‹ Dictionnaire de médecine usuelleChapitre 56 sur 298 · TI · texte numérisé non relu

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certaines épidémies, des crampes assez douloureuses ont été observées, etc., etc.

Quand la maladie doit avoir une issue fatale, on a vu la mort arriver dans l’espace de vingt, trente ou quarante-huit heures, mais le plus ordinairement cette funeste terminaison survient du troisième au cinquième ou sixième jour. Quant à la proportion de la mortalité, elle diffère très-notablement suivant les épidémies ; elle paraît avoir été fort grave dans celles du xve et du xvie siècle : dans celle de 1821, dans le département de l’Oise, la mortalité fut de I sur 13 pour les hommes, et de 1 sur 28 pour les femmes (Rayer); dans celle de 1839, à Coulommiers, la proportion l'ut plus fâcheuse : 1 sur 6.

Le diagnostic est des plus faciles : la forme épidémique, les sueurs, le mode de l’éruption, empêchent, de confondre la suette miliaire avec aucune autre fièvre éruptive.

Traitement. Le traitement dè la suette ne diffère pas sensiblement de celui qui convient à la rougeole, à la scarlatine et aux autres fièvres éruptives ; aussi renvoyons-pous surtout à ces différentes affections pour la connaissance des moyens thérapeutiques applicables à la suette. Mais il est certaines indications spéciales présentées par cette dernière affection, et auxquelles nous devons nous arrêter.

Les sueurs doivent-elles être favorisées ou tempérées ? Tous les pathologistes sensés s’accordent aujourd’hui pour reconnaître que s’il est dangereux d’empêcher les sueurs dans la maladie qui nous occupe, il l’est au moins autant de les provoquer en couvrant le malade outre mesure, ainsi que les gens étrangers à la médecine ont la funeste habitude de le faire. 11 ne fautdoncpas ensevelir le malade sous des monceaux de couvertures, sous prétextede favoriser les sueurs , laisser toutes les fenêtres fermées dans la crainte du moindre courant d’air ; en agissant ainsi, on augmente la fièvre, on facilite les congestions cérébrales et pulmonaires auxquelles succombent les sujets; en un mot on les asphyxie sous prétexte d’éviter le refroidissement. Le malade doit être modérément couvert, de manière à entretenir seulement une douce chaleur; l’air doit être fréquemment renouvelé dans sa chambre ; cette circonstance est surtout rendue nécessaire par l’odeur fétide qui s’exhale de la transpiration. Il faudra également changer son linge chaque jour , avec la précaution de lui en donner de chaud, de l’essuyer avec des serviettes préalablement chauffées. On fera son lit de temps en temps , et, pendant cette opération, on le mettra dans un autre lit bien bassiné , ou bien on le placera sur un fauteuil , soigneusement enveloppé dans des couvertures , etc. Tous ces soins sont de la plus haute importance.

Les accidents cérébraux, les épigastralgies exigent assez souvent le secours des émissions sanguines générales ou locales ; pour les premiers , les révulsifs cutanés sont fréquemment indiqués, et les secondes sont souvent calmées par l’usage des antispasmodiques.

Quant à la constipation , elle doit être combattue à l’aide de lavements purgatifs, de préférence aux purgatifs administrés par la bouche.

Du reste, le meilleur moyen d’éviter la maladie est de fuir le foyer de l’infection ou de se placer

dans des conditions opposées à celles que nous avons signalées comme pouvant produire la miliaire. E. Bbaugkand.

BSSS.XTA.mE (Jiyg.) (V. Hygiène militaire ).

MïLZ.E-rnuïLLBS [bot.), s. f. (V. Achillèe).

MÎE.&EPEK.TUÏS [bot. et thêrap.), s. m. ( hyperi curn perforatum). C’est une plante de la famille des Hypéricées, polyadelphie, polyandrie, L., qui appartient au genre Hypéricum. Le millepertuis est trèscommun dans nos climats ; il se rencontre au milieu des bois, dans les lieux herbeux et découverts ; sa tige, un peu carrée, est haute d’environ deux pieds , rameuse , glabre et ponctuée de noir ; ses feuilles sont ovales , lancéolées , et semées d’une foule de petites glandes transparentes , qui contiennent une huile essentielle. Vues à contre-jour , ces glandes paraissent former une multitude de petits trous, qui ont fait donner à la plante le nom qui la caractérise. Les fleurs sont jaunes, à cinq pétales, et disposées en panicules; le fruit est à trois valves et à trois loges polyspermes.

