CEDE
longtemps , ce qui se voit chez les gardes-malades qui ont passé plusieurs jours et plusieurs nuits assises auprès d’un malade sans se coucher. A la suite d’une fracture de jambe, à la suite d’une entorse, lorsqu’après avoir gardé un long repos on commence à marcher, le membre malade devient le siège d’un œdème qui est souvent plusieurs mois avant de disparaître complètement. Enfin, autour des abcès , des furoncles , de la pustule maligne, des érysipèles, il est assez commun de voir un léger œdème, trace du trouble apporté à la circulation capillaire dans la partie où siègent ces diverses affections.
La pléthore, les maladies du cœur, en gênant la circulation générale, et surtout en ralentissant l’abord du sang noir dans les cavités droites du cœur, peuvent produire un œdème dont le Siège ordinaire est aux extrémités inférieures. Dans ces cas, on le voit survenir cependant quelquefois à la face et aux membres supérieurs. Un a voulu rattacher ce sæge spécial de l’œdème à une lésion particulière du cœur, et on a dit que l’œdème de la figure s’observait dans les maladies de la portion gauche du cœur, tandis que celles du cœur droit amenaient un œdème des membres inférieurs. jNous ne pouvons admettre une telle manière de voir, en contradiction avec la plupart des faiis observés.
Eufin, l’œdème , comme nous l’avons dit, peut être consécutif à une altération du sang dans laquelle les parties séreuses de ce fluide ont augmenté de proportion relativement aux parties solides : ces conditions se trouvent dans l’anémie, à la suite de grandes pertes de sang, après une longue maladie , dans la chlorose, dans le scorbut , et dans un grand nombre de maladies chroniques à la fin desquelles existe cet état d’épuisement connu sous le nom de cachexie, fans ces différents cas, l'œdème existe aux parties les plus déclives. Dans une maladie particulière dont on ne connaît pas encore bien la nature, dans la maladie dite de Bright, caractérisée anatomiquement par l’existence de granulations dans les reins , l’anasarque s’observe comme un des principaux symptômes , et, avant qu’elle ne soit déclarée partout, souvent la maladie est annoncée par un léger œdème borné à la face.
Dans l’œdème du tissu cellulaire sous-cutané, les parties malades subissent une augmentation de volume ; en même temps la peau est, pâle, tendue, luisante; rarementil y a de la douleur, à moins que la tuméfaction ne soit portée très-loin, la distension de la peau devenant alors douloureuse. En pressant avec le doigt sur la partie œdématiée, on détermine une dépression qui persiste quelque temps après qu’on a cessé de comprimer. Ce signe est précieux, c’est celui dont on se sert le plus souvent pour distinguer l’œdeme des autres maladies dans lesquelles existe un gonflement du tissu cellulaire.
Dans quelques circonstances, lorsque l’œdème se trouve lié à l’existence d’un érysipèle, de la pustule maligne, d’un phlegmon, la couleur de la peau est un peu rouge, la pression est un peu douloureuse. Cet œdème a reçu le nom d 'actif, par opposition à la désignation de passif qu’il reçoit dans les circonstances où, consécutif à une gêne de la circulation: Veineuse , il ne s’accompagne ni de chaleur, ni de rougeur, ni de douleur.
Dans l’œdème sous -muqueux , il y a de même ,
par suite de l’infiltratiou, augmentation de volume appréciable à la vue , lorsque la partie malade est visible : ainsi , on voit souvent un œdème exister à la luette. Lorsque la maladie est située plus profondément , on ne peut apprécier par la vue l’infiltration, et ce n’est que par l’étude des symptômes qu’on parvient à la reconnaître: dans l’œdème de la glotte, qui survient le plus souvent dans le cours d’une phthisie laryngée avec ulcération, la dyspnée, la difficulté de l’inspiration, jointe à la facilité de l’aspiration, la première étant bruyante et pénible, la seconde sans bruit et aisée, sont des symptômes qui viennent faire reconnaître la maladie que, dans certains cas encore, on peut vérifier en portant le doigt sur le larynx, de manière à sentir l’infiltration.
Dans les organes intérieurs, l’œdème ne peut se reconnaître qu’à l’aide des seuls symptômes; dans le cerveau , il constitue une variété d’aliénation mentale dans laquelle domine la stupidité, dans l'œdème du poumon, la maladie se reconnaîià l’existence prolongée du râle crépitant humide, plus humide que celui de la pneumonie, à un peu de toux et à une légère dyspnée. Dans certains cas, on pourrait confondre cette maladie avec la pneumonie , mais on évitera cette erreur en faisant attention que, dans l’inflammation pulmonaire, le râle crépitant est un phénomène passager, tandis que, dans l’œdème, il persiste longtemps. Il a d’ailleurs, comme nous venons de le dire, plus d'humidité, et s’observe généralement dans les cas favorables à la production des hydropisies , dans les maladies du cœur, dans les affections causées par une altération du sang. Tout doute d’ailleurs est enlevé par l’absence des autres signes de la pneumonie. f
Dans l’œdème, les symptômes locaux sont les plus importants; les phénomènes généraux n’existent souvent pas, ou, lorsqu’on en observe, on peut les rattacher à la maladie sous l’influence de laquelle l’infiltration s’est développée.
