solides ? Ces deux opinions du siège primitif ont régné tour à tour en médecine ; elles n’ont eu que le tort d’être exclusives l’une de l’autre ; il faut admettre en bonne physiologie que les maladies peuvent siéger tout aussi bien dans les liquides que dans les solides , ces deux parties constituantes du corps étant également vivantes et par là même susceptibles de la modification vitale qui constitue la maladie.
La nature de la maladie est un point de son histoire au moins aussi important que son siège. Par nature d’une maladie , on doit entendre la modification organique qui la constitue ; mais comme cette modification intime nous est cachée , c’est d’une autre manière que nous devons chercher à établir la nature d’une affection : on a réuni par groupes les maladies qui se rapprochent par leurs causes , leurs symptômes , leurs caractères anatomiques , leur marche et leur traitement , et on a dit : Ces maladies sont de même nature. C’est ainsi qu’on a établi des inflammations, des névroses, des fièvres , et pour savoir ensuite la nature d’une maladie , il suffit de comparer ses phénomènes avec ceux qui servent de caractères aux différentes classes : sont-ils semblables , on prononcera que la maladie est de même nature. On conçoit , au reste , combien cette recherche offre de difficultés ; pour établir le siège d’une maladie , nous avons pour guide la lésion matérielle qui nous fait reconnaître les pavties affectées ; mais pour la nature , rien
de semblable , nous ne sommes guidés que par l’induction , par l’analogie qui n’est jamais parfaite , par l’appréciation des faits qui ne sont pas expliqués de même par tout le monde ; souvent nous sommes dominés par des idées préconçues qui nous aveuglent ; aussi ne devons-nous pas nous étonner si la nature des maladies a été de tout temps et est encore aujourd’hui un sujet de vives discussions. Ces différentes considérations, auxquelles nous venons de nous livrer au sujet des causes , de la marche , du siège et de la nature des maladies, ne sont pas seulement théoriques , mais trouvent leur application dans la pratique et doivent servir de base au traitement. Je ne puis rien dire ici de général sur la médication des maladies ; mais , après m’être appesanti sur les caractères des maux auxquels est sujette l’humanité, je ne dois pas oublier de mentionner en finissant une réaction salutaire de l’économie opposée à la maladie et en lutte contre ses mauvais résultats. Cette puissance, qu’on désigne sous le nom de force médicatrice de la nature, est comme l’antidote à côté du poison ; elle tend sans cesse à rétablir le calme et l’équilibre dans l’organisation. Quelquefois suffisante pour amener à elle seule la guérison, d’autres fois elle a besoin d'être soutenue par le secours de l’art , et c’est à la seconder que doivent s’appliquer tous les efforts du médecin. Malheureusement , trop souvent encore cette influence favorable est la plus faible , et la maladie poursuivant son cours , malgré la réaction salutaire, entraîne la mort de l’organisation qu’elle était venue attaquer. À. Hardy,
Médecin des Hôpitaux de Paria.
Maladie bleue. (V. Cyanose .)
Maladies nerveuses (rnéd.) , s. f. p. On donne ce nom à l'hystérie, à l'hypocondrie , à la mélancolie, et enfin, dans un sens plus étendu , à toutes les névroses.
Maladie noire. (V. Melcena.)
Maladie du pats. (V. Nostalgie.)
Maladie pédiculaire. (Y. Phthiriasis.)
Maladie vénérienne. (Y. Syphilis .)
BiAXiAniF , ive (path.), adj. , qui est sujet à être malade. On dit aussi, pour exprimer cet état habituel, Valétudinaire.
malaire ( anat .) , s. m. On donne ce nom à l’os qui est situé à la partie saillante des joues; il a reçu aussi le nom d'os zygomatique ou d’os de la pommette. Il est situé sur la partie supérieure et latérale de la face; sa forme est carrée et aplatie, sa face externe est convexe et couverte par la peau et quelques muscles de la face. La partie supérieure concourt à former la partie inférieure et externe de l’orbite ; la face interne fait partie des fosses nasales. Cet os s’articule avec l’os coronal , le temporal, le maxillaire supérieur et le sphénoïde. (Y. Face.)