Cette plante a une odeur résineuse assez forte lorsqu’on l’écrase entre les doigts ; elle a une saveur amère et styptique ; elle était autrefois trèsemployée dans la thérapeutique comme diurétique, et aussi pour dissoudre les calculs de la vessie ; on l’employait également comme vermifuge et vulnéraire , pour arrêter les hémorrhagies. Dans la dyssenterie, on la prescrit en infusion, afin de rendre de l’énergie aux intestins. Il n’est pas jusqu’à des propriétés surnaturelles qui aient été attribuées à cette plante ; on la disait propre à chasser les démons, et on l’administrait aux fous et aux lunatiques. Le millepertuis entre dans la composition d’un grand nombre de médicaments encore employés aujourd’hui, tels que l’eau vulnéraire, l’eau générale , le sirop d’armoise, la thériaque, le baume tranquille. On prépare l’huile d’hypéricum en faisant infuser la plante dans l’huile d’olive ; cette huile s’emploie en frictions. Le suc de millepertuis et l’huile essentielle de cette plante, sont également usités ; les fleurs s’emploient en infusion. J. B.

minérales [eaux] (V. Eaux minérales).

mîïïeïïrs ( Maladies des) ( hyg .) , s. m. p. Les mineurs sont des hommes qui travaillent à l’extraction des métaux et des autres produits enfouis dans le sein de la terre , ou plutôt dans les couches supérieures qui forment l’écorce de notre globe.

Les mines varient suivant la nature des excavations auxquelles elles donnent lieu , et suivant les matières que l’on en retire ; les unes sont formées par de simples tranchées plus ou moins profondes, et sont dites à ciel ouvert ; tandis que les autres sont creusées en puits et en galeries souterraines , dont les profondeurs sont souvent considérables. On cite de ces mines qui ont jusqu'à 500 et 1,000 mètres de profondeur. Les matières que l’on retire des mines sont nombreuses ; ainsi , tous les métaux employés dans les arts, la houille, le sel gemme.

Les marbres, la pouzzolane, les pierres de construction et le plâtre, sont souvent exploités dan» des excavations profondes et des galeries souter-

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raines, mais on leur a donné le nom de carrières, et il en a été déjà parlé dans ce Dictionnaire.

Les mines sont nombreuses en Europe ; il en existe de considérables , surtout en Angleterre , en Hongrie, en Allemagne, en Espagne, en Suède, en Russie. Les plus importantes, en France et en Belgique, sont les mines de houille et les mines de fer; cependant, il existe dans ces deux pays des mines de plusieurs autres produits, qui sont l'objet de grandes exploitations. En Espagne et en lliyrie, sont des mines de mercure d’une grande valeur. Enfin , ii n’est point de contrée de l’Europe qui , soit dans l’antiquité, soit dans les temps modernes , n’ait renfermé quelques richesses minéralogiques , et l’on sait que l’Espagne fut dans l’antiquité fréquentée pour ses mines d’or et d’argent.

Les hommes qui se livrent à ces pénibles travaux , et qui, pendant une grande partie de leur vie, se trouvent soustraits à l’influence de la lumière et de l’air libre, ont dû en éprouver des effets marqués, soit dans leur organisation, soit dans leurs maladies , surtout si l’on .joint à ces causes générales les influences particulières à chaque localité et à chaque nature de produits exploités ; de là, les affections variées qui sont produites par le séjour et les travaux des mines. Au premier rang de ces causes , nous citerons les lésions physiques dont peuvent être atteints les mineurs. Déjà , au mot Carrier , il a été parlé des accidents qui peuvent se manifester par l’explosion des mines, les ébou!ements,les chutes, etc., et nous y reviendrons peu dans cet article. Viennent ensuite les accidents produits par les gaz délétères, et dont il a été déjà traité au mot Méphitisme , tels que les asphyxies, la combustion des gaz explosifs qui se dégagent dans les houillères (grisou) ; enfin, on doit placer toutes les maladies qui peuvent être déterminées par un séjour prolongé dans les galeries souterraines, et par l’action des causes locales et toutes spéciales que peut présenter chaque mine.

Une des causes lés plus fréquentes des blessures des ouvriers mineurs consiste, après les éboulements des parois des galeries ou de quelques parties de la masse du rocher, dans les explosions fortuites de la poudre introduite dans le roc, pour en déterminer la rupture. Ce mode d’extraction, introduit seulement dans les travaux des mines depuis le xvte siècle, a permis de surmonter de grands obstacles et de favoriser la rapidité du travail ; mais il a présenté de nouvelles chances de danger pour les ouvriers. Lorsque l’on mine une portion de rocher , on fait un trou cylindrique avec une tarière qui peut avoir trois ou quatre centimètres de diamètre; on introduit ensuite dans ce trou, dont la profondeur varie suivant la masse du roe que l’on veut séparer, une cartouche contenant la poudre; on bourre le trou sur la cartouche , puis on pique , dans cette cartouche , une épinglette en fer que l'on appuie sur la paroi du trou , et l’on tasse la bourre au moyen d’un bourroir éehancré, pour laisser passer l’épinglette ; on retire celle— ci , après que le bourrage est terminé , pour y substituer l’étoupilie qui doit mettre le feu à la mine. Des accidents arrivent quelquefois dans cette opération , lorsque i’on frappe sur l’épinglette au lieu de frapper sur le bourroir, ou bien lorsque l’on retire l’é ing’ette avec trop cle force; dans ces deux cas,

le choc ou le frottement sur les parois du rocher peut produire des étincelles qui allument la mine. Ausfi a-t-on conseillé l’usage des épinglettes de cuivre et de laiton ; mais elles ne sont pas employées par les ouvriers, à cause de la ‘facilité avec laquelle e !es se pioyent. D’autres fois, la combustion de la mèche s’est trouvée ralentie, et l'ouvrier mineur qui, après un long temps, souvent quelques heures, vient pour s’assurer si la mèche est éteinte, et décharger la mine, s’est trouvé enveloppé par les débris de l’explosion qui se produit en sa présence.

