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sert àîa iiotirrilure de la larve. Long temps ces faits ont été un sujet de doute pour les naturalistes et les médecins, mais aujourd’hui ils sont démontrés de la manière la plus évidente par les observations de MM. Humboîdt, Howsbip, Brick et Boulin.
Les symptômes qui annoncent la présence de eefie larve sont d’abord une démangeaison causée par une piqûre d’insecte ; quelques jours après , il se développe une douleur aiguü , qui revient par accès de deux ou trois minutes de durée; ces accès se rapprochent de plus en plus et la douleur finit par devenir continue. Bientôt une tumeur phlegmoneuse , ayant souvent plus de deux pouces de largeur à sa base.} se développe ; une petite tache noire existe à son centre qui est l’endroit de la piqûre; la douleur persiste malgré la suppuration et le malade sent remuer l’insecte' sous la peau. Si l’on ouvre la tumeur, on en retire une larve blanchâtre, en forme de poire, de 20 à 25 millimètres de longueur, qui offre des rangées d’épines noires vers la partie de son corps la plus renflée. Lorsque l’on n’extrait pas la larve delà tumeur, elle en sort après avoir acquis son complet développement. On aconseillé divers moyens pour remédier aux accidens causés par l’œstre ; le plus simple, lorsque la larve°a acquis un certain développement, consiste à agrandir l’ouverture de la tumeur et à l’extraire avec de petites pinces, M. Boulin a indiqué, comme moyen de faire périr cet insecle dès que l’on s’aperçoit de sa présence sous la peau, l'application d’un emplâtre de diachilum, qui a pour effet d’inlercepier l’entrée de l’air dans la tumeur et d’empêcher ainsi le développement de l’insecte. Les emplâtres deVigo atteignent aussi le même hut et ont pour effet d’agir en empoisonnant la larve. Les cataplasmes de tabac et de rhum paraissent avoir été employés avec succès, mais il est préférable de mettre en pratique les premiers moyens indiqués, qui sont plus simples et plus sûrs.
L’œstre existe dans toutes les contrées tempérées de l’Europe, mais l’espèce dontDous venons de décrire les effets, l’œstre cutané, ne se rencontre que dans les contrées tropicales de l’Amérique, et c’est jusqu’à ce jour dans ce seul pays qu’ont été observés les faits qui ont servi à î’hisioire de cet insecte. Quelques auteurs ont cité des observations qui tendraient à faire croire que l’œstre des bœufs et des moutons peut aussi affecter l’homme et que leurs larves se sont développées dans les sinus frontaux de quelques sujets ; mais ces faits sont -roppeu nombreux pour que l’on puisse être fixé à cet égard: des larves des mouches ont pu quelquefois être confondues avec celles de l’œstre, quoique d’un volume moindre et d’une organisation différentes.
Les Mouches, qui diffèrent du genre précédent par i’existence d’une trompe qui termine la bouche, peuvent aussi causer des accidenls par la présence de leurs larves dans les tissus vivants; c’est ordinairement sur les viandes, sur les cadavres et sur toutes les matières animales en décomposition que les mouches déposent leurs larves; la mouche à viande, Musca vomiloria ; la mouche domestique, Musca clomeslica; la mouche dorée, musca césar; la
mouche vivipare , lïïuscci çarnaria, sont les espèces les plus communes dans nos contrées ; quelquefois elles déposent leurs larves sur les plaies elles ulcères en suppuration, si les pansements ne sont pas convenablement renouvelés ; ces exemples s’observent surtout dans les armées et pendant la saison des chaleurs , lorsque le nombre des blessés ne permet pas que l’on fasse des pansements réguliers. Des lotions et des soins de propreté suffisent pour débarrasser les plaies de ces insectes, dont l’action est douloureuse et nuisible; or. pourra juger de cette action par les faits suivants qui furent observés sur des individus sains, mais épuisés par la débauche ou la misère.
En 1827, M. le professeur J. Cloquet communiqua le fait suivant à l’Académie de médecine : Un nommé L..., chanteur public dans le jour et chiffonnier pendant lanuit, était plongé dansla misère etla malpropreté la pins complète. Le 5 octobre, après s’être gorgé d'eau-de-vie, il fut se coucher sur un tas d’ordures et de charognes , au pied d’un mur situé au midi dans la commune de La Yillelte, près Paris. Il resta dans ce lieu jusqu’au 7, où des personnes charitables le reconduisirent chez lui; le 8, il fut admis à l’hôpital St-Louis ; il était dans un état de somnolence et d’engourdissement qui empêcha que l’on ne pût obtenir de lui le moindre renseignement. On trouva le cuir chevelu couvert de masses de larves et baigné d’une humeur sanieuse'et fétide; après l’avoir lavé, on reconnut qu’il était décollé , criblé de trous et soulevé en trois endroits par les larves, qui y formaient des tumeurs volumineuses Les paupières , rouges et œdématisées , ne permeUaienl pas de voir que ces aninmuxs-’étaien.t également logés dans les orbites; les yeux étaient perforés et le cristallin gauche était sorti par une large ouverture de la cornée avec cinq ou six larves attachées à la membrane cristalline; on en retira aussi une assez grande quantité des oreilles, où elles s’étaient engagées dans le commit auditif. D’autres larves s’étaient logées entre le gland et le prépuce, et elles en avaient déjà rongé une portion Après avoir lavé et pansé les plaies, on fit des frictions mercurielles pour achever de détruire les larves que l’on n’avait pu expulser, la suppuration s’établit d’une bonne nature, les parties gangrénées se séparèrent, et le malade paraissait aller mieux lorsqu’il succomba aux accidens cérébraux qui n’avaient pu être complètement conjurés. M. Boulin cite également l’histoire d’un mendiant qui, en 1829, dans le Lincolnshire, s’étant couché sous un arbre par un temps chaud, fut couvert de larves que des mouches -déposèrent , attirées qu’elles étaient par l’odeur d’un peu de viande qu’il portait avec du pain sous sa chemise, selon son habitude ; elles s’introduisirent sous la peau cl firent de tels ravages que ce malheureux expira après avoir été transporté à Attorney. M. Guérard, dans son article "insecte du Dictionnaire de médecine, fait remarquer que l’on ne doit pas s’étonner de ce que la viande que portait cei homme eût attiré ces insectes, car, dit-il, le sens de l’odorat est. si développé chez eux, que l’on voit les mouches à viande faire leur ponte sur le Gouet serpentaire, trompées
par l’odeur cadavéreuse qu'exhalent les fleurs dé cette plante.
Les cousins sont des insectes qui , par leurs piqûres, causent des douleurs assez vives, lorsqu’elles sont nombreuses. On a vu des animaux succomber aux piqûres de ces insectes, qui s’observent surtout par des températures chaudes et dans des lieux humides. Aux colonies, on donne à ces cousins le nom de Maringouins. (Y. Cousins.)