La terminaison de l’œdème peut avoir lieu par la guérison; le gonflement disparaît peu à peu, et les parties reprennent insensiblement leur forme et leur volume. Quelquefois , cette amélioration a lieu naturellement, ou sous l’iiifliience du traitement, sans secousse, sans l’apparition d’aucun phénomène particulier. Dans d’autres circonstances, au moment où l’œdème disparaît, on observe ou une sueur abondante, ou des selles copieuses , ou un flux d’urine, phénomènesqui constituent une véritable crise. Dans des cas moins heureux, l’œdème augmente toujours en volume et en étendue, et souvent se propage à tout le tissu cellulaire du corps. La distension de la peau peut être telle, que dès éraillures se forment à l’enveloppe cutanée , et par ces ouvertures s’écoule une grande quantité de sérosité. Dans quelques circonstances enfin d’œdeme très-volumineux, la gangrène se déclare sur la partie tuméfiée, et la mort survient avec des phénomènes adynamiques, d’autant plus prompts d’ailleurs à se déclarer, que les malades sont presque toujours alors dans l’épuisement, suite d’ut.e longue maladie.
Pour traiter rationnellement l’œdème, il faut d’abord chercher à guérir la maladie qui le produit ; mais, outre ce premier but à atteindre, ou doit aussi diriger quelques moyens thérapeutiques contre l’infiltration cellulaire. Les meilleurs résultats sont obtenus alors par la dérivation exercée, soit sur le tube
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digestif, au moyen de purgatifs salins et surtout végétaux, connus sous le nom à hydragogues, soit sur les reins par les diurétiques , soit sur la peau par les sudorifiques et les bains de vapeur. En même temps, on cherche à favoriser la. diminution du gonflement par des frictions résolutives, et surtout par une position convenable qui place les parties malades sur un plan élevé, relativement aux autres points du corps. Dans les œdèmes légers , souvent cette seule position suffit. La compression au moyen d’une bande ou d'un bandage lacé est encore un excellent moyen dont on se sert dans l’œdème variqueux et dans celui qui est consécutif à une entorseou à unefracture.Dans les cas enfin où la peau, très-distendue par une infiltration considérable, devient le siège de douleurs vives, et qu’on doit craindre l’invasion de la gangrène, on peut , à l’aide de scarifications légères , pratiquées au moyen d’une lancette, donner issue à la sérosité. Mais comme on n’emploie généralement ce moyen que dans les œdèmes considérables causés par la maladie grave d’un organe important, il n’en résulte qu’un soulagement momentané, et souvent même, dans les maladies du cœur, on doit être très-prudent de ces scarifications, la gangrène pouvant se déclarer autour des piqûres. A. Habdy,
Médecin des hôpitaux de Paris.
Œil [anat. et physiol.), s. m. Organe de la vision , de forme sphérique , occupant la région supérieure de la face , et donnant à la physionomie la plus grande partie de son expression, chez l’homme surtout ; distingué des autres animaux , dont la tête est inclinée vers la terre , il peut contempler les astres , et fixer ses regards dans les cieux.
Pronaque cùm spectent animalia cætera terram,
Os hornini sublime dédit, coeiumque tueri
Jussit , et erectos ad sidéra lollere vultus.
Ovide, Métam., liv. 1".
Les deux globes oculaires sont logés dans les orbites, cavités osseuses qui les protègent, excepté en avant, où ils sont recouverts par les paupières. Ces voiles mobiles donnent à l’œil, par leur écartement ou leur rapprochement , des apparences qui font distinguer par les personnes du monde les yeux en grands ou petits, tandis que les dimensions réelles des yeux sont à peu près les mêmes pour tous les individus du même âge. En arrière , le globe oculaire repose sur un coussinet de graisse qui l’isole des parois osseuses, et rend ainsi; ses mouvements faciles et nombreux. La communication de l’œil avec le cerveau se continue par le nerf optique, dont la rétine n’est que l’épanouissemenL
L’œil constitue un appareil d’optique très-complexe ; c’est après l’avoir étudié avec soin, que le savant Euler découvrit, en, 1 7 46 , la possibilité d’établir des lunettes achromatiques : une des rares erreurs du célèbre Newton avait été de ne pas croire à cette possibilité. A mesure que l’on descend l’échelle du règne animal, les parties accessoires du phénomène de la vision deviennent de moins en moins nombreuses, et même la composition de l’œil se simplifie davantage. Le poisson manque de l’organe essentiel de lubréfaction, c’est-à-dire de glande lacrymale. Chez les reptiles, les paupières ne sont plus que des prolongements de la peau qui se confondent avec la cornée; enfin, à l’extrémité de l’échelle, chez les
rotifères, on ne trouve plus qu’une bulbe sphér que, recevant un nerf, l’analogue du nerf optique; mais toujours, et dans toutes les classes, persiste une couche de pigmentum variant du noir au rouge, et en contact avec le nerf principal de la sensation visuelle ; cela seul démontre l’importance de ce pigmentum ou tapis coloré.