Pour remédier à ces accidents , on a proposé de ne plus bourrer les mines, mais de charger seulement la poudre d’une couche de sable, et l’on a constaté qu’une mine ainsi chargée produisait une explosion presque aussi considérable qu’une mine fortement bourrée. On met le feu au moyen d’un chalumeau de paille, rempli de poudre fine; l’épinglette, qui doit être en cuivre, sert seulement à percer la cartouche : on place l’extrémité du chalumeau au milieu de la chambre de la mine, puis on verse le sable autour ; un morceau d’amadou, placé à l’extrémité de ce chalumeau , donne le temps au mineur de s’éloigner. Ce moyen supprime l'usage de l’épinglette de fer, et permet déjuger à l’extérieur cle l'état de la mèche; il a pour seul inconvénient de brûler un peu plus de poudre , et de ne pouvoir être employé que dans les trous de mines percés de haut en bas , ou très - peu inclinés ; mais il présente une grande sécurité pour les ouvriers. Un autre mode de tirage de la mine, inventé dans le comté de Cornwall et publié dans les Annales des mines , il y a déjà plus de trente ans, est maintenant généralement employé en Angleterre, et il s’est très-répandu en Fiance : il consiste à faire usage d’étoupilles formées d’hne corde goudronnée que l’on tresse de manière à introduire dans l’axe une traînée très-mince de poudre fine ; on coupe une longueur d’étoupiile égale à la profondeur du trou , on en fixe une extrémité dans la cartouche , puis on loge le reste de cette étoupille contre la paroi du trou et l’on bourre à l’ordinaire ; on met le feu , et l’étoupilie brûle lentement. Ce moyen, qui supprime l’épinglette, cause de tant d’accidents , est aujourd’hui regardé comme le meilleur. „

La difficulté que l’on rencontre pour extraire des mines les ouvriers blessés, et les douleurs vives qui sont le résultat de l’emploi des moyens ordinaires d’ascension, lorsqu’il existe des fractures aux membres, ont fait inventer, parM. Yallat, médecin des mines de Blanzy (Saône-et-Loire) , un lit fort ingénieux et qui se transforme en fauteuil , lorsque l’état du blessé l’exige; par ce moyen , il peut être retiré de la mine et transporté dans son lit sans que son état soit aggravé. L’Académie des Sciences a récompensé, en 1836, cette philanthropique invention, en accordant un prix à son auteur.

Les gaz qui se dégagent le plus ordinairement dans l’intérieur des mines sont l’acide carbonique, que l’on rencontre presque partout; l’hydrogène proto-carboné et bi-carboné , que l’on rencontre dans les mines de houille, les gisements de pétrole , les mines de sel gemme et quelquefois les carrières de gypse ; l’acide sulfureux dans le voisinage des solfatares, l’hydrogène sulfuré assez rarement et en petite quantité. Mais c’est surtout l’by-

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drogène proto-carboné qui donne lieu aux accidents les plus graves. Ce gaz existe presque pur dans les mines de houille , et quelquefois mêlé à une petite quantité de gaz défiant ( hydrogène bi-carboné), dans des gisements de combustibles non situés dans le terrain houiller proprement dit ; il a été désigné par les mineurs sous les noms de feu grisou , brisou , terrou,feu sauvage , suivant les usages des localités. L’acide carbonique a reçu le nom de mofette. Le mode de dégagement de ces différents gaz varie ; tantôt il se dégage lentement, et lorsque les ouvriers sont absents des travaux ; aussi a-t-on remarqué que les accidents étaient plus fréquents les lundis à cause de la cessation des travaux le dimanche : d’autres fois, le gaz se dégage avec un léger bruissement de quelques fentes du rocher, ou il apparaît sous forme de filaments , comme des toiles d’araignées , que les ouvriers cherchent à écraser avec leurs mains , dans la persuasion où ils sont qu’ils pourront ainsi éviter les détonnations.

Autrefois , pour éviter le danger, lorsque l’on supposait que le grisou avait pu se développer dans la mine , un ouvrier couvert de linge mouillé et armé d’une torche placée à l’extrémité d’une longue perche entrait dans la galerie, et, en se couchant à plat-ventre , mettait le feu au gaz combustible ; rarement , dit-on , il était blessé. Cette précaution était prise toutes les fois que l’on avait cessé les travaux dans une mine pendant quelque temps ; et , dans certains endroits , le lendemain des jours fériés , avant que les ouvriers ne reprissent leurs travaux. Aujourd’hui , on a complètement abandonné ce moyen , qui est proscrit en France par les règlements , et en Angleterre par l’usage ; on se contente de pratiquer une ventilation très-active qui chasse le gaz et le mélange à une quantité d’air assez considérable pour qu’il cesse d’être explosible.

