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rendu de la clinique ophtkalmologique de l’Hôtel— Dieu et de l’hôpital de la Pitié , adressé au conseil général des hôpitaux.

Ophlhalmie purulente des nouveau-nés. — Dupuytren avait pensé que la majorité de ces ophthai mies avait pour cause des écoulements vaginaux de la mère, avec lesquels les paupières de l'enfant se mettaient en contact pendant l’actede la parturition. Cette cause est possible dans quelques cas , mais tout à fait exceptionnellement et lorsqu’il existe une blennorrhagie syphilitique. Une température trop froide, une lumière trop vive, un défaut de propreté, sont les causes les plus ordinaires de cette opkthalmie. Dans les hôpitaux d’enfants nouveau-nés, elle règne épidémiquement , elle est tout-à-fait contagieuse. Il n’est pas rare de voir des adultes infirmières ou religieuses, chargées de soigner les enfants, être atteintes d’ophtkalmies purulentes, et perdre complètement la vue. Cette ophthalmie se déclare depuis deux à trois jours jusqu’à plusieurs mois et même plusieurs années après la naissance. Elle est caractérisée par un gonflement considérable des paupières et de la muqueuse , un écoulement purulent a lieu dès qu’on cherche à écarter les paupières; le pus est jaune-verdâtre, il excorie les joues. Le chémosis existe toujours, et fait paraître la cornée comme dans le fond d’un godet, qui sert de réservoir au pus ; aussi les lames de la cornée ne tardentelles pas à s’infiltrer de matière opaque. La conjonctive est d’un rouge intense , presque livide. L’enfant a horreur de la lumière, il se tourne du côté opposé, il contracte fortement les paupières, et fait ainsi séjourner le pus, qui augmente de beaucoup la tuméfaction des paupières.

Le pronostic de cette grave affection doit être trèsréservé; il est possible qu’une fonte purulente entraîne la perte de l’œil. Jusqu’à présent, il m’a toujours été possible d’éviter ce malheur, et d’arrêter la maladie dans le cours de la seconde période; mais il faut arriver à temps pour diriger le traitement , qui consistera tout d’abord dans le lavage, pour ainsi dire, de l’œil, en enlevant , par des injections méthodiques, et répétées toutes les vingt à trente minutes, tout ce qui peut se sécréter de matière purulente, afin d’empêcher son contact prolongé avec la cornée transparente. Les décoctions légères et astringentes, additionnées avec le sulfate de cuivre , l’alcool camphré, sont utiles ; mais il est une ressource plus héroïque , c’est une solution rapprochée d’azotate d’argent ou de deuto-chlorure de mercure, 10 centigrammes par 30 grammes d’eau distillée. Dans l’hôpital ophthalmique de Glaseow, j’ai vu porter le nitrate d’argent jusqu’à 4 grammes par 30 grammes d’eau distillée. L’instillation de ce liquide à une dose moindre, répétée une fois ou deux en vingt- quatre heures, modifie rapidement la muqueuse, et fait disparaître la gravité de la maladie. Il ne faut pas non plus négliger une révulsion légère sur les intestins par les sirops purgatifs, unis à 2 grains de calomel. On de it encore déterminer une légère vésication derrière les oreilles.

Ophthalmie des armées , ophlhalmie d’Égypte , ophthalmie granuleuse. — Nous renvoyons à traiter de cette maladie à l’article Paupières , qui sont, en effet, le point de départ de cette affection, sur laquelle nous avons fait des recherches spéciales sur les lieux mêmes où elle a sévi avec plus d’intensité

depuis le retour de l’expédition française ou e» Orient. Au mot Paupières, diverses ophthalmies herpétiques, scrofuleuses, ciliaires, morbilleuses, etc., trouveront aussi leur place. Il découlera avec évidence, que toutes ces maladies contagieuses oculaires ne peuvent être traitées avec avantage et économie que dans des hôpitaux ou dans des salles spéciales, ainsi que cela est établi dans presque toutes lescontrées de l’Europe.

Caffe,

Am irn chef de ]a cliniqnc ophlhalmique des hôpilau* de Paris.

