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brane du tympan, qui peut devenir dure, cartilagineuse, osseuse, etc. Je veux parler delà perforation de la membrane du tympan, qui fut pratiquée pour la première fois en 1801, par Astley Cooper. Un assez grand nombre de succès ou d’améliorations constatés autorisent aujourd’hui les praticiens à recourir à cette opération.
Pour ce qui est du manuel opératoire , il existe un grand nombre de procédés qui tous arrivent au même résultat; savoir : la perforation avec perte de substance de la membrane du tympan. C’est le but que j’ai voulu atteindre , en proposant aux opérateurs un instrument de mon invention, dont l'usage m’a permis d’obtenir d'heureux résultats. Une fois :Ia perforation opérée , on soustrait l’oreille à l’influence de F air et des bruits extérieurs, et, les jours suivants, on cherche à maintenir la perforation au moyen de bougies flexibles; en même temps, des injections émollientes doivent nettoyer la cavité du tympan, et même il faut chercher, par le même moyen , à désobstruer la trompe d’Eustache de dedans en dehors. Employer avec persévérance ces pratiques m’a souvent fait obtenir des guérisons inespérées.
Reste la perforation de l’apophyse mastoïde, qui a été teqtée plusieurs fois avec des résultats bien divers. Quoi qu’il en soit , cette opération est peu connue en France, parce que le plus grand nombre des chirurgiens se sont prononcés contre elle, et nous aurions besoin d’un plus grand nombre de faits que la science n’en possède, pour pouvoir conclure. Au point de vue de l’exécution, cette trépanation est des plus simples.
Surdité congénitale, surdi-mutité. — La surdité de naissance est, dans un grand nombre de cas, la conséquence de lésions toutes matérielles; ce sont : un développement incomplet des parties qui composent le labyrinthe, la présence de concrétions plâtreuses dans la caisse, des végétations de la membrane muqueuse qui la tapisse, des altérations diverses des nerfs, l’oblitération de la trompe, l’imperforation du conduit auditif. Il est souvent difficile de reconnaître, dans les premiers temps de la vie, le degré de la surdité, laquelle entraîne nécessairement la mutité , lorsqu’elle est complète. Ces degrés divers ont engagé les médecins qui ont donné leurs soins aux malheureux ainsi séquestrés de la société , à établir plusieurs catégories parmi eux. Les plus favorisés entendent la parole , d’autres n’entendent que la voix ; il en est que les sons seuls impressionnent; enfin, quelques-uns ne perçoivent plus que les bruits; chez d’autres, la surdité est absolue.
De nombreux essais ont été tentés pour apporter quelque amélioration à la condition des sourdsmuets; le chirurgien possède pour cela les divers moyens que nous avons exposés plus haut : le cathétérisme de la trompe, les injections dans la caisse, la perforation du tympan , et d'autres encore. Lorsqu'ils sont insuffisants ou inutiles, il reste encore une ressource, celle de suppléer à la fonction qui fait défaut , et de travailler au développement de l’intelligence du sourd-muet, au moyen d’une langue conventionnelle. Tel a été le but de nos travaux quand, nous efforçant de remplacer les procédés défectueux jusqu’alors mis en usage, nous avons proposé un système simple et logique de dactylo-
gie, qui a reçu les suffrages de. l'Institut et d’une foule d’hommes éclairés.
Aujourd’hui que l’élan est donné, il serait à désirer que le Gouvernement prît l’initiative , pour fonder un établissement dans lèquel les sourdsmuets incurables recevraient l’éducation nécessaire, tandis que les sourds-muets améliorés ou guéris y trouveraient aussi l’enseignement indispensable pour arriver à utiliser un organe recouvré par eux, le plus souvent sans profit , faute d'une direction indispensable. Deleau jeune;
Doctenr on médecine, couronné: par l’Aondémio des sciences pour des travaux sur les maladies tic l'oreille.
obeime - n’AKE ( bot . ]. Y. Consoude ( grande. ),
OKEîiï.s-B’EOM2Si [pot). (V- Cabaret.)
OïtEix.LE-n'ouas (bot.). (V. Primevère.)
OREEÏ.Ï.ETTE (anat.), s. f., petite oreille. Nom donné à deux appendices charnus qui sont à la base du cœur, et qui forment deux cavités qui communiquent avec les ventricules; les oreillettes, que l’on distingue en droite et en gauche, jouent un. rôle très-important dans la circulation. (Y. ce mot et Cœur. )
©K.EIS.Z.OMS ( path .), s. m.pl. Sorte de tumeur qui se développe derrière l’oreille, dans le tissu cellulaire dense et serré qui entoure la glande parotide. (V. ce mot.)
on.Ga.rjE ( anat .), s. m. (en latin organum, du grec organon , instrument). On désigne ainsi toutes les parties d’un être vivant, végétal oui animal , destinées à exercer une fonction : ainsi, les feuilles, les racines , sont les organes des végétaux ; les fleurs sont composées par plusieurs organes, tels que la corolle, le calice, le pistil, les étamines , etc. Les organes peuvent donc être simples ou composés , c’est-à-dire formés par une réunion d’autres organes : les feuilles, les racines, nous fournissent, dans les végétaux , l’exemple d’organes simples , tandis que les fleurs forment des organes composés. La même distinction peut se faire pour les animaux: les paupières, les lèvres, la langue, sont des organes simples; tandis que l’œil, l’oreille, le larynx, sont des organes formés par la réunion de plusieurs autres. Il n’est pas de mot plus fréquemment employé en anatomie et en physiologie que le mot organe , et il s’applique à chaque partie d'un être vivant destinée à remplir une fonction. L’étude des organes et leur classification constituent la science de l’anatomie; l’étude de leurs fonctions constitue la physiologie : étudier les organes et leurs fonctions , c’est apprendre la science de la vie. J. B.
ORGANIQUE ( physiol ,), adj. Se dit des choses qui ont rapport aux corps organisés, aux corps vivants. Les corps de la nature ont été divisés par les naturalistes en deux classes, qui sont le règne inorganique ouminéral,et le règne organique, dans lequel sont compris tous les êtres vivants, végétaux et animaux. Le premier de ces règnes n’est soumis qu’aux lois générales de la physique et de l’affinité chimique; tandis que le second est soumis a des lois spéciales qui sont celles de la vie , et tous les phénomènes qui en découlent sont désignés sous le nom générique de phénomènes organiques. Les matières provenant des êtres vivants sont aussi
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désignées sous le nom de matières ou substances organiques. (Y. Organisme.) J. B.
organisation. (V. Organisme ,,
OK.GAMÏSÉ (physiol.) , adj. Se dit de tous les corps vivants, l’organisation étant le caractère de la vie.
organisme ( physiol .), s. f. On entend généralement par organisme l’ensemble des lois qui régissent les corps vivants. Toutes les fois qu’un corps est soumis à ces lois, quelle que soit d’ailleurs sa place dans la nombreuse série des êtres, il constitue un organisme. Faire l’histoire de l’organisme , c’est donc à la fois tracer à grands traits les caractères généraux des êtres organisés , et faire l’histoire des lois qui président à leur organisation.
Les corps existent sous deux états dans la nature : d’abord à l’état brut, soumis aux lois générales de la physique et de l’affinité chimique, ne s’accroissant que par juxta- position de couches nouvelles de nature semblable aux précédentes ; leur composition est stable, et leur durée indéfinie : ce sont les substances minérales qui forment la masse de notée planète. Dans de certaines conditions , qu’il appartient à la science de définir , mais dont l’origine sera peut-être éternellement un secret, les substances que nous venons d’indiquer se mettent dans de nouveaux rapports, elles se combinent dans des proportions et avec des éléments différents; alors apparaissent des êtres à formes nouvelles, dont les rudiments sont formés de globules et de cellules qui sont joints les uns aux autres , au lieu des corpuscules anguleux que l’on observe dans les corps minéraux, quel que soit le degré de ténuité auquel on les réduise.Ces globules et ces cellules forment ce que l’on appelle le tissu aréolaire, tissu générateur de tous les autres tissus , rudiment de tout être organisé , qui s’observe dans le lichen comme dans l’arbre le plus élevé , dans le polype comme dans l’homme.
