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pour témoigner que l’économie ne cède pas sans réagir au mal qui la détruit.
Un exercice modéré des organes génitaux peut exciter l’estomac, rendre l’appétit plus vif et les digestions plus rapides; mais l’appétit ne résiste pas longtemps aux excès de masturbation; il diminue d’abord, puis il disparaît, et finit souvent par faire place au dégoût le plus prononcé pour toute espèce d’aliments. Certains masturbateurs conservent l’appétit, mais ils n’en sont que plus à plaindre, car il survit aux digestions. Alors ils éprouvent des tiraillements, des douleurs d’estomac, des borborygmes, et les incommodités de toute espèce qui sont les suites des digestions laborieuses. Mais c’est surtout dans les symptômes nerveux qu’il faut chercher les effets les plus constants de l’onanisme : impressionnabilité excessive, douleurs de tout genre, douleurs coutumières, douleurs de tête, douleurs des lombes, douleurs vagues, douleurs névralgiques, sensations d’engourdissement, de formication, crampes, spasmes, contractions, palpitations, étouffements, syncopes, tremblements, extases, etc., etc. Le moral, l’intelligence s’affaiblissent, se pervertissent aussi, Ja physionomie prend un caractère particulier qui en est la conséquence ; et trop souvent on voit la mélancolie, le désespoir, s’emparer du sujet, et quelquefois le conduire presqu’au cercueil. On ne saurait s’imaginer tout ce que j’ai vu, en fait de dépravation morale, par suite de l’onanisme.
Je ne peux ici donner qu’un aperçu rapide, qu’une énumération des maladies proprement dites qui ont été la conséquence immédiate ou éloignée des excès vénériens. Ce sont des apoplexies du cerveau, et du cervelet, des affections chroniques de ces mêmes organes et de leurs enveloppes, l’épilepsie, la danse de Saint-Guy, l’hystérie, l’hypocondrie, l’aliénation mentale, les affections de la moelle épinière, la consomption dorsale, la carie vertébrale, la contraction des extrémités inférieures, la perte ou l’affaiblissement de l’ouïe et de la vue, le strabisme et autres affections des muscles de l’œil, les douleurs névralgiques et rhumatismales, la goutte, les hémorrhoïdes, les scrofules, les tubercules, la phthisie tuberculeuse, l’asthme, les maladies du cœur et des gros vaisseaux, le rachilis des os, les fièvres aiguës, le satyriasis, la nymphomanie, les névroses utérines, le priapisme, l’insensibilité, l’impuissance des organes générateurs. C’est aussi l’introduction de corps étrangers dans le canal de l’urèthre chez l’homme, des mutilations, l’incarcération de la verge dans des corps étrangers, le paraphimosis, l’herpes præputialis, la balanite, la blennorrhagie, l’incontinence d’urine, les spermatorrhées, surtout les pollutions involontaires, diurnes et nocturnes; les maladies des testicules, l’hydrocèle, le varicocèle, le cirsocèle ; les maladies du clitoris, l’inflammation de la membrane muqueus evulvo - vaginale , les pollutions chez les femmes, les flueurs blanches, diverses maladies de matrice, le prolapsus utérin, le cancer utérin, les hémorrhagies utérines, l’infécondité, la détérioration des races, les corps étrangers dans le canal de l’urèthre chez la femme, dans le vagin, etc.
Le coït est un acte souvent légitime et nécessaire, dont l’abus seul doit être interdit. Il n’en est pas de même de la masturbation. Sans doute, en fait, elle a aussi son usage et son abus; mais pour le médecin, le père de famille, cette distinction doit s’effacer, et l’onanisme, quels qu’en soient le mode, la fré-
quence, et sans tenir compte des individus qui s’y livrent et des circonstances dans lesquelles il a lieu, doit être considéré comme étant fomjowrs un abus, et, conséquemment, être proscrit sans réserve, surtout chez les jeunes sujets.
Il est des signes auxquels on reconnaît un masturbateur, le teint pâle et plombé, un cercle noirâtre autour des orbites, les yeux éteints, un caractère de faiblesse générale, la taciturnité, l’humeur morose, la recherche de la solitude autant pour satisfaire son funeste penchant que pour fuir la société qui lui est à charge. Le mensonge et la ruse lui viennent en aide pour dissimuler sa triste habitude, dont il rougit lui-même et qu’il voudrait cacher à tous.
