S4C OEIL
leur contact incessant avec la cornée , amène des kératites partielles.
Deux espèces essentielles peuvent comprendre toutes les subdivisions de la kératite chronique; que les ophtalmologistes se sont plu à multiplier à l’infini. Dans la première , il y a vascularisation des vaisseaux, qui sont parfaitement dessinés suv la cornée; on dirait une transformation charnue: c’est le panrius vasculaire. La seconde espèce consiste dans un état terne de la cornée, comme le serait un verre démoli ; d’autres fois , la cornée offre une teinte bleuâtre foncée qui permet de bien distinguer la pupille.
Le traitement ëSt d’autant plus avantageux, que l’on sera autorisé à le diriger contre une des causes générales bien avérées de la kératite , telle que la syphilis, les scrofules, le rhumatisme, etc. Quand on ne peut atteindre la causé, les médications, quelque variées qu’elles soient, n’offrent plus aucune garantie de succès. Pendant que j’étais chargé du service des maladies des yeux, à l’Hôtel-Dieu , ensuite à l’hôpital de là Pitié, en ma qualité de chef de clinique , sous lé regrettable professeur Sanson , j’ai souvent pratique la cautérisation circulaire ou annulaire , au moyen du nitrate d’argent fondu dans un porte-caustique que nous avions imaginé : cette cautérisation , qui cernait la cornée, coupait tous les vaisseaux superficiels ; mais elle laissait intacts les vaisseaux profonds qui appartiennent à un plan postérieur, car ils viennent des artères ciliaires , longues ou internes. Les purgatifs et les ventouses , répétés pendant un mois , sont de bons moyens, ainsi que les moxas ou les cautères appliqués aux tempes. Je me suis souvent très-bien trouvé du collyre au laudanum saturé de safran , tantôt aussi de la solution de nitrate d’argent, ces différents liquides employés à la dose de quelques gouttes en vingt-quatre heures. Quand la kératite est entretenue et a son point de départ à la conjonctive scléroticale , il faut pratiquer l’excision de ses vaisseaux. Tout récemment, j’ai répété cette opération avec un plein succès sur M. de R ... , ancien maire de Sèvres , en présence de son médecin, l’honorable docteur Vitry , de Versailles.
Ulcère de ia cornée. Sous cette dénomination se trouvent compris un grand nombre d’espèces, dont la distinction est d’une’ importance réelle dans la pratique. Quelques-uns de ces ulcères débutent par un dépôt de matière plastique saillante qui ne tarde pas à s’ouvrir et à laisser voir une petite dépression, de laquelle partent des vaisseaux dont la base correspond au blanc de l’œil. Ces ulcères sont plus communs chez les scrofuleux, ainsi que cette seconde espèce, consistant dans la perte de transparence de la cornée, dans un point circonscrit le plus ordinairement correspondant à la pupille. Peu de jours se passent avant d’apercevoir une exulcération blanchâtre. D’autres fois une phlyctène presque diaphane se développe sur un point de la cornée , et semble nourrie par un ou deux vaisseaux qui partent de la conjonctive scléroticale. Le larmoiement est abondant, douloureux, il y a photophobie (horreur de la lumière ) ; un ulcère à excavation transparente succède bientôt ; on en apprécie bien la forme en examinant l’œil obliquement. Cette espèce d'ulcère persiste longtemps après que tous les autres accidents se sont dissipés» il est comme une
OEIL
jfaéette taillée sur la cornée, quimenace du rappeler r les accidents primitifs. Quelques ulcères n’affectent jamais profondément les lames de la cornée , ils excorient la lame superficielle seulement , se promènent pour ainsi dire en envahissant toute son étendue, et prennent leur point de départ à la sclérotique. Leur guérison laisse un nuage. Enfin il est de ces ulcères qui ressemblent à un coup d’ongle que l’on aurait porté sur la cornée; leur forme est linéaire, ils sont très-douloureux, et paraissent tailler en biseau la cornée. Je ne parle pas des ulcères à forme maligne qui sont avec ramollissement rapide et gangrène de la cornée.