La matière a-t-elle été toujours soumise à ce double état sur notre planète, ou , en d’autres termes, les corps organisés y ont-ils toujours existé? Sans entrer ici dans de longues considérations sur l’histoire de notre globe, nous pouvons dire que les connaissances géologiques nous montrent une époque à laquelle aucun être vivant n’existait sur la terre , dont la croûte paraît formée par la solidification de matières jusqu’alors en fusion ou en dissolution dans un liquide. Les premiers êtres dont on aperçoit les traces sont des mollusques, des zoophytes, des infusoires , espèces les plus rudimentaires parmi les animaux. Ils avaient pour habitation les vastes mers, dont toute la surface du globe paraît avoir été couverte ; les eaux ont donc renfermé les premiers végétaux et les premiers animaux. Plus tard, et lorsqu 'apparaissent les îles et les continents, on trouve les débris d’animaux plus parfaits, de végétaux d’un ordre plus élevé; et enfin, dans la période la plus récente, apparaît l’homme et les espèces qui l’avoisinent, comme complément de la création, comme l’être le plus avancé et le plus parfait.
Quelles sont les causes qui ont favorisé l’organisation de la matière, et par quelle influence se sont produits tant d’êtres divers ? Ici est le secret de la création, qu’il n’appartiendra peut-être jamais à l’homme de pénétrer. Nous voyons sous nos yeux se
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[ développer une foule d'êtres de nature et de mœurs diverses; nous suivons toutes les phases de leur existence , depuis l’instant où nous apparaît le germe , jusqu’au moment où cesse ce cycle , ou , comme le dit Cuvier , ce tourbillon toujours actif que l’on nomme la vie. Mais, pour nous , chaque être nouveau succède à un être préexistant , à un parent qui l’a précédé ; point de créations nouvelles, point d’êtres nouveaux. Partout où l’on voit la matière, jusqu’alors inerte, s’organiser, on trouve un germe quia pu rester longtemps inactif , parce qu’il ne trouvait point de circonstances favorables à son développement. A peine les circonstances se manifestent-elles , que le germe entre en activité, l’être apparaît , parcourt toutes les phases de la vie , et se détruit en laissant après lui d’autres germes chargés de perpétuer l’espèce. Telle est en abrégé l’histoire de tous les êtres vivants.
Depuis Néedham , qui avait cru créer des anguillules avec de la farine et de l’eau, jusqu’à nos jours , des naturalistes d’un mérite réel, entraînés par leur imagination , ont cru aux générations spontanées , à des êtres le plus souvent appartenant aux espèces les plus simples , produits par des circonstances fortuites. L’article Création , du Dictionnaire classique d’histoire naturelle , publié en 1824 , contient les arguments les plus complets et les plus forts, pour soutenir cette opinion, pour laquelle on en est encore aujourd’hui à trouver des preuves concluantes. Les recherches modernes, auxquelles l’usage presque général du microscope a donné tant de puissance, ont eu pour résultat de venir ajouter de nouveaux faits à ceux déjà si nombreux de la préexistence des germes, et repousser plus que jamais l’hypothèse des générations spontanées.
Les germes, lorsqu’ils appartiennent au règne végétal, se nomment graines ou spores; fisse nomment œufs lorsqu’ils proviennent deo animaux, Il existe entre ces deux natures de germes une analogie qu’il ne nous appartient pas de démontrer , cet article étant spécialement consacré à l’organisation animale. Tout vient de l’œuf , est un axiome ancien que la suite des siècles n’a fait que confirmer. Cette manière de définir l’origine de la nature vivante annonçait la justesse de vue des premiers observateurs. (Pour l’étude de la fécondation et de l’évolution de l’œuf, voy. Génération et Ovologie.)
Bien que toutes les espèces animales aient pour origine un fait commun , il y a cependant entre elles des différences énormes qui frappent l’œil des observateurs les moins attentifs , différences qui n’existent pas seulement dans la forme, mais qui sont encore dans les habitudes, les mœurs , les milieux dans lesquels vivent ces innombrables variétés d’êtres. Comment comprendre que des substances qui sont les mêmes, que des lois qui sont semblables pour tous , aient produit tant d’organismes divers , n’ayant de rapport entre eux que par les faits généraux que nous signalons ?
Il devient nécessaire maintenant, pour comprendre cet admirable ensemble, de montrer ces grandes lois qui règlent l’existence de tous les êtres vivants, et qui nous ont été révélées par les naturalistes modernes, Cuvier, Geoffroy-Saint-Hilaire, Meckel, Carus, etc. C’est la subordination des fonctions à la forme des organes , et la modification de ceux-
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ci par les influences extérieures. Ainsi , la perfection d’un être tiendra à la/ perfection de ses orga- , nés ; pas de fonctions supérieures là où n’existeront pas les conditions matérielles de leurs manifestations. Pour citer un exemple, les fonctions de la vision, de l’audition, seront d’autant plus parfaites, que l’œil , l’oreille, qui en sont les agents, auront eux-mêmes pius de perfection. Cette loi est générale et unique pour tous les animaux ; de là aussi cette simplicité de forme , ce petit nombre d’organes que l’on trouve dans les espèces inférieures.
Tous les naturalistes n’ont pas partagé les mêmes opinions relativement à la modification des formes ou des organes par les circonstances extérieures ; les uns, et Cuvier était de cet avis, croyaient à des créations diverses, et à la persistance des formes pour chaque espèce , nonobstant les influences qui pouvaient agir sur elles. Geoffroy-Saint-IIilaire , et avec lui les savants de l’Allemagne , et un grand nombre de naturalistes français, restreignait l’action créatrice , en limitait l’étendue, en admettant, avec quelques-uns des plus hardis philosophes des derniers siècles, une unité de plan , de composition pour les animaux, et des modifications diverses , suivant les milieux dans lesquels ils se trouvent jetés. Ce sont ces doctrines qui donnèrent lieu à l’importante discussion sur l'unité de composition , qui divisa , il y a près de quinze ans , le monde savant : ainsi , pour Cuvier, il y avait seulement analogie de composition entre les espèces animales ; tandis qu’il y avait unité et rapport à un type commun pour Geoffroy-Saint-Hilaire.
Entre des noms si respectables , entre des doctrines qui , pour bases , prennent l’ensemble des faits observés , et pour temps la durée du monde , il est difficile de se prononcer ; chaque opinion , qui ne doit encore avoir que la valeur d’une hypothèse, s’appuie sur des données sérieuses et bien observées. A l’avenir peut-être! peut-être jamais ! la solution d’une question qui a préoccupé des hommes de génie , et qui touche de si près au secret delà création. (Pour l’influence des agents extérieurs sur les espèces animales, voy. Climat.)
Dans un organisme, avons-nous dit, il existe des organes matériels et des fonctions qui en sont la conséquence ; les organes matériels sont composés de diverses parties qui ont été nommées tissus, etqui ontune structure etune organisation analogues quelles que soient les espèces et les organes dans lesquels on les observe. Les tissus eux-mêmes sont réductibles en parties élémentaires, encore organisées, qui sont des fibrilles, des lames, des globules. Enfin, toutes ces matières donnent comme dernier résultat à l’analyse chimique, de l’hydrogène, du carbone , de l’oxygène et de l’azote ; auxquels il faut joindre des oxydes métalliques, des métaux , des métalloïdes, existant en moins grande proportion et répandus d’une manière moins générale , comme la chaux , la magnésie, la potasse, la soude, l’oxyde de fer, le cuivre, le plomb, le phosphore, etc. Mais ces matières, qui existent d’une manière normale ou bien accidentelle dans les organismes, n’ont pas le caractère de généralité que présentent les quatre premiers corps que nous avons indiqués , et qui sont indispensables à l’organisation de tous les animaux. Quelques savants ont même fait de ce composé quaternaire le caractère de l'animalité; -xim otr. rtuiinoflibom s! ts , somma eoh sànoî si 1
car, tandis que les végétaux ne sont composés que de trois corps , hydrogène, oxygène et carbone, les animaux en ont un quatrième , qui est l’azote. Ce corps, qui se rencontre toujours et infailliblement dàns les substances animales, se trouve aussi quelquefois dans les végétaux, mais seulement dans certaines espèces , en petites proportions, et dans celles qui sont destinées, pour ce fait sans doute, à la nourriture des animaux : ou bien encore dans les cryptogames , tels que les champignons , les lichens, les byssus, qui se trouvent sur la limite des deux règnes.
Chez les animaux les plus inférieurs, le corps entier n’est composé que d’un tissu simple, comme parenchymateux ; une cavité intérieure existe avec une seule ouverture , par laquelle s’introduisent les aliments qui ne pénètrent dans les organes de l’animal que par simple imbibition ; la même ouverture rejette le résidu de cette digestion. C’est là l’organisme le plus simple, le polype, le premier degré de l’échelle, si l’on en excepte les psijehodiaires, ces espèces moitié plantes et moitié animaux dans ;Ie cours d’une même existence , et qui , pour ce fait, sont placées sur la limite des deux règnes.
