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avec laquelle on obtient en teinture des nuances fauves et brunes assez solides. Si l’on en croit Tibulle , les dames romaines , pour dissimuler les ravages du temps, teignaient en brun leurs cheveux blancs au moyen d’une forte décoction de brou de noix. Il sert de nos jours à préparer une liqueur ou ratafia que quelques praticiens conseillent comme tonique et stomachique, et qui est d’une heureuse indication contre les écoulements ou leucorrhées chroniques. L’amande à l’état récent, et privée de l’épicarpe, est blanche; sa saveur est douce et agréable; elle forme émulsion avec l’eau et peut, dans certains cas, remplacer l’amande douce ( amygdalus communié). Sèche, elle est jaunâtre, onctueuse au toucher , et fournit par expression une huile de couleur jaune-verdâtre, douce si elle a été extraite à froid et en temps opportun. Cette huile se congèle à 27 degrés ; sa pesanteur spécifique est de 0,963 , l’eau étant 1,000; elle est alimentaire dans certaines contrées , et , comme toutes les huiles fixes , légèrement laxative.
Les noix sont servies sur nos tables avant et apres leur maturité : dans. le premier cas, elles prennent le nom de cerneaux. Elles entrent dans la préparation pharmaceutique connue sous la dénomination assez inexacte d 'eau de trois noix. Bien que son emploi soit presque complètement tombé en désuétude , nous allons cependant , attendu la propriété apéritive dont elle jouit , indiquer son mode de préparation. Il s’effectue en trois époques : on commence par faire une forte décoction de chatons de noyer (c’est un assemblage de fleurs sessiles fixées autour d'un axe central qui tombe de lui-même en se désarticulant après la floraison) ; on fait infuser de nouveaux chatons dans cette décoction, puis on distille et on conserve. Plus tard , lorsque le fruit est encore peu développé , on le cueille , on le pile et on le fait infuser dans l’eau distillée de chatons ; enfin , lorsqu’il a atteint son développement, on l’écrase , on le fait macérer dans l’eau de seconde infusion , on filtre, et on conserve pour l’usage.
Le principe actif de cette préparation étant évidemment le tannin , rien de plus simple que de l’extraire et de l’unir à un principe mucilagineux quelconque qui tempérerait leur action ; on aurait ainsi un médicament plus certain et d’une conservation plus facile. Il n’est pas douteux pour nous que la complication du procédé , la facilité avec laquelle cette préparation s’altère, n’aient puissamment contribué à en faire abandonner l’usage.
Les espèces et variétés de noix ne sont pas trèsnombreuses; il en est une, celle pacane , originaire de l’Amérique Septentrionale, qui offre quelque intérêt. Depuis quelques années, les marchands de comestibles s’en approvisionnent par la voie du commerce , soit de Cuba , où le pacanier est très-abondant, soit des environs de Toulon, où des essais de propagation ont été tentés avec succès.
L’huile de noix pacane récemment extraite, soit par expression, soit au moyen de l’éther, est douce et inodore; elle a la propriété de favoriser singulièrement la division du mercure. Planche, auteur de cette observation , a remarqué qu’elle n’était pas exclusive cependant , et que l'huile de noix commune (juglans regia) la possédait également.
Les noix ne présentent pas , comme aliment, les inconvénients qu’on leur attribue de gâter la voix et
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nuire à la poitrine ; elles ne peuvent offrir de dangers que lorsqu’elles sont rances: elles irritent alors fortement l’estomac, et peuvent même déterminer le vomissement. Mangées en trop grande abondance elles sont indigestes , et c’est un de ces aliments bons et sains dont il ne faut user qu’avec modération.