MAS.fi.iSE (path.) , s. m. On définit le malaise une sensation pénible , mais obscure , qui rend l’homme sain moins dispos pour les actions ordinaires de la vie, et dans lequel les actions organiques de l’économie ne s’exercent pas avec une entière liberté. Sans être la maladie , le malaise en I est un premier degré ; il la précède ordinairement,
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et quelquefois pendant un temps assez marqué. Le malaise devient souvent un symptôme de maladie ; poussé à l'extrême, il constitue l’anxiété. L’état de malaise indique toujours un trouble dans les fonctions qu’il est important de faire cesser ; le repos, un peu de régime, suffisent ordinairement pour le faire disparaître. J. B.
MAiiATE. Y. Maligne (acide).
malaxer. ( pharrn .), v. a. C’est ramollir certaines substances en les pétrissant entre les doigts.
male ( anat .), s. f. et adj., qui appartient à l'homme. On dit les organes mâles, pour indiquer chez l’homme les organes de la génération.
maligne (fièvbe) ( méd .), s. f. On désignait autrefois sous le nom de fièvre maligne la dothinentérie compliquée de symptômes cérébraux. (Y. ces mots.) Cette fièvre était désignée par Pinel sous le nom de fièvre axatique. C’est aujourd’hui une des variétés de la fièvre typhoïde.
MALIGNE (pustule). (V. Pustule maligne.)
MALIQUE (acide) (chirn. ), s. m. Acide végétal qui existe dans les pommes, les poires, les prunes sauvages, le fruit de l’épine-vinette, celui du sorbier, la joubarbe, les baies de sureau noir, etc. Cet acide, comme tous les acides végétaux, est composé d’oxygène, d’hydrogène et de carbone; il est blanc, mamelonné, inodore, déliquescent; sa saveur est forte et assez analogue à celle des acides tartrique et citrique. C’est lui qui donne aux fruits dont nous venons de parler leur saveur acide ; il forme, aveq les bases, des sels qui ont reçu le nom de malates. Cet acide, qui fut découvert en 1785 par Scheele, est, ainsi que ses sels, sans usage en médecine.
malléole ( anat .), s. f. On donne ce nom aux éminences qui sont situées à la jonction du pied avec la jambe, et que l’on nomme vulgairement chevilles du pied. Les malléoles sont au nombre de deux : l’une interne, formée par l’extrémité inférieure du tibia ; l’autre externe, formée par l’extrémité inférieure du péroné. Elles forment une espèce de mortaise qui emboîte l’articulation du pied et qui contribue à sa solidité. (V. Jambe et Pied.)
malléolaire (i anat .), adj. qui a rapport aux malléoles; on a donné ce nom à deux artères formées par la tibiale antérieure.
malt {mat. méd.), s. m. On a donné ce nom à l’orgé gonflée dans l’eau, germée et touraillée. L’orge ainsi préparée sert àla fabrication de la bière. Le maltage ou germination de l’orge a pour but de déterminer, à l’aide de la germination, la conversion de l’amidon contenu dans cette semence en une matière sucrée et gommeuse. La fabrication du malt, qui est considérable en Angleterre et qui constitue une profession exercée par des hommes nommés malteurs, malsters , se compose de quatre opérations qui consistent : 1° à mouiller le grain; 2° à le mettre en tas ; 3° à le répandre ensuite en couches plus ou moins épaisses ; 4° enfin, à le dessécher, opération qui se fait à l’aide d’une touraille.