Les moustiques, qui appartiennent au genre Tipule, de l’ordre des Diptères et voisins des Cousins occasionnent par leurs piqûres des douleurs assez vives, surtout aux Européens qui ne sont pas acclimatés. On se garantit, sous les tropiques, de ces insectes, qui sont un véritable fléau, au moyen de rideaux de gaze dont on enveloppe les lits avec soin et qui ont recule nom de Moustiquaires. M. Moreau de Jonnès conseille, pour en débarrasser les casernes, de faire fermer les portes et les fenêtres un peu avant le coucher du soleil, en laissant une ouverture pour leur sortie ; car ces insectes se dirigent par instinct vers les derniers rayons de cet astre. On a conseillé aussi d’enduire de miel un globe de verre qui enveloppe le soir la lumière ; les insectes , attirés vers cet objet, viennent se coller aux parois du globe. Les soins que l’on doit prendre pour remédier à leurs piqûres ont été indiqués aux mots Cousin et' Abeille.
La fourmi, formica, appartient à l’ordre des Hyménoptères , section des porte-aiguillons, famille des Hétérogènes. Il existe plusieurs espèces de fourmis ,qui toutes sécrètent un liquide particulier que l’on a nommé acid e formique-, cet acide, qui est volatil, produit l’odeur particulière que l’on remarque lorsque seulement l’on approche d’une fourmilüère. Comme pour les abeilles, il existe dans chaque fourmilüère trois espèces de fourmis, les mâles, les femelles et les neutres ; les deux premières espèces sont pourvues d’ailes ; les mâles seuls ont un aiguillon. Après la fécondation, les femelles se débarrassent de leurs ailes qui persistent chez les mâles; les femelles vierges conservent leurs ailes et concourront avec les neutres aux soins donnés aux larves ; les femelles fécondées sont soignées et protégées par les neutres, dont un certain nombre les accompagne, toujours. On peut lire dans Hubert les détails les plus intéressants sur les mœurs des diverses espèces de fourmis, qui souvent se font d’une espèce à l’autre les guerres les plus régulières et les plus cruelles.
L’acide formique, qui est un des moyens de défense de ces insectes, est contenu dans leur abdomen ; ils le projettent sur leurs ennemis lorsqu'ils veulent les éloigner, elles mâles le laissent écouler dans 3a petite plaie qu’ils font avec leurs aiguillons, c’est ce qui rend leurs piqûres si douloureuses. Il suffît que des fourmis de la grosse espèce soient en contact avec la peau pour déterminer des rougeurs et des ampoules , qui vont quelquefois jusqu’à soulever l’épiderme et produire l’effet d'un vésicatoire.
L’acide formique a été longuement étudié par les chimistes, et l’on a meme proposé de l’employer en médecine; il est puissant, et sa prépare en
jetant des fourmis dans l’eau bouiiianteetfa îsant digérer celle eau avec de nouveaux insectes jusqu’à ce que l’on ait obtenu le degré de saturation que l’on désire. Pour l’obtenir pur, on 3c prépare en écrasant des fourmis et les arrosant d’un peu d’eau; on exprime le liquide convenablement et on le sature ensuite par le carbonate de potasse : Pour le débarrasser des matières étrangère-, on verse unesolulion de sulfale de fer, qui précipite les matières organiques, et cette solution doit être ajoutée jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité; on achève de saturer la liqueur en ajoutant de la potasse; on évapore jusqu’à siccité et l'on distille ensuite le résidusur l’acide sulfurique. L’on obtient ainsi l’acide formique qui, à l’état de concentration, est liquide, incolore, d’une odeur piquante et agréable, moins âcre que l’acide acétique auquel on a. proposé, à tort, de le substituer dans l’économie domestique. On a proposé aussi cet acide pour préparer des limonades. En chimie, on prépare d’une manière artificielle l’acide formique en distillant de l’acide tar trique ou de l’amidon sur de l’acide sulfurique étendu d’eau ; le produit est de l’acide formique étendu.
Les fourmis écrasées ont clé employées à l'extérieur en cataplasmes dans certaines douleurs rhumatismales chroniques , dans des paralysies, dos œdèmes, l’on dit en avoir obtenu de bons résultats. On conçoit que, dans tous les cas cû il faut produire une excitation très-forte de la peau, ce moyen ait été employé avec avantage; c’est par conséquent un très-bon dérivatif qui peut, dans quelques circonstances, remplacer les sinapismes.
On a aussi employé comme moyen hémostatique le nid d’une fourmi, (la fourmi liépincuse do Cayenne), qui est formé avec le duvet des feuilles d’une espèce de fromager ; cette substance parait arrêter les hémorrhagies avec beaucoup plus d’efficacité que l’agaric (amadou).
Les fourmis sont souvent un véritable fléau pour les jardins; quelquefois on les a vu envahir les maisons et obliger les habitants de les abandonner. Les moyens qu’on emploie pour se débarrasser de ces hôtes incommodes ne sont pas toujours efficaces. Dans les jardins , ce sont des bouteilles remplies d’eau dans laquelle on a fait bouillir du miel, que l’on suspend aux arbres ei dans lesquelles les fourmis viennent se noyer attirées \ ar l’cdeur. Dans les cas où elles envahiraient les maisons au point d’en chasser les habitants , ainsi que cela s’est vu à Londres et à Brighton, les fumigations sulfureuses seraient les moyens les plus convenables pour les éloigner et les détruire. Quant aux moyens de remédier aux inconvénients de leurs piqûres, ils ne sont pas différents de ceux qui ont été indiqués aux mots Abeille et Cousin.
Les scolopendres , qui appartiennent à Tordre des Myriapodes, paraissent avoir causé dans les colonies des symptômes fâcheux par leurs morsures. Aux Antilles, au Sénégal, on cite des accidents déterminés par cette cause. Yverbe rapporte l’histoire d’un jeune homme qui, au Sénégal, pendant son sommeil, fut réveillé par une vive douleur au genou, qui, en quelques minutes, fut suivie d’ua
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gonflement de la grosseur du poing; au centre, on vit une petite tache noire que l’on regarda comme la morsure d’un scolopendre. Des frictions avec de l’ammoniaque liquide diminuèrent l’enflure et les douleurs, qui étaient très-vives; le malade guérit. Les médecins du Sénégal disent, qu’abandonnés à eux-mêmes, ces accidents peuvent devenir mortels. Les frictions avec l’ammoniaque, la cautérisation avec le fer rouge du lieu où a été faite la morsure, après l’avoir incisée, sontles moyens de traitement qu’ils mettent en usage.
