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audition difficile, sensation de bourdonnements, de sifflements confusjde bruit et les mou Veibents de la mâchoire exaspèrent la douleur, qui devient sou- j vent excessive. On observe encore de l’agitation, la perte du repos et du sommeil , la fréquence du pouls, la fièvre. Les yetix deviennent rouges et larmoyants, une sensation fie chaleur âcre occupe Barrière-gorge; expulsion difficile de mucosités épaisses, visqueuses, quelquefois sanguinolentes; engorgement des ganglions cervicaux et sous-maxillaires.

Aussitôt que l’on a pu soupçonner l’apparition d’une inflammation de l’oreille moyenne, il faut, par tous les moyens possibles, s’efforcer de la faire avorter. Saignées générales copieuses, révulsifs sur le tube digestif , pédiluves répétés, tels seront les premiers remèdes à employer. On aura ensuite recours aux saignées locales, aux injections opiacées, aux cataplasmes émollients ou faits avèc de la farine de lin et des feuilles de verveine, aux bourdonnets, avec quelques grains de camphre dans le conduit auditif.

Malgré toute l’activité que l’on mettra dans ce traitement, il sera possible que l’on ne puisse pas obtenir la résolution des accidents inflammatoires : du pus se formera et s’accumulera dans la cavité du tympan. Bien que l’on puisse être porté à penser le contraire , l’évacuatiou du pus aura difficilement lieu par la trompe d’Eustache ; et, par conséquent, les symptômes inflammatoires , au lieu de s’amender, ne feront que paraître plus graves; la douleur, la fièvre augmenteront, et, dans quelques cas malheureux, une terminaison funeste pourra mettre fin aux jours du malade, après des souffrances horribles.

Il faudra chercher à obtenir l’évacuation du pus par les voies naturelles, c’est-à-dire par le conduit de la trompe d’Eustache : on le fera en engageant le malade à se gargariser avec force; en exposant le pharynx à des fumigations émollientes ; en pratiquant avec précaution des injections dans le conduit auditif interne; enfin, si ces moyens échouaient, et si les douleurs et la réaction l’exigeaient, il ne faudrait pas tarder à pratiquer la perforation de la membrane du tympan.

Il arrive fréquemment que l’inflammation du tympan , que nous venons de décrire , est suivie d’accidents chroniques auxquels on a donné le nom général d 'otite chronique. Dans ce cas, la membrane qui tapisse l’oreille moyenne reste ulcérée, fongueuse, elle pousse des végétations, ou bien le rocher participe lui-même à la maladie et suppure dans toute l’étendue de la cavité; les osselets sont détachés et rejetés au-dehors avec de petites esquilles qui proviennent des parties osseuses altérées; on a même vu la maladie se continuer jusqu’à l’aqueduc de Fallope, et paralyser la face en irritant ou en comprimant le nerf facial qui le traverse. Enfin, dans quelques cas plus graves encore , le rocher se perfore, et des accidents cérébraux avec suppuration des méninges, collections purulentes dans l’encéphale, phlébite des sinus de la dure-mère, déterminent rapidement la mort.

Heureusement , ces phénomènes terribles n’arrivent pas toujours, et les malades, plus ou moins infirmes, éprouvent pendant longtemps des symptômes moins graves : ainsi un assez grand nombre éprouvent seulement une surdité incomplète, de la

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gêne dans le conduit auditif, des céphalalgies intermittentes. 11 s’y joint un écoulement# plus ou moins abondant de matières séreuses, séro-purulentes, séro-sanguinolentes, sanieuses, quelquefois fétides. Si l’on examine l'oreille, on trouve le conduit auditif plus ou moins irrité , la membrane du tympan détruite ou perforée, les osselets disparus, des fongosités remplissant la caisse, etc. Tantôt les malades supportent , pendant de longues années , ces incommodités, sans éprouver de recrudescence dans leur maladie; d’autres, au contraire, présentent plusieurs fois des accidents nouveaux et suraigus, qui annoncent souvent l’extension de la maladie à des parties jusqu’alors intactes.

Des soins de propreté, des injections détersives, l'usage des dérivatifs, des exutoires, tels seront les moyens à employer pour la cure palliative de l'otite chronique.

Nous venons de tracer rapidement le tableau des maladies qui peuvent atteindre les diverses régions de l’appareil auditif; elles iniluent toutes, plus ou moins directement, sur les fonctions de l’audition; mais il est encore une foule de causes, souvent impossibles à saisir, qui, influant sur les parties constituantes de l’oreille ou sur l'appareil nerveux qui lui est annexé, finissent par amener une diminution, une perversion, ou même une abolition complète de la perception auditive; en un mot, qui produisent la surdité. Nous allons donc envisager cet accident en lui-même , chercher à reconnaître les désordres matériels qui lui donnent naissance, remonter à leurs causes, enfin voir ce que l’art peut faire dans beaucoup de circonstances, soit pour rétablir, soit pour améliorer les facultés auditives. Les descriptions que nous avons faites plus haut faciliteront souvent l’exposition dans laquelle nous allons entrer.