Le traitement des ulcères de la cornée a toujours singulièrement excité la sollicitude des chirurgiens: mais tout leur zèle échoue quand ils n’ont pas fait d’importantes distinctions entre les différentes espèces d’ulcères qü'ilsavaient à traiter. C’est là une des causes principales de succès ou de revers. Presque tous les ulcères de la cornée doivent exclure l’usage de l’extrait de Saturne (eau blanche). Les préparations de plomb forment des dépôts qui font corps étranger, qui gênent la cicatrice et augmentent le trouble de la cornée. Quand, tour -à-tour, on attribue la guérison à des collyres , à des topiques très-variés , ou que l’on dit avoir également échoué , c’est que l’on a agi à l’aventure, sans préciser les cas qui réclamaient l’emploi des uns, le rejet des autres. Quelques-uns de ces ulcères disparaissent même sans médication active et par de simples collyres émollients, puis astringents. Dans la première espèce d’ulcère, la solution de nitrate d’argent, de sulfate de zinc, le calomel, l’oxydedezinc en insufflation, triomphentaisément. L’excision du faisceau vasculaire est souvent inévitable. La cautérisation avec le nitrate d’argent taillé en crayon réussit, dans une fouie de circonstances , contre les ulcères purulents, phlycténoïdes, etc. Il faut prendre la précaution de toucher très-légèrement toute la surface, qui change aussitôt de coloration et devient blanchâtre; au même instant, et avant que le globe oculaire ait fui sous la paupière , il faut instiller quelques gouttes d’huile ou d'un liquide émollient, de l’eau ou même du lait. La douleur qui suit la cautérisation n’est que de quelques minutes, après quoi celle même de l’ulcération ne sa fait plus sentir. Sa surface est, en effet, modifiée dans sa vitalité; l’escarre formée abrite du contact de l’air et des sécrétions irritantes l’ulcère, qui était une véritable plaie ; mais la douleur de la cauteri.-ation réparait, quoique moins vive, à la chute de chaque, escarre. On ne saurait mettre trop de soin dans l’application de ce caustique, qui, dans beaucoup de cas, peut être remplacé par le sulfate de cuivre, moins énergique, ou encore par un composé d’un sel de cuivre et de camphre , très-employé par les anciens médecins.
Taies de la cornée , ou taches. Elles sont trop souvent les conséquences des différents ulcères de cette membrane, qui ne peut bien remplir ses fonctions qu’en conservant sa transparence. Ces taies ne constituent quelquefois qu’un simple nuage ; elles ne portent que sur la lame la plus superficielle. D’autres fois c’est un albuyo ; la tache est nacrée ; enfin toute l’épaisseur de la cornée peut être compromise : c’est le leucoma.
Le nuage permet au malade de voir les objets ,
OEIEIO
mais il lui semble quw lamét^ qu'une gaze, qu’un brouillard les reeoumqLiiaflammatipœ !
jorictive oculaire est ordinairement la cause de.ee ; nuage, surtoubsi cette Inflammation se propage sur la cornée. L’albugo nuit à la vision, en raison de son étendue et.de sa situation dans le champ pupillaire. Quant au leueoma, il abolit entièrement, la vision sur. toute son étendue.
On peut toujours obtenir la disparil i.m ÜLunebulum. Très ^souvent P absorption > s’effectue ? d’elle- i même, mais én peut ' la favoriser et encore la produire'par des instillations de laudanum de Sydenham saturé de safran. Ce moyeu est justement préconisé par le professeur Quadri de .Naples ; je l’ai employé avec un plein succès, conjointement avec lui, chez une jeune demoiselle espagnole, déjà traitée à Montpellier et à Genève depuis plus de dix-huit mois. Les insufflations d’une poudre parfaitement porphy risée, faite avec parties égales de calomélas , de tu tie et de- sucre/ candi , étaient; fcé-i quemment ordonnées par Bupuytren. M. Velpeau conseille de se servir mieux encore du sous-nitrate de bismuth, bien pulvérisé, mêlé avee parties égales de sucre. Souvent il faut réveiller la vitalité de l'œil, produire une légère inflammation, afin que le travail de T absorption puisse avoir lieu. Un rapide attouchemenfc avec l’azotate d’argent (pierre infernale), avec le carbonate d’ammoniaque, etc-, sont de bons moyens.
sLiexcision des vaisseaux qui entretiennent l’opacité est pratiquée avec un avantage presque constant, quand ces vaisseaux m'appartiennent pas à la sclérotique , mais seulement à la conjonctive; dans le premier cas, en effet, l’instrument ne peut les atteindre, autrement il diviserait la sclérotique, amènerait des suppurations et de graves désordres. Enfin de tout temps ou a proposé l’excision, l’usure de la taie de là cornée. Tout récemment on vient de préconiser ces méthodes dans une lettre adressée à l’Institut. Sans doute on peut enlever la taie par la section, mais la plaie que Ton produit doit se cicatriser, et cette cicatrice est à son tour opaque; de plus on a un staphylôme quand on a aminci la cornée. On exagère donc manifestement la maladie; il n’y a qu’une véritable ressource quand la cornée est opaque dans une grande étendue et au niveau de la prunelle , c’est d’établir une pupille artificielle. Il est plus aisé d’y réussir que l’on ne pense. Plus d’une fois je me suis applaudi d’avoir recouru à un moyen aussi rationnel, et le seul peut-être qui le soit jusqu’à présent. N’avait-on pas déjà passé un séton très-fin dans le leueoma tans être plus heureux? Reste la transplantation de la cornée : Dieffenbach l’espère; je l’ai tentée souvent chez des animaux, je n’ai pas encore réussi.
Ce n’est que pour mémoire que je rappelle l’anneau sénile , l’arc sénile, tache circulaire ou demicirculaire, qui se traduit sur le bord de jonction de la cornée et de la sclérotique ; elle ne nuit point à la vision. Elle est commune chez les vieillards.
En insistant, comme je le fais, sur les maladies de la cornée , j’initie forcément le lecteur à la connaissance du plus grand nombre des maladies accidentelles de l’œil, qui presque toujours atteignent cette membrane transparente dans son état normal. Les autres maladies principales, outre qu’elles sont beaucoup plus rares , moins instantanées , ont été
traitées oq le seçojgt encore dap^des artiçles spéjciaux, tels que' cataracte, amaurose , pupille, àph lhalmie, etc.
