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tous les cas , si la mère renonce à allaiter ellemême, il faut s’occuper du choix d’une nourrice; ce choix est toujours fort difficile, et il est assez rare de rencontrer, dans les femmes qui s’offrent pour remplir cette importante fonction, les conditions et les garanties que l’on est en droit d’exiger. Mais la difficulté est encore augmentée par les idées fausses qu’ont la plupart des mères; elles attachent souvent plus de prix aux qualités accessoires qu’aux qualités importantes et essentielles. Le choix d’une ^nourrice est pour beaucoup d’entre elles une affaire de goût , et les apparences extérieures l’emportent fréquemment sur le fond même ; on se laisse volontiers séduire par la bonne mine , par une physionomie agréable , par le costume même , et il n’est pas rare qu’un beau bonnet normand ait décidé du choix.
J’apprécie beaucoup une nourrice d’une figure agréable , pourvu que sa constitution et sa santé soient irréprochables, et qu’elle soit bien fournie de lait , et de bon lait. La première chose à faire, quand il s’agit de choisir une nourrice, est donc de s’assurer qu’elle possède un lait de bonne nature, riche en éléments nutritifs, pur dans sa composition, et suffisamment abondant. Dans l’état actuel de nos connaissances, la meilleure manière, le procédé le plus pratique pour s’assurer de l’état du lait, est l’examen microscopique ; on reconnaît au nombre des globules, à leur aspect , à leur pureté ou à leur mélange avec quelques autres produits accidentels de sécrétion, s’il est riche ou pauvre, pur ou impur, en un mot , s’il est propre à une bonne alimentation. 11 n’est pas moins nécessaire d’apporter l’attention la plus sévère à la constitution et à la santé générale des nourrices.
Tout le monde comprend la nécessité de rechercher une femme bien constituée , n’ayant aucune prédisposition morbide , aucun vice organique , héréditaire ; la moindre tendance aux affections dartreuse, scrofuleuse, le moindre soupçon sur l’état de la poitrine , doivent faire immédiatement repousser la femme de la plus belle apparence. La parfaite intégrité des facultés mentales est également une condition indispensable. Quant à ce que l’on appelle tempérament, j’ai peu de confiance aux divisions classiques établies, et je n’exclue que les dispositions extrêmes, telles qu’un état lymphatique prononcé , ou une disposition nerveuse excessive, moins rare peut-être qu’on ne pense chez les femmes de la campagne ellesmêmes.
La santé proprement dite demande une observation scrupuleuse , et il n’y a pas de précautions trop grandes pour s’éclairer sur un point si délicat. Toute femme que l’on se propose de choisir pour nourrice doit être soumise à un examen complet de la part des médecins ; aucune recommandation , aucune assurance, ne peuvent inspirer une confiance suffisante, ni dispenser d’un examen direct, seul capable de donner une entière sécurité : trop d’exemples terribles justifient cette crainte et cette sévérité.
L’âge du lait doit être pris en considération ; et , à cet égard, une nourrice accouchée depuis quatre mois convient parfaitement à un enfant nouveauné ; au-delà de ce terme , il n’y a plus le même rapport entre l’état du lait et les forces digestives de
l’enfant; à plus forte raison ne puis-je admettre qu’une nourrice fasse plusieurs nourritures successives du même lait , comme on le pratique assez souvent.
L’expérience démontre qu’il n’y a aucun inconvénient pour l’enfant à changer de nourrice, pourvu qu’on lui donne de bon lait, bien pur et bien nourrissant. — Il vaut donc beaucoup mieux donner une autre nourrice à l’enfant , si la première tombe malade ou remplit mal ses fonctions , que de le sevrer trop tôt.
Le retour prématuré des époques ne nuit pas aussi souvent aux nourrissons qu’on se l’imagine dans le monde ; il n’y a rien d’absolu à cet égard, et cette circonstance ne doit pas être un motif de changer de nourrice, à moins que l’enfant ne paraisse souffrir réellement à chaque retour périodique.
