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à l’accroissement de l’os. Nous nous en tiendrons forcément à ces données générales, regrettant beaucoup de ne pouvoir entrer dans le détail des faits qui leur servent de base.
Os (maladies des) . — Les os sont sujets aux mêmes maladies que les parties molles, a dit le grand Boerhaave (Aphor. 512), et cette proposition, paradoxale au premier coup d’œil, est aujourd’hui l’une des vérités le plus solidement assises de la pathologie. Nous aurons donc à étudier dans cet article des lésions traumatiques et des lésions vitales.
I. Lésions traumatiques. — a. Les contusions, quand elles sont violentes, peuvent entraîner l’inflammation de l’os , la suppuration , le décollement du périoste ou de la membrane médullaire, et par suite la mortification ou nécrose, comme on l’appelle, des parties superficielles ou profondes de l’os. Ici le traitement est celui de l’inflammation des os ou de la nécrose, suivant les cas.
Lorsqu’il y a dénudation de l’os, c’est-à-dire arrachement d’une portion plus ou moins étendue du périoste, la nécrose superficielle est presque inévitable: du reste, la profondeur de la mortification de l’os est en rapport avec le degré de violence du corps contondant.
b. D’autres fois,il y e plaie proprement dite, et la blessure peut être produite par un sabre, une épée, un couteau ou tout autre instrument piquant ou tranchant. Quand la solution de continuité est complète , c’est-à-dire qu’elle intéresse toute l’épaisseur de l’os, les indications sont les mêmes que dans les plaies des parties molles : il faut réunir , en d’autres termes affronter les surfaces séparées afin d’obtenir la réunion comme dans le cas de fracture. Nous renvoyons, du reste, à ce mot pour tous les détails des pansements qu’exigent les plaies des os avec lésion des parties molles.
c. Lobstein regarde comme une sorte d’usure la résorption qui se manifeste sur un os soumis 'a une compression plus ou moins énergique; c’est ainsi que des tumeurs contenues dans le crâne se sont fait jour à l’extérieur après avoir perforé par leur pression la boîte osseuse qui les renfermait ; que des anévrysmes ont usé et perforé les côtes ou la colonne vertébrale, etc. Ce n’est pas là, à proprement parler, une maladie.
II. Lésions vitales. — a. Ostéite. La première et la principale de ces lésions est Y inflammation des os ou ostéite , dont nous emprunterons l’histoire aux recherches toutes récentes du professeur Gerdy. Par suite de l’abondance de leurs vaisseaux, dit ce chirurgien , les os s’enflamment très-facilement et beaucoup plus fréquemment qu’on ne le croit. Ces vaisseaux y prennent alors, comme dans les parties molles, un développement extraordinaire. D’innombrables ruisseaux de sang, qui pénètrent leur substance comme celle d’une éponge, vont y porter le principal élément de l’inflammation. Alors l’os se vascularisé, se creuse de sillons, se crible de trous vasculaires multipliés, dus à l’augmentation du nombre et du volume des vaisseaux. La structure de l’organe est alors altérée et peut s’offrir sous différents aspects, dont l’origine, jusqu’à Gerdy, avait été mal déterminée. Ainsi, tantôt on trouve l’os tellement vasculaire, par le fait de la résorption qu’exercent les vaisseaux enflammés sur leurs, parois osseuses, qu’il a notablement diminué de son
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poids et qu’il est devenu plus fragile ; c’est i’ ostéite raréfiante. D’autres fois, au contraire, il y a sécrétion de sucs calcaires plus abondants ; le tissu prend plus de densité , il est plus compacte, plus dur , plus lourd ; c’est X ostéite condensante. Enfin il peut y avoir érosion , ulcération véritable de l’os ; c’est la carie (V. ce mot) , ostéite ulcérante de • Gerdy.
Les causes de l’ostéite sont le plus communément des coups, des blessures, des fractures , certains principes généraux de l’économie , tels que le principe rhumatismal ou goutteux, la scrofule, la syphilis, etc.
Les symptômes qui se manifestent sont ordinairement le gonflement de l’os, des douleurs spontanées, et souvent avec exacerbations noeturnes, dans le trajet de l’os malade. — Une tension luisante et élastique delà peau située au-dessus, quelquefois avec sensibilité extrême , chaleur ardente au toucher , et même avec inflammation des parties molles voisines, développement des capillaires et des veines de la peau. Rien n’est plus commun que la formation des abcès dans l’ostéite , et, ici, tantôt le pus provient de l’os lui-même ( abcès par congestion), tantôt il se forme par sympathie dans les parties molles voisines enflammées , et il ne communique pas avec l’os ( abcès circonvoisins de Gerdy).
La marche est très-variable : tantôt elle est aiguë, et peut atteindre son développement en quinze jours ou trois semaines; mais le plus souvent elle est chronique , marche avec une extrême lenteur, d'une maniéré latente, reste masquée pendant des années entières, puis éclate avec plus ou moins de violence.