L’œil peut encore être frappé dans son ensemble par, ValropbWy c’est-arvdke par la diminution de tous | ses diqmetr.es ; une blessure profonde de l’oèil , la suppuration après l'opération de la cataracte par j extraction , amènent cet état de choses ; des rétinites , des irijtis , des çhqroïdites > . , donnent ( également lieu à ces mêmes conséquences. MademolselJe,! .., ! \ âgée de vingt-cinq ans, m’a offert , qn, yas d’atrophie,
| des deux yeux, suite de rétini.ïe. Ejl.e;|ui,traitép,
. dès l’âge de vingt ans, par une foulq d'hommes ius- ; truits, et sans aucun, sucqèp, L’ImhoràblqRéveîlië- ; Earisç et moi ne p limes non plus arreter ia cécité,
par atrophie. , 899'19vc H9id aafintata
Dans des staphylômes gênapt le mouvement des paupières, on provoque l'atrophie de l’œil par l’amputation du staphylôme , adp.dyyiter la dégé: nérescence de tout l’organe. 'g^3„g it
Il me resterai* à parler du can.per .Ac, l’œil. Cet organe ne jouit point d une immunité contre cette ; terrible affection : la mutiplicité de ses tissus, est , au contraire , favorable à ces . désorganisations variées qui prennent le nom générâl de cancer. Plusieurs espèces de foiigus, du tissu mélanique ou cérébriforme, ont pour siégeTœil lui-même, tandis que le tissu squirrheux est plus rare; et encore alors il s’est propagé des paupières, ou, de l’orbite jusqu’au globe oculaire, mais il n’v a pas eu son point de départ. ,
L’extirpation est la seule voie de salut; et , , quoiqu’on l’ait soutenu, on n’a pas besoin de s’inquiéter de l’ablation de la glande lacrymale , si l’on est certain qu’elle n’est pas envahie parle cancer. Cette glande s’atrophie et cesse de sécréter dès qu’elle n’a plus de fonctions à remplir. Heureux encore si le bon état des paupières permet de les conserver.
Œil arlijicielr Les anciens se servaient d une plaque métallique, recouverte d’une peau fine, sur laquelle ils peignaient l’image de l’œil commesur la toile d’un portrait. Ces plaques étaient portées, tantôt au-dessous des paupières, tantôt au-devant, qt maintenues par un ressort métallique. Ce n’est que vers le commencement du xvne siècle que l’on fabriqua à Venise des espèces de demi-coques eu os émaillé; plus tard on en fit en porcelaine et en verre. Enfin au jourd’hui on a tellement perfectionné la fabrication des yeux artificiels, que l’on imite toutà-fait la cornée , la chambre antérieure, lms., la pupille, la sclérotique, et les vaisseaux même qui rampent àsa surface, et qu’il est presque impossible de distinguer l’œil d’émail de l’œil naturel, surtout s’il est placé sur un moignon mobile : les mouvements des deux yeux sont, en effet , synergiques. Après avoir extirpé l’œil chez une jeune de moiselle de Bruxelles, fille de l’ancien bijoutier du roi de Hollande, dans uu cas de staphylôme difforme, et pour laquelle les professeurs Dupuytren et Sansou furent consultés , j’eus soin de détacher et de réunir en un seul moignon les muscles de l’œil ; c’est sur ce moignon mobile , devenu central , que j’ai placé l’œil d’émail. L’illusion est complète, à un tel point que la mère dé cette jeune et très-jolie demoiselle fut obligée de prévenir de cette circonstance les prétendants à la main de sa fille.
OESO
ŒSO
Plusieurs conditions sont indispensables pour un œil artificiel : 1° il doit être léger, et ne pas dépasser le poids de 2 gramme (maximum) ; 2° il doit être parfaitementpo i, autrement ses bords excoriei’aient les cliairs ; aussi est-il nécessaire de le remplacer par un autre, quand, au bout de cinq ou six mois, le poli de l’œil est détruit; 3° les bords et les angles doivent être parfaitement arrondis; 4° il doit y avoir une similitude parfaite et de tous points en’re 1 œil artificiel et l’œil re?té sain. Mais ce n’est que graduellement qu’il faut accoutumer l’individu à supposer le volume normal de, l’œil en émail ; on introduit d’abord une boulette en cire, ensuite des coques successivement plus volumineuses. La couleur de l’iris doit être parfaitement imitée.
On peut faire fabriquer un œil à un artiste sans être obligé de se déplacer, en lui envoyant un dessin très-bien colorié, et une coque en plomb ou en cire que l’on a essayée à plusieurs reprises, et qui s’adapte convenablement.
Du côté de l’individu infirme, il faut aussi réunir plusieurs conditions pour placer avee avantage l’œil d’émail : 1° il faut l’existence d’un moignon mobile, libre d’adhérence; 2° intégrité de l’autre œil; 3° liberté complète des paupières; 4° absence de toute inflammation, autrement ce corps étranger augmenterait la maladie.