Ce vice commun aux deux sexes, avons-nous dit, est encore plus fatal aux jeunes garçons qu’aux jeunes filles; chez les premiers, indépendamment de l’ébranlement nerveux produit par les sensations voluptueuses, il y a une perte du liquide séminal qui accroît l’épuisement et amène ce cortège de maladies terribles qui, si elles ne déterminent point la mort, produisent dans la constitution des altérations profondes dont on se sentira toute sa vie, et qui ont surtout pour effet de paralyser en partie le développement physique et intellectuel, et d’amoindrir l’individu comme force et comme esprit.
Empêcher que l’habitude de la masturbation ne se développe, et, quand elle est développée, faire en sorte de la détruire, voilà, sous le rapport hygiénique, les deux indications qu’elle présente. Étudiées avec attention, ces deux indications se résument en une seule, celle d’empêcher que la masturbation n’ait lieu. Qu’il s’agisse, en effet, d’un individu qui ne s’est pas encore livré à l’onanisme, ou d’un autre qui s’y livre depuis longtemps, toujours est-il qu’il faut empêcher que l’un ne commence, et que l’autre ne continue. Les moyens que l’on emploie sont donc essentiellement préventifs, puisque, quelle que soit la manière dont ils agissent, ils tendent constamment à empêcher l’acte du jour, celui du lendemain, tous ceux enfin que l’on prévoit. Ainsi, pour prévenir l’habitude de l’onanisme comme pour la rompre, c’est en se guidant d’après les mêmes principes qu’on y parvient.
Dans la masturbation on doit considérer trois choses : le désir, la volonté et le pouvoir. L’onanisme est impossible là où ces trois conditions ne seraient pas réunies. II n’y a pas de volonté sans désir, et souvent il arrive que celui-ci est complètement maîtrisé par elle. L’un et l’autre, au surplus, restent sans résultat , si la possibilité d’y donner suite n’existe pas. Il faut donc faire en sorte, pour empêcher la masturbation, que le sujet ne désire, ne veuille ou ne puisse s’y livrer. Ce sont, comme on le voit, trois indications distinctes; en atteindre une suffit. Toutefois, en pratique, il est bon de les poursuivre en même temps. Ainsi, on doit 1° faire que le désir qui porte à se masturber ne vienne pas, ou ne revienne plus, ou ait le moins d’empire possible; 2° faire que la volonté résiste au désir de se masturber ; 3° ôter à ceux qui désirent et veulent se masturber le pouvoir de le faire.
Les moyens que l’on peut employer pour remplir ces diverses indications sont en partie du ressort de l’hygiène et de la morale, la thérapeutique a peu a faire, si n’est pour réparer les désordres introduits dans les fonctions par la funeste passion dont nous nous occupons. Ainsi, éviter pour les jeunes sujets les
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contacts et les enseignements fâcheux, une surveillance active lorsque les soupçons sont, éveillés, pour empêcher le retour d’actes dont le sujet ignore souvent le danger ; car quelquefois il arrive que des circonstances fortuites ont révélé cette source de sensations voluptueuses, sans qu’elle ait été l’objet d’une confidence ou d’un enseignement. Des moyens contentifs et correctifs ont été proposés, telles sont les ceintures, les camisoles à longues manches, analogues aux camisoles de force. Ils peuvent être employés avec avantage ; mais nous devons dire qu’ils ont échoué dans beaucoup des cas : la morale, l’hygiène, l’exercice, le peu de séjour au lit et la surveillance sont encore les moyens le plus efficaces.
Nous ne pouvons entrer ici dans des détails sur ces divers sujets. Ces détails, on les trouvera exposés au long dans mon ouvrage. Deslandes, d. m.
omcïïoh (hyg-), s. f., action de frotter doucement ou d’oindre une partie avec un corps gras. Les onctions, qui étaient très-employées dans l’hygiène des anciens, qui se vêtissaient fort peu, ne sont pas employées de notre temps et dans nos climats. Les peuples de l’Asie, de l’Afrique, de l’Océanie font encore un grand usage des onctions, utiles surtout aux gens qui vont habituellement nus, et dont la peau se trouve exposée aux influences de l’air et du soleil. L’huile de palme, de coco, sont employées par les peuples des tropiques. Dans le Nord, les onctions se font avec de l’huile de phoque, et contribuent à donner une odeur repoussante aux naturels. Les onctions avec des substances médicamenteuses sont souvent employées en médecine. J. B.
onctueux, onctuosité, adj. et s. Qui est doux et gras au toucher, comme huileux. onde ( phys .), s. f. Y. au supplément. ondulant (pat h.), adj. Se dit du pouls lorsqu’il est grand, et qu’il se fait sentir par des mouvements successifs analogues aux ondulations. ONGLASE ( chir .),. s. f. Y. Ongle.
oïjgie (anat.), s. m. Les ongles sont les petites plaques dures et oblongues qu’on trouve à la face dorsale de l’extrémité des doigts et des orteils , et qui couvrent la partie supérieure de la dernière phalange. On distingue aces appendices une partie postérieure ou racine , une partie moyenne ou corps , une partie antérieure ou bord libre.
