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eaux du Nil, pendant le débordement , et abandonnés ensuite à la surface du sol , sous l'action du soleil ardent de l’été , produisent des émanations qui sont, dit-il, la cause de cette maladie, ignorée par les anciens Égyptiens , lesquels embaumaient les corps de tous les animaux pour les déposer dans les nécropoles. (V. Inhumation zi Peste.)

L’encombrement des prisons , des hôpitaux , des casernes, des vaisseaux , détermine une affection miasmatique et contagieuse qui , dans nos dernières guerres, a exercé de grands ravages; c’est le typhus : on se rappelle encore la garnison de Mayence détruite presque entièrement par cette maladie, qui ne cessa de suivre nos armées depuis la campagne de 1813 , et qui, en 1814 , lit tant de victimes dans les hôpitaux de Paris.

Les miasmes dégagés par les animaux vivants agglomérés dans des espaces étroits, et dont l’air se renouvelle très-difficilement , présentent un caractère de malignité plus prononcé que ceux qui se dégagent des diverses autres substances ; lorsqu’à ces causes se joint encore l’insalubrité produite par des substances animales en putréfaction, les maladies qui se développent sous ces influences sont d’une gravité bien plus prononcée que lorsque l’une des deux causes agit seulement, l ous les animaux domestiques accumulés dans des espaces trop étroits, et forcés d’y vivre pendant un certain temps, peuvent y développer le typhus, mais un typhus, qui leur est propre, et qui parait ne pas se communiquer à d’autres espèces.

On peut aussi considérer comme le résultat d’un dégagement miasmatique, la contagion que présentent certaines maladies qui se com muniquent par tout autre moyen que le contact immédiat ; l’air , dans ce cas , parait être le véhicule qui reçoit le principe de la contagion. Ou sait qu’il suffit quelquefois d’entrer dans la chambre d une personne affectée de la variole ou de la rougeole pour contracter ces affections. En 1830, on signala au conseil de salubrité le fait d’enfants qui , suivant pendant une forte chaleur le convoi d’un autre enfant mort d’une variole confluente, furent en grand nombre affectés de la même maladie.

Après avoir parlé de l’effet des miasmes et de leur influence si pernicieuse , il resterait à dire quelle est la nature intime de ces corps ; ici s’arrêtent les moyens d’iuvestigation : jusqu’à ce jour, l’analyse chimique n’a pu en démontrer i existence au moyen des réactifs, et un air fortement vicié par des miasmes a paru chimiquement au-si pur que celui qui avait été pris dans les localités les plus salubres. Ce fait ne saurait faire révoquer en doute l’existence des miasmes ; ils manifestent leur présence par une action trop funeste pour que l’on puisse hésiter à les admettre ; et quoique la chimie n’ait pas pu ies'coërcer, on est parvenu cependant à agir chimiquement sur eux. Ainsi que la plupart des odeurs qui échappent à nos moyens d’investigations chimiques , les miasmes peuvent être considérés comme une partie volatilisée des corps mêmes qui les produisent . Lesmiasmes, comme on le voit, peuvent donc appartenir aux deux grandes divisions de tous les corps de la nature , aux corps inorganiques ou règne minéral, aux corps organiques ou règnes végétai et animal. Comme nous l’avons déjà dit , les derniers présentent le plus de

dangers, et heureusement c’est sur ceux-là que l’on a le plus d’action ; car certaines substances, et principalement le chlore, décomposent dans l’air ces émanations en s’emparant de l’hydrogène qu’ils contiennent, et les rendent complètement inoifensives . l’emploi des chlorures et leur application à la désinfection a donc été, sous le rapport de l’hygiène, un des plus grands services rendus à la salubrité. Non -seulement ces préparations modifient dans l’air les émanations des corps infectés, mais elles détruisent encore la cause de l’infection, étant mélangées avec ces corps eux-mêmes. Divers produits jouissent aussi des propriétés désinfectantes, nous citerons spécialement l’acide phénique et ses composés dont il a été fait une si heureuse application dans ces derniers temps.

Ces moyens, bien qu’efficaces dans un grand nombre de cas, ne sont cependant pas toujours suffisant?, car ils ne peuvent agir que dans une localité circonscrite, telle qu’une chambre, une salle de malades, une prison ; d’ailleurs il est toujours convenable d’y joindre l’aérement, les moyens de propreté. Pour les agglomérations d’individus dans les hôpitaux , dans les prisons, il faut donner plus d’espace, et ne pas craindre de mettre temporairement des malades dans des locaux peu convenables , plutôt que de les entasser dans une salle bien disposée pour un certain nombre de lits, mais qui devient un séjour funeste si on augmente le nombre des malades. Si la saison n’était pas trop rigoureuse, il vaudrait mieux faire coucher ceux-ci sous la tente plutôt que de les entasser dans des locaux trop étroits. Ce que nous disons des malades doit être à plus forte raison appliqué aux soldats , aux marins , etc.

Nous aurions encore beaucoup à dire si nous voulions seulement passer ici en revue les principales circonstances dans lesquelles les miasmes peuvent avoir une influence funeste sur la santé , mais nous renvoyons pour d’autres détails aux mots Méphitisme, Infection , Typhus, Peste , Contagion , etc.

J. -P. Beaude.

EfiïCK.oscoB'E (phys.), s. m. (du grec micros, petit, et de scopéïn, considérer). On donne ce nom à un instrument destiué à amplifier d’une manière considérable les objets les plus petits.

Les microscopes sont simples et composés ; les microscopes simples sont ceux qui sont formés par une seule lentille, comme une simple loupe; ces lentilles sont montées sur un petit appareil qui permet déplacer l’objet que l’on veut observer au foyer de la petite lentille et de l’y maintenir d’une manière fixe ; un miroir est destiné à éclairer l’objet au moyen de la lumière réfléchie. Le microscope simple peut avoir un pouvoir amplifiant très-considérable, il peut aller jusqu’à donner à l’objet un diamètre apparent quatre et cinq cents fois plus considérable que le diamètre réel. C’est avec ccs microscopes que Spallanzani , Ch. Bonnet et Réaumur ont fait leurs belles observations ; ils étaient alors préférables aux microscopes composés, qui, en donnant plus de champ , présentaient moins de nettete et faisaient éprouver une grande perte de lumière.

Depuis que, par l’achromatisme, on est parvenu à corriger l’aberration de sphéricité que présentaient les microscopes composés , ces derniers ont repris un avantage réel sur les microscopes simples : ils

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