On pratique la première opération en mouillant le grain dans de grandes cuves en bois ou dans des réservoirs en pierre. On remplit ces réservoirs d’eau
de telle manière, que le grain étant ensuite versé et immergé, il soit recouvert de quelques pouces de liquide. Lorsqu’on verse les grains dans l’eau et lorsqu’on les mêle au liquide, on remarque que les grains se divisent en deux parties, les uns, qui forment la masse, tombent au fond de l’eau, les autres, qui forment la partie exceptionnelle ( qui s’élève à environ 2 p. 1 00), surnagent. On doit enlever ces grains légers avec une écumoire, car ces grains ne sont pas susceptibles de germer, mais de subir une fermentation putride qui nuirait à la qualité du malt; ces grains, ainsi séparés, peuvent être employés à la nourriture des animaux. L’orge mouillée reste dans la cuve mouilloire , jusqu’à ce que les grains s’écrasent facilement entre les doigts. L’espace de temps nécessaire à ce changement d’état du grain n’est pas toujours le même ; il varie en raison de diverses circonstances, la température, la nature du grain, etc. Cet espace de temps peut être de six à huit heures au moins, et de 72 heures au plus. En Angleterre, le minimum du temps fixé par la loi est de quarante heures. Pendant le mouillage, il est nécessaire de changer deux ou trois fois l’eau, dans le but d’enlever les matières dissoutes par ce liquide, pour empêcher la fermentation d’être trop active. L’eau qui sort de dessus le grain pour la première fois, étant évaporée, laisse un résidu qui a une couleur fauve, une odeur assez désagréable, un goût amer ; cette matière extractive, qui forme à peu près 1 p. 100 de la totalité du grain employé, contient des nitrates, des hydro-chlorates et des sulfates; elle paraît provenir de la pellicule qui enveloppe le grain, car on a remarqué que l’eau dans laquelle on fait tremper les grains qui ont été mondés de leur enveloppe n’est pas sensiblement colorée et ne donne presque pas de résidu par l’évaporation.
Le grain exposé à Y action du mouillage se gonfle et augmente de volume d’une manière considérable; on a vu que cette augmentation était de 0,15 au minimum pour l’orge, et de 0,38 au maximum ; de 0,09 au minimum pour l’escourgeon (l 'orge carrée , orge d'automne, orge prime), et de 0,23 au maximum. L’augmentation du poids du grain se fait aussi remarquer, et on a établi : 1° qu’elle était de 0,38 à 0,53 pour l’orge, et de 0,38 à 0,41 pour l’orge prime; 2° que la même variété de grains, la plus mauvaise qualité et les grains les plus petits, éprouvent la plus grande augmentation de poids dans l’opération du mouillage. Cette augmentation n’est due qu’à la présence de l’eau, car si on fait sécher une quantité donnée de grain mouillé, on voit qu’il ne dkrnne pas la quantité de grain employée, et qu’il y a, en outre, une perte de 5 p. 100, perte attribuée à la matière extractive qui a été enlevée et à de ratifie carbonique qui se dégage pendant le mouillage. L’eau employée pour mouiller les grains doit être de bonne qualité ; on doit choisir celle qui contient le moins possible de sels calcaires; celle qui cuit bien les légumes, celle qui dissout bien le savon, est bonne pour opérer le mouillage.
Lorsque le grain a été suffisamment trempé, on le lave une dernière fois avec de la nouvelle eau qu’on laisse écouler de suite et qui entraîne une matière visqueuse qui se développe surtout dans les temps chauds ; on retire ensuite le grain de la cuve, puis on le met en tas.
Lorsque le grain est en tas, on remarque que
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l’humidité s’en dégage peu à peu, la température du grain s’élève successivement de 3 à 4 degrés ; l’oxygène de l’eau est absorbé, il y a dégagement d’acide carbonique, il y a commencement de germination. Aussitôt qu’en remuant la couche supérieure on aperçoit une proéminence blanche annonçant le commencement de la germination, on retourne successivement toutes les parties de la masse, en ayant soin de ne pas écraser le grain, et on l’expose en couches plus minces sur une aire formée par le battage des résidus des salpêtriers , ou, ce qui vaut mieux, sur une aire formée de carreaux ou de dalles en pierre; cette opération a pour but d’empêcher la température d’augmenter et de trop s’élever, et d’exposer le grain au contact del’air pour que la végétation puissecontinuer. La température ne doit s’élever qu’à environ 15° centigrades pour les grains qui sont gros , et un peu moins pour les grains plus petits.