Le caractère le plus rudimentaire de ranimalité , c’est la sensibilité; et dans certaines limites la locomotion , c’est-à-dire la faculté de sentir et de se mouvoir; il n’y a point d’animalité s’il n’y a point de sensation perçue; les organes de ces perceptions sont les sens. Dans les espèces les plus simples, il n’existe qu’un seul sens , le tact, qui se trouve répandu dans tout le corps de l’individu ; on peut même dire que ce sens primitif est le générateur des autres sens, qui ne sont que des modifications de la faculté tactile. A mesure qu’on s’élève dans l’échelle animale, on voit apparaître les autres fonctions sensitives, la vision, l’audition, l’olfaction, le goût (V. ces mots). Il y a toujours entre le développement des sens et la perfection des formes de l’animal, un rapport qui est constant , et jamais on ne trouvera dans des organes incomplets des fonctions supérieures et douées de quelques perfections.
La simplicité de fonctions , l’uniformité d’organisation , rendent, dans les espèces inférieures, la vie moins dépendante de l’ensemble de l’organisme ; chaque partie est douée d’une vitalité qui lui est propre ; elle peut être séparée et continuer à vivre ; elle peut même former un individu nouveau , un organisme complet. Les vers de terre ou lombrics peuvent être séparés en plusieurs morceaux, et chaque segment donne lieu à un ver nouveau, qui devient aussi complet que celui qui a été primitivement divisé. Duhamel a coupé, et pour ainsi dire haché des polypes d’eau douce, des hydres, et chaque fragment a donné lieu au développement d’un polype aussi bien organisé, aussi entier que le premier individu. Lorsque l’on s’élève dans la série animale , les organes se compliquent , ils deviennent nombreux, les fonctions sont plus réparties, et leur ensemble devient plus indispensable à la vie de l’individu. Alors on ne voit plus de fragments d’individus pouvant donner naissance à un individu complet; mais il se manifeste encore des phénomènes de reproduction des organes même les plus importants ; ainsi , on peut couper la tête de certains mollusques sans, tuer l’animal ; i'expérieuce a été faite sur des colima-
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çons, qui ,, après être restes un certain temps dans leur coquille, sont sortis avec une tête nouvelle semblable à la première. Cette faculté de reproduction d’organes composés suit même les espèces animales jusqu’à des ordres plus élevés : qui ne sait que les membres de certains crustacés se reproduisent lorsqu’ils ont été enlevés ? de ld finégalité de grosseur que l’on remarque souvent dans les pinces des écrevisses et des homards qui sont servis sur nos tables. Dans un ordre encore plus avancé, parmi les batraciens, on peut couper la patte d’une salamandre aquatique, et il lui repousse un membre qui devient successivement aussi complet que le membre enlevé. Ch. Bonnet a, le premier, fait cette expérience, quia souvent été répétée depuis, et je l’ai constatée moi-même sur des salamandres qu’avait amputées notre savant collaborateur , M. le docteur Poiseuille.
Les fonctions des animaux sont toujours partagées en deux grandes classes : les fonctions de relation et les fonctions de nutrition. Les premières mettent l’animal en rapport avec les corps extérieurs , et dans les organismes avancés elles sont soumises à l’empire de la volonté, de l'intelligence. Les secondes , au contraire , sont soustraites à la conscience de ranimai , elles servent à la conservation de l’individu, et aussi, dans les classes infér ieures, à la reproduction de l’espèce. Dans les classes supérieures , au contraire , les fonctions de reproduction ou de génération dépendent à là fois des fonctions de relation et de nutrition. Cette division des deux ordres de fonctions avait déterminé Bichat à partager la vie en deux , et à admettre une vie animale ou de relation , et une vie organique ou nutritive : la locomotion, les sens et l’intelligence se trouvaient classés dans ia première , qui était soumise à l’empire de la volonté; la respiration, la circulation, la digestion, les sécrétions , étaient classées dans la seconde , et s’exerçant sans la participation de la volonté. Cette distinction de la vie en deux parties n'a rien de positif dans la réalité ; ce n’est qu’une division de fonctions utile pour l’étude, et Bichat lui-même, malgré les considérations vraiment supérieures qu’il consigna dans son immortel ouvrage d’anatomie générale, ne pouvait croire à deux vies entièrement séparées et pouvant être indépendantes ; car le principe de la vie est un , et résulte de l’ensemble de toutes les grandes fonctions de l’économie.
Pour les espèces supérieures , il existe un ordre de fonctions dont on trouve la trace même dans les insectes , et qui n’acquiert son complet développement que chez l’homme. Chez les animaux , cette fonction se nomme instinct , et chez l’homme intelligence; imparfaite chez les premiers , s’étendant seulement aux choses matérielles qui sont nécessaires à la conservation de l’individu ou de l’espèce, elle acquiert chez l’homme une supériorité qui a permis de croire qu’il ne pouvait y avoir analogie dans la source de ces deux facultés, et qu’elle devait son origine, pour notre espèce, à un principe immatériel , à une émanation de la Divinité, que l’on a nommé âme. Nous ne renouvellerons pas ici des discussions sur l’existenee et la nature de ce principe, admis par tous les peuples , et dont l’idée paraît innée dans l’espèce hu-
maine. Ce n’est que dans les rameaux les plus inferieurs et les plus bruts de notre espèce, que l’on a trouvé l’absence complètede toute notion sur l’existence de ce siège de l’intelligence, principe de la vie, dont notre illustre et savant collaborateur et maître, M. Pariset, a traité d’une manière si remarquable au mot A me.
Ou s’exposerait à l’erreur , si l’on croyait que toutes les fonctions mentales des animaux sont bornées à l’instinct. Dans certaines especes voisines de l’homme, dans l’orang, le chimpanzé , qui sont des singes de grande taille , on observe des faits qui indiquent des opérations de l’esprit qui sont au-dessus de l’instinct ordinaire des animaux , et qui doivent exiger l’action de la réflexion. Cette supériorité de l’instinct s’observe aussi chez les animaux domestiques que nous avons perfectionnés par l’éducation; le chien, l’éléphant, le cheval, donnent souvent la preuve qu’il existe chez eux des idées indépendantes de leurs besoins matériels. Ainsi ils gardent le souvenir du bienfait et de l’offense , ils comprennent le danger que peut courir le maître qu’ils chérissent, et se dévouent pour le sauver, etc. Mais l’homme seul, dans l’espèce animale, peut transmettre ses idées, profiter de 1 instruction de ses contemporains et de ses devanciers ; il doit cette faculté à une intelligence plus parfaite, à un cerveau plus complet; là est sa véritable force, force qu’il doit plus encore à son intelligence qu’à sa conformation physique.
Dans tous les organismes il existe de certains rapports de nivellement entre les organes, qui font que quelques-uns d’eux ne peuvent prendre un développement extraordinaire qu’aux dépens de quelque autre; c’est ce que Meckel a nommé loidebalancement des organes. Cette espèce de compensation et de pondération des organes s’observe, soit dans un même organisme, soit dans des organismes variés ; cette loi et les arrêts de développement ont suffi à M. Geoffroy-Saint-Hilaire pour expliquer les monstruosités individuelles et les anomalies que présentent certaines espèces. Les naturalistes allemands ont encore admis une loi de variété des organismes, sur laquelle est fondée la variété que présentent toutes les nombreuses espèces du règne animal; une loi de réduction à un type commun , c’est l’unité de composition si controversée entre Cuvier et Geoffroy-Saint-Hilaire, dont nous avons parlé au commencement de cet article ; et enfin une loi de tendance finale , ou de conservation de l’individu et de perpétuité de l’espèce. Nous n’entrerons pas dans les développements de ces principes généraux , qui nous entraîneraient bien au-delà des limites que nous nous sommes tracées. Mais les lecteurs curieux de s’instruire des grandes doctrines de la philosophie zoologique trouveront dans la Philosophie anatomique de Geoffroy-Saint- Hilaire, dans l’Introduction à l’anatomie comparée de Meckel, dans celle du règne animal, et dans l’Anatomie comparée de Cuvier, les renseignements les plus complets et les plus intéressants.
