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rure d’or dans cinq parties d’eau, puis on verse une solution de cyanure de potassium, préparée en dissolvant dans six fois son poids d’eau la masse noire produite par la calcination du prussiate ferrugineux de potasse , et l’on obtient un précipité jaune serin qui dépose lentement et qui est le cyanure d’or. Cette préparation a été conseillée par Chrétien , et elle agit à peu près comme le chlorure d’or.
Usagemédical. — L’or a été employé en médecine dès le moyen-âge. C’est aux Arabes et aux alchimistes que l’on doit son emploi; ils lui attribuaient des propriétés merveilleuses qui toutes se rattachaient à la recherche du grand-œuvre, de la pierre philosophale, objets de leurs laborieux travaux; l’or potable guérissait de toutes les maladies, prolongeait la vie, en attendant qu’il pût rendre l’homme immortel. Des travaux des alchimistes sont nés une foule de préparations : Velectrum aureum cordiale , Vaurum viUB , l’alexiter doré, le crocus au ri, que l’on croit avoir été l’or fulminant, déjà connu dès 1608. Plus tard, ce furent les gouttes d’or, la teinture d’or , que conseillaient les charlatans. Quelquefois l’or n’entrait dans ces préparations que de nom, et servait à justifier leur vertu merveilleuse et surtout le haut prix auquel on les vendait.
Quoique plusieurs médecins du dernier siècle, et des plus recommandables, aient prescrit l’or comme un remède puissant dans la syphilis et les scrofules, cependant c’est à Chrétien de Montpellier que l’on doit d’avoir dégagé l’emploi utile de l’or dans ces deux maladies, de toutle fatras merveilleux des siècles précédents. Il y a peu d’années, M. Legrand a publié un ouvrage important sur i’emploi des préparations d’or, qui résume tout ce qui a paru d’intéressant dans ces derniers temps , en France et à l’étranger.
Les préparations d’or s’emploient à dose très-fractionnée, à un 15e et même à un 20e de grain, répétée une ou deux fois dans la journée; l’or métallique s’emploie à doses plus élevées , mais nous doutons que son action soit aussi efficace que celle de ses préparations. On prépare un sirop d’or etune pommade d’or qui servent à lotionner ou frictionner les ulcères vénériens indolents. L’oxyde d’or entre dans la composition des pilules fondantes de Pierquin. L’or fulminant, ammoniured’or, a été employé, ditSwédiaur, contre la salivation mercurielle, à la dose de 3 à 5 grains. Le proto-iodure d’or a été employé en solution et en pommade par Pierquin contre les ulcères et les affections syphilitiques ; la dose est la même que celle du chlorure d’or. Le chlorure ou muriate d’or s’emploie en solution, en sirop, en pilules, en tablettes, en pommade; mais, le plus souvent, on l’administre en substance mêlée à une poudre inerte qui ne peut le décomposer. Chrétien faisait usage de la poudre d'iris ou de lycopode, dont tous les principes extractifs avaient été enlevés par une ébullition successive dans l’eau et l’alcool. Cette poudre n’a pour effet que de fractionner et de diviser le muriate d’or, et de rendre plus facile l’administration des 12e, 15e et 20e de grain , qui s’emploient en frictions sur la langue et le palais. On pratique ces frictions avec le doigt ou mieux encore avec la pointe de la langue; il faut avoir soin de ne pas rejeter la salive , mais bien de l’avaler. Quoique l’on prétende que ce traitement
est très-efficace et sans danger , je crois devoir dire que, dans les seuls cas où je l’ai vu employer à l’hôpital des vénériens, en 1821, par Cullerier neveu, il a été souvent accompagné d’irritation très-vive de l’estomac, qui forçait de suspendre son emploi.
oh ange ( bol. eXmat. méd.),s.î ., fruitde l’oranger {cilrus auranlium, L.),fam. des aurantiées ou hespéridées de J. C’est une baie sphérique, un peu comprimée au sommet et à la base, revêtue d’une écorce vésiculaire ou zeste, de couleur jaune rougeâtre extérieurement, dite couleur orangée, etblanche intérieurement, plus ou moins épaisse selon les espèces. Cette écorce recouvre un endocarpe ou pulpe succulente de couleur blanc-jaunâtre, quelquefois rouge, divisée par des cloisons, dont le nombre varie de dix à vingt et quelquefois plus : chacune d’elles renferme une ou deux semences ou pépins. Quelques botanistes, et parmi eux M. Decandolle, ne rangent pas l’orange au nombre des baies ; ils considèrent ce fruit comme étant formé d’une sorte d’agglomération de plusieurs carpelles verticellées autour d’un axe , séparables sans déchirement, et complètement enveloppées par le lorus épaissi.