Chez les animaux sans vertèbres , les yeux de quelques-uns sont placés au sommet de tentacules et ne sont mis en mouvement que par les muscles de ces derniers. Des facettes en nombre»infini taillées sur la cornée de la plupart des reptiles, multiplient pour ainsi dire les yeux, en faisant tomber les rayons visuels sous toutes les incidences; aussi leurs yeux sont-ils par la nature fixés dans une position invariable, et privés de mouvement, sans qu'il y ait aucun dommage pour eux. L’anatomiste allemand Carus dit avoir compté 28.0S8 de ces facettes sur la cornée des yeux de la mordella.
Chaque fois que les yeux sont logés dans un espace orbitaire résistant, ils sont alors toujours pourvus de muscles propres, c’est-à-dire de puissance de mouvement.
Chez les vertébrés , les yeux sont situés sur les parties latérales de la tête ; chez les mammifères, ils sont en avant et en dehors ; chez l’homme , ils sont en avant et sur le même plan ; quelques variétés existent à cet égard suivant les races humaines.
L’œil, cet instrument d’optique si curieux pour le physicien, pour le naturaliste, pour le philosophe , pour le médecin , a déjà été étudié avec une persévérance, un fini de détails qui sembleraient ne plus rien laisser à désirer; malheureusement, sous quelques rapports, il n’en est pas ainsi, mais il est vrai qu’il s’agit alors de phénomènes d’un ordre élevé. Ce n’est pas ce dont il peut être question dans ce Dictionnaire; des travaux spéciaux, non interrompus depuis nombre d'années , me donnent le droit de développer plus tard cette branche importante de la.philosophie , et surtout de la médecine pratique relative à l’ophthalmologie.
Il me doit suffire de passer ici en revue tout ce qui fait partie de l’organe de la vision , et dont la connaissance est indispensable à tout le monde, laissant à un confrère habile le soin de démontrer le mécanisme physique de la vision.
Six muscles contribuent à mouvoir le globe ocur laire, quatre sont droits et deux sont obliques: les premiers meuvent l’œil en dedans, en dehors, en haut et en bas; les deux derniers lui impriment un mouvement de rotation; le petit oblique donne à l’œil spécialement le regard pathétique. Quatre nerfs volumineux, sans compter de nombreuses anastomoses , apportent le; mouvement et le sentiment àj ces muscles.
Le globe lui-même n’est pas complètement sphérique , il est un peu plus étendu d’avant en arrière que latéralement ; sa profondeur est de vingt-cinq millimètres environ., Le volume de l’œil ne suit pas, chez les animaux, la proportion générale de la tailie: l’œil de l’éléphant, de la baleine, est moins grand que celui du bœuf, du cheval.
En, procédant à l’examen de l’œil d’avant en arrière', des parties qui se présentent les premières à celles plus profondément situées , on trouve :
La Cornée , membrane lisse et polie, parfaitement diaphane, convexe par sa face externe, concave par
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sa faceinterne; elle occupe le cinquième antérieur du globe oculaire , tandis que la sclérotique en occupe les quatre cinquièmes postérieurs. Elle s’unit avec la sclérotique par son bord taillé en biseau aux dépens de sa table interne; elle est, pour répéter la comparaison toujours choisie, semblable à un verre de montre enchâssé dans sa boite. Plusieurs iamelles superposées en constituent l’épaisseur.
La Sclérotique , cornée opaque qui donne à l’œil sa consistance et sa forme; elle est d’un blanc bleuâtre. Cette espèce de coque est largement ouverte en avant, pour la cornée trauspartute: en arrière, presque au centre, mais uu peu en dedans, existe une autre ouverture beaucoup plus petite , destinée au païsage du nerf optique; la conjonctive, mem brane muqueuse, tapisse la sclérotique extérieurement; la face interne de cette membrane fibreuse est unie à la choroïde par une mince couche celluleuse dite membrane d'À rnold .Une couche de même nature sépare la choroïde de la rétine, et s’appelle membrane de Jacob.
La Choroïde , membrane très-vasculaire , recouverte par un pigmentum qui fait ici l’office de la couleur noire répandue dans l’intérieur du corps des lunettes , et qui absorbe les rayons divergents qui pénètrent dans l'œil.
Les Procès ciliaires, dépendances de la choroïde, disposés en forme de couronne à rayons divergents; placés entre le corps vitré et l’iris, ainsi que la choroïde , ils sont principalement formés de vaisseaux disposés en arcade.
Le Ligament ciliaire ou cercle ciliaire : tous les nerfs ciliaires se terminent à lui, qui envoie à son tou de nombreux filets nerveux que j’ai suivis sur la cornée, la sclérotique et la conjonctive.