On a aussi remarqué que c’est à la suite des variations de pression barométrique , en plus ou en moins , que l’on observe un dégagement plus marqué des gaz combustibles : quand le baromètre est stationnaire , la plus ou moins grande hauteur de la colonne de mercure n’influe pas d’une manière sensible. C’est donc aux époques de variations de pressions atmosphériques que l’on doit redoubler de vigilance , et les oscillations barométriques sont les meilleurs guides à suivre pour n’être jamais pris au dépourvu.

Quelquefois on dit que le gaz apparaît sous la forme d’une boule de vapeur suspendue dans l’air, et on lui a donné le nom de ballon. Lorsque les ouvriers aperçoivent cette poche , dit Fourcrov dans sa traduction de Ramazzini,ils n’ont d’autres ressources que dans la fuite ; et si le ballon crève avant qu’ils n’aient eu le temps de se soustraire à son action , il suffoque subitement tou6 ceux qui sont dans la mine. Cependant, ce fait est assez rare pour que des ingénieurs des mines très-expérimentés m’aient dit n’en avoir jamais entendu parler comme ayant été observé dans les mines de houille qu’ils surveillaient. La mofette se dégage , dit le même auteur, principalement en été ; c’est une vapeur épaisse qui paraît avoir un grand rapport avec l’air fixe, acide carbonique; elle éteint les lumières, et c’est ce qui avertit les mineurs de sa présence ; ils fuient au plus vite, et souvent tombent évanouis en se sauvant : une toux convulsive est souvent le

résultat de l’action de ce gaz , lorsque même il ne produit pas l’asphyxie.

Le feu grisou est certainement l’accident qui se manifeste le plus souvent dans les mines , et il fait périr quelquefois un grand nombre d’ouvriers ; il est même si fréquent dans certaines mines dont la houille est grasse et bitumineuse, que les accidents nombreux qui avaient eu lieu en Angleterre engagèrent une société à proposer à Davy d’inventer un moyen de prévenir ces résultats fâcheux ; après quelques recherches, conduit par l’expérience et l’analogie qui lui avait montré que la flamme , par le refroidissement qu’elle éprouve, ne pouvait pénétrer dans une ouverture d’un soixantième de pouce , Davy inventa sa lampe de sûreté (V. ce mot) , qui consiste dans un cylindre de toile métallique qui enveloppe la flamme de la lampe , et qui empêche que le gaz qui peut s’allumer dans l’intérieur du cylindre ne communique la combustion au gaz extérieur. Le temps a consacré aujourd’hui les avantages de cette lampe, dont on fait encore plus usage en France , où elle est prescrite par les règlements , qu’en Angleterre , où on lui reproche de mal éclairer et de ne pas prévenir tous les accidents. Il serait important de vérifier si, dans les cas malheureux où l’explosion a eu lieu malgré l’usage de la lampe , la combustion n’a pas été communiquée par des fissures qui auraient pu exister à la toile métallique , par cette même enveloppe qui aurait pu rougir , ou bien par un courant assez rapide du gaz; car on a reconnu qu’avec une certaine vitesse la flamme pouvait passer à travers les mailles du tissu métallique, ou bien encore parce que l’ouvrier aura ouvert la lampe. II est prudent , lorsque l’on s’aperçoit à la flamme de la lampe qu’il y a combustion du gaz hydrogène carboné, d’éteindre les lampes, et de se priver de lumière plutôt que de s’exposer aux chances d’une explosion : des fils de platine placés dans la lampe, et qui doivent rester rouges par l’action du gaz hydrogène, permettent de se guider dans l’obscurité.

L’hydrogène carboné ne s’enflamme pas et ne détonne pas en toute proportion avec l’air. Lorsqu’il y a une partie de gaz sur 2 à 5 parties d’air, il y a inflammation sans détonnation ; lorsqu’il y a de 6 à 14 parties d’air sur une de gaz, il y a détonnation, mais elle est plus forte à 7 ou 8 parties, et elle décroît ensuite; passé 14 parties d’air sur une de gaz, il n’y a plus ni inflammation ni détonation.

Les poussières et les vapeurs métalliques qui se dégagent dans certaines mines produisent souvent des accidents chez les ouvriers mineurs ; on a dit que ceux qui travaillent dans les carrières de grès étaient sujets à une espèce de phthisie qui est déterminée par la poussière du grès qui pénètre dans les poumons ; ces accidents se font aussi remarquer chez des ouvriers qui travaillent dans les mines métalliques. Ceux qui exploitent les mines de houille présentent une affection du même organe qui a été nommée fausse mélanose ou anthracose , et qui est causée par l’accumulation du charbon dans les cellules bronchiques. Une toux sèche et nerveuse, l’asthme, sont les symptômes et la suite de cette affection , contre laquelle il n’existe d’autre remède que de cesser la profession qui l’a causée: encore ce moyen n’est-il pas toujours suffisant, lorsque ces accidents sont portés à un certain degré.