Le placement de l’œil artificiel est facile. Suivant le côté dont il s’agit, on le tient avec les trois premiers doigts d'une main, tandis que le pouce de la main restee I bre soulève la paupière supérieure; on engage au-dessous d’elle l’extrémité externe et le bord supérieur de I émail. En maintenant l’œil en place, on abandonne la paupière supérieure et l’on ababse l’inférieure jusqu’.à ce qu’elle passe au-devant de l’émail. Les deux paupières, en se rapprochant, letiennent l’œil artificiel. Pour ôter cet œil , on abaisse la paupière inférieure, on passe entre elle et le bord de l’émail une tete d’épingle, et un léger soulèvement suffit pour faire l’extraction. On le reçoit dans la main ou sur une serviette, on le laisse chaque nuit tremper dans de l’eau fraîche, et on lave l’orbite avec ce même liquide. Gaffe.
ceilîlet. (mat. médit), s. m. (dianthus canjophyllus), œillet des jardins. Cette plante, dont tout le monde connaît les nombreuses et belles variétés, est de la famille des Caryophyllées et du genre Dianthus. On dit qu’elle a été introduite en I France par le roi René. On ne fait usage en méde- J cine que d’une seule variété d’œillet, e’est V œillet rouge , ou à ratnjiat ; ses pétales sont employés après avoir été séchés à i’étuve; ils servent à pré- ! parer des infusions qui sont considérées comme légèrement toniques; on en prépare aussi un sirop d’œillet qui est regardé comme cordial.
œillères ( anat .), s. f. pl. On donne vulgairement ce nom aux dents canines supérieures.
œnantiqïïe (éther) ( ckim .), s. m. Substance huileuse et volatile qui est contenue dans le vin, et à laquelle est attribué le bouquet du vin.
ŒjXtoles ( phurm .), s. m. pl. Mot proposé par Chéreau, et employé par MM. Henry et Guibourt, ' pour remplacer le mot générique de vins pour les vins médicamentaux ; il est peu employé.
œsophage (anat.), s. m. (du grec oiô , je porte, I et de phagô, je mange; comme qui dirait porte- \ manger). On désigne ainsi en anatomie un canal I
musculo-memoraneux qui s’étend depuis l’arrièrebouche jusqu à l’estomac, dans lequel il conduit le bol alimentaire.
L’œsophage est situé, dans toute son étendue, un peu à gauche de la ligne médiane ; se continuant avec le pharynx, il descend au-devant de la colonne vertébrale sur laquelle il est appuyé, et marche derrière le larynx , se glisse entre la crosse de l’aorte et le canal thoracique, passe ensuite à droite de l’aorte descendante , au-devant de laquelle il se trouve placé vers sa moitié inférieure , se porte à gauche et en avant , franchit l’ouverture que laissent entre eux les piliers du diaphragme, et aboutit enfin à l’estomac.
On reconnaît à l’œsophage deux tuniques principales, l’une musculeuse et l’autre membraneuse ou muqueuse. 1° La tunique musculeuse est beaucoup plus épaisse que dans le reste du tube digestif (V. Estomac , Intestins ); elle est formée de deux plans : dans l’un , extérieur, les fibres sont longitudinales, et ce sont les plus nombreuses et les plus fortes ; le plan intérieur est formé de fibres circulaires. 2° La membrane muqueuse qui tapisse l’intérieur du conduit œsophagien est recouverte d’un épithélium qui se continue avec celui de la bouche et s’arrête brusquement en festons saillants au niveau de l’estomac. Elle est sillonnée de stries longitudinales coupées obliquement par d’autres stries, qui donnent à la suiface intérieure de l’œsophage un aspect réticulé. Ces stries sont dues à des rangées de papilles. Examiné à l’état de vacuité, l’intérieur du conduit qui nous occupe présente des plis longitudinaux très-apparents, qui résultent de l’état de contraction dans lequel se trouvent les fibres circulaires.
Entre les deux tuniques dont nous venons dé parler existe une couche fibreuse très-mince, unie aux deux autres par un tissu cellulaire fin et délié.
L’œsophage reçoit un grand nombre de vaisseaux artériels qui, pour la plupart, viennent directement de l’aorte. Il est entouré par les plexus nerveux ganglionnaires et ceux que forme la huitième paire cérébrale, qui tous lui donnent des fi ets nerveux.
Le canal œsophagien est destiné à transmettre à l’estomac les aliments qu’il a reçus du pharynx. Ses mouvementssont dirigés vers cette intention finale. Par la contraction de ses fibres longitudinales, il se raccourcit et se retire en quelque sorte sur les substances pour favoriser leur progression , tandis que les anneaux circulaires, se contractant successivement de haut en bas, chassent et poussent dans l’estomac le bol alimentai! e. Gomme l’ont démontré les expériences de M. Magendie et de Béclard, l’œsophage joue un grand rôle dans le vomissement; ses mouvements sont alors en sens inverse de ceux que nous venons de décrire pour la déglutition.
