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véritable savon ammoniacal camphré ; il se prépare ainsi: savon de graisse de veau, 32 grammes; camphre , 24 grammes ; ammoniaque liquide , 8 grammes; essence de romarin, 6 grammes, de thym , 4 grammes ; alcool à 34 degrés, 250 grammes. On dissout les essences dans l’alcool, et l’on distille au bain-marie à siccité ; on met le mélange qui résulte de la distillation dans un matras avec le savon bien râpé, on fait dissoudre à la chaleur du bain-marie, on ajoute le camphre, puis, quand il est dissous, on ajoute l’ammoniaque, on filtre à chaud, et l’on reçoit le liquide dans de petits flacons de verre allongés et à large ouverture, on les ferme aussitôt et avec soin d’un bouchon trempé dans de la cire, ou, mieux encore, enveloppés d’une feuille d’étain. Cette nécessité de bien boucher les flacons est indispensable, afin d’empêcher la volatilisation du camphre et de l’ammoniaque.

Le baume opodeldoch est employé en frictions dans les douleurs rhumatismales chroniques , dans les douleurs et les gonflements qui succèdent aux entorses ; c’est un médicament fortement excitant, et qu’on ne doit pas employer lorsqu’il existe encore des symptômes d’inflammation aiguë.

opopowax [mat. méd.) , s. m.On donne ce nom à une gomme-résine qui découle par incisions faites au collet de la racine àa paslinacaopoponax, plante de la famille des ombellifères et du genre panais. Cette plante est vivace, a de très-grosses raciaes, et croît dans le midi de la France, en Orient et en Syrie : ce n’est que dans ces dernières localités que l’on récolte le suc concret du pastinaca opoponax , car dans nos climats la plante n’en fournit pas. Cette gomme résine, qui est d’une couleur brune, opaque, terne et friable, et que l’on trouve dans le commerce en morceaux irréguliers, arrondis, a une odeur forte particulière et un peu fétide ; sa saveur est amère et âcre. Lorsqu’on la met dans la bouche une partie se fond, et il reste une substance blanche résineuse qui brûle facilement.

Cette substance a été plus employée autrefois qu’elle ne l’est aujourd’hui ; elle est tonique, excitante, et peut être prescrite avecavantagedans tous les cas où l’on fait usage de l’assa-fœtida et des autres gommesrésines; on l’a conseillée en lavements dans les affections nerveuses à la dose d’un demi-gros (2gram.); à l’intérieur, la dose est de 12 à 24 grains (6 à 12 décigrammes) , plusieurs fois dans la journée. En lavements, elle provoque quelquefois des évacuations. Elle entre encore dans la composition de la thériaque et de quelques médicaments peu employés. J. B.

OPPOSAXtfT [anat.], adj. et s. On adonné le nom de muscles opposants du pouce et du petit doigt, à deux muscles de la main qui ont pour fonction, i’un d’opposer le pouce aux autres doigts de la main, et l’autre le petit doigt au pouce. Ces deux muscles concourent à former les éminences qui bordent en dehors et en dedans la paume de la main, et que l’on a nommées thénar et hypothénar .{ Y. Main.)

oppression ( path .), s. f., état dans lequel le malade éprouve le sentiment d’un poids sur la partie affectée. L’oppression a pour siège ordinaire la poitrine , et elle est alors déterminée par

une gêne très-marquée de la respiration; elle peut dépendre aussi, soit d’un obstacle réel à l’entrée de l’air danslespoumons,commeunecongestion pulmonaire, une accumulation de mucosités dans les bronches capiiiaires , soit d’un état nerveux qui gêne l’exercice des muscles de la poitrine et du diaphragme. L’oppression peut également être produite parla rareté de l’air, ses qualités irritantes ou impropres à la respiration. L’oppression est aussi un des symptômes qui accompagnent presque toutes les affections des poumons; enfin, elle acquiert une intensité extrême dans les maladies du cœur, dans celles des gros vaisseaux, et dans l’asthme nerveux.

Il est important de ne pas confondre des oppressions légères et passagères, qui se manifestent souvent chez les personnes nerveuses, et qui quelquefois précèdent la syncope , avec les oppressions qui peuvent être les symptômes des affections que nous avons indiquées ; ces oppressions légères cèdent facilement à des antispasmodiques légers, à l’exposition au grand air. Lorsqu’elles sont habituelles et seulement nerveuses, elles cèdent surtout au changement de régime, à une vie active, au séjour de la campagne, et à l’exercice soutenu en plein air.