L’orange est incontestablement l’un des plus beaux fruits que l’on connaisse. Les anciens le confondaient avec le citron, qui, de nos jours, est encore considéré comme type de l’espèce, et qui donne son nom à la famille. Bien que la maturité de l’orange puisse s’effectuer dans le cours d’une saison, il arrive souvent cependant, et surtout dans les climats tempérés , comme le midi de la France, qu’on laisse ce fruit sur l’arbre pendant le cours de deux étés; cet usage a pour but de lui faire acquérir plus de suavité.
MM. Poiteau et Turpin, auxquels on doit la monographie du genre citron, ont décrit dans ce magnifique ouvrage soixante-douze variétés de ce fruit, dont quarante-deux oranges douces , trentedeux oranges amères et âpres. Ils ont signalé, en outre, un caractère fort curieux pour distinguer avec certitude une orange douce d’une orange acide, quelles que soient la forme et la rugosité de ces fruits. L’orange douce a les vésicules de l'huile essentielle convexes; l’orange acide les a concaves ; les limons et toutes les variétés à suc fade ou indéterminé ont les vésicules planes. Il résulte de cette observation qu’il y a plus de rapport qu’on ne l’a pensé jusqu’ici entre l’huile essentielle et le suc du fruit, puisque plus ce dernier est sucré, plus les vésicules sont convexes, et plus il est acide, plus elles sont concaves; c’est aux physiologistes à expliquer ce phénomène.
Les diverses parties qui composent l’orange sont employées dans les usages médical et économique.
L' écorce fraîche entre dans la composition de certaines liqueurs de table, et notamment du curaçao; onia confit au sucre, et elle figure dans cet état parmi les confitures sèches'; mais l’écorce de cédrat, étant plus épaisse et moins amère, est employée de préférence par les confiseurs. L’écorce d’orange, soumise à une dessiccation bien ménagée, fait partie des substances aromatiques qui servent à composer les eaux alcooliques de mélisse et de
Cologne ; elle entre aussi dans la composition des poudres cordiales, stomachiques et vermifuges, officinales ou magistrales.
L’huile volatile d' écorce d'orange , appelée improprement essence de Portugal, puisqu’elle n’est pas extraite d’une écorce d’orange douce, mais bieû de l’écorce d’orange amère ou bigarade, vulgairement nommée curaçao, s’obtient, soit par distillation, soit par expression. Ce dernier procédé fournissant l’huile la plus suave, nous nous bornerons à l’indiquer : il consiste à râper le zeste et à l’exprimer entre deux morceaux de glace; on décante l’huile recueillie après quelque temps de repos, et ou la conserve dans des flacons. Elle est de couleur jaune, son odeur est suave, et elle se solidifie un peu au-dessous de zéro. Elle entre dans la composition des eaux aromatiques , des pommades et des savons parfumés.
Orangeade. Le suc d’orange, mêlé à l’eau et au sucre dans des proportions convenables, constitue uneboisson tempérante et rafraîchissante d’un usage très-approprié contre les maladies inflammatoires. Comme la limonade, l'orangeade se prépare, soit à froid, soit à chaud, suivant l’indication. Dans le premier cas, on prend une ou deux oranges, de préférence celles de Portugal, on les coupe en deux parties dans le sens de leur largeur, on presse avec la main, ou mieux au moyen du presse-citron, pour en extraire le jus , on le reçoit dans un vase de faïence ou de porcelaine, contenant environ un litre d’eau, que l’on a eu soin de sucrer et d’aromatiser au moyen d’un oléo saccharum, préalablement obtenu en frottant le sucre sur les oranges. L’autre procédé consiste à séparer le zeste et le parenchyme blanc ; on conserve le premier et on rejette l’aulre à cause de son amertume ; on coupe ensuite la pulpe par tranches transversales, et on la fait légèrement bouillir afin de rompre les cellules et de favoriser la sortie du suc acide pur. On met ensuite infuser le zeste, on sucre et on passe. Cette boisson prend le nom d’orangeade cuite; on l’administre dans certains cas de préférence à la.limonade, parce qu’elle est moins acide et plus nourrissante, propriétés qui ne sont pas sans importance dans les maladies graves.
