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sane, surtout dans le rhume et le catarrhe chronique; quelques médecins l’ont aussi conseille dans la péripneumonie.
On prépare avec la graine du navet une huile qui peut être employée à l’éclairage : certaines variétés sont même cultivées dans ce seul but; telle est celle qui produit l’huiie de navette, qui fait l’objet d’un commerce assez considérable. J. B.
wavicülaïre (anat.), adj. (navicularis, de navicula , petite barque). On donne le nom de fosse naviculaire à un enfoncement qui est situé à l’entrée du vagin, derrière la commissure inférieure des grandes lèvres. — Chez l’homme, la fosse naviculaire est formée par un renflement situé à l’entrée du canal de l 'urèthre, derrière le méat urinaire. — Il y aune fosse naviculaire à ['oreille externe, qui sépare les deux racines de l’liélix.(V. ces divers mots.)
nécropsie (anat.), s. f. Cemot est synonyme d'autopsie. (V. ce mot.)
nécrose (chir.), s. f. (du grec nêfcros, mort.) .On donne ce nom à une portion d’os frappée de mort ; la nécrose est une maladie dans les os analogue à la gangrène dans les parties molles. V. Os (maladies des.)
nèfle (bot.), s. f. , fruit du néflier, mespilus , famille des Rosacées, J.
La forme de ce fruit est presque ronde, son volume égale celui d’une petite pomme. Sa maturité , qui n’est d’ailleurs qu’une sorte de blessissement , ne s’effectue pas sur l’arbre : on la provoque en plaçant les nèfles après la cueillette sur une couche de paille. Elle a pour effet de changer la saveur âpre de la chair en une saveur douce, légèrement alcoolique.
Bien que ce fruit n’offre pas à l’économie domestique une grande ressource , il est cependant assez recherché des femmes et des enfants , à cause de son âpreté même. Son astringence assez prononcée pouvant déterminer des constipations rebelles, on doit ne leur en permettre l’usage que modérément , et en ayant surtout égard au tempérament que leur constitution générale décèle. T. C.
nègres ( physiol .), s. m. p. Nom des peuples de race noire qui habilent toute l’Afrique, excepté sa partie septentrionale; les nègres sont séparés des peuples de races blanches du nord de l’Afrique par le grand désert de Sahara, et, dans la partie située entre ce désert et le golfe Arabique, par la Nubie. Les nègres ne sont pas les seuls peuples de race ndire qui existent sur le globe ; les races mélaniennes de l’Océanie sont aussi assez nombreuses. (V. Races humaines.)
neige (métëorolog .) , s. f. La neige, dont il est inutile que nous donnions ici la description, et que l’on voit tomber en hiver par flocons plus ou moins volumineux , est formée par l’eau congelée à l’état de vapeur vésiculaire dans les régions élevées de l’atmosphère. La .neige ne diffère de la grêle qu’en ce que cette dernière est plus solide et a été congelée lorsque l’eau se trouvait déjà à l’état de gouttelettes. Nous n’entrerons pas ici dans la description des phénomènes relatifs à la formation de la neige; nous n’examinerons pas ses diverses espèces, ni s’il existe, ainsi qu’on l’avait avancé, une neige rouge , qui aujourd’hui est regardée avec certitude comme
produite par un petit champignon que les botanistes ont nommé ureclo nivalis. La neige, en médecine, peut être employée pour remplacer la glace dans les cas où celle-ci peut être indiquée (V. Froid).
Dans les contrées froides, les habitants l’employent en frictions pour arrêter les effets de la congélation sur les diverses parties exposées à l’action de l’air: lorsque le nez, les oreilles, etc., ont une coloration spéciale qui annonce que ces parties sont dans un état de congélation, ils prennent immédiatement de la neige et frictionnent fortement ces parties, jusqu’à ce que la circulation soit rétablie. Ce moyen est le plus efficace et même le seul à employer pour éviter la désorganisation des tissus. (\ .Congélation.) L’eau de neige qui provient de la fonte des glaciers, et qui est presque la seule que boivent les habitants des montagnes élevées , détermine souvent, dit-on, l’apparition du goitre, si commun dans ces régions. C’est à la privation de l’air, que l’eau courante tient ordinairement en dissolution , que l’on doit attribuer ces funestes résultats. Des observations recueillies par des voyageurs éclairés dans les Alpes et lesCordillières, paraissent avoir démontré la vérité de cette opinion. (Y. Goitre.) La neige, comme la glace , et enfin le froid , est stimulante , tonique et répercussive. J. B.
nénuphar (bot.), s. m. (V. Nymphéa.)