Le traitement est différent suivant la nature de la cause (scrofuleuse, scorbutique ou rhumatismale), suivant aussi la profondeur de l’os, qui le rend plus ou moins accessible aux moyens thérapeutiques, et exige des modifications.
Quand les symptômes sont aigus, il faut avoir recours à un traitement antiphlogistique , plus ou moins actif, suivant le degré de force de l’individu : saignées, sangsues, ventouses scarifiées , cataplasmes, bains, etc. Si les symptômes accusent un état de chronicité, on aura recours aux fondants : pommades iodurées ou mercurielles, emplâtres résolutifs , frictions stimulantes , douches de vapeur ou minérales, et enfin exutoires , tels que les vésicatoires, mais surtout les cautères et les moxas, dont l’utilité est si grande dans les caries profondes. Quand ces moyens ne réussissent pas , on est souvent obligé, comme dernière ressource , d’en venir à une opération qui a pour but de réséquer seulement la partie malade de l’os, ou d’emporter tout le membre (amputation). Les soins hygiéniques seront dirigés d’après la cause présumée ou apparente de l’ostéite.
Il est rare que l’ostéite ne se complique pas de l’inflammation du périoste et de celle de la membrane médullaire : nous en parlerons au mot Périoste.
b. Cakie. L’ostéite ulcérante forme une variété très-distincte , qui a été décrite avec soin au mot Carie ; nous n’y reviendrons point.
c. Nécrose. Sous le nom de nécrose on désigne, depuis Louis , la mortification d’une portion
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ou de la totalité d’un os : c’est la carie seche des anciens.
Le siège de la nécrose est surtout dans les os plats (les os du crâne) , ou la partie moyenne des os longs (clavicule, fémur, tibia, humérus) ; rarement les os courts en-sont affectés : le calcanéum fait exception.
Tout ce qui peut suspendre d’une manière lente ou rapide la circulation et la vie dans un os doit être regardé comme cause de nécrose. Parmi les causes externes, nous citerons les contusions , les plaies qui dénudent l’os de son périoste dans une certaine étendue, ou qui déterminent un épanchement soit de sang, soit de pus sous le périoste, c’està-dire un décollement de cette membrane. C’est avec juste raison que l’on a regardé la syphilis constitutionnelle et la scrofule comme pouvant produire la nécrose. Quant aux autres affections générales (rhumatisme, scorbut, etc. ), elles ne produisent pas directement et par elles-mêmes la mortification du tissu osseux , mais elles donnent lieu à des phlegmasies osseuses très-intenses, à des abcès sous-périostiques, etc., à la suite desquels la nécrose survient.
Si la nécrose est superficielle, elle ne tarde pas à se détacher ; un réseau de vaisseaux se forme entre la partie vivante et la partie morte, et détache celle-ci ; la chute de la partie morte est connue sous le nom d’exfoliation; du fond de la surface exfoliée s’élèvent des bourgeons charnus qui réparent la perte éprouvée par l’os.
Quand une portion d’os cylindrique vient à se nécroser, le périoste étant resté sain, celui-ci se sépare du séquestre ( c’est ainsi que l’on nomme la partie mortifiée qui doit se détacher ) , sécrète un liuide qui se coagule , se transforme en tissu osseux , et enferme ainsi tout ce que la nécrose a frappé. La suppuration qui isole le séquestre se fait jour à travers le nouvel os, qui se trouve ainsi percé d’ouvertures plus ou moins larges ( clapiers de Wiedmann) , à travers lesquels le stylet du chirurgien peut aller reconnaître la nécrose. C’est par ces ouvertures que l’on agrandit, si besoin est, que le séquestre sort, ou est retiré artificiellement. La gaine accidentelle revient sur elle-même et remplace ce qui a été détruit. Si la moitié , le tiers ou le quart interne de l’épaisseur d’un cylindre osseux vient à être frappé de mort , il n’y a pas de reproduction , la partie saine se gonfle, se ramollit, s’isole, et joue le même rôle que l’ossification accidentelle du périoste dans le cas précédent.
Quand l’os nécrosé est resté recouvert par les parties molles, celles-ci se tuméfient; il s’y forme des abcès provenant ordinairement de l’os malade, et les ouvertures qui donnent passage au pus restent fistuleuses. Ce pus est quelquefois louable , mais le plus souvent il est sanieux et fétide. Un stylet introduit par l’orifice de la fistule va , quand le trajet n’est ni trop long ni sinueux, permettre de constater l’existence de la nécrose : celle-ci se reconnaît à la résonnance de l’os mortifié que heurte le stylet, et à la sensation de dureté éburnée éprouvée par la main qui tient l’instrument. Tel est, en effet, le caractère qui différencie la carie de la nécrose; de sorte que, dans celle-ci, la partie morte conserve les apparences de l’os sain, et ne présente pas les criblures , les vascularisations qui distinguent les esquilles de la
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