Le Pigmentum. Chez l’homme et tous les vertébrés , c’est une couche noirâtre qui est une des conditions iudispensablesà la vision; elle a quelque analogie, sous le rapport de la couleur et de la consistance, avec l’encre de Chine; la face interne de la choroïde en est tapissée, ainsi que les procès ciliaires et la face postérieure de l’iris. Ce pigmentum noirâtre est très-abondant chez l’adulte, mais il diminue chez le vieillard, dans le fond de l’œil, dans le voisinage du nerf optique, ce qui donne à l’œil un aspect jaune verdâtre en arrière du cristallin, qui a été quelquefois pris pour un giaucôme ou dégénérescence de l’humeur vitrée, tandis que des connaissances anatomiques plus complètes auraient appris à ces prétendus ophihalmologistes que le fond de l’œil perd, chez le vieillard, sa teinte noire, pour laisser pénétrer un plus grand nombre de rayons lumineux jusqu’à la rétine , afin de suppléer à l’affaiblissement de la vue , suite des progrès de l’âge. Ce qui me confirme dans cette opinion , c’est que les animaux carnassiers , l’aigle, le vautour, les oiseaux de haut vol qui découvrent leur proie au travers des couches épaisses d’air et à des distances immenses, sont dépourvus d’un pigmentum de couleur foncée au voisinage du nerf optique.
L'Iris. C’est un diaphragme placé de champ entre la cornée et le cristallin ; il forme ainsi les deux chambres de l’œil. Il est de couleur variée, ordinairement en rapport avec la-teinte des cheveux et de la peau ; c’est d'après lui que l’on désigne la couleur des yeux , et qu’ils sont appelés yeux bleus , bruns, etc. Souvent des stries, des taches de rouille
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s’y remarquent. L’iris est percé d’une ouverture ronde chez l’homme : ce trou est insensiblement; plus rapproché de la ligne médiane du corps. La pupille ou la prunelle (ouverture de l’iris) se resserre ou se dilate sous différents degrés de lumière. Chez le fœtus, l'iris est une membrane sans ouverture. Chez tous les animaux du genre félis, ainsi que chez la plupart des animaux qui peuvent distinguer les objets la nuit, la prunelle est verticale ; elle est au contraire transversale chez les ruminants, chez le cheval , la grenouille, la baleine.
L'Humeur aqueuse, limpideet transparente, remplissant chez l’adulte les deux chambres de l’œil. Sa quantité est de 25 à 30 centigrammes; elle est semblable à de l’eau dans laquelle on aurait fait dissoudre quelque peu de gomme ; elle se reproduit avec rapidité quaud une lésion l’a fait s’écouler de l’œil ; une membrane perlucide se charge en partie de la sécréter.
Le Cristallin, de cristal , placé dans le champ pupillaire; il est posé à la réunion des deux tiers postérieurs avec le tiers antérieur de l’œil; sa forme est celle d’une lentille, et sa transparence est complète. U est pourvu d’une capsule dont le feuillet postérieur, logé dans la concavité du corps vitré, forme un dédoublement qui est le canal godronné de Petit. Le cristallin présente un noyau central plus résistant que la circonférence. On peut aisément séparer la lentille en trois segments réguliers qui sont eux-mêmes facilement divisés par lamelles. On ne peut injecter aucun vaisseau dans le corps du crjstallin, il s’arrête à la capsule cristalline.
Le Corps vitré, comparable à une véritable solution très-concentrée de gomme arabique, d’une diaphanéité parfaite ; mais il perd cette limpidité si on le traite par les acides ou par l’alcool. Une membrane appelée hyaloïde maintient l’agrégation de cette humeur vitrée; une foule de prolongements , de cloisons, partent de la face interne de cette membrane, soutiennent et divisent cette substance; mais les cloisons, dont le sommet est sur l’axe du corps vitré, communiquent toutes ensemble, car là rupture d’une seule de ces cloisons peut permettre à tout lé reste du liquide de s’écouler.
La Rétine. Les parties essentiellement fondamentales de l’appareil de la vision sont le nerf optique etlaréline , qui n’en est que la dépendance : eu effet, arrivé à l’intérieur de l’œil, il s’étale en membrane, entre le corps vitré et la choroïde. On reconnaît à la rétine plusieurs particularités , une tache jaune, un pertuis ou même une plicature infundibuliforme, enfin deux membranes superposées, dont l’une est vasculaire, et l’autre essentiellement nerveuse , qui est la plus extérieure. C’est sur cette membrane que vient se peindre l’image des objets lumineux, pour, de là, être transmise au cerveau.
Le centre de l’œil ne reçoit qu’un seul tronc artériel qui accompagne le nerf optique jusque dans la rétine.