Œsophage (Maladies de I ). — 1 0 L'injlarnmation de l’œsophage ( œsophagite ) est une affection assez rare; et, quant aux conditions qui peuvent l’occasionner, on peut dire que presque constamment elle' est l’effet d une cause extérieure : ainsi , un corps étranger , dur , inégal , raboteux , que l’on ne peut avaler (nous en parlerons plus bas), la déglutition d’une liqueur ou d'un bol alimentaire trop chauds, l’action de substances irritantes, comme il arrive dans les empoisonnements avec l'acide si; i fa ri-
OESO
OKSO
que, etc. Lorsque l'inflammation est peu intense, elle ne produit guère d’autres symptômes qu’une doùleui sourde dans le trajet de l’œsophage, et que le malade rapporte au dos, entre les deux épaules, au cou ou bien derrière l'appendice xiphoïde, suivant que la maladie siège au milieu, à la partie supérieure, ou à la partie inférieure de l’organe : il y a en même temps de la difficulté dans la déglutition. Si la maladie est plus iutense, les souffrances sont plus vives, la déglutition peut être empêchée; on voit alors les boissons être iejetées un instant après qu’elles ont été avalées , on peut observer en même temps la réaction fébrile, etc. — Le traitement est essentiellement antiphlogistique : saignées si besoin est, boissons émollientes plutôt fraîches que chaudes, lavements laxatifs, bains entiers, etc. ; plus tard ne permettre que des aliments doux et demi-liquides, gelées, fécules, etc.
2° Les rélrécissemenis simples ou squirrheux de l’œsophage, surviennent tantôt à la suite d’une pblegmasie aiguë passée à l’état chronique , tantôt d’unemanièreréellementspontanée.— De la douleur au moment où les aliments passent dans le point rétréci, surtout quand ceux-ci sont consistants; plus tard, l'impossibilité de la déglutition, excepté pour les liquides pris en très-petite quantité ; tels sont les signes généraux de ces coarctations. Les rétrécissements de l’œsophage se traitent comme ceux dis autres conduits accessibles aux moyens chirurjiicaux,ceux de l’urèthre, par exemple. Ainsi, après avoir épuisé inutilement les antiphlogistiques, les révulsifs sur le canal digestif, les pommades et onguents résolutifs iodurés ou mercuriels, on aura recours aux sondes ou bougies dilatantes, dont on augmente successivement le volume, et enfin à la cautér sation avec le nitrate d’argent.
3° D’autres fois le rétrécissement n’est pas permanent, il n’est pas dû au gonflement avec induration d'un point de l’œsophage, comme dans ie cas précédent , mais à un spasme des faisceaux musculaires de ce conduit. Ici, la difficulté pour avaler est la même, les aliments ou les boissons peuvent même être rejetés : cette dysphagie spasmodique (V. ce mot), comme on l’appelle, se rencontre surtout chez les personnes très-nerveuses, les femmes hystériques, les hyp>chondriaques, dans l’épilepsie, et spécialement dans l’hydrophobie. Le traitement est essentiellement calmant et antiphlogistique ; la belladone pourra être ici d’un grand secours. Il est rare que, dans ces cas, il faille avoir recours aux sondes œ-ophagiennes.
4° Il peut y avoir véritable paralysie de l’œsophage ; on en observe des exemples dans certaines fièvres graves de forme ataxique, chez des vieillards, etc. Ici, le traitement doit nécessairement varier suivant la nature de la cause; le plus souvent les malades ne peuvent prendre d’aliments que ceux qui sont transmis par une soude placée dans l’œsophage.
Les affections chirurgicales de l’œsophage ne méritent pas moins que les précédentes de fixer notre attention.
1° Les corps étrangers qui s’arrêtent dans ce conduit sans pouvoir être transmis à l’estomac sont tantôt des croûtes de pain, des morceaux de viande dure non mâchée, des fragments d’os , de tendon, de cartilage; tantôt des substances avalées acci-
dentellement, des pièces, de monnaie, des clefs, des couteaux, des boutons, des épingles, etc.
Oh renconlre ordinairement les corps étrangers vers la partie supérieure de l’œsophage; de là, les accidents de suffocation qu’ils déterminent quand ils sont volumineux . en pressant contre le larynx ou la trachée. A ce symptôme se joignent une donleur locale permanente ou avec des intermissions* des nausées , des secousses de vomissements , une grande difficulté ou même L’impossibilité d’avaler, ht turgescence et la couleur routœ de la face, etc. Bu reste , on conçoit que ces phénomènes doivent varier suivant la nature des corps étrangers et le siégequ’i s occupent.