OPHTE3AZ.MIÇUE ( anal .), adj. , qui a rapport à l’œil. Il existe une artère, une veine et un nerf qui ont reçu le nom d’ophthalmiques. — L 'artère ophthalmique est une branche de la carotide interne, qui sort du crâne par le trou optique et qui se divise en deux branches, la frontale et la nasale, après s’être dirigée vers l’angle interne de l’orbite. — La veine ophthalmique accompagne l’artère de même nom, et entre dans l’orbite par la fente sphénoïdale ; elle s’ouvre dans le sinus caverneux. — Le nerf ophthalmique, qui a été aussi nommé ophthalmique de Willis , pénètre dans l’orbite par la fente sphénoïdale ; il est produit par la cinquième paire de nerfs, ou nerf trifacial ; il est la plus petite des trois branches de ce nerf. — Le ganglion ophthalmique est un ganglion nerveux situé dans l’orbite près du nerf optique ; il donne naissance aux nerfs ciliaires. J. B.

O PHTHAIMO-BIENBIORRHÉE (chir.) , S. f.

On donne ce nom à des ophthalmies purulentes qui donnent un flux abondant de pus. Les causes de ces affections sont assez variées. (Y. Ophthalmie.)

opnTESAi.raoic.OGXE ( litt . méd s. f. (du grec ophlhalmos, œil, et logos, discours). C’est la partie de la science qui traite des maladies des yeux.

OPSiTHAï.ESORR.HAGSE ( chir .), S. f. C’est Uli écoulement abondant de pus par la conjonctive ; ce mot a à peu près la même valeur que ophlhalmo blennorrhée, il est plus usité, mais on se sert ordinairement du mot ophthalmie blennorrhagique. (Y. Ophthalmie.)

OPHTHALMOTOMiE (chir.), s. f. On a donné ce nom à l’extirpation de l’œil. (V. ce mot.)

opiacé (thérap.), adj. et s. On désigne ainsi toutes les préparations médicamenteuses qui contiennent de l’opium ou l’un de ses principes actifs. (V. Opium.)

opxats ( pharm .), s. m. p. Ces médicaments se confondent, par leur nature et leur composition, avec les électuaires et les confections ; ce sont, comme eux , des mélanges , à l’état mou , de poudres diverses et de matières sucrées. Cependant ces derniers sont plus particulièrement officinaux , tandis qu’on a souvent appliqué le nom d’opiatsàdes préparations qui se font extemporanément sur l’ordonnance du médecin. Ce nom dérive de celui de l’opium qu’on y faisait entrer fréquemment autrefois , et beaucoup plus rarement aujourd’hui.

Opiat astringent. — Prenez baume de copabu,. 30 grammes ; poudre de cubèbe, quantité suffisante ; mélangez dans un mortier jusqu’à consistance convenable, et aromatisez avec l’essence de menthe. Il s’administre par bols de 2 et 4 grammes , enveloppés dans du pain azyme légèrement

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humecté , une ou plusieurs fois dans la journée.

Opiat balsamique. Prenez baume de tolu, 60 grammes , baume de copahu 30 grammes ; mêlez à la chaleur du bain-marie, et ajoutez quantité suffisante detourteau d’amandes pulvérisé pour donner consistance d’électuaire. Il s’administre, comme le précédent, contre la blennorrhée et la leucorrhée, et aux mêmes doses.

Opiat dentifrice . Prenez corail rouge 1 25 gram . , osdesèche30, crème détartré 60, cochenille 30, alun 2, miel de Narbonne 320. Porphyrisez séparément toutes ces substances sèches ; triturez d’abord dans un mortier la cochenille avec l’alun et un peu d’eau pour développer la couleur rouge , ajoutez ensuite successivement le miel et les autres poudres en formant un mélange exact, qu’on aromatise à volonté avec les essences de menthe ou de girofle. • Vée.

©ïisthotomos ( chir .), s. f. C’est une des variétés du tétanos avec renversement du corps en arrière. (V. Tétanos.)

opium [mat. méd.), s. m. C’est le suc épaissi, soit naturellement, soit artificiellement, des capsules ou têtes du pavot somnifère, papaver somnife/ um, L. Pour extraire l’opium on procède de deux manières : la première consiste à faire, aussitôt que la fleur est tombée, des incisions aux capsules au moyen d’un instrument tranchant , qu’on se garde bien de faire pénétrer trop avant ; le suc laiteux qui en découle est reçu dans des vases spéciaux, et on l’y laisse évaporer spontanément. Chaque capsule n’en fournit qu’une seule fois, et seulement quelques grains. Cet extrait, qu’on nomme opium en Larmes , n'est pas versé dans le commerce; il est réservé pour l’usage du grand-seigneur et des officiers de sa cour. Les Turcs lui donnent le nom d ’affion ou de mère-goutte , parce qu’on le divise par portions sur des papiers légèrement huilés, où il prend en s’étendant la forme de gouttes ou pastilles; on y applique un sceau qui a pour exergue: œuvre de Dieu, mash allah.