Les chenilles ont quelquefois produit des érythèmes parleur action sur la peau. Lorry et Réauraur rapportent des cas de gonflement de la peau avec rougeur et même phlyctènes, ce qui constitue de véritables érysipèles, produits par le passage d’une chenille sur la peau du visage ou ducou.Réaumur éprouva cet accident et le vit arriver sur d’autres personnes par le fait seul d’avoir observé de près ces insectes. Amoureux d'it avoir éprouvé au visage du prurit avecrubéfaction pour avoir observé de très près, sans les toucher, des chenilles du pin, Ces accidents sont dus aux petits poils qui recouvrent le corps de ces chenilles, qui, en se détachant de leur corps, sont projetés dans l’air. Les cocons de quelques-uns de ces insectes produisent le même effet ; ce fait tient aux poils fins dont ils se dépouillent et qui entrent aussi dans le tissu de leur coque pendant qu’ils la travaillent. Des lotions, émollientes, lorsque la douleur est vive ; des compresses d’eau froide, dans le début, aiguisées avec un peu d’acétate de plomb , sont les moyens les plus efficaces pour faire disparaître ces accidents qui n’ont rien de grave. L’eau froide seule, et souvent renouvelée, est même un traitement qui réussit complètement.
V Araignée ne faisant pas partie de la classe des insectes, a été décrite à son nom. (Voy. ce mot.)
Pour les animaux qui peuvent se développer dans l’intérieur de nos tissus ou de nos organes, et qui n’appartiennent pas à la classe des insectes, V. Acéphalocysles , Acarus , Entozoaires , Hydatides. Dragonneau, Vers. J. P. Beaude.
insecticide {hyy.}, adj. Nom donné à des poudres ou des substances destinées à détruire les insectes, l a pyrèthre du Caucase, la staphysaigre, les préparations mercurielles, sont des insecticides. !V.- Insectes.)
insensibilité, s. f. (V. Anasthésie au Suppl.)
insensible ( physiol. ), adj. (de in négatif, sentirez sentir). On appelle ainsi les tissus organiques qui n’éprouvent aucune impression perçue de la part des agents intérieurs ou extérieurs. (Y. Sensations.)
UffSEUTiON [anat.], s. f. (de insertio, greffe). C’est l’implantation d’un organe sur un autre, d’un tendon sur un os, par exemple.En pathologie, insertion est pris quelquefois pour synonyme d’inoculation.
insolation ( hygiène j, s. f. On donne ce nom à l’exposition prolongée aux rayons du soleil. L’insolation, surtout pendant les grandes chaleurs, peut être une cause de maladie : on a vu des moissonneurs, travaillant au milieu de la campagne et exposés à un soleil ardent, succomber tout à coup atteints d’une congestion encéphalique. On voit aussi pendant une longue marche, et principale-
ment dans les pays chauds, les soldats soumis aux rayons du soleil tomber évanouis, et souvent même périr sur-le-champ d’une congestion céréprale ou d’une apoplexie pulmonaire : ces exemples se sont rencontrés dans nos dernières campagnes d’Afrique. L’insolation peut aussi causer la folie ; il est d’observation que dans les campagnes , c’est pendant l’été que l’aliénation mentale se déclare le plus souvent chez les cultivateurs : on rapporte que Charles VI présenta les premiers symptômes de folie après avoir été exposé au soleil pendant une chasse. Enfin, il est surtout une maladie qui résulte fréquemment de l’insolation c’est l’érysipèle le plus souvent léger ; il est connu sous le nom de coup de soleil ; les parties ordinairement couvertes exposées par hasard aux rayons solaires, y sont les plus sujettes comme on le voit souvent sur les baigneurs. Il est souvent dangereux d’en recevoir sur la face, sur le cou et même sur le cuir chevelu , car des accidents graves peuvent souvent être déterminés par cette cause. Lorsqu’il n’y a qu’un léger érysipèle , un simple érythème , il suffit de quelques lotions émollientes sur la peau ; lorsque la douleur est un peu vive, on peut appliquer une légère couche de crème très-fraîche que l’on renouvelle toutes les deux ou trois heures. Ce remède si simple suffit souvent pour faire disparaître la douleur en peu de temps et la rougeur en vingt-quatre heures.
Loin d’être une cause de maladie, l’insolation peut être, dans certains cas, une ressource favorable pour le rétablissement de la santé. Elle a une action tonique convenable aux convalescents et aux personnes faibles, principalement aux enfants scrofuleux, aux jeunes filles chlorotiques, et en général à tous ces êtres frêles et étiolés qui paraissent pécher par un défaut d’énergie vitale. H. L.
insomnie, ( path .) s. f., ( insomnia , de in, négatif, et desomnws, sommeil, privation de sommeil). L’insomnie, dont la définition se trouve dans l’étymologie, ne doit pas être confondue avec le cauchemar, l’incube, etc., qui sont des troubles du sommeil et dont l’histoire est traitée à ce mot.
Je passe de suite aux causes. L’insomnie se rencontre plutôt chez les vieillards que chez les jeunes sujets, chez les femmes que chez Ses hommes, et plutôt enfin chezles personnes douées d’une constitution nerveuse et irritable que chez celles qui sont sanguines ou surtout lymphatiques. Une indigestion, l’usage de certains aliments et de quelques substances qui agissent sur les nerfs, telles queîe thé, le café, les liqueurs alcooliques, ont souvent pour effet de priver du sommeil, quelquefois pendant deux nuits de suite. Ce phénomène est assez commun au début des maladies aiguës, il coïncide alors avec du malaise, de la fièvre; dans les maladies qui s’accompagnent de douleurs violentes, les rhumatismes, par exemple, on voit de malheureux malades passer deux et même trois semaines sans pouvoir goûter un seul moment de repos ; la même chose arrive encore dans certains cas de syphilis constitutionnelle, chez les sujets que tourmentent des douleurs ostéocopes nocturnes. L’insomnie est le cortège presque inséparable d’un grand nom"
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bre de névroses, la mélancolie, la folie principalement ; on la rencontre encore dans des lésions des centres nerveux. Un de nos collaborateurs m a rapporté l’exemple d’un ancien militaire, âgé de 74 ans, qui avait reçu une blessure intéressant la moelle épinière. Il en était résulté un tremblement continuel qui ne pouvait être calmé que par de fortes doses d’opium , un gros et même au-delà. Depuis que l’événement était arrivé, il n’avait pu dormir un seul instant, malgré l’usage de narcotiques aussi énergiques , et il charmait la longueur de ses nuits par des lectures. Les émotions morales vives, de plaisir ou de douleur, causent une agitation qui éloigne le sommeil , et les poètes ont représenté l’insomnie assise au chevet du coupable.
L’insomnie prolongée fatigue considérablement : la face devient pâle, livide, colorée aux pommettes seulement; les yeux sont rouges, injectés, douloureux; les membres languissent, brisés par une courbature continuelle ; la bouche est sèche , les urines rares ; il y a d’ordinaire constipation, et trèssouvent aussi éruption de petites pustules de varus au visage et aux épaules. Les effets de l’insomnie s’ajoutant à la cause qui la produit , peuvent occasionner de graves maladies. Cependant , nous devons le dire, on a vu des personnes rester des mois, des années entières sans sommeil, et n’éprouver d’autre inconvénient que la fatigue et rabattement inséparables d’une semblable privation. Hâtons-nous de dire que ce sont surtout les fous qui jouissent de ce privilège.
