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ont uu pouvoir amplifiant plus considérable , un champ plus vaste, et permettent d’apporter autant de précision dans les observations. Ils sont en même temps d’un usage plus commode, surtout depuis qu’Amici y a appliqué un prisme qui fait que le tube à l’extrémité duquel est fixé l’oculaire est à angle droit avec l’objectif, ce qui permet de faire des observations assis et à tète droite. L’on doit à M. Charles Chevalier, qui, avec son père M. Vincent Chevalier, ont construit ies premiers microscopes achromatiques, de petits microscopes qui réunissent tous les avantages des microscopes simples , des microscopes composés et des microscopes d’Amici ; ils sont d’un usage commode et d’un prix peu élevé.
Nous n’entrerons pas ici dans la description du microscope et de ses usages; ce que nous en dirions serait sans utilité pour les personnes étrangères à l’emploi de eet instrument , et ceux qui déjà sont familiers avec les expériences microscopiques devront recourir à des traités spéciaux.
Les sciences naturelles, et surtout la médecine, ont appliqué , depuis quelques années , d’une manière plus spéciale à leurs études , l’usage du microscope. La découverte de faits importants, la confirmation de vérités déjà avancées par d’anciens observateurs , et niées depuis , ont été, dans ce peu de temps , le résultat de l’application de cette méthode d’investigation , appelée à rendre encore, et pendant longtemps, de grands services aux sciences. Nous devons surtout à M. le docteur Donné, qui a bien voulu secharger de l’article Nourrice dans ce Dictionhaire, des recherches sur le lait qui ont reçu d’heureuses applications dans la pratique. J. -P. Beaude.
MIES. ET meimtes [mat. mèd. et pharm.). Le miel est, comme chacun le sait, le produit d’un insecte hyménoptère, l’abeille [apis melUfica de Linné). Il est formé en grande partie de deux espèces de sucre: l’un cristallisable en groupes mamelonnés, c’est le sucre dit de Raisins; l’autre ne cristallise pas. Le miel contient encore des acides végétaux et des matières colorantes et sapides, dont la nature précise n’a pas été bien déterminée , et qui lui communiquent une propriété laxative , quelquefois assez prononcée. Il contient aussi , quand il a été recueilli avec peu de soin , de la cire, et d’autres débris des gâteaux et cellules dans lesquels il avait été déposé par les abeilles.
Le miel nouveau est toujours plus ou moins liquide; mais, au bout de peu de temps, les miels de première qualité laissent cristalliser le sucre qu’ils contiennent; ils s’offrent alors, dans les pots et barils où on les dépose , en masses assez solides d’un blane jaunâtre, presqu’entièrement formées de eristaux grenus, d’une saveur sucrée , franche , légèrement aromatique et très-agréable. Ils sont entièrement solubles dans l’eau , dont ils troublent à peine la transparence.
C’est dans cet état que le miel doit être choisi pour les usages de la médecine et de la pharmacie, et surtout pour édulcprer les tisanes, dans lesquelles il peut alors être dissous sans aucune préparation préalable. Il faut éviter de faire bouillir les beaux miels , iis perdent ainsi leur arôme parfumé.
Les miels bruns , et surtout ceux de Bretagne , s’emploient aussi, mais seulement en addition, dans
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des lavements , à cause de leur propriété purgative.
Des mellites. — Lorsqu’on veut améliorer des miels de qualité inférieure , mettre de beaux miels dans de meilleures conditions de conservation , ou leur communiquer quelque propriété médicamenteuse, il y a quelquefois nécessité de les convertir en sirops ; ce sont ces sirops auxquels on donne le nom de mellites.
La clarification des beaux miels n’offre aucune difficulté, il suffit de les mettre dans une bassine avec le quart de leur poids d’eau, et de faire jeter quelques bouillons pour les amener à 31° de l’aréomètre de Beaumé , à la température de l’ébullition. Les écumes se séparent d’eiles-mêmes ; on les enlève , on passe , et on obtient un sirop parfaitement clair.
Lorsqu’on a des miels de moins bonne qualité , ou qu’on veut obtenir un sirop parfaitement blanc, on ajoute, pour 6 kilogrammes de miel , 375 grammes de charbon animal bien lavé, et quatre blancs d’oeufs battus dans l’eau ; on passe à la chausse lorsque le sirop est cuit au degré voulu.