Orange glacée. La facilité avec laquelle la pulpe d’orange se divise, permet aux confiseurs de la glacer par parties au moyen d’un sirop de sucre cuit ou cassé. Dans cet état elle ne contribue pas seulement à l’ornement de nos desserts, elle peut, dans beaucoup de cas, être donnée aux malades et à ceux surtout qui sont atteints de fièvres inflammatoires putrides, ou d’angine. La pulpe d’orange agit à la fois comme tempérant et nutritif; elle nettoie la bouche, comme on le dit vulgairement, en excitant la sécrétion de la salive.
Enfin, les oraDges tombées après la floraison, ou orangettes, n’entrent pas seulement dans certaines préparations pharmaceutiques , et notamment la teinture amère aromalico - stomachique , le sirop anti-scorbutique , elles servent en outre à fabriquer des sphérules ou pois à cautère moins excitants que ceux d’iris , et conservant plus longtemps leur forme. Cependant leur usage devient tous les jours moins fréquent. Ces oranges avortées fournissent à la distillation une huile essentielle, connue sous le nom d e petit-grain ; elle est moins suave que celle
que fournit le zeste , et , partant , moins estimée; elle sert trop souvent à la falsifier.
L’oranger fournit en outre à la matière médicale ses fleurs et ses feuilles.
Fleurs d’oranger ( [florès naphœ).— Elles donnent, par la distillation, dans la proportion de 500 grammes de fleurs pour 1,000 grammes d’eau, l’une des préparations officinales les plus simples et les plus usuelles, l’eau de fleurs d’oranger : lorsque celle-ci n’est pas trop récemment obtenue , elle a un arôme suave, et jouit de la propriété anti spasmodique à un assez haut degré ; on en fait unfréquent usage dans les arts du confiseur et du parfumeur.
Les pétales séchés soigneusement (car ils perdent assez facilement leur odeur), et infusés à la manière du thé, forment une boisson sédative trèsagréable. Les confiseurs vendent, sous le nom de fleur d’oranger pralinée, une conserve sèche qu’ils obtiennent en plongeant les fleurs entières Ou les pétales seulement dans un sirop de sucre très-blanc, puis séchant à l’étuve. Cette préparation ne fait rien perdre à la fleur de ses propriétés, et rend son emploi assez commode.
La fleur d’oranger fournit, par une distillation appropriée, une huile volatile, connue sous le nom peu significatif de néroli. 11 est à remarquer que cette huile, bien que d’une odeur assez agréable, ne rappelle que fort peu celle de la fleur qui la produit.
Feuilles d’oranger ( folia auranlii). — Lorsqu’on effectue la cueille des feuilles d’oranger pour' l’usage médical, on doit prendre de préférence celles qui couronnent les branches ou brindilles florales, et avoir le soin de les faire sécher dans un courant d’air et à l’ombre. Lorsqu’on a pris ces précautions, elles participent à la fois des propriétés de la fleur et de celles de la tige , et sont antispasmodiques et toniques. On les administre en infusion théi forme, quatre ou six feuilles suffisent pour 500 grammes d’eau chaude que l’on sucre ad libitum. COUVKRCHEL,
OKAWGEABii (V. Orange.) osawger (Feuilles et fleurs d’). (Y. Orange.) orangette , s. f., petits fruits de l’orange tombés avant la maturité. (V. Orange.)
grbiculaire ( anat .), adj. et s. ( orbicularis , de orbis, cercle). On donne le nom d’orbiculaires à des muscles plats qui entourent des ouvertures naturelles, et qui, par leur contraction et leur relâchement, servent à fermer et ouvrir les organes dont ils entourent l’orifice. Il existe un muscle orbiculaire des paupières , et orbiculaire des lèvres.