nectaire (Eaux minérales de Saint-) ( thér .), Saint-Nectaire est un village du département du Puy-de-Dôme, situé à 12 kilomètres du Mont-Dore et à 1 6 de Clermont-Ferrand ; ses sources sont nombreuses , et dans un intervalle d’environ deux mille mètres on les voit sourdre de la masse granitique : elles sont au nombre de neuf ; leur température varie entre 25 et 38 degrés. Les sources les plus anciennes connues sont le Gros-Bouillon ou les Grands-Bains, 38° cent.; la Vieille-Source ou les Petits-Bains, 38°; la source de la Cote, 3S° ; la source du Rocher, 38° ; la source Pauline , 35® ; la source de la Voûte, 25° ; la source des, Chemins, 25°. Les deux sources nouvellement découvertes sont désignées sous le nom de la Grande-Source et la Seconde-Source. Les environs de Saint-Nectaire présentent, au-dessous dusol, un nombre assez considérable de ruines romaines , qui annoncent qu’autrefois des thermes furent construits sur l’emplacement de ces sources ; aujourd’hui il existe deux établissements de bains, dont l’un, celui de Saint-Mendon , contient , dit-on , dix baignoires ; l’autre, celui de Boëtteetdu Mont-Conador, plus considérables, en contiennent chacun onze ou douze, une piscine, six douches descendantes et une ascendante. Voici l’analyse des eaux de Saint-Nectaire, faite par Berthier et Boullay : Acide carbonique, environ un tiers du volume; bicarbonate de soude, 2,833 gram. ;chlorure de sodium , 2,420 gr. ; sulfate de soude, 0,156 gr. ; carbonate de chaux, 0,440 gr.; carbonate de magnésie, 0,240 gr.; silice, 0,100 gr.; matière organique etoxyde de fer, 0,213 gr. Boullay dit avoir trouvé environ un volume d’acide carbonique, tandis que Berthier na trouvé que 37 centilitres pour un litre d’eau. On dit qu’à la source ces eaux en contiennent environ quatre volumes : les sels ont été pesés secs.
Les eaux de Saint-Nectaire ont une grande analogie avec les eaux de Vichy et du Mont-Dore ;
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elles contiennent moins de bicarbonate de soude que les eaux de Vichy, et beaucoup plus que les eaux du Mont-Dore ; elles contiennent plus de matières salines que les eaux du Mont-Dore , et plus de fer que les eaux de Vichy.
Les deux nouvelles sources ont une composition différente des anciennes ; elles paraissent contenir plus de sodium et moins de bicarbonate de soude , plus un peu d’acide hydrosulfurique libre.
Les eaux de Saint-Nectaire s’administrent en boisson , en bains et en douches, dans les rhumatismes chroniques , les paralysies , les affections chroniques des viscères abdominaux , et spécialement dans les maladies chroniques du foie et de l’estomac , dans les leucorrhées rebelles , dans les aménorrhées, les affections chroniques de la peau et les maladies scrofuleuses. Les houes sont employées dans les tumeurs blanches, les engorgements scrofuleux et les ulcères atoniques. Le docteur Bertrand, du Mont-Dore, les recommandait dans la gravelle ; elles agissent dans ce cas comme les eaux de Vichy. La durée du traitement est de vingt à trente jours ; la saison commence vers le 5 juin, et finit le 20 septembre. J.-.Beaude.
néopxastie ( chir .), s. f. (du grec néos, nouveau, et de plassô , plattô , je forme). On donne le nom de néoplastie à la formation de toutes nouvelles substances dans les tissus de l’économie animale. D’après Burdach, la néoplastie comprendrait la cicatrisation des plaies, les adhérences et V autoplastie : cette dernière est une méthode nouvellement remise en lumière, qui consiste à réparer une perte de substance des téguments, ou la perte d’un organe, en empruntant à d’autres parties des lambeaux de peau propres à remplacer les parties détruites.
L'autoplastie a reçu divers noms, suivant les parties où elle est pratiquée : ainsi, on la nomme rhinoplastie pour le nez ; blépharoplastie pour les paupières; génioplastie pour les joues; otoplastie pour le pavillon de l’oreille; chéiloplastie pour les lèvres; staphyloplastie pour le voile du palais; uréthroplastiepour l’urèthre. Plusieurs de ces opérations ont été décrites avec les maladies des organes sur lesquels on les pratique. Elles sont la plupart trèspeu usitées , et le nez , les lèvres et les paupières sont les organes auxquels l’autoplastie a été le plus appliquée. Nous n’entrerons pas ici dans une description des divers procédés employés pour l’autoplastie. Le plus ordinairement on emprunte le lambeau de peau aux parties voisines , au front , par exemple, lorsqu’il s’agit de refaire le nez, aux joues, pour refaire les lèvres : on le dissèque, on le détache en partie, de manière à favoriser son glissement ou son renversement, puis on avive le bord de la perte de substance, et on maintient ces parties dans leurs nouveaux rapports, au moyen de bandelettes agglutinatives , ou de points de suture. Une inflammation adhésive se développe dans le lambeau et dans les parties avec lesquelles il est en contact, et souvent la réunion se fait par première intention. Lorsqu’il se forme de la suppuration, la cicatrisation se fait plus longtemps attendre ; mais, le plus ordinairement, les suites de cette opération sont couronnées de succès. M. Bérard, dans son article du Dictionnaire en trente volumes, a constaté que sur qua-
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tre-vingt-quatre opérations, les guérisons avaient été dans la proportion de trois sur quatre opérations, et que la gangrène des lambeaux avait été d’une fois sur neuf , et les cas de mort de un sur dix -sept. Les accidents qui peuvent se manifester à la suite de l’autoplastie sont une inflammation très-vive des parties soumises à l’opération , des accidents nerveux, le delirium, tremens, la gangrène du lambeau , des abcès produits par la suppuration trop abondante.