L’épaisseur des couches provenant des tas doit d’abord être de 33 centimètres environ, puis on les réduit à une moindre épaisseur, de 10 centimètres seulement; on retourne le grain formant ces couches plusieurs fois par jour, au moins deux ou trois fois ; cette opération doit être renouvelée d’autant plus souvent que la température est plus élevée. On continue ce traitement pendant un espace de temps qui est différent en France et en Angleterre ; en effet , on remue le grain pendant douze à quinze jours en Angleterre, et pendant huit ou dix jours en France. Quelques brasseurs ne suivent pas de règle, et la continuent jusqu’à ce qu’ils aient reconnu que la germination est assez avancée pour que l’amidon soit amené à son maximum de saccharification. Pendant cette opération on remarque : 1° que le grain convenablement retourné dégage une odeur agréable particulière : écrasé à cette époque , et soumis à la distillation , il donnerait de l’alcool ; 2° que la partie de l’orge qui doit donner la plumule (la tige), lors de la germination, se gonfle, et, partant du même bout du grain par lequel les racines sortent immédiatement , elle s’avance par degrés sous la pellicule qui enveloppe le grain vers l’extrémité opposée. Les racines qui se développent en même temps acquièrent plus de longueur que le germe, et se divisent en trois, puis en cinq, six ou sept racines plus petites ; celles-ci, d’abord trèsdouces et tendres, deviennent déplus en plus rudes et fortes ; le grain devient de plus en plus friable , blanc , opaque et sucré ; il arrive, dans quelques circonstances , que l’odeur qui se développe lors de la germination est désagréable et a de l’analogie avec celle des pommes moisies ; ce caractère indique ordinairement que l’orge employée était de mauvaise qualité, ou que les ouvriers, par une mauvaise manipulation , ont écrasé une certaine quantité de grains en le retournant.
Le temps pendant lequel le malt doit rester étendu sur le carrelage ne peut guère être déterminé d’une manière positive. En effet, ce laps de temps dépend et de la température à laquelle on opère, et de diverses autres circonstances. Cependant le terme moyen , quand l’opération est bien conduite , est de douze à vingt jours. Chez la plupart des brasseurs elle ne dure que huit à dix jours , mais le produit n’a pas toutes les qualités qu’il doit avoir.
Si , après que la végétation a été bien conduite, on fait dessécher les grains, on reconnaît qu’ils sont
spécifiquement plus légers, et que cette diminution de poids est dans le rapport de 914 à 1,000 ; il y a en outre une perte réelle qui peut équivaloir en totalité à 10 pour 100, sans compter la perte des racines que l’on sépare, comme nous le dirons plus bas, et qui ne peuvent servir qu’en les mêlant au fumier et en les employant alors comme engrais.