Le globe oculaire est dans les conditions les plus favorables pour la mobilité: pourvu de six muscles propres, il est de forme sphérique, supporté par un pédicule très-étroit qui est le pivot de ses mouvements. La graisse qui comble le fond de l’orbite rend le jeu des mouvements plus facile encore; cette graisse s’affaisse et se comprime, afin que l’œil échappe à une pression trop forte, à un coup porté
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en avant; les vaisseaux sont flexueux, ce qui les garantit des ruptures. Cette variété et cette promptitude de mouvements est aussi nécessaire aux phénomènes de la vision , qu’elle sert à exprimer les mouvements de l’ame.
L’iris est le diaphragme, dont l’ouverture pupillaire, en se dilatant ou en se contractant, admet ou refuse l’arrivée des rayons lumineux ; par conséquent , elle se dilate dans l’obscurité , et au grand jour elle se contracte.
L’étude de la physique, qui fait aujourd’hui partie de l’instruction générale, comprend nécessairement l’optique ; en conséquence, il ne m’était pas permis de passer sous silence l’énumération , quelque peu détaillée, des différentes parties qui constituent le véritable instrument d’optique, et le plus perfectionné, l’œil humain.
Maladiesde l’oeil (path.). Des articles spéciaux, etdans l’ordre alphabétique, sont consacrés dans ce Dictionnaire à un certain nombre de maladies des yeux; mais il serait impossible d’énumérer ici toutes celles qui peuvent atteindre cet organe : je ne parlerai donc que des affections les plus graves ou des plus communes. Au temps de Guillemeau, on ne décrivait que cent treize maladies des yeux : leur cadre, malheureusement, n’est pas aussi restreint.
Comme toutes les autres parties du corps , l’œil est exposé à des lésions traumatiques, et la division commune de ces lésions leur est également applicable.
Les contusions portent difficilement sur l’œil , abrité qu’il est par des parois osseuses; mais quand il n’a pas été suffisamment protégé , l’ébranlement de la rétine ou un épanchement dans l’œil compromettent la vision et déterminent une amaurose, une opacité du corps vitré, et même l’atrophie ultérieure de l’œil. De semblables accidents ont également lieu lorsque le coup n’a porté que sur l’arcade orbitaire au niveau du sourcil , et c’est alors une commotion de la rétine qui les produit. 11 ne faut donc jamais négliger une contusion forte de l’œil, lorsqu’elle s’accompagne d’une cécité même légère. Quant aux contusions superficielles de l’œil ou de son voisinage , elles déterminent très-facilement une infiltration des paupières; leur tissu cellulaire, lâche et dépourvu de graisse, se remplit de sang extravasé, qui passe par les différents degrés de coloration propre aux ecchymoses , noirâtre , bleuâtre, jaunâtre ; dans de certaines limites, tous ces symptômes n’offrent aucune gravité; de simples topiques résolutifs, tels que l’eau blanche, la solution de boule de Nancy, suffisent presque toujours pour tout traitement.
Les plaies, de la cornée sont un des accidents les plus fréquents qui' arrivent à l’œil. Quand elles sont exemptes de contusion et de toute autre complication , elles guérissent promptement et par première intention, c’est-à-dire qu’elles ne sont suivies ni de suppuration ni même de traces de cicatrices; et les piqûres faites à la cornée sont encore moins graves que les coupures; les différentes méthodes d’opérer la cataracte par la cornée en sont la preuve. J’ai vu maintes fois des pointes d’aiguille, d’épingle ou de ciseaux, pénétrer dans la cornée, et l’on conjurait tous les accidents par de simples compresses imbibées d’eau fraîche renouvelée.
Dans les blessures largement faites à la cornée ,
l’humeur aqueuse est toujours évacuée ; mais cette émission est sans danger, cette humeur est de la nature de celles qui se reproduisent en très-peu de temps. Le danger de ces plaies dépend donc d’autres circonstances, tantôt de ce que le cristallin ou sa capsule antérieure ont été atteints par l’instrument vulnérant , alors il succède toujours une cataracte traumatique capsulaire ou cristalline ; tantôt la blessure a pénétré jusqu’au corps vitré, alors , outre la cataracte, on doit encore redouter la perte du corps vitré transparent et concret, qui ne se répare pas. D’autres fois encore une plaie faite à la cornée ne se cicatrise pas par première intention ; une suppuration a lieu, qui détermine, dans les cas même les plus favorables , une taie ou opacité nacrée, qui nuit d’autant plus à la vision qu’elle se trouve occuper des points plus étendus et plus rapprochés du champ pupillaire. Enfin il peut arri ver, à la suite de ces plaies , une inflammation profonde de l’œil , qui amène promptement la fonte de l’organe.
Une complication fâcheuse et dés plus fréquentes des plaies faites à la cornée est la hernie de l’iris, rendue d’autant plus facile, que ce diaphragme n’est plus soutenu par l’humeur aqueuse occupant les deux chambres de l’œil , puisque cette humeur s’est échappée par l’ouverture. Un des moindres inconvénients après ces sortes d’accidents est une adhérence de l’iris à la face postérieure de la éornée ( synéchie antérieure), avec déformation de l’iris , ce qui donne à la pupille , suivant le point de l’adhérence , la figure d’une pupille de chat; et la chambre antérieure , nécessairement , cesse d’exister au niveau de l’adhérence. La cicatrisation de ces sortes de plaies se fait attendre pendant un mois à deux mois.