03?Ttç-|JE (phys.), s. f. C’est la partie delà physique qui traite de la vision et des phénomènes de la lumière. (Y. ces mots.)

optiques [anat). adj. et s. On a donné le nom de nerfs optiques aux nerfs de la deuxième paire qui se rendent aux yeux, et qui, par leur épanouissement , forment la rétine, membrane nerveuse qui est le siège de la vision (Y .Œil). Les nerfs optiques tirent leur origine de la moelle allongée , et non des couches optiques situées à la partie inférieure des ventricules latéraux du cerveau , par deux filets qui se réunissent pour former le tronc du nerf optique. Ce nerf se porte en devant et en dedans, en se contournant sur le prolongement antérieur delà protubérance cérébrale; il est d’abord large et aplati , il se rétrécit ensuite et s’arrondit , puis il se réunit à celui du côté opposé , en formant une commissure assez large , sans s’entrecroiser, ainsi qu’on l’a cru longtemps, et comme cela a lieu chez les reptiles et les poissons. Cependant chacun de ces nerfs reçoit quelques filets du nerf opposé, ce qui fait que chaque nerf optique contient des fibres du nerf qui lui est congénère. Ensuite les nerfs optiques vont en divergeant, et sortent du crâne par le trou optique du sphénoïde , qui donne aussi passage à l’artère ophthalmique; puis ils pénètrent dans le globe de l’œil pour former, par leur épanouissement, la rétine.

ok [chim. et thérap.), s. m. [aurum). L’or est un métal connu dès la plus haute antiquité; c’est le plus précieux de tous les métaux, celui dont la valeur commerciale est le plus élevée. Il est jaune, brillant, très-malléable et très-ductile, ce qui, avec sa rareté, son éclat et sa couleur, a contribué sans doute à son haut prix. On en a fait le signe représentatif de la richesse, et l’on fabrique avec l’or les monnaies les plus élevées. Certains métaux sont plus rares que l’or, le platine, par exemple, et sont loin d’égaler son prix. De tous les métaux, c’est l’or

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qui se réduit en fils les plus fins et eu lames les j plus minces; par le battage on est parvenu à réduire j des feuilles d’or à un millième de millimètre d’é- i paisseur ; dans cet état l’or est translucide, et laisse passer une lumière d’un vert bleuâtre. Ce métal est très-tenace, peu dur, et se laisse facilement rayer; il fond difficilement, et seulement à 32° du pyromètre de Vegdwood; sa pesanteur spécifique est 19,25 , celle de l’eau distillée étant considérée comme unité.

L’or se trouve rarement pur dans la nature, bien qu’on le rencontre presque toujours à l’état natif; il est constamment allié à du cuivre , de l’argent ou du platine; on le trouve aussi mêlé, en petite proportion, aux minerais de plomb et d’argent, au sulfure de fer, etc. Très-souvent on le trouve, sous forme de poudre, mêlé au sable de certaines rivières ou dans des terrains d’alluvions; les riches gisements du Brésil se présentent sous cet état; en Australie et en Californie, on le trouve souvent empâté dans les rochers de quartz. C’est surtout en Amérique, en Australie, on Afrique, en Asie, que sont les plus riches mines d’or; celles de Californie et d’Australie n’ont été découvertes que depuis peu d’années. Les mines d’Europe sont peu abondantes, ou sans doute sont épuisées depuis longtemps. Le Rhône et l’Ariége contiennent quelques pépites d’or dans leurs sables ; les sables du Danube sont encore exploités aujourd’hui. La vallée de Chamouny, dans les Alpes, a été célèbre par ses orpailleurs , individus qui lavent le sable des torrents pour en retirer la poudre de ce précieux métal. Les mines de Hongrie, de Transylvanie et celles de l’Oural, chaîne de montagnes qui sépare l’Europe de l’Asie, sont les mines les plus riches de l’Europe, encore les dernières font-elles plutôt partie de l’Asie.

Dépuis la découverte des mines de la Californie et de l’Australie, la production de l’or a plus que décuplé par année; aussi les économistes ont-ils craint l’avilissement du prix de ce métal qui, du reste, s’est déjà fait sentir aujourd’hui.

