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intérieure vient d’avoir lieu. En percutant, on trouve un son mat dans la partie où les douleurs se font sentir, et enfin la nature des selles qui contiennent du sang liquide ou des caillots, suivant que le malade va immédiatement à la garde-robe ou au bout de quelque temps, achève de lever tous les doutes.

2° Le mélœna symptomatique dépend de différentes causes. Tantôt c’est une maladie de l'intestin, une ulcération comme il s’en produit dans la fièvre typhoïde, dans la phthisie, dans la dyssentrie; un cancer, la présence d’un tænia, etc.; tantôt c’est une maladie d’un organe voisin, un engorgement de l’un des viscères de l’abdomen qui gêne le cours du sang dans la veine-porte, la rupture d’un anévrisme dans la cavité du tube intestinal, etc. Enfin ia cause peut être un état général grave de l’économie, certains empoisonnements miasmatiques, la fièvre jaune, mais surtout le scorbut.

Ici les symptômes sont ceux de l’affection principale, auxquels se joint le flux de sang plus ou moins abondant, contenant tantôt du sang pur ou presque pur quand il provient d’une partie peu éloignée de l’anus et que l’excrétion a eu lieu immédiatement, tantôt des caillots, si l’hémorrhagie s’est faite plus haut et que l’expulsion en ait été retardée par une cause quelconque; enfin le liquide peut être en bouillie noirâtre, fétide, mêlée à des matières excrémentielles, à des débris d’aliments, etc.

Quant au pronostic, il découle naturellement de la gravité ou du peu d’intensité de la cause, de l’état général du sujet, de l’abondance ou de la petite quantité de sang rejeté, etc. Du reste, dans le mélæna symptomatique, l’écoulement du sang ne peut qu’ajouter à la gravité du pronostic à porter sur la. maladie principale.

Traitement. Le mélæna idiopathique ou essentiel exige l’emploi des réfrigérants, applications fraîches ou froides sur le ventre, des lavements frais vinaigrés, des boissons astringentes, etc. On doit s’efforcer en même temps de rappeler l’hémorrhagie supprimée quand cette cause existe. Dans le mélæna symptomatique, il faut dans le traitement de l’hémorrhagie avoir en vue l’affection prédominante, qui peut faire varier les indications à l’infini.

La convalescence exige ici de grandes précautions relativement, à la nourriture, qui doit être analeptique, rafraîchissante et prise à une basse température. J.-P. Beaude.

aiÉXiArac©i,iE ( méd .). (V. Mentales , maladies.)

méiakose (anat. paih .), s. f. (de mêlas, noir, et nosos maladie). On appelle ainsi en anatomie pathologique des productions accidentelles, solides ou liquides, renfermées dans nos tissus, et dont le caractère spécial est d’offrir une coloration noire. On les rencontre sous quatre formes différentes.

1° En masses plus ou moins volumineuses, mamelonnées, assez dures, offrant à la section l’aspect, de la truffe sans apparence d’organisation, entourées ou non d’une membrane ou kyste; 2° infiltrées dans le sein de nos organes et déposées dans les aréoles du parenchyme; 3° étalées en couches molles, pulpeuses ou solides, d’épaisseur variable à la surface des membranes; 4° et enfin à Y état liquide, renfermées le plus souvent au milieu d’une autre tumeur ou dans un kyste.

D’après des recherches chimiques modernes, on serait assez porté à croire que la mélanose n’est point un produit à part, mais le résultat d’une hémorrhagie ancienne, dans laquelle la matière colorante du sang n’a pas été résorbée et constitue la production dont nous venons de parler.

Du reste, la mélanose peut exister dans tous les organes, soit seule, soit mêlée à une autre formation accidentelle; elle est assez commune dans les tumeurs cancéreuses. Elle ne donne lieu à aucun symptôme particulier et n’indique aucun traitement spécial.

bïéx.as [méd.), s. m., ictère noir. C’ést une maladie de la peau caractérisée par des taches noires ou bronzées. (Y. Vitiligo .)

MÉXAS3E (mat, méd.), s. f. C’est un sirop brunâtre qui est la partie incristallisable du sucre. (Y. Sucre.)