On ajoute aussi quelquefois de la craie pour désacidifier les miels qui contiennent un excès d’acide. Ces diverses précautions sont applicables à la préparation des mellites composés, dont nous allons indiquer les principales formules.
Miel de mercuriale . — On mêle parties égales de miel et de suc de mercuriale non dépuré ; on chauffe à l’ébullition, et on fait cuire à 31°. L’albumine du suc de mercuriale facilite beaucoup la clarification du miel ; les écumes se séparent nettement et s’enlèvent avec facilité. Ce miel s’emploie dans les lavements purgatifs, à la dose de 15 à 60 grammes.
Miel rosat. — On prend mieLblanc, six parties , roses de Provins séchées, une partie ; on fait infuser les roses dans six fois leur poids d’eau bouillante, jusqu’à refroidissement, et on passe alors avec forte expression. Le produit de l’infusion est réuni au miel , que l’on cuit ensuite au degré précédemment indiqué.
Ce miel, d’une belle teinte rouge brun, et d’une saveur agréable et aromatique , est un astringent doux , qui s’emploie fréquemment dans les maladies de la bouche , soit pur , en l’appliquant avec un pinceau sur la partie malade , soit en gargarismes, étendu d’eau, d’une infusion de feuilles de ronces , ou de tout autre liquide approprié.
On avive singulièrement sa couleur rouge, et on lui communique des propriétés plus actives, lorsqu’on y ajoute , sur la prescription du médecin , quelques gouttes d’acide hydrochlorique ou sulfurique.
Miel scillitique. — Prenez squammes de sciile sèches , une partie , miel, douze parties; faites infuser la sciile perdant vingt-quatre heures dans suffisante quantité d’eau bouillante, après l’avoir pilée dans un mortier de marbre. Passez l’infusion , et faites- la évaporer, avec le miel, jusqu’à 31 degrés bouillant.
S’emploie en petites doses , comme incisif et expectorant, dans des tisanes ou potions.
Vée ,
Pharmacien, membre de la société de Pharmacie.
migraine:. (V. Céphalalgie, f .
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KSÏ.IAEK.K ( path . int.) , s. f. L’affection dont nous allons parler est ainsi nommée à cause de Ja ressemblance des vésicules qui la constituent avec des grains de millet. C’est qu’en effet la miliaire est caractérisée par une éruption de vésicules très-petites, répandues en nombre variable à la surface de la peau , et se manifestant presque toujours comme symptôme d’une affection générale plus ou moins grave. Sous le terme commun de miliaire, on a confondu différentes sortes d’éruptions , notamment les sudaminas (V. ce mot), qui accompagnent les fièvres typhoïdes, puerpérales, etc.
Nous allons d’abord faire connaître la miliaire proprement dite, puis nous passerons à l’histoire de sa plus importante variété, la suette ou lièvre miliaire épidémique.
L 'éruption miliaire se montre spécialement chez les jeunes sujets, plutôt chez les femmes (après les couches) que chez les hommes , et, en général, chez les individus dont la peau est fine, douce et souple. L affection qui nous occupe ne paraît pas contagieuse, quoi qu’on en ait dit, hors le cas de suette épidémique; elle ne présente, d’ailleurs, aucun des traits qui caractérisent les fièvres exanthémateuses (variole, rougeole, scarlatine) , caractères que l’on peut résumer ainsi : marche régulière à périodes fixes, phénomènes spéciaux et constants , contagion, et enfin celte particularité de ne se montrer généralement qu’une seule fois dans la vie.
L’apparition des vésicules miliaires n’est pas accompagnée de symptômes spéciaux ; il y a seulement quelquefois une exacerbation de la maladie principale, augmentation de l’état fébrile , sueurs plus «abondantes, etc. La peau sur laquelle se forment les vésicules offre une coloration rouge qui constitue des phaques d’autant plus étendues, d’autant plus rapprochées, que l’éruption est plus abondante. L’épiderme, soulevé par delà sérosité laiteuse, présente comme une multitude de petites perles qui tranchent, par leur couleur blanche, sur la nuance rouge de la peau. Ces vésicules ne Lardent pas à se dessécher, et une desquammation farineuse s’empare des parties qu’elies occupaient. On observe quelquefois plusieurs éruptions successives, et la maladie peut durer ainsi pendant huit , dix , douze ou même quinze jours.