On ne s’est pas toujours borné à pratiquer l’autoplastie en empruntant un lambeau de tégument aux parties voisines. Souvent , et telle était autrefois la méthode de Tagliaco, chirurgien italien du xvie siècle , on empruntait le lambeau à une partie éloignée; Tagliaco réparait les pertes de substance du nez au moyen des téguments du bras, établissant le contact de ces deux parties pendant le temps nécessaire à la cicatrisation, et les maintenant par des moyens appropriés. Le professeur Roux a, de notre temps, réparé une perte de substance de la lèvre inférieure par un procédé analogue , en empruntant à la paume de la main gauche la portion de peau nécessaire pour remplacer la lèvre.
Ce serait égalementici le lieu de parler des entés animales, ou de la possibilité soit d’obtenir la réunion d’une portion d’organe complètement séparée du corps, soit d’obtenir la réunion d’une partie enlevée à un individu et greffée sur un autre. Le premier cas, la possibilité de la réunion d’une partie après qu’elle a été complètement séparée du corps, CSï un fait aujourd’hui complètement acquis à la science, et qui ne saurait être mis en doute. Des observations nombreuses établissent l’exemple de portions de doigts, de nez, réunies après leur complète séparation. (Y. Plaies , Nez.) Quant aux greffes animales, ou au transport d’une partie prise sur un individuel réunieàun autre individu, si bien établies par Duhamel et Hunter chez les oiseaux, par Baronio et Wismann chez les mammifères, rien encore d’authentique ne peut permettre d’établir qu’elles pourraient être suivies de succès chez l’homme. L’on comprend tout ce qu’une semblable opération présente d’obstacles sous tous les rapports , pour qu’il puisse être possible de la tenter dans l’espèce humaine ; mais les auteurs que nous venons de citer ont transporté des ergots de poule à des coqs, et réciproquement. Hunter a même remarqué que l’ergot de la poule greffé à la patte d’un coq s’y développait mieux que celui du coq greffé sur la poule. Hunter greffa également sur la crête d’un coq et d’une poule des ergots qui s’y développèrent avec plus de puissance que lorsqu’ils étaient greffés aux pattes, et cette puissance était toujours plus grande pour le coq que pour la poule ; il implanta même dans la crête d’un coq une dent nouvellement arrachée à un homme , et il vit cette dent contracter des adhérences, et des vaisseaux sanguins communiquer de la crête de l’animal à la dent implantée ; des injections établirent la réalité du fait: l’expérience fut plusieurs fois répétée, et les pièces anatomiques furent déposées au Musée de Londres qui porte son nom. Des testicules de coq furent introduits dans l’abdomen d’une poule , ils y contractèrent des adhérences avec le péritoine , la nutrition continua à s’y opérer, et ces organes conservèrent ! eu r vol u m e pri miti f .
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Chez l’homme , les seuls exemples de greffe animale que l’on ait pu constater sont celles des dents que l’on dit avoir été arrachées, soit à un individu vivant, soit, dit-on , à un cadavre, et placées dans l’alvéole d’une dent qui venait d’être extraite et qu’elle était destinée à remplacer. M. Bérard cite, dans l’article que nous avons déjà indiqué, la pratique des anciens dentistes, et entre autres celle de Fauchard etBourdet, et il ne doute pas que cette opération, qui a quelque chose de barbare et de dégoûtant , n’ait été quelquefois couronnée de succès. Wismann et Hunter ont pratiqué ces substitutions de dents sur des chiens , et ils les ont vu souvent couronnées de succès. Hunter dit que l’on peut facilement distinguer la dent qui continue à vivre , de celle qui est morte et qui n’est retenue que mécaniquement par la compression des gencives: la première, dit-il, conserve son aspect et sa quasi- transparence , elle se couvre même quelquefois de ces taches qui annoncent la carie commençante ; tandis que celle qui est morte prend une couleur blanche de craie qui ne saurait en imposer. Pour nous, nous disons que nous doutons beaucoup de la réussite de cette opération chez l’homme: les accidents auxquels elle peut donner lieu, indépendammentdesjustes répugnances qu’elle inspire, doivent en proscrire l’usage , qui , nous devons le dire, est complètement en désuétude aujourd’hui , l’art de nos dentistes ayant fait abandonner une pratique trop souvent employée dans le siècle dernier.