Névroses de V audition, surdité accidentelle. — On désigne, par le mot de surdité, l’abolition plus ou moins complète du sens de l’ouïe. Le nom de coÿhose a été donné à la surdité complète, et celui de dysécèek la simple dureté d'oreille; mais il existe entre ces deux états une foule d’états intermédiaires dont les chirurgiens doivent étudier avec soin les différents degrés. Ainsi, un sujet n’entend qu’à des distances rapprochées, un autre n’entend que de loin; l’un perçoit les sous éclatantç, î’autre les sons faibles; on en rencontre auxquels certaines intonations échappent ou qui perçoivent des bruits doubles, des sortes d'échos; il en est même qui éprouvent la sensation de bruits qui n’existent pas; enfin, la surdité est acquise ou congénitale. Nous étudierons plus loin cette seconde surdité.

Les causes de la surdité accidentelle sont nombreuses : on la voit se manifester pendant le cours d’affections graves ou de mauvaise nature, fièvres exanthémateuses, adynamiques, typhus, hémorrhagies ; elle accompagne la pléihore, plusieurs affections catarrhales , les scrofules , la phthisie, etc., ou, du moins, elle se montre souvent vers le déclin de ces maladies et de beaucoup d’autres. Les lésions organ ques ou fonctionnelles qui la déterminent dans ces cas sont diverses. Quant aux maladies de l’oreille qui peuvent lui donner naissance, nous citerons en première ligne les otites, surtout 1 otite interne , les imperforations ou l’oblitération du conduit auditif, la rupture ou l’épaississement

de la membrane du tympau, l’obstruction de la trompe d’Eustache, l’absence de l’air dans la caisse, comme je l’ai prouvé le premier. Il en est de même des phlegmasies chroniques de la muqueuse de la caisse, decellesde la trompe d’Eustache, et même de l’arrière-gorge. Enfin les caries, les suppurations de la caisse ou des autres parties osseuses du rocher. Dans un certain nombre de cas, il n’est même pas possible d’invoquer de semblables influences; ce sont ces variétés de la surdité qui ont été classées parmi les névroses, les paralysies. L’affaiblissement sénile, certaines lésions mal connues de l’appareil auditif interne, rentrent dans cette catégorie.

Il ne nous est pas possible de tracer la marche , de dire les causes et les symptômes de toutes ces lésions; il doit suffire que nous en présentions ici le tableau : c’est au praticien qu'il importe de bien connaître leur essence, de bien saisir leurs caractères, et par conséquent d’arriver, lorsqu’un cas de surdité est soumis à son examen, à déterminer avec précision la nature des lésions qui lui donnent naissance.

Plusieurs moyens servent au médecin pour faciliter ses recherches : ainsi, il joint à l’appréciation exacte des antécédents de la maladie, à la recherche et à l’analyse des symptômes , la mensuration du degré auquel est arrivée la surdité , en interrogeant l’organe au moyen d’une montre , ou bien avec l’instrument d’Itard, appelé acoumètre. Le spéculum de l’oreille permet d’explorer l’état du conduit auditif, de la membrane du tympan , de la caisse même, lorsque le diaphragme membraneux a été détruit. Le cathétérisme de la trompe d’Eustache , les injections d’air ou de liquides par la même voie, si la membrane du tympan est perforée , aident encore puissamment au diagnostic.

C’est ici le lieu de mentionner quelques opérations qui ont été pratiquées dans l’espoir de trouver un remède, ou du moins une amélioration à quelques espèces de surdité. En première ligne viennent les injections d’air ou de liquides dans la caisse du tympan , par la voie de la trompe. Cette pratique réussit fort bien dans un grand nombre de rétrécissements, d’obstructions delà trompe d Eustacht ; dans le cas d’inflammations chroniques de la membrane muqueuse, ou de celle de la caisse du tympan ; dans plusieurs maladies de cette dernière cavité. Cette opération a été pratiquée au moyen d'un grand nombre d’instruments divers que nous ne pouvons décrire; disons seulement qu ou préfère généralement , aujourd’hui , des instruments flexibles en gomme élastique , que j’ai introduits dans la pratique. J’ai aussi contribué à faire abandonner les injections liquides, que je remplace par des injections d’air, auxquelles beaucoup de chirurgiens ont uni juement recours aujourd’hui, comme moyen diagnostique et thérapeutique à la fois.

Il est une autre opération à laquelle on doit avoir recours, lorsque du pus est accumulé dans l’oreille moyenne, lorsqu'un polype, lorsque des végétations parties de la caisse donnent lieu à des accidents fébriles graves. Elle est encore applicable aux obstructions de la trompe rebelles au cathétérisme et aux injections; de même, on 1 emploie pour ! s épanchements sanguins dans la cavité, dans la caisse; pour les dégénérescences diverses de la meni-

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