‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 47 sur 298 · MEC · texte numérisé non relu

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en grand nombre à l’aisselle des feuilles ; cette espèce , que l’on foule à chaque pas sur le bord des chemins et des haies, fleurit une grande partie de l’été.

La grande mauve est vivace ; elle croit principalement dans les lieux incultes ; sa racine est pivotante, ses tiges sont rameuses, mais dressées d’un pied environ de hauteur; les feuilles sont réniformes, arrondies et divisées en cinq à six lobes peu profonds ; les fleurs sont purpurines, plus grandes et plus colorées que dans l’espèce précédente ; elle fleurit en juin et juillet. Ces deux mauves , qui sont indifféremment employées, jouissent chacune des mêmes propriétés. Elles sont principalement émollientes, ainsi que toutes les plantes de la même famille. On prépare des lavements, des fomentations et des cataplasmes émollients avec les feuilles, que l’on soumet à la décoction. Les fleurs sont pectorales et employées en infusion dans les rhumes et les inflammations des organes de la poitrine. Les Grecs et les Romains regardaient les mauves comme alimentaires, et mangeaient leurs feuilles cuites, qui, dit-on , jouissent de propriétés laxatives. En Chine et dans la Basse-Egypte , ces feuilles sont encore employées comme aliment. Il paraît que, dans certaines contrées de l’Italie , les jeunes pousses de ces plantes sont mangées en salade. J. -P. Beaude.

maux d s neufs V. Hystérie, hypocondrie.

maxillaire ( anat . ) , s. m. Maxillaris , de maxilla , mâchoire. Les os maxillaires, qui, divisés en supérieurs et en inférieurs , forment les mâchoires , ont été décrits à ce mot.

On a donné le nom de sinus maxillaire à une cavité développée dans l’intérieur des os maxillaires supérieurs , et qui s’ouvre dans les fosses nasales. La face externe des maxillaires supérieurs forme une éminence arrondie qui a reçu le nom de tubérosité maxillaire. Deux arlères ont reçu le nom d 'artères maxillaires et sont divisées en externe et interne. La première naît de la partie inférieure et antérieure de la carotide externe , et a reçu le nom de faciale , en raison des branches qu’elle envoie à la face et aux lèvres. La seconde nait de la carotide interne et distribue ses nombreuses branches au col et à la tête. Les nerfs maxillaires sont au nombre de deux , divisés en supérieur et inférieur ; ce sont des branches du trifacial. Le premier sort du crâne par le trou grand-rond, et se distribue à la joue. Le second sort du crâne par le trou ovale , et se distribue à la partie inférieure de la face. Les glandes sous-maxillaires font partie des glandes salivaires , et sont placées sur les côtés internes du corps de la mâchoire inférieure. (Y. Salivaires [glandes.) J. B.

méat [anat.], s. m. [meatus , de meare , couler). Ce mot s’emploie comme synonyme de conduit : ainsi on dit méat auditif , méat urinaire , pour le conduit auditif et pour le conduit urinaire, qui est l’urèthre.

mèche ( chir .), s. f.On donne ce nom à la réunion d’une plus ou moins grande quantité de brins de charpie en forme de faisceau , qui est destinée à dilater soit une ouverture naturelle , soit celle d’un abcès ou d’une fistule. On donne également ce nom à

une bande de toile-étroite , effilée sur ses bords , que l’on passe dans un séton , ou que l’on place dans l’ouverture d’un abcès pour servir de conducteur au pus. Ces mèches peuvent aussi se préparer avec le coton , la soie, etc. , suivant le besoin du chirurgien. J. B.

méconskfe ( chim. ) , s. f. Nom donné par certains chimistes à un principe de l’opium cristallisable , blanc , non azoté, et qui se rapproche de la narcotine. (V .Opium.)

méconium ( physiol .), s. m. , mot latin francisé qui vient du grec mëconion, suc de pavot. Par analogie de couleur, on adonné ce nom aux excréments verdâtres que rend l’enfant nouveau-né , lesquels se sont accumulés dans les gros intestins pendant son séjour dans l’utérus. (Y. Fœtus.)

MÉDECINE; MÉDECIN. Les qualités de l’homme, les lumières de la profession, tel est le double objet dont nous allons donner un simple aperçu dans cet article. Nous laisserons à la justice le soin d’assigner au médecin son rang dans la hiérarchie sociale. Au lieu de ces parallèles qui, en irritant les amours-propres, provoquent tant d’égarements de la vanité et de l’orgueil , il conviendrait d’abord de s’accorder sur les qualités morales et intellectuelles qui ennoblissent le plus l’humanité, et de rechercher ensuite quelles sont les professions qui réclament de ceux qui les exercent le plus de vertus et de lumières. C’est la seule mesure équitable pour fixer le mérite relatif des emplois sociaux. Malheureusement, l’homme est si souvent au-dessous de son ministère, qu’il en flétrit le côté moral, le seul digne, et l’on voit ainsi les professions les plus différentes par leur nature, abaissées au même niveau, sous l’influence démoralisante de l'égoïsme et des intérêts matériels.