Plus on descend l’échelle animale , plus on agit sur des organisations simples et composées de moins de tissus, etplus les greffes présentent de chances de succès; aussi de Tremblay, qui les pratiqua le premier sur les polypes d’eau douce, obtint-il un succès complet , en transportant les membres d’un polype sur un autre individu. En remontant l’échelle animale. on a constaté que ces expériences réussissaient d’autant mieux , que les individus étaient de même espèce , jeunes, et que les parties étaient douées d’une grande vitalité ; Hunter, qui avait reconnu que la crête des gallinacés , en raison du grand nombre de vaisseaux qui entrent dans la composition de cet organe érectile, était le tissu le plus favorable pour ses entes animales , pratiqua presque toutes ses expériences sur des coqs et des poules ; Baronio implanta avec succès la peau prise sur les flancs d’un mouton à un autre mouton. Nous ne rapporterons pas l’exemple de ce seigneur russe chez lequel une portion du crâne enlevée par un coup de sabre fut, dit-on, remplacée par une portion semblable delà voûte du crâne enlevée à un chien, et que le seigneur, objet des censures del’Église pour avoir assimilé à l’homme, image de Dieu, des parties de la brute , fut obligé de se faire enlever par une nouvelle opération. De semblables histoires tienneut trop de la fable pour qu’elles puissent être citées; aussi les auteurs modernes qui les rapportent n’ontils d’autre but que de montrer, par ces exagérations basées sur d’autres faits plus simples et vrais , la possibilité de la réussite de ces greffes animales si curieuses et aujourd’hui si abandonnées par nos physiologistes. Étudiées avec soin, elles pourraient cependant jeter de vives lumières sur la nutrition, et surtout sur l’organogénésie , qui sont encore si obscures et cependant si riches en avenir et en résultats importants. J. -P. Bkaude.
népenthès [mat. mëd), s.m. (du grec népevthès , de nè, particule négative, et de penlhos, deui', affliction.) Les Grecs désignaient ainsi un remède contre la tristesse et la mélancolie : le népenthès , si chanté par Homère, procurait l'oubli de tous les maux. Quelques auteurs pensent que ce médicament si précieux était l’opium, ou suc épaissi du pavot d’Orient ; d’autres, et Andanson est de ce nombre, croient que c’était le chanvre indien, canabis indica, qui, aujourd’hui, entre encore dans la composition d’une préparation hilariante dont font usage les Orientaux, et qu’ils nomment hachisch; cette préparation est composée d’extrait de chanvre indien, de beurre et de miel ; deux à trois gros de cette substance produisent des phénomènes de gaieté et même de folie qui durent quelquefois près d’une journée. Nous avons assisté nous-même à des expériences faites avec le hachisch chez le docteur Moreau , alors médecin des aliénés de Bicêtre, et dont les résultats furent curieux. Quoi qu’il en soit de ces diverses opinions sur le fameux népenthès d’Homère , on en est encore réduit à des conjectures, et l’on ignore la véritable nature de ce médicament si précieux pour les anciens. J . B.
NÉPHRÉTIQUE ou NÉPHRITIÇUE ( path
adj.,qui a rapportau rein. On donne le nom de coliques néphrétiques à une névralgie des reins. Les douleurs rhumatismales dont la région des reins est quelquefois le siège sont souvent désignées sous le nom de douleurs néphrétiques ; il en est de même de celles qui sont produites par des graviers ou des calculs qui ont leur siège dans ces organes. Y. Reins (maladie des.)
néphrite ( mèd .), s.f. C’est l’inflammation des reins. ( V. ce mot. )
néphrotomie ( chir .), s. f. Opération qui consiste à extraire un calcul développé dans les reins par une incision faite dans la région lombaire. (Y. Rein).
nerf et Système nerveux [anat., physiol., path.,) s. m. Le système nerveux de l’homme et des animaux qui sont pourvus d’une colonne vertébrale comprend deux parties distinctes : une centrale, contenue dans le crâne et le rachis, et connue sous le nom d’axe cérébro-spinal (V. Cerveau et Moelle) ; une autre périphérique, composée de rayons ramifiés qui, partant de la première, se distribuent dans toutes les parties du corps et constituent les nerfs. Eu les considérant à leur origine, ces nerfs forment quarante-trois paires, savoir : douze qui naissent du cerveau ou de ses dépendances, et dites paires cécébrales ; ce sont : 1° les nerfs olfactifs ; 2° les nerfs optiques ; 3° les nerfs moteurs des yeux ; 4° les nerfs pathétiques ; 5° les nerfs de la cinquième paire, ou trijumeaux; 6° la sixième paire; 7° les nerfs faciaux; 8° les nerfs auditifs; ü° les glossopharyngiens; 10° les nerfs vagues, ou pneumo-gastriques; 11° les nerfs spinaux , ou accessoires de Willis; et 12° les nerfs hypoglosses, ou moteurs de la langue. Trente autres paires naissent de la moelle et constituent les nerfs spinaux; enfin, nous trouvons une quarante-troisième et dernière paire dans le nerf grand-sympathique , formant à lui seul un système particulier qui s’écarte , par sa disposition et ses propriétés, du reste de la masse nerveuse.