La miliaire n’offre p«ar elle-même aucune gravité, et ne réclame aucune modification importante dans le traitement de la m.aladie principale.
La suette proprement dite est une affection épidémique caractérisée par des sueurs abondantes, une fièvre plus ou moins intense et une éruption de petites vésicules miliaires.
Cette maladie se montre souvent d’une manière épidémique dans les contrées basses et humides ; c’est spécialement au printemps et à l’automne qu’on la rencontre, suiyaut la remarque de Rayer, auquel nous devons une excellente monographie sur cette affection ; l’élévation de la température, une surcharge électrique de l’atmosphère, ont quelquefois précédé l’apparition de la maladie dans plusieurs localités. En général, la suette attaque surtout la partie indigente de la population, et, dans le théâtre de l’épidémie, le plus grand nombre des sujets qui en sont atteints occupent des demeures sombres et malsaines. Une autre remarque due à Rayer, c'est que la suette ne se montre qu’en-
tre le 43e et le 59® degré de latitude boréale.
La première épidémie dont on ait connaissance est celle qui ravagea l’Angleterre en i486; puis, elle se montra en Allemagne, en Danemark, eu Flandre , en Hollande, en Norwège et en France. Depuis quelques années plusieurs épidémies ont eu lieu , notamment dans le département de Seine-et- Oise (1821) , à Coulommiers (1839), et dans les départements de la Charente et de la Dordogne (1841).
Les observateurs décrivent deux formes bien distinctes, fondées sur la gravité de la maladie.
1° Suette bénigne. Sa marche peut être partagée en trois périodes :
La période d’invasion est caractérisée par des malaises, de la céphalalgie, qui durent pendant un temps variable , mais d’ordinaire borné à trois ou quatre jours. Dans certains cas l’éruption est seulement précédée par un sentiment de chaleur générale, avec resserrement à l’estomac; d’autres fois, enfin, les sueurs se montrent d’emblée : toujours, pendant cette période, on observe de la constipation et un enduit muqueux sur la langue.
h' éruption se manifeste par de légers picottements à la peau; puis, une multitude de petites vésicules miliaires, limpides, transparentes, se montrent successivement au cou , à la poitrine, au dos, au ventre et «à la face interne des membres. Tantôt toute l’éruption se fait à la fois; tantôt, au contraire , d’une manière successive. En même temps, le malade est couvert d’une sueur abondante et d’une fétidité toute particulière; le pouls est fréquent, la constipation persiste, les urines sont épaisses, sédimenteuses. Quand les vésicules se forment d’une manière successive, chaque éruption est signalée par une exacerbation dans les symptômes. Souvent on observe de la sensibilité à l’épigastre , de l’insomnie, de l'agitation , etc.
Au bout de dix à douze jours, la troisième période commence ; c’est la période de desquammation. Alors, les vésicules se flétrissent, se sèchent, l’épiderme se fronce , se fendille et se détache, soit par larges écailles, soit sous forme d’une farine blanchâtre et lamellée; les sueurs s’arrêtent complètement ou ne se montrent qu’à de rares intervalles. Dès-lors, les autres symptômes disparaissent, le pouls retombe à son type normal, la respiration, qui était un peu gênée, redevient libre, les selles se rétablissent, l’urine reprend sa limpidité, la langue se dépouille de son enduit jaunâtre, enfin les forces reviennent en peu de jours.
2° La forme maligne est caractérisée par un ensemble d’accidents qui diffèrent dans les différentes épidémies, et donnent à la maladie un caractère de gravité que la suette bénigne ne présentepas.
Les complications dont nous parlons consistent quelquefois dans des phlegmasies de différents viscères ; quelquefois c’est une inflammation gastrointestinale; ailleurs , et le plus souvent , une pneumonie, dans certains cas, une cystite, etc. Mais les phénomènes qui constituent la plus fréquente complication sont de nature nerveuse. Le malade éprouve une sensation très-pénible de resserrement et de douleur à l’épigastre ; il est en proie à une anxiété très-vive, à une suffocation même, et il n’est pas rare alors de le voir succomber avec des symptômes d’asphyxie ; le délire , le coma ou les convulsions terminent quelquefois la scène. Dans
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