Les feuilles du noyer , qui sont très-aromatiques , ont été indiquées comme remède contre la calvitie; on en fait une décoction avec laquelle on se lave la tête deux fois par jour : quelques personnes disent avoir arrêté la chute des cheveux par ce moyen. On les a conseillées en infusion dans l’ictère ; les feuilles vertes et écrasées ont été employées en frictions contre la gale. La seconde écorce du noyer a été regardée comme pouvant produire la vésication lorsqu’on l’afait macérer dans le vinaigre. Les feuilles sèches se mettent dans les vêtements afin d’en chasser les teignes qui souvent les attaquent. Les anciens, et surtout Dioscoride, ont regardé l’ombrage du noyer comme étant funeste pour la santé , parce qu’il causait la fièvre et des affections soporeuses ; cette opinion, qui existe encore à l’état de préjugé dans quelques lieux, est complètement dénuée de fondement; l’odeur fortement aromatique des feuilles peut déterminer quelques douleurs de tête chez les personnes nerveuses. En 1811 , on a tenté de retirer du sucre de la sève du noyer ; on en a obtenu deux livres et demie pour cent livres de liciuide.
Noix d’Arec, de Galle, Muscade. (Y. ces mots.
Noix des Barhades. (V. Médicinier.)
Noix de Médecine. (Y. Médicinier .)
Noix igasur (mat.méd.), s. f. On désigne sous ce nom la fève de saint Ignace, qui est le noyau du Strychnos Ignatii, plante sermenteuse des Philippines: cette substance est très-amère; elle a été employée comme fébrifuge; elle contient ainsi que la noix vomique, la strychnine, qui est un poison narcotique âcre.
Noix vomique (bat,), s. f. , frui^du Strychnos vomiquier (. Strychnos nux vomica,L.) , famille des StrychnéesouApocynées de J.
C’est une sorte de baie globuleuse uniloculaire , crustacée extérieurement , charnue et pulpeuse intérieurement ; son volume égale celui d’une pomme ou d’une orange. Elle renferme un grand nombre de semences ou graines orbiculaires dépriméeset aplaties , de couleur grisâtre ; la pellicule qui les recouvre est lanugineuse et comme nacrée; leur parenchyme est de contexture cornée; elles sont inodores, âcres, et d’une amertume extrême. C’est à ces graines qu’on donne vulgairement le nom de noix vomique. Leur action sur l’homme est très-énergique; elle l’est également pour un grand nombre d’animaux , tels que les loups et les chiens ; mais d’autres , et notamment les chevaux , les moutons , les herbivores en général , y sont peu sensibles.
On administrait autrefois la noix vomique comme anthelmenthique, vraisemblablement à cause de son amertume ; mais maintenant on en fait surtout usage, attendu son action spéciale sur le système nerveux et musculaire , contre la paralysie : à cet effet , on en prépare un extrait alcoolique , en faisant macérer , à plusieurs reprises , de la noix vomique râpée dans de l’alcool à 80 degrés centigrades , rapprochant
les diverses teintures et faisant évaporer jusqu’à consistance d’extrait pilulaire, que l’on administre à la dose de 4 à 5 grains dans les 24 heures.
On doit à MM. Pelletier et Caventou la connaissance du principe actif que contient cette substance; ils ont reconnu qu’eile était d’une nature alcaloïde , et lui ont donné le nom de strychnine ; elle est formée de petits cristaux à quatre pans , terminés par des pyramides à quatre faces. Ces cristaux sont peu solubles dans l’eau et dans l’alcool , inaltérables à l’air, infusibles et non volatiles.
On doit également à ces chimistes d’avoir signalé dans cette substance un autre principe auquel ils ont donné, attendu son principal caractère, le nom d 'acide igasurique. Il s’offre sous la forme de cristaux grenus, assez durs, très-solubles dans l’eau et dans l’alcool , ainsi que les sels qu’il forme avec les terres et les alcalis ; il rougit fortement le papier de tournesol, et n’altère pas la couleur des sels de fer. Son action sur l’économie animale est encore incertaine. Il n’en est pas de même de la strychnine ; elle agit spécialement sur la moelle épinière et sur les nerfs auxquels elle donne naissance. Quelques praticiens , voulant mettre à profit cette singulière propriété, l’ont administrée avec succès dans les paraplégies ; mais son emploi exige une grande réserve : on doit tenir compte de l’excitabilité du système nerveux, car elle produit souvent des soubresauts ou des secousses tétaniques qui persistent même après le traitement , et qu’il est souvent impossible d’empêcher. On l’a aussi administrée contre la paralysie saturnine , ou colique de plomb.
T/Couverchel,
Membre de l’Acadcmie de Médecine.