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Le système nerveux nous offre une grande symétrie, qu’on ne retrouve pas au même degré dans les vaisseaux. Les parties situées sur la ligne médiane se composent de deux moitiés parfaitement égales, comme on le voit au cerveau et à la moelle ; les autres, placées en dehors de cette ligne, sont constamment doubles et offrent dans leur configuration et leur position une entière parité. Le nerf grand-sympathique seul offre un peu moins de régularité.
Dans les centres nerveux comme dans les nerfs, nous retrouvons , sinon tout-à-fait la même structure, au moins les mêmes éléments de composition. Le tissu nerveux est constitué par deux substances molles, presque pulpeuses, mais maintenues, outre leur force de cohésion, par des enveloppes extérieures assez résistantes. De ces deux substances , une grise, très-vasculaire, est dispersée çà et là sans former un tout continu ; l’autre, blanche, plus abondante, moins riche en vaisseaux, a une apparence fibreuse, et d’un bout à l’autre du système est partout continue à elle-même. Ces deux substances se trouvent ensemble dans l’encéphale, dans la moelle et dans les ganglions ; la blanche seule existe dans les nerfs. Examinées au microscope, elles paraissent composées d’une multitude de globules réunis par une substance demi-fluide, et dont le volume paraît être d’un huitième de celui des globules du sang ; ils s’agrègent de manière à former des fibres apparentes dans toute l’étendue de la substance blanche ou médullaire. Cette disposition se voit surtout dans les nerfs composés de petits filaments qui se réunissent pour former des cordons et des faisceaux qui suivent une direction longitudinale. Partout la substance nerveuse est entourée d’une enveloppe extérieure qui se moule sur la configuration des centres nerveux, et qui, pour les nerfs, forme une gaîne solide et résistante appelée névrilème.
Les nerfs, comme nous l’avons dit, naissent du cerveau et de la moelle. L’endroit où ils commencent à se distinguer de la masse centrale forme ce qu’on appelle leur racine. Le point précis où se fait cette séparation est assez difficile à apprécier, parce que les extrémités plongent dans la substance nerveuse et finissent par s’y confondre. On avait pensé que les nerfs s’entrecroisaient, ou du moins que les homonymes communiquaient ensemble à leur naissance ; mais cette communication n’est prouvée que pour les nerfs optiques , qui sont réunis et entrecroisés dans leurs fibres les plus internes, et pour la quatrième paire et le nerf auditif, qui , naissant sur la ligne médiane de l’encéphale, s’unissent quelquefois à leur origine avec leur congénère du côté opposé. Les nerfs spinaux naissent par deux racines, une antérieure et une postérieure plus forte ; cette disposition d’origine commence à se manifester dans les dernières paires cérébrales à partir de la cinquième; les quatre premières n’ont qu’une seule racine.
Dégagés de la masse nerveuse centrale, les nerfs suivent un trajet plus ou moins compliqué et se subdivisent en un grand nombre de ramifications ; partout ils reçoivent des vaisseaux environnants des petites branches qui , se réunissant les unes aux autres, forment un lacis vasculaire qui se distribue tant à l’enveloppe du nerf qu'à sa substance propre. Dans leur trajet, les nerfs communiquent
fréquemment les uns avec les autres ; ces réunions ont lieu de diverses manières : tantôt une branche nerveuse en rencontrant une autre s’unit avec elle en formant une anse; c’est ce qu’on appelle une anastomose ; d’autres fois, divers cordons d’un même nerf ou de nerfs différents se joignent , se mêlent et forment un plexus ; enfin un autre mode de jonction est celui qui a lieu au moyen des ganglionspetits corps à structure fort compliquée, de forme arrondie, enveloppés par une membrane particulière , résistante , et composés intérieurement d’une substance propre analogue à la substance grise de l’encéphale, et d’un grand nombre de filaments qui se continuent avec les nerfs tenant aux ganglions.
Après avoir fourni un nombre variable de branches, le nerf, arrivé dans l’organe auquel il est destiné, se subdivise en une multitude de rameaux et de ramuscules qui finissent par se confondre avec les divers éléments qui composent la structure de l’organe. Toutefois, il n’est pas vraisemblable qu’ils se ramifient assez pour se répandre partout ; et cependant , comme chaque partie , quelque petite qu’elle soit, est soumise à l’influence nerveuse, on a supposé qu’autour de chaque dernière ramification existait une atmosphère nerveuse dans laquelle elle étend son action, comme cela s’observe pour les conducteurs électriques.