( V. Paupières et Lèvres. )
orbitaire {anat.), adj., qui a rapport à l’ôi> bite. On donne le nom d’arcade orbitaire, à cause de sa forme, au rebord supérieur de l’orbite; les extrémités interne et externe de cette arcade ont reçu le nom d’apophyses orbitaires. (V. Coronal.) — - Chaussier a donné à l’artère ophthalmique le nom à' artère orbitaire. — Il existe aussi un nerf orbitaire, qui est un rameau du nerf maxillaire supérieur, et qui pénètre dans l’orbite par la fente sphéno-maxillaire. — Fosses orbitaires. (V. Orbite.) J. B.
orbite {anat.), s. m. (de orbis , cercle). On désigne ainsi les deux cavités osseuses qui sont destinées à loger les yeux. Ces cavités, qui ont la
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forme d’un cône dont la base serait en avant, sont formées par des lames osseuses assez minces, qui appartiennent à la plupart des os delà face. Ces cavités, qui logent les yeux et leurs annexes (tels que les muscles, la glande lacrymale, le bourrelet graisseux qui remplit le fond de l’orbite, et qui sert à l’œil comme de coussin), sont percées à leur sommet par diverses ouvertures qui donnent passage à des vaisseaux et à des nerfs qui se distribuent à l’œil ou qui traversent l’orbite. La base de l’orbite donne attache au muscle orbiculaire de l’œil ou des paupières. (Y. Œil. ) J. B.
orcanette [mat. méd.). On donne ce nom aux racines de plusieurs plantes de la famille des borraginées , qui fournissent une matière colorante rouge , employée dans les phax-macies pour colorer diverses préparations . Cette matière colorante, qui a été étudiée par Pelletier, est insoluble dans l’eau , mais elle se dissout dans l’alcool, l’éther, les huiles et les graisses. Dans nos climats on emploie comme orcanette le lithospermum tinctormm ; en Amérique, on faitusagede Yanchusavirginica. J. B.
Orchid ées (bot.'}, s. f. p. (Y. au Supplément.)
ORcms (bot.), s. m. (du grec orchis, testicule). C’est lui genre de plantes de la famille des orchidées, qui sont ainsi nommées parce que leurs racines bulbeuses paraissent ressembler par leur forme à des testicules. Les orchis renferment plusieurs plantes qui sont employées en médecine : le sa’Iep, qui est une substance alimentaire très-usitée en Orient et même dans notre pays, est préparé avec des bulbes d’orchis. J. B.
orchite ( path .). On a donné ce nom à l’inflammation des testicules. (V. ce mot.)
OK,ü©M.?^AKrcs (thérap.) , s. f. , nom dont on se sert vulgairement pour désigner la prescription que fait le médecin lors de sa visite. Les anciens médecins écrivaient leurs ordonnances en latin, afin que le pharmacien seul pût comprendre leurs prescriptions : de là sont venus aussi les signes employés dans les formules, et que nous avons donnés au mot Abréviation. Aujourd’hui, presque tous les médecins écrivent leurs formules en français, et font usage des mesures et poids décimaux, qui, par leur nature, excluent les abréviations encore employées par quelques praticiens. Les médecins doivent toujours écrire leurs formules lisiblement, afin d’éviter toute espèce de doutes et toutes causes d’erreurs aux pharmaciens.
Dans le cours d’une maladie , il est important que l’on conserve les prescriptions faites par le médecin , afin de pouvoir les représenter lorsque ce dernier désire les consulter , ou lorsque l’état du malade exige que l’on appelle d’autres médecins en consultation, qui doivent prendre connaissance du traitement suivi jusqu’alors. Les pharmaciens, lorsque les ordonnances présentent quelque prescription d’un médicament actif, doivent garder l’original des formules, et rendre une copie destinée à , rester chez le malade. L’ordonnance est la garantie du pharmacien, qui, d’après la loi, ne doit délhrer aucun médicament sans ordonnance d’un médecin légalement reçu et ayant droit d'exercer. ( V. Formule.) ‘ J. B.
oreille (Maladies de’ï’)(pafA.). Au mot Audi-
tion, on a donné une description de l’oreille étde ses fonctions; nous n’y reviendrons pas dans notre article , qui sera entièrement consacré aux maladies de cet organe : nous rappellerons seulement à nos lecteurs, pour l’intelligence de ce qui va suivre, que l’oreille est formée de trois parties distinctes , qui sont : 1° le pavillon de l’oreille ou oreille externe, qui recueille les sons; 2° la caisse du tympan, cavité du tambour ou oreille moyenne, qui renforce et transmet les sons; 3° le labyrinthe ou oreille interne, qui reçoit les sons et l’impression qu’ils produisent.
