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même où nous aspirons par le nez l’air environnant, que nous avons la sensation des odeurs dont cet air peut être chargé; sans respiration nasale donc, point d’odoration : aussi est-il un mouvement instinctif qui nous porte à fermer, avec les doigts, l’ouverture du nez, quand nous sentons une odeur fétide, tandis que c’est en ouvrant largementles narines que nous aspirons l’air imprégné de senteurs embaumées.

Un fait bien remarquable, c’est que l’air expiré s’échappe des fosses nasales sans jamais faire d’impression sur le sens olfactif. Est-ce qu’il a perdu dans le poumon toutes ses facultés odorantes, ou bien que , traversant le nez pendant l’expiration , cette circonstance a détruit ces mêmes facultés ? J’adopterais plutôt la première opinion que la seconde, car *11 y a un mode d’odoration par expiration : c’est celui dans lequel nous percevons l’arome de substances placées dans notre bouche, celle-ci étant fermée.

Les sensations produites parles odeurs sont variées comme les odeurs elles-mêmes ; les unes sont agréables, d’autres au contraire pénibles, essentiellement repoussantes. Du reste, il est à cet égard de grandes différences entre les individus , les uns trouvant beaucoup de plaisir à respirer une odeur qui, au contraire , impressionne désagréablement les autres. Certains parfums excitent en nous des sensations vagues de bonheur et de volupté, assez analogues à celles que fontnaître les accords d’une musique harmonieuse. Les anciens connaissaient bien ces effets des odeurs sur nos sens ; aussi savaient-ils les varier à l’infini : c’est un art que connaissent profondément les Orientaux , et auquel, il faut bien le dire, nos coquettes ne sont point étrangères.

Il est au contraire des odeurs qui nous affectent d’une manière si désagréable, qu elles peuvent occasionner des nausées, des vomissements, des syncopes même; le musc, par exemple, est dans ce cas. C’est particulièrement chez les femmes ou chez les personnes très - nerveuses que ces effets se font remarquer.

Trop souvent on a confondu avec les effets réels des odeurs les effets des émanations matérielles des corps odorants. Rapporter à l’odeur des corps volatils purgatifs, narcotiques ou vénéneux d’une manière quelconque, les empoisonnements qui ont été la suite de l’inspiration des émanations pulvérulentes ou gazeuses qui s’en échappent, est, suivant moi, une des plus grandes méprises que l’on puisse commettre.

D’un autre côté, il est des odeurs qui, alors que nous sommes à jeun, nous plaisent, réveillent et excitent l’appétit, et qui, au contraire, nous répugnent quand notre faim est apaisée. Ce sont celles des viandes et autres substances alimentaires. Cette répugnance est une sorte d’avertissement donné par la nature, et l’odorat, sentinelle vigilante, semble placée à l’entrée de l’appareil digestif pour nous mettre en garde contre notre sensualité; aussi est-il généralement dangereux et toujours imprudent de ne pas obéir à sa voix.

Le siège de l'odorat me paraît résider à la surface postérieure et concave de la saillie pyramidale du nez, et à lapartie antérieure desméatsetdes cornets supérieurs. (Y. Nez.) Cette opinion est confirmée par une expérience de Desault. Ce chirurgien vérifia qu’une fille affectée d’une fistule du sinus fron-

tal, ne sentait pas l’odeur qu’on lui faisait respirer par cette ouverture ; et Deschamps fils a pu, dans ! un cas semblable, constater le même phénomène.

Del' odoration inattenüve. — Quand nous avons l’esprit parfaitement libre, les odeurs fortes ont bientôt éveillé notre attention ; mais si notre intelligence est vivement occupée, il est possible que nous ne les distinguions pas, alors même que nous en éprouvons de la gêne.

L 'odoration attentive , qui n’est autre chose que l’action de flairer , présente tous les caractères des sensations attentives. (Y. Goût.) Elle se complique : l° des mouvements du flairer, c’est-à-dire d’inspirations nasales, longues ou courtes et toujours répétées, pendant lesquelles les narines se dilatent; 2° d'une attention plus ou moins vive et soutenue , qui nous permet d’apprécier avec justesse les perceptions fournies par l’odorat.

La transmission olfactive est accomplie par le nerf olfactif ’, ainsi nommé d’après sa fonction. La perte de l’odorat après des lésions qui avaient détruit ce nerf le prouve suffisamment. D’un autre côté, M. Magendie ayant observé l’abolition de l’odorat, après avoir coupé le trifacial (nerf de la cinquième paire) , ce physiologiste en conclut, ou que ce dernier nerf présidait seul à l’olfaction, ou bien que le nerf olfactif n’agissait que sous sa dépendance. Mais ces conclusions sont loin d’être la conséquence rigoureuse des faits.