Le système nerveux forme-t-il un tout continu dont toutes les parties agissent sous la dépendance des masses centrales ? Cette question a été le sujet de nombreuses controverses dans ces derniers temps. On a d’abord cherché à isoler du reste du système le nerf grand-sympathique, qui , ne communiquant que par de minces filets avec le cerveau et la moelle , se distingue des autres nerfs par le nombre de ses ganglions, qui se trouvent au centre de ses divisions. Sa distribution aux vaisseaux et aux organes dont l’action n’est pas soumise à l’empire de la volonté constitue encore une différence, et on l’a regardé comme spécialement destiné à présider aux fonctions toutes végétatives qui s’exercent sans conscience et sans volonté, et, par cela même, comme étant en dehors de l’influence du cerveau, qui présiderait alors aux facultés intellectuelles et à toutes les fonctions qui nous mettent en relation avec le monde extérieur. Il y aurait ainsi deux systèmes nerveux indépendants l’un de l’autre : un de la vie organique ou végétative, un autre de la vie animale. Cette distinction est généralement admise depuis les travaux de Bicbat , mais on a été plus loin : Gall et son école regardent les nerfs de la vie organique, ceux des mouvements volontaires, ceux des sens et les organes des facultés intellectuelles, comme autant de systèmes isolés, en rapport d’action , mais indépendants et ne provenant pas les uns des autres. Cette division est tout-à-fait arbitraire et ne s’appuie sur aucun fait positif d’anatomie ou de physiologie. Aussi, tout en admettant une différence entre le système de la vie animale et celui de la vie organique, nous devons admettre que les diverses parties du système nerveux sont unies les unes aux autres de mille manières différentes, qu’elles sont dans un état de dépendance et de réaction mutuelles, mais que les nerfs , surtout ceux de la vie animale, puisent leur force dans leur communication avec les centres nerveux, puis-
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que, cette communication interrompue, leur action devient nulle.
Cette discussion nous amène à parler des fonctions du système nerveux : ce système préside à tous les phénomènes vitaux; c’est sous son influence que s’accomplissent les différentes fonctions dont l’exercice constitue la vie; mais il est nécessaire d’entrer ici dans quelques détails qui feront mieux comprendre le rôle important que joue dans l’organisme l’innervation ; c’est ainsi qu’on nomme le pouvoir du système nerveux. Nous voyons d’abord sous sa dépendance la sensibilité et le mouvement : dans ces phénomènes, le cerveau est l’aboutissant où vient répondre la sensation et le point de départ de la volonté, qui agit sur la motilité ; les nerfs et la moelle épinière ne sont que des conducteurs qui propagent les impressions internes ou externes. Des nerfs particuliers sont spécialement affectés au sentiment, d’autres au mouvement : les premiers, dits sensitifs, naissent de la partie postérieure de la moelle ; les seconds, dits moteurs, tirent leur origine de la partie antérieure ; quelques autres, appelés mixtes, contiennent à la fois des filets sensitifs et moteurs. Parmi les nerfs qui président au sentiment, on doit surtout noter ceux qui se distribuent aux organes des sens et qui se distinguent par quelques particularités : ils naissent du cerveau , ont un volume assez considérable, se distribuent presque exclusivement aux organes du sens auquel ils sont destinés , et ont pour fonction spéciale de conduire au cerveau l’impression reçue. D’ailleurs, ils ne sont pas sensibles au toucher, pas susceptibles de douleur, et ne paraissent même pas recevoir l’impression, chaque sens ayant, outre son nerf spécial, d’autres filets nerveux appartenant à ceux qui président à la sensibilité générale, et dont l’influence est indispensable pour l’exercice de la fonction. Nous retrouvons cette disposition dans les organes de la vue, de l’ouïe, de l’odorat , du goût, qui, de plus , reçoivent encore d’autres nerfs moteurs destinés à animer les muscles qui en font partie ; le sens du toucher seul n’a pas de nerf spécial , il s’exerce au moyen des nerfs qui président à la sensibilité générale, et qui se retrouvent partout.