Les maladies de l’oreille sont nombreuses , et, pendant longtemps, elles sont restées mal connues : cela tient à la structure compliquée de l’appareil auditif, et aux difficultés qui s’opposent à l’exploration des parties malades dans un grand ■nombre de circonstances.
1° Maladies de l’oreille externe.~~EV.es, n’offrent pasungrandintérêt, et ne diffèrent pas, la plupart du temps , de celles que le chirurgien peut avoir à traiter dans d’autres régions du corps : ainsi , ce sont les plaies, les brûlures , V inflammation du pavillon de l’oreille, qui ne présentent pas de différences sensibles , et pour le traitement desquelles il n’y a pas de moyens spéciaux à employer.
Il est, au contraire, quelques vices de conformation qui peuvent influer beaucoup sur les fonctions de l’appareil auditif, de même que certaines lésions acquises pendant le cours de la vie ; leur étude va fixer un instant notre attention.
Le pavillon de l’oreille peut manquer, et, dans ce cas, la peau se continuer au-devant du conduit auditif; ou bien encore, on l’a vue s’y enfoncer et former une cloison complète, à une profondeur plus ou moins considérable. Ce vice de conformation n’est pas très-grave , lorsque la peau ne forme qu’une simple membrane à l'entrée du conduit,; mais, au contraire, il est presque sans remède, si le conduit auditif est oblitéré derrière le diaphragme anormal.
Comme il n’est pas possible de constater d’une manière positive l’état des parties profondes, il faut, dans tous les cas, tenter de rétablir par une opération le canal oblitéré : pour y arriver, on perfore la peau et les tissus sous-jacents, s’il en existe, dans le point qui doit correspondre à l'orifice externe du conduit auditif. Une fois que cette division a été opérée, soit par l’instrument tranchant, soit par la potasse caustique ou le nitrate d’argent, on la mauxtient dans les limites voulues, jusqu’à la parfaite cicatrisation de ses lèvres , au moyen de pansements méthodiques, de tentes, de bourdonin ts de charpie, etc. Le débridement et les pansements du même genre que ceux que nous venons de citer sont encore indiqués pour combattre les cloisons, les brides, les adhérences partir Iles qui peuvent succéder à la guérison de brûlures, d’ulcères, etc.
Il est un autre état morbide qui offre assez d’analogie avec celui-ci , c’est le rétrécissement du conduit auditif externe : on l’a vu survenir après des inflammations chroniques de l’oreille. Dans ce cas , l’affection cesse souvent avec la maladie qui lui a donné naissance ; plus souvent, le rétrécissement succède à une disposition vicieuse des cartilages ou à leur épaississement; enfin, dans des cir-
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constances plus graves encore, c’est la portion osseuse du conduit qui est le point de départ de l’oblitération. En général, cette affection est grave; on ne peut y remédier si sa cause est dans l’état des os. Sont-ce les cartilages formant le conduit ou son entrée qui l’ont déterminée ? On peut les écarter au moyen de canules , d’appareils dilatants ; mais les cartilages, qui sont élastiques, reviennent sur euxmêmes dès qu’on a cessé cette pratique. Enfin, souvent les otites, les affections dartreuses, qui occasionnent le gonflement de la peau qui tapisse le canal, sont aussi très-rebelles aux médications qu’on leur oppose.
Il est une cause fréquente de surdité surtout chez les vieillards, c’est l'accumulation du cérumen dans le conduit auditif : la malpropreté, l’accumulation et l’épaississement de cette matière sécrétée dans le canal en sont la cause ordinaire. On a trouvé quelquefois de ces bouchons cérumineux durs et concrets, et c’est à des cas de ce genre qu’il faut attribuer des guérisons miraculeuses opérées par certains charlatans. En général , la présence de ces concrétions occasionne un affaiblissement de l’ouïe, quelquefois même une véritable surdité; il n’est pas rare de voir celle-ci s’accompagner de quelques accidents, tels que de la céphalalgie, des bourdonnements, de la gêne et même de la douleur dans le conduit.