La nourrice étant admise , l’allaitement doit être réglé de manière que l’enfant prenne ses repas à des heures à peu près fixes , à des intervalles suffisants pour lui laisser le temps de digérer , et non pas sans ordre, et à toute heure, en mettant les digestions l’une sur l’autre , sans lui donner le temps de les achever. Quant au régime alimentaire des nourrices , la seule règle à observer est la suivante : choisir les aliments qu’elles digèrent bien, et auxquels leur estomac est habitué ; repousser , au contraire, les substances réputées les plus favorables et les plus saines dont elles ne font pas usage dans leur vie ordinaire , et qu’elles supportent mal. Tout se réduit donc , pour les nourrices comme pour tout le monde, à bien digérer ce qu’on mange, et à ne pas manger avec excès. J1 est impossible d’établir une autre prescription fondée. J’en dirai autant des différentes espèces de boissons : le vin coupé d’eau est bon à celles qui en ont l’habitude ; de même que la bière convient aux femmes qui en font usage de tout temps. Mais il n’y a pas lieu d’attribuer une vertu particulière à l’une ou à l’autre , ainsi que beaucoup de personnes le pensent encore de la bière , par exemple ; le cidre lui-même réussit très-bien quand on le boit dès l’enfance.
Il est indispensable de faire prendre l’air aux nourrices et de leur donner de l’exercice; cette condition fait tellement partie de leur régime , qu’il ne faut pas attribuer le dépérissement de certaines femmes transportées de la campagne et du plein air dans les appartements renfermés de nos maisons de ville, leur ennui, et, par suite , la perte de leur lait, à d’autre cause qu’au défaut d’air et de promenade. Cette condition s'accorde d’ailleurs, on ne peut mieux , avec le bien-être et la santé de l’enfant. Al. Donné,
Docteur en médecine, Recteur de l'académie de Montpellier»
mouk,k.ï£îïeh. ( anat .) , adj. ( nutritius , de nufnYe ..‘nourrir). On donne le nom de conduit nourricier dans les os, aux canaux creusés dans leur épaisseur, pour donner passage aux artères et aux veines qui servent à leur nutrition. Ces artères, qui pénètrent dans les os pour s’y ramifier, ont reçu le nom d’artères nutricières. (V. Os. ) ktouveau - Bis ( physiol. ). (Y. Accouche ment, Nourrice, Infanticide. )
ijoyé. (Y. Asphyxie par submersion .) noyer. ( V. Noix.)
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tsVAGT3(phys.méd .), s.m. p. En physique, on r donne le nom de nuages aux vapeurs vésiculaires suspendues dans les régions moyennes de l’atmosphère,et qui se tiennent à diverses hauteurs, suivant
leur pesanteur .Lesnuagesjouentungrandroledans lesphénomènesmétéorologiques.(V.iiie7eoro/oÿ?e.)
nubilité ( physiol .), s. f. C’est l’âge auquel l’homme et la femme peuvent être propres au mariage. (Y. Puberté, Menstruation. ) nuqu£ ( anat. ) , s. f. , cervix. C’est la partie postérieure du cou ; la nuque est située au-dessous de la région occipitale.
nutricier, ère ( anat .), adj,(V. Nourricier. )
nutritif, ive ( physiol. ), adj. , nutritivus. - Se dit des choses qui ont rapport à la nutrition. (Y. ce mot.)
nutrition (physiol.), s. m. (du latin nutrire, nourrir, alimenter). On désigne par ce mot, en physiologie , cet acte mystérieux qui se passe au sein de la trame de nos organes , et par lequel chaque tissu convertit, molécule à molécule, une certaine portion du fluide sanguin en sa propre substance. Telle est, en effet, la différence fondamentale qui sépare le règne organique du règne inorganique, que le premier s’accroît ou s’entretient par une assimilation de substance, tandis que le second augmente de volume par une juxta-position de molécules autour d’un noyau central primitif, ou, comme on le dit, par agrégation.
