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lesquelles son imagination le transporte au milieu des siens. Il goûte ainsi quelques moments de bonheur; mais l’illusion passe bientôt, etil retombe dans la triste réalité : alors, il verse des larmes amères, ou rentre dans son morne silence. Cependant son visage exprime de profondes souffrances. Par moments son front s’échauffe , il survient de la céphalalgie, de l’irritabilité ; puis la fièvre, le délire et les convulsions se déclarent, ainsi que les autres symptômes d’une excitation cérébrale : à cette excitation succède un abattement physique et moral chaque fois plus profond; enfin la raison se perd tout-à-fait. Cependant l’amaigrissement devient extrême , et la mort arrive par épuisement, à moins que quelque accident inflammatoire ou apoplectique ne soit venu mettre un terme plus prompt à toutes ces douleurs.
A l’autopsie cadavérique on ne trouve ordinairement que peu d’altérations. Le cerveau offre à sa surface une injection légère, et dans ses membranes une infiltration séreuse semblable à celle que l’on rencontre à la suite de tant d’autres affections ; quelquefois aussi on n’aperçoit rien. Quant aux lésions d’un autre ordre que l’on remarque dans certains cas , elles tiennent aux complications et non à la nostalgie elle-même.
Le diagnostic de cette maladie offre plusieurs points à considérer. Les militaires, dans l’espoir d’obtenir un congé, la simulent assez souvent. Ils imitent bien plusieurs de ses symptômes, mais le calme de leur visage, leur répugnance pour les remèdes qu’on leur prescrit, et surtout l’empressement qu’ils-mettent à parler de leurs foyers, les trahissent presque toujours. Les véritables nostalgiques, honteux, comme nous l’avons déjà dit, de leur état, ne font, au contraire, aucune allusion à leur pays. On les reconnaît à leur goût pour la solitude, à leur réserve habituelle, à l’expression inquiète de leur physionomie, et, lorsque la maladie est confirmée, aux désordres de presque toutes leurs fonctions. Plus près du début, et lorsqu’il n’y a encore que des symptômes nerveux, le diagnostic îst moins facile.
La nostalgie , abandonnée à elle-même , est toujours une maladie grave; elle l’est, d’ailleurs, plus ou moins, selon les circonstances qui ont présidé à son développement. Combattue à temps, elle est très-susceptible de guérison. Sous ce rapport , l’ancien adage, qui patriam quœrit mortem invenit, est loin d’être exact.
On peut, jusqu’à un certain point, prévenir la nostalgie. L’expérience a démontré l’excellence de plusieurs moyens dirigés contre les causes secondaires dont nous avons parlé. Ainsi, dans les armées, il faudra s’attacher à rendre aussi douce que possible, pour les conscrits et les jeunes soldats, leur nouvelle position. On ne les découragera pas par des punitions trop sévères; on les rassurera sur les chances qu’ils courent. La musique, la drfnse et différents exercices , fourniront à des chefs habiles et prudents les moyens de distraire convenablement les troupes pendant les heures d’inaction , si dangereuses dans les garnisons et à bord. On ne perdra aucune occasion d’améliorer leur situation, le dénuement et les privations ayant une influence évidente sur le moral, et par suite sur le développement de la nostalgie.
Cette maladie déclarée, le traitement proprement dit se réduit à peu de chose : l’excitation cérébrale
sera combattue dans l’occasion par les antiphlogistiques et les dérivatifs ordinaires. Ces accidents dissipés, reste à s’occuper delà préoccupation d’esprit, et du chagrin qui mine la santé. Or les paroles affectueuses, consolantes, y réussissent quelquefois. On a guéri des malades en causant avec eux de leurs parents , de leurs amis , et en témoignant de l’intérêt pour leur position. Il a suffi de faire voir aux uns quelques-uns de ces parents, ou de leur prouver par des lettres que les communications avec leur pays n’étaient point interceptées. Chez d’autres, on est parvenu à rétablir le calme par la promesse positive de les renvoyer dans leurs foyers. On en a vu qui , à peine partis , ont éprouvé tant de satisfaction de se voirlibres, qu’ils se sont trouvés débarrassés de toutesleurs inquiétudes, et sont revenus reprendre leur place sous le drapeau. D’autres , enfin , après avoir fait le voyagejusqu'aubout, ne sont pas restés plus de trois heures chez eux, et sont repartis guéris. On sait que la part du moral dans la guérison n’est pas moindre que dans la production du mal. Il faudra donc s’attacher à gagner la confiance de ces malheureux , leur promettre de les faire partir, et tenir cette promesse, s’il est possible. Il importe, en outre, de le faire en temps opportun, et avant que le dérangement de la santé ne soit porté trop loin.
A. Dalmas,
Professeur agrégé de la faculté de médecine de Paris ; Médecin de la Salpétrière^
WOSTOMAKriE. (Y. nostalgie .)
isot algie ( path ., s. f.) du grec notos , le dos, etalgos, douleur). Quelques auteurs seservent de ce motpourdésignerunedouleurdanslarégiondudos.
NOUÉ, ée, ( chir .), adj. On se sert vulgairement decemotpourindiquerlegonflementrachitiquequi se développe dans les articulations chez les enfants. On dit un enfantnoué , pour désigner un enfant chez lequel s’est développée cette altération des os. On donne aussi le nom de goutte nouée aux affections goutteuses accompagnées de concrétions tophacées ou de nodosités autour des articulations malades. (V. Rhumatisme, Scrofule.) J. B.
ktoîiet (pharm.)i s. m. ( nodulus , petit nœud). On donne ce nom au petit linge dans lequel les pharmaciens enveloppent des substances destinées à préparer des infusions ou des décoctions. Dans la préparation de la tisane de Feltz, le sulfure d’antimoine pulvérisé est enfermé dans un petit uouet. Ce moyen permet de retirer ces substances à volonté, et empêche qu’elles ne se répandent dans le liquide, dont on les séparerait ensuite difficilement. J. B.
EtfoURKics (hyg.)\ S. f. La nourrice remplace la mère, et nourrit l’enfant que. celle-ci ne peut pas allaiter. De tout temps et chez tous les peuples, il a dû arriver qu’un enfant nouveau-né fût quelquefois nourri par une autre que par sa mère, la maladie ou la mort venant lui enlever sa nourrice naturelle ; mais ce sont surtout les coutumes , les usages, la mode , qui règlent la conduite des mères à cet égard. Pendant longtemps , une femnœ du monde n’aurait pas plus nourri son enfant qu’elle ne se serait servi elle-même ; aujourd’hui chacun suit ses instincts et ses goûts. S’il est beaucoup de femmes capables de nourrir et qui s’affranchissent de ce devoir, il n’y en a pas moins qui nourrissent en dépit des mauvaises conditions où elles se trouvent, au grand détriment de leurs enfants. Dans'