MA B
Dans les derniers jours de la maladie , il n’est pas rare de le voir compliqué d'une bouffissure œdémateuse, qui envahit les parties du corps les plus déclives.
Nous avons à peine à mentionner le traitement du marasme. Lorsqu’il est idiopatique,il faut s’efforcer de faire cesser la cause qui l’a amené et qui l’entretient , puis , chercher à réparer les pertes de l’économie par une nourriture succulente et analeptique , et qui surtout convienne à l’estomac du malade. Les aliments les plus nourrissants ne servent à rien lorsqu’ils ne sont pas digérés. Quant au marasme symptomatique , son traitement est celui de la maladie dont il est l’expression.
Hardy,
Médecin des Hôpitaux de Paris
marche. (V. Locomotion .)
MARGE re R’ANüs. V. au Supplément.
MARGUERITE (bot.), s. f.; grande marguerite, grande pâquerette, bellis major , chrysanthemum leucanthemum, L. C’est une plante de la famille des radiées , autrefois très-employée en médecine et maintenant sans usage; elle était considérée comme jouissant de vertus dépuratives, diurétiques etapéritives ; cette plante est très-commune dans les prairies. Dans l’archipel grec, et surtout à Lemnos, on mange crues les jeunes pousses ; en Sibérie, les habitants du lac Baïkal l’administrent contre la leucorrhée. J. B.
marins (hygiène des). (V. Mer.)
MARJOLAINE (bot.), s. f. (V. Origan .)
MARMELARE (pharm .), s. f. On désigne sous ce nom la pulpe de certains fruits cuits avec le sucre afin de favoriser leur conservation ; ces préparations ont aussi reçu le nom de conserves, et plus vulgairement celui de confitures. La marmelade de coing est quelquefois employée comme un astringent léger contre les diarrhées. On emploie aussi en médecine des marmelades médicamenteuses, et nous citerons la marmelade de Tronchin; c’est un électuaire laxatif que l’on prépare avec : casse cuite, manne en larmes, sirop de violette, huile d’amandes douces, de chaque 32 grammes (une once), et eau de fleurs d’oranger, 4 grammes (un gros). La marmelade de Zanetti est plus purgative que celle de Tronehin ; elle est composée avec manne en larmes, 64 grammes (2 onces), sirop de gui mauve, 4 8 grammes (une once et demie), casse cuite et huile d’amandes douces, de chaque 32 grammes (une once), beurre de cacao 24 grammes (6 gros), eau de fleurs d’oranger„16 grammes (4 gros), kermès minéral, 2 décigrammes 1 (4 grains). Ces médicaments, ainsi que tous les i purgatifs, ne doivent être employés que d’après i’ordonnance du médecin. J. B.
marron (mat. méd.). C’est le fruit d’une des variétés du châtaignier (V. Châtaigne).
MARRONNIER L’INDE [bot..), S. m. Æsculus hypocastaneum , L. C’est un bel arbre aujourd’hui irès-commun dans nos jardins ; il appartient à l’heptandrie monogynie et à la famille des érables; maintenant il forme un ordre nouveau nommé hypo-
castanées ; il est originaire de l’Asie septentrionale, et fut introduit en France en 1615, par Bachelier, qui planta le premier dans la cour de l’hôtel Soubise, au Marais, et cet arbre existait encore il y a peu d’années. Le marronnier d’Inde s’est acclimaté dans presque toutes les contrées de l’Europe, et les écailles qui enveloppent ses bourgeons l’ont suffisamment protégé pour qu’il ait pu supporter le climat de la Suède. Tout le monde connaît trop cet arbre pour qu’il soit nécessaire d’en donner une description ; ses fruits, qui sont sans usage aujourd’hui, peuvent cependant être utilisés. Dans quelques localités, on les donne comme nourriture aux bestiaux, et l’on a soin de les couper par tranches; les chevaux, les vaches, les moutons et les porcs les mangent, diton, avec avidité. Eu