Quelle est la durée d’un organisme? C’est unequestion qui se trouve naturellement la conséquence des faits déjà indiqués ; cette durée varie dans des limites infinies : c’est la vie, qui n’est que de quelques heures pour certaines espèces , et de plusieurs siècles pour d’autres; certains végétaux, des byssus,
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■des champignons, vivent à peine une journée, et le jbaobab gigantesque des régions tropicales vit plusieurs milliers d’années. Dans le règne animal, les limites sont plus restreintes, la vie la plus courte est au moins de plusieurs jours, si l’on eu excepte l’éphémère, qui ne vit qu’un seul jour a l’état parfait ; et la vie la plus longue dépasse rarement un siècle. L’éléphant, la baleine, le perroquet, vivent, dit-on, bien au-delà; mais on n’a pas encore de données déterminées sur la durée réelle de leur existence. (V. Longévité.)
Par le fait même de leur évolution , les organismes marchent vers leur destruction, c’est-à-dire vers l’instant où doit cesser leur individualité, et où tous les élémeuts qui les composent doivent être soumis de nouveau aux lois de la matière brute. Pour beaucoup d’entre eux, ce moment arrive lorsque l’individu a pourvu à la continuité de l’espèce, en déposant le produit de l’accouplement, les œufs ou les larves qui sont destinés à former les générations futures, et cela a lieu. pour presque tous les insectes à métamorphoses. Dans les anguillules de la colle de pâte, la naissance des petits détermine la mort de la mère, dont le corps, vers les derniers moments, n’est plus qu’une vessie remplie par les petits qui sont roulés en spirale ; l’enveloppe crève, la mère disparaît, et une génération nouvelle se produit , pour disparaître à son tour, en donnant naissance à de nouveaux produits.
Dans les espèces supérieures, la vie se prolonge bien au-delà de la faculté génératrice. Dans l’espèce humaine , la femme cesse de concevoir vers la fin du deuxième tiers de la vie, taudis que chez l’homme la faculté génératrice se prolonge davantage. La durée de la vie de 1 homme peut être rangée parmi les plus longues dans le règne animal; elle varie suivant les races et les climats, mais on sait que dans le nord de l’ Europe, et même en France, les centenaires ne sont pas rares; on peut citer des départements où ils sont relativement assez nombreux. La cause de destruction des animaux parait dépendre d’une tendance au racornissement, à l’ossification. qui se manifeste dans tous les organes ; tout le monde sait que les jeunes animaux ont les organes plus mous, les os moins durs que les individus adultes. Lorsqu’à cessé complètement la période d’accroissement en hauteur et en épaisseur, les tissus prennent une rigidité qui , pour quelques uns, va jusqu’à l’ossification ; la matière animale diminue de proportion dans les os, et ceux-ci prennent une fragilité qui rend les fractures si faciles chez les vieillards : ce n’est que dans l’espèce humaine , et encore parmi les peuples civilisés, que l’on observe ainsi les progrès de l’extrême vieillesse.
Parmi les animaux et les peuples sauvages , l’absence de moyens de protection et de conservation, la nécessité de pourvoir à sa nourriture , dout la difficulté augmente en raison de la diminution des forces, abrègent d’une manière notable la vie des individus : les animaux domestiques participent en partie au bénéfice de l’homme dont Ils suivent la condition. Ces faits prouvent, mieux que tous les raisonnements et les données historiques apocryphes, que lacivilisation a contribués prolonger la vie de l’homme; soutenir le contraire serait défendre un paradoxe qui a été en grande faveur parmi les philosophes du siècle dernier, mais que
l’observation des faits et les relevés statistiques ont complètement réfuté. (V. Homme , Age.)
Pour l’étude des phénomènes qui accompagnent la cessation de la vie, voy. Mort. J. -P. Beaude.
organologie ( littér . méd.) , s. f. (du grec organon, organe , et logos , discours). On donne ce nom à un traité sur la composition des organes.
orgasme ( physiol .), s. m. ( orgasmus , du gree orgasmos, de orgao, je désire avec ardeur). On désigne par ce mot une augmentation de l’état vital dans une partie qui détermine la turgescence et l’excitation nerveuse ; les tissus érectiles, la lèvre , le mamelon, etc., sont facilement le siège d’orgasme. On dit aussi l’orgasme vénérien, pour indiquer l’érection des organes génitaux.
orge (bot. et mat. méd. ) , s. f. C’est le fruit ou la semence de l’orge vulgaire hâtif ou printannier, hordeum vulgare, L.; famille des Graminées, J. La connaissance de l’orge remonte à une si haute antiquité, et cette graminée est maintenant tellement répandue, qu’il est difficile d’indiquer d’une manière précise le pays d’où elle tire son origine. Si l’on en croit les anciens auteurs, et notamment Pline , elle aurait servi de première nourriture à l’homme. Du temps de ce naturaliste, la farine d’orge, mêlée à l’eau et réduite en pâte, était administrée aux chevaux sous forme de bols , pour développer leur énergie musculaire. Suivant le même auteur, les maitres d’escrime, à Athènes, recevaient une pension annuelle d’orge, ce qui leur avait fait donner le nom d’hordearii, orgiers, Les vainqueurs aux courses participaient aussi à cette sorte de libéralité. Ce n’est pas que l’orge y fût en grande estime comme substance alimentaire, car elle était presque exclusivement réservée pour la nourriture des chevaux, et appelée, en conséquence, blé de cheval; mais c’est qu’on lui attribuait, comme nous l avons dit, une action toute spéciale sur le tissu musculaire.
La farine d’orge est bien inférieure en qualité à celle du blé et même du seigle. Elle est, comme on le dit vulgairement, plus courte et moins élastique; sa blancheur est aussi moins éclatante, elle est même nuancée de rouge. La proportion très-faible de gluten qu’elle contient la rend peu propre à faire du pain; aussi est-on généralement dans l’usage d’opérer son mélange, soit avec celle de froment, soit avec celle de seigle Le pain qu’elle fournit isolément est assez nourrissant , mais , comme l’étymologie du mot hordus l’indique, pesant, et partant d’une difficile digestion. Cette sorte de résistance à l’action des voies digestives , prise au figuré, a fait dire proverbialement de ceux q d sont réfractaires à l’influence de l’éducation : grossiers comme du pain d'orge.
La farine d’orge , bien qu’émolliente , attendu qu’elle est formée d’une grande quantité de fécule amylacée et de mucilage , est rarement employée dans l’usage médical. Il n’en est pas de même du grain, lorsqu’il a été privé plus ou moins complètement de la partie corticale ; il constitue alors les orges mondé et perlé, dont nous allons bientôt parler. La farine brute d’orge contient en outre de l’hordéme ; ce principe, signalé d’abord par Proust, est une substance inodore, pulvérulente, nonazotee, et conséquemment peu assimilable. Elle participe, suivant BêrzéliuSjRaspail et Guibourt, plus de l’épi-
cappe qüé du fruit lui-même, et doit être plus abondante dans les orges couvertes que dans celles nues ; ce sont ordinairement ces dernières que l'on prend de préférence pour obtenir les orges mondé et perlé.
L’orge à laquelle on a enlevé l'écorce ou la pellicule externe , au moyen d'une meule courante dont l’action ne s’exerce qu’à la superficie du grain , prend le nom à' orge mondé. On nomme orge perlé celle dont le grain a été arrondi par l’action plus puissante de deux meules, dont l’une, supérieure et mobile, est rayonnée inférieurement de cannelures plus larges à la circonférence qu’au centre, et l’autre inférieure fixe, garnie d’un drap et d’un crin superposés , et destinés à garantir le grain, pendant l’opération, du contact trop rude et trop contondant de la meule inférieure. Cette fabrication , dont la Hollande a eu longtemps le monopole, s’effectue maintenant dans plusieurs fabriques de France qui fournissent presque aux besoins de la consommation.
L’orge mondé s’emploie exclusivement en médecine, comme rafraîchissant, et le plus souvent sous foi’mede décoction, dans la proportion de 15 grammes d'orge pour 1 kilogrammeetdemi d’eau, réduit à 1 kilogramme. Cette boisson simple était connue des Romains sous le nom de ptisana, dénomination qui s’est conservée jusqu’à nous, et qui a été étendue à un grand nombre d’autres boissons médicinales : unie à la réglisse , 1 orge forme la tisane commune des hôpitaux.
L’orge perlé est employé, dans la même proportion, comme tisane adoucissante et nourrissante. On l’édulcore, soit avec du sucre, soit avec le sirop d’orgeat même, qui, soit dit en passant, ne contient pas d’orge. Elle entre, en outre, dans le régime diététique comme adoucissant et nutritif; son usage tend à rétablir les forces affaiblies par de longues diètes, sans exercer de perturbation dans l’appareil digestif. L’orge perlé est en Allemagne l’objet d’une grande consommation comme substance alimentaire; il fait dans ce pays, sous forme de potage , la base du repas du soir.