Quant au pronostic que l’on peut tirer de l’insomnie, il est en rapport avec la gravité de la cause qui la fait naître ; ainsi elle est d’un mauvais signe dans les fièvres graves ; mais elle a une bien moindre importance dans les affections nerveuses et mentales, et surtout dans la folie et la mélancolie.
Lieutaud , qui a consacré dans son Précis de Médecine un chapitre très -bien fait à l’insomnie nous apprend que beaucoup de personnes ont fini par retrouver le sommeil qu’elles avaient perdu en s’imposant l’obligation de ne rester que quelques heures au lit. On a employé avec avantage les boissons rafraîchissantes, le petit-lait, la solution de sirop d’orgeat, la limonade, etc. La saignée peut être utile en certains cas. Les bains tièdes et prolongés, que l’on administre immédiatement avant le coucher, sont très-avantageux. Un exercice modéré pris à la campagne, dans un air pur, peut contribuer à rétablir le sommeil ; mais, par contre, les fatigues extrêmes amènent quelquefois l’insomnie, a On sait, dit Lieutaud, que bien des gens s’endorment au murmure d’une fontaine, et au son de la voix d’un lecteur. On connaît toute l’efficacité des sermons. Quelques-uns enfin ont été obligés de se faire bercer. » Il ne faut, en général, recourir aux narcotiques qu’à la dernière extrémité, et jamais sans l’avis d'un médecin ; car pour beaucoup de personnes , l’opium et ses succédanés peuvent avoir d’assez graves inconvénients 5 enfin , quand on les emploie , il faut en user avec beaucoup de ménagement et de modération, parce qu’on s’habitue très facilement à leur actioh ; il faut bientôt de hautes doses pour procurer le sommeil, et on cont. 11.
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naît tous les dangers de l’opium pris en grande quantité. (V. Opium.) J. P. Beaude.
inspirateur (physiol.), adj. ( de in dans, spirare, respirer). Les muscles inspirateurs sont ceux qui servent à l’ampliation de la poitrine dans l’acte de la respiration. (Voyez ce mot.)
inspiration ( physiol . ) , s. f. (Mêmes racines que le mot précédent.) Acte physiologique par lequel l’air est introduit dans les poumons. (V. Respiration.)
instillation (thérap.) , s. f. (de in dans, stilla, goutte). Action par laquelle on verse goutte à goutte un liquide. C’est ainsi que s’emploient beaucoup de collyres : on en verse quelques gouttes entre les paupières maintenues écartées.
instrument ( chir .), s. m. ( instrumentum ). On appelle ainsi tout agent mécanique destiné à l’accomplissement d’une opération quelconque. Tels sont les lancettes, les bistouris, les ciseaux, les scies du chirurgien , les machines pneumatiques , les piles voltaïques , les microscopes du physicien , les cornues et les alambics du chimiste, elc.(V. ces mots.)
insufflation ( path . thérap. ), s. f. (du latin insu fflatio). C’eslY action d’insuffler de l’air ou d’autres gaz dans l’économie. A la suite de l’asphyxie par submersion, de celle des enfants nouveau-nés, on insuffle de l’air dans les poumons pour rappeler la vie (V. Asphyxie) ; la fumée de tabac est quelquefois insufflée dans l’intestin rectum pour rappeler la vie par l’excitation de cet intestin. Des poudres que l’on a nommées collyres secs sont quelquefois insufflées dans l’œil comme moyen thérapeutique.
L’insufflation du tissu cellulaire a été quelquefois pratiquée pour simuler des maladies par le gonflement qu’il produit; mais cette espèce d’emphysème artificiel disparaît assez promptement et ne peut en imposer qu’à des médecins peu attentifs. Les insufflations naturelles, qui ont lieu par les blessures des poumons ou des voies aériennes, constituent l’emphysème ainsi que le développement pathologique des gaz dans le tissu cellulaire (V* Emphysème.). J. B.
intelligence. (V. Phrénologie.)
intempérance ( physiol . ), s. f. (in négatif, temperentia, modération), abus, excès d’alimens et de boissons (V. Indigestion, Ivresse.).
intempérie (physiol.), s. f. (in négatif, tcmperies, bonne constitution de l’air), altération dans l’état de l’atmosphère. Dans le langage de Galien, ce mot signifiait une modification dans l’élat de chaud, de froid, de sec ou d’humide, des humeurs ou des organes solides.
intense (physiol., path), adj. (in vers, tensus, tendu). Épithète qui caractérise l’énergie d"une cause quelconque.
intention ( pathol .), s. f. (de in vers, tentio, tension de l’esprit). C’est le résultat que Ton veut at- 5*
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teindre. On dit en chirurgie que l’on réunit une piaie par première intention, quand on détermine l'agglutination de ses lèvres de manière qu’elle puisse guérir sans suppuration. Quand celle-ci a lieu, la réunion est dite par seconde intention. (¥. Plaie.)
intercalaire fpath.), adj .(de inter calare, placer entre). On appelle jours intercalaires ceux qui séparent les jours d’accès dans les fièvres intermittentes , ou ceux qui séparent les jours de crise.
inter-claviculaire (anat.). adj. (inter, entre, clavicula, clavicule), ce qui est situé entre les cia- | vicules. On désigne ainsi soit la région elle- j même, soit un faisceau fibreux qui s’étend en arrière de l’extrémité sternale d’une clavicule à l’autre.
intercostal (anat.), adj. (inter, entre, costa, côte), ce qui est situé entre les côtes. Les espaces intercostaux forment des bandes courbes et parallèles qui se voient très bien sur la cage ossed'se du thorax d’un squelette. Ces espaces sont remplis par divers organes qui portent le même nom. — Les muscles intercostaux sont distingués en internes et externes. Les premiers se portent obliquement de haut en bas et d’avant en arrière de la lèvre interne du bord inférieur de chaque côte au bord supérieur delà côte inférieure ; les seconds affectent une disposition inverse ; ils marchent de haut en bas et d’arrière en avant de la lèvre externe, du bord inférieur de chaque côte au bord supérieur de la côte inférieure. — Les artères intercostales sont en nombre variable : les supérieures viennent de la sous-clavière; les inférieures, au nombre de neuf ordinairement, proviennent directement de l’aorte. — Les veines intercostales sont en nombre égal à celui des artères : les supérieures se jettent le plus souvent dans la sous-clavière; les inférieures s’épanchent dans l’azygos. — Les nerfs intercostaux, au nombre de douze, viennent des branches antérieures des nerfs dorsaux. J. B.
intercurrent, te (path.), adj. (inter, entre, cur. rere, courir). On appelle aujourd’hui maladies intercurrentes celles qui surviennent pendant le cours d’une autre affection dont elles sont indépendantes.
inter-épineux (anat.), adj. (inter, entre, spina, épine du dos). On appelle muscles inter-épineux ceux qui sont situés entre les apophyses épineuses des vertèbres ; on en a fait trois classes, dénommées suivant les trois régions de la colonne vertébrale. 1° Inter-épineux cervicaux, au nombre de douze, six de chaque côté ; 2o inter-épineux du dos. Ce sont des portions du muscle transversaire épineux; 3° inter-épineux des lombes. Ce sont de véritables ligaments. J. B.