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L’introduction des poussières métalliques dans l'intérieur des poumons par la respiration peut, dans les mjpes de çqivre , de cobalt arsénical , de mercure, donner lieu à des accidents qui sont de véritables empoisonnements lents: aussi avait-ou conseillé, dgps ceS pas, apx mineurs de travailler avec un linge mouillé qui leur couvrît la bouche. Dans les mtaes de mercure d’Itria et d’Almaden , les ouvriers éprouvent des gonflements des gencives , la salivation et les tremblements qui sont le résultat de l’absorptipn des poussières mercurielles ; on est, pour ce fait, dans l’usage de faire travailler alternativement les ouvriers un mois dans jq mine et un mois en dehors. Les anciens, dit Ramqzrtni, d’après Jul. Rollux et Pline, appliquaient des vessips à la bouche des ouvriers qui travaillaient à certaines pfiqes, afin qu’ils ne respirassent que l’air qu’elles, çoutenajent ; Kirker dit que les ouvriers qui travaillent dans |es mines d’arsenic se couvrent le visage d’un masque de verre. Mais ces moyens, d°nt les derniers surtout sont incommodes et par conséquent peu efficaces , sont toujours des causes de gêne et d’embarras qui font que les ouvriers ne les emploient qu’avec répugnance ; il pst même à remarquer que ces motifs ont tant de poids près des ouvriers de toutes les professions, qu’ils aiment mieux s’exposer aux conséquences graves qui doivent résulter de l’action des vapeurs ou des poussières malfaisantes, que de s’en préserver par dos précautions souvent simples et peu embarrassantes : j’ai observé ces faits chez les cérusiers et les doreurs.

Dans les mines de fer arsenicales d’Alais, les ouvriers employés au grillage de la mine sont exposés à une maladie qui paraît déterminée par les vapeurs arsenicales ; c’est une éruption de pustules, de tqcRes dp la peau et de bubons, qui simulent jusqu’à Vin certain point une éruption syphilitique ; il suffit de la cessation des travaux et d’un traitement adoucissant, pour faire promptement disparaître ces symptômes.

L’air de l’intérieur des mines peut être encore vicjé par d’autres causes que celles que nous avons déjà indiquées ; ainsi , la combustion des lumières qui servent à l’éclairage , celle de la poudre employée pour faire sauter lamine, la décomposiiion des bois qui servent comme étais ou comme étançons, la respiration des ouvriers, Pelle des animaux qui peuvent être employés aux travaux de charroi intérieur , déterminent une altération assez rapide dp l’air à laquelle on ne peut remédier qu’en favorisant !a circulation de ce fluide. L’aérage des mines et leur ventilation sont devenus un sujet d’études qui aujourd’hui fait partie de la science de l’ingér nieur des mines. Ainsi, on perce des puits aux extrémités des galeries qui ont pqur objet d établir une circulation de l’air entre ce point et le puits principal dp la mine. Souvent on favorise cette circulation au moyen de manches à air, de ventilateurs à ailes mues par des cours d’eau ou la force de la vapeur; des chutes et des cours d’eau dans l’intérieur des mines favorisent aussi la circulation de l’air; des fourneaux sont allumés au fond de puits qui , par leur élévation, font l’office de cheminées , ils servent à établir un appel qui active la circulation de l’air. Les courants d’air sont quelquefois si rapides, qu’ils deviennent un véritable inconvénient,

en exposant les ouvriers qui sortent de la mine , ou la température est toujours assez élevée, à des refroidissements subits qui peuvent occasionner des affeptions bronchiques ou rhumatismales ; aussi doit-on laisser les ouvriers s’exposer le moins possible à leur action .

A une certaine profondeur , la température des mines est presque invariable dans toutes les saisons; elle ne peut être modifiée que par les courants d’aération ; la profondeur n’a pas besoin d’être considérable pour amener ce «résultat ; les carrières des environs de Paris, les caves de l’Observatoire, qui sont environ à 30 mètres au-dessous du sol, présentent ce phénomène ; mais au-delà de la couche invariable, la température augmente en raison de la profondeur à laquelle on pénètre ; on est même parvenu par l’observation à déterminer la loi de la progression de cet accroissement, qui est d’un degré centigrade pour environ 36 à 40 mètres de profondeur. Ces phénomènes, qui avaient été observés pour la première fois dans les mines de Cornouailles, ont été mis hors de doute lors des travaux de foi pige du puits de l’abattoir de Grenelle , qui , percé à 470 mètres, donne de l’eau dont ia température est de 26° centigrades, tandis que celle de l’eau de source est à Paris de 11° à 13° suivantles saisons.