BiïÊkÈzs (bot. )', s. m. Larix. C’est un arbre qui donne son nom à un genre de la famille des conifères, monœcie polyandrie. Le mélèze commun, pinus larix , est le plus grand des arbres de l’Europe. Il croît dans les Alpes et les Apennins; c’est lui qui fournit la térébenthine de Venise. Il laisse découler de ses feuilles un suc qui se concrète en grains blanchâtres et sucrés que l’on récolte surtout aux environs de Briançon, et qu’on nomme manne de Briançon. (V. Térébenthine , Manne.) J. B.

MÉX.ICÉ&IS (, chir .), s. m. (V. Loupes.)

MÉE.ZBQT (bot. et mat. méd.), s. m. Melilotus ojficinalis. C’est une plante de la famille des légumineuses, que Linnée avait rangée parmi les trèfles, . et qui en diffère par ses gousses renflées et striées qui contiennent chacune deux grains. Cette plante qui croît chez nous dans les prés, aux bords des fossés, dans les haies et les lieux herbeux, est vivace; sa tige est grêle, rameuse, dressée, haute d’un pied environ; elle porte des feuilles à trois folioles, ovales, obtuses et dentieulées; ses fleurs sont petites, jaunes, odorantes, nombreuses, disposées en épis à l’extrémité des ramifications de la tige.

. Cette plante, qui est aromatique, devient plus odorante lorsqu’elle est sèche ; son parfum se conserve très-longtemps; elle communique aux fourrages auxquels elle est mêlée un goût savoureux qui la fait rechercher des bestiaux : aussi, dans beaucoup de localités, cultive- t-on spécialement le mélilot comme plante fourragère. L’odeur qui lui est propre est due à de l’acide benzoïque dont Vogel a constaté l’existence; cette odeur se rapproche de celle de la fève tonka.

Le mélilot, qui a été quelquefois administré en infusion à l’intérieur, s’emploie plutôt à l’extérieur comme lotion résolutive dans les inflammations, et surtout les ophthalmies légères et franchement inflammatoires; on en fait aussi une décoction qui s’emploie également en lotions, en fomentations et en lavements. Cette plante aromatique est résolutive et légèrement excitante. Dans certains pays, on la mêle aux fourrures pour en éloigner les insectes.

Mélilot bleu, Melilotus cœrulea. Trèfle musqué, faux baume du Pérou, lotier odorant. Cette plante, naturelle à la Bohême et à la Hongrie, est cultivée en Suisse; on la met dans certains fromages pour les aromatiser; elle ne diffère de la précédente espèce qu’en ce que ses fleurs sont d’un bleu

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tendre, et qu’elle possède un arôme plus fort et plus expansif. En Allemagne elle remplace le mélilot ordinaire, quoiqu’elle soit beaucoup plus excitante. En Sibérie on la prend en place de thé. Elle s’emploie à peu près aux mêmes usages médicinaux que le mélilot officinal; cependant elle doit être administrée à doses moins fortes. Elle est préférable à ce dernier pour éloigner les insectes. J. -P. Beaude.

HÊUSSE (bot. et mat. méd.)j s. f. Métissa offtcinalis. Cette plante a donné son nom à un genre de la famille des labiées, didynamie gymnospermie. Son nom lui vient du grec métissa, abeille, parce que ces insectes recherchent les fleurs de la mélisse officinale pour en préparer leur miel. Cette plante, qui croit spontanément dans le midi de la France, aime les lieux secs et incultes; sa tige est carrée, rameuse, porte des feuilles opposées, dentées et en forme de cœur; les fleurs sont blanches et placées à l’aisselle des feuilles supérieures; le calice est tubuleux, bilabié, la corolle a deux lèvres, la supérieure convexe et échancrée, l’inférieure a trois lobes, dont celui du milieu est en cœur. La mélisse, qui est cultivée dans les jardins, a une odeur de citron assez prononcée, ce qui lui fait donner le nom d & citronnelle dans certaines localités; vers la fin de la saison cette odeur change , aussi doit-on recueillir cette plante avant la floraison. Son parfum augmente d’intensité après la dessiccation.