Les usages de l’odorat sont clairs et manifestes. Il sert à nous faire connaître de plus ou moins loin les corps odorants qui nous environnent, et quelques-unes des qualités de l’atmosphère. Par sa situation au-dessus de la bouche, il nous prévient contre certains aliments et certaines boissons qui pourraient nous être nuisibles. Dans quelques cas, l’odoration par expiration nasale nous avertiteneore, par la sensation de l’arome des aliments que nous mâchons, de les rejeter pendant qu’il en est temps encore. Relativement aux idées qu’il fournit, l’odorat est surtout utile aux chimistes, aux pharmaciens, aux médecins et aux naturalistes

Nul à la naissance, l’odorat se développe peu à peu et semble persister jusqu’à la vieillesse la plus avancée. Une foule de maladies des fosses nasales, le coryza, les polypes, les ulcérations, la destruction du nez par la syphilis, etc., le modifient, le pervertissent ou l’abolissent tout-à-fait. Il est au contraire exalté dans certaines maladies nerveuses, chez les femmes hystériques, dans la convalescence des maladies graves.Dans certaines hallucinations de l’odorat, le malade croit sentir des odeurs suaves ou infectes qui n’existentque dans son imagination : ici c’est le cerveau qui est malade.

Je regrette que le défaut d’espace m’empêche de parler du sens de l’olfaction chez les animaux, où il présente unsi grand nombre défaits curieux à noter, tant par son exquise finesse que par son action à des distances énormes; c’est là un point que nous avons traité in extenso dans notre ouvrage de physiologie, auquel nous devons renvoyer le lecteur pour des détails plus circonstanciés. Gerdy ,

Professeur à la Faculté de médecine de Paris 9 chirurgie» de l'hôpital de la Charité , etc.

o£I3azj [mat. méd.) , s.m. [olibanum). encens d’Afrique. C’est le nom médical d’une des deux variétés de l’encens. On ignore encore aujourd’hui le

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nom de l’arbre qui fournit cette gomme-résine précieuse, qui est un des parfums les plus répandus en Orient; quelquesauteurs l’attribuent à un juniperus ou genévrier qui croît en Afrique et qu’on a nommé J. thuri/era. D’autres pensent que l’encens est produit par un figuier. Quoi qu’il en Soit de ces diverses opinions l’encens se récolte dans toute la région moyenne de l’Afrique, depuis la mer Rouge jusqu’au Sénégal. L ’ encens d’Amérique, disent Mérat et Delens, est le plus pur, quoiqu’on prétende le contraire ; il est d’un blanc jaunâtre, en morceaux irréguliers et quelquefois en larmes assez grosses et demitransparentes. On a donné à l’encens, dans cet état, le nom impropre d’encens mâle. Lorsqu’il est en masses ou en morceaux gros comme des marrons, il est d’un gris foncé ou bien rougeâtre; on le nomme alors encens femelle, ou en sorte. L’encens se ramollit dans la bouche, blanchit la salive, et est d’une saveur peu marquée. L’odeur est résineuse et ne rappelle pas celle qu’il offre lorsqu’on le brûle sur des charbons, et qui l’a fait rechercher dans l’antiquité pour les cérémonies des temples, et , de nos jours, pour celles des églises.

Il existe une autre espèce d’encens qui vient de l’Inde et à qui on a donné le nom d 'encens de l’Inde ou de Moka; pendant longtemps il a été confondu avec le précédent, et on lui croyait la même origine. Cette gomme résine découle d’un arbre de lafamille des térébinthacées, le bowselia serrata. L’encens qu’il fournit est moins pur que celui d’Afrique, il est d’une teinte plus foncée et en morceaux plus gros , mais qui jouissent des mêmes propriétés et qui donnent la même odeur par la combustion.

L’encens a été employé en médecine et il entre dans la composition de plusieurs médicaments, tels que le thériaque, le mithridate, les pilules de cynoglosse , le baume de Fioraventi , celui du Commandeur, etc. On l’emploie en vapeurs dans certains catarrhes chroniques, et il stimule d’une manière avantageuse la membrane muqueuse des bronches. On l’emploieaussi pour mettredans les dents cariées, afin d’en calmer la douleur. L’encens que l’on brûle dans les églises est rarement pur, presque toujours il est mêlé de gommes-résines qui ont avec l ui quelque analogie , car plusieurs arbres laissent écouler des produits qui , par la combustion, donnent une odeur qui s’en rapproche beaucoup : quelquefois même l’encens est altéré avec des résines communes.