inter-maxillaire ( anat. ), adj. (inter, entre, maxilla , mâchoire). Les os inter maxillaires ou incisifs sont deux petits os qui, chez les animaux, se trouvent situés entre les deux maxillaires supérieur» et forment l’extrémité du museau. Cette
disposition a été admise chez l’homme par quelques anatomistes anciens et modernes, et même donna lieu en Allemagne à l’opinion ridicule que l’homme avait autrefois été un quadrupède. L’existencedecesos dans l’espèce humaine estforteraent contestée par les anatomistes modernes. Cependant on a constaté leur existence chez quelques sujets.
intermittence (path.), s. f. (intermissio, intervalle). C’est l’état de calme qui sépare deux accès dans les maladies qui suivent celte marche.— Il y a intermittence du pouls quand , de temps en temps , soit régulièrement soit irrégulièrement , une pulsation manque complètement.
intermittent, te (path ), adj . (inter mittens, qui a des intervalles'. Les maladies intermittentes sont celles qui marchent par accès , telles sont les fièvres de ce nom, certaines névralgies, etc. Quand l’intermittence est régulière, on réussit ordinairement très-bien à guérir par le quinquina la malanie qui présente ce type. (Y. Fièvres intermittentes, Névralgie.)
interne (path .J, adj. ( internus , intérieur), se dit de tous les organes situés profondément dans les grandes cavités. On appelle pathologie interne ou médecine proprement dite la science qui s’occupe de la maladie de ces organes , par opposition à la chirurgie, qui s’occupe plutôt des maladies externes.
inter-osseux, se (anat.), adj. et s. m. (inter, et ossa , entre les os). On appelle, 1° intervalle interosseux celui qui sépare deux os, mais surtout ceux de la main et du pied, de l’avanl-bras et de la jambe; 2° ligament inter-osseux, une toile fibreuse qui unit le radius et le cubitus d’une part, le tibia et le péroné de l’autre ; 3° muscles inter-osseux, ceux qui se rencontrent dans les intervalles des os du métacarpe et du métatarse. Ils sont au nombre de vingt-huit, sept pour chaque main, sept pour chaque pied. Il y en a deux pour chacun des trois doigts ou orteils moyens, un pour le petit ou le petit orteil, le pouce et le gros orteil n’en ont pas; 40 artère inter-osseuse à l’avant-bras , celle qui, née de la cubitale, se partage en deux branches qui suivent, l’une la partie antérieure, l’autre la partie postérieure du ligament inter-osseux. A la main, les inter-osseuses métacarpiennes dorsales sontformées par la radiale; les métacarpiennes palmaires proviennent de l’arcade palmaire profonde. Le pied présente une disposition analogue. J. B.
interstice (anat.), s.m. (interstitium, intervalle). On appelle ainsi l’intervalle qui existe entre deux corps ou deux saillies d’un même corps.
intebtr an s vers aire (anat.), adj. et s. m. (inter-transver salis). On appelle ainsi des muscles situés dans les intervalles des apophyses transverses des vertèbres du cou et des lombes. On a aussi donné le nom de ligaments interlransversaires à des faisceaux fibréux qui s’attachent à toutes les apophyses transverses , et forment par leur réu-
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nion un seul ligament occupant toute l’étendue de la colonne vertébrale. 3. B.
intertrigo (méd.J , s. m. [intertrigo, de tero , je frotte, inter, entre deux). On désigne ainsi en pathologie cutanée des rougeurs inflammatoires , accompagnées quelquefois d’excoriations, et qui se manifestent sur des parties soumises à des frottements répétés, ou au contact de matières âcres et irritantes ; du reste, tous les nosographes, et Sauvages , entre autres , en ont fait une variété de l’Erythème.
Le siège habituel de cette maladie est à l’entour des parties génitales, aux aines, entre les fesses ou entre les cuisses , sur les grandes lèvres chez la femme , ou au périnée et sur les bourses chez l’homme; onia rencontre principalement chez les enfants au berceau qu’on laisse trop long-temps dans des langes imprégnés d’urine ou de matières fécales, chez ceux qui sont très-gras, ou qui sont maintenus trop serrés dans leur maillot; les personnes très-replêtes y sont assez exposées , ainsi que les femmes qui ont, par la vulve, des écoulements ichoreux ou de mauvaise nature. Enfin plusieurs auteurs ont noté que le véritable érythème intertrigineux se montrait assez ordinairement sur le scrotum des vieillards affectés de paralysie de vessie , et chez lesquels l’urine filtrait incessamment goutte à goutte,
Dans l’interlrigo, la peau est d’un rouge vif, tendue , luisante , présentant souvent çà et là des fissures , des excorations, au niveau desquelles l’épiderme est enlevé. Cette affection est souvent accompagnée d’un prurit ou de démangeaisons très-vifs et très-cuisants , et les excoriations sont dues , la plupart du temps , à l’action des ongles du malade que la sensation qu’il éprouve sollicite impérieusement à se gratter ; d’autres fois, ce n’est plus de la démangeaison, mais c’est un picottement insupportablepoussé, dans certaines circonstances, jusqu’à priver le patient du sommeil. On a remarqué que, surtout chez les femmes,, le prurit dont les parties génitales étaient le siège, excitait vivement au coït.
L’intertrigo pourrait être confondu avec la dartre squameuse humide, qui se montre assez fréquemment dans les mêmes régions ; mais il s’en distingue par le défaut d’une exsudation susceptible de se coaguler e>n écailles, et la facilité avec laquelle il cède aux moyens propres à le combattre.
Traitement. Si le mal est léger et peu étendu, quelques lotions émollientes avec l’eau de cerfeuil, de son, de guimauve, etc., suffiront pour le faire disparaître promptement ; quand il est dû au frottement des chairs, comme il arrive chez les personnes grasses, on le guérira pa*r les mêmes moyens, mais surtout en saupoudrant les parties malades de certaines poudres .absorbantes, telles que la poudre delycopode, d’amidon, etc. Si le mal est très-étendu, que la cuisson soit fort vive , outre les lotions dont nous avons parlé, on pourra appliquer des cataplasmes de fécule de pommes de terre, et les renouveler plusieurs fois par jour ; les bains entiers d’eau de son seront en même temps fort
avantageux. Ces moyens locaux ne seraient pas suffisants si le malade ne se mettait à un régime rafraîchissant (petit-lait ou bouillon de veau pour boisson, viandes blanches, légumes verts pour nourriture, etc.). Les enfants affectés d’interlrigo seront changés souvent de linges et nettoyés soigneusement ; chez les vieillards qui urinent par regorgement, on couvrira les parties malades de taffetas gommé pour les défendre contre l’action irritante de l’urine ; les femmes tourmentées d’écoulements âcres, devront se garnir et renouveler fréquemment les linges très-fins, d’ailleurs, dont elles se serviront. Contrairement à l’usage de quelques médecins , nous proscrirons ici toutes les pommades, même les plus adoucissantes , telle que la pommade de concombre , à cause des corps gras qui entrent dans la composition de ces médicaments , et qui , placés en contact avec le tégument échauffé, deviennent bientôt rances et irritants à leur tour. Beaugrand,
inter-vertébral fanat.J, adj. [inter entre, vertebra vertèbre) , qui est situé entre les vertèbres. Le nom de cartilages inter-vertébraux est donné à des rondelles fibro- cartilagineuses élastiques situées entre les corps des vertèbres.