La position horizontale, la tête maintenue sur un plan plus élevé que le reste du corps , est la première indication à remplir ; des émissions sanguines proportionnées à la force du sujet, à l’intensité des accidents, à leur opiniâtreté, doivent êlre pratiquées. Des compresses imbibées d’eau froide doivent être laissées en permanence sur l’œil. On soustrait également à la lumière l’œil resté sain , à cause de la solidarité qui existe entre les deux, sous l’influence de la lumière qui en est l’excitant direct. Il ne faut pas insister, comme le conseillent quelques oculistes, pour repousser avec un stylet en olive la hernie de l’iris ; on ne réussirait pas , parce que l’adhérence entre l’iris et la cornée est trèsprompte à s’établir , et parce que cette hernie , en supposant que l’adhérence ne fût pas déjà faite , se reproduirait aussitôt. Lorsque la période aiguë est passée , on peut réprimer cette hernie avec un crayon de nitrate d’argent porté sur elle, avec promptitude. U y a moins de deux mois que j’ai été assez heureux pour obtenir la réduction d’une hernie de cette nature assez volumineuse, en employant la compression médiate, c’est-à-dire après avoir abaissé la paupière, que je rendis immobile pour recevoir le bourrelet comprimant.
On ne doit point négliger les dérivatifs internes et externes , les révulsifs, vésicatoires volants , au pourtour de l’orbite, derrière l’oreille- Une précaution très-indispensable pour empêcher la coarcta tion de la pupille et même son occlusion, est de faire des onctions sur le front avec la pommade mercurielle fortement chargée d’extrait de belladone ; oa
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peut même employer la belladone sans fécule , et isolée de toute addition.
Corps étrangers dans la cornée. Ils sont implantés dans la cornée , ou ils ont dépassé l’épaisseur de cette membrane et pénétre dans la chambre antérieure. Quand la p’aie qu'ils ont faite pour y arriver est large, il faut immédiatement, et si l’on est à temps, avant toute inflammation, les ramener au dehors au moyen d’une curette, d une pince ou seulement d’un levier coudé. Les corps étrangers qui blessent la cornée ont des effets qui diffèrent suivant leur nature ; la chaux, par exemple, qui se délite au contact avec l’œil , agit chimiquement et provoque des douleurs très-vives. L’explosion delà poudre à canon, des paillettes de fer en état d’incandescence, causent autant de ravages par la brûlure que par division mécanique.
Quand le corps étranger est presque entièrement enfoncé dans l’épaisseur des lames de la cornée , le frottementdes paupières est peu douloureux; il s’enchâsse lentement, et, pour ainsi dire, acquiert droit de dom cile ; une lamelle organique le recouvre ; il peut rester ainsi plusieurs mo s et même plusieurs années. J’ai retiré des fragments de silex après trois années de séjour, parce qu’ils \ enaient d'occasionner une irritation nouvelle. Uneadede mouche, ainsi que quelques insectes qui se fixent sur la cornée , peuvent ausri donner lieu à tous les accidents des corps étrangers dans ces régions. Lorsque ces derniers proéminent à la surface de la cornée, les frottements continuels contre les paupières augmentent l’inflammation , un petit ulcère de la cornée les entoure ; ils finissent par se détacher : mais ordinairement la douleur et l’inflammation forcent d’en faire l’extraction , et c’est en effet la première idée qui se présente. On fait asseoir le patient en face d’une croisée , une personne placée en arrière renverse légèrement la tète et l’appuie contre sa poitrine, en même temps qu’il relève la paupière; l’opérateur, suivant les cas, peut se servir d'un stylet boutonné, d’une sonde cannelée , d’une plume taillée en cure-dent , d’un petit rouleau de papier taillé en pointe, d’une aiguille à cataracte , dune lancette, enfin de petites pinces. La cire d’Espagne échauffée par le frottement, le fer aimanté , quoi qu’on en ait dit, ne suffiraient que dans le cas où une paillette d’acier serait presque libre et aurait pu êtie extraite par tout autre moyen. La plume d’oie taillée en cure-dent est d’une souplesse qui se prête merveilleusement pour détacher des fragments en saillie sur un point de leur circonférence. La lancette est toujours l’instrumeut dont j'ai vu faire usage au professeur Sanson; c’est aussi celui que je préfère dans la généralité des cas : en la faisant agir en dédolant dans tous les sens et à petits coups brusques, on parvient toujours à ébranler et à détacher les corps étrangers. Je conviens qu’il faut une ceriaine habitude de pratiquer des opérations sur les yeux pour recourir toujours à la lancette. qui possède, d’autre part, cet avantage d’avoir un tranchant très-affilé et de ne point contusionner l’œil comme le ferait tout autre instrument; aussi les sections faites avec la lancette se cicatrisentelles très-promptement.