Le cerveau n’est pas seulement le siège des impressions et des volitions, il a encore une fonction bien plus noble et plus importante : c’est celle de présider aux actes de l’intelligence. Ces phénomènes dépendent-ils d’une puissance immatérielle, ou bien sont-ils le résultat d’une simple modification vitale dans le cerveau lui-même? Ce sont là des questions psychologiques qui ont occupé de tout temps les philosophes , mais que nous ne devons pas traiter ici. Qu’il nous suffise de savoir que l’intégrité anatomique du cerveau est une condition nécessaire pour la production des phénomènes intellectuels. Je ne veux pas discuter ici non plus la question de savoir si le cerveau agit tout entier dans les actes de l’intelligence , ou si certaines parties correspondent seules à certains phénomènes. (Y. Phrénologie.) Je dirai seulement que les divisions admises par quelques physiologistes modernes pour localiser les fonctions de l’intelligence soat toutes arbitraires, et contraires aux investigations anatomiques qui nous montrent dans toutes les parties du cerveau la même organisation et la même texture,
Le système nerveux, répandu dans toute l’économie,anime tous les organes, préside à toutes les fonctions : les sécrétions, l’absorption, la chaleur vitale et la nutrition, sont sous sa dépendance ; il sert de lien aux différentes parties du corps, et est ainsi l’agent des sympathies ou influences exercées réciproquement d’un organe sur un autre : ces influences sont surtout favorisées par les plexus qui réunissent et confondent diverses branches nerveuses, et peut-être aussi par les ganglions. Les fonctions de ces derniers ne paraissent toutefois pas se borner là, et out d’ailleurs été différemment appréciées. Quelques physiologistes , s’appuyant sur leur ressemblance avec les cerveaux des animaux inférieurs, et sur la présence dans leur structure des deux substances blanche et grise qu’on trouve dans les centres nerveux, ont voulu voir en eux des espèces de petits cerveaux, sources d’une innervation supplémentaire; d’autres, se fondant sur l’espèce d’indépendance dans laquelle se trouvent, à l’égard de l’axe cérébro-spinal , les parties auxquelles se distribuent principalement les nerfs qui sortent des ganglions, ont considéré ces corps comme composant un système isolant de l’influence cérébrale , qui empêcherait les impressions venues du cerveau d’être senties aussi vivement au-delà des points où ils se trouvent, et les impressions parties des mêmes endroits d’arriver aussi fortes au siège central de l’intelligence.
Il nous est bien permis de savoir que l’innervation est nécessaire à l’entretien de la vie, mais nous ne savons pas de quelle manière se transmet son influence aux différents organes; ce fait échappant à l’observalion, on a cherché à l’expliquer par plusieurs hypothèses : c’est ainsi qu’on a supposé que les fibres nerveuses pouvaient vibrer comme les cordes d’un instrument , qu’on a imaginé l’existence d’un fluide particulier qui circulerait dans les nerfs comme le s;tng dans les vaisseaux, et enfin qu’on a attribué l'influence nerveuse à un fluide magnétique ou électrique fourni par le cerveau ou le cervelet, que l’on comparait ainsi à une machine électrique. Toutes ces théories ne doivent être regardées que comme des hypothèses plus ou moins ingénieuses que rien ne vient justifier , et l’influence nerveuse, comme tout ce qui touche à la vie, est entourée pour nous d’une profonde obscurité Nous pouvons bien saisir quelques conditions d’action , mais si nous voulons pénétrer plus avant dans la nature intime, l’observation nous manque, et nous sommes réduits à des explications incertaines.
Nerfs ( Maladies des). — Blessures des nerfs. Comme toutes les autres parties du corps, les nerfs sont sujets à l’action des corps extérieurs qui peuvent produire leur contusion , leur déchirement ou leur section. Les nerfs superficiels sont surtout exposés à la contusion ; ils sont alors le siège d’une douleur assez vive qui s’accompagne en même temps d’un frémissement dans toutes les parties où ils se distribuent : cette contusion peut même être assez forte pour produire une paralysie momentanée. La déchirure des nerfs est extrêmement douloureuse , et donne souvent lieu à des mouvements convulsifs et même au tétanos ; c’est à cette déchirure qu’on attribue la gravité de certaines plaies contuses , surtout celles par armes à feu et qui se compliquent de tétanos. La section d’un
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nerf n’offre pas la même gravité que sa déchirure ; seulement, la lésion de continuité interrompant la communication entre les parties où il se distribue et l’organe central d’où émane la puissance nerveuse, on observe de la paralysie. Néanmoins, lorsqu’il n’y a pas eu perte de substance, et que les bouts divisés restent en contact, il se fait une cicatrice qui peu à peu devient perméable à l’influx nerveux , et les parties paralysées recouvrent la sensibilité et le mouvement qu’elles avaient perdus. La compression exercée sur un nerf produit à peu près le même effet que sa section, la paralysie ; lorsqu’il y a de plus tiraillement des filets nerveux ainsi qu'il arrive lorsqu’une tumeur presse sur un nerf , il existe aussi des douleurs quelquefois trèsvives.
La contusion d’un nerf est un accident ordinairement peu grave, et qui demande rarement des soins spéciaux. Si elle a été forte et s’il reste une douleur violente , on se trouvera bien d’une application de sangsues à l’endroit où le choc a eu lieu, et de quelques topiques émollients ; puis, si la paralysie persistait , on pourrait ensuite employer quelques frictions excitantes sur le membre privé de son mouvement ou de sa sensibilité ; quant à la déchirure des nerfs, bien plus grave comme nous l’avons dit, on doit s’opposer aux accidents qui en sont la suite par les saignées générales ou locales ; on cherchera surtout à s’assurer qu’il n’existe aucun corps étranger qui entretienne sur le nerf blessé une excitation constante, ainsi qu’il arrive dans les plaies par armes à feu , ou dans des fractures lorsqu’un nerf a été déchiré par une esquille osseuse : dans ce cas, il faudrait chercher à extraire le corps étranger. Enfin, on s’est souvent bien trouvé, dans des cas de déchirure nerveuse occasionnant des douleurs ou des accidents graves , de couper entièrement la branche nerveuse; toutefois, cette section amenant la paralysie dans les parties où se distribue le nerf, on ne doit y recourir que pour des filets peu importants , ou lorsque les accidents sont très-graves. Quant à la section des nerfs qui a lieu dans une plaie par instrument tranchant , elle ne fournit aucune indication spéciale pour le traitement de la blessure , si ce n’est qu’on doit maintenir les parties divisées dans l’immobilité et dans la position la plus favorable à leur rapprochement.