Mais qu’on se garde bien d’ériger ces faits en principe ! La conscience proteste contre l’infraction aux devoirs, et le médecin qui n’envisage plus son état que comme une industrie productive est plus d’une fois affligé du sentiment de ses imperfections. L’aptitude à la profession médicale émane également du cœur et de l’esprit : il ne suffit pas d’être guérisseur habile, il faut de plus être l’ami de ses malades. Ceux-ci n’accorderont qu’à demi leur confiance, s’ils ne supposent la sympathie jointe au savoir. De même , le médecin qui n’est préoccupé que de ses honoraires sent bien qu’il n’est pas digne de la reconnaissance que ses services devraient lui attirer. Il n’a pas été mù par le sentiment de son utilité, ce n’est pas son semblable dans la souffrance et le danger qu’il est allé secourir ; non , ce n’etait pour lui qu’un travail salarié comme tout autre: le malade lui a payé son temps et sa science, il ne lui doit plus rien. Le médecin n’a appliqué son savoir, n’a fait de vœux pour la guérison, que dans l’espoir d’étendre sa réputation et de grossir son salaire, les intérêts de son client n’avaient de protection que sous 1 égide de ses intérêts personnels. Oh ! que la médecine est déchue de son rang, lorsqu’on la dépouille ainsi du reflet de bienfaisance et de sympathie qui en constitue l’essence inaliénable ! Quoi! la profession qui met sans cesse sous nos yeux les souffrances de l’humanité, qui tend sans cesse à nous associer à la

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douleur ou à la joie des familles, qui nous rend parfois les arbitres de la vie ou de la mort, les dépositaires des secrets et de l’honneur d'autrui , ne serait , suivant une cynique définition , que l’art de gagner de l’argent en voyant des malades ! Ah ! repoussons ce matérialisme flétrissant, et s’il est vrai que les nécessités de la vie et les imperfections de la nature humaine permettent trop rarement à l’homme de rester à la hauteur de sa profession , conservons-Iui du moins son caractère élevé comme un but à atteindre , et comme un frein aux basses passions.

Il est malheureux que la médecine, comme le sacerdoce , ne soit pas embrassée par vocation , et gratuitement exercée. Alors seulement elle conserverait, dans toute sa pureté, la bienfaisance de son origine. Mais comme le médecin a ses besoins matériels, et comme les personnes riches ne veulent pas se livrer à l’art de guérir par dévouement, de temps immémorial les services médicaux ont reçu des honoraires. L’opinion publique n’en a jamais contesté, la justice, et les personnes dont les sentiments sont bien placés ont toujours senti qu’en dédommageant le médecin de l’emploi de son temps, -elles devaient encore de la reconnaissance à l’ami qui leur avait témoigné de l’intérêt et de l’affection, pendant qu’il soulageait leurs maux et qu’il protégeait leur existence.

La médecine, avons-nous dit, est une profession de sentiment autant que de raison, et ce seul trait suffit pour la distinguer de tout ce qui est industrie ou commerce. Que si l’habitude de payer les services de tout genre fait contester cette assertion, on songe au rôle du médecin auprès des malades et de leurs familles. Représentez-vous cet être souffrant , qui , naguère en proie à la douleur et à la crainte, se sent déjà soulagé par la seule présence du médecin dont il suit attentivement les moindres gestes et le regard , dont il recueille attentivement les paroles. Voyez bientôt une famille dans l’anxiété qui interroge le médecin , qui frissonne ou se réjouit suivant que son langage est sinistre ou encourageant, etc. Et dites ensuite si l’homme habituellement placé dans ces touchantes situations peut n’être préoccupé que du salaire de son travail, comme on l’est exclusivement dans les négoces de toute espèce.

Notre intention n’est nullement ici de ravaler les autres emplois sociaux pour élever la médecine; nous nous bornons à signaler les différences : leur utilité est d’un autre genre , mais il en est peu qui demandent une association plus active d’esprit et de cœur, de lumières et de vertus que l’art de guérir. On ne saurait se déguiser que les qualités intellectuelles et morales qui honorent toujours l’homme individuellement, ne sont pas également inhérentes aux professions elles-mêmes. Elles existent souvent en dehors de la profession , parfois même malgré la profession. Examinons rapidement les qualités principales que doit posséder le médecin pour être digne de la considération qui est sa plus belle récompense.

Il faut certainement qu’il soit philanthrope et désintéressé, celui qui sait ne pouvoir refuser ses soins gratuits à l’indigence, sans encourir les reproches de sa conscience et le blâme de l’opinion publique. Mes meilleurs clients sont les pauvres ,

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