Etudiée chez les animaux , la nutrition se compose manifestement de deux phénomènes opposés , l’un décomposition, l’autrede décomposition. Ainsi, le corps étant supposé parvenu à son plus haut point de développement , les molécules d’un organe qui ont déjà servi depuis quelque temps sont saisies par les absorbants, emportées dans les organes sécréteurs qui les rejettent hors de l’économie sous forme d’urine, de sueur, d’exhalaison pulmonaire, etc. En même temps, les matériaux apportés par le système artériel sanguin sont substitués à ceux qu’entraîne le système absorbant. De ce que nous venons de dire , il résulte qu’au bout d’un certain temps le corps entier a subi une complète rénovation. Quelques physiologistes ont voulu assigner un terme à ce renouvellement de la substance organique : le nombre de sept années , emprunté au numérisme mystique de Pythagore, devait tout naturellement se présenter à l’esprit; aussi n’a-t-on pas manqué de le poser comme un chiffre certain ; d’autres ont dit trois ans, d’autres quatre; le fait est que les calculs sur lesquels on s’est fondé pour mettre en avant ces divers nombres manquent de bases certaines. Le double phénomène dont nous venons de parler existe évidemment, quoiqu’on ait cherché à le nier; mais combien faut-il de temps pour que tout le corps ait subi son influence et se soit renouvelé intégralement? Voilà ce que nous ne savons pas, et ce que nous ne saurons probablement jamais.
Le mouvement de composition et de décomposition est-il également actif dans les différents organes? Je ne le crois pas; il semble s’effectuer d’une manière beaucoup plus rapide dans certaines parties , les os , les muscles , par exemple , que dans d’autres.
Il est certaines conditions généralement bien connues, bien appréciées, qui modifient d’une manière sensible la nutrition des tissus. Ainsi , plus un organe fonctionne avec énergie, plus son volume s’accroît : on sait que les danseurs ont les muscles des jambes, les forgerons, les boulangers, les muscles des bras, plus développés que ceux des autres hommes. On sait que des émotions vives et fréquentes , qu’un obstacle au cours de la circulation situé près du centre circulatoire, peuvent déterminer une hypertrophie du cœur; que, d’un autre côté, l’inaction, la compression , amènent à la longue le dépérissement, l’atrophie des organes inactifs ou comprimés.
L’élément nutritif et réparateur est , avons-nous dit , le fluide sanguin. Les divers organes y trouvent-ils tout formés les principes moléculaires qu’ils doivent s’assimiler? D’abord, on a dit que les globules dont se composent beaucoup de tissus , ainsi que le fait voir le microscope , n’étaient autres que les globules sanguins eux-mêmes : mais il n’y a pas identité de structure entre ces derniers et ceux des nerfs et des muscles que l’on prenait pour exemples. On est plus heureux si l’on examine la composition chimique du sang : en effet, on y rencontre toute formée l’albumine, qui entre dans la structure du système nerveux et de divers parenchymes ; la fibrine, qui forme la base des muscles; les phosphates calcaires, qui constituent la trame solide des os ; la graisse y existe également, mais c’est là tout; et les tissus organiques renferment encore d’autres principes immédiats que jusqu’à ce jour l’on n’a pas trouvésdanslesang. Il semble donc évident que la nutrition est un phénomène de chimie vivante qui se passe dans nos organes. Quant au mode de production de ce phénomène , plusieurs théories ont été émises à cet égard, mais complètement dépourvues de preuves ; aussi le lecteur ne devra pas regretter que les limites dans lesquelles nous devons nous renfermer nous empêchent de les reproduire ici. E. Beaugrand.