L’élévation de température dans l’intérieur des mines, la soustraction habituelle des ouvriers à l’action de l’air libre et de la lumière, ont dû modifier !a constitution des mineurs; aussi ont-ils ordinairement le teint pâle, la face bouffie, la peau molle; leurs fonctions s’exécutent avec une certaine langueur. Ramazzini dit que, dans les mines de Hongrie, les ouvriers vivent peu de temps, tandis que leurs femmes ont une vie longue ; aussi est-il fréquent d’en voir qui sont à leur troisième et quatrième mari. Des ingénieurs disent qu’en France et en Angleterre les ouvriers mineurs vivent aussi longtemps que le reste de la population, et les Anglais, qui sont trèsobservateurs , prétendent avoir remarqué qu’ils étaient plus prolifiques que dans toute autre profession. 11 est hors de doute que les soins pris pour la salubrité des mines depuis quelques années doivent avoir contribué à prolonger la vie des mineurs en éloignant beaucoup de causes de maladies.

L 'anémie est une affection qui se développe assez souvent parmi les mineurs; les mines de houille en présentent d’assez fréquents exemples. Cette maladie, oui apparaît souvent sans causes connues et dans des galeries depuis longtemps eu exploitation , est, quelquefois accompagnée ou précédée de diarrhées rebelles; tous les ouvriers en sont atteints indistinctement , et périssent , s’ils ne sont pas convenablement traités, après six mois et un an de souffrance. On trouvera des détails plus circonstanciés sur cette affection , à l’article qui lui a été consacré.

Certaines attitudes que prennent les ouvriers en travaillant aux mines contribuent également à produire des maladies ; ainsi ils travaillent souvent baissés, couchés, renversés : on comprend, par la gêne que doivent éprouver les organes intérieurs, les modifications fâcheuses qui peuvent en résulter dans leurs fonctions. L’exposition au soleil un peu vif des ouvriers qui sont restés assez longtemps soustraits à son action dans l’intérieur des miues provoque plus facilement chez eux les accidents connus sous

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le nom de coups de soleil que chez tout autre individu (V. lûsol'âMon) , on s’explique facilement ce phénomène, lorsque l’on sait que, dahs les cës ordinaires , les citadins Sont plus facilement frappés dès côüps de soleil que les habitants de la campagne , et que surtout c’est dahS les premiers mois du printemps que cës accidents sont plus fréquents.

Nous ajouterons ici une note qUi nous a été Communiquée par M. Combes, inspecteur général des mines, et à l’obligeance duquel nous devons quelques renseignements. La meilleure précaution àf prendre , dit-il* dans l’intérêt de la santé des ouvriers mineurs, est d’avoir près de !â mine une pièce chauffée à une température Un peu élevée, dans lâqueüeies mineurs quittent leurs habits avant d’entrer dans la mine , pour en prendre d’autres qui leur servent dans leurs travaux ; quand ils sortent ils quittent ces derniers qui sont mouillés, et reprennent les habits qu’ils ont déposés en arrivant, et qui leur servent à retourner chez eux. En Angleterre, dans le comté de Cornwall , où une philanthropie, plus active et moins bavarde que celle qui est à la mode dans notre pays, a apporté des améliorations importantes à la condition des classes pauvres , la pièce servant ainsi de vestiaire est chauffée par les chaudières des machines à vapeur. Les habits de mine sont habituellement en laine ; c’est de la grosse flanelle ; l’ouvrier quitte même sa chemise. Dahs les autres comtés de l’Angleterre, comme en France et en Belgique , de pauvres ouvriers , qui sortent d’une mine où la température dépasse souvent 24 degrés centigrades , sont obligés bien souvent de faire, en hiver , une demi-lieue et plus pour se rendre chez eux avec leurs habits mouillés sur le corps; de là les affections nombreuses qui ruinent la santé de ces malheureux.

L’hygiène des mineurs, à part les faits que nous avons déjà indiqués, doit avoir pour but de donner de la force et de l’énergie à leur constitution ; car toutes les influences auxquelles ils sont soumis sont débilitantes; ainsi, ils devront avoir une nourriture saine et animalisée, boire du vin , manger de là viande ; mais ils doivent éviter les liqueurs alcooliques, qui ne donnent qu’une excitation passagère; éviter également l’ivresse et tant, d’autres excès noh moins débilitants ; ils devront être Vêtus d’habits de laine qui puissent les garantir dés changements trop brusques de la température, lorsqu’ils s’exposent à des courants d’àir ou lorsqu’ils vdht au dehors. Les chefs des travaux devront éviter de faire rester trop longtemps les ouvriers dans les galeries, surtout lorsqu’ils sont encore jeunes. Quand on emploie des enfants , il faut tout au plus leur donner cinq à six heures de travail à l’intérieur ; le restedu temps il faut les occuper à l’air libre et à des travaux peu fatigants. Lès ingénieurs ét les chefs dés travaux devront s’assurer souvent par eux mêmes Si toutes lés prescriptions utiles, sous le rapport de la sûreté et de la salubrité, sont remplies ; ear souvent rien né saurait égaler l’incurie des ouvriers dans l’emploi des mesures qui sont destinées à pourvoir à leur santé, taudis quils-se livrent avec confiance aux idées routinières et superstitieuses , dont le moindre inconvénient est de leur inspirer une fausse sécurité.