Lorsqu’on a reconnu la présence de ces matières dans le conduit auditif, il faut les ramollira l’aide d’injections pratiquées avec l’eau tiède, l’eau savonneuse, l’huile. Lorsque l’on juge que l’on a obtenu un degré convenable de ramollissement, on va à la recherche des portions ou de la totalité du détritus avec une curette ou des instruments appropriés.
Des corps étrangers inertes ou vivants peuvent pénétrer dans le conduit auditif et donner lieu à des accidents graves , dont il serait facile de produire une foule d’exemples. Il n’y a pas de méthode particulière à tracer pour aller à leur recherche et tenter de les extraire ; c’est au chirurgien de se laisser guider par les indications qui se présentent.
Enfin, on rencontre encore dans le conduit auditif des excroissances charnues qui forment de véritables polypes ; elles peuvent se prolonger dans le canal et venir faire saillie à l’extérieur. Leur consistance n’est pas très-grande, elles sont le plus souvent molles et infiltrées ; il est cependant possible d’en trouver de plus dures , offrant assez bien la sensation que donnent les polypes fibreux des fosses nasales. Il va sans dire que ces tumeurs, peu douloureuses dans le principe, et que les malades ont souvent laissées se développer pendant assez longtemps, finissent par incommoder le conduit auditif par leur présence , et par nuire à l’audition : il faut alors les enlever le plus vite possible. Selon les indications, on peut combattre ces excroissances par la ligature, par l’excision, par l’arrachement et même par la cautérisation.
2° Maladies de la caisse du tympan ou oreille moyenne . — Ces affectioqs sont nombreuses, souvent fort insidieuses dans leur marche, et, dans tous les cas, d’un diagnostic difficile. Nous allons les indiquer.
Au premier rang se place la rupture de la membrane du tympan ; elle péut succéder à une inflam-
mation violente de l’oreille interne; on l’a vue sur- ! venir après des ébranlements violents, soit de cette membrane , soit de la tête , après des chutes, des commotions de l’air produites par des décharges d’artillerie; l’introduction de corps étrangers dans le conduit auditif externe peuvent encore la déterminer. Quelques pathologistes ont encore décrit Yépaississement de la membrane du tympan ou son relâchement parmi les causes de la surdité.
La trompe d’Eustache peut être obstruée par suite d’un engorgement inflammatoire chronique de la membrane qui tapisse la caisse ou le conduit luimême , par l’accumulation et l’épaississement de pus et de mucosités dans ce canal ; les amygdales hypertrophiées, des ulcérations de mauvaise' nature siégeant sur le pharynx, dans son voisinage, peuvent encore déterminer cette oblitération d’une manière complète ou incomplète.
Les abcès peuvent se développer dans la cavité des cellules mastoïdiennes, dans l’épaisseur de cet os nécrosé ou carié ; ou bien le pus peut venir de l’extérieur, en perforant le temporal de dehors en dedans. Ces inflammations peuvent encore prendre naissance dans la cavité du tympan, comme nous le verrons en étudiant les inflammations de l’oreille.
Après les abcès viennent les tubercules développés dans l’épaisseur du rocher, et dont on a recueilli un grand nombre d’exemples dans ces dernières années; enfin, des polypes apparaissent quelquefois à l’extérieur, après avoir pris pour point de départ la cavité du tympan, et même des régions plus profondes de l’appareil auditif.
L’étude des corps étrangers arrêtés dans la caisse du tympan forme encore un chapitre fort intéressant des maladies de l’oreille. Ces corps peuvent venir du dehors, après avoir traversé la membrane du tympan; ils peuvent venir de la cavité du tambour elle-même. Dans les caries du rocher, par exemple, des fragments d’os détachés, des osselets dont les adhérences ont été détruites, peuvent agir comme de véritables corps étrangers, et demander les mêmes manœuvres.
3° Maladies de l’oreille interne. — Je ne ferai pas une longue exposition de ces lésions, qui ne sont pas toutes bien connues dans leur nature ; j’annoncerai seulement toutes les lésions mécaniques dues aux maladies des parties qui forment l’ensemble du labyrinthe, et lesquelles n’agissent que d’une manière secondaire sur l’audition ; puis les vices de conformation, les paralysies, etc., affections sur lesquelles nous reviendrons dans un moment, en traçant l’histoire de la surdité, de ses causes et de son traitement.