intestin (anat.J s. m.(du latin intestinus, intérieur, qui est en dedans; en grec enteron). Généralement on entend par intestin ou canal intestinal un long tube présentant plusieurs renflements, et s’étendant delà bouche à l’anus. Mais dans l’usage ordinaire, on désigne par ce mot la portion du conduit intestinal ou digestif qui siège dans l’abdomen, et partant de l’estomac, s’étend après un grand nombre de sinuosités jusqu’à l’anus. C’est ce que dans le vulgaire on nomme les boyaux. Sa longueur totale est beaucoup moindre chez les animaux carnivores que chez les herbivores. Chez l’homme adulte elle varie de quatre à cinq fois la longueur du corps, c’est-à-dire de vingt-cinq à trente pieds.
L’intestin ainsi limité est lui-même formé de plusieurs parties, et d’abord on le divise en intestin grêle, et gros intestin. Le premier est formé de trois parties : le duodénum, (v. ce mot), qui fait suite à l’estomac , le jéjunum qui vient après, et l’iléon qui termine la portion grêle du tube digestif. Le gros intestin est composé aussi de trois parties, le cæcum qui succède à l’iléon , puis le colon (v. ces deux mots), et enfin le rectum qui aboutit entre les deux fesses par une ouverture que l’on nomme anus. Comme on le voit, ces organes, quoique diversement dénommés sont les parties d’un même tout. C’est une même rue qui change plusieurs fois de nom. La forme générale de l’intestin est cylindrique, plus ou moins large dans ses différentes portions. Considéré dans toute son étendue, il présente une grande courbure générale, libre par sa convexité, mais retenue du côté de sa concavité par divers replis du péritoine qu’on nomme mésentère.
Dans quelque partie que vous l’envisagiez, il offre à peu près la même structure : on lui trouve
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quatre tuniques que nous allons rapidement décrire en procédant de dehors en dedans.
1°. La séreuse. C’est l’enveloppe extérieure qui lui est formée par le péritoine : en abandonnant l’intestin , celte membrane se reporte vers la partie postérieure de l’abdomen et forme les replis que nous avons mentionnés sous le nom de mésentère,
2°. La musculeuse. Les intestins présentent plusieurs plans de fibres musculaires : les unes superficielles, et assez clair-semées , sont longitudinales; les autres sont circulaires , sans faire cependant le tour complet de l’intestin. Les fibres longitudinales existent surtout dans l’instestin grêle vers le côté du mésentère; dans le gros intestin, elles se présentent réunies en trois bandes qui modifient la forme générale de cette partie du canal digestif.
3°. Les anciens distinguaient sous le nom de tunique nerveuse le tissu cellulaire qui unit la tunique musculeuse à la membrane interne des intestins : aujourd’hui les anatomistes la nomment tunique celluleuse D’après un excellent travail publié récemment par M. N. Guillot, elle esttoutô-fait vasculaire et constituée par un réseau inextricable de capillaires veineux. ( Journal Y Expérience, T. \. p. 162).
4°. Membrane muqueuse. La surface de cette membrane n’est pas partout la même : dans l’intestin grêle elle est hérissée de petits prolongements fins et déliés , qui sont très-rapprochés, et donnent à la membrane, vue à la loupe, l’apparence d’un gazon touffu ou d’un duvet très-serré. Ces villosités manquent dans le gros intestin, mais ici la surface muqueuse est parsemée d’une foule de dépressions ou d’aréoles très-petites que l’on ne peut voir à l’œil nu. La tunique muqueuse présente une foule de petites poches isolées (follicule de Brunner), ou réunies et groupées (follicules agminés de Peyer), auxquelles M. Guillot conteste le caractère de glandes. Du reste, la tunique dont nous parlons est mince , demi-transparente , d’un blanc rosé et parcourue par un lacis de vaisseaux très-fins : elle forme dans presque toute l’étendue du tube digestif des replis circulaires ou presque circulaires, que l’on nomme valvules conniventes.
Les nerfs de l’intestin proviennent du grand sympathique ; ses artères, des deux mésentériques ; et ses veines, de la veine-porte. Ses vaisseaux lymphatiques, très-nombreux , vont se rendre au réservoir de Pecquet et au canal thoracique.
Les gros intestins, cæcum et colon, ont été décrits à part (v. ces mots); quant au rectum , il sera décrit plus loin; ses maladies offrant aussi quelque chose de spécial, seront indiquées en même-temps ( v. Rectum ).
Je n’entrerai pas ici dans le détail de la formation del’inlestin chez l'embryon, ou plutôt des di. verses opinions des auteurs à ce sujet. Celte question sera traitée au mot Ovologie.
Enfin, nous renverrons à l’article Digestion pour tout ce qui concerne la physiologie de l’intestin.
intestin (maladies de 1’). Il yaquelques années encore, alors que la doctrine physiologique était
toute puissante , les intestins étaient regardés comme le point de départ presque constant de toutes les maladies. On avait remarqué que ces organes recevaient un assez grand nombre de filets nerveux provenant du grand sympathique, ei on avait dit que leur vitalité était nécessairemenl très prononcée : on avait vu qu’une multitude d( vaisseaux se ramifiaient dans leurs parois, et dès lors on disait que l’inflammation devait y être trèsfréquente ; le passage continuel des matières alimentaires ne pouvait agir que comme un modifica teur stimulant, qui devait très- facilement y fairi naître d’abord l’irritation, et bientôt un appe’ de sang plus considérable , c’est-à-dire l’inflam mation : raisonnant toujours dans la même hy pothèse et à priori, on ajoutait: les intestin! sont réunis à tous les organes par des liens plu; ou moins étroits de sympathie ; toutes les irri talions qui viennent à s’y développer iront don» retentir sur les autres parties avec d’autan plus d’énergie que la sympathie sera plus pro noncée ; ainsi la réaction sur le cœur et le sys tème circulatoire amènera la fièvre; sur le cerveai elle produira des troubles intellectuels divers le délire, la stupeur, etc., etc. Celle doctrine, spécieuse au premier coup-d’oeil, entraîna, dès soi apparition, l’enthousiasme des élèves séduits paj une théorie aussi simple, et qui réduisait à uni seule toutes les maladies qu’il leur fallait étudie] séparément : quelques médecins instruits se laissèrent eux-mêmes prendre à l’amorce , et se ran gèrent, tête baissée, sous l’étendard arboré par h chef et qu’il avait décoré de celte devise : « doctrine physiologique. » Mais une observation plus attentive vint bientôt renverser tout ce brillani échafaudage ; on reconnut que les intestins élaien beaucoup moins irritables qu’on ne l’avait prétendu, que les stimulations mêmes auxquellesils étaient continuellement et normalement soumis de la part des aliments ne produisent pas les effets qu’or leur avait attribués ; que les désordres observés du côté de l’intestin étaient bien souvent l’effet sympathique de désordres dansles autres organes ou d’ur état morbide général, ou d’une viciation des liquides : qu’enfin, alors même que le point de départ existait réellement dans les intestins , la lésion était loin de constituer toujours une inflammation. Cela bien reconnu aujourd’hui, et l’état des choses ainsi posé, nous allons examiner quelles sont les maladies dont le tube digestif peut être attaqué.