Oxydes d’or. — L’oxygène se combine difficilement avec l’or; aussi ce métal est-il rangé par Thénard dans la sixième section, qui contient les métaux les moins oxydables ; ce n’est que par l’action d’une forte décharge électrique que l’on parvient à réduire une feuille d’or en une poudre purpurine que l’on dit être un oxyde d’or, mais que quelques chimistes ne regardent que comme de l’or très-divisé. L’or forme deux oxydes, un protoxyde découvert par Berzélius , qui est vert et qu’on obtient en versant à froid une dissolution de potasse caustique sur du proto-chlorure d’or; cet oxyde, sous l’influence de la lumière, se change bientôt en or métalliqueet en tri-oxyde. Le tri-oxyde ,qui s’obtient en faisant chauffer du tri-chlorure d’or avec de la magnésie, est brun lorsqu’il est sec, et jaune rougeâtre lorsqu’il est à l’état d’hydrate; il est sans action sur l’air, et se réduit facilement sous l’influence de la chaleur et par la pile de Yolta : aucun de ces oxydes n’existe dans la nature.

L’or se dissout facilement par l’ammoniaque, et donne lieu à un composé que l’on nomme ammomure d’or ou or fulminant , qui détonne avec la plus grande facilité. L’oxyde d’or, dans certaines circonstances , se réduit en donnant lieu à un vif dégagement de chaleur et de lumière.

] Nous n’examinerons pas ici les diverses combi- | naisons de l’or , soit avec les corps simples, soit avec les acides et les alcalis. Parmi les acides, l’or ne se combine qu’avec l’acide chlorhydrique , et il forme des chlorures dont l’un est employé en médecine. L’oxyde d’or se combine au contraire trèsfacilement avec les alcalis ; c’est sur cette difficulté que présente l’or à être attaqué par les acides qu’est fondé aujourd’hui le procédé d’affinage.

Chlorures d’or. — Ils sont au nombre de deux : le proto-chlorure et le deuto-chlorure. Le premiei ne peut pas être obtenu directement : il n’est que le résultat de la décomposition du deuto-chlorure par l’action d’une douce chaleur qui dégage un excès de chlore, et qui laisse une masse jaune pâle qui est le proto-chlorure. Une chaleur un peu vive décompose ce sel complètement.

Le deuto-chlorure est d’un rouge brun , trèsfoncé , déliquescent, très-fusible, et soluble dans l’eau. Sa solution est de couleur rouge rubis et jaunâtre , lorsque le chlorure est combiné avec un chlorure d’hydrogène, acide chlorhydrique , ainsi que cela a lieu toutes les fois qu’on le prépare poulies usages de la médecine. Ce chlorure se décompose, comme nous venons de le dire, par l’action de la chaleur; à la température ordinaire, il est décomposé par la plupart des corps simples qui lui enlèvent le chlore; le proto-sulfate de fer précipite tout l’or de la solution, qui se réunit au fond du vase sous la forme d’une poudre verte : c’est dans cet état que l’or est employé pour dorer la porcelaine. Le proto-chlorure d’étain forme, avec le deuto-chlorure d’or, lorsque les solutions sont étendues, un précipité pourpre, Pourpre de Cassius , qui est employé pour former sur la porcelaine les beaux fonds roses et pourpres. Le deuto-chlorure d’or s’unit aussi aux chlorures de potassium et de sodium , pour former un sel double ; c’est même en combinaison avec ce dernier qu’il est le plus ordinairement employé en médecine. Dans cet état , il se décompose moins facilement par l’action des substances organiques avec lesquelles on le met en contact. Le deuto-chorure d’or se prépare en faisant dissoudre une partie d’or laminé dans quatre parties d’eau régale composée de : acide hydrochlorique à 22°, trois parties, acide nitrique à 35°, une partie; on met l’or dans un matras, on verse ensuite les acides , et on favorise l’action par une douce chaleur. Lorsque l’or est dissous, on retire et on fait évaporer dans une capsule, en ayant soin de ne pas trop chauffer pour ne pas décomposer le sel. Quand il est suffisamment concentré, ce qui se reconnaît lorsque le chlore commence à se dégager, on retire le liquide , qui , par le refroidissement, cristallise en aiguilles. On ajoute du sel marin purifié lorsque l’on veut obtenir un chlorure double d'or et de sodium.

L’iode et le soufre se combinent également à l’or, mais avec plus de difficulté que le chlore , et ils forment un iodure et un sulfure d’or qui, bien que peu usités, ont été employés en médecine.

Le cyanure d’or , composé d'or et de cyanogène, se présente sous la forme d’une poudre jaune, insoluble dans l’eau ; il correspond au deutoxyde d’or. On le prépare en évaporant au bain-marie la dissolution d’or dans l’eau «égale, afin d’en chasser tout l’excès d’acide : on dissout une portion de ce chlo-

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