La plus grande difficulté réside tout entière dans la peine que l’on éprouve pour obliger le malade à garder l’immobilité, à ne pas contracter violemment
les paupières, à ne pas côfivùlser les yeux au moment où l’instrumeut s’approche d’eux. Dans le cas enfin de difficultés insurmontables , il faut abandonner la recherche du corps étranger, soit à cause d une douleur trop vive, ou parce qu’une inflamr mation trop intense s’est déclarée ; cette dernière condition se chargera elle-même de l’élimination, qui sera d’autant moins à craindre que la parcelle vulnérante sera plus éloignée du centre de la cornée. Des applications émollientes, narcotiques, mucilagineu es, modèrent les accidents. Cependant, je lerépète, l’ablation immédiate du corps étranger fait dissiper rapidement tous les symptômes, et ne laisse persister aucune t«ie, mais seulement une douleur et une sensibilité assez vives pour induire le malade en erreur, et lui faire croire que le corps étranger subsiste encore; il faut être prévenu de ce phénomène pour ne pas continuer des tentatives et des recherches infructueuses. Combien de fois n’ai-je pas vu des malades se présenter de nouveau auprès de moi, et accuser encore la préseuce du corps étranger! Cette illusion n’est pas de durée. Lorsque l’élimination du corps étranger n’a pas été produite par l’art, mais par un travail phlegmasique, la cornée est toujours atteinte d’ulcération , de perte de substance qui laisse une cicatrice indélébile à différents degrés.
Brûlures de la cornée. Un mouvement automatique des paupières préserve, dans un grand nombre de circonstances, la cornée d’une foule d’accidents, causés par des corps en ignition. Cependant des portions de chaux vive l’atteignent quelquefois chez des ouvriers qui emploient ces substances ; je ne sache rien de mieux alors que d absterger h s surfaces avec un pinceau de blaireau chargé d’huile d’olive fine et récente, et l’instillation de quelques gouttes de ce corps gras. La même indication est à remplir quand on a cautérisé 1 œil avec le nitrate d’argent, que la douleur est trop vive, ou que la cautérisation a été trop forte. Je préfère même injecter quelques gouttes d’hui e au moyen d’une poire en caoutchouc. Dans les différentes espèces de brûlures, par l’eau bouillante, par le fer rouge , il n’y a jamais de phlyctène, de vésication comme sur la peau, mais rougeur trèsvive ou escarre ; la surface est comme parcheminée, et cette plaque terne s’exfolie et laisse une excoriation qui dure quelques semaines , sans qu’il y ait nécessairement une opacité consécutive , car la guérison est ordinairement radicale; à moins que toute la membrane ne soit profondément scarifiée : alors cette brûlure est nécessairement suivie d’une opacité complète de la cornée (leucoma) inguérissable, ou encore d’une perforation qui provoque l’atrophie de l’œil.
L’eau froide, les émissions sanguines, les révulsifs, sont prescrits. Les irrigations continues à filet très-délié , dirigées sur les paupières, sont des plus efficaces.
Inflammation de la cornée, kératite. Confondue sous l'expression commune d’ophthalmie, ce n’est que dans les premières années de ce siècle que les maladies de la cornée lurent étudiées à part ; cependant elles sont très-fréquentes : leur marche, leur siège, leur traitement, tout, en un mot, doit en faire une classe à part.
Deux formes essentielles appartiennent à la kéra-
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tite : la forme aiguë et Ta forme chronique. Les ulcères. les abcès, les taches de la cornée ne sont que des dépendances de la kératite , qui se montre à tous les âges de la vie, chez les deux sexes et dans toutes les conditions sociales. Elle est à son tour modifiée par les complications d’ophthalmie rhumatismale , scrofuleuse , syphilitique, varioleuse, scarlatineuse , morbilleuse , etc. Sa fréquence est toutefois plus grande avant l â^e adulte. Certaines formes de la kéra ite paraissent encore favorisées par le froid humide , la misère et une alimentation insuffisante de quantité ou de qualité.
La kératite aiguë débute tantôt par la cornée, tantôt par la sclérotique. Elle peut être superficielle, interstitielle ou profonde. Les causes traumatiques sont du nombre de celles qui produisent la kératite superficielle ou externe : la cornée prend une teinte Vert d’eau , le poli de sa surface est remplacé par un aspect granulé , soit par plaques, soit dans toute l’étendue. Souvent on voit la conjonctive former un cercle saillant , un bourrelet qui s’avance d'un ou deux centimètres sur la cornée , n’ayant rien d'analogue à la tuméfaction, au boorsoufflement du chémosis. Très-souvent aussi l’injection des vaisseaux de la conjonctive se prolonge sur la cornée , en formant un triangle dont la base est à la conjonctive, et dont le sommet s’attache à la cornée, au niveau d’une pustule , d’un dépôt de lymphe bleuâtre.