L’orge est, après le blé, la semence ou le grain qui fournit le plus d’amidon ; aussi l’emploie-t- on de préférence dans ce genre de fabrication, attendu aussi la modicité de son prix. Le plus ordinairement on lui associe les blés avariés dont on ne pourrait tirer d’autre parti.
Enfin l’orge est cultivée dans certaines contrées, et notamment en Angleterre, presque exclusivement pour la fabrication de la bière. Dans ce cas , on lui fait subir une germination artificielle qui la convertit en malt. Pour bien comprendre cette opération, il est bon de remarquer que la substance des cotylédons, qui, dans le grain confié à la terre, sert à la nourriture de la jeune plante, se convertit, sous 1 influence de la chaleur et de l’humidite, en sucre et en mucilage. Le maltage effectué . soit dans les brasseries, comme on le pratique en France, soit dans des établissements spéciaux, comme cela a lieu en Angleterre, a pour effet d’obtenir artificiellement le même résultat. Dans ces deux opérations, c’est à la présence de la diastase dans les graines encore douées de vie, qu’est due, pendant la germination , la saccharification de la matière féculeuse. La bière, cette boisson si saine, si universellement connue, n’est donc autre chose
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qu’une décoction d’orge germée, soumise à la fermentation pour développer le principe alcoolique qui constitue les boissons spiritueuses, boissons qui s’associent le plus utilement à tous les genres d'alimentation , lorsqu’on n’en fait pas un usage abusif. (Y. Bière, Malt, Fécule et Amidonnier .)
COUVERCHEL.
orgeat ( pharm .), s. m. On donne ce nom à un sirop fait avec une émulsion d’amandes douces, dans lequel entrait autrefois la décoction d’orge. Aujourd’hui on prépare ce sirop en pesant ensemble 500 grammes d’amandes douces mondées, 150 grammes d’amandes amères , et 500 grammes de sucre ; on ajoute peu à peu 120 grammes d’eau pendant que l’on pile le mélange ; ensuite on délaie la masse dans 1,500 grammes d’eau, on passe en exprimant la liqueur, et on ajoute à la colature deux kilos et demi de sucre blanc ; on fait cuire jusqu’à consistance de sirop, et on aromatise avant le refroidissement avec 250 grammes d’eau de fleurs d’oranger. Le sirop d’orgeat, qui est aujourd’hui employé autant comme comestible que comme médicament, est adoucissant et tempérant ; on peut le prendre comme boisson dans les inflammations aiguës; il est digéré quelquefois avec difficulté dans certaines affections de l’estomac. J. B.
ORGELET ou ORGEOLET ( chir .), S. m. Oü donne ce nom à de petits furoncles qui se développent sur le bord libre des paupières, et particulièrement vers l’angle interne de l’œil ; la forme de ces petites tumeurs, qui ressemblent à un grain d’orge, leur a fait donner leur nom. Ces tumeurs, qui souvent sont très-douloureuses, se terminent comme le furoncle; quelques lotions adoucissantes, des cataplasmes émollients, et quelquefois l’ouverture de la tumeur, sont les moyens qu’il convient d’employer. (V. Paupières.) J. B.
oricdle, oîucïïlaire [anal.], s. f. etadj. On donne le nom d’oricule ou d’auricule , selon l’étymologie latine auricula , à la conque ou pavillon de l’oreille; le mot oriculaire désigne les parties qui appartiennent à cet organe. (Y. Oreille et Audition. )
origan {bot.), s. m., origanum. Cette plante a donné son nom à un genre de la famille des Labiées , didynamie gÿmnospermie, L. ; son nom vient du grec oros, montagne, et ganos , joie, joie de la montagne , parce qu’elle croit principalement dans les lieux élevés, où ces belles fleurs pourpres embaument l’air. Les espèces de ce genre sont vivaces, à tiges herbacées, à fleurs en tête ou en épis serrés quadrangulaires, accompagnées de bractées colorées. Elles croissent surtout dans le midi de l’Europe et le bassin de la Méditerranée. Les propriétés de ces plantes sont semblables à toutes celles de la famille des Labiées; les diverses espèces les plus usitées sont :
L’origan, origanum vulgare, qui croît dans les bois montueux et secs, le long des haies et des fossés, dans les terrains arides , où il fleurit à la fin de l’été. Il a des tiges rameuses, étaléesetpubescentes ; les feuilles sont opposées , ovales et péiiolées; les fleurs sont paniculées, entourées chacune d’une grande bractée d’un rouge vineux , ovales , ramassées au sommet de la tige en petites têtes carrées ,
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la corolle est blanché d’abord et rougissant ensuite. Dans l’arrière-saison , cette plante prend une couleur ronge qui s’observe surtout dans les feuilles. L’origan est aromatique , d’une saveur amère et un peu âcre ; on l’emploie en infusion théiforme , et il jouit de presque toutes les propriétés des plantes de la famille dont il fait partie ; on l’emploie surtout dans les catarrhes chroniques ; il est aussi considéré comme antispasmodique, tonique, sudorifique et emménagogue. Par la distillation, on prépare une huile essentielle d’origan qui laisse déposer du camphre : cette huile s’emploie pour en imbiber du coton que l’on introduit dans la cavité des dents cariées , avantage qu’elle doit partager avec les huiles volatiles des autres plantes de la famille des Labiées.
Marjolaine , origanum majorana, plante annuelle, souvent confondue avec une autre espèce, origanum majoranoïdes , qui est vivace; elle présente les mêmes propriétés que l’espèce que nous avons décrite ci-dessus , et s’emploie dans les mêmes circonstances; elle est aujourd’hui peu usitée, quoiqu’elle ait joui d’une grande réputation autrefois. Elle entre dans la composition de la poudre sternutatoire, du sirop d’armoise et du baume tranquille. La marjolaine s’emploie aussi dans le midi de la France comme condiment, et on la mêle souvent aux pois et aux haricots.
Dictamne de Crète , origanum dictamnus.
C’est aussi une espèce du genre origan. (V. Dictamne.') J. -P. Beaude.
ou me (mat.mèd.), s.m., ulmus. Qui ne connaît ce bel arbre que nous rencontrons à chaque pas dans nos promenades, sur les routes et dans les forêts ? Il en existe plusieurs espèces qui paraissent avoir des propriétés analogues. L 'ulmus campes tris est l’orme et l’ormeau de nos contrées, dont la seconde écorce a été employée en décoction , en poudre et en extrait contre les affections de la peau; on en a porté quelquefois la dose jusqu’à deux onces en décoction; cette seconde écorce, qui est amère et un peu astringente, contient une quantitéassez notable d’amidon; on l’emploie aussi en lotions à l’extérieur dans les mêmes maladies , et pour lotionner les plaies.
L’écorce d’orme d’Amérique, ulmus americana, plus mucilagineuse que la précédente, est employée pour des cataplasmes émollients dont on retire de grands avantages; elle peut même, en raison de la grande quantité de fécule qu’elle contient, servir à l’alimentation. Dioscoride dit que de son temps on mangeait les jeunes feuilles d’orme, que l’on dit être purgatives. Il se développe sur les feuilles de l’orme des excroissances en forme de galles, qui, lorsqu’elles sont sèches, contiennent une matière jaune qui est le baume d'orme , et que l’on employait dans les maladies de poitrine. Lorsqu’elles sont fraîches, ces excroissances laissent écouler une eau limpide que l’on a nommée eau d'orme, et qui était prescrite dans les maladies des yeux. Les Chinois emploient les excroissances qui viennent sur l’orme de Chine, U. sinensis, pour tanner les cuirs et pour h teinture; elle remplace pour eux la noix de galle. On a retiré de l’écorce des vieux ormes un acide que l’on a nommé acide ulmique, et qui, depuis, s’est retrouvé dans la
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tourbe et dans plusieurs autres substances végé plespnaallao aasb ai/p gaJiavuoD asgio ashkaib otasb
03 qbe (bot. et tiiat.mèd.), s. m , orobus; genre de plantes de la famille des Légumineuses, dont une seule espèce est employée' eh médecine, c’est Yorobus vernus, dont les graines sont noires, luisantes, ovoidés et nombreuses dans leur gousse : on en prépare une farine qui est l’une des quatre farines résolutives ; on la remplace quelquefois par la fariné de la vesce, vicia saliva. Mérat et Delens, dans leur Dictionnaire de thérapeutique, prétendent que c’est la semence de Fers, ervum ervilia, que l’on emploie sous le nom d’orobe, et non celle de Yorobus vernus. Cette distinction est du reste peu importante , les farines de ces deux plantes paraissant jouir des mêmes propriétés. En Ecosse on mange, dit-on , les tubérosités radicales de V orobus luberosus, après les avoir fait cuire; on prépare aussS une boisson fermentée avec la même substance.