Lorsque les grains sont germés , on arrête la végétation à l’aide de la dessiccation : cette opération se fait à l’aide d’un fourneau nommé tour aille , et qui est muni d’une petite plate-forme formée de feuilles de tôle percées comme le serait une écumoire. Ces trous sont assez petits pour que les grains d’orge ne puissent passer à travers , et trèsrapprochés les uns des autres. On pourrait , ce qui serait préférable, établir la plate-forme en toile métallique : ce mode de faire exigerait moins de maind’œuvre pour remuer les grains , qui se briseraient moins; cette plate-forme, qui a été décrite dans divers ouvrages (Y. le Dictionnaire technologique , t. ni, p. 70), reçoit une chaleur convenable pour dessécher le malt. On étend les grains sur la plateforme et on chauffe la touraille ; le feu doit d’abord être ménagé de manière à élever la température de l’orge germée à 40° seulement, et continué à ce degré jusqu’à ce que le grain soit presque entièrement sec ; on élève alors la température , et on la porte à 60°; on pousse plus haut si l’orge maltée est destinée à la fabrication de la bière brune ou de la bière rouge , et on amène à 7 5° et 80°. Mais ce n’est pas tant cette élévation de chaleur qui caramélise le malt , que la promptitude avec laquelle elle est opérée , en sorte qu’elle puisse exercer son aetion tandis qu’il y a encore de l’humidité dans le grain ; car , à chaleur égale , il est possible d’obtenir du malt brun ou blanc. Le grain desséché convenablement sur la touraille, à 60° et en malt blanc, ne doit pas avoir perdu la propriété de végéter; il contient alors la plus grande quantité de matière sucrée soluble. En France , on conduit cette opération trop rapidement pour qu’il soit possible d’obtenir ce maximum de produit : l’orge germée ne reste que 12 ou 15 heures sur la touraille, au lieu d’y rester 40.
Lorsqu’on dessèche le malt en le caramélisant, il y a toujours perte de matière sucrée, et le goût du moût est moins agréable; il vaudrait mieux substituer , pour la fabrication des bières colorées , à l’orge maltée caramélisée, un caramel fait avec de la cassonade : ce produit colorerait suffisamment la bière.
Pendant tout le temps que dure la dessiccation de l'orge germée , on le retourne de temps en temps pour que toutes les parties soient alternativement exposées à l’action de la chaleur ; et lorsqu’il est suffisamment sec et encore chaud, les ouvriers le frottent pour détacher les racines qui , à cette époque, sont cassantes en raison de leur friabilité. Cette séparation doit avoir lieu à cette époque, car plus tard, ces racines ou radicules absorberaient l’humidité de l’air , reprendraient de la souplesse, et seraient plus difficiles à séparer.
Lorsque le malt est arrivé à cet état , on le nettoie complètement de ces racines appelées germes par les brasseurs , en passant l’orge dans un crible de fer, ou , ce qui vaudrait mieux , dans un blutoir cylindrique garni d’une toile métallique. Ces raci-
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nés doivent toujours être rejetées , ce que ne font pas certains brasseurs , qui regardent cette élimination comme une cause de perte ; mais ce rejet est nécessaire , car il est démontré que ces radicules ne contiennent ni sucre, ni amidon , et que, mises en contact avec.de l’eau et du ferment, elles ne donnent pas lieu à de l’alcool , mais passent à la fermentation putride.
Le malt doit être sec , n’ayant pas l’odeur de moisi : celui qui aurait cette odeur aurait été mal conservé et devrait être rejeté. A. Chevallieb,
maIiVacées (bot.). V. le Supplément.
mamelles (anat. et path.) , s. f. p. Organe glanduleux, ordinairement pair, presque hémisphérique, situé sur les parties latérales et antérieures de la poitrine. Les mamelles ont pour but la sécrétion du lait chez les femmes seulement ; aussi chez elles leur accroissement est-il plus considérable que chez l’homme. Pendant la gestation et l’allaitement, elles acquièrent un volume très-grand.
Le mamelon qui est placé un peu au-dessous et en dedans du centre de chaque mamelle a une couleur différente; son tégument est ordinairement rose et vermeil dans la jeunesse, et devient brunâtre avec l’âge. Dans certaines circonstances voluptueuses , il s’allonge, devient rouge, résistant, et entre dans une véritable érection.