En résumé , on voit que les accidents auxquels sont exposés les mineurs sont assez nombreux, que les influences fâcheuses produites par le séjour dans

les mines peut déterminer des maladies graves. Mais rieh de complet n’a encore été fait sur ce sujet; il existe un assez grand nombre d’observations isolées sur quelques mines, sur une certaine nature d’affections; elles sont dues à des médecins et à des ingénieurs. Nous devons nous-mêmes à Royer-Gollard, ex-professeur d’hygiène à la Faculté dé Paris* et notre collaborateur, quelques renseignements qu’il a bien Voulu mettre à notre disposition. Aujourd’hui il faudrait un travail d’ensemble j il né peut être que le résultat de nombreuses observations faites sur un même plan dans des contrées et des mines de natures différentes. L’Angleterre est le pay§ où l’bii sVstle plus occupé de l’hygiène dëS minèsj une éiiqtiêtea même été ordonnée à ce sujet pâr le Parlement, et les documents qu’elle a produits pourront présenter des éléments précieux. Pour nolis, qui n’âVOns présenté ici qu’une rapide esqUisSe de Céttë importante question, nous engageons les ingénieurs et lés médecins qui exercent lëur profession dans les lieux où existent des mines, à publier le résultat de leurs observations ; ces fruits dé l’ex périehee viendront aider à résoudre une question si importante sous le rapport de l’hygiène. J.-P. Beàüde

MISTYAEITHE OU MEMY AN THE (V. Trèfle d'eau.

mikti um (c/mm )* s. m. G’est Uh des oxydes du plomb. (V. ce mot.)

MîftroHATiF ( théràp .), s. m. On donne cë nom à des substances qui sont légêrèmeht purgatives. (V. Laxatifs.)

msble, s. m. Vieux mot qui sigùilië iùédècîn. (V. Myres .)

MIÂOBC x*ASf. (V. Myrobolan.)

mirthe. (V. Myrthef]

MtSANTâfioÿiS. (V» EypochdMMê.)

mïthmïbatè [pharih.) , s. tu. C’est M ëlêëtuairë composé de béaUèôiip de substances ârOlûâtiques et d’opium, dôilt le nom Vient dé Mitllfidatê, roi duPont. Cette substance, qui est ahâloguë à là thériaque , était regardée comme àiexiphârmàque. (V. cès mots.)

KTRÆI.E (anat.), s. f. (de mîtrâ, Wiitre d' évêque)- On adonné ce nom à une valvulé dtl ccetir, qui est située à l’Orifice aüriculo-Vehtriéülairë gauche, et qui est découpée eh deux languettes principales, lesquelles, pâi* leur juxta-positioh, reproduisent la forme d’Une mitre 4’ évêque. — On appelle encore cette Valvule, et pour le même motif, valvule biciispide. (V. Cœur.)

tolTT-E (hyg. publiqüe et chirüpg.), s. f. Quelques personnes emploient cë mot comme sÿttOhyïne de plomb , par lequel les VidangeUrS désignent les émanations gazeuses délétères des fosses d’ ai sa lices. Mais en médecine, on s’en sert plus souvent pour dénommer Une maladie des yeüx qUi atteint cette classe d’ouvriers. Il y â la initie sèche et la milte humide. (V. Vidangeurs, Egovtiers (malàdiëS des).

koxtiotï ( pharm .), s. f. (du latin mixtio,. C’est l’action de mêler plusieurs médicaments ou sub-

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stances simples , pour en former un médicament composé.

mixture (phys.), s. f. , mixtura. C’estunesorte de potion consistant en un mélange liquide de médicaments très-actifs , et destinés à être pris en petite quantité à la fois.

MOEEiÆ ( anat .), s. f. (du grec muelos, du latin medulla). Substance grasse contenue dans le canal central des os longs. (V. Os.)

MOELZ.E ÉPIKTIÈHE (anat.) , s. f. ( medulla spinalis, cordon rachidien, etc.). On appelle ainsi le prolongement de la partie inférieure du cerveau , qui commence au niveau de la protubérance annulaire, dans le crâne, descend dans le canal rachidien , s’arrête à la hauteur de la première ou de la seconde vertèbre des lombes , occupant ainsi les deux tiers de la cavité vertébrale.