nyctalofib ( path .), s. f. (du grec nux, nuit, et optomai, je vois ; voir la nuit) . On désigne ainsi une névrose delà vue qui ne permet de distinguer les objets que la nuit, ou à un très-faible jour ; la nyctalopie est une affection opposée à l’héméralopie , qui ne permet de distinguer les objets qu’au grand jour. Nous avons réuni ces deux sujets dans un seul article, attendu les points de contact que présentent ces affections , bien que différentes dans leurs effets : nous commencerons par l’héméralopie
Héméralopie ( vue diurne , cécité nocturne , amblyopie crépusculaire ), maladie de l’organe visuel, qui ne permet de voir les objets que pendant le jour; mais le soir, au crépuscule, à la lumière de la lune ou des bougies , ceux qui sont affectés de cette maladie se trouvent dans l’impossibilité de distinguer les objets. La plupart des corps leur paraissent couverts d’un voile cendré , se convertissant bientôt en un nuage épais qui s’interpose entre leurs yeux et les objets qui les environnent. Leur pupille est plus serrée et moins mobile pendant le jour que chez les hommes dont les yeux sont sains; cette ouverture est très-large et immobile, au contraire, pendant la nuit; à la pointe du jour, la vue rede-
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vient très-bonne jusqu’au coucher du soleil. Il y a des héméralopes qui ne voient bien que pendant que le soleil est sur l’horizon, car dès qu’il est couché, ils ne distinguent plus rien , ou bien leur vue est confuse.
L’héméralopie s'accompagne quelquefois de céphalalgie ou de douleurs périodiques, qui s’exaspèrent vers le soir et précèdent quelquefois l’apparition de cette maladie. La terminaison de l’héméralopie n’est presque jamais funeste ; abandonnée à elle-même, cette affection se dissipe ordinairement au bout de quelques semaines; traitée convenablement, elle cède quelquefois en peu de jours.
Causes. — Les causes de l’héméralopie sont trèsnombreuses : la plupart des causes qui peuvent produire une amaurose, surtout l’air froid du matin et du soir pendant le printemps, peuvent aussi occasionner l’héméralopie. Dans certains' pays , elle se montre quelquefois épidémique ou endémique , comme on l’observe dans différentes contrées de la France , de la Pologne, du Brésil, aux îles Moluques, dans les parties marécageuses où l’on cultive beaucoup de riz , et quelquefois même en Allemagne (Weller). En 1787 et en 1832, l’héméralopie a régné épidémiquement en différents endroits, entre autres à Strasbourg (Stœber). L’héméralopie reparaît quelquefois après un an dans la même saison ; les récidives ne sont, en général, pas rares dans les pays où elle règne endémiquement.
Traitement. — On commence par détruire les causes occasionnelles qui affectent l’organe principal de la vue; on applique en même temps des vésicatoires volants derrière les oreilles : on peut employer avec beaucoup de succès les saignées , les vomitifs, suivis de l’emploi de décoctions sudorifiques, les laxatifs, la valériane , les pédiluves et le tartre, stibié administré à doses fractionnées, selon la méthode de Scarpa. Si la maladie présente les phénomènes d’une amblyopie amaurotique périodique , on doit la combattre avec le quinquina et ses diverses préparations.
Meisner rapporte qu’un grand nombre des habitants de la Podolie sont affectés d’héméralopie pendant le carême, et qu’ils se guérissent de cette maladieen mangeant du foie de coq ou de porc. En 1787, Ja vapeur de foie de bœuf bouilli servit à guérir, avec beaucoup de célérité, un grand nombre de soldats de la garnison de Strasbourg qui étaient atteints d’héméralopie.
Nyctalopie (vue nocturne , cécité diurne , amblyopia meridiana ). Cette affection est l’inverse de l’ héméralopie : les malades affectés de nyctalopie distinguent mal les objets , ou ne les voient pas du tout pendant le jour, tandis qu’ils recouvrent la vue dans les ténèbres ou à la lumière de la lune et des bougies.
Tous les ophthalmologistes distinguent deux espèces de nyctalopie , l 'essentielle et la symptomatique. La première dépend d’une augmentation de la sensibilité de la rétine, qui ne peut supporter l’impression de la lumière. Cette espèce est trèsrare, et, quand elle existe, elle présente tous les phénomènes d’une amblyopie ou amaurose périodique.
La nyctalopie symptomatique n’est que la suite d’une cataracte ou d’une taie qui, occupant le milieu de la cornée, s’oppose à l’entrée des rayons lumi-