oronge (bol.). (Y. Champignon!] ' ' ,,
qrpimebjt (chim.), s. m. C’est le sulfure jaune d’arsenic. (V. ce mot.)
qrpikt (bot. et mat. méd.) , s. m., sedum telèphium. On a donné aussi à cette plante le nom d’orpin commun , joubarbe des vignes, reprise; elle appartient au genre sédum de la famille des Crassulées ou joubarbes, et elle croît dans les bois secs et élevés, sur les coteaux ; ses feuilles sont larges, ovales, sessiles, planes et dentelées ; ses fleurs sont disposées en corymbe, et de couleur b’anche ou rougeâtre. Les feuillesde cette joubarbe sont regardées comme favorisant la cicatrisation des plaies récentes;de là lui est venu lenom dereprise, d’herbe à la coupure ; on les applique aussi sur les hémorrhoïdes douloureuses. Le suc d’orpin étendu d’eau a été conseillé dans les hémorrhagies de poitrine et ladyssenterie; ses feuilles appliquées sur les cors aux pieds les font, dit-on, disparaître. Cette plante, qui est con'ondue quelquefois avec la grande joubarbe, est le sedum majus des formulaires; elle est employée sous ce nom dans la préparation de l’onguent populéum.
Orpin brûlant, Orpin âcre, c’est 1 e sedum acre. (Y. Petite joubarbe.) J. B.
©E,TEiî« ( anat .), s. m. On donne ce nom aux doigts des pieds. (V. ce mot.)
orthopédie ( pathol . chir.) , s. f. Le mot orthopédie n’est pas très-ancien dans la science; Andry l’employa pour la première fois en 1741. Voici comment il en donne lui-même l’étymologie : « Je l’ai formé (ce mot) de deux mots grecs ; savoir : d 'orthos, qui veut dire droit, exempt de difformité , qui est selon la rectitude , et de paidion , qui signifie enfant. J’ai composé de ces deux mots celui d 'orthopédie, pour exprimer en un seul terme le dessein que je me propose, qui est d’enseigner divers moyens de prévenir et de corriger dans les enfants les difformiiés du corps, etc. ...» (V orthopédie , etc., par Andry ; Paris, 1741). Ce terme est aujourd’hui employé dans un sens plus étendu , et l’orthopédie ne s’adresse pas seulement aux enfants , mais encore aux adultes. Aussi, quelques auteurs ont-ils voulu changer un peu le mot en le généralisant; de là, les noms d 'orthomorphie.
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orthosomatiqive , donnés à l’art qui a pour but de redresser les difformités du corps de l’homme.
Par difformité, il faut entendre toute déviation du type de configuration que présente l’homme à l’état normal. Ainsi, une courbure du rachis , une flexion vicieuse permanente soit du cou, soit des membres, les luxations spontanées congénitales ou acquises, la saillie exagérée de certaines parties , des dents ou d’une mâchoire , par exemple, etc. , sont autant de difformités. Parmi ces lésions , il en est d’incurables, celles, par exemple, qui résultent d’une hydrocéphale, d’un hydrorachis; les courbures, vertébrales qui résultent de la carie, les flexions articulaires provenant des ankylosés vraies. D’autres, au contraire , sont curables, et consistent presque toutes dans des flexions ou des configurations anormales des diverses parties du corps; c’est à celles-ci que s’adresse surtout l’art de l’orthopédiste, qui, depuis quelques années , a fait de si remarquables progrès. Les résultats que l’on peut attendre de l’orthopédie étant surtout en rapport avec les causes qui ont amené les déviations, nous devons dire un mot de ces causes , renvoyant pour les détails spéciaux aux mots Rachis (déviation du) , Piecl-bot et Torticolis.
L’étude de l’étiologie a, dans ces derniers temps, excité de vives discussions ; quelques personnes ont voulu voir dans les déviations articulaires, les plus communes de toutes les difformités, une seule et même cause, la rétraction musculaire permanente : mais les causes sont bien plus nombreuses, et M. Gerdy , dans les derniers débats académiques relatifs à la ténotomie , les a passées toutes en revue en les classant dans l’ordre suivant. Ces causes sont 1° primitives ou éloignées et médiates; 2° consécutives ou prochaines et immédiates.
Aux premières se rapportent 1° les déformations primitives des os des ligaments , des muscles et des aponévroses qui donnent lieu à la déviation des os ; 2° les attitudes et les mouvements vicieux qui agissent sur les os par l’intermédiaire des muscles ; 3° l'action des fardeaux , ou des pressions longtemps continuées; 4° l’accroissement trop rapide ; 5° la paralysie ou la douleur de certains muscles, qui permet aux antagonistes d’entraîner les os de leur côté ; 7° des maladies du cerveau ou de la moelle épinière, qui produisent des paralysies ou des contractures musculaires, ete.
Aux causes immédiates ou prochaines se rapportent : l°lesphlegmasies du tissu cellulaire et du tissu fibreux, d’ou résultent des plaques, des bandes, des cordes dures et résistantes qui infléchissent les os, ou empêchent leur extension complète au bout de très-peu de temps; 2° les indurations causées par des press ons et des frottements mécaniques, répétés et habituels; 3° le raccourcissement des muscles par suite de leur rétraction ; l’atrophie des ligaments ou des os du côté infléchi ; 4° les ossifications des ligaments, les soudures des os, la rigidité des parties fibreuses qui entourent une arlicudation à la suite d’un repos prolongé.
De cette variété dans les causes , il découle , comme conséquence immédiate , de grandes différences dans le traitement ; du reste celui-ci est nécessairement hygiénique ou curatif.
Le traitement hygiénique a pour but de placer le sujet dans des conditions opposées à celles qui
ont pu favoriser l’établissement des déformations. Ainsi , les sujets faibles , étiolés , seront soumis â un régime fortifiant et tonique; un air pur, un exercice modéré et dirigé dans des vues spéciales, seront surtout avantageux. C’est dans les cas de cette espèce que M. Pravaz dit avoir retiré d’excellents effets des bains d’air comprimé.
Les attitudes vicieuses jouant un très-grand rôle dans la production des déviations osseuses, il faut surtout surveiller les jeunes enfants sous ce point de vue. Ainsi , on empêchera les jeunes sujets de se tenir de manière que tout le poids du corps repose sur une seule jambe, ce qui détermine une saillie anormale de la hanche opposée, et par suite une déviation du rachis dirigée en sens inverse. On exigera que , pendant leurs heures de travail , ils se tiennent assis , bien droits , sans se courber sur la table devant laquelle ils sont placés. Ces tables seront elles-mêmes assez élevées. La gymnastique sera ici d’un grand secours ; et, dans ces cas, le choix des exercices dépend du siège et de la nature de la lésion que l’on veut combattre. La disposition des vêtements est encore d’une haute importance. Il faudra éviter , chez les petits enfants , ces maillots qui étreignent les membres, s’opposent à leur libre accroissement , et peuvent les déformer. Chez les jeunes filles, on renoncera à ces corsets trop serrés, sources de tant d’accidents. C’est surtout pendant la période d’accroissement que ces recommandations doivent être prises en sérieuse considération.
Dans le traitement curatif, c’est particulièrement aux appareils qu’on a recours: on y a joint dans ces derniers temps une opération chirurgicale, qui a pour but de produire la section des muscles et cordes ligamenteuses qui ont déterminé ou ont été censés déterminer les déviations osseuses. Cette opération est connue sous les noms de mtjolomie (section des muscles) et de ténotomie (section des rendons). Disons seulement ici qu’on a singulièrement abusé, depuis quelques années, de ce moyen, et que le nombre des cas dans lesquels on peut l’employer est plus restreint qu’on ne l’a cru pendant un certain temps.
Dans son excellente thèse de concours sur les appareils orthopédiques, M. le, docteur Chassaigmac a résumé d’une manière très claire et très-exacte le mode d’action, les indications et les contre-indications des appareils orthopédiques. Nous lui emprunterons donc les lignes qui vont suivre.