Maladies des nerfs et du système nerveux. — Le système nerveux central et périphérique est sujetaux diverses maladies qui affectent les autres tissus; on y observe des inflammations , des hémorrhagies , des cancers, des tubercules : ces maladies ont été décrites ou seront décrites autre part , je ne m’y arrêterai pas(V. Cerveau, Moelle, Apoplexie , Cancer , tubercule , etc. ) ;mais j’appellerai un instant l’attention sur des affections particulières au système nerveux, et qui lui sont spéciales ; je veux parler des maladies qu’on a appelées névroses. Ce sont des troubles fonctionnels qu’on ne peut rattacher à aucune lésion matérielle appréciable, et dont, à cause de cela même, on a placé le siège dans le système nerveux. Ces troubles sont excessivement variés et portent tantôt sur la sensibilité, tantôt sur le mouvement, tantôt sur l’intelligence, quelquefois sur toutes ces facultés à la fois ; quant à leur étendue, ils sont quelquefois bornés à un organe, à un
membre ; d’autres fois, ils se généralisent et s’étendent à tout un système. On peut les rapporter en général aux divisions suivantes : 1° Affections convulsives ou spasmodiques ; 2° névralgies ou douleurs ; 3° paralysies ; 4° affections mentales ou vésanies. Chacun de ces types, si nous en exceptons le dernier, qui n’affecte que l’intelligence, peut se porter sur les divers organes : ainsi la convulsion, peut affecter les muscles extérieurs soumis à l’empire de la volonté , ou les muscles intérieurs soustraits à cette influence; elle peut être générale, comme dans le tétanos, ou locale seulement, comme dans le spasme de l’œsophage , ou de l’estomac , dans l’asthme spasmodique. Il en est de même pour la paralysie; toutefois, ces deux affections, la paralysie et la convulsion , ne sont pas toujours des névroses, souvent elles dépendent1; d’une altération matérielle de l’axe cérébro-spinal ou des nerfs , et alors elles sont seulement des symptômes ; c’est ainsi que nous voyons la convulsion survenir dans les inflammations du cerveau ou de la moelle , les paralysies dans l’apoplexie. Quant aux névralgies , si l’on en excepte celles qui sont la suite de la près sion d’une tumeur sur un filet nerveux , ou ne trouve ordinairement aucune lésion anatomique pour expliquer leur existence, et elles peuvent , par conséquent, être regardées presque constamment comme des névroses. Cela nous engage à nous arrêter davantage sur cette forme de maladie nerveuse. La douleur est le caractère essentiel de la névralgie : cette douleur est quelquefois lancinante, excessivement vive , d’autres fois elle est sourde et s’accompagne de temps en temps d’élancements et d’exacerbations assez fortes pour arracher des cris au malade ; ordinairement elle est exaspérée par les mouvements de la partie du corps où elle siège ; dans certains cas , une forte pression sur le trajet du nerf affecté suspend ou diminue la douleur ; ce qui peut servir à faire distinguer cette maladie de l’inflammation du nerf, dans laquelle la pression augmente la souffrance. Ces douleurs sont continuelles, ou bien, ce qui arrive le plus ordinairement, elles offrent de temps en temps des redoublements dans l’intervalle desquels la souffrance est moindre ; quelquefois elles reviennent par accès bien marqués et périodiques, comme ceux d’une fièvre intermittente. Les névralgies ne paraissent pas affecter les nerfs destinés au mouvement , elles siègent exclusivement dans les nerfs de la sensibilité , soit qu’ils se distribuent à la peau et aux muscles extérieurs, soit qu’ils se ramifient dans les viscères ; de là deux divisions : les névralgies externes ou névralgies proprement dites, et les névralgies internes ou viscéralgies. Parmi les premières , les plus communes sont la migraine ou névralgie du cuir chevelu, le tic douloureux ou névralgie de la face, et la sciatique, appelée encore goutte sciatique, qui siège dans la cuisse et dans la jambe. Quant aux névralgies internes , elles affectent principalement l’estomac (V. Gastralgie), l’intestin (Y. Entéralgie, Colique ) et l’utérus (Y. Hystèralgie ) ; il n’est pas rare de voir confondre ces affections avec des inflammations de ces organes , au grand détriment du malade, le traitement convenable étant différent dans les deux affections. Les principales circonstances sur lesquelles on doit insister pour les reconnaître,
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