La mélisse est une plante aromatique qui jouit de propriétés excitantes; elle s’emploie en infusion théiforme dans les affections spasmodiques, dans les catarrhes chroniques, dans les suppressions de menstruation. Quelques personnes en prennent en guise de thé après le repas, d’autres en boivent une petite tasse le matin. C’est surtout dans les affections pituiteuses, les langueurs et les débilités d’estomac, que son usage est efficace. Dans les gastralgies longtemps traitées par les antiphlogistiques, l’infusion de mélisse est un excellent moyen pour favoriser la digestion après le repas. Nous l’avons employée dans certains cas avec un grand succès, en l’associant à de faibles parties de menthe et de camomille; on prépare, avec une pincée de ces plantes grossièrement pulvérisées, une petite infusion théiforme dont on prend une tasse à thé deux heures après le repas. La digestion est moins pénible et se trouve singulièrement favorisée par ce moyen.

Il existe plusieurs autres espèces de mélisse qui sont inusitées. Plusieurs plantes ont aussi reçu le nom de mélisse sans appartenir à ce genre, tels sont : le Melittis melissopliyllum , le Molucella levis , et le Dracocephalum moldavicum et canariense. On prépare une eau spiritueuse qui a reçu le nom d ’Eau de mélisse. (V. ce mot.) J. -P. Beaude.

02ÉX2TAGRE (; méd .), s. f. Terme formé de deux mots grecs, meli , miel, agra , prise, capture , et par extension maladie. Alibert la définit une dartre caractérisée par une éruption de petites pustules, tantôt éparses et disséminées, tantôt réunies et rassemblées en corymbe, fournissant une matière séro-purulente qui se coagule par l’influence de l’air, et forme des croûtes jaunes, absolument semblables, par leur aspect, à du miel concret ou aux sucs gommeux qui découlent de certains ar-

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bres. C’est à ce caractère que la maladie doit son nom. Autrefois l’auteur que nous venons de citer lui avait donné le nom pittoresque de dartre crus tacée Jlavescente; elle est désignée par Willan, Bateraan et les partisans français de cette école, sous le nom d 'impétigo.

Les causes de cette espèce de dartre ne sont pas plus connues que celles des autres affections cutanées; toutelois, on remarque que les personnes dont la peau est fine et très-délicate, dont la constitution est lymphatique ou scrofuleuse, y sont fort exposées; aussi les femmes en sont-elles affectées plus fréquemment que les hommes, et les enfants ou les jeunes sujets plus fréquemment que les adultes et surtout les vieillards. C’est surtout au printemps et en automne que la mélitagre se montre à l’observateur, soit qu’elle attaque le sujet pour la première fois, soit qu’elle constitue une recrudescence. Des agents irritants, l’action du soleil, etc., peuvent favoriser son développement; mais il faut toujours admettre en arrière de cette cause ostensible, une cause latente et toute individuelle, que les anciens avaient désignée sous le nom de vice dartreux.

Alibert distingue deux espèces de mélitagre : 1° l’aiguë ou flavescente; 2° la chronique ou nigri- ■ cante.

Mélitagre aiguë ou jlavescente. Elle débute quelquefois par un peu de malaise et de céphalalgie, mais le plus souvent l’éruption a lieu sans que l’économie soit le moins du monde troublée dans le jeu et l’harmonie de ses fonctions. Ou voit apparaître ordinairement au visage, au cou , au-devant de la poitrine ou plus rarement sur les membres, une ou - plusieurs, petites plaques rouges sur lesquelles se développent des pustules peu volumineuses, aplaties, réunies en grappes plus ou moins étendues, et renfermant un liquide visqueux et jaunâtre. Ces pustules sont ordinairement le siège d’une chaleur prurigineuse, ou d’une démangeaison qui sollicite le malade à se gratter. Au bout de trente-six ou quarante-huit heures, ou plus tôt si le malade y porte les ongles, les pustules se rompept et laissent écouler le liquide visqueux qu’elles contenaient; celui-ci se coagule et forme des croûtes ordinairement épaisses de plusieurs lignes, mamelonnées, brillantes à leur surface, demi-transparentes et d’un beau jaune Ces croûtes ressemblent beaucoup à de petites masses de succin , ou bien encore à la gomme qui suinte à travers l’écorce fendillée de certains arbres. Leur analogie avec le miel concrété a servi, comme nous l’avons dit plus haut, à dénommer cette maladie. Au bout d’un temps variable, une ou deux semaines au moins, ces croûtes se détachent et laissent à découvert des surfaces enflammées, d’un rouge luisant, enduites d’un liquide visqueux, qui vient sourdre peu à peu de petites excoriations ou fissures épidermatiques ; de nouvelles concrétions croûteuses sont le résultat de cette transsudation, et la maladie peut durer ainsi des mois, des années entières.