Quant à l’opium du commerce, outhébaïque, désigné ainsi parce que le meilleur était anciennement fourni par la fameuse Thèbes, on ignore encore s’il est obtenu en exprimant toutes les parties de la plante et faisant évaporer le suc, ou par décoction seulement. On pense généralement, cependant, que ces deux modes pourraient bien être employés simultanément. On soumettrait, par exemple, à l’évaporation, le suc obtenu et le produit de la décoction, et on rapprocherait jusqu’à consistance d’extrait ou de rob. Ce qu’il y a de certain , c’est que l’opium du commerce paraît participer ou être le résultat de ces deux procédés.

Le meilleur opium nous vient de la Turquie et de la Perse, en morceaux arrondis de la grosseur du poing et du poids de 500 à 700 grammes. Il est de couleur brun-rougeâtre , enveloppé de débris de végétaux parmi lesquels on trouve souvent des semences de rumex. L’odeur de cet opium est nauséabonde, et sa saveur très-amère. Les Indes et Smyrne en fournissent aussi au commerce, mais d’une qualité inférieure. Rarement on administre l'opium dans cet état d’impureté; on pense, en effet, généralement, que les parties huileuses et résineuses nuisent à son action; aussi les sépare-t-on, soit en malaxant l’opium sous un filet d’eau, opium

purifié de Jossé, de Dey eux; soit en le faisant fermenter, opium ou laudanum de Rousseau ; soit en le dissolvant à chaud dans l’alcool, distillant et rapprochant à siccité , opium purifié de la pharmacopée de Dublin, ou par une longue digestion comme l’avait prescrit Baumé. Mais la plupart de ces procédés, et le dernier surtout, sont abandonnés.

Le meilleur opium de Turquie est composé, suivant les analyses successives de Derosne , Séguin, Sertuerner, Duncan, Robiquet, Couërbe, Blondeau, et Pelletier qui les résume toutes, de narcotine, morphine, codéine, acide méconique, méconine, narcéine, acide brun et matière extractive, résine particulière , huile grasse, caoutchouc, gomme, bassorine et ligneux. L’opium de l’Inde et celui indigène, dont nous traiterons à l’article Pavot , inférieurs à celui de Turquie, contiennent moins des premiers principes, qui sont les plus énergiques, et plus des derniers.

A cette nombreuse série de substances, il faut en ajouter deux, découvertes, il y a peu de temps, par Pelletier; ce chimiste a nommé l’une paramorphine , et l’autre pseudo-morphine ; la première est la seule qui soit encore bien déterminée. Malgré la composition similaire de la morphine et de la paramorphine, la dernière diffère de la première par sa solubilité dans l’éther sulfurique, par la propriété de n’être pas colorée en bleu par les sels de fer, et par son impuissance à former des sels cristallisés avec les acides. Elle possède néanmoins les propriétés d’un alcaloïde , et diffère sous ce rapport , ainsi que par sa saveur styptique et métallique, et sa forme cristalline, de la morphine. C’est un des poisons les plus actifs, car un grain a produit les spasmes les plus violents et la mort chez un chien de moyenne taille. Pelletier a en outre démontré qu’il ne pouvait plus y avoir aucun doute sur l’existence de la narcéine qu’il a découverte dans l’opium ; que, d’une même quantité de cette substance, on pouvait extraire la narcotine , la morphine , la narcéine , la méconine , la codéine et la paramorphine.

De tous ces principes, la morphine est le seul qui soit employé en médecine; c’est principalement sous forme d’acétate, et mieux encore d’hydrochlorate , qui se décompose moins facilement, qu’on l’administre. Ces sels agissent sur l’économie animale de la même manière que l’extrait gommeux d’opium, mais avec plus d’énergie. Avant la découverte de la codéine par Robiquet , plusieurs physiologistes avaient fait remarquer que la morphine ne représentait pas à elle seule la somme de propriété sédative de l’opium. Tout porte à croire que cette substance en forme le complément ; elle paraît avoir une action très-prononcée sur la moelle épi nière , mais elle ne paralyse pas, comme la morphine, les parties postérieures; ellea été employée en médecine, et elle calme plus complètement que la morphine, mais à des doses beaucoup plus fortes.

L’opium est rangé parmi les médicaments héroïques; c’est incontestablement l’un des plus précieux que l’on connaisse ; il tend à modérer l’action organique augmentée par la perturbation d’une ou plusieurs fonctions. Une foule de préparations,ayant pour but d’augmenter sa propriété sédative et de diminuer sa propriété excitante, ont été

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