Redresser les parties du corps qui sont déviées , telle est l’indication la plus générale des appareils orthopédiques. Ces appareils doivent leur priueipale puissance à ce qu’ils agissent : 1° avec une continuité plus constante que celle de beaucoup d’autres appareils de chirurgie ; 2° avec une graduabilité d’action qui permet de lutter d’une manière progressive en gagoant toujours du terrain, au fur et à mesure de la rétrocession des obstacles. On peut donc dire , d’une manière générale , qu’ils sont indiqués toutes les fois qu’il s’agit de produire sur nos organes , en vue de détruire une déviation, une action mécanique continue et graduée. Ainsi, par exemple, s’agit-il d’imiter ce fait si souvent reproduit dans l’organisme, de la dépression et de l’atrophie du système osseux : par une pression longtemps continuée, les appareils orthopédiques
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sont indiqués. S’agit-il de produire sur le même système un allongement dont nous voyons encore de fréquents exemples dans l'influence des eauses purement mécaniques , l’indication est encore évidente.
Ce n’est pas seulement pour des déviations purement osseuses que sont employés les appareils orthopédiques, c’çst aussi pour les états particuliers aux organes musculaires et ligamenteux. En ce qui regard® les muscles, les appareils orthopédiques doivent av fer pour objet de remédier, 1° à leur état de oontr acture , qu’il ne faut pas confondre avec une i-igi' i)té purement spasmodique ; 2" à Une faiblesse relative qui nécessite l’aetion auxiliaire de certains appareils ; 3° enfin , à un état de paralysie confirmée , dans lequel une puissance artificielle doit subvenir à l'absence complète des fonctions. Quant aux tissus ligamenteux (ligaments normaux rétractés , ligaments de formation nouvelle , brides, tissu inodulaire ) , ils peuvent aussi comporter l’application des appareils.
Parmi les circonstances formant contre-indication absolue à l’emploi des appareils orthopédiques, nous devons indiquer les dispositions organiques telles , que l’action des appareils ne peut détruire la difformité existante , qu’en lui substituant une lésion plus fâcheuse. Ainsi lorsque , dans certaines ankylosés très-anciennes , la configuration des surfaces a été altérée à un point tel qu’on ne peut détruire L’ankylose qu’en produisant une luxation , il ne faut pas recourir à l’emploi des appareils ; d’autres contre-indications naissent de certains états morbides du système osseux et des articulations , ramollissements inflammatoires , destructions partielles , mal de Pott, certaines ankylosés, certaines cicatrices, etc.
Nous n’avons pas à entrer ici dans le détail des formes diverses que l’on peut donner à ces appareils , de leur mode d'application , de la direction des forces, etc. Tout cela est relatif au siège de la déviation , à la configuration des parties, à la résistance que l’on doit vaincre, etc. Pour ces questions encore, nous devons renvoyer aux mots Pied- Bot , Rachis et Torticolis. Beaugband.
oethopnee {path.), s. f., du grec orthos, droit, et pneo, je respire. On désigne ainsi un état dans lequel le malade ne peut respirer que d/oit ou assis. (V. Dyspnée.)
ortie (pot. et mat. med .), s. f., urtica. Ou désigne ainsi un genre de plantes qui donne son nom à une famille naturelle, celle des Urticées, monoécie tétrandrie. Tout le monde a vu sur le bord des chemins, et dans les lieux incultes, dans les jardins, ces plantes dont les feuilles et les tiges sont pourvues d’aiguillons qui forment des petits canaux creux p&rlesquels s’écouleune liqueur âcre et brûlante qui ett sécrétée par une glande située à la base ; l’action de cette liqueur est si vive, qu’elle fait apparaître de la rougeur et des ampoules sur l’endroit de la peau qui a été piqué. Ces petites blessures très-douioureuses ont reçu le nom d’urtication. Ce genre déplantés est très-nombreux; il contient même des espèces exotiques dont la piqûre est très-venimeuse et peut donner lieu à des accidents graves. On prépare, avec la graine de certaines espèces, une huile qui est bonne à manger ; la tige de quelques autres
contient des filaments analogues au chanvre , et peut être employée pour faire des cordes et des toiles.
Grande ortie, urtica dioiea , urtica major. Cette espèce, qui croît spécialement dans les lieux incultes, est haute de deux à trois pieds ; ses tiges sont carrées, couvertes de poils ; ses feuilles sont opposées, marquées de grosses dents sur les bords; ses fleurs sontdioïquesou à sexe séparé, en grappes pendantes; ses aiguillons sont mains forts que ceux de l’ortie grièche, urtica urens, et leur piqûre est moins douloureuse. Cette plante a été regardée comme excitante , apéritive et astringente. Ses graines et ses racines ont été conseillées contre les vers des enfants; on l'a appliquée aussi pilée et en cataplasme sur les plaies gangréneuses, que l’on dit qu’elle guérit. Au rapport de Pallas, cette plante est encore employée, en Sibérie, comme plante textile ; les anciens Egyptiens l’employaient au même usage, et préparaient une huile comestible avec ses graines. En Suède, on cultive cette plante comme plante fourragère, et on la donne aux bestiaux, auxquels elle est, dit-on, très-salutaire; le lait des vaches en est augmenté en qualité et en quantité; la graine y est mêlée à l’avoine des chevaux, lorsqu’on veut les vendre : ils en éprouvent une excitation marquée. Cette plante n’est plus usitée en médecine.
Petite ortie, ortie grièche, urtica urens , urtica minor. Cette plante, qui, ainsi que l’indique son nom, est moins élevée que la précédente, croît daas les jardins au milieu des plantes cultivées ; sa tige est haute d’un pied à 18 pouces, elle, est arrondie et glabre , très- garnie d’aiguillons; les fleurs sont monoïques, et disposées en grappes simples; les graines ovales , aplaties , de couleur paille , luisantes et petites . Les aiguil Ions de cette plante, plus nombreux que dans l’espèce précédente, contiennent aussi une liqueur plus âcre et plus active, ce qui fait qu’on emploie cette plante de préférence lorsqu’il s’agit de pratiquer une opération qui a reçu le nom d’urtication, et qui consiste à frapper avec des orties la portion de la peau que l’on veut soumetire à une forte rubéfaction. L’urtication s’emploie, soit pour rappeler la sensibilité dans une partie paralysée , soit pour produire une dérivation forte et énergique; elle peut remplacer les sinapismes, les embrocations rubéfiantes ; on en fait usage quelquefois dans les rhumatismes, dans les fièvres graves, et surtout pour rappeler les éruptions telles que la rougeole , la scarlatine , la variole ; on l’a employée, mais sans résultat satisfaisant, dans la période algide du choléra.
La cause de l’excitation vive et brûlante que cause la piqûre de l’ortie parait être due à la présence du carbonate d’ammoniaque, que M. Salladin a reconnu exister dans cette plante, et surtout dans les glandes qui sont à la base des aiguillons, en plus grande proportion que dans l’espèce précédente. On conseille, pour faire disparaître la douleur que causent ees piqûres , de frotter rudement les endroits piqués, et de les laver ensuite avec de l’eau et du sel ou de l’eau de savon ; on peut se contenter de les enduire de salive si l’on n’a pas un de ces liquides à sa disposition.
Cette espèce s’emploie peu à l’intérieur, et doit jouir avec plus d’activité des propriétés de la grande ortie; M. Fiart a rapporté dans le Journal de
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Pharmacie , 1835, le cas d’un empoisonnement causé par une forte décoction de cette plante qui avait été prise au lieu de l’ortie blanche. La malade éprouva une anxiété extrême, avec fièvre, de la tuméfaction à la peau , avec une rougeur très-vive ; mais ce que présenta de plus remarquable ce cas curieux, fut une tuméfaction des seins avec une sécrétion du lait, quoiqu'il y eût longtemps que cette femme ne fût accouchée. Cette propriété de Yurtica wrnis,qui s’accorde assez avec les observations faites en Suède sur l’usage de la grande ortie pour augmenter la quantité et la qualité du lait des vaches, peut faire de cette plante un médicament propre à rappeler la sécrétion laiteuse lorsqu’elle est supprimée.