I. Inflammation des intestins. Entérite. Le nom d’entérite, ou entéritis, a été donné depuis long-temps à l’inflammation de la tunique muqueuse des intestins. Nous allons d’abord l’étudier dans son état aigu, nous verrons ensuite les phénomènes qu’elle présente à l’état chronique.
A. Entérite aiguë. 1° Anatomie pathologique. Lorsque le malade a succombé et que l’on a fait l’autopsie de son cadavre, on trouve la membrane muqueuse colorée en rouge dans différents points de son étendue, ou dans une partie continue et plus ou moins considérable ; en même temps la membrane s’est épaissie , elle a perdu sa consistance , elle est devenue molle, friable. Souvent
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des ulcérations plus ou moins profondes s’y sont développées, ont rongé les différentes tuniques au point d’amener dans certains cas rares une perforation de l’intestin qui laisse passer les matières fécales dans la capacité du ventre, d’où une péritonite mortelle. (Y. Péritonite.) Quelquefois il se forme des concrétions molles et blanchâtres, analogues à du blanc d’œuf à demi cuit, et qu’on nomme des fausses membranes (v. Muguet)-, du pus peut être sécrété par les parois enflammées et rendu avec les selles ; dans d’autres cas, on trouve ce liquide infiltré entre les tuniques phlogosées- Quant à la gangrène, on l’observe fort rarement.
2° Les causes de l’entérite ont, en partie, été exposées aux mots gastrite et gastro-entérite ; nous allons les énumérer rapidement ; nous ferons remarquer d'abord que tous les âges et tous les sexes y sont à peu près également exposés, et nous mentionnerons ensuite, comme causes efficientes, tous les agents irritants qui portent directement leur action sur la muqueuse digestive ; tels sont les poisons irritants, alcalins ou acides; des purgatifs violents ou donnés inconsidérément; une alimentation trop succulente ou de mauvaise nature, et qui laisse beaucoup derésidus excrémentiels; des substances putréfiées ou seulement trop avancées ; les excès dans l’alimentation, surtout pendant la convalescence de maladies graves; d’autrefois l’impression brusque du froid, principalement si le corps est en sueur, la répercussion brusque de la goutte, du rhumatisme ou d’un exanthème ; ailleurs elle semble se continuer et faire suite aux phlegmasies de l’estomac ou d’un organe voisin, tel que le foie ou le péritoine. Enfin, dans certains cas, la phlogose intestinale est le produit d’un obstacle au cours de la circulation des matières fécales (tumeurs, invagination, étranglement, etc.). 3°Relativement aux symptômes , nous allons les examiner d’abord d’une manière générale, c’est-à-dire que nous supposerons l’inflammation étendue depuis l’estomac jusqu’au rectum exclusivement, nous étudierons ensuite rapidement les variétés. Lamaladie est ordinairement précédée de malaises, de troubles dans les facultés digestives, elle succède même assez souvent à une indigestion; bientôt surviennent des frissons irréguliers, une douleur sourde au voisinage de l’ombilic, augmentant par la pression et l’ingestion des boissons ; le reste du ventre est ordinairement endolori et distendu par des gaz logés dans les intestins grêles. Les selles sont ici fort importantes à considérer : si la maladie est légère, a son début il y a assez communément constipation, d’autrefois diarrhée, mais, dans tous les cas, celle ci ne tarde pas à survenir ; suivant M. Broussais, l’apparition de la diarrhée annonce le moment où l’inflammation qui occupait d’abord l’intestin grêle, descend et franchit la valvule iléo-cœcale pour envahir le gros intestin. La nature des évacuations est très-variable , d’abord ce sont des matières fécales demi-liquides mêlées de mucosités ou de bile, et d’une fétidité extrême ; plus tard ce sont seulement des mucosités ou de la bile seules ou mêlées de sang; quelquefois du sang est rendu tout pur, les éva-
cuations sont annoncées par des coliques assez vives, des borborygmes, et d’ordinaire elles n’amènent que peu ou même point de soulagement à leur suite : en même temps, la langue est rouge et pointue, la soif assez vive, la peau sèche et brûlante, les urines rouges peu abondantes et épaisses, le pouls dur et fréquent. Si l’inflammation est très-violente ou mal combattue, la tension et le météorisme du ventre font de nouveaux progrès ; la langue se sèche et se noircit, le pouls est plus petit, plus accéléré, les selles, d’une fétidité insupportable, s’échappent involontairement; le délire survient et le malade succombe.
Dans les cas moins graves (et ce sont de beaucoup les plus communs), ou si le mal a été pris bien à propos, la fièvre diminue, les douleurs deviennent moins vives, les selles moins liquides et moins répétées, la peau redevient moite et souple, tout annonce, en un mot, une amélioration qui, bien dirigée, conduit en peu de temps le malade à la guérison.
L’entérite aiguë présente plusieurs variétés, suivant qu’on l’envisage sous différents points de vue ; et d’abord, quant au siège, on a dit que le duodénum pouvait être enflammé isolément; je crois cet accident fort rare, si tant est qu’on l’ait véritablement observé ; suivant nous, la duodénite figure plutôt comme complication que comme cause dans les affections bilieuses et les phlegmasies du foie. Quant au colon, il est assez fréquemment atteint d’inflammation; on a aussi exagéré la valeur de cet accident, toutefois beaucoup de médecins s’accordent à regarder plusieurs diarrhées et la dysenterie comme de véritables colites.
Les phlegmasies du cæcum ont été , dans ces derniers temps , bien étudiées par les Allemands et surtout par Albers de Bremen, qui les a désignées sous le nom de typhlitis; elles sont surtout caractérisées par de la douleur dans la fosse iliaque droite, des selles abondantes, un engourdissement dans la cuisse droite , etc.... Assez souvent ces inflammations s’étendent aux parties voisines et déterminent le phlegmon de la fosse iliaque.
( perityphlite .)