Le traitement présente quatre indications qui ont été surtout posées avec un grand sens pratique par le célèbre Hevin, dans les Mémoires de l’académie de chirurgie. Il est généralement admis, d’après ce chirurgien, qu’il faut, suivant les cas: 1° faire sortir le corps étranger par la bouche, soit avec les doigts , soit avec des pinces diversement configurées, des crochets, des tiges terminées par des appendices mobiles, une éponge attachée à un fil, etc,; ou bien favoriser son expulsion à l’aide de l’émétique administré par la bouche ou par la méthode endermique, ce que ni us préférons à l'injection dans les veines, propoée par quelques personnes; 2° le pousser dans l’estomac au moyen d’une soude ou simplement d’une tige de poireau; 3° iVxtraire par une ouverture faite à l’œsophage (V. OEsopkagolomie) , quand il y a des accidents de suffocation, et que le corps étranger n’a pu être ni rejeté ni refoulé. Lés dangers attachés à son séjour prolongé dans l’œsophage ont fait rejeter par les chirurgiens modernes le conseil donné par les anciens d’abanionner, dans certains cas, ce corps aux seuls efforts de la nature, Cependant, on pourrait suivre ce précepte si l’on avait affaire à une substance susceptible de se ramollir ou de se putréfier, telle qu’une croûte de pain ou un morceau de viande non mâchée, et dans le cas aussi où ce corps ne comprimerait pas les voies respiratoires.
2° Les blessures seront traitées , avec celles des autres parties du cou , au mot Plaie.
3° L’œ>ophage peut être perforé soit de dedans en dehors , par des corps étrangers ou des ulcérations, soit de dehors en dedans, par des abcès, des anévrismes. Une pareille lésion n’a pas de symptômes spéciaux propres, et elle est d ailleurs au» dessus des ressources de la thérapeutique. Des ruptures peuvent également avoir lieu dans de violents efforts de vomissements; la mort, au milieu d'atroces souffrances, en est la conséquence inévitable. E. Beaugrand.
œsophagiebt, eïwe [anal.), adj. Qui a rapport à l'œsophage. Il existe plusieurs arières qui ont reçu le nom d’œsophagiennes : au cou elles viennent des thyroïdiennes , dans la poitrine elles viennent de l’aorte et des artères bronchiques; dans l’abdomen, elles sont fournies par les diaphragmatiques et l’artère coronaire stomachique.
ce s of h agite ( méd .), s. f. On donne ce nom à l’inflammation de l’œsophage. (V. ce mot.}
œsophagotomie [chir.], s. f. C’est une opération qui consiste à diviser l’œsophage pour extraire des corps qui v ont été fortement engagés, et
que l’on ne peut en retirer par d'autres mqvens. Diverses méthodes sont employées dans cette opération; celle de Boyer consiste à pratiquer une incision sur le côté du cou, entre les muscles sterne-mastoïdien et sterno-hyoïdién , et a pénétrer jusqu’à V œsophage en écartant la trachée et l’artère caro- J-de ; on divise ensuite l’œsophage, et l’on extrait le Corps engagé avec des pinces droites ou recourbées.
JV. Œsophage.)
œstre [zoo]..') , s. m. (V. Insectes.)
ŒUF HUMAIN ( phijsiol :), s. m. (V. Ovologie.)
ŒUFS (hÿg.), s. m.p.Les œufs sont un aliment bon et sain qui entre pour une assez grande proportion dans notre régime alimentaire. Un les emploie comme condiment dans un grand nombre de préparations culinaires; ceux dont on fait usage dans nos contrées sont principalement les œufs de la poule doméstiqüe qui peuple nos basses-cours ; on peut aussi manger les œufs de dinde, d’oie et de canard, mais ils sont moins délicats que les œufs de poule. Les œufs peuvent être mangés crus lorsqu’ils viennent d’être pondus. La cuisson a pour effet de coaguler plus ou moins complètement les diverses parties qui composent l’œuf, et qui sont au nombre de deux : le blanc , qui est entièrement formé d’albumine, et le jaune , qui est formé d’une matière résino-albumineuse dans laquelle se trouvent encore divers principes.
Lorsque les œufs n’ont été soumis que passagèrement à l’action de l’eau bouillante, ils éprouvent un commencement de coagulation qui les rend plus agréables à manger , et on les désigne sous le nom d’œufs à la coque. Dans cet état ils sont un aliment nourrissant et de facile digestion, qui convient beaucoup aux convalescents. Il n’en est pas de même lorsque la coagulation de l’œuf est complète, et qu’il présente, lorsque l’on a brisé la coquille, une masse solide. On dit alors qu’ils sont durs. L’albumine (Y. ce mot), dans cet état de coagulation, est difficilement attaqué par l’action des sucs gastriques. L’œuf est vraiment indigeste, et n’est que très-difficilement supporté par certains estomacs ; il ne peut donc convenir aux malades et aux convalescents. On voit par ce que nous venons de dire, que, dans les diverses préparations culinaires, on doit avoir en vue de ne pas faire trop cuire les œufs , si l’on veut en faire un aliment facile à digérer.
Les œufs s’altèrent assez facilement par l’action de l’air qui pénètre à travers les pores de fa coquille ; ils sont soumis alors à une réaction qui a lieu principalement dans le jaune, et qui produit un dégagement notable d’hydrogène sulfuré qui donne lieu à cette odeur infecte que présentent les œufs gâtés : cette altération est favorisée par l’élévation de la températurè , et tout le monde sait que l’on garde moins longtemps les œufs l’été que l’hiver. Divers moyens ont été proposés pour conserver les œufs , tous ont pour but d'empêcher l’introductiondel’airà traversles pores de la coquille. Dans ce but, on a cônseillé de les plonger dans la graisse, de les couvrir d’un vernis, ou de les enduire de cire : | ce dernier moyen est celui qui présente le plus d’avantages: il se pratique en plohgeant les œufs isolément dans de la cire fondue, en les suspendant par des fils et les laissant refroidir ensuite ; il faut
avoir so|n, dans ce cas, de recouvrir avec de nouvelle cire les points de la coquille qui auraient pu être découverts dansl’opération.L’application d’un vernis sur les œufs leur communique souvent une odeur et un goût désagréables, ce qui fait que ce moyen n’est pas employé.