Turquie, on mêle le marron d’Inde réduit en poudre avec le son, et l’on donne ce mélange aux chevaux afin de les guérir de la pousse. On extrait de ces fruits, par la macération, une fécule abondante, de bonne qualité, et que l’on sépare d’une matière amère qui s’y trouve mêlée par une lessive légèrement alcaline ; cette fécule, comme aliment, a été même regardée comme préférable à la fécule de pomme de terre. On fait avec le marron d’Inde une colle qui a la propriété d’éloigner les insectes par la substance amère qu’elle contient ; la poudre de marron d’Inde a été employée comme sternutatoire. On prépare avec ces fruits desséchés des poids à cautères qui imitent ceux d’iris, et qui souvent ont été vendus pour ces derniers; nous les croyons aussi avantageux. Nous ne parlerons pas de l’emploi du marron d’Inde contre les hémorrhoïdes, et qui consiste à porter un de ces fruits dans la poche pour se préserver des atteintes douloureuses de cette maladie; il suffit du plus simple raisonnement pour démontrer l’impuissapce et la puérilité d’un semblable moyen, et nous renverrons, pour les réflexions qu’il peut inspirer, au mot Amulette. A une époque, on avait cru trouver dans le marron d’Inde un principe particulier que l’on avait nommé œsculine , mais il est aujourd’hui démontré que cette substance n’est que du sulfate de chaux , mêlé d’un peu de matière extractive.
L’écorce du marronnier d’Inde avait été préconisée comme un bon fébrifuge ; sa couleur rouge et son amertume faisaient penser qu’elle pourrait remplacer le quinquina ; mais de nombreuses expériences faites pendant la guerre continentale ont prouvé que c’était un fébrifuge très-infidèle , et l’analyse de cette substance par Vauquelin a fait voir qu’elle ne renfermait aucun des principes actifs du quinquina.
J. -P. Beauoe.
marrube (bot. et mat. méd.), s. m. Il existe deux sortes de plantes qui ont reçu le nom de marrube, qui toutes deux appartiennent à la famille des labiées (J.) , didynamie gymnospermie (L.). L’une a été nommée marrube blanc et l’autre marrube noir.
Marrube blanc (marrubium vulgare , L.). C’est une plante vivace , qui est très-abondante dans les lieux incultes , le long des murs et sur le bord des grandes routes, dans les lieux secs et pierreux: elle est blanche et cotonneuse, sa tige est haute d’un à deux pieds environ (33 à 66 centimètres) . rameuse du bas et arrondie ; ses feuilles
sont opposées , pétiolées, ovales, crénelées et crépues ; les fleurs sont petites , blanches , réunies en grand nombre à l’aisselle des feuilles; elles apparaissent pendant tout l’été. Le marrube a une odeur forte , aromatique et désagréable ; sa saveur est amère et âcre. Comme toutes les plantes de la famille des labiées, le marrube est tonique et fortement excitant ; il stimule vivement le système utérin et est employé pour rappeler la menstruation : on en fait usage contre les affections nerveuses, hystériques et chlorotiques ; on l’a considéré aussi comme diurétique et sudorifique : on l’a employé dans les catarrhes pulmonaires chroniques pour favoriser l’expectoration , dans l’asthme humide comme calmant. On ferait un long article si l’on énumérait tous les cas dans lesquels cette plante a été conseillée; elle entre dans plusieurs préparations pharmaceutiques , et principalement dans la thériaque. Le marrube s’emploie en poudre, à la dose de quatre à huit grammes (un à deux gros); en infusion, à une dose double; l’extrait, qui est très-actif, s’administre à 15 ou 25 centig. (3 à 5 grains). Le suc frais de la plante se donne à la dose de 6 4 à 1 2 8 grammes (2 à 4 onces).