La racine, plus molle et plus mince que les autres portions, est cachée sous la peau : elle forme la cinquième partie environ de la longueur totale de l’organe. Le corps , libre par sa surface externe, adhère intimement à la peau par sa surface intérieure . Sa partie postérieure est convexe en avant , concave en arrière; elle est blanche et diminue d’étendue depuis le pouce jusqu’au quatrième doigt : c est cet espace blanchâtre que l’on nomme lunule. Il n’existe pas aux ongles des orteils. La portion antérieure du corps de l’oDgle , qui est plus grande, offre une teinte rosée. L’extrémité libre, plus épaisse que toutes les autres portions de l’ongle, est libre par ses deux faces.
Les ongles n’ont de connexions qu’avec l’épiderme, qui les recouvre en arrière et sur les côtés; il forme dans ces points un petit bourrelet séparé de la peau par une gouttière. En avant il se continue également sur le bord de l’oDgle. On peut donc
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arflrmer que l’ongle n’est qu’une portion épaissie die l’épiderme. Les couches sous-jacentes de la peau offrent à leur tour des modifications ; sous l’ongle le derme est épais , mou , très-vasculaire. Sous la lunule , au contraire , il est blanc.
Les ongles sont formés de feuillets superposés ; ils ne reçoivent ni nerfs ni vaisseaux , et ne sont ni sensibles , ni contractibles. Ils apparaissent vers le cinquième mois de la vie foetale; mais ils sont encore imparfaits au neuvième.
Ongles ( Maladies des ). — « Vainement, dit M. Blandin , quelques médecins se révoltent encore contre la doctrine de l’absence de la vitalité des ongles ; il n’est pas de fait mieux constaté dans l’état actuel de la science , et tout ce qui a été répété sur les maladies des ongles proprement dits peut être mis au rang des nombreuses erreurs que l’absence de données anatomiques exactes a longtemps propagées. Les ongles sont aussi étrangers aux maladies que l’épiderme , que la partie cornée des poils ; à moins que l’on ne considère comme maladies de ces parties , ce que je n’ai garde de faire , les altérations qui résultent pour elles dë l’action chimique ou physique des corps avec lesquels elles se trouvent journellement en contact. » Nous acceptons cette manière de voir sans aucune restriction , et c’est dans le derme, ou matrice de l’ongle, que nous plaçons le siège des lésions qui vont nous occuper;.
Inflammations de lamatrice de l'ongle, Onyxis. — Sous ce dernier nom , on désigne collective*ment les diverses inflammations qui peuvent envahir la matrice de l’ongle. L’affection est parfois générale , elle occupe alors toute la matrice ; d’autres fois elle n’est que partielle , et se trouve bornée aux bords ou bien à la racine de l’organe. Pour mettre plus de clarté dans la description que nous allons en donner , nous admettrons les espèces qui suivent : 1° Onyxis traumatique ; 2° Onyxis chronique ; 3° Onyxis avec ongle 'rentré dans les chairs.
1° Onyxis traumatique . — On l’observe fréquemment : les coups , les plaies , les piqûres faites sous le bord de l’ongle, l’introduction dans ce point d’un corps étranger , les lésions du bourrelet cutané qui recouvre la base de l’ongle, lui donnent lieu dans la plupart des cas. L’extrémité digitale devient le siège d’une douleur vive , du pus se forme sous l’ongle , et bientôt il vient se faire jour sur les côtés de cet organe qu'il détache , et qu’il fait tomber en partie ou en totalité. On combat ordinairement ces accidents par des bains émollients, par des applications de même nature ; plus rarement on doit avoir recours aux antiphlogistiques locaux ou généraux.
Si la maladie a été causée par un corps étranger, il faut chercher à extraire celui-ci s’il offre quelque prise aux instruments. Dans le cas contraire , il faut s’assurer de sa position , amincir l’ongle dans le point auquel il correspond avec un petit instrument ou bien avec une lame de verre, puis le perforer , en extraire le corps étranger , et évacuer le pus qui s’est formé. Vers la fin du traitement le pus est quelquefois fétide , et le travail réparateur sefait attendre ; il faudra, dans ces cas, employer les lotions chlorurées, dont l’usage est ordinairement couronné de succès.
2° Onyxis chronique. (Onglade.) — Cette affection envahit de préférence le gros orteil etle pouce, les