La peau du mamelon est riche de beaucoup de papilles nerveuses ; elle renferme les conduits galactophores (qui charrient le lait), unis entre eux par un tissu spongieux, érectile, analogue au tissu érectile du corps caverneux du clitoris et du pénis. La base du mamelon est entourée d’une aréole ordinairement de la même nuance que le mamelon, et qui éprouve les mêmes modifications que lui; cependant la peau en devient généralement brunâtre pendant les premiers temps de la grossesse, tandis que le mamelon reste encore de couleur rosée. Cette coloration brunâtre, qui se manifeste ainsi dès la première parturition , persiste ordinairement toute la vie. Sur ces points la peau est plus fine chez les femmes enceintes ou qui allaitent; on peut compter depuis quatre jusqu’à dix saillies peu volumineuses, tantôt dispersées irrégulièrement , tantôt en cercle. Ces petites éminences percées de deux ou trois orifices , sont dues à des follicules qui sécrètent une humeur onctueuse destinée à prévenir le ramollissement et les excoriations de cette partie de la peau. Assez souvent on voit des poils longs et volumineux implantés sur l’aréole du mamelon.
La peau qui recouvre les mamelles est plus fine et plus douce que celle de toutes les autres parties du corps ; «lie est souvent comme marbrée par le trajet de veines superficielles, surtout après des allaitements prolongés. Les mamelles ont plus d’épaisseur en bas et en dedans que sur les autres points de leur circonférence; elles ne sont donc pas uniformément arrondies.
La glande mammaire est formée par la réunion d’un grand nombre de petits lobes distincts , provenant eux-mêmes de petits grains d’un blanc rougeâtre, du volume d’un grain de millet ou de pavot, composés à leur tour de vésicules oblongues et i creuses; le centre de la glande mammaire n’est ccupé que par les troncs des vaisseaux lactifères. '
Ces dispositions sont faciles à apprécier chez les femmes mortes pendant le travail de la lactation.
Les granulations de la glande mammaire donnent naissance aux racines des vaisseaux excréteurs qui se réunissent en rameaux et en troncs; le nombre de ces derniers varie de quinze à vingt-quatre. Ce chiffre est en rapport avec celui des lobes, différent d’une mamelle à l’autre chez la même femme. Le diamètre de ces troncs peut aller jusqu’à deux et trois lignes ; ils aboutissent à des sinus séparés qui occupent le centre du mamelon , et qui s’allongent quand le dernier entre en érection. La membrane qui tapisse ces conduits se rapporte aux membranes muqueuses. La glande mammaire est plongée au milieu d’un tissu graisseux qui varie en quantité et qui remplit tous les interstices qui séparent les lobes et les lobules. La base de la glande, qui correspond à la paroi de la poitrine , repose , au contraire , sur un tissu cellulaire à filaments trèscourts , et presque dépourvu de graisse.
La présence des mamelles sert aux naturalistes pour désigner une classe d’animaux vertébrés sous le nom de mammifères : à cette classe appartient l’espèce humaine. On connaît un grand nombre d’exemples d’hommes et de femmes multimames ; le cas le plus fréquent est celui où il existe trois mamelles : la troisième , plus petite , est presque toujours placée sur la ligne médiane. Quand il y a quatre mamelles, elles sont ordinairement placées les unes au-dessus des autres : on a vu aussi des mamelles surnuméraires , placées dans la région axillaire ou inguinale. Leur absence dans l’espèce humaine n’a jamais été constatée d’une manière authentique. L’accroissement en volume des mamelles précède ordinairement de deux ans l’apparition des règles et l’évolution des poils aux parties génitales. La grosseur estaussi en rapport avec l’état d’embonpoint de l’individu ; elles deviennent molles et pendantes quand les femmes maigrissent , ou par suite des progrès de l’âge. Le volume varie encore avec les climats, les tempéraments et l’état de grossesse. Il est fréquent de trouver une manifeste différence entre les deux mamelles chez la même personne et dans les deux sexes. Enfin on a vu des hommes pourvus de mamelles très- volumineuses , et fournissant du lait en abondance.
Mamelles ( Maladies des ). — Les maladies du sein, chez la femme, présentent des variétés en rapport avec la nature et le siège de ces affections.