Marbübe noie (ballota nigra). Cette espèce, ainsi que la précédente, est extrêmement commune dans les lieux incultes , elle croit souvent mélangée avec le marrube blanc, maiselle n’est pas blanche et cotonneuse comme lui. Les fleurs sont purpurines, un peu grandes, et disposées par anneaux à l’aisselle des feuilles ; son odeur et sa saveur sont plus fortes et plus désagréables que celles du marrube blanc; elle est employée de la même manière et dans les mêmes cas que lui. J. B.
azAj&SH (Appareil de) [méd. lég.), s. m. Lorsque l’article arsenic de ce Dictionnaire a été rédigé, on ne connaissait pas encore l’appareil de Marsh, et son emploi comme moyen de reconnaître les plus faibles portions d’arsenic introduites dans l’écono mie. Depuis, des travaux nombreux ont permis d’employer ce moyen avec autant de sûreté que tous les autres modes d’analyse chimique mis en usage dans les expériences de médecine légale; c’est surtout à notre illustre et savant collaborateur M. Orfila,que l'on doit presque tous les travaux qui ont été faits sur cet objet , et ceux qui sont venus après lui ont profité de son expérience et de ses travaux. Nous allons donner l’historique et la description de l'appareil de Marsh , ainsi que des diverses modifications qu’on lui a fait subir. Ce travail est en partie extrait d’un mémoire que nous avons inséré, en octobre et en novembre 1840, dans le Journal des connaissances médicales pratiques et de pharmacologie , recueil que nous avons contribué à fonder il y a près de dix ans.
Ce fut en octobre 1836 que Marsh publia , pour la première fois , son appareil , qui n’était que l’application de principes déjà connus. La propriété qu’a le gaz hydrogène de se combiner avec l’arsenic avait été découverte par Scheele. Serullas avait proposé la décomposition par la chaleur du gaz hydrogène arsénié provenant des matières empoisonnées, comme moyen de reconnaître la substance toxique Mais ce moyen n’avait été appliqué à aucun cas d’expertise médico-légale avant la découverte de Marsh.
Le premier appareil de Marsh consistait en un tube de verre recourbé sur lui-même, large de vingt millimètres environ ; une des extrémités était fermée par un robinet terminé par un tube à petite ouverture ; on mettait dans la partie de l’appareil correspondant au robinet une petite lame de zinc , puis on introduisait par l’autre branche du tube le liquide à examiner, mêlé d’acide sulfurique étendu de sept fois son poids d’eau. L’hydrogène arsénié se dégageait, l’on allumait le gaz lorsque l’on supposait qu’il n’existait plus d’air mêlé à l’hydrogène, et l’on recevait la flamme soit sur des fragments de porcelaine où l’arsenic se déposait à l’état métallique, soit dans un tube de verre où il se déposait à l’état d’acide arsenieux.
Depuis, Marsh modifia son appareil et fit dégager l’hydrogène sous une cloche surmontée d’un robinet, dans un appareil analogue au briquet à hydrogène. Mohr et Liébig simplifièrent encore l’appareil, en employant un simple flacon surmonté d’un tube droit et tiré à la lampe ; c’était la lampe philosophique. M. Orfila se servit également du mêmeflacon ; seulement il courba à angle droit le tube effilé, qui devient alors plus commode lorsque l’on présente la porcelaine à la flamme.
M. Chevallier se servit d’une éprouvette à pied r fermée par un bouchon , et présentant deux ouvertures : l’une donne passage au tube effilé et recourbé duquel sort la flamme , et l’autre est un tube droit qui plonge dans le liquide, qui sert de tube de sûreté contre un dégagement trop rapide du gaz, en même temps qu’il sert à introduire les liquides qui doivent être essayés et l’acide qui doit agir sur le zinc. Lorsqu’il agit sur une assez grande quantité de liquide , il employa un flacon à large ouverture, fermé par un bouchon donnant également passage aux deux tubes que nous venons d indiquer.
Nous avons fait usage nous-même d uu appareil qui est analogue à celui de M. Chevallier; seulement nous avons substitué un flacon à deux tubulures au flacon à large ouverture. Cettedisposition est plus commode et permet de déplacer , si on le juge utile, l’un des deux bouchons sans déranger les deux tubes. La capacité du flacon est d’enviroa cinquante centilitres.
On introduit dans le flacon des grenailles ou des lames de zinc, trente à quarante grammesen viron, suivant la quantité de liquide que l’on veut essayer et le lempsque l’on veutquedure l’opération; on verse d«