Le blanc d’œuf s’emploie pour clarifier les vins et les sirops ; le jaune, mêlé à du sucre et étendu d’eau à laquelle on ajoute un peu d’eau de fleurs d’oranger, forme une émulsion connue sous le nom de lait de poule, qui s’emploie avec avantage dans les rhumes et les catarrhes. On tire du jaune de l’œuf par expression, et après l’avoir fait durcir, un liquide gras et huileux qui a reçu le nom d’huile d’œuf, et que l’on applique sur les gerçures desseins. Le blanc d’œuf s’emploie aussi en chimie pour préparer les luts avec lesquels on mastique les appareils. Enfin où ferait un long article, si l’on voulait énumérer tous les usages que l’on faitdes œufs , soit dans l’économie domestique, soit dans les arts.
J. -P. Beaüde.
officinal (pAara.),adj. (officinalis , de ojfi cina, boutique). On donne le nom de médicaments officinaux à ceux qui doivent exister tout préparés dans les pharmacies, par opposition aux médicaments magistraux , que l’on prépare immédiatement. (Y. Médicament.)
ogmou ( hyg .), s. m .(alliiim cep a). Celte plante bulbeuse et potagère, de la famille des liliacées et de l’hexandrie monogynie de Linné, a été très-répandue par la culture, comme toutes les plantes qui, depuis la plus haute antiquité, servent à la nourriture de l’homme. On ignore la contrée dont elle est originaire ; cependant les botanistes pensent qu’elle , vient primitivement de l’Inde , et que de là elle se répandit en Egypte, en Grèce et en Italie. Aujourd’hui Pognon est cultivé dans toute l’Europe, mais c’est encoredansles contrées méridionales qu’il présente le plus de suc et de saveur. Les ognons d’Espagne et d’Italie ont un volume très-considérable et pèsent quelquefois jusqu’à deux et trois livres; ils sont aussi plus doux et plus succulents que ceux des contrées du Nord.
L’ognon présente deux variétés principales qui sont désignées par les couleurs de l’enveloppe des bulbes ; ces variétés sont l’ognon rouge et l’ognon blanc. Le premier est plus actif et contient une huile volatile plus énergique que le second, qui est plus doux à manger. Dans certaines contrées on mange les ognons crus , en les assaisonnant avec un peu de sel ; ceux du Midi surtout peuvent être plutôt mangés de cette manière que ceux du Nord ; mais le plus ordinairement on les fait entrer dans les ragoûts, où, par la cuisson, ils perdent de leur propriété excitante et contractent une saveur sucrée qui en fait un mets agréable. C’est à la présence d’un principe volatil qui existe dans toutes les plantes d^ genre allinm, que les ognons doivent cette odeur forte et pénétrante que tout le monde leur connaît; aussi , lorsqu’on les applique sur la peau , produi sent-ils une action rubéfiante et même vésicante,
[ qui est due à l’action de ce principe volatil âcre.
Les personnes d’un estomac faible digèrent difficilement l’ognon; il leur cause des rapports qui sont désagréables, et qui donnent une odeur particulière à l’haleine. Quelques buveurs disent qu’il empêche
t&fr
les fumées de Livrasse. Eh résumé, fégaoiv çuifest un aliment sain et nourrissant, surtout dans les pays chauds ; lorsque l’estomac le supporté bien , il stimule eet organe dont les fonctions sont toujours languissantes sous l'influence d’une atmosphère chaude et humide.
En médecine, la pulpe d’ognon a été employée en cataplasme ; cuite sous la cendre, elle a une action résolutive très- marquée. On prépare avec l’ognon des tisanes et des sirops qui ont été indiqués dans les rhumes et les affections catarrhales. Le suc d’ognon est diurétique, et l’on dit qu’ii peut être employé avec avantage contre la pierre ; mais rien ne justifie cette assertion. On l’a employé quelquefois dans les hydropisies. J . -P. Beaxtde.
oléagineux [matiméd. j, adj. ( oïeaginus , de oleum, huile). On désigne par ce mot un corps qui a l’aspect et la consistance de l’huile.
oléates (c/im. ), s. m. p, Ce sont des sels formés par la combinaison de l’acide oléique des graisses avec les alcalis ou les oxydes métalliques; ils entrent comme éléments dans la composition des savons qui sont formés des divers acides gras. (Y. Savon.) Les oléates entrent aussi dans la composition de certains emplâtres.
olécrane (anàt.), s. f. C’est cette saillie osseuse qui s’observe à la partie postérieure de l’articulation du coude. L’apophyse olécrane fait partie de Los cubitus. (V. ce mot.)
oléine ( chim .), s. f. C’est une des parties constituantes des corps gras. (V. Graisse.)
oléique (Acide) ( chim .), s. m. C’est un acide formé par l’oléine et qui se produit dans la saponification des graisses. (V. ce mot et Savon.)