MOLÏ ÏSE tangere ( chir .) , mots latins qui signifient ne me touche pas. On désigne ainsi certains boutons chancreux ou cancéreux qui se développent ordinairement au visage , et surtout aux lèvres, et qui s’exaspèrent par tous les topiques médicamenteux appliqués pour les guérir. La cautérisation avec des caustiques actifs ou le fer rouge doit être seule employée au début, et l’ablation par l’instrument tranchant est le moyen le plus convenable lorsque ces cancers sontulcérés et d’un volume assez considérable. (V. Cancer.) J. B.
nombril ( anat .), s. m. (V. Ombilic .) nosocomial ( path .), adj. ( nosocomialis , de nosocomium , hôpital) ; qui a rapport aux hôpitaux. On a donné l’épithète de nosocomiales aux fièvres et au typhus contagieux qui se développent dans l’encombrement des grands hôpitaux.
nosographie ( littérat . méd.), s. f. (du grec nosos , maladie, et graphèin, décrire). On donne ce nom aux corps d’ouvrages qui traitent d’une manière méthodique de la description de toutes les maladies. Les nosographies sont ou médicales ou chirurgicales, suivant la nature des maladies dont elles traitent, cette séparation ayant encore lieu pour l’enseignement. J. B.
nosologie ( littérat . méd.), s. f. (du grec nosos, maladie, et logos, discours, discours sur les maladies). Ce mot est quelquefois employé comme synonyme de nosographie; mais quelques auteurs pensent qu’il ne doit être employé que pour désigner un traité général de pathologie.
nosomanie, s. f. de nosos maladie, et de mania manie. On donne ce nom à une affection
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mentale analogue à l’hypocondrie ; les nosomanes sont des malades imaginaires.
nostalgie (i méd .), s. f. (du grec nostos, retour, et algos , douleur); mot de création moderne, qui remonte au commencement du siècle dernier. On donne ce nom à un état de mélancolie, effet du chagrin causé par l’éloignement du pays, le désir d’y rentrer, et la crainte bien ou mal fondée d’en être séparé pour toujours. Cet état, que , dans le langage ordinaire, on appelle la maladie du pays , a été désigné par divers auteurs sous les noms de nostomania, nostopatridalgia, etc.
L’homme tient naturellement à son pays; c’est là que sont ses parents, ses amis, et tout ce qu’il aime. Les coutumes, la langue et les lois de ce pays sont les siennes. Des liens de plus en plus chers l’y attachent chaque jour davantage. Il n’est donc pas étonnant qu’il ne puisse s’en éloigner sans regrets, surtout si cet éloignement est involontaire , et accompagné de circonstances pénibles. Ces regrets deviennent de plus en plus vifs, et jettent dans un chagrin, un désespoir insurmontable; l’idée du pays préoccupe constamment, et à la fin la santé et la raison s’altèrent. Ainsi s’explique la nostalgie, et telles sont ses causes premières. Indiquons , maintenant, les causes secondaires qui influent sur sa fréquence, son intensité, etc.
Cette maladie n’est rien moins que rare ; on la rencontre presqu’à tout âge, dans les deux sexes, et dans tous les rangs de la société , mais non point partout également.
Les jeunes gens, plus exposés aux causes de cette affection , sont par cela même plus souvent atteints de nostalgie que les adultes et les vieillards ; les hommes le sont plus que les femmes, et les classes inférieures plus que les supérieures.
C’est parmi les jeunes soldats , les conscrits, les prisonniers de guerre, les nègres esclaves, qu’elle fait le plus de ravages. Elle sévit aussi, mais avec muins de violence, sur les personnes qui quittent leur famille pour aller au loin chercher du service, ou exercer quelque chétive industrie , comme font les Auvergnats, les Savoyards et d’autres encore. Chez les étudiants de nos écoles, elle est plus rare; cependant, tous les ans, on en observe plusieurs exemples. Les voyageurs en sont quelquefois pris au milieu de leurs excursions; enfin, elle est commune chez les malheureux exilés. On connaît les plaintes éloquentes d’Ovide, et les beaux vers que lui dicta le désir de revoir sa patrie. C’est ce même désir impérieux, irrésistible, qui porta plusieurs des émigrés français à braver la peine de mort prononcée contre ceux qui remettraient le pied sur le territoire national.