La forme générale de la moelle de l’épine est cylindroïde, aplatie d’arrière en avant : elle présente dans sa longueur trois renflements : le premier, ou supérieur, est ce qu’on nomme bulbe rachidien , portion crânienne , moelle allonyée. Elle est renfermée dans la boîte osseuse du crâne , commence à la protubérance cérébrale , et s’étend jusqu’au trou occipital. Cette portion présente à sa circonférence plusieurs saillies oblongues groupées deux par deux. Les antérieures se nomment éminences pyramidales ; les deux latérales antérieures , corps olivaires ; et les deux latérales postérieures , processus ou corps restiformes. Le second renflement, ou moyen (renflement cervical ou trachéal), occupe toute la région cervicale de la colonne épinière. Enfin , le renflement inférieur (lombaire ou crural) s’étend de la neuvième vertèbre dorsale à la première lombaire , où se termine la moelle , par un petit tubercule fusiforme , simple ou double , et diversement configuré. De cette extrémité part un prolongement fibreux très-délié, qui va s’implanter au sommet du sacrum, et concourt à fixer la moelle dans sa position.

La face antérieure de la moelle épinière est creusée d’un sillon médian qui règne dans toute sa longueur et indique la réunion de deux moitiés latérales ; un autre sillon plus profond règne à la partie postérieure. Sur les côtés des sillons médians , on voit antérieurement et postérieurement une série de filaments cylindriques qui , après un trajet assez court , se groupent par faisceaux; ceux de la partie antérieure ne tardent pas à se réunir à ceux de la partie postérieure, pour former ainsi à droite et à gauche trente -une paires de cordons qui sortent par les trous de conjugaison des vertèbres. (V. Colonne vertébrale.) Ce sont les nerfs qui doivent se distribuer à tout le corps ; on en compte huit paires cervicales , douze dorsales , cinq lombaires et six sacrées. La direction des filets d’origine étant trèsoblique, il en résulte que les nerfs sortent beaucoup au-dessous du point où ils ont pris naissance , et cela, d’autant plus qu’ils sont plus inférieurs. Ainsi, les paires lombaires et sacrées descendent paraflèlement les unes à côté des autres , beaucoup audessous de l’extrémité inférieure de la moelle ; leur ensemble constitue ce qu’on nomme la queue de cheval.

Sur la circonférence de la moelle enlevée de son

canal , on voit une multitude de plis transversaux , surtout marqués en avant : ils résultent de la rétraction fibrillaire de ses enveloppes , et de ce que le cordon rachidien offre un excès de longueur en réserve pour les grands mouvements d’extension et de flexion , et la différence de hauteur que présente le rachis à l’époque du lever et du coucher.

L’organe qui nous occupe est formé , comme le cerveau , de deux substances : l’une blanche , qui sert ici d’enveloppe; l’autre grise, renfermée au centre de la première. La disposition de la substance grise est telle, que, quand on coupe le cordon rachidien perpendiculairement à son axe, elle se montre sous la forme de deux croissants adossés par leur convexité.

D’après les meilleures observations et les dissections anatomiques les plus exactes , il paraît que la moelle est formée de quatre cordons, les deux" antérieurs formant les deux tiers de l’épaisseur totale ; ces quatre cordons sont séparés par les sillons antérieurs et postérieurs , et par ceux qui se voient sur les côtés.

Quant au tissu lui-même, il est formé de deux parties : l’une , filamenteuse , celluleuse , forme la charpente; l’autre, semi-fluide, est soutenue par ta première.

De même que pour le cerveau , on observe ici trois membranes d’enveloppe. L’une extérieure , fibreuse, résistante , revêt la paroi interne du canal vertébral : c’est la dure-mère rachidienne. Une seconde, plus déliée, plus mince, se continue avec l' arachnoïde cérébrale, et revêt la face interne de la dure-mère et la face externe du cordon médullaire. Enfin , celui-ci est immédiatement recouvert par un tissu très-fin et assez serré qu’on appelle pie-mère.

Entre la pie-mère et l’arachnoïde est un fluide déjà indiqué par Cotuguo, et étudié avec soin par M. Magendie. Ce liquide sert à remplir les vides qui existent entre la moelle et ses enveloppes , à amortir les secousses , etc.

Les artères qui alimentent le prolongement rachidien sont : les trois artères spinales issues des vertébrales, et les spinales accessoires qui naissent, au cou, des artères cervicales , au dos, des dorsales, et aux lombes, des artères lombaires. Les veines constituent un système à part.

Nous ne voulons pas anticiper ici sur les articles Nerfs et Sensations , dans lesquels seront exposées les fonctions de la moelle épinière. Nous rappellerons seulement en deux mots que cet organe transmet la sensibilité et le mouvement aux nerfs qui vont se ramifier dans tout le corps, et que, d’après les expériences modernes de Charles Bell, et de MM. Magendie et Longet, il paraît bien démontré que les nerfs émanés des cordons postérieurs président à la sensibilité, et les nerfs issus des cordons antérieurs, aux mouvements volontaires.

Moelle épinière (maladies de la). Déjà, à l’article Colonne vertébrale , nous avons parlé des inflammations aiguës ou chroniques de la moelle ; il nous reste ici à exprimer d’une manière générale les principaux caractères que présentent les différentes sortes d’affections dont le cordon médullaire peut être attaqué , et à indiquer en peu de mots quelles sont ces affections.

Puisque l’organe dont nous parlons est destiné à

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