OLÉO-S&CCHAK.ÜM {pharm.), s. m. (composé de deux mots latins qui veulent dire huile et sucre). Les oléo-saccharum se préparent en frottant sur un morceau de sucre de l’écorce fraîche d’orange ou dé citron, ou en pulvérisant du sucre avec quelques gouttes d’huile essentielle de ces fruits. Ce moyen sert pour aromatiser quelques préparations.
olfactif (anat.), adj. et s. On a donné ce nom à deux nerfs qui naissent du prolongement antérieur delà moelle allongée et qui se rendent dans les fosses nasales, où ils servent à l’olfaction. (V. ce mot.)
olfaction ( physiol. ), s. f. La membrane muqueuse qui tapisse les fosses nasales (Y . Nez) éprouve, de la part des corps odorants, une sensation particulière que l’on désigne sous le nom à! olfaction, ou mieux à' odoration. Cette membrane éprouve encore, de la part des agents extérieurs, une foule d’autres modifications dont il sera parlé au mot Sensations. Nous,m?nous occupons ici que de l’action des odeurs.
On prétend généralement queles odeurs sont des émanations matérielles des corps, qui, répandues dans l(aie, affectent l’odorat en traversant l’intérieur du nez pendant l’acte de l’inspiration. Mais, suivant moi, rien ne prouve positivement la matérialité de ces émanations. On peut même opposer à cette théorie, universellement admise, de trèsgraves objections. Ainsi, lorsque les corps odorants ne sont ni volatils, ni susceptibles de se vaporiser,
T. II
OLF
; lémüSè. exemple, ils ne perdent pas sensiblement üei’éùr poids en un grand nombre d’années, quoiqu'ils aient continué à exhaler beaucoup d’odeur. Il en est de même pour le cuivre : quand on le frotte vivement , il dégage une odeur particulière, sans qu’on puisse, cerne semble, être autorisé à supposer qu’il s’en volatilise aucune parcelle.
D’un autre côté, il est très-remarquable que le | contact immédiat et direct des corps odorants portés sur la muqueuse nasale à l’aide d’un tube n’excite nullement les facultés olfactives de cette dernière , et ne donne lieu qu’à une sensation physique générale ou spéciale. En raison de ces faits et de beaucoup d’autres que je pourrais accumuler ici, je me crois autorisé à conclure que l’explication des odeurs par les émanations matérielles n’est réellement qu’une hypothèse. Peut- être serait -il plus vrai de dire que les odeurs tiennent à un état ou une propriété des corps qui se communique de proche en proche, ainsi qu’on voit des corps chauds , des corps électrisés, des corps sonores, communiquer leur chaleur, leur électricité, leurs vibrations aux autres corps, soit au contact, soit à distance.
Les odeurs se répandent régulièrement à la circonférence du corps odorant dans un air tranquille, et vont en s’affaiblissant à mesure qu’elles s’éloignent de leur source; mais ici on manque de preuve pour établir, comme pour la chaleur ou la lumière, la loi de l’intensité en raison inverse du carré de la distance. On sait que le vent les transporte à de grands intervalles, et qu’elles n’agissent sur la membrane nasale que par l’intermédiaire de l’air devenu odorant. Certaines conditions, telles que la volatilité, la chaleur, lés frottements , augmentent la faculté odorante des corps.
Je n’essaierai point de reproduire ici l’infinie variété de sensations que les odeurs peuvent faire naître et que l’on a désignée par des noms spéciaux; c’est ainsi qu’il y a des odeurs douces, suaves, piquantes, fortes, pénétrantes , fétides , nauséabondes, etc., séparées par une foule de degrés à peine appréciables. Beaucoup d’odeurs empruntent leur nom à la substance qui les présente plus particulièrement et d’une manière plus tranchée : odeur de rose, de fleurs d’oranger, d’ail, d’œufs pourris, etc. Si l’on recherche quelles sont , dans la nature, les corps qui offrent à un plus haut degré la propriété d’agir sur le sens de l’olfaction, on verra que ce sont les végétaux; cen’estpasque les deux autres règnes ne fournissent aussi un très-grand nombre de substances odorantes, mais non assurément avec la même variété.
Des diverses sensations nasales. —De même que la membrane gustative (Y- Goût ), la membrane nasale éprouve plusieurs espèces de sensations différentes. 1° Elle éprouve une sensation physique, générale de contact, froid ou chaud, quand on introduit dans le nez un corps inodore froid ou chaud. 2° Elle éprouve une sensation physique partiaux liène de chatouillement quand on y insinue les barbes d’üné plume, ou tout autre corps mince etléger. 3° Un corps odorant produit l’olfaction qui nous occupe ici. 4° Enfin il y a des sensations mixtes quand les corps agissent, et par leurs propriétés physiques générales ou spéciales, et par leur odeur; la poudre de tabac en est un exemple.
Phénomènes de V odoration. — C’est au moment
OLF