J. -P. Beaude.
ortie blanche ( bot. et mat. méd.), s. f., lamium album , ortie morte. C’est une plante vivace de la famille des Labiées, didynamie gymnospermie, L. , que l’on rencontre dans notre pays le long des haies et des chemins : on la reconnaît à sa tige carrée et haute d’un pied à un pied et demi, rameuse et plus mince à la base, ce qui fait que la plante a de la peine à se soutenir; à ses feuilles opposées, velues, qui sont analogues pour la forme à celles de la grande ortie, mais qui sont plus molles et d'un vert plus tendre; ses fleurs sont blanches, mêlées à quelques points noirs et verticellées sur la tige. L’ortie blanche , ainsi que plusieurs autres espèces du genre lamium, sont considérées comme de faibles astringents; on les conseille dans les flueurs blanches , les hémorrhagies ; on les emploie aussi pour préparer des cataplasmes et des fomentations résolutives; on fait usage des tiges et des feuilles. J. B.
orticée OU ORTIÉE (fièvre). (V. Urticaire.)
orviétan (mat. méd.), s. m. On nommait ainsi un électuaire composé d’une multitude d’ingrédients, tels que la vieille thériaque, les vipères sèches, l’opium, le romarin, la cannelle, le genièvre, et qu’un charlatan d’Orviète apporta en France dans le xvue siècle, comme un excellent contrepoison ; il fit même des expériences sur lui qui donnèrent à sa drogue une grande réputation. Ce médicament tomba bientôt dans le mépris, et on lui préféra comme antidote la thériaque. J. B.
©s (anal.), s. m., en grec osteon, en latin os. — Les os sont ces parties dures qui constituent la charpente du corps de l’homme , et dont l’ensemble se nomme squelette.
Le tissu osseux est le plus dur de fous les solides organiques de l’homme. Dépouillé du périoste qui le revêt, de la moelle qui le remplit dans les os longs, du suc graisseux qui remplit ses interstices, toutes choses qui ne font point partie de sa substance, il est d’un blanc jaunâtre, d’apparence fibreuse dans une foule de points de sa surface, un peu élastique, et fragile.
Ce tissu est composé de gélatine et d’une quantité plus grande encore de sels calcaires, tels que phosphates de chaux, carbonates, etc. C’est cette gélatine qui forme en quelque sorte la trame de l'os et qui donne la forme particulière que chacun d’eux présente.
Les os, sous le rapport de leur configuration extérieure, se partagent très-naturellement en trois grandes catégories : les os long s, plats et les os courts »
1° Dans les os longs, la dimension en longueur l’emporte de beaucoup sur toutes les autres : fis sont plus renflés à leurs extrémités qu’à leur partie moyenne appelée corps ou diaphyse. Le corps est en général cylindrique ; aux extrémités se trouvent des renflements garnis de cartilages, et qui servent à l’articulation de l’os avec ceux qui sont situés à chaque bout. On rencontre surtout les os longs aux membres dont ils constituent la charpente; à mesure qu’ils s’éloignent du tronc ils diminuent quant au volume et augmentent quant au nombre. Le corps des os longs est ordinairement et =usé d’une cavité cylindrique qui recèle une subsl Bice particulière appelée moelle.
2° Les os plats sont à peu près aussi larges que longs , et ont une épaisseur peu considérable : fis servent surtout à former les parois des cavités ; tels sont les os de la tête et du bassin , tel est aussi l’omoplate.
3° Dans les os courts aucune dimension ne l’emporte d’une manière notable sur l’autre. Sous le rapport de la structure, ils ressemblent aux extrémités des os longs ; ils n’ont pas de cavité médullaire, et le centre est formé du tissu canaliculaire ou spongieux. Ils sont toujours réunis en grand nombre, soit en longueur, comme à la colonne vertébrale, soit en largeur, comme à la main et au pied.
Les auteurs ont émis différentes opinions sur la structure des os ; généralement on les regarde comme composés de tissu*compacte formé lui-même de fibres ou de lamelles superposées,et de tissu diploïque ou spongieux constitué par des cellules plus on moins considérables communiquant les unes avec les autres. V ici en quelques mots le résultat des recherches suivies auxquelles s’est livré M. Gerdy sur la structure des os, résultat qui diffère complètement de toutee qui avait été fait jusqu’alors, et peut seul expliquer les désordres morbides dont le système osseux est si souvent le siège.
Suivant le célèbre professeur que je viens de nommer, les os sont composés, 1° de tissu compacte; 2° de tissu canaliculaire, 3° de tissu canaliculaire entrecoupé ; 4° de tissu réticulaire.
1° Le tissu compacte n’est qu’un composé de tubes osseux très-fins et très-serrés, parallèles à l’axe de l’os dans les os longs , quelquefois convergents dans les os plats, vers les points primitifs d’ossification. Les sillons que l’on voit à la surface des os longs, de certains os plats comme les pariétaux, pénètrent souvent dans les canalicules du tissu compacte, et même dans le diploë (partie moyenne et spongieuse des os plats). 2° Le tissu canaliculaire est celui qu’on appelle mal à propos spongieux dans les os longs. C’est un ensembledecanaiiculeslongitudinaux, criblésde trous dans leurs parois communes, en sorte qu’ils communiquent les uns avec les autres. 3° Le tissu canaliculaire entrecoupé est aussi formé de canalicules, mais de canalicules entrecoupés par des lames et des filets osseux qui leur donnent une apparence tellement celluleuse, qu’on pourrait encore l’appeler tissu aréolaire ou celluleux. On serait même d’autant mieux fondé, qu’il présente des aréoles arrondies et non tubulées. Ce tissu occupe les épiphyses (extrémftés formées après la naissance) des os longs, les os courts, et les intervalles des lames des os plats. 4° Enfin, le tissu réticulaire est un réseau formé de filets osseux solides, qui occupent la
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cavité médullaire des os longs. On en trouve aussi dans les os courts qui ont une cavité médullaire, et c’est le plus grand nombre.
Les tissus organiques qui font essentiellement partie de la structure des os sont le périoste, les vaisseaux et la moelle.
a. Le périoste est constitué par une membrane fibreuse ; il enveloppe les os de toutes parts et y est attaché par un tissu cellulaire très-court et par les vaisseaux qui pénètrent dans le tissu osseux. Le périoste ne revêt pas les surfaces articulaires : arrivé à leur niveau, il passe d’un os à l’autre, soit tout d’une pièce, comme cela a lieu aux articulations immobiles, celles du crâne, par exemple ; soit par faisceadx séparés, comme aux articulations mobiles (Y. Ligaments). Le périoste joue, dans l’accroissement et la reproduction des os, un rôle que nous examinerons plus bas,
b. Les vaisseaux présentent des réseaux très-fins, à parois excessivement minces, qui serépandentdans tous les canalicules , et qui s’y anastomosent sans cesse à travers les trous de communication dont j’ai parlé, et au sein de la moelle qui les environne.
Les artères pénètrent dans les os par trois divisions : 1° par des ramuscules fins et déliés; 2° par des rameaux plus volumineux que l’on rencontre sur tout à l’extrémité des os longs et sur les os courts ; 3° par des branches appelées nourricières, qui entrent ordinairement au moyen d’une ouverture oblique assez large dont est percée la partie moyenne des os longs. Les veines n’accompagnent que les artères de la troisième division . Il y a en outre un système veineux propre, qui a été pour la première fois décrit et figuré par Dupuytren.
c. Lamoeüe. C’est une substance assez analogue à l’huile ou à la graisse, contenue dans les mailles d’une membrane fine et mince qui remplit la cavité des os cylindriques : de même que la graisse, elle est formée, suivant Meckel, de globules arrondis dont le volume varie beaucoup. La membrane qui renferme la moelle a été nommée périoste interne , quoiqu’elle en diffère à beaucoup d’égards. C’est sur elle que se ramifie l’artère nourricière de l’os. Dansles extrémités desos longs et dans les os courts, la moelle est disséminée dans les canalicules plus ou moins larges dont le tissu de ces parties est creusé.
Les anatomistes n’ont pu constater dans les os la présence des lymphatiques ni des nerfs.
Le développement des os est un phénomène qui a vivement préoccupé les physiologistes. Déjà le célèbre Duhamel avait, à l’aide d’expériences fort ingénieuses, avancé que l’os était sécrété par le périoste, qu’il s’accroissait, se régénérait sous l’influence de celui-ci. Cette théorie fut ensuite combattue parungrand nombre d’écrivains, parmi lesquels nous citerons W. Hunter, Bichat, Meckel, etc. Mais dans un travail récent, M. Flourens ayant répété et varié à l’infini les diverses expériences déjà tentées sur ce sujet, en est arrivé à conclure que le périoste est l’agent de la sécrétion osseuse, et que, par conséquent , l’os s’accroît en épaisseur par l’addition de couches concentriques, et en longueur par addition de couches terminales ; que la membrane médullaire est l’agent de la résorption des couches centrales , mais qu’en l’absence du périoste elle peut servir