Certains auteurs disent que les vapeurs de l’encens stimulent l’organe de la pensée, que c’est un excitant céphalique puissant : mais nous devons dire qu’il ne convient pas à tous les individus , et qu’il en est qui éprouvent sous cette influence des céphalalgies et des syncopes' graves. Ces derniers effets s observent surtout chez les personnes nerveuses. J. -P. Beaüde.

OLivaias ( anat. ) , adj., qui a la forme d’une olive. On a donné le nom de corps olivaires à deux éminences qui sont sur le prolongement inférieur de la moelle allongée. (V. Moelle épinière.)

OIiIve (bot. méd.), s. f., fruit de l’olivier d’Europe, olea europœa, L.), famille des Jasminées, J. C’est un drupe de forme ovoïde, charnu, long d’un pouce environ, de couleur vert-blanchâtre ou violacée à l’extérieur; la chair ou pulpe, d’abord âcre

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et désagréable, s'adoucit lorsque le fruit passe à l’état de maturité ; le noyau qu’elle enveloppe est ligneux, oblong, biloculaire, mais le plus souvent uniloculaire et monosperme par avortement ; l’amande est blanchâtre, la pellicule ou péricarpe est très-mince.

L’olive se distingue de tous les autres fruits par une singularité bien remarquable , c'est que le péricarpe, le noyau, l’amande, enfin toutes les parties qui la composent, fournissent de l’huile. Ce fruit forme un objet de consommation et de commerce assez important. Avant d’être expédiées et servies sur nos tables, les olives sont soumises à une opération qui a pour but de détruire leur âpreté. Le procédé que l’on doit à Picholinis, et qui a conservé son nom, consiste à les cueillir lorsqu’elles sont encore vertes, et à les plonger dans de grandies jattes d’eau ; on renouvelle celle-ci pendant huit ou dix jours, on sale ensuite fortement la dernière eau., et c’est dans cette saumure qu’on les conserve. On est dans l’usage, avant de les y plonger, de les passer dans une solution faible de potasse ou de soude, rendue plus caustique par la chaux.

On nomme olives pochées celles que l’on a conservées quelque temps dans la poche après les avoir retirées de la saumure. Il y a des personnes qui en sont très-friandes ; on doit se garder cependant d’en faire un usage abusif, car cet aliment, comme ceux qui contiennent une grande proportion d’huile, n’est pas d’une digestion facile.

L’usage le plus général des olives consiste dans l’extraetionde l’huilequ’elles contiennent, et qui est sans contredit la plus estimée et la plus propre aux usages domestiques et à la fabrication des savons. Cette opération forme l’une des branches les plus importantes de l’industrie agricole. Bien que les procédés d’extraction varient suivant les pays , cependant on nomme généralement huile vierge celle qui a été obtenue en recueillant l’huile qui surnage la pâte des olives écrasées et sans expression ; l’huile d’olive ordinaire est celle qui résulte de l’expression de la pâte arrosée avec de l’eau bouillante; enfin on nomme huile d’enfer celle qdî reste à la surface du bain d'eau chaude résultant d’une décoction des résidus ; cette dernière est recueillie au profit du propriétaire du moulin.

De telle manière qu’on obiienne l’huile d’olive, elle est toujours trouble : pour ia clarifier, on l’abandonne dans des cuves placées à une température d’au moins quinze degrés ; elle y dépose une substance floconneuse et mucilagineuse que l’on désigne sous le nom de fèces ou amuria. Cette sorte de lie entrait autrefois, comme émollient, dans l’usage médical; elle était aussi employée pour activer la germination et rendre aux arbres languissants leur vigueur première. On décante l’huile au bout de 15 à 20 jours, et on l’introduit dans des barri ques de bois dur et épais, qu’on place dans un lieu frais, pour que la congélation puisse s'effectuer avant qu’on la livre au commerce ; elle se conserve assez bien dans cet état ; l’épaisseur des douves a pour effet de la garantir de l’action trop directe de la chaleur. C’est ainsi qu’on l’expédie pour l’intérieur de la France. Mais, lorsqu’elle doit être exportée dans le Levant ou les colonies, on l’introduit dans de grandes jarres en grès que l’on bouche soigneusement. Elle est, suivant la nature du fruit qui

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