La mélitagre ne se présente pas toujours d’une manière aussi tranchée; quelquefois les croûtes n’ont pas cette coloration, cette demi - transparence dont nous avons parlé; elles peuvent offrir un aspect verdâtre, ou bien ce sont des gouttes d’un jaune rougeâtre, concrétées à la surface de la peau, et qui ne sont autre chose que la cristallisation d’un

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liquide suintant à travers les crevasses de l’épiderme.

Les différences que peut offrir l’éruption dans sa répartition sur le tégument ont servi aux Anglais à établir différentes variétés. Ainsi les plaques mélitagreuses présentent-elles une forme plus ou moins régulièrement arrondie, c’est l’ impétigo figurata ; les pustules sont-elles éparses et disséminées sur une portion plus ou moins étendue du tégument, c’est Y impétigo sparsa ; des concrétions brunâtres et épaisses donnent lieu à Yimpetigo scabida (V. plus bas Mélitagre chronique); des phénomènes inflammatoires intenses, avec réaction fébrile, rougeur vive à la peau, constituent Yimpetigo enjsipelatodes ; enfin, sous le nom d’ impétigo rodens , Biett a cru pouvoir fonder une variété, fort rare d’ailleurs, dans laquelle la maladie tend à détruire les tissus qu’elle affecte. La mélitagre peut se montrer à la tête ; alors elle constitue une espèce de teigne , que nous décrirons à l’article consacré à ce mot.

La durée de la mélitagre est, comme nous l’avons dit, de plusieurs mois, ou même de plus d’une année. Soumise à un traitement actif et bien dirigé, la guérison se fait quelquefois attendre plusieurs semaines, quelquefois deux ou trois mois; cependant il est rare qu’on ne finisse pas par en triompher.

Des croûtes verdâtres, épaisses, rugueuses, sans transparence, recouvrant des ulcérations plus ou moins profondes , caractérisent suffisamment l’esthiomène et empêcheront de le confondre avec la maladie qui nous occupe.

La mentagre présente des concrétions jaunâtres qui, par leur aspect, se rapprochent beaucoup de celles de la mélitagre; mais elles n’ont pas non plus cette demi - transparence et ce brillant dont nous avons parlé; de plus, elles reposent sur un tissu cutané, induré, rouge et tuméfié. Enfin on voit souvent autour des plaques de mentagre des pustules assez volumineuses à base large et dure; tandis que dans la mélitagre les pustules, quand elles existent, sont beaucoup plus petites et plus aplaties.

Les caractères spéciaux de la syphilide crustacée sont trop connus et trop manifestes pour qu’il puisse y avoir erreur. (Y. Syphilide.)

Quant à Y herpès squameux (Y. Hebpès), il se distingue de la mélitagre par l’étendue beaucoup plus considérable de ses plaques, son siège plus fréquent aux membres et au tronc qu’à la face, l’existence de vésicules au début, mais surtout par les squames minces et jaunâtres, qui ne sauraient être confondues avec les croûtes mamelonnées de la seconde. Du reste, ces deux affections se compliquent souvent, c’est ce qui a engagé notre collaborateur, M. A. Gras, à fonder la variété herpès mélitagreux, qui correspond exactement à Y eczema impetiginodes des Anglais.

2° Mélitagre chronique ou nigricante. Cette espèce est fort rare; elle s’observe surtout chez les vieillards, chez les sujets plongés dans la misère et la malpropreté : elle est caractérisée spécialement par l’épaisseur, la couleur noirâtre et la dureté des croûtes, le prurit intense qui accompagne la phlogose cutanée, et enfin par son extrême opiniâtreté : c’est Yimpetigo scabida de Willan.

Traitement. La première indication qui se pré-

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