4° Maladies communes à l’ ensemble de l’appareil auditif. — Ce sont les inflammations ou otites. Nous allons les étudier dans les divers points de l’appareil auditif.
Otite externe. — Plusieurs affections de nature inflammatoire peuvent attaquer le conduit auditif externe ; plusieurs pathologistes ont même voulu établir des variétés basées sur le siège anatomique de ces phlegmasies : ainsi , on a décrit une otite érysipélateuse , siégeant sur la couche cutanée du conduit; une otite catarrhale , due à l’inflammation des follicules du méat auditif ; une otite phlegmoneuse , qui envahit le tissu cellulaire sous-cutané; enfin, une otite du périoste et de Vos. Ces divisions
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ne reparaissent pas êt,qe d’une grande importance prÿjtmej,^ f[0? giràlory glaamalaçidà aab^aàiqe itna
L’inÛaminatiQn du conduit auditif succède à des contusions, à la présence de corps étrangers, à l’action d’un air froid et humide; elle peut encore survenir spontanément chez les individus cachectiques,atteints de scrofules ou d’affections cutanées. Les symptômes les plus ordinaires sont la rougeur du conduit auditif, un gonflement plus ou moins considérable, des picotements, des démangeaisons, des douleurs parfois vives et lancinantes, et exagérées par le moindre mouvement de la mâchoire, siégeant dans l'oreille. En même temps, .tintements, durefé de l’ouïe, ou surdité plus ou moins complète. Quand la lésion est peu profonde, la sécrétion du cérumen est seulement augmentée ; mais, dans les inflammations un peu internes, il s’y fait bientôt unécoulementdematièresblauches, verdâtres , sanguinolentes , parfois très-fétides, et dont l’âcreté est telle, qu’elles ulcèrent le pourtour du méat auditif et de la conque. A ce cortège de symptômes locaux se joignent du malaise, de la céphalalgie, une fièvre souvent intense, de l’insomnie, etc.
Lorsque l’inflammation est peu intense, on peut se borner à faire , dans le conduit auditif, des injections mucilagineuses , à panser avec du coton imbibé d’huile d’amandes douces ou d’eau blanche: en même temps , bains de pieds, régime. Les purgatifs, la diète, les applications de sangsues au pourtour de l’oreille , les ventouses scarifiées dans le même point; au besoin, la saignée générale, les embrocations oléagineuses ou calmantes dans le conduit auditif , les cataplasmes émollients, serviront à combattre l’otite, lorsque le mal revêtira des caractères plus sérieux.
Lorsque les accidents inflammatoires seront calmés, il faudra diriger l’attention sur l’état du conduit, dans la crainte qu’il ne s’y établisse quelque rétrécissement ou des ulcérations rebelles.
Quelquefois l’otite parait avoir presque exclusivement pour siège la membrane du tympan. Si ou examine celle-ci avec soin , on aperçoit qu’elle est couverte de petites granulations d’un rouge vif; elle parait gonflée, le conduit auditif est sec, la sécrétion du cérumen peu abondante. En même temps , ou observe la présence des symptômes que j’ai déjà signalés précédemment. La perforation du tympan peut avoir lieu.
Le traitement à opposer à ces accidents est le même que celui que nous avons indiqué pour combattre l’otite du conduit auditif; je dirai toutefois, avant de passer outre, que l’inflammation partielle de la membrane du tympan me paraît exister rarement seule. Si on la décrit ainsi dans les traités , c’est que l’on a, selon moi, méconnu les phénomènes morbides qui l’accompagnent ou lui donnent naissance : ainsi, les inflammations de l’oreille moyenne, les polypes de cette cavité, venant presser contre le tympan , et souvent même le perforer, voilà des maladies de l’oreille qui doivent influer fréquemment sur le développement de l’altération de la membrane du tympan , telle que je viens de l’indiquer.
Je passe à Y inflammation de l'oreille moyenne dite otite interne , qui est plus grave que la précé dente. Elle s’annonce par une tension fatigante que lc'maladeèprouve dans l’oreille ; en même temps