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imaginées avec plus ou moins de succès. Avant qu’on ne connût sa composition et l’action de ses principes, on croyait qu’il ne calmait que par suite d’une surexcitation que procurait son ingestion ; les uns l’attribuaient à un principe volatil, d’autres à un principe fixe ; mais les belles expériences de M. Orfila ont fixé tous les doutes, en démontrant que sa propriété calmante et soporifique est due à la morphine, et la propriété excitante ou stimulante à la narcotine.

Le moyen le plus certain de combattre les effets qui résultent de l’empoisonnement par l’opium ou les sels de morphine, consiste à provoquer le vomissement si l’empoisonnement est récent, à administrer ensuite des boissons acidulés et du café en abondance, et à détourner, par l’agitation et l’excitation, de la propension au sommeil.

L’habitude diminue sensiblement les effets de l’opium sur l’économie ; nous avons vu des individus tellement insensibles à son action, que 15 et même 20 grains de cette substance ne produisaient plus sur eux que fort peu d’effet. Son usage habituel produit une action analogue à celle qui résulte de l’abus des liqueurs fortes ou spiritueuses; il donne lieu au tremblement, à la paralysie, à la stupidité et à l’émaciation. Les Turcs mettaient autrefois à profit sa propriété enivrante pour animer leurs soldats au combat; mais cette excitation, étant bientôt suivie d’une sorte d’anéantissement, est souvent plus nuisible que profitable. Les Asiatiques et les Chinois fument l’opium et en éprouvent une sorte d’ivresse qui a pour eux bien des charmes, en ce qu’elle les transporte dans un monde toutidéal; malheureusement cette pratique produit assez promptement l’énervation et l’abrutissement. Ces tristes résultats n’effrayèrent pas quelques jeunes gens oisifs, avides de tous les genres d'ivresse. Un <?A<ôseforma naguère à Paris, sous le nom de Société des opiophiles ; les adeptes devaient consigner sur un registre les sensations qu’ils éprouveraient durant l’extase produite par l’opium. Mais soit que leur imagination , se ressentant trop de l’influence d’un climat septentrional, restât réfractaire à ce genre d’extase, soit qu’ils eussent été effrayés par le tableau de l’état de marasme dans lequel tombent bientôt les fumeurs d’opium, tableau que fit de visu un offi cier de la flotte anglaise envoyée récemment dans les mers de la Chine, toujours est-il que les -membres de cette Société, renonçant à poursuivre ce mirage intellectuel, cette trop cuisante béatitude , ■cessèrent de se réunir.

Les préparations d’opium les plus usitées sont la poudre d’opium , la teinture alcoolique , le laudanum liquide de Sydenham, le laudanum liquide de Rousseau, le vinaigre d’opium et le sirop d’opium.

Poudre d'opium. — Ou prend de l’opium de Turquie ou de Perse , ou le gratte pour délacher les parties étrangères qu’offre sa surface, on le divise ensuite par morceaux, et on le fait sécher, soit au bain-marie, soit à l’étuve, à une température peu élevée; on le pulvérise ensuite et on le conserve dans un vase bien clos. Sous cette forme, l’opium conserve tous les principes qu’il contenait , moins une partie du principe volatil, et ce n'est pas, comme en l’a vu plus haut, le plus important.

Teinture alcoolique d'opium. — Elle s’obtient en

mettant en contact 30 grammes d’extrait d’opium avec 400 grammes d’alcool à 22°. On laisse macérer, puis on filtre. L’extrait d’opium se dissolvant complètement dans l’alcool à ce degré, cette préparation n’est autre chose qu’une simple dissolution alcoolico - aqueuse de tous les principes contenus dans cet extrait : 24 gouttes pesant 12 grains, 2 gouttes représentent donc 1 grain d’opium.

Laudanum liquide de Sydenham, vin d’opium composé du Codex. — On l’obtient en prenant: opium, 60 grammes; safran, 30 grammes; cannelle et girofle, de chaque 4 grammes : on réduit ces dernières substances en poudre , on fait macérer ensuite pendant quinze jours à une douce chaleur dans 500 grammes de vin de Malaga; on passe la liqueur en exprimant avec force, et on filtre : 20 gouttes sont réputées contenir un grain d’opium gommeux ou 2 grains d’opium brut. Il importe, si l’on veut avoir un bon médicament et surtout toujours identique, de ne pas remplacer le vin de Malaga par du vin ordinaire, car sa composition n’est pas seulement moins variable, elle permet de croire qu’il favorise moins la solution de la narcotine , altère moins la codéine et facilite la conservation, attendu qu’il contient moins d’acides libres, moins de tannin , plus d’alcool et de sucre que les vins de France.

Laudanum de Rousseau , vin d'opium préparé par fermentation , du Codex. — Il s’obtient en faisant dissoudre 125 grammes d’opium dans 1 kil. 750 grammes d’eau chaude, ajoutant 375 grammes de miel blanc et 60 grammes de levure de bière, et abandonnant dans un matras. Lorsque la fermentation a cessé, on passe avec expression et on filtre. La liqueur claire est distillée au bain-marie pour retirer 500 grammes d’une liqueur alcoolique: on redfwîille ce produit une seconde fois, puis une troisième, pour avoir seulement 135 grammes de liquide. D’autre part, on prend le résidu resté après la première distillation, on l’évapore à une douce chaleur, jusqu’à ce qu’il ne reste que 300 grammes de produit, auquel on ajoute les 135 grammes d’alcool opiacé ci-dessus, on filtre et on conserve: 20 gouttes de ce laudanum représentent 2 grains et demi d’extrait d’opium, ou 5 grains d’opium brut.

Vinaigre d'opium, ou teinture acétique d’opium.— On divise 30 grammes d’opium dans 200 grammes de fort vinaigre: on ajoute 250 grammes d’alcool à 80 degrés centigrades, on laisse macérer huit jours. On passe ensuite avec expression, et on filtre. 4 grammes de cette préparation représentent 7 grains d’opium brut.

Sirop d'opium. — MM. Henri et Guibourt, modifiant l’ancien procédé, proposent de faire dissoudre 96 grains d’extrait d’opium dans 4 onces d’eau; on filtre et on mêle à 96 onces ou 3,000 grammes de sirop de sucre bouillant. Chaque once de sirop représente un grain d’extrait d’opium.

L’eau distillée d’opium et les divers extraits de cette substance n’offrant pas une grande identité, et étant d’ailleurs peu employés maintenant, nous nous abstiendrons d’entrer dans le détail de leurs préparations. Couvebchel ,

de l’Académie de Médecine et de la Société de Pharmacie.

OPOnstDOCH (Baume) (pharm.), s. m. On donne ce nom à une préparation pharmaceutique demi-solide, d’une transparence opaline, qui est un

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