L’inflammation, dans les circonstances que nous avons examinées, attaque la membrane muqueuse seule ; mais il est des cas où les petits corps que nous avons désignés sous le nom de glandes de Peyer et de Brunner sont les seuls affectés ; cela s’observe dans la dothinentérite , et quelques auteurs ont donné à celte maladie le nom d’entérite folliculeuse. Nous avons dit que l’on trouvait quelquefois la muqueuse intestinale tapissée de fausses membranes ; c’est principalement chez les très-jeunes enfants que ce phénomène s’observe; il ne paraît pas que l’on puisse le reconnaître sur le vivant à des signes particuliers, à moins qu’il n’y ait en même temps de ces fausses membranes rejetées par les selles, ou qu’il ne s’en produise au pourtour de l’anus : cette maladie parait, dans certains cas, avoir régné d’une manière épidémique.
Des ulcérations existent assez fréquemment dans l’intestin ; elles se rencontrent presque constamment dans la fièvre typhoïde, bien souvent dans la
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dysenterie et la phthisie pulmonaire; je renverrai à l’histoire de ces maladies pour les détails et l’appréciation delavaleurde ces accidents. Les auteurs anciens ont mentionné la grangrèue intestinale comme terminaison assez commune del’ entérite; ces cas sont, au contraire, fort rares, et, hors le cas de hernie étranglée, ou d’étranglement interne (V. Colique de miserere), il y en a fort peu d’exemples authentiques (pour les symptômes Y .Hernie étranglée) .
Envisagée suivant les causes, l’entérite présente aussi quelques particularités ; d'abord, quant aux âges, nous dirons avec Billard, quelle est très-commune chez les enfants à la mamelle, et nous ajouterons que dans le premier âge elle est une des causes les plus communes de mortalité ; c’est ce dont j’ai pu me convaincre pendant mon séjour à l’hôpital des enfants; elle est peut-être plus rare chez les vieillards.
L’entérite qui succède aux blessures du ventre est dite chirurgicale ou traumatique ; elle offre pour caractère principal l’émission du sang par l’anus ou par le vomissement; l’entérite par empoisonnement est plus rare que la gastrite produite par la même cause; du reste, ses phénomènes ont été exposés au mot gastro-entérite. Rien n’est plus commun chez les rhumatisans et les goutteux que de voir survenir une véritable entérite, soit à la suite d’un écart de régime, soit au moment ou une affection goutteuse ou rhumatismale vient à disparaître, c’est ce qu’on a appelé gouttes remontées ou rétrocédées ; ces entérites sont fort graves la fièvre est très-forte, les douleurs intenses; il est rare qu’en même temps les autres principaux viscères, les poumons, le cerveau, le cœur, ne soient pas affectés simultanément d’une manière très-marquée. Quelquefois ces inflammations cèdent et disparaissent avec la même promptitude qu’elles sont venues, mais d’autres fois, la mort en est la terminaison fatale. Il est bien rare aussi que les fièvres éruptives, la variole, la scarlatine, etc., ne soient pas compliquées d’entérite, surtout au début ; celle-ci est quelquefois tellement intense, qu’elle masque l’affection principale et cause la mort ; c’est au médecin à veiller attentivement sur l’état du ventre pendant ces maladies.
B. Entérite chronique. Elle succède aune entérite aiguë, ou bien elle est primitive, et alors son début est très-obscur. Les individus qui en sont atteints, ressentent des douleurs sourdes , un malaise général, des alternatives de constipation et de diarrhée; ils perdent leurs forces et leur embonpoint. L’entérite chronique est seule, ou bien elle coïncide comme primitive ou secondaire avec d’autres maladies chroniques , la phthisie pulmonaire par exemple. On a donné le nom de phthisie intestinale à l’entérite chronique, qui fait périr les malades dans le marasme. Les symptômes de cette maladie sont en général peu saillants , la douleur est d’ordinaire assez légère; le ventre tend à se déprimer; le plus souvent il y a diarrhée dès le début, d’autrefois, il y a eu d’abord constipation; cette diarrhée est constituée, tantôt par de la sérosité colorée en jaune, tantôt par des mucosités, quelquefois l’un et l’autre en même temps ; certains
individus, les enfants surtout, rendent des matières argileuses; enfin, du pus peut être rejeté avec ces différentes matières, Il arrive dans certains cas que les aliments, traversant le tube digestif sans être digérés, sortent encore reconnaissables : c’est la lienterie, qui s’observe assez souvent chez les sujets très-jeunes; l’estomac étant sain, une faim fort vive tourmente souvent les malades, et ceux-ci demandent à grands cris des aliments qui redoublent les douleurs et la diarrhée. Les symptômes généraux sont beaucoup plus rares dans l’entérite chronique que dans l’entérite aiguë ; et dans le premier cas, la plupart des sujets succombent dans le marasme sans avoir eu de fièvre. Si le malade est tourmenté de sueurs, on peut affirmer qu’il y a en même temps maladie des poumons.
Diagnostic del' entérite : 1° aiguë. L’inflammation j aiguë de l’intestin se distingue de la péritonite par une douleur moins vive, l’état plus satisfaisant de la face, la plénitude du pouls et la diarrhée ; de la colique de plomb, par la présence de la fièvre et le dévoiement; du rhumatisme des parois abdominaux, par le siège plus profond de la douleur qui est aussi moins vive que dans celui-ci, et l’état des selles; enfin, la fièvre typhoïde offre un ensemble de phénomènes trop caractéristiques pour pouvoir jamais induire en erreur (Y. Dothinentérite ); 2° chronique. On a quelquefois regardé comme entérites chroniques certains troubles nerveux de l’intestin, un simple embarras intestinal, etc. ; mais dans les affections nerveuses, il y a plutôt constipation que diarrhée, et la douleur diminue plutôt quelle n’augmente par la pression sur le ventre : c’est le contraire dans l’entérite.
Le Pronostic est nécessairement variable suivant la gravité de la cause et des complications, et le degré d’acuité de la maladie ; il est grave quand l’entérite est fort intense ou causée par un poison, quand elle complique la variole ou la scarlatine , etc.; ce que l’on doit surtout redouter, ce sont les rechutes : une imprudence , un écart de régime pendant la convalescence, n’ont que trop souvent occasionné la mort.
Traitement. Les détails dans lesquels sont entrés les auteurs des deux excellents articles Gastrite et gastro-entérite de ce dictionnaire, me dispensent de parler ici du traitement de l’entérite aiguë, je ne ferais que répéter les sages conseils qu’ils ont donnés.
Quelques mots seulement sur l’entérite chronique. J’ai vu plusieurs fois obtenir d’excellents résultats par de larges vésicatoires appliqués sur la région des flancs ; on peut encore tirer grand parti d’un petit vésicatoire mis sur la région iliaque droite, et que Ton saupoudre d’hydrochlorate de morphine , commençant par un quart de grain, et répétant le pansement toutes les vingt-quatre heures ; on porte ainsi la dose à un ou deux grains : le choix du régime est de la plus haute importance; il faut donner des substances douces à la fois, et qui laissent peu de résidu ; tel est le riz , telles sont les fécules, les viandes blanches, les œufs; on évitera les légumes et les viandes.