L’injection des vaisseaux se rapporte à deux plans : le premier est violacé, flexueux, mobile par la pression des paupières ; il appartient à la conjonctive oculaire; le second plan , c’est-à-dire le plus profond, est d’un rouge moins foncé, les vaisseaux en sont fins et parallèles, ils embrassent la cornée circulairement. Cette trame vasculaire dépend de la sclérotique. C’est à tort que l’on a avancé que cette injection signalait la nature rhumatismale de la maladie, tandis qu’elle n’est, en réalité, que la couséquence d’une disposition anatomique générale.
Après quelques jours de durée de la kératite su- | perficiede ou externe , on aperçoit des phénomè- | nés variables: quelquefois unephlycène se soulève , une excoriation détruit quelques points ; tantôt la cornée parait tai lée à facettes transpirentes, comme le serait un diamant; d’autres fois il se produit une rainure s mblable à un coup d’ongle.
Kératite interstitielle , occupant les lames moyennes de la cornée. Ede est très - peu appréciable dans le début ; on ne voit qu’un obscurcissement léger, qu’un faible brouillard, les vaisseaux du voisinage sont peu injectés. Après quelques jours d’agg'avation, le trouble augmente, des plaques opaques occupent le champ de la vsfon ; elles sont dues à un dépôt de matière coaaulée. Cetre dernière circonstance Va pas pour suite nécessaire une ulcération de la cornée.
Kératite profonde. Cette espèce est toujours compliquée de l’affection de la membrane de 1 humeur aqueuse ; die n’est pas étudiée isolément ; à elle se rattachent donc l’hypopyon, l'onyx , qui sont des épanchements purulents ou d’une lymphe opaque dans la chambre antérieure. Cette forme de kératite est fréquente. Il n’y a pas longtemps que j’eus à traiter un onyx chez la fille (enfant de quatre ans) de l’un de nos confrères • tout ce au’il
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avait pu employer n’avait pas conjuré cette terrainaison, qui, au reste, n’a pas compromis la vision, la résorption ayant été absolue.
Ces différentes formes de kératite se combinent chez la plupart des sujets, après quelques jours de durée; quelquefois, toutes 1. s périodes sont pour ainsi dire franchies d'un seul bond, et lacor. ée s’infiltre de lymphe en moins de vingt-quatre heures, à tel point que la cornée ressemble à une plaque de lard; ce que j’ai pu voir sauvent après l’opération de cataracte par exfraction , dans l’ophthalmie des armées, et dans l’ophihalmie purulente blennorrhagique. D’autres fois , un mamelon mollasse, trèsvasculaire, s’élève dans un point de la cornée, et est imbibé de pus. En Hollande , en Prusse et en Belgique , j’ai vu plusieurs militaires ainsi maltraités.
La kératite aiguë, quelle qu’en soit la forme, ne peut se terminer que par l’un des modes suivants : résolution , ulcération , suppuration et mortification.
La résolution est certaine, quand la cornée n’a fait que diminuer de transparence , et qu’on peut arrêter là les limites de la maladie.
Les bases du traitement , qui ne peut être efficace que par son opportunité , se résument par les saignées générales ou locales, par les ventouses scarifiées, par les purgatifs , les mercuriaux , les collyres avec la solution de nitrate d’argent, les collyres avec le laudanum, la décoction de belladone , de digitale, , les frictions mercurielles sur la région fronto-oibitaire , enfin les vésicatoires volants. M. Velpeau se loue beaucoup des vésicatoires appliqués sur les paupières mêmes; pour assurer davantage la vésication, il déprime le vésicatoire au niveau du globe oculaire, avec un tampon de charpie, de manière à ne pas soustraire les paupières maintenues fermées à l’action du vésicatoire.
Kératite chronique. C’est une maladie fâcheuse en raison de la difficulté d'en arrêter la marche; sa durée est, pour ainsi dire, hors de calcul. Un seul jour , une seule nuit suffisent souvent pour faire disparaître un béuéfice obtenu par beaucoup de temps et par beaucoup de soins; il c-t cependant très-rare qu’ebe amène la fonte de l’œil. Sa terminaison la p us fatale est de dénaturer profondément la transparence de la cornée. Cette kératite chronique peut être partielle , elle peut occuper toute la cornée , elle peut consister dans une vascularisation circulaire dans le voisinage de la sclérotique. Cette espèce est la moins grave.
Les malades n’éprouvent presque pas de souffrance , leur vue seule s’obscurcit de plus en plus, mais toujours très-lentement. Il ne faut pas oublier que les récidives, dans la kératite chronique, sont très-nombreuses.
On est fondé à admettre que les causes de la kératite chronique sont, dans beaucoup de cas, les mêmes que celles de la kératite aiguë , mais agissant avec une intensité moindre, et dans des conditions individuelles différentes. Toutefois, j ai remarqué que certaines dia|;hè,s.es.y préd sposaient, principalement les scrofules , les rhumatismes , le tempérament hémori hoï iaire , le vice goutteux, la syphilis , quel que soit le traitement qui l'ait combattue ; enfin, un mauvais état des paupières, par