Maladies du mamelon. — Elles dépendent presque toutes de la gestation ou de la lactation. Lorsque les nourrices allaitent pour la première fois, elles éprouvent dans le commencement une sensibilité plus ou moins vive, et le ramollissement du mamelon, qui est constamment macéré dans le lait et pétri par la bouche de l’enfant , à tel point qu’il s’attendrit, s’excorie et s’enflamme. Souvent la racine du mamelon s’étrangle, s’ulcère et s’isole. Cette maladie, plus fréquente chez les femmes jeunes , à constitution lymphatico-nerveuse, dont la peau est fine et délicate, est encore favorisée par une succion répétée à des intervalles trop courts, par l’absence de propreté et par la vicieuse conformation du mamelon. Cette maladie se caractérise par la sensibilité, l’irritation et ladouleur pendaut la succion, qui fait souvent naître un suintement sanguin. Le mamelon est humide, granuleux , rouge et excorié.
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Pour soulager et guérir cette maladie , il faut d’abord donner le sein à l’enfaut à des intervalles plus éloignés, recouvrir les seins avec une toile souple , fine et bien sèche ; on peut encore lotionner les mêmes parties plusieurs fois par jour avec l’extrait de saturne étendu d’eau (eau blanche), ou encore un mélange à parties égales d’huile et de vin rouge (baume du Samaritain). Si la douleur était bien vive, on pourrait se servir d’huile et d’eau de chaux. On a encore proposé des onctions avec la pommade de précipité blanc , des lotions avec une solution légère de nitrate d’argent ou de sulfate de zinc. J’ai vu employer par sir A. Cooper, à Londres, un mélange de borax, d’alcool et d’eau commune.
Il faut bien se rappeler qu’il est quelques-unes de ces substances qui seraient très-nuisibles à l’enfant si elles se trouvaient encore sur le mamelon au moment où il va prendre le sein. Ainsi , il est toujours mieux de prévenir ce3 excoriations par des lotions avec l’eau salée , avec le vin pur ou l’eaude-vie. Enfin, le moyen curatif exempt de plus d’inconvénients serait un mamelon artificiel parfaitement approprié.
Les gerçures ou crevasses sont le plus souvent provoquées ou produites par les excoriations et reconnaissent les mêmes causes ; elles ont le plus souvent le même siège , mais elles peuvent aussi exister sur les différents points de l’aréole du mamelon ; elles le creusent d’une manière indéfinie , elles arrachent des cris aux mères les plus dévouées et les plus courageuses; à chaque tentative d’allaitement , ces fentes laissent écouler une grande quantité de sang ; elles exposent à de véritables inflammations du sein , et forcent à suspendre la lactation.
Cette maladie est si difficilement supportée par la nourrice, que les médecins se sont crus autorisés à conseiller des moyens fort actifs ; mais il suffit de se contenter de lotions faites avec une décoction de racine de guimauve , tenant en suspension du calomelas (protochlorure de mercure) , ou bien on toucherait soigneusement toute l’étendue des crevasses à quelques jours de distance avec le nitrate d’argent ou le sulfate de cuivre.
Enfin, ici comme dans les excoriations, l’allaitement étant une cause permanente qui entretient la maladie, les bouts de sein sont encore indiqués avec plus d’opportunité.
Inflammation des seins. — L’inflammation des seins ou les engorgements , connus sous le nom de mammite , etc. , ont souvent un siège très -différent : les uns sont superficiels , les autres s’établissent dans la glande elle-même ; enfin, d’autres sont profonds et se développent derrière la mamelle.
L’inflammation qui se développe immédiatement au-dessous de la peau fine et délicate du sein est possible à toutes les périodes de la vie, que les fonctions génératrices soient ou non en exercice.
L’érythème, l’érysipèle, le prurigo, dont la peau du sein est quelquefois affectée , peuvent en être la cause déterminante, ainsi que toutes les irritations cutanées produites par le frottement du corset, de la chemise, etc.
On reconnaît cette inflammation au gonflement , à la douleur , à la chaleur et à la rougeur de la partie. La glande n’est jamais soulevée comme