Le développement de cette maladie est favorisé par tout ce qui rend plus pénible la transition des habitudes premières à celles auxquelles sont forcés de se plier ceux que leur mauvaise fortune retient hors de chez eux. Ainsi , dans les armées , on compte plus ou moins de nostalgiques, dans les differents corps, selon que la discipline y est plus ou moins rigoureuse , et le service plus ou moins rude. Par une raison à peu près semblable, les habitants de la campagne , dont les coutumes sont si éloignées des usages militaires , sont atteints de nostalgie eu bien plus grand nombre que les recrues tirées des villes. Entre les diverses provinces, on
trouve quelques différences analogues. Les pays de montagnes, dont la population jouit de plus de liberté, et a, en général, des mœurs plus simples, fournissent des hommes qu’il est bien plus difficile de former au métier des armes. II en est de même des contrées que leur configuration isole des autres, témoin les Suisses, les Bretons, les Basques, etc.
La triste-se aussi favorise puissamment le développement de la nostalgie. Le dénuement, les fatigues excessives, la mauvaise alimentation , une défaite, ont souvent ce fâcheux résultat sur les troupes. Dans le dernier cas, la nostalgie se montre, pour ainsi dire, sous forme d’épidémie, et il en arrive autant à bord, dans les longues traversées, pendant les gros temps, les tempêtes , et à la suite des accidents de mer.
L’influence des souvenirs est quelquefois bien marquée. Le ranz des vaches , cet air fameux des bergers suisses, a, dans plusieurs occasions, décidé l’apparition des symptômes de nostalgie chez des soldats de cette nation. Il a suffi, pour produire le même effet sur d’autres, de la vue d’un costume, du son d’un instrument, de la cornemuse, par exemple. La plupart de ces causes ont, au reste, beaucoup moins d’influence sur les esprits cultivés que sur ceux qui n’ont reçu que peu ou point d’éducation. L’ignorance, dans cette occasion comme dans beaucoup d’autres, laisse sans défense contre des dangers qu’une raison exercée surmonte aisément. Ou a vu cependant des hommes éminents , et d’une intelligence forte, tomber aussi dans le désespoir nostalgique ; mais ce cas est fort rare.
Faisons remarquer, en dernier lieu, que la beauté et les ressources du pays que l’on a quitté ne sont pour rien dans le sentiment si vif qui nous reporte constamment vers lui. La nostalgie sévit avec autant 6. énergie sur le Groenlandais arraché à ses glaces perpétuelles , que sur l’habitant de la plus belle contrée du globe retenu malgré lui en terre étrangère. On a vu des Lapons, comblés de soins et abondamment pourvus de tout ce qui leur était nécessaire, mourir à Paris regrettant leurs foyers. Les souffrances matérielles ne doivent donc pas être exclusivement mises en ligne de compte ; elles ne sont pas les seules qui concourent à la nostalgie. Passons apx symptômes.
Les symptômes marchent avec lenteur ou rapidité. De là, la nostalgie chronique , et la nostalgie aiguë, compliquée ou non de dyssenterie, de scorbut, de fièvre jaune, de peste ou de phthisie. Nous allons nous borner ici à la nostalgie chronique simple, la plus fréquente sans contredit.
Le début est à peine marqué dans le plus grand nombre des cas. Le malade passe insensiblement du chagrin qui le tourmente à l’état nostalgique proprement dit ; ses forces diminuent, son visage pâlit- Il n’a pas d’appétit, et se plaint d’un sentiment d’anxiété dans la région précordiale, ce qu’il exprime en disant qu’il a le cœur serré; le pouls est petit et faible , le sommeil interrompu par des rêves dans lesquels le pays tient toujours la plus grande place. Le jour, le malade fuit la lumière, recherche la solitude, et reste silencieux. S’il parle, ce n’est que pour déplorer son malheur, l’impossibilité de revoir jamais ses foyers. II est d’ailleurs timide, réservé , comme honteux de son état. Son pays seul l’occupe. Par moment il tombe dans des rêveries pendant
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